■ ^■i'A '^ y -•* ^.^Z '^'^i^ 0, _ , ~^St« «'^/ • ) sciences physiques, et ces dernieres au niveau des sciences dc raisonnement. Ainsi est determine I'ordre pliilosophique dans le- quel on doit les enumerer et les classer. Quant a leur division uielhodique, nous avons cru qu'elle devait porler, moins sur la variete infinie des objcts ou sur leurs apparences fugitives, que sur le petit norabre des agens naturels qui impriment a la matiere et sa forme et ses mouvemens divers. En d'autres termes, notre classification sera fondee sur les principcs g^nt'raux , sur les forces universelles dont le concours produit tous ces phenomenes, parce qu'il est plus aise de descendre d'une cause a ses eifets que de remonter des effets a leur cause , parce qu'enfm I'histoire des sciences nous apprend que, si ces dernieres vont toujours en se compliquant par de nouvelles acquisitions, les rapports qui les unissent deviennent au contraire plus generaux, les priucipes plus fecouds, et ces rapports et ces principes, confies a la me- moire, la soulagent du fardeau des details et des faits multiplies. Ainsi, toute la science de I'equilibro et des mouvemens a fini par etre renfermee dans un petit nombre de formules ; uiie seule et meme loi regit la marche de toutes les planetes, et preside aux phenomenes du magnetisme et de I'electricite; le geometre suit deja les mouvemens de la chaleur, il comple et decril les vibra- tions de la lumitre et des corps sonores; bienl6t peut-elre, a la lueur des theories physiques, il abordera le domaine de la chimie ; et si un jour il parvient a devoiler le jeu des forces moleculaires , il pourra determiner la part que ceiles-ci preiment necessairement aux inexplicables phenomenes de Torganisation. Classification des sciences. Science de I'analyse Algebre. Science des nombres Arilhmetique. Science de I'^tendue ... . Geometric. Science des forces en general . . Mecanique. Science de la pesanteur .... Astronomic, Physique. Science de la chaleur Physique. Science de> la lumiere .... Opiique. Science de I'electricite .... Physique. Science du magnetisme .... Physique. Science des elemens materiels . . Chimie. ( .2 ) Science des niineraux Mineralogie. Science delaTerre Geologie. Scif.nce des forces vitales . . . . Pliysiologie. Science des orgaiies Anatomie. Science des formes des etres vivans. Botanique , Zoologie. Cette classification , comme on voit, est trfes-simple, et a la ri- gueiir^ cile serait encore susceptible dc reduction , meme dans I'etat actuel des sciences. En effet, on pourrait considerer la science des nombres comme unc application de I'algebre ; la theoric de la pesanteur, comme un cas particulier de la meca- niqi]e rationnelle; la chalenr et la lumifere, comme deux agens identiques; I'eleclricite et le magnetisme , comme un seul et meme fluide ; la mincralogie se confond avec lachimie, et la geologie se raltache a ces deux sciences; enfin, I'organisation in- Icrieure et exterieure des vegelaux et des aniniaux n'est que le produit des forces vi talcs. En second lieu plusieurs sciences , dont on ne voit point figu- rer les noms dansle tableau precedent, y sont implicitement com- prises, soit par le fait meme de la classification adoptee, soit par la raison que plusieurs sciences, etcndant leur domaine, ont envahi cehii de quelques sciences voisines. Les remarques que I'on pourrait faire h ce sujet trouveront plus naturellemenl leur place dans I'examen que nous ferons du systcme de Bacon, mo- difie par d'Alcmbert et Diderot. Une science plus parfaite qu'une autre pent evidemment offrir a cflie-ci plus de seconrs qu'elle n'en retire pour clle-meme; et par consequent, I'etude de la premiere doit preceder I'etude de la seconde , ou du moins celte derniere etude sera d'autant plus facile et plus heureuse, qu'on s'y adonnera, fortifie de plus de connaissances accessoires. Ainsi, par exemple, la geologic ne pent se passer du secours de la mineralogie; celle-ci n'est presque rien sans la chiinie; la chimie, a son tour, ne marube point sanS la cbaleur; le fluide electrique est generateur de cet agent, et provoque la plupart des combinaisons; uiais ses lois sont celles de la pesanteur, qui elle - meme n'est qu'un probieme de me- canique, et il n'existe point de mecaniqiie sans la theorie des nombres et celle de retendue. Enfin les lois de I'organisation et ( ir> ) de la vie ne pourront elre deleraiinecs d'line manieie ceiiainc que lorsqu'on verra (outes les sciences precedentes arriver au secoiirs du naliiralisle, et ce dernier admettre fianchement leur cooperation. Tel est, en efTet, renchaiiicnient des sciences dont nous avons dresse le tableau. II n'est peul-etre pas inutile de comparer cetle classification avec le sysleine des connaissances humaines, adopte par Bacon, puis niodifii; par les editcurs de I'Encyclop^die ; les cliangemens necessites, depuis, par la marche progressive des sciences sent, pour ccs dernieres, un presage heureux de leur de- veloppenient futur. Systeme des connaissances humaines, par d'AUmbert et Diderot. Toutes les connaissances humaines pcuvent etre rapportees aux trois Cacultes suivantes : a la m(5moire, a la raison et a I'imagi- nation ; d'ou resultent I'histoire, la philosophic et la poesie. L'liisloire se divise en sacree, eccU'siastique , civile et natu - relle. Nous ne suivmns que les subdivisions de la derniere. L'histoire naturelle comprend I'uuiformite de la nature, les ccarts de la nature el les usages de la nature. L'uniformite de la nature s'observe dans l'histoire celeste, dans l'histoire des meteores, de la terre et de la mer, des mineraux, des vegetaux, des animaux, des elemens. Les ecarts de la nature compreiuient les prodiges celestes , les meteores prndigieux, les prodiges sur la terre et la mer, les mineraux monslrueux, les vegetaux monstrueux , les animaux monstrueux, les prodiges des elemens. Les usages de la nature sont relalil's aux arts, metiers et manu- factures. La philosophic comprend la metaphysique generale, la science de Dieu, la science de I'homme et la science de la nature (la seule que nous suivrons dans ses developpemens). La science de la nature embrasse la metaphysiqi.e des corps ou physique generale, les malhematiques, et la physique parli- culiere. La physique g/nerale traite de I'elendue, de rimpeuelrabilitej du mouvement, du vide, etc. ( i4 ) Les mathematiques sont pures ou inixtes. Les mathematiques pures sont i'arilhmetique el la geometric. L'arithmetique est numerique et algebrique. L'algebre est eleinentaire et infinitesimale. Le calcul inQnitesimal comprend le calcul differentiel et le calcul integral. La geometrie est elementaire et transcendante. La premiere comprend I'arohitecture niilitaire el la tactique; la seconde comprend la iheorie des courbes. Les malhemaliques mixles conliennent la mecanique, I'aslro- nomie geonielriqne, I'oplique, racouslique, la pneumatlque, Tart de conjecturer, et les sciences physico-mathematiques. La mecanique se divise en stalique et dynamique. La slatique se parlage en stalique proprement dite, et en hy- drostalique. La dynamique comprend la dynamique proprement dile, la balistique et Thydrodynamique. L'hydrodynamique comprend riiydraulique, la navigation et rarchitecUire navale. L'astronomie geon.etrique se divise en cosmographie, chro- nologic, gnomonique. La cosmographie, en uranographie , geographic, hydro- ^T'oplique comprend I'optique proprement dile, la dioplrique et la perspective, et la catopUique. La physique parliculiere comprend la zoologie, l'astronomie physique , la meteorologie, la cosmologie , la botanique , la mine- rftlogie et la chimie. La zoologie comprend I'analomie (simple et comparee), la physiologie° la medecine, la veterinaire, le manege, la chasse, la peche el la fauconnerie. La medecine se subdivise en hygiene (proprement dile, cos- inetique d'oCi orlhopedie, alhlelique d'oQ gymnaslique) , en pa- thologic , en semeiolique et en iherapeulique (diete, chirurgie et pharmacie). ,.,.,... L'astronomie physique comprend aussi rastrologie ()udiciaire et physique). ( '5 ) La cosmologiecomprend I'ur.inologie, I'aerologie, la geologie, riiydrologie. La botaniqiie coinprend I'agriculture et le jardinage. La chiinie se divise en chiinie proprement dite (pyrothecnie, teintiire, elc), en rnelallurgie , en alchimie et en inagie na- turelle. Dans la grande divi.«ion de la poesie se trouvent compris les arts liberaux, musique, peinture, sculpture, architecture civile et gravure. La comparaison que nous allons I'aire, de ce systeme des con- naissances humaines avec celui que nous avons cru devoir adop- ter, n'est pas destinee a resoudre une question oiseuse, celle d'e- tablir une classification plus ou aioins en harmonie avec I'elat reel des sciences, classification presque toujours arbitraire, et qui, loin d'accclerer nos progres dans I'etude de la nature, n'est souventqu'un obstacle a la marche du raisonnement et de Tob- servation; inais nous voulons faire ce rapprochement sous un point de vue plus philosophique, celui du developpement reel des sciences, de leurs caracteres propres , et des secours qu'elles se pretent mutuellemeut. L'homme etant un etre essentiellement raisonnant, il ne pent faire auciine observation sans qu'il y joigne quelque produit de son intelligence. Les idees qu'il acquiert inimediatement par les sens ne peuvent se transformer en coniiaissances positives, a nioins, pour ainsi dire, qu'elles n'aient ete digerees par la raison. Quand cette derniere rapproche une classe de faits entre eux , et qu'elle parvient a en exlraire un principe, cause necessaire et suf- fisante de tons ces fails, on dit qu'elle cree une theorie, et le de- veloppement de cette tiieorie forme ce qu'on appelle une science de raisounenient. Bien faible est le nombre des sciences experi- mentales que la raison ait jusqu'ici portees a ce haut degre de perfection. Dans son impuissance a completer les sciences, elle etablit des theories partielles, des formules empiriques; quelque- fois meme elle est reduite a classer les objets, et k confier a la memoire ses apercus et ses ebauches pouryreveuir a des epoques plus favorables ; mais toujours est-il vrai qu'elle cherche a lier, par des rapports, les parties d'un meme sujet, et ce dernier aux aulres objets de ses etudes. Ces liaisons rationnelles s'elendent ( 1(5 ) de jour en jour, et si, a leur naissance , elles n'onl point attire notre attention, c'etait a cause de leur multiplicile et du peu d'im- porlance qu'elles pouvaieiit nous olFiir. D'apres cela, il ne senible pas heureux de partager I'etude de la nature en liistoire natnrelle et en science de la nature , et de rap- porter ces deux parties d'une niGnie science a deux classes dis- linctes de nos connaissances, la prernitre a la memoire, et la se- conde a la raison. Slalgre tout le respect du a I'illuslre cliancelier d'Angleterre et auxauteurs de rEncyclopedie, on ne pent se dis- simuler qu'ils ne jouassentsur les mots, quand ils rapprochaient ainsi I'histoire naturelle de I'histoire civile. La connaissance du developpernent dos societes , le recit des actions et des pensees des liommes , ne pouvait se compirer aux descriptions des pro- duits naturels, dont i'espece humaine, d'ailleurs, n'est qn'une partie integrante. Mais a I'histoire des empires on aurait pu comparer I'histoire du developpernent des vegelaux et des ani- maux, de leur propagation a la surface du globe, de I'apjiarition ct de I'exlinction des especes, hisloirc dont les pages sont ccrites dans les enlrailles menies de la terre. C'etait done une grande erreur que decouper ainsi chaque science naturelle en deux parties, I'une mise en depot dans la memoire, I'aulre jelee dans le domaine de la raison. II serait temps enfin que Ton etudiat les objets, autant que possible, en eux-memes, et non sous I'empire de vues systematiques. C'est en divisant les sciences qu'on eleve des barrieres, non-seulement sur leur ligne de demarcation, mais encore sur la route qu'elles devaient par- courir; et ces obstacles, que le caprice avail d'abord eleves k si peu de frais , le genie des hommes les plus illustres est souvent impuissaut pour les abattre, qnand les sciences ne s'en sont point debarra^sees sur-le-champ. Qu'est-ce, par exemple , qu'une metaphysique des corps, si Ton eludie ces derniers avec toutes les ressources de la pliysique? I'ourquni rapporter a la premiere la notion de Fctendue, quand il existe une science loute speciale de I'etendue ; le mouvement, quand on a une science qui Iraile de tous les mouvemens? L'his- toire celeste , les prodiges celestes, I'aslronomie geomelrique, I'astronomie physique, I'uranographie, I'uranologie, voire meme I'aslrologie tant physique que judiciaire, qu'est-ce autre chose ( '7 ) que la science ties astres ? Quelle drfference leelle y a-t-il cntrcun grand nombre tie sciences regardeescoinme dislinctes les uiiesdes aulres dans le systeme que nous critiquons ? Et quaad on possede parfaitement bien la cosinographie et la cosmologie, que resle- t-il a etudier dans I'univers ? Le mouveufient des sciences qui, a la fin du 18' siecle, avail necessite plusieurs changemens au Systane des connaissances liu- maines de Bacon, a depuis laisse bien en arriere la classificalioii desEncyclopedistes, tant sous le rapport dts divisions du systeme, que sous le rapport de la li;iison de ses difTerentes parlies. La me- canlque, la statique surtout , est devenue une science tout aus^i rationneile que la geometrie. L'oplique s'esl enrichie de la polari- sation des rayons luniineux; ct les expressions tant employees d« dioplrique el de catoplrique ont un pen vieilli. La pneumatique a disparu comnie science particulitre. La meteorologie a dejii cede beaucoup des fails qui la coniposaient, aux diverses branches de la physique. La cosmographie, I'uranographie, la cosmologie, ne sont que ies synonymes d'aslronomie, dans I'acceplion la plus elendue de ce mot. L'uranologie , I'aerologie , I'hydrologie, n'e- taienl que des mots invenles a plaisir. La raison a fail juslice de Tastrologie, soil physique, soil judiciaire. L'alchimie n'a guere conserve de ses anciens partisans; el s'il est encore perniis de s'aniuser dc la magie nalureile, I'excrcice de la magie noire est defendu par Ies lois. L'eleclricite, qui n'avait point oblenu I'honneur d'etre men- tionnee dans Ies Systetnes de Bacon et de d'Alemberl, forme au- jourd'hui I'une des branches Ies plus importantes de la physique. C'est i raction de ce fluide tout particulier que Ton attribue mainlenant nombre de phenomenes, qui d'abord ne semblaienl avoir avec lui aucune relation. II esl deveiiu le fluide par excel- lence : lumiere, chaleur , magnetisme, alTinites chimiques, inou- vemens vitaux, il semble devoir tout euibrasser, lout expliquer. La chimie, a son tour, est devenuC une science nouvelle; et du dernier rang des sciences naturelles, oil elle avail etc reieguee, elle est venue se classer immediatement apres la physique , pour s'y incorporer plu.s lard, laissant derriere elle la mineralogie, la geologic et Ies deux regues organiques , sciences auxquelles elleprele mainlenant ies secours Ies plus elficaces. L'analomie et ( '« ) la physiologic ne s'appliqnent plus exclusiveiiKMil aux animaux , car les plantcs onl iine organisation ct iles fonctions vitales lout aussi dignes de rattention des nalnralistes; et le rapprochement de ces deux regnes, sous le rapport des formes cxterieurcs, et sous le point de vne analomique ct physiologicjue , fait espcrer ies resuhals les plus heuiA1CEY. 1. Je me propose ici de donner les consequences principales d'line hypothese extremement simple, et de les comparer avec les phenoiiienes naturels. Ces consequences seront dediiiles, sans I'appui d'aiicuiie experience, d'une maniere pureinent ration- nelle. Mais les longs caiculs ne pouvant trouver place dans ce recueil, je les supprimerai , et me bornerai a elabiir les formules fondamentales, en indiquant les resultats des applications qu'on en pent I'aire ; d'ailleurs les dt'lails que j'omettrai, superflus pour les geometres, seraient inutiles a ceux de mes leclcnrs qui n'ont point fait une etude speciale des theories mathematiques. II est a desirer que ces derniers ne soient point rebutes a I'approchc des demonstrations; lis peuvent passer outre, aux resultats memes du calcul, qui seront toujours presenles sous les formes ordi- naires du langas:e. 2. Les phenomenes naturels sont tellement varies , que i'on est force de les altribuer a nondjre d'agens divers, tels que la chaleur, la lumiere, I'eleclricite, le niagnelisme, ou a des pro- prieles essenlielles de la uialitre , coirime Tinertie, lu pesanteur, la cohesion, les affinites chimiques; ils sont tellenient compli- ques, que, dans I'enumeralion des causes qui les produiseut, on doit toujours craindre d'en oublier quelques-uncs. Je suppose que, de la comparaison d'un certain nombre de fails, on deduise nn principe reellement avoue par la nature, et que sur ce prin- cipe on etablisse une theorie qui d'aliord s'accorde avec toule une classe de phenomenes : on croira en avoir trouve le secret. Advienne un fait nouveau qui soit la consequence, non plus de ce principe isolo , mais de ce principe combine avec d'aulres causes mal appreciees ou tout-a-fail inconnues, et la theorie, en desaccord avec I'observalion, devra elre abandonnee. C'est ainsi que d'Alembert croyait devoir rejeter I'hypolhese de la pesanteur universelle, parce qu'il ia trouvait contradictoire ivec hi permanence de I'obliquite de recliptique et la reltogra- ( 2'^ ) (],itiiiii ties equinoxes. Mais ayant eii egard au inouvemciil do rotation de la terre, que d'abord il avail cru devoir negliger, re double phenomene ressortit exactemcnt de I'hypolbese new- tonicnne. Newton avail aussi repousse, comme conlraire aux fails, riiypolliese des onduiations de la lurniere, adinise el deve- loppee par Huyghens ; bypothese qu'Euler reprit sons ie point de vue theorique, el qui se trouve aujourd'hui pleinemeiit con- firmee par les decouvertes des physicieas. Dans cettc incertitude sur la verite des tbeories , ne serail-il pas plus convenable de les developper d'une maniere puremenl analytique, de les considerer eomnie exercice de raisonncmenl , jiropres a perfeclionner et a etendre celte laculte de rintelligence? Ne serail-il pas plus utile d'etablir de simples rapprochemens entre I'experience el la (heorie, que de confondre deux choses aussi distinctes, pour rejeter on denaturerles fails rebelles au sys- leme que Ton voudra maintenir, on pour abatlre avec Irop de prccipitalion le systemc qui plus lard obliendra la preference? La gijometric , la mecaniqne , ne sont-elles pas des sciences de raisonnement, presque ton jours applicahles, il est vrai, a la me- sure effective de rctendue et aux mouvemens des macbines, tnais qnelquefoi* aussi defectuenses dans la pratique ? Si jamais le principe de la pesanteur universelle devenail conlraire a certains fails bien averes, si les progres futurs des sciences d'observation exigeaienl mCme qu'on le releguat au rang des hypolbeses gra- tuiles, ce principe, tout errone qu'il devint, ne demeurerait-il pas la cause immediate du perfectionnemenl de Tast^onomie el des immenscs progres de I'analyse ? N'aurail-il pas accelere les (leveloppeniens de plusieurs brancbes de la pbysique , donl les tbeories, sorties loutes formees des propositions de la Mccanic/ue celeste, ont permis a I'esprit bumain de saisir en une seule pensee une multitude de fails disparates , de marcher plus libremcnt i'l de nouvciles acquisitions, enfin de repandre sur les eludes scientifiquesle charme de la simplicite des causes premieres, de la lecondile de leurs effels, de la rigueur des demonstrations, de la precision des experiences? Une tbeorie donl loutes les parties sonl bien liees enire elles, qui offre une serie de belles propositions, est souvent plus utile _aux progres des sciences que la decuuverle d'un phenomene ( .3 ) niL-ine rcmnrqnalile.' Cclui-ci , en cflet, pent n'etre que la consu- ([uence pins ou moins eluiguee d'un principe coiinu, auqnel ot. serail arrive, iin pen plus lard, et par une marche differente; on bii;n ii se presentera isole de tons ceux que I'oii a etudies jus- qu'alors; 11 rcstera sans developpement et peut-fitre sans appli- cation. Par exempie, un physicicii decouvre, il y a quelqnes annees, {'influence dcs courans electriqnes sur les aiinans; bien- l6t apres nn autre phy?icien enflamuie les melanges d'o.xigene et d'hydrogene par le simple contact du plaline on eponge. De C'.!S deux fails egaleinent remarquabies quels sont les resullats? I.e second ne se ratlache a aucune thuoiie connue; il rejte sans consequence, et torabe presque dans roubli. Le premier, au con- Iraire, etablit la liaison entre deux classes de phenomenes dont les theories sont tres-avancees ; il attire , en consequence , I'atten- lion dcs physiciens, et surtout celle des geometres ; ceux-ci com- mencent par mesurer la force nouvefle en variant les distances, [larce qu'ils n'ignorent point qu'une semblable determination est la base des theories de la pesanleur, de I'elcc tricite, du mngne- tisme ; des lorsj meme loi des forces a distance, et par consequent memes calculs, formules presque identiques , et en tres-pcu de temps theorie des phenomenes eleotro-dynamiques au niveau des plus belles theories, branche nouvelle ajoutee a Tarbre des con- naissances humaines. 3. Si de tels progres, dans les sciences d'observalion , pen vent etre, a juste tilre, regardes comnie la consequence du deve- loppement de la raison, la science du raisonnement doit aussi une grande parlie de ses progres a I'observation immediate des faits. Ces deux genres de sciences marchent de front, mais par des routes souveiit fort diverse?. C'est a lenrs points de contact qu'elles se pretent un appui mutuel , et c'est de la qu'elles partent avec le germe des decouverles utiles et celui des theories durables. Ainsi, par exeraplc, il foliait que les decouvertts d'Herschel eus- scnt recule de beaucoup les limites de I'univers accessible a nos observations, avant que I'esprit humain pCit renconlrer une pre- miere explication probable de la formation des mondes. Le nom- bre immense de ceux que nous apercevons ne compose, dans I'espace infini, qu'un groupe liniile, qui, de loin, doit apparaitr«: comme une faible tache, comme une dcs nebuiiuses dont luni- ( 24 ) vers est paiseme. Cellesci n'offrent le plus sou vent qu'uiic ma- tifere tres-divisec, confuse, au sein de laquclle prennent nais- sance des solcils de divers ordres : et de meme que , dans une foret, on relrouve, sur les pl.intes de differens ages, la serie dcs transformations par lesquelles onl dQ passer les plantes les plus di!Vcloppees,de mOme aussi Ton poiirra lire, dans les nebnleuses, rhistoire de la formalion progressive des soleils et des planetes. Ce raisonnement, base sur les observations des nebuleuses, Newton TeOt fait sans doute comme Herschel, si rastrnnome eOl ole conlemporain du geometre : mais, au lieu de developper va"-uemciit une au?si grande idee , I'auleur du principc de I'attrac- lion efjl precise; son hypolhese; il en eOt tire des consequences gcometriques, et pent-etre eiil-il complete le systeme dti monde ; car la pesanteur, qui expiique les mouvemens des masses, n'a point devoile le jeu des forces moleculaires. Newton aurait done sujfpose qu'a I'origine de loutes choses line matiere attractive se trouvait uniformemenl repandue dans lout I'univers; maiiere dont los particules auraient ele douces d'une action reciproque, inversement proportionnelle a la se- condo puissance de la distance; el voici a peu pres les reflexions qu'une parcille hypothese Ful eQt suggerees. Tonics les parlicules de maticre elant figurees par des points ranges d'une inanicre symetrique, on voil que, si le point M, par exepiple {pi. I , fig. i), est attire par le point A , il existe un autre point A', silue sur le prolongcment de MA et a hi meme distance, qui attire M avee une force egale et opposee , en sorlc que M rcslc en tquilibre sous I'influence de ces deux forces : pari.'ille consequence pour deux autres points quelconques B et B , si M occupc le miiitu de la droile qui les joint; done le point IM dc- nicurera en equilibre par {'action de tons les points environnans. Ch:icun de ces dernicrs sera, par la meme raison, en equilibre sous Tinfluence dc tons les autres. Le systeme etant ainsi en equilibre par I'actidn mutuelle d." ses points, si Ton vient a en deranger un seul, I'equilibre estdefi- iiilivement rompu. Supposons, par exemple, qu'on aneantisse le point M; par cela meme on detruil Tunc des forces qui assuraient I'equilibre des points environnans, et il est aise de voir que le point A, dans Ic premier instant, .-'eloignera du point M, conimo ( 25 ) si cc dernier etait derenu repulsif. Un vide splieriqnc se furmera done aiiloiir de M comme centre, et ce vide se jropagcra inde- finimenl par le relrait progressivemcnt accelere de toutes les particules de maliere. En troublant ainsi i'eqnilibre du systeme en piusieurs points, simnitanement ou siiccessivemcnt , on eoncoit la possibiiiie de provoqiier une disposition qnelconque dans ce sjsleme , tant sous le rapport de Fagglomeration des masses que sous le rapport de lenrs mouvemens de rotation et de translation. Mais Newton aurait bientot vu que son hypothese n'arriverait jamais k representer tous les mouvemens attractifs et repulsifs qui journcllement peuvent s'observer i la surface de la terre. Alors , pour expliquer ces repulsions, ou du moins quelques- unes, il serait revenu i\ son point de depart, et eut suppose, outre la matiere attractive, une matifere repulsive dispersee dans tout I'espace, dont les parlicuies se fuiraienl dans le rapport inverse du carre de la distance ; et de meme qu'ii voyait un grand nombre d'especes de matieres attractives reagir toutes, ^oit sur leurs propres particules, soil sur les particules des autres, d'aprtis une loi commune el invariable, de meme aussi il eftt pu admellre Texistence de piusieurs especes de matieres repulsives, agissant toutes entre elles suivant la loi precitee. Or, c'est une sujiposition serablable que je fais maintenant, el de laquelle je me propose de tirer quelques consequences rigou- reuses. Hypotlicse fondamcntale. 4 1 1 exist e , dans tout I'unirers, une matiere dont les atomes , parfaitement identiques entre eiuc , joaisscnt de I'ctendue, de I'impe- netrabilitc , de la mobilite , et se repousscnt mutuellemcnt en raison inverse du carre de la distance. Pour abreger, je I'appellerai simplenient matiere ripulsice ou ct/ici\ II existe en outre diverses especes de matieres, dont les atomes, en general beaucoup plus grands que ceux de la matiere repulsive , ont des grandeurs et des formes diverses, mais ne joulssent que de I'ctcn- due, de rimpcnetrahilite et de la mobilite. Je les appeiierai, pour abreger, matieres inertes. Comme il ne s'agira d'abord que de phenoinenc-> de slalique. ( ^6 ) jc n'ai point encore a nic prononcer sur Ic mode il'aLiion dc la matieie repulsive, ni sur la lorce d'inertie. Seulement, il est bien enlendti que la malifere repulsive n'a aucune action dirccte, a distance, sur la maliere inerte; celle-ci n'offre a la premiere j (jue des obstacles, ou one resistance au contact. Considcrallons generates sur la matiere repulsive, 5. Supposons d'nbonl qu'il n'y ait, dans tout I'cspace, que la ma- tiere repulsive en eqiiilibre par Faction reciproque de tous ses ato- nies. Ceux-ciseront egaleiiientespaces, et chacun pourra etre con- sidere comme un centre sur lequel agissent tousles autres. Le point M, par exemple, est repousse par le point A dans la direction AM, par le point A' dans la direction A'M, et si M est le milieu de la droite AA', les deux repulsions s'entre-detruisent par leurs effets egauxet contraires. De meme B et B', Get C, etc., ont des actions egales et opposees sur le point M , si celui-ci parlage toules les droilesBB',CC', etc., en deux portions egales. Et reciproquenicnt si Ton choisit, dans tout I'espace, des points A, B, C, etc., dont on considere les aclions sur le point M, on trouvera, sur les prolon- gemens MA', MB', MC', etc., des droiles AM, BM, CM, etc., d'autres points A', B', C', etc., a des distances de M respective- ment egales , el dont les actions contre-balanceront cxactement celles des premiers points. II suit de la que le point M reste a distance de tous les aulres points, comme si ces derniers n'existaient pas, ou venaient a eire detruits. Dans ces deux suppositions, entoure ou non de la maliere repulsive, le point M a une i.idiffcrence complete a se porter dans uue direction plutot que dans la direction contrairc. Mais en presence des points environnans, supposes fixes, si le point M, d'ahord en equilibre, se deplace taut soit pen, Taction des points dont il se rapproche I'emporle sur Taction des points dont il s'eloigne, et il est oblige de revenir a sa position d'equi- libre. On ne considere pas ici les oscillations qu'il pent faire avant d'y arriver, et Ton ne s'occupe pas de la question de savoir s'il pourra jamais j revenir d'une maniere permaiienle; mais il est evident que, si la repulsion des atomes augmente quandleur di- stance mutuelle diminue, i! y a tendance au rctablissement de Tequiiibre, une I'ois qu'on Ta trouble quelque part. ( ^~7 ) G. Cepcndant il ne faudrait pas confondre I'etat de la matitrc rt'pulsive avec celui d'un gaz ou fliiide eiaslique. Dans ua gaz , les alonies se repoussont de prochc on proche, et on ne pent trou- l)lei requiiibre en un point sans que le trouble ne se propage dans toute la masse. Les atonies de la nialieru etheree se repoussent an contrairei une distance quelconque; ii n'y existe point de pres- sioii dans le sens ordinaire du mot; et on pent changer I'etat d'e- quilibre d'une portion de la masse sans changer la disposition des points environnans. II ne faut done pas s'attendre a voir appli- quer a cette matitre repulsive les formnles donnees par les geo- nietres pour les gaz ou pour les liquides, Les probi^mes dont nous aurons a nous occuper ressembleront plulot a ceiix des mouve- mens planetaires; en sorte que r.liaque atome de matiere devra etre assimile a une petite planete, qui agira sur toutes les aulres, non plus par attraction, mais par repulsion. Aussi, nombre de theuremes dcmontres dans la theorie de {'at- traction s'appliquent immediatement a la theorie de la repulsion; ct il sufiit d'en rappeler ici quelques-un?. 1°. Vne matiere repulsive homogfene, terminee par la surface d'une sphere, ou comprise entre deux spheres concentriques, re- poiisse un point exterieur ccmuie si (onte la masse etait reunie an centre des spheres. 2°. Vn point situt^ dans I'interieur d'une couche de matiere re- pulsive homngene, comprise enJre deux surfaces spheriques et concentriques, demeure en equiliiire sous ia repul.sion de cette couche. 5°. Un point situe dans I'interieur d'une couche de matiere repulsive homogene, comprise entre deux surfaces ellipsoidales de revolution, concentriques et semblables, demeure en equilibre sous la repulsion de cette couche. 4°. Le theoreme de M. Ivory, comernanl {'attraction des el- lipsoides sur des points exterieurs, s'applique immediatement an cas oi'i ces ellipsoides seraient formes de matiere repulsive. Des couches dc matiere repulsive formces autour des atonies de ia matiere inerte. 7. Suppo^ons maintenant que, dans I'espace occupe par Ics atomcs de la matiere repulsive en equilibre, on iulroduise uu ( 28 ) atome de maliere inerte, tres-grand relalivemenl aux premiers; et, poHP plus de simplicite, admettons que cet atome de maliere inerte soit pari'aitement sphorique. Ce sera la sphere dont Ic rayon est OA (/;/. \,fig. a). En verlu de rimpenetrabilile do cet atome, ceux de la matiere rf!pulsive,qui occupaic.ut la sphere OA, seront obliges de se porter a I'exterieur, et de s'arranger, s'il est possible, de telle maniere que I'equilibre se retablisse dans toute la masse etheree. Or on va voir que la maliere repulsive, ainsi refoulee par Tatome OA, formera tout autour de ce dernier une couclie limi • tee dans son cpaisseur en chaque point, determinee de forme et de densite. 8. II est evident que, pour assurer I'equilibre de la couche et de la maliere envii'onnanle, il faut satisfaire a ces deux con- ditions : 1*. L' action de la couche, stir un point quetcone/ue exterieur, doit etre, en grandeur et en direction, parfaiteinent egale d I action qu'eocerQait, sur ce point, le volume de I' ether termini par la surface extcrieure de la couche , avant I' apparition du corps OA ; a°. L' action de la couche et de la matiere environnante, sur les points memes de cette couche , doit assurer I'equilibre de ces derniers. Q. D'al)ord, i\ cause de la forme spherique supposee a I'atome OA , la couche totale sera evidemment composee de couches parlielles, concentriques, et d'egale densite en lous les points de chacune d'elles ; car il en resultera que leur action totale, sur ufi point quelconque exlerieur, sera la memo que si toute la masse de la couche elait rcunie en O, centre commun de toules !es cou- ches parlielles. Mais avant I'apparition de I'atome de matiere inerte, I'actiun de I'ether borne par la surface exterieure de la couche, sur le point en question, etait la meme que si tool le volume de cet ether e&t ete concentre en O; done Taction, dans le premier cas, sera prccisemcnt la meme que Taction , dans !e second cas, puisque Tune et Taulre de ces actions derive do la meme masse d'ether, supposee concentree au meme point. II sufiit done, pour assurer I'equilibre des points extericurs a la couche, que celle-ci soit furmec de couches concenlriq.es en- tr'elles, et a la sphere OA ; mais rien n'est encon' specifn; sur le-* dcnsites de ces diverses couches olemeiitaiies. C ^-9 ) 10. Pour achevcr celte determination, considerons iin point qiiel- coiiqtia a, compris dans I'epaisseur AB de la cotichc. Par ce i)oint, raenons le rayon Oa, prolonge indeliniment vers 0'; et sur ce rayon, elevons une perpendiculaire CftD, qui perce la sin lace exicrieure de la couche en h et c. D'un point 0', place sur le prolongement du rayon Oa, et avec un rayon egal a celui de la surface exterieure de la couche, tracons la surface d'une sjihere qui passe en b et c. Enfin, par le point a, menons une autre sur- face de sphere dont le centre soit en O. Cela pose, on pent faire abstraction de loute la matiere repul- sive, exterieure aux spheres egales, dont OB et 0'Z» soul les rayons; car cetle matiere est uniformenient repandue et placee symetriquement autour du point a, que Ton considcre;' de telle sorte que toutes les actions qu'elle pent exercer sur ce point s'eiitre-detruisent, cornine egales et opposees. Pieste done simplement a estiruer I'action , sur ce point a, de I'ether compris dans la couche dont I'epaisbeur est AB, el dans la sphere ideale Ob. Et comnie 11 y a parite des deux cotes de la ligne des centres 00', le point a ne peut elre pousse que suivant celte ligne, soit vers O, soit yers O'. La couche se parlage en deux autres couches concentriques, dont les epaisseurs sont Aa et Bn. La seconde , Ba, n'a auciine action sur le point a situe dans son interieur. II ne reste a consi- derer que Taction de la premiere Aa. Quant a la sphere O'b, on voit qu'elle est ^chancree, et dimi- nute de deux calottes egales, dont la base k est commune, et dont la fleche est Ba. Ces deux calottes, supposees remplies de la meme matiere que le reste de la sphere 0'^, n'auralent aucune influence sur le point a, puisque leurs actions seraient egales et coutraires. On peut done supposer que la sphere O'b soit entiere , sans alterer son action sur le point a. Mais cette sphere entiere Ob peut etre partagee en une sphere dont le rayon soit O'a, et en une couche bornee par les surfaces spheriques dont O'a et O'b eont les rayons. Cette couche, egale a B«, n'aura aucune action sur le point a, silue dans son inte- rieur. 11 ne restera dune plus, en derniere analyse, que les actions do ( 5o ) ia sphere O'a et de la couche Aa sur Ic point a. U est cnsuile aisi; dc proiivcr que I'aclion de In sphere remporte sur Taclion de la couche, el que, parlant, le point a est pousse vers O. En effct, la couche totale et la sphere tolale O'h conliennent la meme quantile de maliere, dont les actions resultantes partem de.s centres et O'. De la premiere et de laseconde, on pent re- trancher une couche de memes dimensions, plus dense pour la premiere que pour la seconde. Done 11 reslera plus dc matiere dans celle-ci que dans I'autre, et le point a, obeissant a la difference d'action de la sphere O'a et de la couche An, marchera vers le cen- tre O de I'atome O A. On pent demontrer de meme, que tout autre point silue dans I'epaisseur AB de la couche est presse vers le point O; et ce rai- sonnement s'appliquant a tons les points de la couche, il en re- sulte ce fait remarqunble : 11. La couclie d'ctlicr, formce aalour d'an atome spluriqae dc ma- tiere inerte, est renfermee dans une surface sp/ierique, concentriquc d la premiere ; cliacun dcs points de cette couche est presse du dehors en dedans, suivant la direction des rayons; par consequent la couche occupe le moins d'espace possible , et sa masse est cgale d la masse dc tout I' ether deplace, joint a celui qui occupait dcjd le volume dc la couche. On demontrerait d'une maniere analogue (et nous le demon- trerons plus tard) que, quelle que soit la figure de I'atome plough dans I'ether, I'equilibre de tout le systeme exige qu'il se forme autour dc cet atome une couche d'ether de la plus grande densile possible, provenant de celui qui est deplace par I'ati.me; en sorte que la disposition de I'ether exterieur a la couche n'est nulle- mentchangee par cette circonstance, pourvu neanmoins que Ton donne a la couche une forme telle que son action sur tous les points exlerieurs rcmplace precisement, en grandeur et en direc- tion, Paction de la meme portion d'ether avant son deplacement. Determination de la forme des couches dc matiere repulsive. 12. Nous designerons toujours par w la densite de la matifcre re- pulsive dans son etat ordinaire d'equilibrc. Cette densile est la meme en tous les points de I'espace ou il n'y a pas de matiere ii.eile. C'est, en d'aulres termes, le nombre d^atomes de matiere ( 3i ) I jiiilsive, contenus dans I'nnite de volume. Nous appellcrons de iiif;mc il la dcnsite do lo maliere repulsive, condensec le plus jiossibie, idle, par exemple, qu'elle se trouve quand clle forme dcs couches aulour des ntonies de matiere inerte. i5. 6oi[ mainlenant f{a;, y, z)^z o ['equation de la surface du ( orps plonge dans I'ether. II se foraiera tout aulour une couilie • rrllier. a ladensitexi, dont la surface extericure et inconnue nra designee par f [x', y' z^ ) =. o. Solent de plus 01, /S, p les coordonneesparalleles aux axes des ^, des J-, et des z, d'un point quelconque pris hors de la couchc. Soienl X , Y, Z les composantes rectangulaires de raciion repulsive exercee, sur ce dernier point, par une matiere homo- i;Lnc, d'une densile egale a I'unite, et bornee par la surface f(x,y, z) — o. Solent de meme X^, Y' , Z' les composantes de Taction re- pulsive exercee, sur le meme point, par une matiere homogene, d'une densile egale a I'unite, et bornee par la surface r (x',y\ z')=o. Mors w X', (u Y', (o Z' seront les composantes de I'aclion oxercee , sur le meme point , par I'tilher qui occupait tout le vo- Itiuie borne par la surface exterieure de la couche, a la densile a, nvant qu'on efit plonge le corps dans I'ether. iiX', D.Y' , D. Z ' ex.- |.rimeraieiit Taction de ce meme volume occupe par de Tether a la densite il. Enfin O.X, il Yj iiZ exprimeraientcelte action, pour 1 ellier, a la densite n, suppose compris dans le volume du corps pldnge; ensorteque il j\l' — iiX, ill' — ill', iiZ' — o.Z seront les composantes de Taction repulsive de la couche sur le point L'equilibre de ce point exige done qu'on ait u X' = a X' ■ — D. X, 0. Y' = il Y' — il Y, « Z' = il Z' — il z, qiiclles que soient les coordounees oc, /3, ;, puisqu'alors le point rcpresente par ces coordonnees eprouvera la u^eme. action et dans la meme diieclion avant qu'apres I'apparition du corps dans Telher. Ces equations, en appelant dv et dv' les elemens de.^ ( 32 ) volumes tcrminos par la surface du corps et par la surface exle- jieure de la couche , devienneut (w — a,)dv a r_ (!> — ..)/ ^ 1 ^[(^•-a)'+(j-,«)'+(.-7)'r {y'—^)dv' {a -Itz y; (il 14. Ces equations doiveiit etre satistaites , quels que soient (/., /3, 7. On peut les remplacer par une seule equation de con- dition. En effct, la premiere peut se meltre sous la forme o/^ r ^^^ " I J do, [_^/(,,_^.).^(^_^)^ + (,_,,).J- (a-.) fjL\ '^' 1 J dec \_y/^r'-a.y+{;^-'-iiy-\-{z'~rrj ' et, en inlerverlissant les signes I el d qui n'ont aucune liaison, i\d r d V / V d f d v' Pareillement pour les deux autres equations de condition, en ( 33 ) (Inngeanl cIa en f//3 et en dj . Alors les trois equations ainsi pre- sentees seroMt t'galcnient satisfailes, si Ton pose sinijilement (0 a f -^- fi)^-{-{^'->)- J y v/(a-'_<.)^+(j'-^)^ + (./_y)^ quels que soient a, /3, 7 ; la premiere integrale devanl ei-c prise ^elali^ement aux coordonnees de la surface connue f (x, y, z) = d(i corps plonge dans I'elher, et la seconde integrale, relativemenl aux coordonnees de la surface inconnue f' {x' , y' , z') =: de la couche. 1 5. En designant par V le volume du corps, par v le volunii; dc la couche, par D une cerlaine distance iTiojenne enlre tonics celles qui sont exprimees par V^ [x- — a)''-j-(j — /3)'_j_(z ^ .' enfin par D' une certaine distance moyenne entre toutes celles qui sont exprimees par V^ {x' — «c)'+ [y' — /3)^-{- [z' — 7)%" Te- qualion (1) pourra se mettre sous la forme En tirant la valiur de D', puis retranchant D de chaquc memljie de Fcqualion, elle devient ( iiV ) Si le Hicteur entre parentheses n'est pas nul de Inimeme , le second membre de cette equation croilra indeflniment avec D, c'est-a-dire avec la distance du point {a, /3 , y) a un cer- tain point du volume V. Mais le premier membre, exprimant la diiference entre cette distance et celle du point ( a , /3 , 5 ) a un certain point du volume V-fi), ne peut pa3 croitre au-del.'i ( ••4 ) tie la j)lu* {-ramie ilimension de ce tleiiiier voliiiiie. Done 1 cqiinlion preof''flpiil (.r', y', z') ~ 0, par rapport a laquelle ce second membre doit eire integro. Si ce genre de surface est connu, on integrera, en laissanl indetcrminees le- constantes de la surface , on ordonnera par rapport a ct, /3, 7 . Enfin, I'equalion devant etre satisfaite, qucllcs que soient les va- leurs de «, /3, 7, on egalera entr'eux les termes qui, dans les deux membres des equations, ont les memes coefliciens en tt, /3, 7, el les conditions resultantes feront connaiire les con- stantes de la surface f [x', y', z') =: 0. Mais si le genre de celte surface n'etait pas connu d'avance, il faudrait la supposer pen differenle de la surface f (x, y, z) =z , ce qui serait vrai dans le cas oii cette derniere serait elle-meme peu differenle d'une sphere; alors on supposerait que les constantes de I'equation f sont egales aux constantes de I'e- qualion f, ces deruieres etant augmenlees de petites quanlites invariables, que Ton determinerait comme il vient d'elre dit. Nous ne nous arrcterons pas a ces calculs, qui n'offriraient rien (35) de particulier, apres le Iheoreme remarquable aiiquel nous alloiis arriver d'une autre maniere. 17. Supposons que le corps plonge dans I'ether soil nn ellip- soi'de de revolution, dont la surface sera -\ 7?~ — = »' rt ■ a clant le demi-axe de revolution,, et b le denii-axe equatorial, et supposons a > /». La repulsion exercee par cet ellipsoide d'luie densite uniforme et egale a I'unite, sur un point intcrleiir dont les coordonnecs sont cf., ji, ■)', et la masse egale a I'unite, a pour com- posantes ~ «-^^ I VIF^ ' V ^ j] _ ajr^f _ , , b^ I Aa + v/^T3FM - a^-b^{ ^aV^l^ZT^ \ 1 )] et pour Z lameme valeur que Y, en remplacant dans cette der- niere /3 par 9 . Pour pas.\)=i()\' I ^? (~'+^t'l^ /'A j) ctIa5*comme la 2% en iliangeant /Sen;. Maintenant, nous ailons prouver que la snrliice exleiicme do la couche est aussi un ellip- soide de revolution, et determiner en nieme temps la valeur do ses axes a' et b' . Dans cetle supposition, les seconds membres des equations precedentes s'integrent comme les premiers, mais, pour abreger, nous supposerons que X', Y ', Z'y reniplacent les premiers membres, dans lesquels on a change a, b. A, a respeoti- vemenlen a', b' , A', jw", et alors nous n'aurons pas besoin de les copier. Si, maintenanl, Ton divise les nunierateurs et les denomina- teurs de tons les termes de ces equations par b'^A} dans les pre- miers incmbres , et par ces leltres acccntuees dans les seconds membres, on reconnaitra, a la simple inspection, qu'elles sont i toutes les trois satisfaites, quels que soicnt a, /3, 7 , en posant — : — — ^ et aA^ = (ii — u)X' [X. bX b' A Enfin, si Ton substitue, dans ces dernieres equations de con- dition, les valeurs de A, ju. A', ^', on trouvcra, aussi a la simple ( 57 ) inspcclion, qii'ellrs sonl rcs[)eclivenieiit salibl'.iilts {)ar culles-ci : (5) fl' — b'' =1 a"" — b'^ et 9.ub''z=.{a — a)a'b''' quels que soient a, /3, y, c'est-a-dire que I'ellipsoide qui forme la surface ea:terieure de la coucke a memes foyers que I'ellipsoide qui ter- iiiine le corps plonge dans I'etlier; et que la masse de la coucke est ri- goureuscment cgale a la masse de I'ether qui occupait auparavant lout I'espace borne par la surface eatcricure de la couc/ie. On arriverail aiix niemes resullals, si I'axe de rotation a utail plus petit que I'axe equatorial b. iS. Ainsi (pi. I, fig. 5) qtiand un cllipsoide donl le demi-axe de revolution est OA =;:= ft, le demi-axe equatorial OB =^b, el les I'oyers F et F% se trouve plonge danll'ellier, etque, bien entendu, il jouit de rimpenetrabilite , I'elher deplace va former a la sur- face de cet ellipsoide one couche de meme masse que I'ether deplaci;, ajoule a I'ether qui occupait deja le volume de la couche, et dont la surface exterieure est un ellipsoide ayant les memes luyers F et F', et pour axes OA' iz:; a' , OB = b'. Cftie consequence est rigouri'usement vri»ie , quelle que soit I'epaisseur absokie de la couche; en d'autres termes, veul-oii qu'une matiere attractive ou repulsive, en raison inverse du carru de la distance, occupant un volume ellipsoidal, soit condensee en une couche plus ou moins epaisse, et agisse comme aupara- vant sur tous les points exterieurs ? II faudra comprendrc citte couche eutie deux ellipsoi'des de memes foyers que le premier. Supposons que Ton ait une masse sphorique de matiere ho- niogene, soit attractive, soit repulsive , mais en raison inverse du carre de la distance. On ne changera pas celte action, exercee^ par exemple, sur un point quelconque exttSrieur, si Ton con- centre ou dilate uniformement cette matiere en une couche bornee par liiiux surflices de sphere conceiitriques entr'elles et a la pre- miere , quels que soient d'ailleurs les rayons de ces dernieres. Jlaintenant , au lieu d'un centre unique, ayons-en deux, qui soieut les foyers d'un ellipsoide de revolution. On pourra, sans changer Taction sur un point exterienr pris au hasard de la matiere homogeue terminee par cette surface, condenser ou dilatcr uniformement cette matiere en une couche comprise entre deux ( 38 ) siiifiices ellipsoidale? , ayant mriines foyers que la premicjre , qiielles que soient d'ailleurs les dimensions absolues dos axes de ces derniercs. Cetle correlation de propositions, tres-remarquable en elle- iiieine, n'etait pas une consequence des theoremes connus, de I'attraction ou de la repulsion des masses sur les points places dans leur interieur; car si une sphere creuse n'a aucune action sur un point quelconque situe a I'interieur de la couche, ce n'e;t pas une couche renferniee entre deux surfaces cllipsoiJales de mC-mes foyers, qui aurait pareillement une action nulh; sur ce point interieur, ntais bicn, conime Newton I'a demonlre , une couche comprise entre deux eilipsoides semblabies. i(). En appel;int toujours a et b les demi-axes de rellipsoide plnuge dans I'elher, a' et b' les axes de rellipsoide qui borne la couche a I'exterieur, il est aise, au moyen de la relation a' — b' — a" — b'% de demontrer que celte couche est toujours plus epaisse a I'ex- iremite du petit axe a b, qu'a rextremile du grand axe 2 a. En elfct celte relation donne d'abord a — b _ a'-]-b' a'—b'~ a-\-b ' et comme le second membre est essentiellement positif et plus j^rand que I'unite, on pourra le remplacerparl'expression 1 + »»"> tirer, apres la substitution, b' — b = a' — aJ^m'' {a' — b') ; c'est-a-dlre que I'epaisseiir /)' — b de la couche, aux extremites du petit axe, est plus grande que I'epaisseur a' — a, de la couche aux extremites du grand axe; car le facteur a' — b', de m", est essentiellement de mSme signe que a — b, d'apres I'avant- dcrniere equation, c'est-a-dire qu'il est positif. 11 i-.A inutile, d'apres cela, de demontrer qu'en un point quel- conque de la surface, I'epaisseur de la couche est moins conside- jaLlu qu'aux extremites du petit axe, et plus grande qu'aux extre- ( '",) ) luile? du grand axe. La secomle ties <';(|iialions (3) fcra cnnnailie les ei)aisseiirs absolues , eii I'uiKlion dcs densites w ct ii, aux fxtrciuilos dei axes , el par suite ca d'aulrcs points qucl- conque?. 20. II est supcrflu, peut-etre, dc faire dcgenerer noire ellipsuide, d'abord en une sphere, par lasuppositionderegaliledes deux axes ; puis en un cj'lindre droit , en pendant infini I'axe de rotation; enfin , en deux plans paralleles, en rendant .inQni I'axe equa- torial. Dans ce troisieine cas, I'epaisseur de la couche est unit'ormc, et pour une sphere du rayon a. leut aux extjemiles de I'axe de revolution d'un ellipsoide, ea aliongeant sufllsamment cet axe ; que cette epaisseur marche egalement a sa limite, aux extremitesde I'axe equatorial indtfini- menl prolonge. Mais entre ces epaisseurs excessivemenl petites, ne peut-on pas etablir un rapport appreciable ? Soil loujours a le demi-grand axe dc rellipsoide, b le demi- petit axe. Le premier etant I'axe dc revoUilion, si ]'on designe ( 40 ) piir a' el b' Ua demi-axes de la surface exiericnre tie la couche, rii verlu de la relation n^ — b'' zzz a/'' — i'', on aura a' — a =z b' ' — b' a' -|- a Siipposons actiiellemcnt que, a elb conservant leurs valeurs, b dcviennc I'axo de revolution ; noininons a" et b" !es axes ana- logues de la surface de la couche, differens de a' et //. On aura une equation pareille a la precedcnte, et en divisant I'une par I'autre, il viendra af'—a_a^_+_a_ b"' — b^ a' — a ' a" -^a b' ' — b'^ 11 s'agit enfin de passer S la limite, o'est-a-dire de rendrc a Ires-grand relaliveuient a />, qui deineurera invarialjlc. Daus le premier cas, reliipsoide se termincra en poinles aux extremites de son axe, et dans le second cas ii s'y lermiueraen biseau circu- laire, et de telle maniere que les pointes et le biseau seront i'orines de faces cgalement inclinees. D'apres le nuinero prece- dent, b' etb" marcheront vers leurs limiles respective s et b et en subsrituant ces valeurs dans I'equation precedente, et re- duisant il viendra, fl " — a a' -\- a an — u a'- — a a"-^a a — w Or, plus a augiTiente , plus le premier factcur du second membre se rapproche de I'unite, parce que toutes les qiiantiles qui con- courent a le former sont tres- grandes , sensiblemont egales en - tr'elles, et reunies par voie d'addition. A la limite, on pourra done supprimer ce facteur; et si Ton admet que il est tres-grand par rapport i «, il restera simplement a" — a = 2 {a' — a) , ( 4> ) c'cst-a-dire que fcpaisscar de la coirche sur le biseaii est double cle ripidsseiir de la coiiche aux cxircmilis des point es. 22. De toui ce qui precede il rosulte que, si un corps impe- nelrable, ou un atome de maliere inertc, est ploiige dans I'ether, il se forme lout aulour de sa surface une couche do cette ma- tiere repulsive; que, si le corps est circonscrit par une surface rentrante, I'cpaisseur la plus grande de la couche est aux ex- tremites du plus petit diametre, et I'epaisseur la plus petite aux exlremiles du plus grand diametre; que, si le corps presente des faces, et par consequent dcs aretes et des angles, I'epais- seur de la couche est infiiiimenl petite a ces aretes et a ces angles, eu egard aux autres points de la couche, et que I'epaisseur la plus grande sur chaque face sera vers son milieu. En se repre- sentant, par exemple, un aloine cubique, il y aurait parite entre les portions de couches qui recouvriraient Ks six faces du cube. La couche irait en diminuant d'epaisseur a mesure qu'on s'ap- procherait d'une arete; sur celle-ci , elle serait presque nulle, et nieme elle irait en diminuant d'epnis.-eur depuis le milieu jus- qii'aux extremites ou aux angles du cube, oCi elle serait la plus mince possible. L'atome etant un parallelipipede rectangulaire , les deux faces les plus eloignets auraient les couches les moins i'paisses; viendraient ensuite les deux faces dont la distance mu- tuelle est moyenne entre la distance des deux premieres et la distance des deux faces restantes , sur lesquelles la couche aurait le plus d'epuisseur. Sur un rhomboiJe , tel que celui de la chaux carbonatee, les couches ne seraient pas symelriques sur les diffe- rentes faces; les deux aretes paralleles les plus rapprochees se- raient plus chargees d'ether que les aretes paralleles les plus eloignees; et I'epaisseur de la couche sur une face quelconque ne serait pas au centre de cette face, mais un peu plus du cole des arrtes les plus voisines, que du cote des aretes dont la distance reciproque est la plus grande. II est facile de concevuir de quelle manifere I'ether doit se condenser sur un atome de forme quel- conque; mais le caicul est impuissant pour donner les valeurs cxactes dcs epaisseurs en chaque point. ( 42 ) Sl'B hV.i? EFFETS »'lNE HAME TEMPiilSATU RE Al'l'LKJl i;E A L^VAPO- BATIOIN DES LlQl'IDES ; PAR M. LONGCHAMP. ( Lu a rAcademie des Scien ces le 22 aout 182'. II y a environ quiiize mois qu'iine persnnne qui s'occupait dc la fabricalion dii chlornre de ohaux me consutta sur les inoyens dc vaporiser line grande qiiantite d'acide muriatiqvie. Elle ne puu- vail pas employer des vaisseaux de verre ni de gres, parce que, outre qu'ilen eCit f.iilu d'une grandeur, uemestiree, les fourneaiix sur ksqui'is ces vases auraient ele chauffes, auraient consomme nne grande quantile de combiisliijie. Je pcii^ai qu'im tube de pia- tine, place dans un lonrneau lurtement chauffe . pourrait remplir les conditions demandees. La personne fit les essais que je lui in- diquai , et le resullal depassa inon attenle. !/on vaporisa un kilo- gramme d'acide murialique en quatre heures , dans un tube de trois lignes de diametre chaufte sur huit pouces de longueur. U s'agit alors d'elablir crt appareil en grand, et je determinai les dimensions et la forme du tube que Ton fit faire, ainsi que les di- mensions et la forme du fourneau. Ce lubeavait en tout quarantc- deux pouces de longueur et deux pouces de diamelie. Sur les ijuarante-deux pnuces , il y en avail quatre qui furent pris pour I'aire une courbure, deux pouces sortaient des parois du four- neau , quatre pouces elaient renfermes dans ces parois, et trenti;- deux pouces elaient exposes a la cbaleur; par consequent la ea- pacilc chauffee etail de quatre-vingt-seize pouces cubes (1). L'ou (1) Le tube n'etait pas pose horizontalement dans le fourneau; le bout dc la courbure etait place qualre pouces audessous de I'autre bout. Le tube for- niait par consequent un angle de Luil a nouf degres avec un plan horizontal qui aurait louche la courbure. J 'avals iiidique celte disposition pour que I'a- cide cut le temps de se reduire en vapeur dans le tube. La giille du fuurneau etait parallele au tube, alin de ne pas laisser trop de place au combustible. Le fourneau »Hail termine en loit, et sur I'un des cotes de ce toit se Irouvait une porte |)ar laquelle Ton meltait ie combustible, ainsi que cela se pratique dans I'usagc du lonrneau a coupelle. Le tirage avail etc rendu tres-actif au nioycn d'un tuyau de cinq a six pieds. Dans la partie courbo du tube de platiue dnscendail un tuyaii de veriu garni d'un robinet destine a regler un ccoulement t'gal et continu du liquide. A Taulre exiremilc etail un autre tube de verre, long de cinq pieds cl qui (43 ) vaporlsa dans cet appnreil iin kilogramme d'acide muriatique par niiniUo, c'c >t-a-(lire reiiornie (jnaiililc de q'lmze cents kilogiam- nies par viii|i;l-(piatre hemes. Le luhc ayanl trente-deux poiiC(!S de portoe, et elant trcs-iiiince, qnelqu'un avail engage la personiie qui faisait ces essais a le rcn- fermer dans mi manchon de fonte qui n'avait que dcnx lignes de diam^lre interieurde plus quale tube de plaline. Je m'etais oppose it I'emploi de cette enveloppe, puree que le tube de plaline ne pouvait plusrecevoir aussi immedialement la chaleur, et que, d'un autre cole, il faliail donner dix-huit lignes de largeur de plus au fourneau; par ces raisous je pensais que la consommation du combustible augmenterait de beaucoup. J'aurais prelere que Ton soulint le tube dans sa longueur par ileux ou trois supports; mais je n'^tais pour rien dans la fabrication que Ton etablissait, et je n'y inlervenais que comme conseiller ollicieux. Quoi qu'il en soil, le feu ayant ete arrele apres quinze a vingt heurcs. Ton trouva Ic manchon de fonte fundu vers le milieu et sur une longueur de cinq i six pouces; mais ce qui etait plus fachcux, c'est que ie tube de plaline elait fendu a I'endroit oii le tube de fonte avail etc fondu, et etait devenu, dans cette partie, cassant comme dii zinc. Je pensai aiors que le plaline avail eprouve du couranl de gaz muriatique le mCmc effet que le cuivre eprouve du gaz am- moniac dans la curieuse experience de Rl. Thenard. Je cms, des lors, que le lube de plaline ne pourraitpas servira la vaporisation de I'acide muriatique; mais cependaut, puisque la depense etait faile, j'cngagcai a continuer les essais. L'on fit couper le lube par son milieu ; la partie cassanle resta en dehors du fourneau que Ton construisil, et les fentcs furent bouchees avec une soudure a s'unissait avec ceiui de plaline en formant avec liii un angle Itgercnient ohtiis, aliti de I'aiie toujouis letuniber dans ce lube I'acide qui auiait passe a i'etat liquide. L'on essaya diffeiens kits pour leunir les tubes de veire au tube de plaline ; mais tons etaient promptement delinits par la vapeur de I'aciJt! mu- riatique ; l'on nie fit part de ce nouvel inconvenient, et j'indiquai I'emploi do la goninie elastique. L'on coupait une bouteille de cede gomme en lauieres , avec lesquelles on ficelait forlementles tubes ensemble, puis on lesncouvrait av< c une couche de phUie gaclie. La cbaleur reunissait la gomme elastique, qui ne formait bicntot plus qu'uue masse, et de cette sorte il n'y avail pas la jnoi.idre peile de gaz. ( ¥\ ) I'or. Le tiilx', (](ii n'avuit phis que qiiinze i'l seize poures de pol- ice, I'lit laisse libre diins le rounieaii, et depiiis, ropnalioii a etc conlinuee pendant plus d'liri inois sans rju'il ait eprouve aucun accident; mais, comme il avait ele trop gravenienl offense dans le premier es.-ai que I'on avail fait, il Cailait rcnouvelcr Irop soiivent les soudiirej, et I'on cessa de reniployer. D'ailleurs Ton vaporisa tonjoiirs la imunc qiiantile d'acide murialique, eu e;;;ard a la c/i- pacile qui reslait exposee a la chaleur, c'est-a-dire que I'on va- pori^ait, par vingt-quatre heures, sept cents kilograiumes d'acide murialique, le tube ayant deux pouces de diamelre sur une lon- gueur de quinze a seize pouces exposee a la chaleur. Pour obte- nir ce resultat, Ton consommait deux hectolitres de coack en deux join's et trois nulls. J'ai eu I'occasion de m'enlretenir avcc M. Couturier qui, comme Ton sait, fait travailler beaiicoiip de platine, de I'accident qui elait arrive an tube; il n'en fut pas surpris, et il me dit que c'etait I'approche du fer qui en elait la cause. II me rapporta a ce snjet que lorsque Ton chauffe une feuilie cTe platine a !a forge, et qu'on I'approche trop de la tuyere, la parlie de la feuilie qui est exposee au vent devicnt cassante, tandis que le reste conserve sa malleabilite primitive. L'opinion de M. Couturier parait fondee , puisque le tube ne s'est plus fendu des lors qu'il n'a plus ete en coniact avec le iew II y avait cinq a six pouces de distance entre la grille du fourneau et le tube. J'ai cm devoir communiquer a I'Acadcinie le resultat de I'ex- perience que je viens de rapporter, car il me semble tres-intcrcs- sant. 1". II elablit que dans les haiites temperatures I'evaporalion n'est pas en raison des surfaces chauffees, comme cela a lieu dans les foyers ordinaires, mais bien en raison des capacites exposees a la chaleur. En effet, un tube de trois lignes de diamelre, sur hull pouces de longueur, ce qui donne une capacite de 0,3^5 de ponce cubique, a vaporise son Jvilogramme en vingt-qualre heures; tandis que dans iin tube de deux pouces de diametre, sur trcnte- deux pouces de longueur, on a 6vapore quiiizeccnls kilogrannnes dans le meuie temps; mais la premiere capacile est a la seconde comme 6 est a i,55G, ce qui est precisemeut le meme rapport que ccliii des quantites evaporecs. (45) 2". LV'vaporalion qui a lieu lorsque le vase evaporaloire est porti! a la thalcur rouge, est huit a dix Ibis plus considerable, (i'ans une capacite donnee, qu'elle ne Test a la teuiperalure que i'on dorine habiluellemenl aux chaudieres ou aux autres vases dans lesquels on applique la chaleur pour evaporer des liquides oupro- duire de la vapeur. 7)°. Lc tube de platine pent elre employe dans les arts a vapori- ser des quantiles considerables d'aoide niuri:itique. 4°. Ce tube pnurrait etre employe pour produire la vapeur ne- cessaire a lancer dus projectiles, ou dans la conslruclion des pe- tites machines a vapeur qui serviraient a conduire des diligences, ou enfin qui seraienl destinees a fournir de la force a des appareils ambulans quelconques, puisque avec un fourneau de trente-deux pnuces de longueur interieure, huit pouces de largeur, et un pied de hauteur, Ton poinrait reduire en vapeur qui:ize cents kilo- grammes d'eau en vingt-quatre heures. Le tube qui a servi dans les experiences que j'ai rapporlees pe- sait Irois kilogrammes, et a coflle 3,ooo fr.; en lui donnant une •'paisseur double de ccUe qu'il avail , il serait susceptible d'une Ibrte resistance. II me semble evident qu'il est des circonslances oCi les lubes de cuivre pourraient elre substitues avec avantage a celui de platine; car du moment oii I'ecoulement du liquide sera constant, et que par celte raison le lul)e sera toujours rempli de vapeur d'tau, Ton ne peut pas craindrc qu'il entre en fusion. NOTE SIR LE FROID PRODl'IT PAIl LA DILATATION DE l'aIR ; PAR M. LECr.AXD. L'opiuion generalcment admise par les pbysiciens, que I'air se refroiilit en se dilatant, a ete contredite par MM. Gay-Lussac et Welter, dans le cas particulier oii ce fluide s'echappe d'un vase en soufilant par une ouverture, sous une pression constante, bien qu'il se dilate en sorlant du vase. Une experience faite a 1.1 pompe a feu de Chaillut les avail conduits a ce resultat qui , bien qu'exlraordiuaire en lui-meme, ne parut a d'autresphysiciens ( 40 ) qifmie conscqiipncc Ircs-^iinple des theories conntie?. [Annales (le Cliimie ct de Physique, t. ig, p. ^iQ) M. Legraiid , acluelleinenl professeur dc pliysiqiio ma college de Besaiicon , ajaiit ele rqKti-r I'expcrieiice de iUiM. Gay-Lussao et Weller, en juillet 1828, a obknu des resiiltals loiit-a-fait op- pusT.s. Lc grand cyliudre de Ibiile de la poiupe de Chaillot est vcitical ; la temperature de sa face cxlerieiire, a la hauteur dii ro- binet, elait dc a8°, 8; I'eau qu'il contenait a sa parlie infcrieure marqnait 25", 5; de telle sorte que Ton peut admettre 28" pour la teiDperature de la couche d'air qui doit s'echapper par le ro- biiiet, et qui se trouve comprime par une force constanle d'en- viron 2, G atmospheres; enOn, I'air exterieur etait a 29°, 5. L'air peut s'echapper du cylindre par une ouverture circulaire de 4 niiliiinetres de diainetre ; apres avoir parcouru un canal de 126 iriillimctrcs dans la parol du cylindre et dans le corps du rohinet, le courant d'air se brise a angle droit pour cntrer dans le robinet, oi'i il parcourt encore 70 millimetres avant de se meler complcte- jiient avec Pair exterieur. On a enleve le robinet et mis a sa place la boul^ spheriq^ie du therinonietre, dontlacolonnea oscilleentre 12°, Set i5°, 5 : 1'abais- seraent de temperature etait done de i5 degres environ. Le robi- net ctanl remis en place et ouvert autant que possible, la boule du thermomelre fut maintenue successivement a diverses dis- tances de Texlremite du robinet, et donna les resultats suivans : Distances, Tliernionielrc. Refroidissement. 10 millimetres. 22 degres 7,5 degres. 5o 25,5 4 100 26.8 2,7 200 28,8 0,7 25o 29 0,5; la colonne du refroidissement exprime les temperatures du me- lange de l'air exterieur a 29% 5 avec l'air dilate qui part du ro- binet. Cette experience decisive, et a laquelle j'assislai, derait elre .repetce en hiver. En I'absence de M. Legrand, j'allai la faire au tomniencenientd& Janvier 1829. L'eau de bpompe marquail2°, 3; la parlie du cylindre occiipee par celte can, a i4 decimetres au- ( 1; ) (lessons till roliinel, marqnait 3°, 5; a 7 decimetres au-dessous (hi robinet, le cylinJrc avail une temperalure do 6"; an robinet iiicine, 8°, 5; a4decimetres au-dessns, 9°;enfin raircxlt;rienrpr(Js dii robinet marqiiail 11% 5. On ponvait aJinettre 8° ponr la teni- ]>t'rature de la couche d'air renferinee dans le oylindre a la hau- Icnr dn robinet. Cetle couche d'air, en s'ecbappant, fit descendre a — 5° la temp(3rature du thermoinetre dont la boule etaiti la place dn robinet. Done le refroidissemenl etait de 1 1° senlement. II avail etc de ]5°dar:S les cxjxiriences iaites en juillet, avec le memc llierinonictre, sous la mcMne pression et pendantle jcii de la memo ponipe. Celte diilerence d'un quart en nioins dans le resuital final doit en partie elre atlribud'e i\ une plus grande difference enlre les temperatures de Fair inlerieur et de Fair exierienr. Dans le pre- mier cas, de I'air a 28°sonfflait dansun air a 29", 5, difr(irence i,5. Dansle second cas, de Fair a S^soufilait dans un air a n°, 5, diffe- rence, 3,5. II faudrait done augmentcrde 2° lesecond refroidisse- menf, qui cgalerait alors i3°. Les deux degres necessaires pour le porter a i5 sont sans doute mnsqu(is par une difference de vilesse d'ciconlement, une dillerence d'etat hygrometrique, etc. Mais il demeure bien av(3re que Fair, en passant d'une pression conslante a une autre pression constante, se refroidit d'une quan- tittJ que I'on mesure de niieux en mieux en se rapprochantde plus en plus de Forifice d'ccoulement. Si I'on ne trouve que de faibles traces du froid produit, quand on le inesure a une distance meme peu considerable de Forifice , cela ne tient point a un dcjgagenient dechaleur qu'engendrerait le couranl d'air par un frottement sup- posd', mais bien au mcilanj^e du filet .d'air froid avec une grande quaniit(j d'air chaud. Pour observer le refroidissement reel, il faudrail placer la boule du thermometrt- au point prd'cis oi'i la di- latation de Fair s'optl're suctessivemeiit, et non pas au bv)ut d'un canal mi'tallique qui a restituc au gaz une bonne partie de sa cha- leur ihermomd'triqtie. Un raisonnemenl bien simple montre d'ail- leiirs que le refroidi.-^sement d'une masse d'air, qui se dilate d'un seul coup, ne depend point du volume absolu du gaz; on, en d'autres termes, que les elemens d'un volume d'air se refroidissent egalement, soil que leur dilatation ait lieu simultan(;ment , soil qu'elle ne s'opere que success! vement. La note de iM. Legrand, communiqiit'e a FAcadtiinie des sciences (4S) de Talis le 7 juillet 1828, Tut reiivnyoe ;i Pexamen de W. Gay- Lussac, qui ii'a point encore fait son rapport. Saigey. LOIS DES rnUNOMENES ATTRIBIHCS AH MAGNETISME EN MOBVEMERT ", PAu M. Saigey. L'action que des plaques niclalliques exercent sur les oscilla- tions de Taigiiille ainKuilee, et Taction de ces niemes plaques animees d'lin mouvement de rotation, sur Taiguille en repos, ont etc d('conv(Mtes par I\J. Arago , verifiees ct etudiecs par MM. llerschel, Babbage et Christie en Angleierre. parMiM. Nobili el Bacelli en Italic ; par MM. Prevost et Colladon en Suisse; et en Allemagne, par MM. Sebeeck et Baumgaerlner; mais aucun de CCS physiciens n'a lie celte classe de plicnomcnes par des lois empiriques. J'ignore si Ton pourrait Ics deduire des formules de M. Poisson. M. Arago a deja observe que les trois conipo- santes reclangulaires de Taction exercee sur Taiguille par un disqiie tournanl ne croissent pas proportionnellement a elles- inGmes, 01:, en d'autres termes, que la force resultanle est variable en direction; circonstancc qui rcndra tres-difficile la determina- tion des lois en vertu desqutdles elle agil , et cause probable du Ion"- retard que cct habile physicien met a publier les nom- breufes recherches dans lesqnelles il s'est engage. Dans Tignorance de ces lois, on ne pent coinparer entre elles les observations des physiciens que Ton vient de citer; bion plus , leurs resultats different tellement les uns des autres , que Ton serait porte h les rejeler entierement , ou a les juger aussi va- riables que les echantillons des metanx employes. D'abord M. Arago avail aduiis une action de Taiguille aimantee sur les corps non nietalliques ; MM. Nobili et Bacelli en nierent Texi- stence, ou ne la considererent que comme une action de surface; conclusion que depuis M. Arago semble avoir adoptee. Quant a la comparaison des actions que les disques tournans exercent sur Taiguille aimantee ,voici les resultats trouvespar MM. Herschel et Babbage , et par MM. Nobili et Bacelli : llerschel ct Babbage. Nobili ct Bacelli. Cuivrc 100 et 100 100 Zinc 90 et qS 3o ( 49 ) Liiiton 23 Euiiii 47 6t 4*^ 2 1 IMotnb 20 et 25 \y Antinioine 1 1 el g Bismuth i ct 2 II n'y a, comme on voil , aucun acconl enire ces resull.ils. Lr's noinbres donncs parM. Seebeck ne peuvenl servir arien, piiij- (jiie ses plaques ii'avaieiit point line mCme epaisseur. Enlin les obsei'valions de M. Bauingaortner ne sont que des a peu pie<, ce que Ton Toit clairemcnt en tiacant les courbes qui les repre- seiitent. L'appareil qui m'a servi a faire les experiences suivanles est oxiremement simple. Une cloche de Terre a sa tubulure occupee par un bouchon, dans lequel un tubede verre entre a frotlement doux ; dans I'interieur du lube giisse h froltement tres-doux une lige de pailie graduee en millimetres, el qui porle a son bontin- t'erieur un fil de cocon lermine par un petit etrier de papier; c« dernier recoil une aiguille aimanii'i; cyiindrique, de l\i millimetres de long et de i niiilimelre de diamelrc. La circonterence de hi cloche esl exactement graduee; et Ton rnel dans son inlerieur Ic disque au-dessus duquel on veut faire osciller I'aiguille. Ce disqiie esl soutenu par un sysleme de l\ pelites liges de l)ois, et l'appareil est pose sur nn marbre. Tout elanl dispose, on ecarle I'aiguille de son meridien avec un ahnant tres-faible; on compte le nombre d'oscillalions qu'elle fait entre deux amplitudes donnees, soil seule, soil en presence du disque et k difterentes distances de celui-ci ; puis du nombre d'oscillalions qu'elle execute librement, on retrauche le nombre d'oscillalions qu'elle fail sous TinQuenoft du disque, et Ton obtienl ce que j'appellerai , pour abreger, Yamorlisseinrnt. Or ce sonl ces noinbres d'oscillalions perdus , on ces iirnordsseincns, que j'ai compares entre eux, et qui m'ont con- duit a cette loi Ires-si in pie : Les distances de I'aiguille au disque eiant en progression par differences, les amorlissemens sont en pro- (jression par qaotiens ; ou bien , en appelant j ramortissement , X Li distance, « et 6 deux constantes , on a y=. a h "-^ Experiences i d i. Deux disques de cuivre, de i5G millimetres 4 ( 5o ) de diamt;lre, Tun ayant 1,09 millimetre d'epaisseur, eX I'autre 1,21 millimetre, out donne les memes resultats : ces disqiies n'avaient pasd'action sensible sur une aiguille astatique aimantee d'une extreme mobilite. DISTANCES MILLIMETRES. 5 4 5 G 7 8 f) 10 1 1 la i5 Amortisscmens f roduits par les ( isques de cuivre. De So" I'l 5o°. De 5o° a lo*. De 5o" a 10°. Observ^'S Calcules. Obsertis Calcules. Observes. Calcules. 24 . 24' 5G . . 56.5 80 . . . 80.5 '9 i5 19.0 i5.o 45 36 44-7 35.4 64 . . 5i . . 63.7 . 5o.4 13 (,.5 11.9 9-4 28 31.5 28.0 22. 1 40 . . 3i . . ^9-7 3i.5 7.5 6 5 7-4 5.9 4-7 "7 i3.5 1 1 ,7.5 i3.9 11. 24.5 . . 19.5 . . 16 . . 24.9 »9-7 i5.6 4 5.2 2.5 3.7 3.9 2.5 6.8 5.5 8.7 6.9 5.4 i5 . . 10 . . 8 . . ia.4 9.8 7-7 2 1.8 4.2 4.3 6.2 . . 6.1 1.5 1.4 3 3.4 4.5 . . 4.8 Ces resultats ont ele calcules en prenant pour la I'^serie a == 24; pour la 2% a = 56,5 ; pour la 3', a =: 80, 5, et dans toules, bz:^ 1,264. Enlre So" et 3o°, I'aiguiile, loin du disque, faisait 29 oscillations, 67 entre 3o° et 10°, et 96 entre 5o° et lo'. Avec ces nombres et ceux du tableau, on pourra relrouver les norabres d'oscillations donnes immediatement par I'observation. Experience 3. Un disque de cuivre, de i56 millimetres de diame- tre, et de 0,98 millimetre d'epaisseur, lequel n'agissait point sur I'aiguiile astatique, a donne les resultats suivans i ( 5i ) DISTANCES Amoitissemcns produits par les disques de cui\ le. Bit De 5o° a 5o°. ■ „ De 00° a 10°. De So" A 10". ;iIILLIMETRES. .'-*ii-.^'-— ■^-v. ^~— > '• -^^^ ^"■— >^"i*^^ Observes CalcuKs. Observes. Calcules. Obserye. Calculi!. 1 20.5 ao.5 48.5 . . . 48.5 60 . . . 69.0 2 ID 13. 36 . . 55.45i 5o.4 3 1 1 . lo.q 25 . 25.8 36 3G.8 4 8 . 8.0 18 . • >«-9 26 36.8 5 5 5 5.8 i5.5 . . 13.7 '9 iq.6 6 45 . 4-3 10 . lO.I 14.5 14.3 7 5.7 5.1 7.5 . 7.3 .1 10.4 8 3 2.5 3 . 5.4 8 7.6 9 3 • >-7 4 . • 3.9 6 5.6 lO i.a 1.2 2.8 . . . 2.y 4 4.1 Ici Ton a pris successivemeiU a=:2o,5, a = 4^55, a = 69, el tou- jours A= 1,57. Experiences ^et 5. Deux disques de cuirre, de go millimetres de diametre, el de 1,6 millimetre d'epaisseur. Ces disques n'a- gissaient point S(ir raigtiille astatique. L'aiguille servant a ces experiences et a toules les suivantes faisait alors 3o oscillations de 5o°a3o°, 10 1 oscilhilions de 5o° a 10°, et par consequent 71 oscil- lations de 5o° a 10". DISTANCES MILIIMETRES. 4 5 6 7 8 9 10 i5 Amortissemens f rodults par les d isques de cuivre. De 5o° a So". De 3 Obserie! 0° a 10°. De 5o Observes. a 10". Obsertcs - - Calcules. C«k-uU-s. CalculcB. 24.3 25.0 60.7 , . . 6a. 85.0 . . 87.0 ao.o ao.5 5o.o . . 5o.4 70.0 . . 70.7 16.7 16.5 42.3 • . . 4i-o 59.0 . . J7.3 i4-o i5.4 34.0 . . 35.4 48.0 . . 46.8 1 1.0 10.9 27.7 . . 27.1 09.0 . . 58.0 9.0 8.9 22.0 . . 220 01.0 . . 50.9 7.2 7.2 .7.8 • • >7-9 35.0 . . a5.i 5.6 5.9 .4.7 . . 1 4- 5 20.3 . . ao.4 4.4 4.8 ia.2 . . 11.8 16.6 . . 16.6 5.6 5.9 9-9 . . 9.6 i3.5 . . i5.5 16 1.4 3.9 . . 5.3 4.5 . • 4.7 ( 5a ) On a piis siiccessivcment a = 25, az=G-z, a =87, et loujoiirs b zz: 1,25. Experience 6. Un disque r^c zinc dont les dimensions sont par- failement egales i celles des disques de cuivre cites aux expe- riences 4 et 5, et qui iragit pas sur I'aiguille astatique, a doutis les resiiltats stiivans : DISTANCES MILLIMETRES. 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 Amortissemens piodiiits par Ic disqiie de ?.iiic. De 50° a 5o". De 5o" a 10". De 5o° a 10°. Obserres. Calcules. Observes. ;alculis. Obsei>«. Ciilciiles. 20.0 . . • 19-5 47.0 . . 48.5 67.0 . . 68.0 l4 2 . . . 144 54.8 . . 5G.O 49.0 . . !.o.4 I0.5 . . . 10.7 25.5 . . 26.6 50,0 . . 07. J 7.7 . . • 7-9 ^9.5 . . »9-7 27.0 . . =7.6 5.8 . . . 5.f, 14.2 . . i4G 20.0 . . 20.5 4.5 . . . 4-4 10.7 . . 10.8 i5.o . l5.2 5.4 . . . 5.2 -.6 . . 8.0 I 1.0 . . 1 1.2 2.7 . . . 2.4 5.8 . . 5.9 8.5 . . 8.5 2.5 . . . 1.8 4.2 . . 4.4 6.5 . . (i.2 1.9 . . . 1.5 2.G . . 2.5 4.5 . . 4.6 On a pris successivement a = 19,5, a z= 48j5, a z= 68 , el toujours h z= 1,55. Experience 7. Un disque d'etain de Malaca, de ineines dimen- sions que les disques cites aux experiences 4 «il 5, et qui n'exer- ^ait aucune action sur raiguille astatique, doona les resullats suivans : ( 55 ) DISTANCES ^^moitisscmcMs produits par le disqiie d'etain. MILLIMETRES 7 8 9 De 5o" a 5o" 10. 12. o 8.4 G.o 4.5 5.2 2.2 1.5 i.o 0.5 i8.o 44,5 1 2.5 8.7 6.0 4.5 2.<) a.o I^e 5o° e'l 1 o ". I De 5o° u 1 0°. Observes. CalcuUs. loijSHnfs. Ciiiculfs. 1.0 0.7 29.0 18.0 i5.o 9-7 6.8 4.8 5.5 2.0 1.5 45,0 29-9 20.7 14.4 9-9 7.0 4.8 3.4 2.5 ..6 63. o 41.0 27.0 J 9.0 i4-o lO.O ■7.0 5.0 3.0 2.0 . 6i.o . 42.4 • 294 . 20.4 . 14. a • 9-9 . 6.8 . 4.8 . 3.3 . 2.3 On a pris success! veinent a = 18, a — ^^'^ « — fi. )ours b ■=. 1,44. Experience 8. Un di.que de plomb de coupelle, ayaiit les memos d-meiKsions que les disqnes cites aux experiences 4 et 5, a fourni ics resultats suivans : DISTANCES MILLIMETRES. Amortissemens produits par le disque de plomb Calculi*. Observe. . 5q.() 55.0 . . 25.1 . 1G.5 54.0 . ;'.2.o . . 10.7 i4-o . • 6.9 10.0 . . 4.5 6.U . . 3.0 40 . • "^ 2. J . 54.0 55. J 22.8 i48 9.6 6. a 4.1 a. 6 ( 54) On a prls successivement a = 1 5, a =39, « = 54 , et toujours b= 1,54. Consequences. II suit de toiitc$ ces experiences que les amortis- seniens pour 4 metaux, le cuivre, le zinc, I'etain el le plomb, et probablemenl pour fous les autres , sont en progression par quotiens,qiiand les distances de I'aiguille aux disques sont en pro- gression par differences ; Que deux amortissemens sont necessaires pour calcuier tons les autres, parce qu'il faut determiner deux C0Msl:intcs rt et 5 dans la formule qui les exprinie; la pieniiere a de ces constantis indi- quanf, par exemple, i'amortissement k I'unite de distance, et la seconde b le quotient d'un amorlissemenl divJse par le suivant; Que la constante a varie pour les diverses amplitudes, mai» que le rapport b reste invariable pour toutes ces amplitudes; Que a et ^ croissent en ordre inverse, non-seulement pour dif- ferens melaux agissant sur la meme aiguille aimanlee, niais en- core , comme on le verra bientot, pour le mCme metal agissant sur differenles aiguilles. II suit encore de la qu'il est impossible de comparer les energies nmortissantes des divers metaux, quand bien meme on donnerait i ceux-ci des dimensions egales, el qu'on les ferail agir sur la meme aiguille placte a la meme distance. En cffet, les amortissemens ne restent point proportionnels entre eux, quand on fait varier toutes les distances a la Ibis. Pour se souslraire a I'influence de la distance, il Taut done rendre celle-ci nulie, c'est-a-dire trans- porter, par lapensee, le centre de I'aiguille au milieu de iVpaisseur des plaques. Que Ton se figure done une aiguille aimantee oscil- lant dans I'epaisseur meme du metal , comme une aiguille imma- terielle. Pour avoir I'energie comparative des divers metaux, il suffira de les prendre en disques d'egale epaisseur et d'egal dia- metre ; ceux de cuivre, de zinc, d'etain el de plomb, cites aux experiences 4» 5, 6, ^ et 8, satisfonl a cetle condition; el comme les distances y sont complees a partir de la face des dis- ques, tournce vers I'aiguille, jusqu'A la parlie la plus voisine de Taiguille, que I'epaisseur de chaque disque est egale a 1,6 milli- metre, et le diamelre de I'aiguille egal a 1 millimetre , il faudra faire x zz. — 1 ,3 dans la formule y =.a b ^~^ pour avoir I'amor- tissement r au centre meme du disque, savoir : ( 55 ) De 5o° h 3o°. De 3o* i lo'. De 5o* a lo*. Cuivrc J z= 4o,3 y= 99,8 j = i4o Zinc J = 38,9 J= 9^'/ j = i56 tlaiii J == 41,6 j= 99,5 J = 141 Plomb J r= 40,5 r = io5,3 j = i40 Moyennes y = 4O53 y =■ 100, 3 J= >4> Ce resultat tres-remarquable peut s'enoncer ainsi : une ai- guille aimantee, d'une petite epaisseiir, oscillant au-dessus dc disques egaux de cuivre, de ziac, d'etain et de plomb, mais tres- minces, eprouvera, sous I'influence de ces derniers, un amortis- sement de plus en plus egal a mesure qu'on se rapprochera plus ties di.sques, et enfin exactemenl egal, dans I'epaisseur naeine des disques. On voit en oulre que les amortissemens jz=4o,5 J = 100,3 J=i4» sent plus grands que les nombres d'oscillations respectifs So 71 loi faits librement par Taiguille. Ce resultat n'est que fictif et non paradoxal. II signifie que les plaques sont ici plus epaisses qu'ii ne Taut pour arreler imniedialement raigiiille dans ses oscillations. En les prenant plus minces, on arrivcrait k detruire toutes les oscillations, car on ne peut, bien entendu, aller au-dela. Pour verifier ce resultat sur une autre aiguille aimantee, j'ai joint a la meme aiguille un systeme de corps , afin d'en augmen- ter la masse. C'est comme si j'avais pris une aiguille moins ai- mantee; elle ne (aisait plus en efl'et que 16 oscillations entre 5o'' et 30°, et 54 oscillations entre So" et 10°. Alors j'obtins pour les memes disques de cuivre, de line, d'etain et de plomb : De 5o° A3o' De So" i lo* Cuivre, b rr i,38 , a = 12 a =z /\o Zinc, b = 1,70 , a =z 8 a =z 5o Etain, b zr i,go , a =z 7,6 « = 26 Plomb, L> z= 3,20 , « = 4>5 a = 17 ( 56 ) elles amortissemens, an milieu ile I'epnisseurdfS disqne?, s'ubtc- iiiinl en posant x — — i,3 dans cluiquc foriniile paiiiciiliere, out ic^ju les valours suivaiiles : De 5o° a 5o" De 5o° a lo" Pour le cuivre, y = 25,8 y — 85,9 Pour Ic zinc, y = 27,1 y = 101,6 Pour retain, y =z 26,4 r = 90,4 Pourleplomb, 7=27,6 J — io4^2 Moycnnes, y = 26,7 y — 9^? ^ N'ayant pas apporte autant de precision dans ces experiences que dans les precedentes , les errcurs un peu fortes de la seconde colonne ne sanraient infirmer la loi pn'citee , qui d'ailleurs recoit line nonvelle confirmalion des nombres de la premiere colonne. Celte loi, verifiee pour qaatre metaux, s'applique probablement ^ tous les autres. Rien n'empeche non plus de I'etendre provi- soirement aux substances non metalliques. La raison pour laquelle ces dernieres n'ont qu'une action trfes-faible et nulle en appa- lence est indiquee par la loi meme de leur action. II faudrait , pour constaler cetle action, rapprocher extremement I'aiguille des disques non metalliques; mais alors la presence de I'air ren- drait toute observation illusoire. 11 faudrait pouvoir faire les ex- periences dans le vide. La presence d'une petite quantile de I'er, dans certains disques, n'explique point le pbenomene decouvert par M. Arago ; il est d'un genre particulicr; aucuue theorie connue ne pent en rendre raison d'une maniere satisfaisante ; c'est ce que fcront voir les experiences qui me reslent k publier. KOl'VELLE THEORIE DE LA NITRIFICATION; PAR M. LONGCQAMC On a toujours considere le salpetre comme resultant de la de- composition des malieres animales et vegetnles ; ueaninoins M. Longchamp a fait voir que les nitrales se trouvent et se forment dans ses materiaax ou dans des lieiix qui ne contiennent ni matures vegetates ni matieres animales, el qui n'ont jamais ele sonmi.'es aux imanations des animaux. L'ac:>demie des sciences proposa, en ( 57) 17^5, un concours siir les causes do la formation de I'acide ni- Irique, el S!ir les moyens d'operer cede formalion dins les ni- trieres arlificielles. 76 nicmoires f.irent envoj'cs au concours, ct se ti'ouvent analyses ou publics en enlier dans le tomu XI des Mcmoires des savans etr angers. C'est la que I'auteiir a puise line pailie des fails confirmaliJs de sa theorie, el ii etablil que I'acide nilrique se forme en plein air, dans des maleriaux qui ne con- tiennenl aucun veslif,re de niaticres anima'.os ou vegetaies. EnCn, il etablil celte ihOorie, que I'acic/e nilrique est forme exclusiveinent par les clnnens de l'aimosphi;re , en prouvant d'aborJ que I'azolc des nialieres animales, employe lout enlier a !a formation de. I'ammoniaque dans I'acle de la pulrcfaction , ne concourt nul- lument a la production de I'acide nilrique; que les pierres po- reuses, lelles que la craie, on des lerres legeres el crayeuses, de riiumidile el de I'airqui se renouvelie sans cesse, soul les seules conditions necessaires a la production sponlanee de I'acide ni- lrique. La craie agirait comnie corps absorbaut , puisqiie le cal- caire compacie , ain-^i ([ue le marbre , n'est point propre a la nitrification. La craie absoide done Thumidite atinospbciique on I'eaii qui I'inonde ; I'eau absorbee conti(nl de I'.iir en dis- solution, el Ton sail que eel air est pins richc en oxigene que Tair almospberique. De la presence de I'Dxigene el de I'azole en dissolution, ou a I'elat de gaz uaissant , el sans doulc aussi par la reaction de la chaux, il nail un nitrate de chaux. L'auleiir fail ensuite une l^gore critique de L' instruction sur la fabrication da salpctre, publiee en 1820 par le coinile consultalif des poudres; il cite les dernieres opinions de Lavoisier sur la nitrification , les experiences cnrieuses par lesquelles Segiiin prouvait la translurmation d'un melange d'oxigene et d'azole en aride ni- lrique, au contact de la polasse causlique; enfin I'adbesion com- plete de Proust, aiiquci I'auteur avail communique ses idees , el les observations de J. Davy «ur les nitrieres nalurelies de Ceylan. Tel est le resume d'un incmoirc que M. -Longchamp puhlia en sept. 1826, dans les Annates dc cliimie ct de physique. Cede publi- cation souleva, enlre raulenr et l\l. Gay-Lussac, une discussion lics-vive, siirlaquelle nous ne reviendrons pas ici pourl'bonneur dc la science ; nous nous bornerons a oiler le rapport que I'A- ( 58 ) endemic des sciences vienl de taire sur les nilrieres a»'lificielle^ proposecs pnr M. Longchainp, A la demande du ininistrc de !.» guerre, et la re|>onse de M. Longchamp adressee, sous loimc do Jettre, au president de TAcadcmie. Extrait dii rapport fait a I'Academie des sciences^ d la seance dii ^ aout I 828, par M. Bcudant, en son nom et au nam de MM. Tlie- nard, Vanqueim, dc Ragasc et Cordier. Le meinoirc que M. Longchamp a lu a I'AcaJemie comprenait trois sections : La premiere avail pour oljjet de prouver que les nitrates se trouveiil el sc forment dans des maleriaux qui ne con- tiennent ni matiere vegelaie ni matiere animale, et qui n'ont ja- mais ete sonmis aux emanalions des animaux. — ■ La seconde , que I'acide nitrique se forme en plein air dans des malieres qui ne contiennent aucun vestige de matieres animales ou vegetales. — Dans la troisieme section enfin, I'auteur cherche i etablir que I'acide nitrique est forme exclusivement par les elemens de I'at- mosphere. Sous le rapport iheorique, la commission pcnse que M. Long- cliamp, en avancant qu'il esl possible qu'il se forme dc I'acido nitrique sans ie coucours des matieres animales, n'a fait que re- produire une idee eno.icee depuis long-temps. Mais les fails qu'il cite ne sont pas suffisans pour le demontrer d'une maniere posi- tive. La commission pense en outre que I'assertion qu'avance I'auteur, savoir, que I'acide nitrique est forme exclusivement par les elemens de I'atmosphere, n'est pas exacte, parce qu'il est de- montre que les matieres animales ont une grande influence sur celte formation. Aljordant ensuite le point essenliel de la question, celui qui in- teresse specialemenl Tclat, la production cconomiqae du satpclre , la commission se livre a des considerations detaillees. II y a long-lt'uips qu'on a essaye de juovoquer artificiellement la formation du salpClre; et Ton a etabli des nilrieres en diffe- renles contrecs, en reunissant loutes les conditions que I'ob- servation et la theorie presentaienl comme les plus favorables, comme la porosite des terres, la presence des matieres azotees , le contact de I'air, I'humidite, etc. 3Iais lous ces essais ont conduit ( 59 ) ii demontrer que la proiliiclion du salpclre ctait Ires-faible, en prenant la moyenne do plusieurs annees, et que cette maliere rc- venaitiiun prix trop ulcve, toiitesles fois qiiel'on operait en grand, par suite des frais de uiain d'oeuvre el d'etablissement. On t.'est convaincu que ce n'elait qu'en petit et enqueiqne sorte dans I'in- lerieur des menages^, sans frais appreciables d'elablisjcmens, en n'employant en main d'oeuvre que des momens perdus, en utili- sant, pour avoir la potasse, des debris vegetans qui sont frequem- ment rejetes, des cendres qui ont ele deja lessivees, etc.; que I'du pouvaitesperer de tirer parti de cclle speculation, et encore dans lej contrees oii le combustible est a bon compte. C'est ainsi que les nitrieres artilicieiles se souliennent en Sutde, oil chaque cultivaleur a sa nitriere, qui consisie en une cabane faite de quel- ques planches; mais la production est si pen abondante qu'on re- garde conime riches des lessives donl il faut evaporer quatre ou cinq cents litres pour avoir un kilogramme de saipelre. I'eut-elre cette Cabrication se soutient-elle parce que le gouvernement exige de chaque famille une redevance en saipelre; ce qui fait qu'on ignore a quel prix revient effecliveraent ce sel. En Prusse, on a aussi des nilrieres artifjcielles, meme en grand; mais on fait con- courir a la fabrication les prestations de service des communes; et malgre tout, le saipelre y revient a I'litat a 2 fr. 40 cent. Tels sont les r^sultats generaux obtcnus des essais sur les ni- trieres artitjcielles oii Ton a fait concourir Taction des matieres azotees. Obliendra-t-on plus de succes en supprimant ces matie- res, comme le propose M. Longchamp, et en suivant du reste a peu pres la meme marche? La commission ne le pense pas, et invoquememe a cet egard I'opinion de I'auteur, en citimt tex- tuellement un passage de son menioire, qui montre qu'il regarde le succes de ses nilrieres comme Ires-incertain. « Sans doule, discnl les commissaires , I'experience serait in- dispensable pour prononcer deGnilivement ; cependant on pent prevoir jusqu'a un certain point quels en seront les resullats. En effet, on ne pent pas supposer qu'il se produise plus de saipelre dans ces nouvelles nilrieres que dans celles que Ton a faites jiis- qu'ici : or ce n'est pas I'emploi des matieres azotees qui enlraine le i)lus de depense dans la fabrication ; leur valeur est toujours trcs-petile relativement aux fiais d'etablissement, a la main d'ceu- ( 6o ) vrc, an combustible, etc. Par conse(fuont, on arriverait probable - iTiiMil ;! voir que, loulcs chojes l.■^^■l!t•s d'ailleurs, les ctablissemens ne pouvent se soutenir cii grniul, Mais il y a plus, il est infini- mcnt probable que, si Ton nbliont des nitrates sans employer des malieres animales, ce ne sera du moins qu'en trts-petite quan- tite; d'ou i! suit qu'il y aura plus de depensc'i dans loules les par- lies de retablissemenl et de la fabrication que dans les nilricres dont on a fait jusqu'ici I'essai. II nous parait Ires-doiileux qu'en se plafant dans les parties de la France oi'i la main d'oeuvre, le combustible, la lerre, sont au plus bas prix, on puisse assez re- duire lous les frais pour obtenir quelques avantages de ce genre de speculation. » Voici comment la commission elablit son jugemenl. En Prusse, le saipetre des nitrieres artificielles revient a 2 fr. ^o cent. Si Ton supprime les matieres animales, en les evaluant a -^ des frais (ce qui certainemcnt est beaucoiip Irop), il reviendra a 2 fr. 16 cent., en supposani, ce qui n'est pas probable, que la produc- tion restera la meme. A plus forte raison reviendra-t-il au moins i ce prix en France, oii nous n'avons pas la ressource des presta- tions de service, et oii il faudra payer tous les ouvriers, quelqne petit que soil leur salaire. Or ce prix est deja au-dessus de celui de nos salpctriers, qui lui-meme est plus du double de ce que vaudrait le salpeire di> I'lnde, si rintroduclion en elait permise. Conclusion definitive. La commission pense que ce n'est que sous les rapports thcoriques qii'il pourrait etre utile de faire les essais proposes par M. Longcbamp. II serait, en effet, tres-cu- rieux pour la science, de savoir s'il se formerait de I'acide nilri- que dans les circonsiances qu'il a indiquecs. {Globe du 20 aoflt 1828.) Letire d M. Ic president ilc I' Acadimle des sciences. Monsieur le president, Les societ(';s savantes se personnifient dans leurs presidens. et c'esl a ce litre seul que je prends la liberie de vous adresser cetl'j leltre. Parler de soi est toujours unc cliosc desagreabic, cllc Test pour f (G. ) mol plus que pour toiite autre personne. Aussi n'ai-joricndillorsque Ii! rapport sur les nitricics artiticielles a e!e presenle ii rAcademie ; j'ai garde Ic nirinc silence lursque le miuislre de la guerre m';) vcril, sous la date du 5o aout, pour m'iuforincr que, d'apres cc rapport, il ne pouvait pas ordonner des experiences, ainsi que je le deniaudais. Uu rapport qui n'est lu que dans le sein de I'Aca- demie est bientot oublie, el un niinislre lit rarenient les rapports des societes savantes; je pouvais done, sans grand inconvenient, garder le silence, et c'est le parti que j'avais pris. IMais je viens de lire dans le dernier numero des Anncdes de c/iimie les conclu- sions qui ont ete j)resentees par la Commission nommee pour examiner la question des nitrieres; alors c'est uiie opinion qui est enregistree daus les annates de la science, et je dois laire voir que les conclusions qui ont ete adoptees par I'Academie ue me paraissent pas foudees. Je n'examinerai point les argument que Ton emploie pour com- battre les principes que j'ai poses; tout se reduit a ceci : nous ne jiensons pas cornme iM. Longchamp, Or, je dis qu'un sentiment n'est pas un moyen bien victorieux pour detruire des opinions itablies sur des faits et des raisonnemcns. II est vrai que Ton dit que les faits que je rapporte ne sont pas tres-concluans, parce que de la terre des champs bien lavee pent contenir encore des matieres animales, et que la craie en contieiit ; mais puisqu'il s'a- gissait de laire un rapport au ministre de la guerre, pour fixer son opinion sur une question du plus haut inleret pour i'Etat, il fallait autre chose que des soupcons negatifs; il fallait des expe- riences, et des experiences positives; il fallait prouver enfin, non pas que la craie conlient plus ou raoins de millionniemes de ma- tieres animales, mais bien que tout I'acide nilrirpie qui se forme dans la craie doit son origine a ces matiere*, et qu'aucune parlie n'est due a d'autres causes. Et ne trouvera-t-on pas etrange, alors qu'on me reproche de n'avoir pas experimente moi-meme, qu'on me combalic avec de simples allegations, et sans avoir recours a rclte soeur de la theorie, qui sou vent en dit plus qu'elle et autre- ment qu'elle ? La Commission n'a peut-etre pas considere qu'elle comhattait un homme qui, pendant douze ans qu'il s'est occupe de hi fabrication du salpetre, a vu dans toutes les conlrees de la France, dans la Bclgiqiie, en Ilalie, des cenlaincs de cas de ni- ( G2 ) tiificalion, cl qn'll les a tons observes avec In tlienric qu'il s'rtiiit f.iite, mais siirtout avec I'esprit de doute qui ne I'abondonne ja- mais. Douze aiinees d'observations, voila, je pense, une graode et belle experience, et qui merite d'etre combatlue antreinent que par des soupcons sur rinfliience de telle ou telle cause. Ce n'est point sur ma demaiule que le ministre de la guerre a renvoye a I'examon de TAcademie la question des nitrieres artifi- ciellcs. J'avais prie S. E. de nommer elie-mrine une Commission, parce que je pcnsais, et je jiense encore, qu'il n'y a rien la qui touche a la science ; et en effut, il n'est point necessaire d'etre un savant pour decider si du salpetre s'est torme dans une cave qui conlenait ou ne contenait pas des matitres animales. Toutelois j'ai vu avec plaisir que TAcademie se chargeait d'examiner la question, car je pensais qu'elle furait faire une enquete sur les faits. L'Academiea dans son histoire une preuve encore recente que Topinion generale des savnns n'est pas toujours le dire de la nature, et qu'il n'y a qu'un examen consciencieux des faits qui revele la verite. Si un ministre eOt consulte I'Academie il y a trente ans pour savoir s'il tombe des pierres de Tatmo^phere, cer- tes, et personne ne le niera, la reponse eOt ete negative; car la chute de ces pierres etait alors regardee comme un contedes an- ciens. Cependant, en Angleterre, on annonce la chute de pierres de I'atmosphere; cela eveille les soupcons des savans francais, et bientot on apprend qu'il en est tombe a Laigle. Un savant, qui se debarrasse de tout prejuge, se rend sur les lieuxi il parcourt tout le pays, constate la realite du phenomene, et en rapporte les preuves i la classe de I'lnstitut dont il f.iit partie. Est-ce ainsi qu'on en a agi pour resoudre la question de la uilrificalion ? Est- on descendu dans les caves? A-t-on visite les celliers, les granges ? ■ Est-on alle dans le Berri, la Touraine et I'Anjou, pour y exami- ' ner les carrieres od s'opere la nitrification ? Non , rien de tout cela, et de purs senlimens, un jugement rendu dans le cabinet, en I'absence, et peut-etre en depit de la nature, rcduit au neaiit douze annees d'observations, et laisse comtiie non avenue I'opi- nion de Proust, de Proust, Tun des plus grands obscrvateurs qui aient jamais existe ! Dans I'arlicle du rapport intitule Examen de la secondc asserlioi}, on trouve celle phrase : « Votre Commission, parlageaiit ropinlon ■( 63 ) »de tous les cidmistes , est poiiee ii croire , comine le pcnse «iM. Longchamp, que dans des lerres calcarifores sudisainineiit »poreuse«, pourvues d'uii certain degic d'humidile, exposues A »une temperature convenable, il peut se former de I'acide nitri- »que sans le concours des matieres organiques, et par les seals BC'Iemens de I'air. » Si celte assertion du rapport est vraie, il est evident que la theorie de la nitrification que j'ai presentee comme iiouvelle etalt deji\ recue par tous les chimisles ; il eOl done ete, dans I'inleret de la verite et pour classer les pretentions de clia- cun, a desirer que la C(}nimission cut cite les ouvrages ou elle a vu une pareille idee imprimee, quels sont tons les chimisles qui parlageaient avant inoi unc pareille manierc de voii". On lit, quelques lignes apres, cetle autre phrase : «Au reste, »cette idee n'est pas nouvelle. Les plus anciens auteurs voyaient » la source du nitre dans I'atmospliere ; Thouvenel reraarquait nque I'almosphere renfermait les principis du nitre. » Ainsi les lances du nitre des anciens equivaiaient, suivant le rapport , a cette proposition : L'oxlgine et I'azote de I'ttir, sollicites a la com- binaison par faction quexerce la porosilc des corpSf et par la pre- sence de I'eau et d'une base, s' unissent pour former I'aclde nitrique. Mais si Glaubert, Beckhcret Slahl ont vu tout cela dans les lances du nitre qu'ils admettaient dans I'air, alors ce n'est plus Lavoi- sier qui a decouvert que cet air est compose d'azote et d'oxigene; ce n'est point Cavendisch qui a trouve le premier que I'acide ni- trique est forme d'oxigene et d'azote; enfin, ce ne sont plus Mo- rozzo, Roiippe el Saussure qui ont reconnu les premiers Taction qu'exerce sur les gaz la porosile des corps. Mais si ces savans res- tent incontestablement les auteurs des decouvertes qu'on leur at- tribue, je resterai aussi, moi, dans la propriete d'une idee que je ne soupconnais pas en verite que Ton pGt Irouver dans les anciens, et que Ton pQt assimiler aux lances de leur nitre. Le paragraphe du rapport qui precede les conclusions pre- senle I'argumenl dont on se sert pour etablir que les nilrieres ar- tificielles que je propose ne donneront jamais un produit avanta- geux. Je vais rapporter la phrase : « Voici comment nous etabiis- « sons noire jugement. En Prusse, le salpetre des nilrieres artifi- j'cielles revienl a 2 fr. 40 cent.; si Ton supprime les matieres lanimales, en les evaluant a un dixieme des frais, il reviendra ( G4 ) » encore i\ 2 fr. 16 c., en siiopo.^aiit, ce q;ii u'est pas probable, que »la prodiiclioii sera la infime. » Mais .^'il n'exisle pas .le nilrieros arlificiellis en Priisse, voili un raisoiincmeiU sairs fimdemenl; et par consequent le point, le seul point qui inleressail ie iniiiislre (le la ^'iierre, et qui i'ail le inotif iki second paragra|ihe ilcs con- clusions, n'est plus resoln. Or il n'existe p.is tie nilrieres arlili- ciellesen Prnsse. Ce fait in 'a ele aOirme par M. Champy, ajicien admiiiislraleur des pondres, qui vient de passer tiois ou quatre ans dans ce pays; et jusqu'a ce qu'on ait prouve d'une nianiere anthentique, c'est-a-dire par les certificats des autoriles prussien- nes, qu'il exisle des nilrieres artificielles en Prusse , et que le coniple qu'on a preseute est exact, je ni'en rapporterai a la per- soiine digne de foiqui m'a dil qu'il n'y en avail pas. Mais comment la Commission qui a examine la question des nitrieres a-t-elle pu commelire une erreur aussi grave? Tout le monde I'a deju juslifiee dans sa pensee, et Ton presume bien que si elle a presente i TAcademie des conclusions qui reposent sur iin fail qui n'est point exact, c'est qu'elle-mcme a repu des reu- seignemens qui ne le sont pas. Je vais m'expliquer. La Commis- sion declare que c'est dans un rapport presente au ministre de la guerre par la Direction des poudres , lequel est redig.'; par MM. Gay-Lussac et Pdissier, membres du comile consultalif de cette Direction, qu'elle a trouve que le salpetre des nitrieres de Prnsse revient a 2 fr. 40 c. Or, le rapport qui a ete presente par la Direction des poudres contient d'autres inexactitudes qui an- noncent qu'il a ete fait avec pen de soin, ainsi que je vais le prou- ver. Voici ce que j'y ai iu aii secretarial de I'Aca iemie, on j'en ai pris connaissance dans le temps : « Ofi ne pourrait admcttrc »que le concours des matieres animates soil superflu, et encore nmoins (/u'il soit nulsible , ainsi que paraitrait le croire I'autear cU ttlanouvelle tlieorie (pag. u). » Or, bien loin d'avoir jamais ecrit que les matieres animales pussenl etre nuisibles a la nitrification, j'ui dit, au contraire, qu'elles pouvaitnty contribuer mecaniqiie- ment. [Annal. dc cliim. et dc pliys., t. XXXIII, pag. 17.) On trouve (pag. 18) un compte d'une nitriere arlifieielle elablie a Melz, qui porte le revient du sal])(:lre a G fr. o'\ c. , et dans cette depense la polasse y entre pour 1 fr. 08 c. Or M. Tlu'i.ird ;i dit a la Cliambre dos deputes que le salpetre contient pour 55 c. (65) de pofasse, et si M. Tiienard a raisou , le compte do la nitriere de Metz est loin d'etre exact. Mais, si M. Berzelius, U. Vauqiie- lii) et les courtiers de la ville de Paris ne nous indiiisent pas en erreur, c'est le chiffre de M. Thcnard qui est le seul vnii (i). Ainsi tant qu'on ne fera pas enlrer deux kilogrammes d'eau dans une boufeiiie d'un litre, on ne depensera pas pour i fr. 08 c. de potasse pour faire un kilogramme de salpelre, puisqu'il ne pcut y en avoir que pour 53 c. Je pourrais citer encore d'autres inexactitudes du rapport du comite consultatif des poudres, qui a ete communique a M3I. les commissaires de I'Academie ; mais celles que je viens de faire connaitre sulTisent sans doute; et si les aateurs de ce rapport ont lu dans mes ecrits que les matieres animaies sont nuisibles 4 la nitrification; s'ils ont admis sans aucune discussion et comme un argument h opposer aux nitrieres que je propose, qu'on pent faire eolrer pour 1 fr. 08 c. de potasse dans un kilogramme de solpetre, ils ont pu utiliser avec aussi pen de soin les materiaux qui leur ont servi a faire leur rapport, ce qui explique comment ils ont admis qu'il existe des nilrieres arlificiclles en Prusse alors qu'il n'y en a pas (2). (1) M. Berzelius admrt 46, 55 de potasse dans 100 de salpetre. M. Vauque- lin a trouve que lOo de jiolassc de Riissie contiennent 70 de potasse reclle utilises dans le travail du salpetiier. D'apres les piix courans de la place de Paris, la potasse de Russie coute 86 fr. les 100 kilogrammes. On conclut de toutes ces donnees que le kilog. de salpetre contient pour Sj centimes de po- tasse. Mais comme il y a dans la potasse de Russie du muriate de potasse que je n'ai pu faire entrer en ligne de compte, on peut admettre 55 centimes, comme I'a fait M. Thenard. (2) Tout le monde sait que dans le dernier sifecle il y avait des nitrieres arti- Ccielles en Prusse, mais il s'agit de savoir quel est I'etat des clioses aujour- d'hui. El puis que signifie cet argument : le salpetre coiite 2 fr. 4o c. dans Its nitrieres de Prusse, done on ne I'aura pas a plus has prix dans celles que pro- pose M. Longcbamp? Si un gouverncmeat de I'Amerique s'adressait au corps des ponts-et-chaussees de France pour savoir ce que coutera un canal de cent licues, le corps des ponts-el-chausseesrepondrait k ce gouvernement qu'il n'a pas le don de la divination ; que par consequent, pour resoudre la question qu'on lui propose, il faut qu'on lui indique si le canal parcdurra toujours un p.iys de plaioe et s'il n'y aura pas des montagnes a percer, quelle est la nature du sol dans Icquel on devra le creuser, quelles sont les sourcf s qui I'alimtinte- ruut, quel est le prix de la main d'oeuvre dans le pays, etc.', etc. Eli bien 1 de 5 (66 ) On lit dans le prenuer par;igraphe des conclusions, qu'«7 est dnnonirc que Ics matieres animates ont une grande influence sur la formation de I'acide nltrique. Non, cela n'esl pas demontre, el c'est precisenurit le point de la discussion; il ne pouvail elre resolu que par des experiences nouvelles. On lit dans le second paragraphe : « Nous pensons qne si Ton » devait faire de nouveaux essais, ce ne devrait pas etre en se » placant dans les circonstances les moins fiworables, c'est-i- » dire en se privant des matieres qui sont reconnues pour avoir » une tres-grande influence , mati6res sans lesquelles nous ne » voyons pas de nitre se former. » Non, ce n'est pas reconna , et c'est encore la un des pointsde la discussion, et quant aux nitrates qu'on ne voil pas, selon le rapport, se former hors de la pre- sence des matieres animales, si on asait visite comme moi deux ou trois cents caves, celliers ou granges, on n'aurait peut-etre pas ecrit celte assertion aussi positivement. Un pape, c'etait Leon XI, demande aux moines de son temps, car alors il n'y avail pas d'acadeniies , si en effet la terre tourne sur elle-meme. Les moines, au lieu de passer quelques annees \ observer les phe- nomenes celestes , ce qui eQt etc sage mais un pen ennuyeux pour eux, jngerent plus conveiiable de trancher la question dans leur cabinet, par leur sentiment, qui etail aussi celui de leurs peres, et ils deciarerent que la terre ne lourne pas sur elle- meme, et que c'est au contraire le soleil qui tourne autour d'elle. N'est-ce pas la mot a mot ce qui se passe aujourd'hui relative- ment a la nitrification? On ne veut pas faire d'observalions nou- velles, on s'en tienl au sentiment repu ; et de meme que les fideles ont dCi recevoir les decisions des conseillers du pape, le miiiistre de la guerre devru admeltre , comme articles de foi , les deux principes suivans poses dans Vlnstniction sur la fabrica- tion du salpclrc : meme pour dire a quel piix revitndia le salpetre dans les nltriferes que je pro- pose, il iallait avant tout icconnaitie par des experiences quel sera le pioduit en salpetre; il fallait eusuite pre^etiterun devis des depenses qu'occasionne- rait la construction de ces nitrieres; eslinier par des donuees certaines quelle serail la depense o« main d'reuvre, en combustible, en potasse, etc., etc. ■ (0?) I piiocipe. Oes materiaus frop'cs d (a nitri/ication ne $e sai- petrent jamah d fair tan« le concaui li'uiu mitUre animale. 2"* principe. Tout I'azoie nicessaire d la fortrmtion de I'acide ni- trique est fourni par les Hubstancef aTunmle». Je suib bieri eloigns de vouloir laire contiiiuer la discussion sur les pbenomeries de la nitrification. Jc recoiioai: trop que tout ce qui ticnt 4 ce sujet n'est point en France une quebtion gcienti- fique: on craindrait de diiculer des principes qui ont ete poses d'une maniere ab'olue, et que I'on a dei'eodus avec cbaleur. Je n'ai eu pour but que de faire voir que lee conclusions adoptees par I'Academie ne sont pa«; fondee;, et que la deinaade ^u tninistre de la guerre, sur retablirseinent des nilrieres artificiclles , reste tout enliere a resoudre. Dan*- telle leltre , j'ai eu le rnalheur de m'occuper exclusive- rnenl d'un obji;t qui ni'esl personnel, el qui d'ailleurs sera de peu. d'inle/el pour beaijcoup de lecleurs ; rnai» dans une seconde que j'auraj I'lionncur de vous adresser egaleinent, monsieur le Presi- dent, je Iraiterai des questions generates qui inleresseront, je le crois, et la science et les savans : sous ce double rapport j'es- pere qu'elle sera accueillie avec plus d'empressement. Je V0M6 prie, Monsieur Le President, D'agreer I'expression de mon respect. LOSCCHAMP. BOCVEAtX HET^I X TBOlVt- DANS I,E ?LATISE DBS M'lK Fi-Ol BAL5 ; PAB M. 0SAS>. J'ai ducouvert dans le platine des MonLs-Ourals trois tnetaux donl le; proprieles diflerenl de ceiles de tons les aulres metaux connus. L'un fait p.irlie du residu que laisse dans I'eau regale le plaline que Ton vend a la rnonnaie de Sairil-Pcter-bourg. Tou- tefois je ne I'ai trouve que dans un seul echantillon de ce nrietal. Son oxide cristallise, en longs piismes, dans la dissolution nilro- rauriatique du platine; ces cristaux se subliment sans eprourer aucun cban^'einent, nnais k une temperature plus elevee que celle que necessite la sublimation de I'osmium. Eprouvee au chalu- meau, une portion du sel se sublime, tandis que I'autre est reduite en un globule metailique. L'hydrosulfate d'ammoniaque trans- (68) forme ce metal rediiit, en un sulfure gris lies- fusible, et qui passe a I'etat d'oxide par sa combustion dans I'air. Le second metal sc trouve dans la solution nitro-murialique du meme platine ; il a les proprietes suivantes : sa solution produit dcs cristaux aciculaires qui, cbauffesu la temperature du verre fon- dant, sonl reduils a I'elat melallique. L'hydrogone les reduit en metal gris rougeatre qui ne se fond pas, mais qui conserve la forme cristalline du sel. L'eau regale les dissout aiscment, tt I'hydrosulfate d'ammoniaque y produit un precipile brun, qui, grille a I'air, devient plus fonce. Ces deux metaux ont ete trou- ves en ires-petite quantite dans le platine del'Oural, le second en proportion plus grande que le premier. Le iroisieme melal se rencontre aussi dans la solution nilro-nni- rialique du platine; il possede la singuliere propriete de former aveclefer un alliagequi n'est point altaquable par racide nitrique. En fondant cet allinge avecde la polasse caustique et du nitrate de polasse, le fer se Irouve atlaque par I'acide nitrique, et le residu n'est plus que I'oxido du nouveau metal sous la foruie d'une pou- dre d'un vert fonce. Mise sur une lame de platine et chanffee jusqu'au blanc , cette poudre se noircit sans se reduire; mais ex- posee a la flamme du chalumeau , elle se transforme en une masse metallique Ires-brillante. Ce metal a les pcoprietes suivantes : il est insoluble daos l'eau regale, meme a chaud; chauffe avec la potase caustique et le nitrate de polasse, il presente une masse brune qui dans l'eau depose une poudre grise , ayant encore un certain eclat metallique; les alcalis n'en dissolvent aucune por- tion, et celle poudre n'est que le metal dans un etat Ires-divise, que l'eau regale n'attaque que faiblement, et transforme parfoisen oxide vert. En dirigeant un courantde yaz hydrogeue sur I'oxide chauffe, la coinbuslion s'opere comme celle de la p.oudre a ca- non, et par une action prolong^e , tout I'oxide est reduit sous forme d'une poudre noiratre, grisatre, a peu pres comme celle de I'eponge de platine nouvellement preparee. Quand ce nouveau metal est chauffe au contact de I'air, il devient noir, el conserve cette couleur, meme si la chaleur est portee au rouge blanc : en cela il differc du rhodium qui s'oxide d'abord i une certaine tern- peralure au-dela de laquelle il est de nouveau reduit. [Rcpertorium fiir die clicmie, sept. iSj.j.) I (69 ) De inenic que le pliliiip, irAineriqiie , cekii ties Moiits-Ourals , traite par I'acide nitrique, se parlage en deux portions, I'line so- luble Jans cet at kle , et Tautre insoluble, et qui doiventetre exa- minees separement. Dans iin precedent memoire, j'ai exanaine la composition de la purtie soluble ties deux especes de plaline, et miiintenant il s'agit de riicoiuiailre les eleniens de la parlie inso- luble. Cent grammes de la mine de plaline qui se vend a lamonnaie de Peter^bourg, I'urent dig^-res dans Tatide nitrique. Apres m'etre assure que I'addition de nouvelles doses d'acide nitrique ne dimi- nuait plus la portion indissouto, je la separai du liquide par le filtre. Le residii fut desseche, puis lave par une dissolution de polasse, et enfin evapore. On melangea ce residu avec quelques cristaux de salpetre, et on fondit le melange. Apres le refroidisse- raent de la masse, celle-ci fut deiayee dans I'cau , et le depot qui s'y forma, au bout de quelque temps, fut sepaie de la portion disjoute, par decantation. Ce depot fut de nouveau fondu avec de la potasse et du salpetre ; la masse refroidie fut redissoute dans I'eau, et le residu fut traite de nouveau par la polasse. Ce traite- ment fut repete, jusqu'a ce que le residu eQt perdu I'aspect me- talliquc. Ce residu fut joint aux dissolutions, et celles-ci sursatu- rees par de I'acide nitrique. En versant cet acide, 11 se forma un abondant precipite noir, et il se degagea une forte odeur d'os- miuu). Onsoumitensuite le liquideuladislillation dansunecornue , afiu de meilre I'osniium en liberie. Quand le volume du liquide fut a pen pres reduil de moitie, on arrela la distillation. Le liquide fut abandonne au refroidissement et au repos , pour voir s'il ne s'y deposerait pas quelques cristaux. Apres vingt-quatre heures, j'y trouvai de longs cristaux prismatiques d'un blanc rougeatre et d'un eclat remarquable. Le liquide, retire de la cornue, fut melange avec de I'eau. Les cristaux" furent parfaitement dissous. La dissolution fut versee dans une capsule concentree, et, par le ret'roidissement, les cristaux reparureut. Voici les essais auxquels on les soumit : 1°. Exposes sur du charbon a la flamme du chalumeau, une parlie se sublime, et le reste donne un globule nietallique. 2°. Ces cristaux furent dissous dans I'eau; on y ajoula un pen d'acide muriatique, et on y plongea un uiorceau de zinc, qui bientcit se recouvril d'une couche foncee de melal reduit. ( 70 ) 3". Chauffes dans un tube de verre ferine a un bout, ces cris- laux se siiblimferent sans residu , en donnant naissance a dc petites aiguilles brillantes. Toutes ces recherches furent failes avec une Ires-pelile quan- titc de cristaux; car je n'en avals obttnu qu'environ 4 deci- grammes. II reslail a connailre le melai'dont j'avais I'oxide : ce ne pouvait etre de I'oxide d'osmium, vu que, par la chaleur, on n'obtenait point I'odeur de ce metal ; il ne se dislillait pas comme I'oxide d"osmium , mais se snblimait en aiguilles. Sa dissolution dans I'eau prouvait que ce ne pouvait etre un oxide de bismuth, de tellure ou d'antinioiue , qui sont insoinbles dans I'eau, a I'ex- eeplion du dernier, qui no se dissout qu'en tr6s-pelile quantile. Ainsi j'etuis porte a croire que ces ciistaux etaient un oxide d'un nouveau metal. Ayaut dej.'i employe i decigramme de mes cris- taux, je cms ne pouvoir mieux t'liire que d'envoyer les 5 deci- grammes restans a M. Berzelius, esperaiit qu'il y reconnailrait aussi un nouveau metal. Voici sa reponse : (Stockholm , le lo avril 182S.) « Autant que je puis I'assurer, vous avez decouvert un corps dc nouvelle nature; car je n'ai pu retirer de ces petils crislaux sublimes aucune substance connue. D'abord , je crus que ce pou- vait etre de I'oxide de tellure ou d'autimoine ; mais ils ne se dis- solvent pas, au moins d'une maniere sensible, dans I'hydro- sulfate sulfure d'ammoniaque, qui les transforme en un sulfure gris metallique. Celui-ci se fond aisement, devient transparent, jaune-rougefitre; et, par le refroidissemont , il reprend sa couleur giise et son opacite primitive. On le grille facilement, et I'oxide se sublime a une ch;de.ur ;i peine rouge. Cette sublimation aisee, et cette transformation en sulfure, prouvent sullisamment que ce n'est point du bismuth. » Cette decouverte importante, sanclionnee par M. Derzelius, attira toute nion attention, et je n'eus rien de plus presse que de nie procurer une plus grande quantite de ce metal pour en mieux etudier les proprietes. Je fis venir de Saint-Petersbourg de la mine de plaline, dout jc traitai 100 grammes par I'acide niliiqtie, el le residu, comme precedemment. Apres que la disso- (7. ) lulion cut ute concentree par In dislillalion, puis laissee en lepos durant vingt-quatre heiires, je n'y trotivai pas les crislaux de l\ substance en question. Je versai la liqueur dans une capsule, o^ je la fis chauffer et refroidir plusieurs fois. Au mireu des cristaux, qui pour la plupart elaienl de salpetre, je ne pus dicouvrir que qnelques petils crislaux qui offrissent I'aspect et le brillant de ceux que j'avais deja obtenus; je ne pus, en consequence, faire des essais sur d'aussi faibles traces de inaliere. Comme ce nouvel oxide est volalil, nioins, il est vrai, que celui d'osinium, je pensai qu'il devait avoir echiippe a la distillation. La dissolution fut en consequence versee dans une eprouvelte ; elle etait acide, et avait une forte odeur d'osinium; elle fut neu- Iralisee par de la soude; puis on y versa une dissolution de noix de galle. La liqueur prit aussitot une couieur bleue , provenant du gallate d'osmium qui venait de se former. En ajoutant du sel ma- rin, le gallate d'osmium se precipita. Le liquide futensuite fillre, et decompose par I'hydrosult'ate sulfure d'ammoniaque. II se preci- pita des flocons gris, qui, reunis et seches, parurent etre le sul- fure du nouveau metal. Cette difference, dans les resullats de mes recberches, prouve seulement que les premiers grains de la mine de platine contenaient plus du nouveau metal, soil isole, soit en alliage, que les grains soumis aux dernieres experiences. La decouverte de ce miital necessitail la creation d'un mot nou- veau; celui de ridheniuin etait Ic plus convenable. Mais , voulant reserver ce nom pour un autre metal, que je^decrirai|bient6t, je donnerai au premier le nom de pluranc , compose des inifiales des mots platine et ural. [AnnaUii der Phjsik and Cliemie, t. XIII, p. 287.) ( 72 ) NOUVEAU lli^lACTIF PKOPRE, DANS LES EXPERIENCES DE CHIMIE MICROSCOPIQUE, A FAIRE DISTINGl'ER LE SUCRE, l'hIULE, l'aLBUMINE ET LA RESINE (l) ; PAR M. RASPAIL. Je in'occu[)ais c(- printemps de I'analyse inicroscopique des ovairesdes ceieales avant la fecondatiun. Ayant place un ovaire d'aveiia saliva (fig. 5, pi. 2) au porte-objet sur une goulte d'a- cide sulfuriqiie concentre, je vis les polls qui herisseiit, d'uiie niauiere si elegante, lotite sa surface se lecroqueviller, s'apla- tir, jaunir et se vider en crevant au sommel. Les stigmates de- venaienl de plus en plus diaphanes, et ne semblaient plus se des- sincr aux reg-ards que par les gouttelettes en apparence oleagi- neuses qui suintaieut de leur substance ; enfin la pansu de I'ovaire acquit peu a pen une couleur purpurine de Teffel le plus moelleux et le plus brillant. Celte couleur se dissolvit peu a peu dans I'acide, et les tissus resterenl incolores et sans alteration dans I'acide pendant plusieurs jours. Les ovaires du secale cereale, fig. 2, «, du triticLun liibernam, Aa V liordeuin liexasticum , fig. 6, ni'offrircnt le meme phenornene, et c'estsur ce dernier que j'ai ta- (i) Ge travail fait suite i ceux que nous avons publics depuis quatie ans surlanouvelle nietliode d'etudier k'scorpsoiganises,c'est-{i-dire I'art de trans- porter le laboratoiie sur le portc-ubjcl. Quelqiies personnes voyaiit avec regiel que nos divers tnemoires se Irouvaient dissemines dans plusieurs re- cueils de la capitale, nous ont invite a les rennir dorenavaut. Cedant k une invitation aussi flalleuse , nous recapitulerons dans une des livraisons des Annates des sciences d' observation , tout ce que nous avuns deja publie sur la cliimie microscopique; et desormais nous nous fcrons un devoir d'inserer, dans ce rccutil, les diverscs decouverles que nous serons dans le cas de faiie dans cette carriere nouvelle. En attendant voici la liste de nos travaux rela- tifsi notre sujet : Sur la feculc, Ann. des sciences nat., octobre, noveinbve i8a5. mars 1826, Bull, des sciences Malbematiques, Pbys.et Gliini., decem- bre 1821, novenibie 1826, septembre et octobre 1827; Sur la graisse. Reper- toire gen. d'anat., toni. Ill, trim. 2, iSaj; Sur t'hordeine el le gluten, Mc- moires du Mus. d'hist. nat., torn. XVI, 1828; Sur les tissus organiqucs, Me- nioires de la socirted'bist. nat. lorn. Ill, 182^ ; Sur les cristaux de silice et d'oxulate de ehauoc, ibid. tom. IV, 1828, p. 204 et 4'5; Analyse chimique de I'alcyonelle, ibid. p. 1 17 ; Sur le pollen, ibid., p. 347; Sur le sang, Journ. gc'u. du meJocine, tom. cii, p. 355, et fom. cm, p. 55. < ( 73 ) clu; (Ic representor cette reaction, fig. 4; on y voit repitlermc («) de I'ovairemoins colore que la panse {a') : an centre delaqueileon distingue un ovale qui indique la place du perispcrinefulur. Les polls recroqnevill^s (h), aplalis (t), ou marques conime d'impressions digilales [d], jaunissent, et quelques-uns (e) crevent au sommet pour laisser echappcr dans I'acide la substance qii'ils recelaient dans leur sein. Les deux sligmates {f) comn)encent a disparaitre dans I'acide, et leurs fibrilles manielonnees (g) laissent suinter en s'cffacanl des goutteleltes blanches el liiupides (A). Cette triple indication piqua vivenient ma cnriosite, et je reso- lus de n'abandonner I'elude de cette reaction chimique qu'apres en avoir decouverl evidemment la cause. La methode que je sui- vis fut de mettre I'acide sulfurique en contact avec chacune des substances que I'analyse microscopique m'avait fourni Toccasion de reconnailre ou de soupconner d.ins les divers ovaires des ce- reales. Je ne pouvais pas altribuer cet elYet a I'amidon, non-seuie- ment parce que I'iode qui colore en beau bleu tout le pericarpe ' du triticum sativum avant la fecondation, salit a peine ceux de Vaoena saliva, du secale cereale pris a la meme ^poque, et sembie a peine f.iire virer a un noir salemenl bleuatre la partie superieure du pericarpe de Vhordeum dhtichon non feconde; mais encore parce que I'acide sulfurique ne produit rien d'analogue sur I'ami- don. J 'avals constate la presence do Talbuniine dans la panse de ces ovaires, I'parceque I'alcool et I'tbuliitioncoagulent et durcissent ces ovaires; 2° parce que I'acide hydrochlori(iue (1) iniprinie a iapansetotalelacouleur d'abord pourpre, puisbleue, que cet acide communique a I'albuiuine de Tceuf, toules les i'ois qu'il est assez concentre el assez abundant pour dissoudre en entier cette sub- stance. (Je reviendrai dans un autre travail sur les circonstances microscopiques qui accompagnent cc phenomene.) Mais i'acide sulfurique concentre, mis en contact avec I'albumine de rceuf, la (1) L'aciJe nitrique concentre ne produit d'autre effet qu'un affaissenient general de I'ovaire et uae transparence toujours croissante. En meme temps on voit line foiile de bulles de gaz s'ticliapper par la base du vjisseau median de i'ovaire. (74 ) coagule en blanc de neige et ne lui imprime pas la moindrecou- leiir purpiiiine ou etrangi;re, meine apres un tres-Iong ?ejour. Je soupronnais la presence du sucre dans la panse de I'ovaire et surtoiit dans rinleiieiir des poils qni le surinontent, car j'y Irouvais une substance egalement soluble dans Teau et dans I'al- cool , menstrues qui abandonnaient sur le porte-objet des es- peces de cristaliisalions qui se redissolvaient de nouveau dans I'un et dans I'aulrp, et qui ne faisaient aucune effervescence avec les acidt's, ou ne formaient avec eux aucune crislallisation de nou- Telle forme. A cottc occasion il ne me parait pas hnrs de propos de f.iire connaitre, en detail, le precede au innyen duquel je m'as- sure qu'un de ces poils s'est vide de la substance qu'i! renferme. Un poil de ces ovaires vu dans I'eau, fig. ii (a), apparait comme un tube ferme par les deux bouts, aminci a la base et au sommet, et d'une transparence hyaline. Vu dans Pair (c), au contraire, il semble forme de trois iignes paralleles et longiludinales dont la mediane blanche et les deux extremes opaques, ce qui semblerait indiquer une crislallisation hexaedrique (g), d'apres les principes quej'ai expliques dans mon travail sur les crislaux de silice des eponges. Mais, afin de s'assurer que ce sont des orgunes et non des cristaux, on n'a qu'a les couper Iransversalement; car des ce mo- ment, non-senlement ils se vident, mais encore leur section pa- rait plus transparente que leur ligne mediane blanche, tandis que la section (g') d'un cristal hexaedrique est toujours plus ob- scure que la ligne blanche. Dans le cas ou le poil renferme une substance liquide, il est facile de le reconnaitre, apres I'avoir coupe Iransversalement, par les changemens qu'il subit successi- vement dans sa refrangibilite, circonstance qu'il ne faul jamais negliger dans Tobservation microscopique. En effet, qu'on place a sec un poil de graminee sur le porte-oh- jet, et qu'on le coupe ensuite Iransversalement, ou bien qu'on fasse tomber sur le porte-objet les fragmens des poils en meQie temps qu'on les coupe a I'oeil nu avec des ciseaux, subitement on verra au microscope les parties voisines de la section («(') devenir transparenles , et cette transparence se glisser peu a pen , d'une maniere noQ inlerrompue et en affeclant lu forme convexe jusqu'au sommet, pour laisser au poill'aspcct hya- lin de la figure (/;); ce (jui vicnl ncccssaircmcnt de ce que la sub- ( 7^ ) stance qui remplissail ce tube, po?sedant un pouvoir refringent different de I'air, deviait la lumiere, et que I'air ayant peneire dans I'interieur du tube a mesure que la substance liquide s'en ecoulait, la lumiere ne pout phis 6tre brisee que par les parois du tube; effet inappreciable dans les experiences en grand, et qui Test bien davantage dans les experiences en petit; vers les bords et au sommet du tube la lumiere est device (t'), parce que la I'epaisscur du tube joue le rule d'un prisme. Si Ton veut s'as- surer ensuite qu'un inenstrue ait dissous la substance contenue dans la capacile du tube, comme il arrive Ires-souvent que le pouvoir refringent de la substance s'eloigne peu du pouvoir re- tringent du menstrue, le tube conservera toule sa transparence dans ce menstrue, soil qu'il se vide, soit qu'il resle plein et que le menstrue ne lui enleve rien. Mais, apres un sejour suffisam- nient prolonge, qu'on fasse ecouler doucement du porte-objet le menstrue, de maniere que le poll resle pourtant adherent a la sur- face de la lame de verre; qu'on replace ensuite une nouvelle quantite de menstrue sur le poil ; s'il s'est vide, I'air se sera in- troduit dans sa capacile, et j reslera emprisonne par le men- strue; on verra done alors le poil opaque dans toule la pariie remplie d'air, et cette colonne opaque, composee longitudinale- nient de trois lignes dont ia mediane elroite et blanche sera ter- niinee vers son sommet libre par une surface convexe, tandis que, lorsque le poil se vidait dans I'air, la partie opaque etait termince vers son sommet libre d'une maniere concave {d'). C'est en ap- pliquant ces premiers principes d'oplique, que je m'etais assure que les polls des graminees renfermaient une substance liquide et egalement soluble dans des quanliles sufTisanles d'eau et d'alcool; car a sec le poildevenait Iransparent.el la portion opaque en dispa- raissant conservait tonjours sa surface extreme concave; apres les avoir laisse macerer dans I'eau et dans I'alcool , I'ecoulement du menstrue prrmett-iiit a I'aird'entrer dansloute la capacile; car, enreplacantundeces menslrues pour en couvrir le fragment de poil vide, toule la capacile de cclni-ci devenait opaque a exlremite convcxe; et bicntot I'enu ou I'alcool se glissant centre les parois- internes, rompait ca et U la colonne opaque, la divisait en plu- sieurs ellipsoides (/"), qui venaient sorlir et s'arrondir ensuite dans le liquide en bulles gazenzes (/" ) semblables a ccMe? qu'on pro- ( 7« ) duit au microscope, soil en agitant unc substance sirupcusc, soil en traitant sur le portc-objet uii carbonate par un acide. Quiind ces buUessont placees en contact les unesavec les autres, on dis- tingue qui; chiique portion en contact est eclairce d'lin point brillant. Ce point disparait quand elles s'^loignent et s'isolent. II m'etait done bien prouve que la capacite de cliaqiie poil qui surmontc i'ovaire des graminees est remplie d'une substance li- quide et egalement soluble dans une quanlile suffisante d'eau ou d'aicool. Ce sucre, qu'il m'etait permis de soupconner dans les poils , devait exisler aussi dans la panse de I'ovaire; mais I'acidc sulfurique concentre ne fait que jaunir le sucre el le noircir a la longue; ce n'etait done pas au sucre seul que je devais attribuer la couleur purpurine que contracfe la panse de I'ovaire des ce- reales dans I'acide sulfurique. La goninie, dont on ne saurait nier la presence dans les ovai- res, ne contracle par I'acide sulfurique concentre qu'une couleur niarron, variable d'intensile selon les quantiles relatives des deux substances et selon I'etat ooacrel ou fluide de la gomme. Jem'iinaginai doncd'essajer de melangeravcc I'acide sulfurique les snbstancesdont je viens de parler, rsuinies deux a deux et Irois a trois; I'albumine et la gomme, i'alburnine et I'.imidon, ramidon et la gomme, I'amidon, la gomme et I'albumine ne me rendirent te- moin d'aucune coloration nouvelie. Par I'incineration des ovaires des cereales, j'avais decouvert que lesccndres forlement alcalines se composaient de carbonate de potasse et de chaux ; je melan- geai ces deux sels et ensuile leur base seule avec ces trois sub- stances, sans obtenir aucun succes. Mais, des que j'eus mis en contact I'acide sulfurique concentre, Talbumine de I'oeuf de pouli- et le sucre de canne, j'oblius subitement la couleur purpurine la plus intense et la plus analogue a la couleur que I'acide sulfuri- que seul iniprimait a la panse des ovaires des cereales ((ig. [\,a' a). II m'etait done permis de conclure qu'il existait simultanement, dans les ovaires, de I'albumine et du sucre, et que c'etait a la presence simultanee de ces deux substances qu'on devait attri- buer la coloration qu'y determinait I'acide sulfurique concentre. Des les premieres applications que j'entrepris de (aire de ce reactif, je decouvris un phtnomene non nioius nouveau que le premier. Avant place un fragment de p^risporme de mais (pi. 2, ( :: ) fig. lo) sur une goiitte d'aciile sulfiiriqiic, je ne lardai pas h m'a- [(crcevoir non-seiilemcnt que le perisperme acquerait la coiilcur purpurine, mais encore que le fraginenl que j'obscrvais joiiait ad- n)irableiiieGt le rule d'nne vorliceile on d'un lambeau de brancliii; de miilelle, qu'osi observe dans une goialte d'eui au micro- scope. Je voyais le fragment se divisereti gouttelettes («) qui s'echnppalent quelquefois dans I'acide en s'elTilant pour ain^i dire; d'aiUres fois le pourlour du fragment hincait dans I'acide de petiles trainees qui disparaissaient a une faible distance pour aller reparailre plus loin sous forme de glob'nles; ces trainees re- presentaient exactement les trainees que lance la surface respira- toire des microHopiques et que les micrographes avaicnt desi- gnees comme des oils vibratilos. En meme temps on v oyait que les globules qui s'etaient detaches de la masse principale en etaient alternativement attires (//;, et repousses en decrivant un cercle (c), pendant un espace de temps assez considerable pour produire une illusion complete auxyeux de qniconque, ayant deja eu I'oe- casion d'etudier les mouvemens que I'organe respiratoire des mi- croscopiques imprime aux molecules suspendues sur le liquide, ne serait point averti d'avance que les phenomenes que je decris onl lieu dans un milieu incompatible avec I'existence de la yitalite. J'ai rcpresente toutes ces circonstances, fig. lo, sur un fragment de perisperme de mais place dans une goulte d'acide sullurique concentre. A part les grosses gouttelettes (a) qui s'effilent en se de- tachant de la masse principale, on croirait ne voir dans cette figure que la repetition du phenonienc de respiration mi.crosio- pique que j'ai represente pi. 16, fig. 12 de raon Meraoire sur Vat- cyonelle (i). .Je ne pouvais presque pas douler que ces gouttelettes ne fus- sent de I'huile; car non-seulement je venais a bout de les separcr avec une pointe en plusieurs autres gouttelettes arrondies , mais encore on les voyait se reunir ensemble pour former une grande goulte, toutes les fois que le tourbillon determine par cette res- piration factice venait a les presser les unes contre les autre?. Afin d"acliever de me convaincre a ce sujet, je placai au micro- (1) Foyc2 I'analyse de la secoode partic (le ce niemoirp, pas;. 100, n" vlt, dc cette livraist)n. ( 78 ) scope sur uiie couche J'aeide sulfuiique concentre , une gouUe dhiiile d'olive, et tout a coup je vis la gouUe principale expirer et asj)irer, comnie I'avait fait si long-temps, sous nies yenx, le fragment de perisperme de mais ; mais la coloration purpurine ne se montrait nuUement, et Thuile n'etait que devenue jaunAtre. L'analogie me porta a placer sur I'huile un inorceau de sucre de canne , et quelques inslans aprcs je vis paruitre la belle conleur purpurine. L'acide snlfurique, en communiquant cette couleur au perisperme de mais, y deciilait done la presence simnllanee da Sucre et de rhuilc, et dans cette reaction I'huile tenait la place de ralbumine (i). L'acide sullurique concentre dissonl la resine soil verle , soil jaune, mais concretee des organes vegetans, et se colore par cette dissolution en jaune virant sur le verdalre, de meme que cet acide colore en jaune dore ou I'huile ou le sucre; nnais la re- sine ne contracle pas la moindre teinte purpurine dans eel acide par I'addition soit du sucre, soil de ralbumine, suit de I'huile. En consequence je possedais enfin un quadruple reactif pour reconnaitre des quanlites minimes de substances que rien aupa- ravant ne ponvait me faire dislinguer d'une maniere certaine au microscope. Soit en effet un organe niicroscojjique a otudier : si l'acide snlfurique le colore en jaune soluble dans ce menslrue, et si I'ad- dition du Sucre change cette coloration en purpurin, il me sera prouve que j'observe un organe plein d'huile; si le sucre ne change pas la coloration, et que I'addition de I'huile produise celte metamorphose, il sera prouve que I'organe renferme du sucre ; si la coloration resle egalement jaune par I'addition du sucre ou de I'huile, I'organe sera evidemmenl rempli de resine; cnfin, si I'organe reste incolore dans l'acide snlfurique, et que I'addition du sucre le cnlore en purpurin, j'aurai sous les yeux de I'albumine. II n'est pas impossible meme que I'albumine, veri- table tissu complexe, doive celtepropriete colorante a I'huile dorit son tissu serait imbibe. L'experience suivanle rend cette opinion (i) La couleur purpurine disparait des qu'on sature d'eau l'acide sulfiiriquc, < t par consequent des qu'on a laisse quelque temps le melaoge expose a I'hu- tiiidite de I'atmospherc ( 79) frcs-probable. Je pris un riagment de muscle dans les cylindres duquel Facide sulfurique lu'indiquail une gr.uide qiiaiitili! d'liuile libre ; je cherchai a le dtipouiller de son huile par une Ires-longue ebullition, je i'expriinai ensuite pendant asscz long-temps par la mastication la plus forte ; alors, I'ayant mis en contact avec I'a- cide sulfurique el le suore, il ne contracta plus que tres-lente- inent, et d'nne maniere bien pcu intense , la couleur purpurine que les deux memes agens lui communiquaient inslantanement et avec intensite avant cette operation. Or la parlie solide d'un tissu animal n'est que de Talbumine devenue concrete ; et je ferai connailre bientot des experiences propres a etablir que ce tissu n'est que de Talbumine devenue concrete par sa combinai- son toujours croissanle avec des bases salines. Co que je viens de dire de I'aibumine animale s'apjdique egalement au gluten des cereales. J'ai deja dit que I'acide sulfurique seul rend pur- purin le perisperme de majis; je dois ajouter que I'acide colore de la meme maniere le perisperme de I'orge et du fromenf. Or, je malaxai long-temps de ia f.uine de fronient sans le secours des mains pour en depouiller le gluten, autant qu'il elait possible, du Su- cre et de rhuile que son tissu recele. L'acide sulfurique, apres celte operation, ne lui communiquait plus que faiblement la couleur purpurine; car il ne faut pas perdre de vue que, quelque chose que Ton fasse , on ne doil jamais prelendre a pouvoir depouiller entierement une substance elastique des divers liquides avec les- quelsellc aura ete melangee, et que le gluten renfermera toujours, quoi qu'on fasse, de I'amidon , de I'huile, du Sucre, etc. Dans cetle experience on distingue meme, dans son epais^eur, les polls de I'ovaire qui se dessineiit en jaunrure par Taction de I'acide. Mais enfin , puisque la malaxation rend cctte coloration moins intense, il dcvient evident que le gluten y a perdu une graude parlie des substances auxquelles il faut attribner cette coloration, et que, par consequent, il ne se coiorerait nullement par lui- meme, s'il etait possible, a I'art de le depouiller lout-a-fail de Thuile et du sucre. II est bon de faire observer en passant que c'est faute d'avoir reflechi sur ces principes qu'on a ete porte i decouvrir dans In gluten deux substances nouvelles. On n'a pas fait attention que I'alcool, capable de dissoudre simullanemenl I'huile, la rc>ine et le sucre emprisonnes dans le gluten, pou- ( 8o ) vait aussi, par sa concentration ou son evaporation, offrir sous forme do substance nouvelle (dezimome ou de gtaiadine, par ex.) le simple melange dedeuxou trois substances connuus, dont il se seraitsaturcprealablement. Mais, pour en revenirau sujetqui nous occupe, cette experience prouvait que non-seulemcnt le i;liilcn. devait sa propriele de se colorer en purpurin par I'acide sulfu- rique a la presence simullance do I'liuile et du sucre; mais en- core que, veritable tissu cellulaire, il jouait dans le perisperme le role que joue I'albumine plus on moins concretf'-e dans les tissus animaux ; analogie que je crois avoir deji etablie par dos dissec- tions microscopiques, dans mon memoire sur L' horddine el dans celui sur les tissus organlqucs. Quoiqu'il paraisse probable en theorie que I'albuiuiae et le oluten doivent a la presence de I'huile leur proprii'le colorante, cependant, dans la manipulation, laieaclion de I'aciile sulfurique seratoujours capable de faire distinguer I'albumine de I'biiile, par cela sen! que I'huile, en combinaison intime avec I'albumine, ne produira ancun de ces mouvcmens que d(?termine I'huile libre, et que du resle elle ne jauoira pas I'acide sulfurique. Dans loutes ces< experiences microscopiques je melangcai^, A I'instant de I'operation, les substances d'essai; ainsi je jetais un cristal de sucre sur la goulte d'acide dans laquelle plongeait Tor- gane soupcoune renfermer de i'huile , ou une goutle d'huile sur I'acide destine a indiquer le sucre dans un organe. Je voulus, pour ma plus grande commodite, avoir tout prepares sous la main ces deux sortes de melanges , ce qui me revela des pbenomenes que je ne crois pas devoir passer sous silence. Quand on place un fragment de sucre cristallise sur une goutte d'acide expose i I'air, on voit tout le pourtour de I'acide s'entourer d'une zone jaunalre qui s'elcnd de plus en plus dans I'acide et finit par se dissoudre tout-a-fait (i). On produit un effet analogue avec la so- (i) Dans le couis de nies premierf s experiences, je me servais, pour prendre du Sucre oil de I'acide, d'une bagiietlede verie que j'avais grand soin d'essuyer apres cbaque essai. Malgre cette precaution, je ni'apeigus i la longue que I'a- cide sulfurique seul avail acquis la propriete de colorer en purpuiin I'huile, et que par consequent la faible couche de sucre qui pouvait adherer aux parois de la baguette, a chaque essai, avait fini par comnuiniquer h I'acide cette prupriote. ( 8i ) Idlion de Sucre, pourvu qu'oii agi»se sur une goulte d'licide eten- diie siir line large surface eii contact avecl'air; car si I'on verse une solution conrentree de Sucre dans un lube de verre a deini pleiu d'acide sulfurique concentre, subilemenl le melange devient noir; ce qui ne pent elre attribue qu'au grand dcgagenient de, calorique qui a lieu, dans cecas, par le nu'dange.siibit de I'eau de la dissolu- tion et de TaciJe, calorique qui devient assez puissant pour carbo- niser le sucre ; des ce moment le melange est inhabile a colorer en purpurin I'huile ou ralbumine. Pour se procurer un melange d'aci) resta un peu jaune. Get epiderme s'offre avant la fecondation sous I'aspect (/»'), et a la maturite de la graine on voit que ses globules sont devenus des cellules hexagonales (/>''), ainsi que je I'ai dejfi fait remarquer dans un travail sur I'hordeine. Si a foulesces notions nous reunissons I'existence de la resine verte dans I'epaisseur in- terne du pericarpe [endocarpe des auteurs), et I'existence de I'ami- don dans I'epaisseur externe du pericarpe du triticum sativum, il s'ensuivra qu'avant la fecondalion, I'amidon exisle exclusivement dans la partie blanche du pericarpe du triticum, et n'est dans au- cune portion de I'ovaire ou du rachis des liordeum, secale, avena mais, etc.; que le Sucre et Talbumine existent dans tous les or^a- nes de I'ovaire des cereales, a I'exception de Tendocarpe, qui ne renferme dans ses cellules que de la resine verte egalement so- luble dans I'alcool et dans I'acide suifurique ; que le sucre li- quide remplit exclusivement la capacite des poils, etqu'une sub- stance gommeose est renfcrmee dans les papilles des deux sti"-- mates (i). Quant aux cendres, qui se Irouvent composees essen- (i) Dans mon travail sur le devclopperaent ) avail vu, mais la manicre dont il I'avait interprele, nous nous occupaniesdecesujetdans unmeiiioire imprime dans le toiii. XIV des Mimoires da Museum, 1826. Non-seulement ce memoire ofifre lies figures microscopiques do oe que M. R. Brown avail decrit, mais en meme temps on y trouve les procedes par lesquels on pent parvenir a prouvcr que ce trou n'est dQ qu'a la transparence d'une membrane forte, orpnisee en cellules et imperl'oree. Soil, par exemple, I'ovule non fecoude du bisculcUa Icevlgala, fig. 7, pi. 2 de noire livraison des Annales. On remarque en {a) uu contour qui, dans retle position, semble reveler I'existence d'un trou. Eh bien! qu'on rcgarde de champ et non de proGl cet or- gane, en amenant a cette position eel ovuk, au moyen d'une poinie microscopique, el Ton se convaincra que la membrane qui revet la tolalite de I'ovule n'eprouve la aucune solution de con- tinuite. Qu'on coupe Iransversalement le cylindre («) avec une pointe fine el mince , el qu'on applique la surface amputee sur le porte-objel, les rayons qui traverseront I'organe parallelle- ment a son axe monlreronl evidemmenl que la surface («) n'est nullement perforce. Cetle experience , que nous avons repe- tee pendant tout I'ele de 1826, ne s'est jamais trouvee en defaul a nos yeux; d'oii nous avons conclu que M. Robert BroAvn avail tres-bien vu, mais malinlerpretece qu'il voyait, et enfin qu'il avail pris un transparent, vu de profil ou obliquement, pour une per- foration reelle. Le meme mode de dissection nous permit de con- clure que i'ouverture decrite par Grew, sur le test de bien des graines, n'etait qu'un enfbncement et non une perforation du lest. Des la lecture de ce memoire, ces preuves parurenl si evidentes, que I'auteur meme, qui avail deja professe I'existence de cetle ouverture dans les Jiinales du Museum, torn. VII, p. igg, et qui I'avait surnommee micropyle,se hala, quinze jours apres, deve- nir retracter, a la sociele d'hisloire naturelle, son ancienne opinion. Cependant, quelque temps apres,- M. Ad. Brongniarl (^/ma/. des sc. iial. tom. XII, p. 141) reprit I'opinion de M. Rob. Brown, el I'adopta; mais, au lieu de la demonlrer par des dissections, il se oonlenla d'ajouler quelques figures a celles que nous avions deja publiees. La delicatesse qu'exigenl de semblables dissections n'ayant sans doule pas permis ii M. Brongniart de s'occuper de rcnverserlcs preuves de i'opinion coulraire, il nous parait inutile (9» ) flu repeter ce que nous avons deja avance dans noire premier Ira- vail. Mais M. Brongniart ayant de plus annonc^ qu'il avail tronve cetle perforation a la base du mamelon basilaire de I'ovule des graminees, ce que M. Rob. Brown s'elail garde d'exprimer, nous avons repris les ovules des graminees, el nous sommes encore embarrasses ile savoir comment M. Brongniart a pu voir meme I'illusion d'une perforation a la place qu'il indique ; car cette base n'est pas meme transparenle. La figure 5 a monlre cette base vue a la loupe dans le serale areata; elle est emoussee , opa- que, lisse sur toute sa surface, et si on la place apres I'avoir cou- pee an foyer du microscope, sa surface externa (/»') n'offre pas la moindre solution de contiuuile. Cependant, comme ces dissections sont penibles et prennenl beaucoup de temps, nous sommes heureux de pouvoir aujour- d'liiii indiquer un procede plus facile, que les experiences sur le rcaclif du sucre nous ont donne I'occasion de Irouver. Soil un ovule, celui du biscatella, par exem pie ( pi. 2, fig. 7«)' qu'on ail place au microscope sur une goutte d'acide sulfuriquc, tout a coup la pretendue ouverture [a] devient convexe, comme on la voit fig. 7 «, meme avanl que le nucleus ait ete attcint par I'acide. Qu'on lui imprime alors des mouvemens de rotation sur lui-meme, en elevant el abaissant successivement le porte- objct , et il sera facile de se convaincre que la surface prelendue perforce n'offre pas la moindre solution de continuite. G'esl de la meme maniere qu'on s'assure que le mamelon basilaire de I'o- vule du triticum, fig. 8 a, n'offre pas la moindre trace de perfora- tion. On pourrait objecter que I'acide tendrait, par son action cor- rosive, a faire disparaitre les traces de perforation dans le cas oii cette perforation serait reelle. Wais Taction de I'acide ne produit rien d'analogue sur les veritables perforations ou solutions de continuite. Ainsi le bile du grain de pollen ne devient que plus vi- sible dans ce menstrue, comme le montre la fig. 9 a. Nous finirons ccltc note en reclifiant une erreur raoins par- donnable que celle que nous croyons avoir refutee dans eel ar- ticle ; car c'esl une erreur de citation. M. Ad. Brongniart nous fait dire, dans une note de son travail, que nous regardons la pre- tendue perforation comme le point sur lequel d:jit s iuserer la radicule de I'embryon ; si I'auteur a irouve une opinion scm- (90 blable , ce n'est cerlaineinent pas dans noire travail, ce qui, joint aux raisons que nous avons cxposees plus haul, nous poilorait a croire que I'auleur, en s'occupanl du meme sujct que nous, ne nous avait pas encore fait I'honiieur de nous lire. EXPLICATION ASALTTIQUE DE LA PLANCHE 2°. A^. B. J'al dispose, aulour de la figure du milieu, un certain nombre d'ovaires de cereales, afm qu'on piiisse se former d'avance une idee exacle des modiG- cations qu'ofTriraient Ics circonstances de I'observalion chimique , dans Ic cas oil, au lieu d'un ovaire d'hordeum, on emploicrait ceux de toute autre gra- niinee. Fig. I. Ovaire de tuHum pcrcnnc vu h la loupe, {a') le meme depouille de ses deux stigmatos, pour montrer Icur point d'insertion , {b) fibrille rsmifiee de sligmate, grossie cent fois. Fig. 2. {a) Ovaire 'ic sccale cerealevu S la loupe, (c) partie de I'ecaille gros- sie qui se colore en purpurin par I'acide sulfurique , {l>) un des sligmales grossi cent fois. Fig. 3. [a) Ovaire d'avcnn sat'tva a !a loupe , (c) ecaille bypogync, parlio qui sc colore en purpurin par I'acide sulfurique. Fig. 4- Ovaire d'hordeum dlstidwn grossi cent fois, ru dans I'acide sulfu- rique. (//■] Sligmates donl les fibrilles ne se dessincnt plus que par ks gout- telettps gommeuses [hh) que laissrnt suinler ieurs papillcs [gg]- {I'd} Foils que Tatide sulfurique et la polasse coloreiit en jaune, et que I'huile sulfurique colore en purpurin. On les voit se vider au sommet (e) et se contourner (A), et d'autres oOiir cijuime des impressions digitales {dd}. (aa) Epidcrme du pe- ricarpe ; il se colore plus clairement. [a'a') Panse du peric.irpe dans le centre duquel on aper(;oit le corps turbine qui doit se changer en perisperme. L'acide sulfurique seul colore toute cette masse en un purpurin intense; elle renferme done de I'albumine et du sucre. Les points d'adherence (ft/i) & la tige se colorent en jaune, qui devienl purpurin p<^r I'addition de I'huile. Les poils et cetle base ne renfermcnt done que du sucre. Fig. 5. Coupe longitudinale du perlcarpe du sccale cerealo, qui n'a pas en- dommage lecorps turbine. Cette dissection, refaitebien des fois, ne m'a jamais rien offrMt d'analogue aux figures que M. Ad. Brongniai t a publiees dans les Annalesdes sciences naiuielles. (6) Base manielonnee du corps turbine (o); vue a la loupe, on n'y remarque pas la moindre trace de perforation, {b') La meme coupfie vers son col, et observee de champ au microscope par refraction; il devient evident alors qu'elle est imperforee. Fig. 6. (rt) Sillon median de I'ovaire de I'hordcum dislichon vu a la loupe. (6) Fragment d'un de sesstigmates herisse de Dbrilles, vu au grossissement de cent diametres. {ccc') Portion Aa tcailles hypogynes grossies, qui se colore en purpurin par I'emploi de I'acide sulfuiique seul. Fig. 7. Ovules du blsciitclla Imvigala grossis cent fois. (a) Pretendue perfo- ration qu'on semble dislinguer quand I'ovule est couche sur la panse, mais qu: (93) parait Imperforee qiiand on Texanune de champ, {a') Lc merae organe dus que I'acide sulfuiique commence a exeicer son action sui ses tissus. On voit alors celle [ji-elendue peii'oration devenir convexe. Fi"-. 8. Corps tuibine du iriliciiin sativum detach^ du pericarpe et pl.onge dans I'acide suHnrique. (i,il coupe trans- versahnient(4')ofl'ieuneouverturelransparenttarexceptiundurebord.(y. Bulletin de la Societe philomalliique de Paris, n" XI, pluviose an 6, p. 83. (4) Journal de la Suciete des pliarmaciens de Paris, premicie annee, p. 137. Bulletin de la Societe philomathiqiie de Paris, n" Xf, pluviose an 6, p. 84. Journal de physique, de cliimie et d'liistoire natureile, par Delamellierie, t. Ill, an 6, p. i5o. ( 95 ) ^ fosse parallele a la route, ayant 4°''5o de longueur sur' 5™ r!.; largeiir, placee a o°',6o dii ruisseau, et a 14°" de I'aglc du mur dii cimetiere. A i"" de profondeur, j'apercus en travers dc celle fos?e, ;i o^.go d'une de ses exlremiles, et sur toute sa largeur, nue couclie fracturee de sulfate de stronliane^ coinposee de morceaux bien joints el biena iignes, ayant environ o°,io carres, places de champ les uns au dessus des autrcs, et sculemcnt d'une opaisseur de o",oo5 au sommet. On continua done a creuser jusqu'a la profondeur de l{'^,6o , en enlevant avec precaution la lerre glaise qui se trouvait de chaque cote du mineral, et j'observai que la couche prenait une position horizontale, ensuite incliuee , et se termiuait en escalier jusqu'an fond de I'excavation ; les echantillons les plus grands , les plus beaux et les plus epais, composaient la couche inclini';e; ceux dc la partie verticalc superieure etaient plus minces, quoi- qu'ajsez grands ; et de petites portions qui diminuaient progressi- vemcnt de grandeur ct de grosseur jusqu'au fond de la fosse, formnientles marches de la partie inferieure. L'excavalion s'etant remplie de terre et d'eau, plusieurs jours se passerent sans que Ton exploitat le mineral ; ce ne fut qu'au retour du beau temps qu'on vida la fosse pour en extraire avec precaution tout le sulfate de stronliane qu'elle contenait. Curieux de savoir si ce lit se pro- longeait, je fis creaiser des deux cotes de la fosse, et j'y trouvai encore le mineral, mais principalement vers le chemin; il est probable qu'il traverse une partie de la glaisiere et de la prairie qui se Irouve vis-a-vis, et s'etend nieme indefiniment, suivant le rapport des auciens habitans du lieu. J'ai observe que les morceaux de strontiane composant cetle couche etaient les uns places de champ, et dont les fibres avaient par consequent une position horizontale, tandis que les autres, qui formaienl des marches d'escalier, se trouvaicnt poses A plat , et leurs fibres dans une direction perpendiculaire. Le mineral de ces grading ou marches formait un rebord qui saisissait la contre- marcbe , tellement qu'elle semblait etre maintenue par cette espece de crochet. II est probable que par quelque grand bouleversement de la nature, survenu a I'epoque de la cristallisation de celte matiere, cclte couche atira etc brisee en differens endroits, de mani^rc a ( 90 ) liii donner la furme que j'ai signalec, et a inlcrverlir le sens des fibres ilti mineral, par une cause qui m'e.^t absolununt incoiinue; aussi je nrabsliens de loule reflexion siir celte singuliere dis- position , laissant aux geobjgues le soin d'cn donner I'explicalion. Je me proposals dc peuelrer a uiie plus grande profondeur, aOnd'alleindrerendroit oii les inarches so terminent, quoique je fusse presquesurqu'elles ne s'elendaient pas beaucoup plus loin, a en juger par ramoindrisseinent du mineral, lorsque le len- demain je trouvai de nouveau ma fosse comblee par I'eboulenient des ttrres, ce qui m'obligea a y rcnoncer , et avec d'anlant plus de raison que le proprielaire ayaut vu que je laisais enlever la strontiane suH'alt^e (ij, ne voulut plus me permettre de cnntinuer mes recherches, et imagina, a I'exeniple du cordonnier de Bo- logne ( Casciarolo ), que cctle production si lourde contenail: quelques metaux precieux , e! que je lui enievais un Iresor. Je n'ai pas besoin de faire observer que les terrains avoisinans la glaisiere se composent en general d'une marne argileuse par- semee de pelits cristaux de chaux suUalee. AQn de inieux (aire connaitre la disposition du mineral, il m'a paru convenable de joindre a celte notice le profil de la coucbe de stronliane suli'atee. Je fais des vceux pour que Ton tente de nouvelles recherches, afin d'uliliser un mineral qui parait elre si abondant dans cettc conmiune. D'aprcs I'analyse faite par M. Vauquelin, le fossile de Bouvron est compose de sulfate de stronliane, 0,85; carbonate de chaux, o, lo; eau , o,o5; fer et cuivre, vestiges. Ayanteu occasion de faire quelques essais sur ce mineral, j'ai trouve une proportion de carbonate calcaire beaucoup plus con- siderable que celle indiquee par ce celebre ch'mislc, ce qui m'a engage a en faire I'examen avec soin. lOO grammes de sulfate de stronliane provenant de I'inlerieur d'un echantillon choisi , ont ete reduits en pouilre impalpable et exposes pendant dix minutes a une chalour rouge dans un crouset de plaline; le mineral avail perdu 5 grammes. Les 97 grammes restant, traitt's (1) On m'en a expedie plus de 800 ki!oj;rammes : j'en ai fait polir quelques echanlillons qui ont I'apparence du marbre bleu tuiquin, et picscntcnl des iasncs nacrecs d'un aspect full agreablc. ( 97 ) pnr racide liydrochlorique pur ct alTaibii, ont proiiuit une vive elTervcsceiue; la partie insukihle, bien lavce et cliaulTt-e an rouge, pcsait 08, g. La liqueur acide contenanten dissolution lesautres eleinens de la pierre a ete evaporce a siccile avec les precautions necessaires ; le residu repris par I'alcbol a laisse un depot insoluble : bien lave avec de I'cau , alcoolise et convenablenient desseche , il pe- sait o, io5; dissous dans I'eau bouillanle, I'hydrochlorale de baryle y forniait un precipile abondanf, insoluble dan? I'acide nitrique; de [dus, la menie liqueur essayee par I'oxalate d'aiu- mouiaqiie deposn de I'oxalale de tbaux Le liquide lontenanl riiydrochlorate de chaux en solution dans I'alcool ful evapore, et on y versa un exces d'ammoniaque qui produisil un depot : separe par le filire, bien lave avec de I'caii et dessecbe , son poids etail de 0,2; chauffe au rouge avec de la polasse caustique et repris par i'eau, il est reslc de I'oxide de fer qui pesaito,i5 apres la dessiccation ; la liqueur fillree etait d'une belle couleur verte due au manganese; cet oxide represente un poids de o,o5. La liqueur ammoniacale, de laqiielle on avait separe les oxides de I'er et de manganese, n'a pas pris une teinte bleue : saturee par un acide, elle ne s'est nullement coloree en rouge par I'hydro- cyanale ferrure de polasse; d'oti j'ai conclu qu'elle ne conlenait pas de cuivre. II resulte de cette analyse que le mineral donl il s'agit est com- pose ainsi qu'il suit : Eau 3 Sulfate de slronliane 68,9 Sulfate de chaux o,io5 Carbonate de chaux 37,795 Protoxide de fer 0,1 5 Oxide de manganese o,o5 Ces proportions ne sont pas conslantes ainsi que j'ai eu lieu de I'observer; celles que je viens d'indiquer sont le resultat d'une premiere analyse. On trouve sur plusieurs morceaux du mineral des cristaux 7 ( 98 ) ires-prononcos c!e sulfate de stroiUiiine, traiisparens ct legercmeiU bleus; ils lie contiennent pas de carbonate de chaiix, mais seiile- ment une tres pelite qiiantile d'oxide de ft;r. RI. Carruel ayant trouve une quantite assez notable de sulfate de slrontiane dans le sulfate de liaryte d'Auvergne (i),j'avais pense qu'il serait penl- etre possible que le mineral de Bouvron contint du sulfate de - baryte ; ccpendant mcs recherches a cct egard out etu infruc- I tueuses, qnoi(iiie j'eusse employe Thydro-fluale acide de silice, comme le meillcnr reactif que je oonnaisse pour dislinguer les gels de baryte de ceux de slrouliane. Nancy, le i" j.uivier 1829. JLxplication dc la plane lie I. Fig. 4. Couche de strontiane sulfalce vue de prufi!. A. Surface de la glaisiere. B. Marne argileuse. Hauteur, i metre. C Couche verlicale de strontiane sulfatec , ayant o",75 de hauteur, composee d'un seul rang de pierres placees de champ les unes an-dessns des aiiires, de I'epaisseur de o^jOoS a sa naissance, o'",oi5 vers le milieu, et o^joS a la base, regnant, ainsi que les couchessuivantes, sur toute Tetendue de la fosse large de 5". D. Couche horizonlale de strontiane, o'°,5o de largenr, et o'",o5 d'epaisicur. E. Couche inclince de strontiane de la hauteur dc 1"' et de o^joG d'epaisseur. F. Sulfate de stronliane ayant la forme d'une contre-marche. Hauteur, C^/jo ; epaisstiir, o'",o5 ; le mineral place de champ. G. Sulfate de slrontiane formant une marche d'escalier, o"',20 de largeur, sur o^joS d'epaisseur; le mineral pose a plat. 1. 2. 3. 4. Strontiane en forme d'escalier ; marches et contre- marches semblables h Tindicalion des lettres F, G; les porlions de slrontiane irregulieres, moins grosses el moins epaisses vers la fin. (1) Annalcs dc cliiniie ct de jJiysiquu, t. XXXI, p. 219. C 01) ) H. Torre gliiise i!ii foiu! dc la fosse, recouvraiit le mineral A uneprofondcuriiicoiimie, aiais qui paruil ne pas s'cleii- dre beaiicoup plus Join. Fi^'. 5. Couche represfcotant avec plus dc details I.;s letlresF, C. de la figure 4, ainsi que la disposition du mineral, le sens de ses fibres et le crochet qui deborde , a chacune des marches. INOTICE sua r.NE PLANTE nE LA FAMILLE DES OMBELLIFERES ; PAR M. FELIX PETIT. AKr.ELicA scABEA F. Pclit. Planclic 5- de ce volume (i). Jugis crassis, ca.inalis, in ulroque clivulobisulcatis, ramis siraplicibus, cavA,m a>qiianlibiis vel superanlibiis , subfasligiatis Nob. Scllnian scabrum, Lapey, Hist. nbr. pyr., p. 147. HaOilat ad nives in summis Pyrenccis. In ultima valle Eynes (praelectura Pj^renaeorum orientalium ), cum angustias vu/'d Cueillade de Nom-ri diclas nscenderem, duo fere millia pasmum ultra casam pastoralcm , ad dextera.m inter scrupulos calcarios, ineunte mense Augusta, hand valgarem tianc planlam legi. Radix crassa inferius parce ramosa, insigniter cortFcata, 8-i5 iincias longa, inter saxorum rimas et scrupulos profunde descen- dens. C«»//,s4— 6 uncias altus, supra terram nonnunquam 2— > imcialis;4— 6 lineas et aliquando .2 et amplius crassus, sulca- tns, fislulosus, saepe in inferiori parte purpureo linctus; exaxiilfs fotiorum, cauli pares aut supereminentes, rami 1—4 sul)fasti"-i.iii simplices, graciliores, fislulosi, teretes , striati, mono-J.ylli exeunt. Canlis dimidia pars superior, ramorumque apex glan- dul.s parenchymalosis scabri, inde nomen. Folia in superiori pa- gma saturate viridia, petiolata, tripinnala, foliola ovata 3— 5 in- cisa, lacinije oblusjc breviler mucronat.T et sicpius api:e pnncfo nigro nolaUe; foliorum margo incrassatus, saltern in prima aUale. Pagma.-nlennrsubglauca, n ervosa ; nervi, pelioliglandulisquoque (0 Lcsdossinsi.legans de celtc plante et de sts analyses sont dus a Joseph Deca.sne, f.erc du pc.nlre de ce nom. Ce jeune dessinatuur s'annonce, par ce debut, sous Ics auspices les plus favorables, et promet un artiste exact et iu- lelhgent a 1 iconngiaphie d'tiistoiie naturelle. R i. ( '00 ) noii ilensis scabii. Ramoruin Iblia sessilia minora. J'nglncc am- plissimic, striatte, nervis lenuibus decusiianlibiis in supfiTiciem decurrenlibus, passim gbmdulosie; stcpe ultra pollicem lutic et piirpureo li;icla?. IJmbella sapius modica, !axa. Radii lo — 34» slriali, fisluiosi; circiundanle? i— Suncias longi, disco insidcnles, brevissimi, glandulis scabri. /«ro/Mcram universale i — 3pliyllum, cito caducnm; incolacrain parliaio-polyphyllum , /j— 9 fuliolase - tacea, striata glandulis aspera. Calicis margo integer, undulatus. PetalaaWrA, inte-ra, ianceolata elliptica, acuminata; acumincin- curvato, basi truncala, mediano nervo I'usco notata. Stylus refluxiis, cnnaliculatus; stigma minatum biparlitum; stylopodium coni- cum, riigis tribus sat prnfundis exaratum , margine undnlatum. Crcmocarpium a dorso compres^um , utrinque ala duplici cinc- tum. Carpclla 5—4 lint-as longa a dorso compressa. J nga quin- que ci-assa, curlicosa, obtuse carinata, in ulroque elivuio bisul- cata, tria juga dorsalia sequalia, laleralia in alam cxpansa -vix duplo bitiorem quam dorsalium jugorum. Sectione transversal!, in medio singuli jugi , punctum minimum f.iscum, axim scmulans, A vittaruni natura plane divcrsum, apparet. VaLeculcc qualuor vinivittalie, commissura bivittata. Carpoplwrum bipartitum libe- rum. Semen ovale, darso convexiuscLilum , slriis sex moclioe proi'undisimpressum,anlieeconcaviusculnm.C/rt«(iw/a'parenchy- niatosa!, caijdida>, minutic, oculo nudo vix conspicuie, obtuse co- niote,ut plurimum 5—4 basi coadunatcT ; iu mullis purtibus plan- la; superius ot prout opus eral indicatis, obsirvantiir. ODSERVATIONS. V Angelica scabru api>arlient a la 9™= Iribu : Jngclicea Rocli Nor. (lisp. JJhibelL, par son cremocarpe comprime sur !e dos , bordo de deux ailes de chaque cole el son rapbe central. II ne peut etre place dans la 8"'" t.ibu Silencoc Kocb loc. cit., car toutes les es- p6ces qu'elle comprend doiveut avoir Ic raphe marginal ; la forme de la graine I'eloigue de la lo"" tribu et des suivanles. M. de Lapeyrouse signala le premier cette plantc en i8i5 , et il e 1 donna une descriptio.> incomplete; ii aunoncaiten meme temps uue figure qui n'a point ete publiee. II la placa dans le genre Se- linum, auquel il reconnaissait cependant des petales en cceur. En i8'i5, M. Sprengel, Sysl. vcsrf., t. 1, p. O'^' fnit mention ( '01 ) decolle planle; rnais il parait ne I'avoir connue que par la dcsoiip- lion do M. He Lapoyrouse, dont il copie la phrase, pni«qu'il la maiiilieul dans le geme Sclinuin. IM. Bciithain , Catal. des plant, des Pyr. 1826, I'a placee parmicelles duntil croit I'exisleace dou- teuse. MiM. DecandoUe et Duby I'ont omise dans Ic Bolanicon gal- licuin. La place de cetle cspece est indiquee dans le genre Angelica, par les caraoleres tires de son raphe central , de ses pctales entiers lanceoles,^ teruiines en pointe aigue, pur son calice entier, et par le norabre et la disposition des bandelettes. Les cotes des Carpelles uffrent seules une difference; les cotes dorsales ne sent point fili- fornies, et les coles lalerales nc formcnt point une aile ineinbra- neuse beaucoup plus large que les cotes dorsales. EHessoiil ioute» epaisses, tn carene, ct ienr substance interieure est analogue a la aioelle quiremplit les tigesdu Sambucus nigra. Les cotes lalerales quoique plus largcs que les cotes dorsales ne le sont pas deux fois plus; CLS differences ne sul'fisent point pour etablir nn genre pai- ticnlier; ce qu'il faudrait faue cependant, si Ton n'adinettail point cetle esp^,ce dans le genre Angelica, puisqu'elle differe aussi des antics genres compris dans la 9"" Iribu, non-seulernent par la forme et la consistance de ses cotes, mais encore par d'autres ca- racteres plus imporlaris. Sagraine intiinenient unie au pericarpe I'eloigne du genre Ar- cUaiigclica Hoff. Elle est ecarl6e des genres O&tcvicumHo^. ciSelinumWo^. par ses pelales enlicrs. Elle s'eloigne du genre Lei-lsticum Ivoch par ses petales l.mceu- les aigus et par sou raplie central. II parait done necessaire de I'aire subir une modification aiix caracleres du genre Angelica Hoff. Je propose la redaction sui- vante : ANGELICA. Character gcnct'icus ; Calicis margo integer, pelala integra, acu- niinala, acuuiine recto vel incurvalo. Crenjocarpinni a dorso coni- pressum, raphe central!, ntrinque bialatum. Carpella jugis tiibus dorsalibus inodo filiformibus modo crassis elevatis, lateralibus in ulani membranaceam aut crassa^n, interditmvix duplo latiorem, s(r- pius mdlto ampliorcm, dilatatis. Vallecuhc uiiivillaUe. Fig. 1. Fig. 2. Fi-. 3. Fig. 4- ( »02 ) L' Angelica scabra dliiiiTe f\p. I'Ang. pyreiicvn Spieng. pnr la dis- position des rameaiix ct })rinci|iuleineiit par lea tules des Car- pelles. L' Angelica pyrencva offre siir plusieurs de ses parlies des ghindes semblables a celles que I'on observe sur I'Ang. scabra, mais en moindre quantile. On Irouve des glandes de nicine nature, mais de forme differente sur la partie superieure des liges des Angelica Razoulsii Gou. et sylvcstris L,, ainsi que sur d'autres Oinbeilileres. Les distinclions specifiques, qui seraient fnurnies j)ar les glandes, auraient done dans ce genre une bien faible importance. Explication de la Planche 5""", represcntant l' Angelica scabra. Une fleur grossie. Une etamiue vue de face. Une diamine vue par derriere. Le pistil. e Stigmale. Fig. 5. Coupe horizonlale du cremocarpo. k Raphe. Vallecules. / Bandeleltes dorsales. p Points roux au centre de chaque cole. Fig. 6. Un carpelle vu par le dos. h Coles dorsales. i Cotes laterales. a Calice. f Slylopodium. Fig. 7. Carpelle vu de face et coupe transversalcmenl. Fig. 8. Une graine depouillee de son pericarpe , vue par le dos. Fig. g. Coupe horizonlale de la graine depouillee de son pe- ricarpe. Fig. 10. Glandes parenchymatcuses beaucoup grossies. Fig. 11. Folioles grossies. ( >'>5 ) NOTE SVR LE CENUC; CENTROPIIORCM SPB. ET TRIN. ( ANDROl'DGHN ACICULAUE REiz); PAR M. KASPAIL. Cr que nous avons elaLli an sujet du sysleine radiciilaire dii Mavs. ct (lus graminees en geniiral (i), nous amene naturelle- inenl a dcvelopper avec un pen d'etendue unc idee que nous avons enoncoe sous forme d'apercu dans un memoire publie en avril 1825, dans les Annalcs des sc. naturcUcs , § P''. « Nous pensons. disions-nous , que le genre Centrophoriun de »iM. Trinius n'esl qu'un Andropogon, dont le cone radicnlaire des slocusles s'est developpe hors du chaume, au lieu de descendre »dans son inlerieur, et par le contact de I'air a pris la fonne d'une "arete descendante. » Celte opinion n'etait point une hypothese ; elle etait fondce sur les dissections les plus varices et sur des figures Iracees avec une scrupuleuse exactitude. Nous nous etions convaincu qu'au-des- sous de lous les syslemes ascendans, soil des bourgeons, suit des pedoncules, il existe un sysleme descendant compose des cones ascendans; et ce fait nous I'observions non-seulement dans le cone radicnlaire de la graine, mais encore sur toules les articu- lations du chaume et sur toutes les articulations d'un assez gros calibre de la panicule, non-seulement dans les monocotyledones, mais sur toutes les dicolyledones. On pent en voir nne figure suf- fisamment detalllee sur la pianche que j'di pnbliee dans \ts Annates des sc. nalurellcs, lorn. VI!I, pi. 12. Au-dessous de rarliculation, on distingue claireniect un emboitement de cones descendans , sondes bout a bout avec le pedoncule floral qui se compose de cones ascendans. Cette soudure y est independante de I'articulation du rachis principal superieur. Au lieu de descendre ainsi dans la substance du rachis inferieur, il est facile de coucevoir que cet emboitement pounait se detacher lateralement on plutot punsser I'epiderme et croilre exlerieure- ment, comme le pedoncule, quoique dans un sens inverse. II pourrait tout aussi-bien arriver qu'apres avoir pousse. ce cone des- cendant dans la substance du rachis, cet emboitement de corfes vint (i) Foycz le Bullclin des scienc. nat. ct de geologic, lop.i. X, n" 249, p. 55g.. ( >"4 ) a s'en delacher en crevant I'epiderme, et dans I'un comme dans I'autre cas , ce cone serail la racine que Malpighi dcicrit au-des- sous du bourgeon, si le phenomeiie se passait dans la terra; el il serait un eperon ligneux, si le phenomene se passait dans les airs. Ces resullatsanatomiqnes iinc fois oblenus, sans la moindre ex- ception, sur toutes les arliculations accessihles a de seuiblables in- vestigations, il etait lout naturel d'en laire rapplicalion aux arti- culations des locustes; car elles ne different des arliculations de la tige que par leur petitesse. Or on serait aussi peu fonde a nier, sur ce simple motif, leur identile avecles articulations du reste de la tige , qu'on le serait a nier I'ldentite des articulations de la pani- cule du Dcsc/mmpsia agrostidea Nob. avec les articulations du Me- llca aqiiatica Nob. Une fois ce principe admis, i'eperon du Centrophoram s'expli- quait sans anomalie ; et nous elions en droit de regarder ce genre coinine n'etant pas mieux fonde que celiii qu'on baserail sur I'existence, sous les bourgeons cauiiuaires, des cones radiculaires qu'on y voit si souvent. Mais nous ne nous sommes pas contentc de ces induclions ( qui cestes ne nous paraissent aucunement forcees , inais au contrairc to ut-a-fail conformes aiix regies de la saine logique ) ; nous avons voulu nous ^clairer par la dissection du Cenlrophoriim lui-meme ; et nous sommes en droit d'assurer que celte epreuve a aclieve d'imprimer a notre pensee le degre d'evidence que nous cher- chions. On voit clairement que les eperons ne soul que la continuation de la substance de la glume iuferieure; et en renversant celte glume on croirait avoir sous les yeux une arete ordinaire bordiie de polls diriges de haul en has. Quand I'eperon ne parait pas an * dehors, on le rencontre souvent dans le pedoncule de la locuste, ouanl exaclenient le rule de remboitement que Ton voit au-des- sous de I'arliculation des bourgeons ordinaires ; en sorle qu'en supposant que la feuilie soil la glume, ce qui est au-dessous serait I'organe de Centroplwnim. Rl. Robert Brown vient dc nous apprendre que le memepbeno- mcne s'observc souvent sur V Arena forskalil Delile, et nous osons avancer qu'on pourrait a volonte fairc des Centropliorum , en rap- ( ,o5 ) prochant U base des glumes d'lin vase de tcrre. Uii cone radicii- laire ?ortirait cerlaincment do cotle l)ase ; des lors on n'aiirait qu'a relirer le vase, poiir laisser vegetcr en plein air ce nouvel organe, et la plante soiimise a I'opreuve passerait dans le genre Centvoplio- rnm, si du resle eile etait deja dans les Andropogon. Get orgaue n'existe pas sur toules les locustes de I'individii , et manque enlie- rement sur des individus ; ainsi les individus decrits par Runiph et Retz n'en avaient point. Ce genre elait done a bannir de la lisle , et nous n'avons pas ete peu etonne, en voyant M. Rob. Brown (i) , cherchcr a etablir sous le nom de Cenlropodia, aux depens de V Arena furskalii, une coupe de son genre Dant/ionia, en se fondant sur la presence d'un organe qui, d'apres nous, existe cache dans toutes les plantes, et qui, d'apres lui, existe raremenl libre sur Pes- pece qui sert de type a sa division Ccnfropodla. Que deviendrait dons la nomenclature , si a chaque accident on appliquait uu nom generique ? chaque coup de beche du culliva- tcur, chaque coup de vent, chaque ondee, chaque exposition nous vaudrait un genre; et un simple coleau fournirail matiere i un genera volumineux. Ah! qu'il nous soit permis d'npposer a un bolaniste qui nous a assez prouve qu'il savait enrichir la science d'autres choses que de mols, I'opinion d'un botanisle qui n'a in- troduit aucun mot, mais qui, par la publication d'un ouvrage iu- genieux, aurait arrete sans doule toutes ces creations inutiles, s'il avait pris soin de rep.indre davantage son excellent travail; nous voulons parler de M. Marquis (2) dunt la science deplore la perte rccente : C'est presoiie dcela que ae reduii toute In question des especes. Les naturalistes pliUosophcs c: ndamnent ananimement cet abas; mais on ne rapas mains loitjours composant des nonis nouteaux. JIais revenons a noire c[)eron, qui est dans le cas de nous four- nir plus lard aulani de genres on sous-genres que I'arete en avait fourui aux anciennes classifications. !M. Hob. Brown, qui a eu la complaisance d'indiquer a ce sujel noire opinion (5), en a adopte une contraire. L'auleur pense que eel eperon n'est du qu'a I'obli- (i) Appendicc ati vo^-agc da cap. Clapperton , elc. (2) Frugmcns de philoscplue botaniqae , r;iris, 1821. (")) l.or. cil. ( .06 ) quilt! de I'nrticulation dcs lociisles , en sorlc que celle articulation venaiit a se clotacher ( (run cute !. Cependant touto contr.iire qn'elle seinljlc u !a noire, eilc s'en rapproclie plus qu'on ne pourrait penser; caiuons soninies persua- des que M Hob. Brown adinet avec nous, qu'une articulation est le point essenliel, par Icquel un syslenie inferieur et un sysleme snpericur adherent ensemble, qu'une articulation est, pour me servir d'une expression de M. de Lamark, un nccud vital conimiin et indispensable a I'un et a I'autre de ces deux systenies, et dont la rupture, en entrainant la separation des deux sysleines, en- trainerait infailliblemenl leur mort. L'articulal-ion est done moins nn organe a part, qu'un point pour ainsl dire geometrique , oi'i viennent aboulir deux centri.'S d'actiou. D'un autre cote , on sail generalement qu'on ne pent separer un sysleme inferieur du superieur, meme a leur articulation , sans que la separation soil marquee de debris, de dechiiemens , et, si je puis rn'expriiner ainsi, de la trace d'une esj)ece d'engrai- nage. Jamais les deux organes separes ne le sont par des sur- fc'ices lisses et revetnes d'un epiderme. Or dans le Ceiitropkoriun , que I'eperon soit separe ou non, la locusle n'tn lient pas moins au pedoncule inferieur qui la sup- porte, elle ne continue pas moins a vegeter et la graine a mOrii-. D'un autre cole, quand cet eperon se separe, on le voit lisse sur les deux faces, herisse laleraiement de polls bien con form f's et regulierement disposes. Nulle trace de decbirement nese montre. Cet eperon n'esl done point ime articulation, ni meme une por- tion d'arliculation. Eafiii, que cet eperon se separe ou ne se se- pare pas, la vraie articulation n'en est pas moins toujours \,\ meme et a la meme place, L'eperon est done independant de I'articulalion , et I'arliculation, cet etre presque iileal, est inde- pendante de I'organe reel que nous designons ici sous le nom d'eperon. Observons que lorsque cet eperon ne se detache pas, il ne se developpe pas toujours d'une maniere tres-prononcee dans Tinterieur du pedoncule; et pourtanl toujours Tarticulation ( >07 ) du Ccntrophorum est aussi oblique que lorpqu'il s'allonge exle- lieurcinent. Tout ce que nous uvancons ici csl si eviJent par la disseclioo , el I'Dn y voit si bieu que I'eperon est une atleuauce de la slumt; inleiieure el non de rarticulalion , que nous osons nous promellre que celte evidence n'ochappera pas long-temps a Tobservalion. Tout ce que nous avons decrit i l'eg;arJ de I'aniculation du chauine du maiis se relrouve dans la locusle de VJndropo- goii aciculare Relz ; et ici on voil que rarticulalion se fait obli- quement sans qu'elle produise un eperon; on voit encore que I't'peron represenle*par remboilement inferieur a I'articulalion n'a aucun rapport avec la grande arliculalion, el que son articu- lation a lui se fait avec le pedoncule qui se Irouve a la place de la glume ou feuille du bourgeon. Si la grande articulation se faisait horizontaleuient, eel emboiiement n'en existcrait pas nioiiis. Que dis-je, cet emboiiement existe ici qimique Tubliquile de larticu- lalion solt dans un sens oppose a celui que doit necessaireinent supposerlM. Rob. Brown, pour la formation de cet organe. En nous resumant, I'eperon des Centroplwnun Spr. et du Ceii- tropodiaK. V>. n'esl qu'un accident et non un caracterc gene- rique ou sous-generique ; cet eperon est un organe qu'on re- trouve i la base de tons les bourgeons, et non une portion quel- conque d'une articulation qui n'est elle-meme, on qu'une idte aljstraite, ou qu'un foyer in.«eparable de ses aboulissans. L'epe- run, enfin, n'esl que le sysleme descendant de tout systenie ve- getal ascendant. REVUE ZOOLOGIQUE sua LA GENlinATION CHEZ I.ES BIVALVES. Nous allons resumcr les divers ouvrages qui ont ete publics >ur cetle question depuis quelques annees : nous aurons soin lie presenter assez frequemment de semblables revues sur diffe- rens points de la science. I. Mem. sbri.es orgakes de la generation des mollusques; par (J. R. Treviranvs [Zeitsc/i. fiir Pliysiol., 1. 1, cah. i, p. i , 1824). II. Sur l'opinion siNctLifenE de G. R. Treviranus relalivement aux organes genitaux de I'anodonte; par un anonyme. {Im^-y 1837, tnu!. XX, page 752). ( io8 ) HI. Appendice mix observations ile? anodoktes; par G. R. Tri:- viRANiis. [Zciisclirift. fur l*hys.. tome III, iS'iS, p. i53). IV. De LA GENERATION CHEZ LA M'JtLE DES PEIMUES , par Ic D' PrE- VOST. {Bibliot. univ. de Geneve, aviil 182G, p. 34' ; AniiaL des sc. iiat.f avrW 1826, p. l\'\'-;Mem. delaSuc. d'ldsl. luU. ct phjs. de Geneve, torn. Ill, 1" pari., i825). V. Note sur l'appareil de la generation d.uis les luouloltes et les anodontes; pnr M. de Blainville. {^Noiiv. bull, dc la Soc. pltiloni., oct. 1825, p. 1 26J. VI. Observations sur la geiieralion des monies, et sur un sysleine de vaisseaux hyclroferes dan-s ces animrt^x; par M. Baer. {Notiz. aus dim Gebiete dcr Ncitur and Hcilhtindc ; jauv. 1826, n° 2G5, p. 1). VII. I'^XTRAIT DE 7 MEMOIRES Sl'R LES ENTOZOAIUES OU VCTS iutCSli- iiaux des mollusqiies; par M. Baer. (Bm//. des Sc. vat. el de geot., torn. IX, u° io3, sept. 1826). VIII. Recherches sir LA MANiERE doiit SC fail la propagation daiis^ riiuiire commune et dans les coquillcs bivalves d'eau douce; par MM. Evr. Home et Laver. (Trans, pliil. of Lond., 1827, part. 1, p. 3y). IX. Histoire NATi'RELLE DE l'ai.cyonelle fluviatile, 2' partie ", par M. Raspail. [Bull, des sciences nal. ct dc geologic, lorn. Xlf,. n° i34, sept. 1827; le Globe, i3 nov. 1827; ilii''/;i. de la Soc, d'Idst. nut. de Paris, tom. IV, p. i3i ct suiv., 1828). X. Rapport fait a l'academie des sciences de Paris, par M. de Blaijnville, sur un memoire de M. Jacobson, ayant pour litre : Observations sur te dtiveloppement prMendu des ceufs de mouleties OU unios, et des anodontes, dans /ears branchies. Lu en dec. i 827; public en 1828, in - 4°- j 4^ P''d- ( ^^' dislribne au secre- tari.t). XI. ISept memoires sur les enlozoaires ou vers inlestinaux des moilusques; \y.\r M. Baer. [Nov. act. Acad. Cas. Lcnp. curios. nattir. Bonnaj, tom. XIII, part. 2*, 1827, paru en 1828) XII. Note de M. Baer, relative a sa premiere opinion sur la determination des entoioaires des acephales. (Isis, cah. de juillet 182S). XIII. P.EPONSE a cet article; par M. IIaspail. (\drcsscca I'l-^iscn Janvier 1829, inedite). ( '^'9 ) XIV. Note sur la parturition vivip.ire des monies ile riviere; nnr iM. Raspail; ailrussee a I'acadtimie des sciences le i4 juillet iS'jS. Dans le n" I, M. Treviranns professait que les anodontes et les nnids, quoique lieiinaphrodiles et non susceptibies de s'acrou- pler, ont cependant In soin de se feconder reciproquement en lancant lenr sperme dans I'eau qui lui sert de vehiciile; que la Ii(jMevir qui enveloppe les oeiifs e?t a la fois la substance donl se i'orment les embryons, et le sperme fecondant pour les aiities in- dividns; enfin q>ic le canal intestinal remplit cbez ces bivalves e-Mlement la function i-Vovidactus , et qne probablement les oeufs sorlent par la bouche et non par I'anus. Cette deniiere opinion fut repoussee par tons los anatomistes qui s'occuperent, apres M. Treviranns, de la dissection des organes generatenrs des bivalves. L'anonyme cite au n° II I'a cnmbattue, sans rien ajou- ter de nonveau a ce qui avait ete deja dit i\ ce sujet; et M. Tre- viranns Ini-meme I'a retra'ctee dans Tarticle cite au u" III. IV. !M. Provost annonca en iSaS des experiences, qui lui parur(Mit propre- a prouver que les bivalves [Anodonta el Uiiio) etaient uni,-exuf;l!c' ; que les individus mfdes ne se distinguaient des individus femelles que par la presence dn sperme et I'ab- sence des oeufs dans leurs orgaues giineralears." Cette opinion parut nouvelle a cette epoque, parce qu'on avait perdu de vne que Leewenhoek [Arc. nat. det. 1722, torn. II, pag. 4'7» ^^ torn. Ill, p. i5) avait dit exactement la meme chose. Mais les experiences qu'a publiees a ce sujet 51. Prcvost ne sont nullement concluantes, et elles manquent absolumenl de cette precision qui est indispensable, meme qiiand il ne s'agit que d'onoucer des probahilites. L'auteur avait depose des monies dans trois baqiiets sep.ires. Le premier renfermait les individus chrz lesquels M. Provost :vait conslalti la presence des oeufs sur le point d'etre pondus, en les ouvrant et en faisant une poncture a leur ovaire. Dans le second, il plnca des individus qui, a la faveurdu itieme procede , lui pa- rurent ne contenir qu'une liqueur spermafique, et non des oeufs, dans I'organe generaleur [ovaire des pretendues femelles). Dans un troisieuie, l'auteur plapa pele-mele des males et dts femelles; mais il ne dit point s'il avait constate leur sexe respeclif par le (no) nrocedo qu'il avail einploye a I'ogard des luoules ties tJeiix I)n- qiiets precedens. Les resuUats que I'auleur dit avoir ohleniis i'urent que les moules des deux premiers baquels reslcrent slcriles, et que celles du Iroisieme I'urent fcrtilRS. On ne peut conslaler la presence ou I'absence des ceuls dans I'ovaire des moules qu'en oiivrant leurs deux valves; et Ton ne peut ouvrir les deux valves qu'en altirant les lissns djli- cats qui imisseiit les hranchies ct I'ovaire. Si Ton altere encore une seconde fois la suhstanre de I'ovaire, en y plongeanl une lame, il ne sera pas etonnant que ces animaux restent steriles. Ce qui elonne davanlage , c'est que ces individus, ainsi mal- trailes, aient continue a vivre, et ne se soient pas corrompus dans I'un des deux premiers Ijaquets. Si le troisieme baquet a montre des individus fertiles, le silence qu'a garde a cet egr.rd M. Prevost nous permet de penser qu'il a presume, et non conslale les sexes des individus par des ponctures, et qu'il s'est conlenle de deposer, dans le S*" baquet, un certain nonibre de monies indi^linctemcnt prises, bien sur d'avance que, dans le cas ou les bivalves seraicnt reellenient hermapbrodiles, on ne saiirait en reunir au hasard un grand nombre, sans y trouver les deux sexes a la fois. NuHe alteration n'aurait nui, dans cecas, a la ferlilile de ces bivalves. Dans le meme travail I'auteur decrivait les animalcules sper- maliques, qu'il assure n'avoir jamais rencontres que dans les organes gcnerateiu's des individus prives d'oeufs, et n'avoir jamais ■vus dans les individus dont les ceufs distendaient les ovaires. En parlant du n" IX, nous nous occuperons de cette derniere opi- nion, qui certainement etait tout aussi peu uouvelle et peut-elre tout aussi basardee que la premiere. La simple annonce de ce travail, que Ton s'attendait a voir pu- blier d'une maniere plus etcndue et plus complete, excita vi- \ement la curiosite des observateurs , et donna lii'U a la publica- tion de diverses notes. V. M. de Blainville s'occupa de verifier par des dissections ana- tomiques, mais non par des experiences, I'opiiiion du biscxufJisme des moules. Mais il scrait dilficile de prononcer vers lequel des deux partis ses observations I'amcnaient davanlage, ni I'opi- nion en favenr de laquelle elles seraicnt susceplibles de militer. ( "■ ) L'iiiilecision rogric dii bout a I'autre de la nolo, L'auleur y an- iiiiice avoir coiistalc roiiveiture des oviducles deja dccrils par Lujaiiiis, el y combat ['opinion de Treviraniis rdalivea la double foi'Clion dii canal inteslinal des bivalves. VI. La meine indecision regne dans ia note de 11. Daer, pro- fesseur a Koenigsbeig. L'auteur Irouva des individus qui portaient des oeufs, et d'autses qui en elaienl piives, et qui possedaient, i la place, iin liqniile blanc, epais, qu'il regarde comine dusperme, lempli d'aniinalcnies, dont l'auteur decrit la forme comme etapt apialie. I'armi ces aviiaialcules spennatiques , pris dans les dr- ganes generaleurs des monies, l'auteur decl irait avoir apercu line i'oule d'aulres infusoires plus grands et de differenles formes, qu'il se proposait de decrire. II avail reconnu aussi les deux ouvortuies des oviducles pJacees de chaque cole du pied, vers riuserlion superieure des brauchies, sous forme de deux fenles, et combaltail, a son lour, I'opinion de Tr^virauus. Alors ni M. de Blainville ni M. Baer n'avaienl connaissauce de I'opinion de Leewenhock. Enfin, W. Baer n'cvait trouve les oeufs sortis de I'ovaire que dans les compartimens de la brancbie externe : regie, disail-il, qui ne m'a ofl'ert aucune exception, et que les auleurs ne me paraissaient pas avoir generalenu nt remarquee. Celte opinion avail ele pourtant professee par Lcewenhoek, Mery, etc. Dans celte meme note M. Baer cbcrchait a soutenir I'opinion emise par M. Dulb; Chiaje, sur I'existcnce dans les acepbales de vaisseaux hydroferes, La preuve qu'il en apportait, c'est que lorsque la moule se contracte rapidement, a I'instant oii on la sort de I'eau, le liquide jaillit par un jet conlinu de plusieurs pouces de baut par le trancbant du pied. Si on presse le pied entre les doigts, on pent quelquefois obtenir deux jets distincts, un pos- terieur, et un anterieur plus ou moins rapprocbe de la bouche. Mais ces effols suscepliblcs de plusieurs explications, toutcs ega- Icmcnt plausibles, ne sauraieut etablir I'exislence de vaisseaux propres; il I'audrait voir ces derniers, et non les supposer : car les jets dont parle Jl. Baer, d'apres lAI. Dclle Chiaje, s'expli- queraient tout aussi-bien, en admetlant que I'eau suinte de la surfice du pied, par des orifices aussi peu visibles a nos moyens d'observalion, que le sont ceux de la sueur chez les animaux d'uu ordre superieur, et que ia compression exercee par les deux ( "'^ ) volvcs, oil pnr les plis qui, se roniuMit siir le pied, font jaillir CtUe can, diijd expriinee de tons les pores invisibles de la surface cxterne do I'organe muscnlaire. VII. Dans cette note M. Baer donnail lui-meme I'analyse de sept memoires qu'il vcnait d'adresser aux Actes de Bonn, et dont il desiruil consigner d'avance les principaux resultats dans nn re- cu(!il periodique. Qnanti cequi, dans ce travail, se rapporte au sujet qui nous occiipe, M. Baer, qui deja dans le n? IV avail apercu, parnii les pretendiis animalcules spermaliques des nioules, des infiisoires plus grands el de diverses formes, qu'il se proposait de faire connailre plus tard , s'exprinie ici de la maniere suivante : « La decou verte de plusieurs genres iVcntkelminthes, qui habilent les mollusques, et dont quelques-uns serapprochent des gasteropodes, iVaulres des annelides , et plusieurs des infusoires , a donne lieu a ces observations (contennes dans tet exlrait). .. Dans la cavite oil est situe le coeur des conchifores, habite un petit ver de i a i i ligne de longueur, qui, d'aprts son organisatioft, a beaucoup d'a- nalogie avec les tranatodes de-Piudolphi 1! a sous le ventre ini disque stmblajjle au pied das gastiropodcs Enfin on Irouve une quanlite imniense d'infusoires dans les anodoutes et surtout dans les org.uies generaleurs. » VIII. Ce memoire n'est a proprement parlerqu'une explication delaillee des belles planches dessinees par M. Bauer, tres-habilu artiste de Londres. i\l. Home, qui a redigti le texle, a confirme les principaies circonslances de ce qu'o.n avail vu avanl lui. II a fail dessiner nne serie de 7 a 8 figures, representanl le developpement successif d'un ver singulier, trouve dans Vo\\dncie [branchies des aaieiirs ), qui, dit-il, d'abord semblable a une petite granulation, prcnd pen a peu ile Taccroissement, s'allonge et se cbange en un ver cylindrique infiniuient plus gros. Ces sortes d'animulcules lui paraissent elre les enneniis les plus acliarnes des jeunes ano- dontes; observation qu'on dirail presque calquee sur celle de Leewenhoek. L'auteur avail observe, dans la substance des bran- chies des huilres et des monies, les petites coquilies vivantes, et sur le point d'etre lancees hors de ces appendices de !a genera- lion des bivalves. IX. L'auleur dece memoire ayant decou vert une analogic frap- panle enlre ks tenlacules de TAlcyonelle Rasp., et les brandiies ( ''S ) ies bivalves sous le rapport des mouvemens que les bonis do ces deux orgaiies iinpriinaient a I'eau, poursuivit cette elude pend:inl toute I'annee 1827, et en lut les resultats a la Socieie philoma- tiqne le 25 aoOt, a PInstitut le 17 septtinbre, et le 5 nov. ib!2'-. Sur des cenlaiiies de moules, qu'il avail eu I'occasion d'eludier depuis inai jusqu'en noveinbre, il avail toujours rencontre, dans le meme ovaire, et les oeufs a tousles elats de developpement, et les corps mouvans qui etaient (^videuiment les analogues des animalcules spermatiques de Leewenhoek et de M. Prevost. Mais il s'apercut bienlot que ces pretendus animalcules s'obtenaient de toutes pieces, toules les fois qu'on detachait un lanibeau du tissu, suit de I'ovaire, soil des branchie^, soil des paipes labiaux ' que tons ces lambeaux, nienie alors qu'ils adhcraient encore a la mas^e du tissu, decrivaieut des mouvemens rapides de rotation attiraienl et repoussaienl les globules sanguiiis su^perjdus sur roan, et se couvraient aussitot d'especos de scintillations ciliees analogues aux cils vibraliles dont les micrographes ont herisse la surface anlerieure des inl'usoires. Dans cettc circonstance, le scal- pel^ dit-il, est pour a'uisi dire une baguette magique qui donne la vie d tout ce .qu'elle toux:/ie, et qui ressuscite tout ce qui etait mori. En alliant les experiences aux dissections, il parvint aux resultats suivans : les animalcules spermatiques des moules sont des lam- beaux de lissus qui consi;rvent la propriete d'aspirer et d'expirer le liquide; les globules sanguins suspcndus sur I'eau sont mis en mouvemenl par celte double fonction, et pourraient au be- soin etre pris pour des animalcules doues desmemes niouvemens. Ces lambeaux correspondent syuonymiquenient aux Tric/ioda sul- cata , citiaia, Leucophra fliiida , fluxa, armilla de Miiller, au vcr singulier figure par JVl. Bauer et decrit par M, Home, sur la derniere planche fig. 8, du mem. analyse au n° VIII; enfin d la quaniite immense d' infusoires que M. Baer avait trouves dans les ano- dontes , et surtout dans les organes gcnerateurs ( n" VII) ; et il an- noncaitquela monographic, qu'en prepariilce dernier auteur, se- rait par le fait interminable, puisriue chaque coup de scalpel en- fanterait necessairement ^i ses yeux une nouvelle espece et i\a genre nouveau. Les cils vibraliles des microscopiques, continuait Tauteur, ne sont que des trainees de la substance expiree, sub- stance dont le pouvoir refringent est different de cclui de I'eau, 8 ("4) ppul-etre a cause Je la difference delciir temperature respective, et par consequent de leurdensilo ; et l'orf:;ane qui lessupportc est uo organe rcspiratoire. Les branchies des moules sont, comme I'a- vait d(')a dit M. Bojanus, des appendices de la generation aux- qucls I'auteur donue le nom de branchies uterines; les verilables branchies, au lieu de se trouvcr, comme le pretendait M. Bojanus, dans I'oigane que les autres auteurs assimilent avec juste raison au foie, doivent Gtre viies dans les quatre palpes labianx, qui se rapprochent des quatre branchies uterines, non-seiilement par Tidentite de leur structure, mais encore par les mouvcniens qu'ils imprlnient a I'eau et par les ciis d'expiration dont tons leurs lam- beaux se couvrent. Les moules sont hermaphrodites ; les indivi- dns qu'nn a pris pour des males ne sont que des individus ou qui avaient deja produit, ou chez lesquels les ceufs etaient encore A I'etat de globules indelermiuables ; ceux qu'on a pris pour des femelles ne sont que des individus qui commencent a se cor- rompre, et donl les tissus par consequent out perdu leur faculte de se mettre en mouvemenl en en-pirant et en aspirant I'eau. L'au- leur ayanl inject*', avec un melange d'huile etdecire colorce, I'ou- verture excrementilielle, a niesure que I'animal vivant ouvrait ce siphon hors de sa coquille, trouva, en brisant delicatement la co- quille , que la cire avait rcmpli tous les locules des quatre bran- chies uterines , et que I'injection n'etait parvenue k aucun autre organe. Cesbranchies ressemblaient alors aun double thorax dont on aiirait rctranche le sternum. Les oviducles vus par M. Bojanus ne furent point neltement apercus par lui, non point qu'il nie leur existence, car il faut bien que les ceufs passent par quelque point, de I'ovaire dans les branchies uterines; mais, a la place indiquee, il trouva deux fentes produites par les dechiremens du tissu,qu'oc- casionne presque toujours I'ouverture forcee de la coquille; et qnand, au lieu d'ouvi ir avec les deux mains !a coquille, il se con- tenlait de scier une valve par le milieu de sa longueur el sur le plat, alors, au Heu-des deux fentes, il ne Irouvail plus rien , si ce n'est un ou deux plis formes par I'iuserlion de la base des deux palpes labiaux. linfin I'auteuraunoncail, contre I'opinion generale, avoir trouve quclques ceufs dans la branchie inte.rne, et quoique plus rarement deux ou trois corps an:i!ogues anx coquiUes dans ( 1-5) le nianlcau. Avanl lui, MM. Ciivier el Poll on avaicnl (rouve aussi dans ce dernier orgaiic. X. A la fill d« decembre 1827, M. de Blainvillo liu ;, i'lnslilut un rapport sur uri memoiro quo M. Jacobson , savant danois , avait adresse, an niois de mars 1S27, a celte Academic. Le rappor- teur ayanl emprunto an travail de M. Jacidisun tonic la parlie d'e- rudition, s'etail arrele, nomme ce dernier, aux pnblications qui ne depassaient pas 1824 ; on ne trouvait dans son inannscrit ni I'a- nalyse des notes de M. Baer, ni celle du memoire de MiM. Ev. Home et Bauer, ni enfin celie du memoire sur rAlcjonelle, donl la sc- conde panic avait ete liie a I'Academie dcs sciences en seplembre et en novembrc iS-ij, d6veloppce a la societe pliiloniatique, en presence de M. de Blainville, le 10 novembre 1827, qui avail ete analjsee dans-le Bnllelin des Sciences natnrellcs et de goologie , livraisonde novembre 1827, dans le Globe 1 3 novembre, p. Su', ainsi que dans plusieurs jouniau.x allemands aux memes epoques, el donl pouitanl M. de Blainville n'a, dil-il, dans une note de son rapport impiiuie , en connaissance qu5? ) celte preiiiihe preuve, iM. Jacobson apporte en preuvo cc qui est en quesllon. Ell adnieltant le raisoniieniciit sur Icqiiel s'appuie la qua- trifemc preiive, on serait en drnit de conc'.ure que les petites co- quilles, qii'un trouve dans la paliidine vivipare, sont des parasites; car leur durete n'csl nullement en rapport avec leur grandeur. M. de Blainville senible revoquor en donte la dnrete des pelites coquilles dcs niuletlcs ; « car, aj(nite-l-il, Koelreutcr fail reinar- qner qu'elles sont si minces et si transparentes qu'on pent les voir les unes a travers les autrcs. ■> Mais la transparence n'est nul- lement incompatible aveo la durete d'un tissu osseux ou teslace, ai" ">i qu'on pout s'en convaincre en examinant an microscope des mens de |ier!e. La cinquieme preuve n'ost pas j>!ms puissante que les autres; ;ar clle pourrait s'appliquer a lo:it autre mollusque; puisque, dans la meme localile, les dejjres de developpement varient suivant les individus qu'on examine. La sixieme tendrait h mettre en principc, qu'on devrait trouver aulant d'individus que la mere a pondu d'ceufs. Ou sail si ce principe est admissible I'l I'egard des poissons. Quant a la 5', comme le fait remarqurr M. de Blainville, que coflterail-il de plus a I'organe, de nourrir des parasites naturelSy que des parasiti'S accideutels? Dans son rapport, M. de Blainville, a son tour, oppose auxrai- sons invoquees par M. Jacobson, les raisous suivantes : 1°. Comment des animaux parasites, en nombre si grand, iraient-ils se placer dans le meme lobe branchial? 2°. On trouve a une certaine epoque, dans les ovaires, des ceufs iibsolument semblables a ceux que renfcrment les branchies. 3°. Pourquoi, avaut que I'ovaire se vide de ses ceufs, la paire des branchies externes se gonfle-t-elle , saus doule par une sorte d'harmonie preetablie ? 4°. Comment se fait-il que les uuios et les anoJonlcs ne se Irouventpas dans un etat de marasrae, les branchies externes etant dilacerees, ou en partie delruites , apres le cUvdoppcmcnl dc la qiiantlte vcritablcment cnormc des peliles coquilles supposees piira- sites , qui i'r I'sl f cavite brancliialc. Ces paqiiets reriferinaient des oeufs seiiiblables , disent les aiiteurs, a ceux que reiifertnait I'ovaire , inais qui ne se develupporeiU point dans Teaii. Cet(c experience, qui ii'est peut-clre qu'un cas excoption- neld'une parturition premaluree, sous I'influence d'une cause per- lurbatrice, telle que le changement de milieu , celte experience, dis-je^ ne niilite iiullenient contre les observations de IM. Jacob- jion; car ce dernier, tout en admetlant que les branchies ne sont pas des matrices , n'a pas nie que la nioule ne puis&e executer sa parturition ovipare, alors menie que ses branchies scjaient occu- pees par de? parasites nombreux. Aussi nous ne voyons pas que M. de BlainviUe cherche , dans son rapport, a tirer aucune con- clusion de ces experiences; il passe au contraire avec rapidite a I'analyse du nieinoire de M. Home, qui, au lieu d'avoir re- inarque une parturition ovipare cliez les monies , a figur^ et de- crit de nombrciises petiles coquilles pleines de \ie, dans les locules de leurs branchies. En consequence de toutcs cts obser- vations , M. de BlainviUe declare qu'il faut rentrer de nouveau dans le dotite, et qu'ainsi la question doit etre replacee dans I'efat oii I'autcur I'avait prise avant le rapport. XI. Ce travail renferme les sejit memoires dont I'auteur avail public I'extrait en 1826 (N° VII); il a paru au commencement de 1828. L'aiiteur y decrit I'histoire de VJspidogaster concliicola, des cercaires, des planaires, un Dlstoma que I'auteur a Irouve dans I'organe que M. Bojanus regaidait comme le pcumon ; une cercariee pourvue de deux appendices, que I'auteur nomme Ba- eephalus, el qu'il a trou\ee dans les bivalves. II decrit ensuile le Polysioma intcgerrimum , dans I'inlention de prouver que ses six pores ne sont pas des bouches, mais des venlouses. II fait un genre de VHirado Slurionis d'Abilgard, sous le nom de NUzschia. Nons donnerons plus tard une analyse de ces details, et nous ne parlerons ici que de ceux qui ont un rapport immediat avec les organes gencrateurs des monies. L'auteur qui , dans son extrait (IS" VII),annoncait avoir troiive une umuensc qaaniiU d'infusoires dans les anodunics ct sitriout dans les organes gcneraiears, a modifie ectte idee ct n'en prol'essc plus que la moitie; et comme il nous le disait dans une lettre qu'il nous fit riionncur de nous ecrire le J.0 decern b re 1827, un mois avant Tapparilion de son memoire , ( I.. ) I croit aiijourd'hiii qu'/7 j a san.^ doiite des cnlozoaires daii-s les ace- pitales, dont (e ntoitvemcnt est spontane , d'autres dont le moatemcnt lie paroit pas arbitraire ; enfin dans certains temps , pas toujonrs , presque chaque molecule separce , qui n'est sans dotite pas un animal , se meat. Ces paroles textuelles de sa letlre sont a pen pres I'iibrege (le la inodiflcation qu'il a apportec k sa premiere opinion dans le chapitre de ses dissertations, intitule : Chaotischcs Gewimmel im innern dec musc/ieln, p. SqS — 602 da torn. XIII, 2" part, des Actes de Bonn. Celte opinion ainsi moditiee commence a se rapprocher de celie de Tuiiteur dii m(''nioire sur I'MJcyonelle, dont le travail elait deja connn de M. liacr, deny, ou trois mois avant la publication des menioires de Bonn. Nous ne savons pas par quels ca racltres I'autenr pent parvenir aujourd'hui a di^tingiier, parnii ces etres en mouvement, ceux qui se meuvenl sponlanemcnt, et ccux qui obeissent a nne nccessite aveiigle et inevitable. Mais nous osons assurer que ces trois noiiveaux degres d'organisation que distingue aujourd'hui M. Baer dans les organes gcneraleurj des monies, ne sont encore que la meme chose, et que son opi- nion actuelie est bien moins rationneiie que la premiere illusion, qui le portail a deyigtur tons ces larubeaux comme des inl'usoires dont il se proposait de decrire les formes. Dans le mucus de I'or- ganc gcnerateuv, dit 31. Baer, on trouve quelquct'ois une vie mul- tipliee, et si niullipliee, qu'on ci'oirait voir une apparition de fan- tasmagorie : tout est en mouvement; des masses isolecs, tanlot longues, tantot rondes ou carrees, area on sans pointe , se poussent chactine d'ane maniere di/fcrcnte, et etouidissent , pour ainsi dire , I'obserrateur. Ces expressions semblent n'etre que I'exageralion des expressions dont se servait I'auleur du memoire sur I'alcyo- nelle (1N° IX) : on dirait, en parcil cas , que la pointe microscopiqtie est une espece de baguette magiqac, qui donne la vie d tout cc qu'elle touc/ie, etqui ressascite tout ce qui ctait mart. § 64. Xll. .M. Baer, qui en decembre 1827, avail ecrit la lettrela plus fl.ilteuse et la plus timidc a I'auteiir du Memoire sur I' Alcyoncllc, crut devoir, presque en meme temps, en faire inserer une bien moins polie dans VIsis. Mais comme les injures en France ne font plus rire, et que, dans le pays ou Ton parle la langue de Goiilhe , elles doivent faire pilie , nous nous arreterons seulement iUix raisons auxquclles vient de repondrc Tauleur du Memoire sur . ( 123 ) I'Alcronctlc dans une IcUre adressce k VIsis en Janvier 1829. XIII. M. Baer, craignant sans doutc dc n'etre pas cru 9ur parole, en soutenant dans sa lettre ( n° XII) qu'eu 1826 il avail dejii vu ce qu'il piofesse en 1828, vient cnsuife i reclamer la priorite pour M. 'i'rcviranus , qu'il n'avait point cite pourlant, ni dans son exlrait (n" VII), ni dans son nieinoire (a" XI), et dont il a oiiblie de rappoiier lextuelleinent it's paroles dans sa lellre (n° XII). L'autenr du mcinoire sur ralcyonclle I'invitc a reniplir celte lacuna, car il n'a pn encore trouverrien de soiiiblal)le dans les edits de M. Treviranus. M. liaer en vent beaacoup a I'auteur du Mcinoire sur I'Alcyonelle, d'avoir place les Leitcophra ciliata fluxa, etc., de Miiller, dans lasynonymie deslainbeauxmouvaus ; et cependant, apres avoir exprime en termes pen mesures loule son indisposition a ce sujet, il accorde ii I'auteur que reellement RliiHer avail pris pour deux especes distincles d'infusoires (les Lcuc. heteroclita et jloccus) deux formes de la plumatelle i un age peti avance. RJais, ajoute-t-il, cette opinion etait deja connue, el cette rectification avail ele deja faite. licit urgent que M. Baer cite lextuelleineMt les passages ; car I'auleur du Memoire sur I'Al- cyonelle lui soutient hautement que jamais aucun auteur u'avait meme soupconne le fait. Enfin , M. Baer qui vient de faire une concession aussi bardie, s'eleve hautement contre Tidenlite que I'auteur du memoire incrimine a trouvee, par les dissections les plus nombreuses el les plus variees, enlre la plumutelie des auleurs et I'alcyonelle. II parait que M. Baer n'avail connu I'alcyonelle (substance fort peu eludiee) que par les figures etranges de I'en- cyclopedic. Sans doute ce savant de Koenigsberg aura modifie encore son opinion, depuis que I'auteur lui a fait parvenir el son memoire et ses cinq pianrhes. Quand viendra le temps oii les savans inlroduiront, dans les discussions scientifiques, et la modeiation des hoinmes sagos, ct le langage'de la bonne societe ? PARTL'KITION VIVIPARE DES BIVALVES. Nute comniuniquee ii TAcademie des Scieoc. le i4 iuill.iS2S; par M. Raspail. J'avais rapporte, le 1" jnillet 1828, des Unio de la Seine, pour examiner encore quelques points qui m'inleressaient. J'cn ( .23 ) Irouvai 3 ou 4 sans ceufs; inais les plus pelites en renfermaient un si grand noiiibre dans Tuvaire et dans les branchics cxternes, qu'en appliquant iin fragment de ces organes sur le porle -ohjft, on aurait cru avoir sous les yeux un tissu cellulaire, i cause de la compression muluelle de tons ces ojufs juxta - poses. Je placai une de ces bivalves dans iinc grande cap=ule en verrc pleine d'eau linipide, ct je ne larclai pas A voir des petits paquels expiilses par cette ouverture excreinenlitielle el herissec de cirrhes, que la mmilene fermeque lorj^qu'elle est eftVayee. Ces pa- quels vus a la loupe, fig. 3, pi. 4? avaient -^ millim. delung, ilsetaient oblongs el pyril'ormes. Je lacerai un de ces paquels sur le porle- objet, et il se repandit sous nies yeux une assez grande quan- tite de pelites coquillcs, dont les unes etaient fermees, et les autres s'ouvraient et se fennaienl par des mouvemens brusques el ahernatil's. Tontes ces coquilles etaient auparavant emprison- uees par une substance membranoso-mucilagineuse. Quand les deux valves etaient appliquees I'une contre I'autre , fig. 4? pl- 4? lii coquille affeclait la forme d'un triangle dont la charniere representait la base; elle avail alors ^ de milli- metre de la base an sominel. Lorsque la coquille s'etalait tout- a-fait, lig. u, elle avail alors j de millimetre dii sommel d'une valve au sommct de I'aulre. Quoique les coquilles se fermassent et s'ouvrissent avec rapidite, il m'a ete impossible de distin- guer aucun mouvemenl bien determinable ct aucune forme bien sensible dans les organes internes; ces etres etaient si trans- parens, qu'on les aurait cms volontiers prives d'animaux. Lorsque la coquille, cedant aux mouvemens du liquide, se pla- fait sur le cole, fig. i, pi. [\, elle ofTiait alors non-seulenicnt une forme arrondie et concave, mais encore on distinguait Ires- bien, sur le sommel dcchaque valve (art), un crochet triatigulaire aigu, courbe en dedans, el traverse de la base au sommet par une nervure , qui venail s'in-serer i angle presque droit sur le bord de la valve. Ce bord paraissail alors comme un bourrelet circulaire, forme de deux lignes parallelles. Le pourlour des valves, ainsi que les bords membraneux du crochet (a a), of- fraient, non des dents regulieres, mais des especes de granula- lians {f>). Quclqucs-unes dc ces coquilles, en pre-'Cntanl Icur interieiu' ( 124 ) ii I'oeil de I'observaleiir, n'affcctaiciU plus la forme Iriangulaire, mais la forme qii'on remarqiie , fig. 5. Eiifin, d'autres portaient un filament hyalin (c) , plisse en zig-zag, qui partait de I'une des cxtremilus de la commissure des valves, c'esl-a-dire de I'une des extremites de la charniere. J'eus assezsouvent I'occasion d'eludier les diverses formes que je viens de decrire, pour etre autorise a croire que je no les ai pas dessinces a la legere. Je m'assurai a I'aide d'une pointe, que ces coquilles etaient dures et cassaules , ce qui me fit naitre le desir d'en etudier, par quelques essais, la structure cbimique; je fis parvenir uue goutte d'acide IiyJrochlorique concentre sur ces coquilles , qui commencerent a paraitre de plus en plus transparentes , a s'affaisser sous forme de membranes; mais i peine ai-je vu, line ou deux fois, une bulle de gaz se degager de leur substance. Les tissus de leur coquille n'etaient done pas encore incrusles de carbonate calcaire, mais seulement de phosphate de chaux. L'acide , en leur enlevant ce dernier sel, leur enlevait en memo temps leur opacite. Je dois rappeler que je meservais, pour niieux les etudicr, d'un diaphragme qui diminue la transpa- rence des objets. En consequence, les crochets que MM. Rathke et Jacubson ont decrils, existent reellement; mais M. Jacobson s'est trompe, quand il a ci'U en voir les analogues dans les filnmens entrcmeles que Koelreuter a decrits sur le sommet des valves. D'un autre cote, ces filamens, que Koelreuter regardait comme formant un paquet, se reduisent a un seul filament, qui peut se pcloton- ner, el qui n'est pas insere sur le sommet des valves , mais bien dans leur commissure commune. Ce qui aura empeclic les auleurs, qui ont dessine ces petites coquilles, d'en di^tiuguer les crochets, c'est qu'on ne volt bien ces deux organes que lorsque la coquille se place, non sur le dos, mais sur le cote, posi- tion qu'elle prend dilTicilement lorsque I'anfmal est en vie. U'un cote, ces nouvelles observations infirment ropinion de M. Jacobson ; car comment coucevoir que des parasites venus li- brement se placer dans les locules de la branchie uterine , sortent expulses forlemenl par I'animal, toujours eraprisonnes dans une cnveloppe absolumcnt analogue a cellc qui emprisonne les a^uls- ( 1.5 ) de tanl de molUtsques ? Comment anive-l-il que ces parasites, qui sont'ni'iccssairement supposes a I'ttaladulte, pcnleiit la vie dans un liquide oi"i la nioiile pent vivie trois a qualie mois (nous I'a- vons constate) , et viennenl rechercher ce liqiiiile qui doit li;ur donner la moii, tandis qu'en restant dans les brancliies, ils eussent conserve la vie aussi long-temps que la nioule ellc-nienie? D'un autre cole, nos observations, comme on le voit, ne sont nuilcment en harmonic avec celles de M. de Biainville , qui assure u'avoirreconnu que des oeufs dans de semblables paipiels, expuistis sous ses yeux par des nioules qu'il avail placees dans des vases d'eau claire. II est lacheux que M. de Biainville n'ait pas accom- pagne son rapport d'une planchc, deslinte a figurer I'ctat daus le- quel il a trouvc ces oeufs. M. Jacobson, invoquait en faveur de son opinion, la difference qu'il avail signalee, cntre la forme triangulaire de ses gloc/tldUan et la forme ovale des moulcs. Mais, premierement, il u'est pas ne- cessaire que le foetus affecte les formes de Tage adulte ; car nous voyons les t^tards des grenouilles et des crapauda ne revClir que bien lard les formes matcrnelles ; ensuite cette forme, decrite par MiM. Ralbke et Jacobson, varie selnn les positions que prend la coquille; et par les figures que nous en avons donnees, il sera facile de concevoir, comment il pent se faire qu'une coquille ovale puisse paraitre triangulaire au gre de I'aniinal ; car, dans la posi- tion representee fig. 5, les deux valves sont re^eilemeiil ovales: mais que Taninial, en cherchaut a fermerses deux baltans, exerce une plus grande prcssion sur les parties lalerales de chaque valve que sur le sommet, et que les parlies lalerales soieut a leur tour plus flexibles a cet age que la parlie mediane, ilest evident que chaque valve apparattra triangulaire , comme on le voit sur la fig. 4- 0'" le manteau des bivalves peut s'appliquer si forlement conUe les valves, par la proprielc qu'il posscde de faire le vide, que la coiilraclion seule de ce manteau sulTirait pour produire sur les valves I'effet que je viens de decrire. Quand on observe les mouvemens brusques et varies de ces petites coqiiilles, les diverses positions qu'elles prenneut el les diverses formes qu'elles revetent a chaque fois, il est presque impossible de refuser son assenliment a I'opinion que je viens d'emettre. Eu consequence , la forme triquetn; de ces petiles ( .20 ) bivalves ne preseiilc pas malicrc a u nc objection aiJsei forle que le pensail M. Jacobson. Quant aux Jciix ciochels dml j'ai rcconnu Texislcnce, et que MM. Rallike et Jacobson avaient Ires-bien vus, mais que leur rapporteur semblait menlionncr avco une csp^.ce d'hesitation et de doule, i!s formenl une difficultc, mais non une objection. Ne sait-on pas que bien des foetus ou Jes animaux, a un certain age, possedent dcs organcs d(int ils se depouilltnt plus lanl? Et si i'on ne Irouve rieu d'clonuant, de voir que les tetards perdent insen- siblemcnt leurs braachies el leiirs queues, pour acquerir successi- vement leurs pallcs, serait-il plus elonnant que ces petits foetus de bivalves perdissent, en grandissant, deux crochets articules sur les bords des valves, mais ne faisant pas corps avec eux? Enfju ne serait-il pas possible que ces crochets servissent de premier moule a toutes ces bosselures qu'on remarque sur chaquc bord dc la charniere, bosselures que la nature a destiiiecs a preter a la coquille feruitc, une farce que ne sauraient !ui communiqucr Ics bords Irop minces et trop pen consistans de la partie libre ? Quoi qu'il en soit, I'existence siuiuUauee d'oeufs semblables entrc eux, dans les brantliies et dans I'ovaire des monies, est, a nos yeux, une preuve incontestable en faveur de Topinion conlraire acelledc M. Jacobson ; et il est, enhisloire naturelie, bien d'autres points unanimement professes, qui s'appuient sur des fondemens moins solides (i). Explication de la planchc l\'. Fig. 1. Petite coquille cxpulsee par les monies, placee sur le cute, vue au grossissemcnt de cent diauietres. aa Crochets mobiles. b Granulations qu'on pourrail prendre pour des dents. Fig. 2. La meme, ouverte, vue par le dos, au meme grossis- semcnt. [li) granulations. (i\ Depuis I'cnvoi de notrc note a I'Academie, M. Jacobson a fait parvenir i la bibliollieque de I'lnslilul son memoire public en suedois et acconipagne dc figures. II nous a etc impossible de I'avoir en communication, les brocbnics ct nouvcautes d'histoiie naturelie se trouvant tres-rarement a la disposilion dcs pcrsoniies qtii ont la permission d'entrer dans cet etablissenieiit. ( '27 ) Fig. 3. Paquel cxpiilse par la moulc, ct rcinpli dc res peliles coqiiilles, vu a la loupe. Fig. 4. Petite coquille Icrmce, vi:e an grossi.-se;n('iil dc coiit (liiJinetres. (/')"*g;raiui In lions. Fig. 5. La iiiCme, oiiverle, viie par riiitciiciir, ct eiicoru or- iicc rle son cordon oinhiiic.il (r). BULLETIN ANALYTIQUE ET BIBLIOGRAPHIQUii (1). MISERALOGIE ET GEIILI.'GIE. ).LesCoNTiNENSACT«ELSonl-ilsete,a plusieurs reprises, stiiimergts par la iner.^ Dissertation geologiqtie; parM. Constant Prevost. (Mem. de la Soc. d'Hist. nat. de Paris , toni. iv, p. 249. 1S28. ) 31. Cuvier, dans son disconrs siir les revolutions dn glnbc, avail essaj-e d'expliquer les phenonienes gckilogiques qu'offre le bassin de Paris, par one serie d'alternative d'irruptions et de re- traites de la mer. Cetle iheorie, qui rendait assez bien comple de ralternance de couches marines et fluviatiles qu'on observe dans ce terrain tertiaire, elait loin de s'accorder avec !es lois generalcs de la nature; et si un assez grand nombre dt; geologucs s'empres- serent de I'adopter, les geomelres et les astronomes n'ont cess(i de la considcrer coinme inadmissible. M. Constant Prevost, de- jHiis un assez grand nombre d'annees, s'est applique a eclaircir Its doules que I'ouvrage de M. Cuvier avait fail naitre dans son es- prit , a metlre la tlxiorie en presence des faits, a recueillir toutes les observations contraires a la theorie ; le travail, dont il public aujourd'hui la premiere partie, est le resultal de ses recherches. (1) Obliges Ac prendre un point de depart qiielconque, nous prevenons nos lecteuis que notrc TiuUciin analyliqiic n'annonccra desoiniais les m^nioires inipiimes dans d'autres recucils scientifiqiies qu'a dater du i<-' janyier iSsg. Les travaux anterieurs a celte epoque serOnl nienliunnes dans des revues spe- cialement coiisacrees a divers points de la science. Quant aux livres nouveaux, nous annonccrons le titre delaille de tous ceux dont nous pourrons avoir con- naissance, tant qn'ils nous senibleront devoir interesser les savaus ; I'analysc succincle ou eteudue, seloii le nierite del'ouvrag.', n'en sera publiec, que lors- quelcs autcurs en auront mis les cxeniplaires a notre disposition. ( 1.8 ) Dans cellc premiere partie, I'auleur examine les fails qui ont ele iflvoqiics en favi.ur de Topinion des irruptions. Dans la seconJe parlie, il recheichera les diverses conditions relalives a la formation des couches qui ont ete deposees dans le sein des mers. ■» Dans la lroisii;ine, il fera iipprccier les rcnseignemens que peu- \ent fournir lis fossilcs, quant a rexplicalion des revolulions qui ont eu lieu a la surface du globe. Enfin dans la qnaliienie, I'auteur exposera son opinion parti- ticuliere, qui consisle i\ admellie que les terrains lerliaires en general, et le sol de Paris en parliculicr, n'onl ces.-e d'etre i^nbmer- ges par les eaux, jusq.i'au moment oii celles-ci se relirant I'auront llvre a la disposition des vegelaux et des aniniaux terrestres, dont les generations Tont people sans interruption jusqu'a nous. Si le sol que la mer a laisse une premiere fois libre, avail nourri avant la seconde irruption, des quadrupedes, des oiseaux et des plantes, dil I'auteur, oti devrait quelque pari du moins , sous les depots formes par celle derniere mer, relrouver les indices du sol preced(Mnnient habile : les ancieunes savanes, les antiques bois de palmiers qui nourrissaient ou abritaienl les PalwothcrUim, les Anoplotlieriam , les maslodontes, les rhinoceros, les elephans, les cerfs, etc. Or, rien de semblable ne s'observe. Ainsi, en pre- nant pour exemple la formation gypseuse, les carrieres a platre de Montmartre recelent, dans leurs couches, des debris nombreux de ces mammilferes et aulres animaux; et pourlant nul indice de forets, do prairies, de savanes ne s'est jamais offerl ii I'observa- teur, Tii dans ce lieu, ni dans les limiles presumables de ce bassin, telles qu'on pourrail les snpposer dans le Soissonais, oii les cou- ches superieures du calcaire grossier sont beaucoup plus elevees que les derniers depots de platre, ni an [lied des Vosges, des Ar- dennes, du Morvan, du Limousin, etc. Les melanges si frequens de coquilles marines el fiuvialiles, uon-seulemenl dans la meme formation , mais encore dans le meme fragment des rochesde uos environs, forme une seconde objection conlre le sysleme des ir- ruptions iteralives. Les partisans de cclte derniere opinion alleguenl en ieur faveur, 1". La position verticale des liges de vegelanx terrestres dans les houillieres. 2°. Les roches percees en place par des pholades, el qui ( '29 ) iiKiiiUenanl sc trouvent a une grande elevation au-dessas du ui- veau de I'Ocean, ainsi que les frngmeiis de calcairea lymnees per- ces par leS inutnes mollusqiies (Val.inondois). 3". L'enfoiiissernent d'ossemens de mammiffres dans de vasles caverne?. L'auteur repond, d'abord, que ces tiges verticales «onlloujonrs des cas exceplionnels ; que la plupart, au contraire, des vegelaux caracieiistiqiK'S deces formalions decharbon de lerre et de lignite, i-ont couches dans le sens des strales,' qu'ils sent compriines et etcndus entre leurs feuillel^; qu'enfin non-seulement ces tiges verticales se trouvent souvent entre deux couches de charbon de nieine nature (environs de Soiirbruck), rnais encore qu'elles tra- versent piusieurs lits de composition differente ; en sorte qu'en admetlant la consequence que les auleurs de I'opinion contraire tirent de ce fait, il faudrait anssi accorder, qu'apres comine avant i'irruption supposee des mers et renfotiissement des arbres alors existant sur le sol terrestrc , les circonstances se sont trouvees les menies , ce qui mulliplierait a I'inGni les dilficultes de I'expli- catiou. D'lni autre coie, ces tiges dont quelques-unes oflrent en- core une bifurcalion radiculaire, sont en general tronquees ou roinpues a ieur base; le pied des tiges rainifiees a la base est a toute hauteur, de manierc qu'en considerant ces ramifications comme des racines, il faudrait penser que la plupnrt de ces ve^e- taux s'implantaient par Ieur base a la hauteur des branches des autres vcgetaux qui Ieur sont contigus. Enfin nulie ligne de de- marcation, niille fissure n'indiqne la separation du sol qui aurait nourri ces plantcs, et de celui qui serait venu les enfouir. Les forets sous-marines et sonterraines de salix, d'arundo, de chenes etc.,qu'ona decouvertes sur beaucoupde rivagesde lamer, seraient-clles regardees comme une preuve de I'envahissement d'uu sol vegetal par les eaux de la iner? Mais ces terrains peuvent s'expliquer en disant qu'ici ce soiit des terrains bas que la rupture d'une digue aura livres a i'irruption del'Ocean; car ces forets se trou- vent au-dessous du niveau de lamer; ensuite ces forets n'ayant etc nullemeut allerees, ou bouleversees par ces irruptions, les arbres s'y trouvaut a Ieur place nalurclle, conmient ?e ferait-il que rien de semblable ne s'observat dans la disposition des arbres de la houille et des lignites, si ces arbres avaient cru comine ces forets sous- marines dans les lieux oil ou les trouve enfouis? ( '3o ) Le calcaire d'eau donee du Valmondois , qui est perce di: pholades, ne se presenle pas en hancs, niais en fragmeiis deplaces, ronles coinme la plupart des coquilles marines, el qui sont la connme les fragmens de granilde Bourgogne existent dans le litdc la Seine Les colonnes du temple de Serapis, percees jusqu'a la liauleurde seize pieds, par des mollusques perforans, neprouvenl autre chose qu'un abaisseusent et une elevation successives de ce sol tonrmente par le voisinage des volcans. Du reste , ce temple a ete inoude environ vers le r^gne de Marc-Aurele ; si I'inondation n'avait pas ete produite par une cause locale, elle au- rait donne lieu a des phenomfenes generaux dont on aurait aujour- d'hui une connaissance positive. La decouverte recente en Ecosse d'empreinles de pattcs de tortues a la surface de bancs solides de gris rouge ancien ou denouveau gres rouge, ne pent etre encore invoquee en preuve, puisque, jusqu'a present, on n'a su specifier si c'est aux tortues lerrestres on fluviatiles que ces empreintes ap- partiennent. En Amerique, on a eu lieu de remarquer, depuis quelques annees, des empreintes evidentes de pieds humains, sur une roche calcaire ties-dure que Ton rapporle , en Amerique, au calcaire secondaire. L'auteur rejiond que les roches, duresaujour- d'hui, les calcaires, les argilcs, out conserve leuretatde moUesse lant qu'elles out ete suhmergees, que leur durele n'est provenue que de leur dessechement, et qu'il n'y a ainsi aucun rapport entre I'anciennete de la roche et I'epoque oii elle aura recu I'impression des pieds. Quant aux cavernes a ossemens , aux breches osseuses, au dilu- vium, l'auteur repoud que les memes antres, d'abord inhabilables, out pii devenir habitnbles plus tard, apres I'accumuiation du de- pot osseuxqui en a rempli les aut'racluosiles et les t'entes diverses. Les animaux qui, par leur marche , ont poll la surface du sol dans quelques parties de la caverne de Rirkdal , ont vecu apres ceux donl les ossemens avaient et^ precedemment enfouis. La presence des excremens d'hyene dans ces cavernes, parmi des cail- liiux roules, ne s'oppose pas a ce qu'on admette que ces excremens ont ete roules dans ces cavernes avec le gravier et les cailloux. En consequence, des cours d'eaux considerables, tels qu'on en voiten France, en Angleterre, dans la Carniole, se perdre dans des ca- vernes profondes, auront pu entrainer tous ces ossemens dans des ( '3' ) cavernes analogues, existaiit soit sous les cours des grands fleuves, soil sous des lacs, soit dans les profondcurs de ia iner; et cos osse- mens auront el('; tot ou laid rccouverts par des sedimens et pa ries squelettes de plusieurs sorles d'animaux qui y auront ete portes de nouveau. Cette premiere partie est accompagnee de notes nombreuses, justificatives uu explicatives. 2. Description geognostiqi'e du bassin du Bas-Boulonnais; par M. llozET, in-8° de XVIII et laS p. avec une carte. Paris, 1828. Seiligue. 3. Memoire sur la constitution geognostique du bassin et des en- virons de Narbonne; par Totjrnal fils, in- 8° de 16 p. Deuxieina partie, in-8° de 02 p. iMontpellier, 1828. 4. Observationes GEOLOGiGO- geographic* dc naturalibus soli in Gerniania forniis ; Auct. G. B. Mendelssohw. Kilite, 1828; li- brar. Universit. 5. Analyse chimique dc Bol du SseseJjijhl, pres de Draensleld; par le D' "NVackenrodfr [Arcluv. de Kastner ; torn XI, 4' cah. , p. 466). Ce bol se trouve au SsBsebiihl, pres de Draensfeld, et non loin de Gotlii:gue. II sc presente le plus souvent en nids, dans le ba- salle dont le sommet de cette ijiontagne est forme. II est com- pose siir 100 parties, i!e sllice, ^1,2:^; akimine, 21,079; oxide de ler, 12,082; chaux, o,385; magnesie, i,588; potasse, 0,127 ; eau , 24?575. [Ballet, des sc. natur., nov. 1828.) G. Rescltat de l'analtse DtJ Schorl noir de Theberdank, pres Andbeasberg; par le D"^ Dcmenil, [Ibid., p. 485.) La jiesanteur specifiqiie de ce mineral est de 3,33. II contient sur 100 parties : acide borique, 2,64; silice, 58,25; aluniine , 32,64; oxide de fer intermediaire , 21, 45; oxide de manganese. 0,45; magnesie, i,5o; soude, 2,70; tot., 99,60. (Ibid.) 7. Analyse du Misy on Rammelsberg, PRiis de Goslar ; par le 'menie (////V/. y pag. 488. ) Le mineral que les mineurs du Harz appellent Misy , et que Ton trouve au Rammelsberg, pres de Goslar, est d'un vert serin ( '^2 ) clair; sa cassurc est terreuse. li e^l cuuipu.-6 de 42,55 de sulfate lie fer; 3,4^ de sulfate de protoxide de luayancse ; 3,i i de sulfate de cuivre; 5.g8 de sulfate de zinc; 5,4' de sulfate d'aluinine , et 59,55 d'eau. [Ibid.) 8. Analyse d'un mineral a stbiicttire testacee, de la mine An- DREASKREVZj prcs d'Audieasbcrg ; par le indme. {Ibid., p. 490.) Ce mineral, que Ton a pris pour du carbonate de chaux, a ele decouvert il y a quelqiies annees dans la mine Andreaskreuz, en morceaux nodulaires, demi-transpareus , composes de couches arroudies, qui se separent par la cassure, et ne montrent aucun indice certain de divage. Sa pesanteur specifique est de 2,7^2. 11 est compose de la raaniere sulvante : carbonate de chaux, g4, yS; carbonate do manganese, 3.24; carbonate de protoxide de fer, 0,73; carbonate de strontiane, o,44; eau de cristallisation, o,5o; tot. , 99,66. ( Ibid. ) 9. EXAMEN DE l'eAU MINERALE DE LA VALLEE DE WaIDRITZ , prCS Presbourg; par J. Bacbmann. [Zcitsclirift fiir P liys, und.Malbeni.; Ill vol. , 3' cah. , p. 280. ) La pesanteur specifique de cette eau minerale est de 1,000198, a la temperat, de 16 deg. cent. ; elle renl'erme du carbonate de chaux, du carbonate de fer, du carbonate de soude, du muriate de soude, de I'acide carbonique. {Ibid.) 10. De-cription de qcelqces minerais de zinc decou verts par G. Troost et C. Lesdeur, et, jusqu'a present, rejctes cumme inuliles. {New-Harmony Gazelle ; 21 mars 18117.) MM. Troost el Ltsueur ayant visite les mines connues sous le nom de Voile's Diggins , dans le comle de Jefferson, Etat de Missouri, y out observe des minerais que les gens du pays ap- pellent Dry-Bone , et qu'iis rejettent entieremcnt coinme inu- liles; ce sent des varietes de calamine ou de carbonate de zinc, tanlfit cristallisees,tant6t en masses reniformes, mamelonnees ou cellulaires, en concretions stalactitiques, en crofites, etc. ( Ibid.) 11. Decouverte d'hne mine de Cobalt dans l'Etat de Missouri. {Ibid ; 4 avril 1827.) Le cobalt a ete jusqu'a present imporle d'Europe en Ameiiquc. ( 135 ) On sail copendanf qti'il existe eti Connecticut, i Chatam, pres fl*; MiJdIeton , nil niiiiLTai de cobalt, contenant tie rarsenic et du soufre , et di^semiiie daii« uoe roche amphibolique. Mais ce co- balt est lellenient melange de nickel, qne les depenses de son ex- tiaction et de sa reduction a I'etat naelalliqne , depassent de beau- coup la valcur du cobalt dti f ommerce. Aussi cette mine a-t-elle ete abandonnee. Dans ime course que MM. G. Toost et C. A. Lesueur ont i'aite dans le district des mines de Missouri , ils ont Irouve quelques echantillons d*; mineral de cobalt, contenaul environ 7 5 pour cent de metal pur. La plus riclie des mines d'Europe , analysee par Rlaprolh , n'a donne que 44 pour cent de cobalt. {Ibid.) It. AciDE suLFURiQUE NATiF [Giomale di fislca, etc. ; 6"" bimestre, 1827, p. 484.) M. Egidi, pharmacien d'AscoIi, a observe dans une grotte na- turelle spacieuse de la commune d'Acquasanta , un degageraent violent d'hydrogene sulfure. Ce gaz, en contact avec I'air atmos- pherique , se decompose pcu a pen, et donne naissance a de Tcau , a du soufre qui se ilepose sur ies parois de la grotte, et ne tarde pas a former, avec Ies bases salifiables , des sulfites cl par suite des sulfates , principalement du sulfate de cliaux cris- tallise, enfin, a de I'acide sulfurique, qui distille sur Ies murs, entrainant avec lui de la chaux et d'autres oxides qui se trouvent sur son passa^^e. On connait, au resle, plusieurs autres exemples de la formation joiirnaliere de I'acide sulfurique, par suite de la decomposition du gaz bydrosulfurique. [Ibid.) i3. Decohverte de l'Iode dans xjn mirerai de zinc. {Ibid.; p. 483.) On saitque M. Vauquelin est le premier qui ait decouvert Tiode dans le regne mineral. II trouva ce corps simple dans des mine- rais argentiferes des environs de Mexico; et, suivant M. Del Rio, ces minerals proviennent de la province de Zacatecas. M. Busta- meiite en a depuis trouve des indices dans un mineral de plomb blanc-cendre, provenant des mines de Catorce. En dernier lieu, M. Menlzel vienl d'en constater la presence dans un mineral de zinccaducifere de la Silesie superieurc. {Ihid. ) ( '54 ) i4' Notice scr le calcairb TERREtx des plaines de Chantonnay; par M. DtHuissoN. (Mem. df la Soc. Acad, da deparlement de La Loire-lnfdrieure ; 1826, p. il^b.) Le calcaire des plaines de Chantonnay est en stratification ho- rizontale. II est pen coquiller; il passe de la conleur blanchatre au gris-jaunrure et an gris-blenatre. II est un pen gelisse , et j)arait appartenir au calcaire ooliliqne superieur; il est en re- couvreinent sur le sol houiller intermediaire. Ce calcaire est employe dans la construction des maisons, et a faire des inurs de clotxire ; on en fait aussi du mortier; cclui qu'il forme apres sa dessiccation devient d'une grande durete, et presque indes- tructible. (Ibid.) 1 5. Sur ia grosseur pes grains de platine natif ; par Al. de Humboldt. [Annalen der Pliysik ; 1827, 7'' cah., pag. 4^7' et Annates de Clumle; fevrier 1828, pag. 222.) Avant le retour de i\l. de Humboldt, de son voyage d'Ameri- que, on ne possedait, dans les cabinets de mineralogie d'Europe, que des grains de platine a peine d'une ligne de diametre. M. de Humboldt en rapporta un du poids de io88 grains, qui est reste le plus gros que i'on connQt jnsqu'en 1822, epoque a laquelle 1<; Museum de Madrid s'est enriclii dune pi'pite de platuie, de 2 pon- ces 4 lignes de diamelre , et du poids de 1 1641 grains , provenant des lavages d'or de Condoto; tnais la grosseur de ces deux echan- tillons vient d'etre effacee par celle d'une masse trouvee dans rOural, dans les mines Demidoff. Cette masse pese 4 k. , Sao, etsa densite est un peu au-dessus de i6. M. Lubarsky, professeur ■\ Saint-Petersbonrg, a fait connaitre le premier, en 1825, par I'a- naiysc chimique, I'cxistence du platine nalif et de I'alliage d'iri- dium et d'osminm dans les alluvions auril'eres de I'Ourai. Ses re- sultats, restes long-temps douteux hors de la Ilussie, ont ete plei- nement confirmes par M. Laugier. M. de Humboldt annonce qu'il fera paraitre sous pen une carle de la province de Choco, pour laquelle il a des materiaux enlierement nouveaux, et qu'il y indiquera la plupart des gisemens de platine de celle pro- vince. [Ibid. ) ( i35 ) lO. NorVEAUX DETAILS SBR DES ESPECES DE MINERACX DE.IA CONStS, TROi'VEs DANS LEs MINES DE Zlatooust ; par Rl. Stscheclof. (0/<- kazaticl otkritii, elcT Indicateiir des decouvertes ; torn III, n° G, p. 8jn-856, 1826.) La Topase. Elle est enlierement smis couieur, iranspareiitu , cl d'une forme qui n'esl point indiquce dans I'allas de Haiiy. Celle forme est un prisine octogoiie, tcrmiiie par uii pointemeiit a onze faces, raais dilTerente de ceile representee par Haiiy, pi. 5o, fig. I'lo; car la, oii sur les faces laterales du prisme, se trouvent deux petites facettes additionnelles, on ne veil ici que deux pe- tiles faces obliquement placees , non sur les faces du prisme, mais bien sur le cote, et scparees au sommet par une petite fa- cette elroite dans la direction meme du cote; et la , oii dans le cristal de Haiiy, se trouvent, sur les cotes du prisme, une surface eptagone, on en voit ici deux, I'une sur I'autre, dont la premiere est pentagone , et la seconde a la forme d'un trapeze, comme chez Haiiy, pi. 5i, fig. i5.j. D'apres la forme exterienre de ce cristal, on peut coiiclure qu'il a ete detache de la masse primitive de quelque montagne. On sail, au rcste, que, dans le meme en- droit, sin- les bords du lac Ilmen, on trouve des topazes jusque dans les pierres qui sent dispersees sur le sable. Zircon. Ce mineral a ete trouve en 1835 dans les depen- dances de'la mine de iMiass, au sein de la montagne dite de Tsir- con, pres du lac Ilmen. II fut d'abord decouvert par M. Maloze- mof, et iM. Rlenge, voyageur pour le commerce des miiieranx, eu fit une exploitation en grand. On le trouve dans un granil com- pose de feldspalb bianc-grisalre et roLigeatre, presque entieremenf converti en argile, de mica noir et de quartz gris, par masses assez considerables. Les morceaux envoyes au redacteur de I'lndica- teur des decouvertes, sont de forme octaedre, et tronques sur les angles, de fapbn que toute la surface du cristal se compose de 24 faces. II s'ensuit que la forme de mineral est nouvelle , ou du moins qu'elle n'est point mentionnee dans I'atlasde Haiiy. M. Her- mann, a qui Ton doit les details que Ton donne ici, a egaicment decouverl, du cole oppose de la montagne de Tsircon, d'autres cristaux du meme mineral, brunalres, presque lernes, et dont l.i forme ne doit pas etre la mr;me que cellc decrite ci-dessus. Leui ( '36) classenient purini les zircons deinande encore confirmalion, car ils ne s'alterent en Hen par I'nclion du feu lo plus ardcnl, tandis que les cristanx precites blanchissent aussilOt comnie tous les zir- cons connus. I^e Grenat. Ce mineral a ete decouvert dans les montagnes dites Naziamslii, et dans le Taganai. La. ii est generalernent dc couleur foncee, se trouve dans des masses de laic, et est cristal- lisc en dodecaedres rhomboidaux, tronques sur les bords, el fre- quemment disposes sur une surface large et tres-brillante. Ici on le Irouve mele a des couches de mica. A en juger par des mor- ceaux exlraits des monls Naziamski, il faul penser que ie grenat y compose des filons considerables, revetus de talc lamellaire on (le chlorite verl-fonce. Outre les morceaux dont on vient de par- ler, M. Herman a lire des ancicnnes mines d'lekaterinbourg, et de la m(.nlagne de Tsircon, un granite compose d'aibite a feuil- lets exUenfiemenl minces, et presque rayonnes, de quartz jaune de fumee, et de mica noir, dans lequel on voit incrnstes des cris- laux oblongs, irreguliers, rouge-fonce, qui ressemblenl plus a I'essonile qu'au tantalite, s'ils n'appartiennent pas eifectivemeni au zircon on an grenat. Lc Distlicnc. Ce mineral se trouve en cristanx plats et courts, de couleur bleue. enlrc des feuillets de schiste micace, qui ren- ferment aussi du grenat funce. II a ele decouvert, en 1826, par IM. Yartsof, surle cole oriental du grand Mont Taganai. L' Ampliibole. On a decouvert deux e-peces de ce mineral ; Tune, tronvee en iSaS, pres du lac Lnissof, de couleur blanc-gri- salre, rayonnee, irregnli^re, mais tres-dure, et consequemment reconnuc pour la IrhnoUte ; Tantre, de couleur noir-verdatre, et composee de cristanx, est le veritable amphibole hornblende. Elle a ete deconvcrle dans le monl Schischimsk , non loin du village de Medvedief. Le Talk. On en a extrait du mont Schischimsk , nn mor- ceau compose, a ce qu'il parail, de grenat, bien compact, mele a du chlorite, el convert dc lableltes hexagones, fort minces el vcrt- fonce de laic lamellaire. J.'Epidolc. Le morceau que M. Stcheglof possede en ce mo- ment ressemble parraiteuient an pistazile ou epidote d'Arendal ( ••>; ) cristallise et vert-fonce. Cette espece a ete trniivtc en i8uG. dans les monts Ilmeii, k 25 verstes de la mine de Mlass. L'Idocrase. Ce mineral se trouve sur le sommet du moot Schischimsk, pres du village de Jledvedief, a i5 verstes de la mine de Zlatoousit. II est compose de petit? crislaux verl-fonce, forte- ineiii unis, et de grains de couleur jaune-verdatre. Ccs cristaux sent de meme forme que I'idocrase de Viliii. On a decouvert dans un morceau de ce mineral des cristaux non transparens d'am- phibole gris, semblables, excepte la couleur, a celui qui se ironve dans le cyanite de la meme conlree, et, dans nn autre, un mi- neral dnr et compact, ressemblant a du feldspath ou gabbro. II faut supposer que c'est la meme substance qui sert de lien entrc les cristaux de I'idocrase, el qui, peut-etre meme, unit I'amphi- bole au cyanile. La Tourmaline. Ce mineral se Ironve sur le grand Taganai, mele a des qnarlz el a des couches micacees. D ins le mica, il est accompagne de cristaux de disthene; et, dans le quartz, ses cris- taux sont aciculaires, et irregulierement enlrelaces. Du fer oxidulc, on la pien'e elite d'Aimant. On a oblenu ce mineral dans deux endroits differens : dans le mont Schischimsk, oii il est combine avec du talc chloriteux, et traverse par des rayons d'amphibole gris-verdatre el blanc-grisatre. Dans la mine d'Orlof, nu le trouve mele a du calcaire de couleur blanc-gri- satre : celui du mont Schischimsk est greuu, celui d'Orlof est la- mellaire. Le Silicate compacle de cuirve , un pen fonce a I'exterieur : on en trouve dans la mine de Ririabin. Le Tantalite. Ce mineral a ete trouve compact et cristal- lise dans le monl Tsircon, par M. Menge. Sa gangue est du gra- nite, compose d'albite blanc, irregulierement radioforme, de feldspath vert, de quartz jaune de fumee, et de mica noir. On a rencontre dans le granite dentil est ici question, des cristaux prismatiques , non transparens et de couleur noire. M. Herman a trouve en outre un morceau transparent, lamellaire, de tanla- lite pur, et un crislal dont la forme est prismalique. Tons deux sont noirs, metalljides et de couleur brillante. Les experiences multipliees faites surce mineral, et ses caracleres j)hysiques, ne laissent uucun doule sur le nom qu'on lui a donne ; mais il de- ( i58 ) niandc i'l etrc analysee d'une manieic encor»; plus precise. An reste qiielqiies cristaux ressemblent a la gadolinite, et ici Ton en voit pour ainsi dire dans le mineral dont nous parlous. L'Yttrotantalite. Depuis long-temps dej;'i, M. ftlor avail de,- couvert dans les moots llmen un mineral de coiileur noire et lameiiairt', qui, d'apres toute vraisemhiance , esl le veritable yt- trolantalite, et non le tantalite, comme I'avaient pense quelqnes- uns; car, chauffe a bianc, il prdit, eclate et se fend a I'instant oi'i il eprouve In premiere chaleur, tandis que, soumis aiix mfimes experiences, le tantalite ne s altere en ancune facon. Ce mineral se trouve dans une roche composee d'albite et de quartz couleur de fumee. Le Graphite. En 1826 on a trouve un filon de graphite mou et presque terreux , dans une montagne voisine du lac Elantchik , sur le bord duquel on rencontre egalemeut des moroeaux arron- dis et brillans de ce mineral. (Ibid. ) 17. ExAMEN d'tjn DEPOT cALCAiRE ; par M. Vauquelin. {Annal. de chim. et de pliys. ; mai 1828, p. 107. ) En crensant les fondations d'un etablissement de filature, dans la paioisse de St. Maclou , arrondissement de Pont-Audemer , departement de I'Eure, on a trouve un d^pot calcaire conside- rable, ayant une texture poreuse, prescntant,dansquelques-unes de SOS parties, des ramifications en forme de stalactites deplus d'un pied de long et de grosseurs diflereutes, creusees dans !e centre, et fermees a I'une de leurs extremites. La couleur de ces pierres est jaunalre interieurement, et d'un brun luisant h I'ex- terieur comme certaines varietes de manganese. M. Vauquelin aobtcnu, par I'analyse, des produits qui lui out prouve que cette substance renfermait une grande quantite de matiere animale. Les stalactites et autres rudimens de cristallisalion qu'elle pre?ente , font supposer a I'auteur qu'elle a ete dissoule dans I'eau , a I'aide de I'acide carbonique. Mais ce qui lui parait remarquable, c'est que la substance organique ait pu se conserver aussi long-lemps, au milieu de i'eau avec toutes ses proprietes; ce qu'il expli{|ue parce qu'elle n'etait point en contact avec Pair. Celte (iilficulte ne nous offre ricn de remarquable, puisqu'elle se reprcsente a I'egard de tous les ibssiles spathises, et a I'egard ( '39 ) de certaines argiles qui renfermenl unc assez grande qiianlite di; substance animale pour donner de rainmouiaque i I'analyse. 11 eOt ete convenable de s'assurer si ces stalactites supposees ne sont pas des polypiers ; car des lors la difficnlte deviendrail nulle, piiis- que Ton sait que les polypiers, ainsi que lous les tests calcaires . renferment encore de la substance animale, meme apres le sejour le plus prolonge dans les eaux. La pellicule anitnale, dans ces sub- stances, non-seulement est couibinee avec de la chaux, mais en- core elle est incrustee et hermetiquement emprisonnee par du carbonate calcaire qui tapisse d'une maniere conripacte ses parois. Des ce moment cette substance est garantie contre les ageus de la fermentation, de la meme maniere qu'une substance organique (de latoile. parexemple) devient incombustible, quand toutes ses particules ont ete enduites d'acide phosphorique ou de phos- phate d'ammoniaque. C'estpour cela que la matiere animale (mem- branes ) reste incorruptible, non-seulement dans les tests 'des mollusques ou des zoophytes qui coniinuent a s'accroitrc dans les eaux , mais encore dans les tests fossiles qui gisent dans les entrailles de la terre humide, depuis des temps incalculables. R. BOTAJNIQUE. 18. Uber die Foren, etc. sur les cellules du tissu des pianles; par H. MoHi, gr. ia-4° de 8 feuilles, avec 5 gravures. Tubin- gue, 1828 ; Laupp. 19. RloNOGUAPHiE DES oRCHiDEEs dcs iIcs de France et de Bourbon ; par M. AcHiLLE Richard. (Memolres de la Soclete d'/iist. nat. dc Paris, torn. IV, p. i .) Par la nature de leur vegetation, d'apres I'auteur, les ilcs de France et de Bourbon s'eloignent entieremcnt du sysleme afri- cain, pour revCtir un caraclere particulier qui les rapproche Iieau- coup de I'archipcl des Indes, dont ellcs soiit si idciignees par leur position geographique. La famille des orchidees est un exemple evident de cette analogic : aucune des esneces de ce groupe n'est commune aux flores du Cap el de ces iles ; et les deux seuls gGi\~ res LtmorforamclvSa/^jrm/nseretrou vent au Cap sous des formes spe- cifiquesdifferentcs. Onne refrouve aux iles Maurice aucune espece ( .40 ) y Krhahle iV Oncidiiiin, dc Cranic/tis, iVE pitlcndriitn €im paraisscntiip- j)aitei\irexclii.sivenientiiu syslemeamericnin.Cependaiit leDendro- hiuni polystacliiiun dcs iles Maurice est le meme que celui de piu- sieui's lies du goife du Mexique. L'outeur, daus un premier Ira- vail (i), avail ele porle a considerer la fleur des orchidees, ainsi que radirieltaieiU deja les bolanistes, comme composee d'un calice a six sepales ( trois int. ot trois ext. ) et de trois etamine? dotit deux restent ordinairement a I'etat rudinientaire , sous forme de simples mamelons l)asi!;iires. II modifie aujourd'hui cotle opinion, en considerant la fleur comme composee: i° de six etamines, dont Irois restent ordiuairement sous I'orme des deux sepales supe- lieurset dulabelle;2° de six sepales, dont trois avorteni en gene- ral et no se relrouvent a I'elat rudimenlaire que dans le genre Epistepkiuin Knth. II appuie son opinion sur la structure de deux monslruosites seulement, qu'il avail deja fait connaitre daus le premier travail ; mais la seconde theorie est moins naturelle et moins admissible que la premiere, puisqu'elle lendrait a faire prendre une exception pour la regie generale. Soixante-cinq es- peces soul dcvrites et la plupart figurees dans ce travail. Dix d'en- tre dies sont publiees pour la premiere fois, les autres avaient ete deja (igurces, entre autres autenrs, par MM. Dupetit-Thouars et Bory de Saint- Vincent. On y trouve sept genres nouveaux : 1° Arnotlia (pris auxdepens AaVAniplwrcliis i?ierniis? Dup.-Th.): 2° Plalylepls (aux depens du Goodyera occulla Dup.-Th.); 3° Aplos- teUis (aux depens de I'Arethusa simplex Dup.-Th. ); ^° Bentliamla ( aux depens du Satyrium latifolium ) ; 5° Centrosia (aux depens du Centrosia Aaberti Dup -Th. ); 6" Gussonea ( aux depens de VAngrcF.cum aphyllum Dup. -Th.); ^° Beclardia ( aux depens de I'AngrccciDn elatum Du[>.-Vh.; Epidendrutn Macrostachys, et bra- c/iystacliium id.). Les autres especes sonl reparties dans les genres Habmaria, Gynumdenia , Satyrium, Dvyopcria, Goodyera, Bletia, Limodormn, Li parts , Pleurothallis, Dendrobium, Bidbophylluui, Angrmcum , que I'auteur a dispose methodiquement de la ma- niere suivaute : (i) Mem. delaSoc. d'Hisl. nal., toni. i, pag. 202. ( '4i ) { Hnhenarlii. /Lnhclhim ecalcarai.nm. Gymuadeiwi, Pollen SfClile. ) \ Satyr'mm. {Ophrydcce.) \ fArnottia. \T I II i . ) Dryoncia. ^Labf Hum calcyratiim. in I Lroudyera. \ Platylcpis. Pollen farinaceum. (Labellum ecalcaratum. [ ^£'""' [Lhnodorece.) I r Benihamia. ' Labellum ecalcaratum. Centrosia. \ Limodorum. iLlparis.- Plem-olhallis. Dcndrohimn. BulbopliyllHUi. {Epidendrca.) ) ( J7igra;cum. Labellum calcaralum. ' Gussonea, BccUirdia. 20. MeMOIRE SllR LES FAMILLES DES TeRN?TROEMUCEES ET DES GbT- TiFEREs; par J. Cambessedes [Man. damns., I. iG, 1828.) L'autenr expose avec detail I'histoire des deux Families et leurs caracleres. II passe en revue les genres qu'il adopte et ceux qu'il exclut. Sa famille des Ternstroemiacees se compose des genres Coc/ilospermum, Termtroemia, Cleycra, Frezlera, Lcttsomia, Eii- ria, Sanrauja, Stcwartia, Malacliodendron, Laplacea, Gordonia, Ca- mellia, Ventenatia, Bonnelia, Arcldicca, Maliurea, Marila, Kicl- vieyera, Caraipa, Thea. Les Gultiferes se divisent en quafre sec- lions. 1'" sect. : Ovarium pluriloculare, loculis ani tel plarioritlatis ; frnclns cupsitlaris, deliisccns, plarilocalaris ; Tovomita, Verticillaria, Cliisia, Arrudea, Hareiia ; 2' sect : Ovarium pluriloculare, loculis pluri-ovulatis. Fructiis cariiosus, indrhisce7is plurilocularis ; Moro- nobea, Clirysopia; 3* sect : Ovarium pluriloculare loculis uni-ovii- latis; fructus cariiostis, imlehiscens, plurilocularis; Mammea, Rlieedia, Garcinia , Stalagmiiis ; 4' sect : Ovarium i — 2 loculare, loculis 1 — 2 oTulatis; fructus drupaceiis, indehiscens ; Mesua, Calopliyllum. Le memoirc est accompagne de quatre planches d'analjses et 2 de figures. Quoique ce travail soit principalement destine u la des- ( .42 ) rriplion des genres, cepcndaiit I'auleur a saisi I'nccasion de fairc connaitre en langage technique quatre especes nouvelles de Ca- ruipa, rapporlee? de la Guiane par Richard pere, et i de Clirysopia originnire de Madagascar. Nous allons en transcrire les phrases speciDques. — Caraipa riclianUana; foUis allcrnis oblongis sa'pe ob- curc brcriterqae acuminatis glabcrrimis ; floribus corymbosis pedicel- laiis , ovario glabra. — C. racemosa; fotiis cdternis oblongis obtusis- simis glabcrrimis, floribus racej7iosis subscssilibus ovario tomentoso. — C. variabilis; fotiis allernis oblongo - lanceolatis utrinque angustalis scepe acaminalis glabris, floribus paucis paniculatis raccmosisve pediccl- latis, ovario tomentoso. — C. fasciculata; fotiis alternatis ellipticis acumidatis glaberrimis ; floribus crebris, paniculatis pediccllatis, ova- rio tomentoso. — Clirysopia micropliylta Boj. ; foliis spathulatis, par- vutis, floribus umbcllaiis, disco apice subiniegro. 21. Collection de Memoires pourservira I'histoire du r^gne ve- getal; i)ar A. P. DE Candolle, in-4°. avec planches. Paris, i8a8. Treultel et Wnrlz. Premier memoibe. Siir la {limille des Melastomacees, in-4°. i vol. 84 pag., 10 pi. grav. ; prix, 12 fr. Deuxiisme memoire. Sur la famille des Crassulacees , in-4°, 1 vol. 48 pag., i5 pi. TROisiiiME MEMOIRE. Sur la famille des Paronychiees, in-°4'', 1 vol. 16 pag. 6 pi. M. de Candolle a forme le projel de publier des memoires spe- ciaux surchacune des families qui auront deja paru dans le Pro- dromus regni vegetablUs. Ces Irois memoires, qui commencent la collection, se rapportent aux families conlenues dans le troisieme volume de ce dernier ouvrage. On Irouve dans chaque memoire les developpemens des gene- ralile.s, et la traduction libre des phrases d'un certain nombre d'especes, accompagnee de quelques observations synonymiques ou hisloriques. Les planches sont deslinees a representer I'aualyse et les figures an trait des especcs nouvelles ou peu connues. Nous reviendrons sur rexeculion del'oLvrage, lorsque le nom- bre (le ces memoires se sera augmente; quant a ceux que nous avonssous les yeux, il eQl ete a desirer que I'auteur, qui s'est borne a quelques especes , au lieu decommenter \eProdromus, ( '43 ) «ni publie des descriptions di'laiiloos ot en langagc toclinique dc cliacune de ces especes privilLgices. Le lexle eflt alors rivali.sc aveo les planches qui, sous le rapport de la gravure, ne laissent rien a desirer. 23. Revue de la famille des Portulac.;es ; par A. P. de Candoile {Mem. de laSoc. d'liist. not. dc Paris, torn, iv, p. 174.) Ce itiemoire est un developpenient succinct de ce que I'auteur a deja publie sur celte famille dans la troisieme partie du Pro- dromus. II est accoDipagne des figures des Ginginsia brevicauUs et clongata. 23. Tentamen Supplement! ad systemalis vegetabiliura LintiiBani editionem decimain sextam;auct. Ant. Spbengel. in-8°, 1 vol. 55 pag. Gotlingue, 1828; Dieterich. Ce supplement renferme 1 17 especes pubiiees depuis la publi- cation du Systema de Sprengel pere. M. Sprengel fiis accompa- pagne les phrases specifiques de rappn'cheiiiens synonymiques , etde la citation des sources auxquelles il les a puisees. 24. Flora BRUNSviCENSis; phanerogamic, classe I — XI. in-8% 52 leuill. Brunswick ; 1828, Meyer. 25. Plants Banatus RARiOREs, iconibus et descriptionibus illus- tratae. Acced. tab. botan. 40. et 1 1. lilhogreptae mapp« ; Auct. A. BocuEL. In-fol., 26 feuill.; Pesth, 1828. 26. De SALiciBcs EcROP^is; Auct. G. D. J. Koch. 4 demi-feuill. Erlangse, 1828; Heyder. 27. De Cladoniis. difficiilimo Lichenum genere, commentatio no- va ; Auct. H. G. Floerke. 11^ I'euilles. Rostock; 1828, Stiller. 28. Elenchus fungorl'm, sistens commentarium in systema my- cologicMMi; Auct. E. Fries. Vol. I. et II. 25 leuill. Gryphis waldiae, 1828, Mauritius. ZOOLOGIE. 29. Nova pentas Collectionis sua; craniorum diversarum gen- tium tanquam complementum priorum decadum; Auct. Blu- menbach. i demi-feuille avec 5 pi. Gottingue, 1828; Dieterich. 30. NouvELLEs ESPECES d'hyenes fossiles, decouvcTles dans la ca- vernede Lunel-Viel, pres Montpellier; par MM. Jules de Ckis- TOL et A. Bravard. [Mem de la Soc. d'Hist. nat. de Paris, t. iv, p. 568.) ( >44 ) Les auteurs deciivcnt cl finriiienl deux denls froiivecs a LiineU Viel, doiil I'une leur parait nvoir appnrlenii a I'hyene rayee, 1 1 I'autre a I'hyene dont 31. Cuvier signale I'existence au Museum, el doiU la patrie est inconnue. Ces deux dents indiquent ainsi deux iiouvelles espoces fo^siles d'hyenes ; on ne connaissait i I'e- tat fossile que I'hyene du Cap. On voit ces Irois especes de denls representee;; sur !a phinche iv de ce vohime de nos Annales. Fig. '■. Carnashiere de la machoire interieure de I'hyene du Cap. Fig. f^. Carnassiere interieure de I'hyene rayee on du Levant. Fi"-. g. Carnassiere interieure d'une.troisienie hyene Ibssile. oi. De la Vision chez ia Taupe. Mcmoire In a CAcademie royale ties Science.'!, le i5 septcnihre 1828; par M. Geoffroy-Saint-Hi- LAIRE. La taupe voit-elle ? Aristote et lous les philosophes grecs la crurent aveiigle. Galien , au conlraire, soutieut que la taupe voit. II airirme qu'elle a lous les inoyens conaus de la vision. De nos jours, la question a ete reprise. Les naturalistes out trouve I'ceil de I'animal. II est trts -petit, tout au plus du volume d'un grain de millet ; sa couleur est d'un noir d'ebene ; 11 est dur au toucher ; on le denrime avec peine en le pressaut entre les doits. Outre la pau- piere qui le recouvre, il est defendu par de longs puils qui, se croii^sant les uns sur les autrcs, foiment un bandeau epulis et serre. Dn parei! cEil doit etre destine a voir. Mais les analomistes ne trou- vaicut pas le nerfoptiqiie. A quoi pourrait servir un ceil depourvu du ncrt'qtii, dans les autres animaux, transmet les sensations vi- suellt's au cerveau? Celle consideration raraena naturellement vers I'opinion d'Arislote et des Grecs , et porta a croire que , mal- gre son ceil, la taupe ne voyait pas; que, par consequent, cet ceil n'etail qu'un point rudimeutaire sans usage. Ccpendant dos experiences directes , tentees a la demande de M. Geoffroy Saint-Hilaire, demontrerenl de la maniere la plus incontestable que la taupe se servait de ses yeux, puisqu'elle se tournait pour eviler les obstacles que Ton placait sur sa route. Mais si la taupe voit, comment se fait-il qu'elle n'ait pas de nerf oplique? M. Serrcs avail pense que ce nerl' etait chez elle supplee parun rameau siiperieur de la ciuquieuiepaire, celuique Ton pent rrgarder commel analogue de la branche ophlalmique de Willis. ( '45 ) Siiivant Al. GcolTroy SaiiU-ilihiirc , ce liansp,,rt il.; fonclioii , sur un nert' qui naturelleiiieiit ii'cal pas (Juaiiiio a la loinplir, n'existe pas. La taupe voit a I'aide d'un ruerf parliculier; inais ce nerf ne pouvant, a cause ile la trop grande extension de I'appa- reil oifaclif, suivre le trajet le long- dtiquel il se rend, dans les autres animaux, aux lubercules quadrijumeaux (lobes obliques de M. Serres), suit une autre direction, et va s'anastomoser au plus pres avec le nerf de la cinquieine paire. L'observalion de certaines monstruosiles fournit des exemples d'anoinalies enlierement analogues. C'est un fait assez connu, dans les sciences, que chaque organe des sens est necessairement pourvu de deux sortes de syslenies nerveux : un nerf special et principal, qui donne et entreticnt la vie de I'appareil , et un autre accessoire. Ces nerfs sont pour I'odo- ral Volfactifet le nasal, pour la vue Voptique et Voplithalmiqae, pour I'ouie Vacoustiqae et la branche da limacon. La taupe possede aussi ses deux nerfs oculaires, le principal et Vacccssoire, c'est-d-direVoptique et Voplithalmique. Car les deux ac- tions nerveuses attribuees i\ ces deux nerfs, etant contraires de direction et pourtant siuiullauees , ne peuvent s'accomplir par une branche unique. Or, cela se trouve ainsi chez la taupe; in- dependanirnent du nerf qui occupe le fond de I'oeil, et que cetle position doit porter a consideier comme nerf optique, il en est un autre qui occupe a son origine un point i!u pourtour du globe ocu- laire; celui-ci semble pro venir d'un lissu niuqueuxou glanduleux, peut-elre meme serl-il d'une veritable glande lacrjmalc. Les deux; nerfs de I'oeil de la taupe sont reufermes dans une gaine commune, dans le mOme nevrileme. 32. 1. REcnERCHES ANATOMiorESsuRDEUxcANAUxqulmettentlacavile du pcritoine en communication avec les corps caverneus chez la Tortueftmelle,elsurleurs analogues chez le Crocodile; par MM. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire et .1. G. JIartin. {Anna!, des Scienc. nat. ; fevr. 1828, p. i53.) 53. IL Note SUR les canaux peritoneaux des Emydes et dd Croco- dile male; par les memes. [Ibidem, pag. 201. ) 3/|. III. Note additiounelle au memoiresurles canaux pebitoneacx de la Tortuc et du Crocodile. [Ibidem, avril 1828, pag. qjy. ) ( i4Q ) 35. IV. Rappout fatt a l'Academie res Sciences; par RIM. Por.xAt, et DuMEr.iL. {Mem. da Museum.; T. XV, pag. 247.) Si Ton examine I'inlerieur du cloaque dii Tcslado tndlcn? i'aiii- mal place dans sa silualion ordinaire, on aperjoit a 1,> partic; in- ierieiirc i'orifice de la vessie, un pen plus haul ct sur les cotes, ies orifices des oviducles , aii-dessus et vers leur partie interne les ori- fices des iireleres; ces diverscs parlies s'ouvrent dans une poche qui s'abonche elle-niGine dans un autre sac oii vienl se rcndre le rectum; une teinte noire ou brunalre distingue la membrane mu- queuse du cana! urclliro sexuel de cello du vestibule, qui est jau- natre, tacbetee de noir, et de ceiic du rectum, qui est rose; des fibres musculaires ferment im large sphincter commuii. D'autres fibres entourcnt separement rorifice urethro-sexuel et le rectum , formant dans I'intervalle qui les sejiare un entrecroisement en 8 de chiffre, a peu pres comme les fibres du diaphragme se com- ponent autour des ouvertures aortique el cesopbagienne. Celte disposition du cloaque des Tortues offre de I'analogie avec cclle que presente le cloaque des Monolremes. Le clitoris est sitae a la partie inferienre du cloaque , pros de son ouverlure exterieure; le gland est pyriforme , adberent par sa base, libre parson sommet, compose d'une substance vasculaire rougeatre, molle, si ce n'est a sa poinle, ou elle forme deux bour- relets plus resistans, blancbatres , en fer a chcval , dont la con- vcxite est tournee vers Ic sommet du clitoris. Les corps caver- neux sont des canaiix etcndus du col de la vessie i la base du gland, le long de la paroi inferienre du vestibule, adosscs en ar- riere, ecarles I'un de I'autre en avant, donl finlerieur, lisse d'a- bord, presente ensuite de pelites stries transversales plus nom- breuses et plus dislinctes, a mesure qu'on les examine plus pros du gland, et une infinite de petits trous qui paraissent des boucbes de vaisseaux sanguins. Leurs parois sunt minces, transparentes ct jaunatres dans leur portion posterieure. Un tissu cellulaire spongieux, jaunTitre, parcouru par des veiues volumineuses qui s'y anaslomosent , remplit I'cspace triangulaire qui separe en avant les corps caverneux; cc tissu se prolonge autour du cot de la vessie. Sur la paroi extcrne de chacun des corps caverneux se trouve ( »47 ) un conduit qui commence dans le ptTiloinc, parun orifice infundi- biliforme , situe ii Tangle ronne par le col de la vcssie et I'ovi- ducte, au moment ou ils se rapprochenl pour s'oiivrir dans le canal urethro-sexuel; il traverse le tissu spongieux qui entoure le col de la vessie; apres le trajet d'un pouce environ, il gagne le corps ca- verneux et I'accompagne jusque aupr^s de sa terminaison, et s'a- bouche dans su cavite t\ cinq lignes environ de la base du gland; on n'apercoit a son oriGce aucune a pparence dvalvule; Tinle- rieur de ce canal est lisse, el la membrane qui le tapisse offre ies caractcres des membranes sereuses; Ies corps caverneux et Ies ca- naux periloneaux peuvent egalement s'injecler d'avant en arriere et d'arriere en avant; et meme une injection fine, poussec dans I'un des quatre canaux , pent refiner par Ies cellules dans Ies (rois aulres; en comprimant le gland injecte au mercure, des globules sent sortis par son extremite, qui a paru aux auteurs etre canali- culee. Ces canaux, a leur orifice peritoneal dans la T. indica? dont Ies oviductes etaient developpeset Ies ovaircs remplis d'ceufs volumineux, etaient tres-petils et a peine visibles; ils elaient au contraire larges dans un individu, que Ies auteurs presument eire une T. radiata?, ayant seulemenl vu Ies vi-ceres et n'ayant sur elle que des renseignemens incomplets, individu dont Ies or- ganes educatcurs elaient d'une extreme pefitesse : dans celte der- niere on voyait a Tinterieur des canaux , pres du gland, quelques rudimens de valvule; et, quelques lignes avant la fin du canal, deux tres-petits trous communiquaicnt d'un pote dans Ies corps caverneux, tandis que de I'aulre ces trous plongeaient dans le llssu erectile du gland ; mais rinjection poussee dans ce dernier, passait comme I'autre dans Ies corps caverneux et dans le tissu spongieux du gland; en le comprimant, I'injection sorlait ici par deux pointes qui signalaient rexislence de deux canaux places symelriqucment sur Ies coles de la ligne mediane. Un Trionyx de petite faille et conserve depuis long-temps dans Palcool, a permis de conslater sur lui I'existence des canaux pe- ritoneaux, mais Ies auteurs n'ont pu Ies injecter completement. Sur un Emys concentrcca [centrata Merr. ) m;lle , I'injection poussee par Ies canaux peritoncaux sorlit en grande quanlite par le cloaque. En injcclant le corps caverneux gauche d'un autre in- divUu, I'onputrcmplir non-5eulcment le corps caverneux oppose ( '-iS ) ♦•t le ti»?ii ciccliU; tin glaiul , m;iis encore les deux canaiix perita- noaiix qui coiuiiiiitiiquaicr.t avcc les corps caverncux par un re- seau, pour ainsi ilire, a maiiles eiroitcs, tandis que, chez lu T. indica, la paroi qui les separe n'oiVrail qii'une ouverUiro, et deux chez la T. radiata [Cliers. calcaruta Merr. ) Sur un Emys Iriju^a, rinjection passa non-seulement des cu- nnux peritoneaux dans les corps cavenieux, mais encore dans les pelits conduits du gland, et en poiissant, avec le manche dii scal- pel, les glohules conteniis dans les canaux peritoneaux, Ton pou- vait a volonle les f'aire enlrer, soit dans les corps caverneux, soil dans les petits conduits du glind, et de la dans la cavite du cloaque;niais les orilices do ces conduits, aii lieu d'etre places vers le sommet de Torgane et pres I'un de I'aulre, coninie dans la T. indica, sont separes et aussi rapproches de la b:ise du clitoris que de son sommet. Deja M. Cuvier a signale {Anal, comp., T. V, p. 1 14), chez les Tortues males, unconduit analogue a celui que 3131. Isidore Geol- froy Saint-Hilaire et Martin ont decrit chez les feinelles, avec celle difterence que, chez eux, le canal peritoneal se prolonge dans I'epaisseur de la verge jusqu'au gland, ou il se termine par un cul-de-sac. sans que ses parois parai^sent percees dans toute son etendue ; c'ost ce que les auteurs rappellent en rcproduisant le passai'e en entier. Dans la femelle du Crocodile [CrocoOilus lu- cius, Cuv. ) les canaux peritoneaux existent , mais ils s'ouvrent directenient dans le cloaque, en dehors de la base du gland, par un orifice entoure d'un petit bourrelct arrondi. Chez un Croco- dile male, envoye des Indes par 31. Duvaucel, les canaux peri- toneaux presentaient la meme disposition generale que chez les feraelles, et allaient de'DOucher dans le cloaqrie de chaque cole et a la base du penis; mais de plus, ils donnaient une branche pres de leur terminaison, laquelle se portait dans les tegumons du p.';- nis et se terminait en cul-de-sac du cote du gland, a (pielquo distance de son originc. Un petit enfoncement represente en ru- diment cetle branche chez la lemelle ; les auteurs en conclucnt que les canaux peritoneaux des Crocodiles et des Tortues so di- visent a leur exlremite en deux branches, dont i'une s'ouvre dans le cloaque et dont Taulre se porte aux corps caverneux, mais que dans le Crocodile cettc second*? branche se termini en ( '49 ) ciii-de-snc. Les rai>porleiirs n'onl pu vci ifier lous les resultals qui pouiianl leiir on I paru exacts. 56. Note siiR DEUX EjPECEs' DE ToRTUES Du CESRE Trionyx ; par M. C. A. Lesi'eiir. [Mem. du Museum; T. XV, p. uSj.) 1. Trionyx splvifcrus Lesuoiir. {Tesludo ferox Gm. Torltie de Pennaal? Trionyx georgicus Geoff. ?) Car. fpcc. Vn raiij^ de poinfes cartilnginouses coniqucs sur le bord anttrienr du disqiie, dos tiilierculos deprimes et qiielqnefois pointiis sur la pailie antericure et sur la partie poslcrieure inolle du disque; ligne niediane du dos sensiblemcnt plus cleveequeles cotes du disque osscux; cettc ligne inediaue forme uue esnoce de carene obtuse. I.ong'ucur i5 po. , largeur lo, epaisscur i ; corps cllipsoide , cloison des narlues ayaut de chaque cole un appendice qui se diilaehe sur le fond obscur de I'interieur des tubes; les bords du disque ct du plastron sent disliucts du col, Inrsque celui-ci est allonge; la queue depasse le bord du disque; le disque osseux est compose de 8 paires de plaques elroites, la paire anterieure se- parte. Les pieces du plastron sont au nombre de 7 , (l{:ux grandes pcctorales, 2 ventrales, 5 collaires, separees dans les jeunes sujefs. La couleur gcnerale du dos, de la tete, du dcssus du col et dos membrcs est d'une teinte de terre d'ombre j)lus ou moins foncec, un pen jauiiatre et marbree dc Indies irr;'guiieres et par- scmee de points noirs. Le bord du disque est d'un jaune plus clair, sepnre de la teinte generale par une bande noire inlerrom- puc, qui en suit le contour; le dessus des pattes el de la queue est jaune, parseme de laches et de lignes noires sur les cotes de la iCte; derriere lesoreilles, est une bande jaune entrc deux bandes noires qui sc conlinuenl jusqa'au bout du museau en se retrecis- sant; le dessus du corps est d'un beau blanc et le dessousdes patlts d'lm bleu leger, la membrane est jaune, bordce de plaques osseu- scs , d'une couleur rosee. Hab. le Wabash. Var. tt. T. oeellaius? Cclie variete offre le? meuies formes el la meuic couleur "o- ( .50 ) neralc que ia precedente ; on voit siir son disfjue, des laches noirea, arrondies, de 2 a 4 ligncs de diameUe. a. Trionyx mutlcns Lesueiir. Car. specif. Bord aiilerieur du disque sans opines et se con- fondant avec le col , qnand cclui-ci est tendu ; point de tubercules , point de carene, mais une depression longitudinale qui rend sen- sible I'elevalion dn disque de chaque cote , plaques anterieures soudees. Longueur du corps, 7 po. 3 lignes, largeur a po. 3 lignes, le col est moins long proportiininellement que dans le T. splniferas ; les mruhoires sont plus elroites etplus pointues, le disque osscux a 4 po. 8 lig. de longueur, 5 po. de largeur ; la queue, tres-courte, depasse a peine le bord du disque. La couleur generale de la lete, du col, du disque ct des membres est de terre d'ombre, semee de nombreuses taclies irregulieres plus foncees; membranes des patles bordees de jaune, dessous du corps blanc, dessous des paltes bleuatre, ainsi que ie plastron osseux. Ilab. meme localite que la prdcedente. L'auteur ayant fait quelque stjour a New-Harmony a etc a meme de voir un certain nombre d'individus de ces deux especes k differens degres de leur developpement ; ainsi il a pu s'assurcr que les caracteres specifiques qui leur sont allribues sont conslans et ne tlennent pas a une difference d'age. Dans une lellre, dont I'extrait est joint au memoire que nous avons analyse, M. Lesueur signale deux Emydes qu'il croit con- stiluerdes esjieces nouvelies: I'une est voisine de VEmys gcogra- p/um Lesueur; Taulre se rapproche de la Tortue ruguense que l'auteur a envoyee de Pbiladtlpbie; cufin il parle aussi d'uue Tor- tue a boile Ires-bombee sans carene, h bords arrondis. 37. Description de tkois nouvelles espiices de Tortles de terre; par Tb. Bell. {Zoological Journal; n° XI, p. 4>9-) 1° Testudo aciinodes. T. scutis dorsallbas elcvatis, nigris, luteo- radiatis;scutoanticomarginali imparl nulla. Hab. in^Africa. Long. 8 po. 5 lig., circonference i6pouces. 2' Test, tentoria. T. scutis dorsalibus conicis, acutis, 7iigris, liitco- radiatis; scuto marginali antico imparl. Hab. in Africa? Long. 4 ( »5' ) po. 3 lig., Iiirgour 3 po. 3 lig,, hauleur 2 po. (i lig., cirConfercncc 9 po. 4 lig. 3° Test, panlalis. T. testa flavescente , nigro inaculatd y senior am coslalium arcoUs prope margiiiem superiorem positis, scuto marginali antico nidlo. Hub. in prmpont. Bonaj Spei. L'luileuren possede un inclividu vivnnt. Aprts la T. indica, c'est I'espcce la plus grande de Torliies lerreslrcs. Long, en ligne droite, 1 pied 5 polices, largrur 1 1 po., hauteur 8 p. 5 lig., long, du ster- num 1 pied 5 po., circonference 2 pieds 8 peaces. 38. NoTJVEAr GENBE ct cspeccs inedites ou peu connues de Pois- ?ons; par R. -P. Lesson. {Mem. de la Soc. d'liist. nal. de Paris , lorn. IV, p. 397.) Iclilyoplus, genre nouveau : pinnm absolute nullce ; corpus cy- Undricum, serpcntiforme , oculi cute communi tecti ; splralia duo ovalia taleratiaque; denies aculi. — Iclit. tigrinus; long de 24 pouc. , hab. les bancs de recifs et de coraux des ilcs de la Societe. Jails quadricolor } B. 5; D. 7^; P. i5; cat. 6; A. — ; C. 16, long, de 8 pouces sur 2^ pouc. de larg,, nomme pao par les insulaires de Taiti. Remarquable par la rare elegance de sa vesliture. Julis maculala; P. 12; cat. 16; D. ^•, k. -h; C. \\, long de 3 a 4 pouces; ecu!, gencralo bleuatre, habit. Pile d'Oualan. Julis semi-dccorata; B. 6; D. J^; P. i3 ; cat. 6; A. ~ , C 12, hab. les niers de I'lIe-de-France. Julis cris; P. 16; D. -^; A. f^; cat. 5; C. 12, lete violulre, a bandcs aurores, dos d'uii vert bleuatre, deux bandes oran- gees longiludinales sur lo corps; nageoires jaunes, avec laches ct rebords bruns, long, pres dc 4 pouc, hab. les rocil's de I'ile d'Oualan. Cirrhiles pantlierinus Hum.; — Crenilabrus croceus [Labrus hirsutus , rubro-Uneatus , macrourus Lacp.). Diacopc macolor Cuv. Hippocampus abdominalis : differc de I'lL foliatus par I'ab- sence d'appendices, hnbite I'immense bale Marion. ( i50 39. NotvEAD GENRE de la famillc des Charancons de la division dos Cryplorynchides; par MM. J. Delaporte et Brvlie. {Mdm. de la Soc. d'hist. nat, dc Paris, torn. IV, p. 197.) Ce iiouveau genre iiomme Gastcrocercus se distingue prin- cipalcnnenl du Cryptorynclius Lapalld, en ce que ies niandiliules triangulaire?, et avec Irois ou quaire denleiures internes dans celui-ci, sont terminces en cuiller, et sans dents dans celui-la. 11 doit elre place cntre le Cam pt or Ian us et le Cmlosternus de Schoenherr. [Curcal. disp. melli.)l G. Dtimcrilii : long. 2-5 lignes, larg. '-- ' , trouve sur du bois de chene, a la foret de Compiegne, et au bois de Boulogne, ressembiant par le port aux antribes. (Collection Dcjean, sous le noin de Cryptorynclitts oblltus.) G. Dcjanii; long. 4 lioi-j I'Tt'S- 2, colleclion Dejean, sous le jiom de Crypt, lettcoplutus , originaire du Bresil. G. Latrcillii ; long. 3 lign- ;; larg. 1 ;, orig. du Bresil. (Colleclion Dejean, sous le nom de Crypt, latirostris.) 4o.Themisto, nouveau genrede Crustaces; par A.-F.-E. Gderin. {Mem. de la Soc. dhist. nat. de Paris, torn. IV, p. 379.) Ce genre dilTere du genre Hyperie, parce que dans celui-ci toutes Ies pattes sont a peu pres de la meme longueur, que Ies antennes inferieures ne sont pas plus longues que Ies su- perieures, et que le corps est moins allonge; tandis que dans le genre Theraisto, la 3* et la 4° paire de pattes sont plus longues que Ies aulres, que Ies antennes superieures sont plus courlcs que Ies inferieures. Ce genre se distingue du genre phrosine, tel que M. Risso I'a decrit nouvellement , parce que Ics antennes de la phrosine sont peu apparenles, et que la tete est prolongee inferieurement en un rostre portant Ies parlies de la bouche. Les premieres differences snnt-elles suffisantes pour se- parer le genre themisto de Thyperie? Tfi. Gaiidichaudii; long de 9 lign., hab. les cotes des ilcs Malouines. Cetle espece est fignrce dans le memoire, avec tous ses details au trail. La figure 6 de la planche IV de cetle livraison dc9 y4]inales la represcnte grossie a la loupe. 41. KATn;r,E-CniCHTE DeUTSCHER LanDUND Sl'SSWASSEB MOLEUS- RES, etc. Ilistuirc nalurelle des moilusques terreslres el fluvia- ( i55 ) tiles de rAIloiiiagne; par €h. Pfeiffeu, S' part., gr. in-4% yill — 84 pag. avec 8 pi. color. Weimar, 1828: Comploir dc I'industrie. 42. Les Beroides, nouvelle faiiiille dans I'ordre des acalephcs libres; par 31. Rang. [Mem. de laSoc. cCliist. nat. de Paris, torn. IV, p. 166. ) « Caract. dcfamille : organeslocomoteors composes de oils , ran- ges a la suite de? uns des autres snr des cotes longiludinales; line, seiile cavite profnnde el verticale ; ouverture principale infe- rienre. » Cetle nouvelle famille, fonnee sintout sur les organes Cilit's, comprend les genres Beroe, les Callianires de Peron et les Ce-lesdeLesueiir; raiiteury joint deux ant res genres nouveaux -.Al- cinoc et Ocyroc. — Alcinoc : corps cylindrique verlioal, gelalineux, transparent, muni de lobes nataloires vcrticaux, libres a la base et sur les cotes seulement, el de cotes ciliees dont une parlie est ca- chee sous les lobes ; quatre bras egalemenl cilies environnent I'ou- verlure. — Alcinoc vermkutee: longueur, deux h quatre pouces, ha- bile les cotes du Bresil en mai et avril.^ — Ocyroe : corps vertical, cylindrique, gelalineux, transparent, muni superieurenient de deux lobes laleraux , musculoso-mendiraneux, bifides , epais , larges et garnis de deux coles ciliees chacune ; deux aulres coles cilic^es se rcniarquent sur les bords entre les lobes; I'ouverture est environnee de quatre bras egalement munis de ciis. — Ocyroc cris- taUine ( trois pouces ). — O, brune ( six a huit pouces). — O, ta- cliie (dix a quatorze pouces); Irois especes nouvelles bien voi- sines Tune de I'aulre, trouvees , la premiere, dans I'Ocean equa- torial; la seconde , pres du cap Vert; la troisieme, aux Anlilles, de mars en juin. Le memoire est accompagne de dc;ix jolies plan- ches. Note du redacleur. Nous invilons les naluralisles voyageurs a s'assurer, d'une manierecomjiarative, do I'analogie que nous soup- connons exister entre les oils des Beroides et les cils illusoires des microscopiqiies, que nous croyons avoir demontre n'elre que de? phenomenes d'expiration. Les cotes ne seraient-elles pas aussi des canaux vasculaires ? L'une de ces deux idees est la consequence de Tautre. (Voir a ce sujet la seconde partie da memoire sur I'alcyo- mile, torn. IV, des Man. de la Soc. d'/iist. nat. dc Paris, p. iji.) ( i5.1 ) 43. NotivEtLE ESPECE D'ovtLEilc rOc'cnii atlaiUiqiic ; par M. Du- CLOS. ( Mem. de la Soc. d'hisl. iiat. de Paris , loin. IV. , p. 248. ) O. testa ovnto-oOloiigd , hi flat a, alba, ulrinquc sabrosirata , stria- ta, rubra punctata; labro marginato, columella, anierius concavd. ( Longue de sept millim. — Ilab. I'ilc Bouibon. ) NOUVELLES SCIENTIFIQUES. Agriculture. — M. Bosc (Louis-Auguslin-Guillauine) a lalsse par sa mort deux places vacantes, comme membn; de I'Acade- tnie des Sciences et professeur d'agriculture an Museum. II a eu pour successeurs, M. Flourens, dans la premiere, et dans la se- conde W. Mirbel, membre de I'Academie des Sciences. Nous al- iens examiner, 1° si ces deux elections ont ete conformes aux reglemcns et aux usages deja etablis par les nrecedens ; 2° dans le cas de la negative, si I'exception est susceptible d'etre legiti- mee par les motifs qui I'auraient diclee. 1°. L'Academie des Sciences, en vertu de ses re glemens fondamentaux, est diviseeen plusieurs sections representant cba- cune una branchc de nos connaissances : agriculture , botanique, 'zoologie, astronomic, physique etchimie, mineralogie et geolo- gic, medecine , mecanique. Lorsqu'un membre vient a deceder, la section dont il faisait partie est convoqiiee, t\ reffet de presen- ter une lisle de candidals, a qui la nature et le merile de leurs travaux aient donnc le droit de pretendre i la place vacante. C'est d'apres cette liste que TAcademie reunie se prononce, par •voie de scrutin, sur le choix qu'elie a i faire. Aprcs la mort de M. Bosc, membre de la section d'agriculture , la majorite de I'Academie manilesta, d'abord d'une maniere vague , et bientut ouvertemcnt, la resolution de ne plus remplacer les agronomes par des agronomes. La section d'agriculture, considerant moins I'insulte qu'on semblait lui faire que riilegalitc d'une semblable inesure, representa liautemeut que I'Academie allait manquer a ce qu'elie devait au goiivernement qui la consulte et a la France dont elle est chargee d'eclairer les interels, si elle ddrogeait, alors qu'il s'agit de I'art qui nous fait vivre, aux regies sacrees de son institution. Ses remoutrances paraissant inutiles, elle chercha a faire des concessions, en placant sur la liste des candidats des ( >-^>5 ) hommcs qui , elrangers i rcconomic agricole, s'etaient d.i moins occupes de divers points qui semblaient s'y rattacher : on paria dc M. Auguste Suint-Hilaire conime botaniste, do M. Diitro- chet cominc pl.ysiologiste , do M. Hachclte comme professeur demi-caniquc, etc. Mais toiil fut inutile, ct Ic jour des eleclions, la maiorile se prononca pour M. Flourens. M. Flourens est absolu- ment etranger a I'agriculture; il s'esl occupe exclusivement des rapports qui existent entre ramputation de cerlaines portions du cerveau des animanx, et les mouvemens qui en sent la conse- quence. , Les membres du Museum avaient depuis long-temps precede I'Academie par una semblable nomination. Le corps de M. Bosc n'etait point encore sorti du Museum, et les membres du Museum avaient deja nomme M. filirbel, avant qu'aucun candidat eCit eu le temps de se mettre sur les rangs. L'Institut conHrma cette election, et le ministre nomma M. Mir- bel a la place vacante de professeur d'agriculture. Le decret d'organisation du Museum d'histoire nati .' lie porte qu'il existera, dans cet etablissement, un professeur capable d'en- seigner la grande comme la petite culture. M. Bosc occupait de- pui°s trois ans ce poste qu'avait illustre M. Tbouin; tout, dans Ic Jardin des Prantes , jusqu'a ces greffes bizarrement elegantes, ve- ritables tours de force d'horliculture, atleste assez que I'agricul- ture n'avait point demerite, et n'etait point restce en arriere pendant la longue administration de I'eleve de Buffon. M. Mirb? Bira-t-on qu'un nelrouvait, sur la liste des sollici- leurs, aucun candidal qui ollVit plus de garanties que ceux qu'on a nommesPIi est vrai que, d'apres ses precedcns, rAcadeuiic ne nomme que dts candidats qui soUicitent la gloire d'etre nommc.^. Mais, puisqu'il s'agissait de faire des exceptions, pourquoi n'en faisait-on pas une plus ulile, en nommant des hommes que I'in- ( >58 ) dependance de leiir fortune ct dc leur caractere rend incapables de solliciter? Un Malhieu de Doinbasle, qui cree a lloville une academiti d'ngricultBur.s, et qui passe chaque jour avec lant de siu-ces de la charrue i la chaire et de la chaire a la charrue, n'eftt- il pas honore le fautcuil academique et la chaiie du Mtiseiim ? IJn agricLdteur ne sollicltc guere; et une academie qui prend I'en- gagement de ne nommer que ceux qui soliicilent, s'expose i\ n'ad- mettre tut ou lard dans son sein que des solliciteurs. II ne faut pas se le dissimuler, un cri general s'est fait entendre conlre la tendance qu'a manifes'iee I'Academie par cetle double nomination. On voyail depuis long-temps a regret, que les fonds leguespar I'inepuisable et rimmortelle bienfaisance de M. deMon- tyon, si souvent consacres a recompenser des theories eans ex- periences, et des dissections faciles et incompletes d'un systeme animal, n'aient jamais apporle le moindru encouragement a la pratique agiicole; aujourd hui il senible evidemment prouve que I'Academie et le Museum, en depit de leiirs reglemens , onl 'pris la resolution de releguer dans la classe des arts mcrcenaires le grand art tjui nous donne du pain. NOTE MYCOLOGIQCE StR LA FLEUR DE TANNEE. M. Tournon, auteur de la Flore de Toulouse, nous a adresse des fi])servations qu'il a eu occasion de faire sur une fongosite que Marchant [Mem. de I' Acad, des Sciences , 1727 » p- 556 — 558) avait decrile sous le nom Ac Spongia fugax, mollis, jlava et amoena, in pulvere Coriario nascens. « Pendant le premier jour de B la naissance de notre vegetation, disait Marchant, elle parait » fort agreable a la vue, legere et comme fleurie , lorsque les » portions de gazon qu'elle forme s'etendcnt circulairement en » facon de lubes jusqu a dix ou douze pouces de diamelre. Mais » si, par has;u'd, elie se trouve nailre en un lieu expose aa midi » (ce qui lui est favorable pour sa production et non pour sa du- » ree) , les rayons du sokil la i-esoudent , des le second jour, en » une liqueur blanc-jaunfitre, laquelle, en pen de temps, se >) condense el se convertit entierement en une croOle soche , » epaisse d'environ deux ligncs. La vcgelation ayant ensuite dis- » paru , on trouve qiielques jours apres, sous cette croOte , une » couchc ou lit de poussiere noire tres-fine, qui a assez de rap- ( '59 ) t> porl a la poussierc qu'on dccouvrc dans les lycopcrdon, et qui n ici pourrait otre de la tannce dissoiitc, puis dessecbee, ctcnfin » couvertie en uii'i cspece de Icneau icduit en poudie iiiipal- 1) paljlc. » M. rournou decrit syslematiqucment cclte production , de la maniere suivanle : Lycoperdon fulvum, flcur de tannce. L. acaule ovoidcam^ loiU fulvum, fragrans. {Uab. in putvcre Coriario, la;tannee. ) Co cliampignon se presente d'abord comnoe una pcllicule blclncbe, puis comme un brin de choufleur; ses raamelons sa- frautJs se reuni;sent en une forme ovoide composee d'une peau mince, blanche et saupoudree d'une substance granulee, fauve, fragile; I'interieur de la fleur de tannce est plein d'une poussiere couleur de cafe torrofic et moulu, Un amateur de botanique ayant dit a M. Tournon que VAgari- cusEryngii venait facilement sur la tannec, I'auteur en fit apporter dans son cabinet une quantite suffisante qu'il arrosa, et qui , au lieu dc VAgaricus Erjiigii^, lui produisit le Lycoperdon fulvum. Nous pensons que celte fongosite, qu'on observe frequemment sur la lannee de nos serres, se rapporte moins au genre Lycoper- don qu'au genre Spumarla de Bulliard, qui, du resfe, est assez Toisin du premier. La figure de Marchant, comme toutes celles qui a[)parliennent a I'enfance de la mycologie, ne represente en noir que ce que Ton voit a I'oeil nu. II serait a desirer qu'on nous en donnut une coloriee et accompagnee de details analytiques grossis au microscope. ACADEMIE DES SCIENCES DE PARIS. Seance du 5 Janvier 1829. — M. Bunten presente a i'Academie une brochure sur un thermometre borizonlal de son invention. — M. Lal)illardiere fait un rapport sur un memoire de M. Fee, intitule : Monograpliie du genre Cluodeclon. — A quatre heures , I'Academie se forme en comite secret pour s'occuper des modifi- cations a iipporter aux usages jusqu'ici suivis, pour la di'itribu- tion de ceux des prix Monthyon qu'elle est chargee de deccrner. 12 Janvier.- — M. M... adresse a I'Academie une letlre dans la- quelle il fait connaitre les observations faites, dans le cours de I'annee dernierc, par M. Ic docleur Pages, medecin a Viana en ( 'Go ) Navarru (Espagne). Le docteur Pages a observe plusicurs cas Ac fievres jaunes sporatliqucs dans la ville qu'il habile, siluee dans les monlagnes a plus dc quaranie lieties de I'Ocean, et dont los habilaiis iie sont adonnes a auciin commerce maritime. Cetle maladie ne s'est jamais montree sporadiqiie. Una epidemic de pelite verole s'est manifestee chez les vaccines comme chez les non-vaccines; lui-meme en a et6 atteint, quoiqu'il ait etc vaccine avec beauconp de succes dans son enfance. L'opinion du doctenr Pag6s n'en est pas mnins favorable a la pratique de la vaccine. — M. Caucby lit deux memoires intitnles, le premier : Sur' le mourement d'ltn systcmc de molecules c/iu a'attirent et se repoussent d de tres-peiites disUinces , et sur la tlicorie de la lumicre ; le se- cond, Demonstration analyiique d'ane loi dicouvcrte par M. Savart , ft relatifd la ribration des corps sonores. — A quatre heures , I'Aca- demie continue de s'occuper, en coniite secret, de la discussion commencee dans la seance precedente. ig Jam. — M. Damoiseau presenle des tables de la Lune, calcuU'es d'apres la theorie de {'attraction. M. Cordier annonce que M. Renaud de Viibac vient de du- couvrir pres de Vigan, di'partement du Gard, une grolte conte- nant des ossemens fossiles. Cette grotte est au haut de la mon- lagne de Fessonne, entre le calcaire magnesien et le lias, i\ en- viron 5oo metres an-dessus de la mer. M. Cbevreul fait un rapport sur nn memoire de M. Serullas , nyant pour titre, De faction de Cacide sulfurique sur I'alcool, et des produits qui en resultcnt. Les recherches de M. Serullas s'ac- cordent avec celles de M. Hennel, thimiste anglais, el sont contradictoires avec celles de MM. Dumas et Bonllay. M. ISavier fait un rapport sur un bateau invenle par M. Li- vani. Ce bateau n'a pas encore etc execute. M. Puissant fail un rapport dcfavorable sur' un instrument de geodesie presente par M. Jomard. M. Mongez commence la lecture d'ua memoire intitule : Re- cherches sur les' animaux promenes ou lues clans les cirques , chrz les peuptes anciens. M. Kiffault presente des porte-feuilles contenant une grande qnantite de dessins, fails pendant 20 ans de sejour dans le Levant. Ann . ., tt Ort = O'rt =r OB — Brt = r -f « — 0-. Cela pose , nonimons p la force avec laquelle le point rt est pousse vers O , en vertu de la difference d'aclion de la sphere O'a et de la couche Aa ; on aura, toute reduction faite. Taction .^tant considtMee comme positive, quand elle lend i rap- procher le point a du centre de la sphere OA. ( '02 ) Oiiand 0) est petit par rapport A ii, Ics opaisscurs e cl a. soiit pcliles^relalivcment a r, et I'on pent negligtir lenrs puissances siiperieiires, aitisi (pie les produils dc w par c tt par a. Alurs il "vicnt p =z } 7r m g I w »• — 5 11 <> — 5 n a | . Mais en developpant lYpaisseur de la conche lotale c, dont Tex- pres>ion rigourense est doiinee an n° 20, et se bornant a ia pre- luierc puissance deJ pelites quaiilites, on tronve Cfd r := 5 il e , d'oU' ^'1 subslituant et reduisant, p z=. l^yr m g ila., (^'psl-a-dire que ruction directe de toiite la maiicrc repulsive , si/r tin point quelconque de la couclie formie aiitour d'unc sphere , est scn- sibtement propovtionnelle a la profondcav de ce point an-dcssuus dc la surface exterieurc de la conche, et est dirigce vers le centre de la sphere ' 24. II serait extremrnient difTuile de deniontrer aiialyliqiie- ment la generalite de ce rcirultat. On y parvient au moyen de la demonstration syalbetique qii'on va exposer (/;/. V, fig. 1). Supposons que Ton veuille determiner Taction de loule la itia- liere repulsive, sur le point a place dans rinlerieiir dc la couche qui enveloppe le corps AB, de forme et de dimensions quelcon- ques. Celte action est, en general, oblique a la surface de ce corps ; mais ne considerons ici que la composante de cette action, dirigee suivant la normale AB. Celte composante ayant pour re- sultat de pousser le point a vers la surface du corps, regardons comme positives les forces qui agissent dans cetle direction , et commc negatives celles qui agissent en sens inverse. Par le point A', oi'i la normale AB perce la surface exterieure de la coucbe , menons une autre surl'ace A'B' synietrique par rap- port a la premiere. Toule la matiere repulsive, placee a I'exleiieur de ces deux surfaces, n'aura evidenunent ancune action sur le point A'; et , a cause du peu d'epaisseur de ia couche. Taction de la meme matiere exterieure sera nulle, a tres-peu pres , sur tous les points dc AA', sur le point a par exemple. II ne restera i ( '^^" ) (lone |>lus a con>idcier que raolioii , sur ce dernier point, du vnlmiie A'B' a la deiisile &>, el de la couche a la dcnsile n. Par les points A et a, menons des plans perpeiuliculaires a la normale AB. La couche entiere sera, de celle maniere, paiiaTee en trois parties; la premiere est un petit segment a une base, et que nous designcrons simplement par sa fleuheaA'; la seconde est un segment a deux bases, ou une tranche, que nous desi- gncrons par son epaisseur a A; enfin la Iroisieme est un grand segment , qui complete la couche , et que nous designerons par AB. Cela pose, nommons — R , la repulsion du grand segment AB j — R' , la repulsion de la tranch.e nX f *"^ ' — R" , ia repulsion du petit segment a\'^ Pf*,"" -f- R'", la repulsion du volume A'iJ' J ' et par analogic, — ?•, la repulsion du grand segment AB ] — )•', la repulsion de la tranche a\ f '"'| 'e -j- '■"•. hi repulsion du petit segiuenl r(A'^ pomt -j- r"', la repulsion du volume A'B' j "• D'apres les principes donnes sur requi!il)re de la matiere repul- sive, le point A', place a la surface exterieure de la couche, fst egalement repousse duns tons les sens ; c'est-a-dire que la soinuie des forces qui agissent sur ce meme point, prises chacune avec son signe, est egale a zero : done _ R _ R' _ R" _|_ RW __ ^ Qu;int a la resnltante de toutes les forces qui agissent sur Ic poiiil a, en la desiguanl toujours par/), elle sera /? = — r — r' + r" -|- r'^^. II est evident que, vii la grandeur du volume A'B' et celle du segmunl AB, relativement a la ligne a\' , leurs actions seront ies memes surles poinls act A', c'est-a-dire que Ton peut ecrire ?•:= Ret r'^' =.1^"^; ce qui change I'equalion precedente en celle-ci, /- =z — R — r' -f- r" -f R"' ; ( »f54 ) ct, i\ cause de la premiere equation, /? = —»-' + r" 4- 11' -I- R". Ensuite Taction du petit segment nA.' est, ;'i tres-pen pres, la ineme, sur les points a ct A', parce que I'epaisseur aA' demcure constante jusqu'a une distance as-sez eloignee de la norniaie. On pourra done cciire r" =: R"; et puitant, /) = — r' + R' 4- 2 R". Reste a trouver les valeurs de r", de R' et de R". On desi- gnera, comme au numero precedent, la masse du point a (ou du point A') par w; la repulsion de deux unites de masse a I'unitc de distance, par g; I'epaisseur AA' de la couche, par e ; enfin pur a, la ligne aA', en sorle que aX j=: e — a. Maintenant, Taction de la tranche aA, sur le point a, sera sen- siblement la meme que Taction du segment d'une couche spheii- que, de tres-grandes dimensions, dout l,i fleche serait aA. On con- coit done Texistence d'uue couche splierique , ayant pour epais- seur e — a, et telle que son action, sur le point a, soit precJsement egale ii celie de la tranche «A , sur le meme point. L'iiction de celte couche , dout Ic centre est quelque part sur le prolongp- inent de la normale AB, sera imlle sur le point A situe dans son interieur, taudis que sur le point a elle aura pour expression ^ 71 m g a {e — a,), le rayon de la couche ayant disparu de lui- meme. Or, si Taction de la coucbe entiere, sur le point A, est nulle, c'est parce que Taction de son grand segment est justement €gale a Taction de son petit segment, qui coincide en partie avec la tranche a\; n)ais Taction de ce petit segment, ou de cette tranche, sur le point A, est la meme que sur le point a : done Tune et Tautre de ces actions sera la moite de Taction de toute la couche, c'est-a-dire qu'on aura r' =z 2 TT 7n g a {f — a.). Par un raisonnement semblable, on prouverait que Taclion du petit segment aA', sur le point A', est exprimee par R" z:z 7. Tf m g a cc. ( .05 ) Qu;inl ;i I'iiction de la traiithc aA, siir le point A', ellc Sfi.i I.n tliflerence entre ruction dii segment total dont I'epaisseur e'>{. AA', €t I'action du segment particl a A'. La premiere est 2 yr 7n g u e, la seconde ^Trmgacf., et leiir difference, R' =: 2 7rmgLl(e — a). Le.« vaieurs ci-desjU3 de r', R' el R" etant niises daus telle d*". ,-), la ehaiigeiit, reduction faite, en p = [\-7T mgHc/., comme dans le cas d'nne sphere, nu mero precedent. Done quelle qu« soit la forme du corps plongc dans I' ether, an point quelconque, situt dans I'interiear de la coaclie qui I'cnvironne, est repousse, suivant la normaie, du dehors en dedans, proportionnellement d la quantlte dont ce point est enfonce au-dessous de la surface exterieure de la couclie. 25. Ce resultat n'est vrai, loutefois, que relnlivemont aux por- tions de la coiiche, qui sont eloignees des points singulicrs que pounait offrir la surface du corps plonge dans la uiatiere repul- sive. II n'en serait point ainsi, par exemple, sur une arete, sur une pointe, au contact de deux corps, etc.; et dans chacun de oes derniers cas, il faudrait determiner Taction de I'ether sur un point de la coiiche, d'une maniere paiticulifere, comme nous le ferons par la suite, dans un ens special. Par la meme raison, la conse- quence que nous allons lirer, au numero suivant, ne s'aDi)!ique qii'aux portions regulieres de la surface du corps plonge dans I'e- thtr. 26. Apres avoir vu qu'il se forme, aiitour des atomes de ma- litre inerte, des couches de matiere repulsive, etque les differens points de ces couches sont repousses, du dehors en dedans, avec une force d'autant plus grande qu'ils se trouvent plus enfoncs dans ces couches, i! resle a determiner lei pressions qui en resul- lent, toujours dans la direction de la noruiale. L'aution direele sur le point ?/» etant representee par p =1,^ ^ n> g P.sc, U faut maiutenant connlderer ce point comma uii« Irandit ulii- ( iGG ) mentaire d'mi petil canal cylincliique, dont I'axe se confond avec la normaie; prendre la section (ransversale de ce cyiiodre pour relement ds de la surface du corps, et desig:ner I'epaisseur dc la sinface par da ; de telle sorte que la masse rn aura pour expres- sion m =: Q dsda.; et I'iiclion excrete sur cede inasse deviendra p =z l^TT g ii^ ds. c/.da.. Cela pose, la premiere tranche du canal cylindrique, placee a la surface exterieure de la couche, presse la seconde tranche ; celle- ci presse la troisifeme, en verlu de I'aclion direcle et a distance qu'elle eprouve de toule la masse etheree, et de I'aclion que lui communique la premiere. La qualrieme tranche est pressee par toutes les actions exercees sur les trois precedenles, et ainsi de suite, ju.squ'a la tranche abaissee, au-dessous de la surface, de la qiianlile c. La prcssion subie par cette derniere tranche s'ob^ tiendra done en prenant la somme de toules h'S actions eiemen- taires /;, depuis <« =: o jusqu'a ol , c'est-i-dire en integrant I'equa- tion precedente, entre ces iimites, par rapport a hi variable sc. Si Ton designe cette iutegrale definie par P, il viendra P = 27rgD^a.*ds; ce qui veul dire que la pression est proporiionnclle cm carre de la distance da poiiit que Von considered d la surface exterieure de la couche. 37. A la surface meme du corps plonge dans la maliere repul- sive, la pression serait P =r ■XTrgLtc-ds, en designant par e I'epaisseur totale de la couche, avi point que )'on considere. Et si Ton voulait determiner la pression totale exercee sur ia surface du corps, il faudrait n>cttre dans I'expression prece- dente la valeur de e en fonclion des coordonnecs de cette sur- ( -C; ) face, puis iiitegrer par rapport a son olemeul differenliel ih. D:ins le cas d'mie sphere d'uu rayon r, on a sensiblemenl c ^— ^ pour I'cpaisseur de la couche en cliaque point, ets = 47r r' pour la surface, ce qui donne pour la pression totale que cctte dernifere sujiporle 1 77-' g6) '■.*', pression proporlionnelle a la quatrieme puissanre du rayon. 28. Les pressions que supportent les differens points d'line couche de matiere repulsive ne pcuvent pas etre assiniilees aiix pressions des liquides et des gaz. Ici , les molecules sont maintenues a distance les unes des autres, et jouissent dune niobilite que Ton pent supposer indefinie. Dans les couches de nialiere repulsive, au contraire , les molecules se toncheiil im- niedialenient, et eprouvent plus ou nioins de difllcultes a se mouvoiren une direction determinee. Dans les fluides elasliques, la pression est egale tout autour d'un meme point ; dans les cou- ches etherees, ces pressions pen vent Ctre fort di verses suivant les rayons lires d'un centre commun. Dans les uns, Ja lorme des molecuh's n'influe en rien sur la loi des pressions; dans les autres, cetle loi pent varier iudefmiment avec la figure des molecules. Que Ton se represente, par exemple, des atonies cuhiques, poses les uns sur les autres; la pression que I'on appliquera a la (ace superieure du systerae , se propagera jusqu'ii la face iuforieure; mais les atomes situes sur les f.ices laterales de ce systeme u'au- ront, ou pourront n'avoir aucune tendance a s'echapper suivant les perpendiculaires a ces faces laterales; de telle sorte que la pression se transniellra dans une direction delerminee, et sera nulle dans tonte autre direction. De la forme cubique a la forme spherique, il existe un uombre-itifiui do configurations d'alomes. qui toutcs donneraient des lois differenlcs pour la propagation dps pressions. iMais, quelle que soit la forme des molecules ethe- rees , on pent considerer les pressions que ces dernieres eprou- vent, a I'etat de couches el suivant les normales, comme les sommes de toutes les actions exercecs dej)uis les surfaces ex- terieures des couches, jusqu'aux points que Ton considere eu dedans de ces surfaces; et concevoir que les atomi s qui sc com- ( 'G8 ) miiniquent leiirs pressions, se Iroiivent maiiilcnii? Jans dps ca- naux i parois fixes; de telle sorte que les pressions siiivaiit ies normales, ou les axes de ccs canaiix, ne se trouveiit point alte- recs, d'une maniere sensible, paries pressions p(;rpendiculaires ou laterales qui pen vent y exisler, et dont il ne fant point tenir coiiipte pour le moment. Ainsi I'element m, du n" nCt, que nous avons pris pour line des tranches transversaies du canal AA' {pi. 5, /ig. i), et dont la masse a ete exprimee par a ds da. . est represenle en grand par la portion ADCE de la fig. 3; AD e.'t sa base ds , AE son epaisseur da,; et toutes les molecules elherees, com- pri»cs dans cette tranche ADCE, sont censees eprouvcr la meme action de tout Tensemble du syslerae, vu que AE ou da. est tres- petit relativement a I'epaisseiir totale AA' de la couche, et AD «ju ds tres-petit par rapport i\ la surface entiere de cette couche. 29. Pour nous faire une idee de I'exaclitude du resultat ob- tenu au n° 24 » examinons le cas de deux plans paralleles et infinis AD, BE, sur lesquels se sont formees les couches ADA'D', BECF, I'espace compris entre les deux plans etant vide de ma- tiere repulsive. Soil le point a , situe quelque part dans I'interienr de la premiere couche, sur leqnel on vent determiner Taction directe de toute la masse elheree. Prenons a C zz:a C, et par les points a et C, menons des plans paralleles aux deux premiers : il sufRra de considcrer Taction qu'exerce, sur le point a, la matiere repulsive comprise entre CF et C'F', et negliger toute la maliere exterieure dont Taction, sur ce point, s'annulle d'elle-me- iiie. En appelant c Tepaisseur AA' de la couche, a. la quantite a A' dont le point a s'y trouve cnfonce, et 2 r la distance muluelle AB des deux plans, on aura Art zz: e — a.f CA' =z 2 (a -|- e — a); et, si Ton appelle g la repulsion de deux unites de masse a Tunite de distance, hi la masse du point a, on sail que la re- pulsion d'une tranche de matiere, d'une densiie egale a Tunite ct comprise entre deux plans paralleles infinis, est independante de la distance du point repousse, et exprimee par •iTrmgli, eu ( »69 ) designant par A I'epaisseur de la Iraiiche. Maintenant le point a est repousse, dans le sens rtjjnrde coinnie posiliT, par la tranche C'A' a la (.lensile u , plus par la Iranche a A' a la dcnsite Xi; et dans le sens negalif, par les tranches a A et BC , toutes deux a la densite a; c'est-a-dire que la repulsion qu'il epruuve , dans le sens a A, a pour expression , UTT vig t' 2 &> (r-fc — St.) -(- 11 a. — a (e — *) — a e \ . He Ell reduisant, el subslituant pour u sa valeur , deduite r-\- e de la Iroisicme expression du n° 20, il vient, loute reduction faite, ^^mgo.. r + e Cetle expression I'igoureuse est juslement la meme que cello qu'on a trouvee, a la Gn du n° 24, multipliee par le facleur r — , — , pcu different de I'unite. Slais r et c sont deux quantites r -j- e ' proportionnelles entr'elles, et le facteur en qncslioa conserve, dans tons les cas , une meme valeur. Done il est rigoureiisement piduve (ju'on point situedans I'interieur des couches forniees sur deux plans paralieles infinis, est repousse, du dehors en dedans, a\ec une force proportionnelle u la quantite, donl il est enfonce dans la couche; et parlant, la pression qu'il eprouve, par la reaclinii des points places enlre lui et la surface exterieure de la couche, est proporlionnelle au carre de la meme quantite; de t(ll(! sorte que chaquc point des plans paralieles, est presse pro- portionncUcmcnt au carre de Tepaisseur totale de la couche. Si maintenant on vient h piier ces plans, do manierc a cir- conscrire im espace iimite, les points de la couche formec autoiir de cet espace ne seront plus presses comme auparavant ; et la loi des pres«iiins variera d'autant plus, que la courbure des sur- ficcs sera plus considerable. Quand cette courbure sera telle, que la surface, dans ks environs du point que Ton considerc , ]>uisse elre assimulce a un plan, justpi'a une distance Ires-grandc ( TO ) relaliveinent A I'epaissenr de la coiiche, on pourra, sans erreup sensible , adopter la proportionnalitc des pressions aux carres des epaisscurs des couches; mais quaiid la portion de la surface, qui environne le point en qiiesli(jn , et que Ton pent regarder comnie ]>lane, n'auia (jiie des dimensions conipanibles i\ re|)ais- seur de la couche elie-nieme, il ne sera plus peruiis de regarder comme vraie la loi des pressions inenlionnee ci-dessiis; il faudra, de toute necessite, calcnier les pressions d'une maniere particu- liere, coinine il a deja ete dit au n° 25. 3o. II ne resle plus qu'un mot a ajouter relalivenient aux sur- faces d'cgale pression, qui ont quelque ressem!)lance avec les sur- faces de niveau dans les liquides. De lout ce qui vient d'etre dit, il resuite que les points sitiies a la surface cxterieure d'une couche etheree , ne sont soumis a aucune pression , et que les points ega- lement enfonces au-dessous de celte surface, eprouvent tons la nieme action directe; que, par consequent, les pressions de ces derniers points sont loutes egales entr'elles , puisqu'elles re- sultent de Tadilition de quanlites toujours egales. Ainsi, que Ton se represente nn corps quelronque, on ellipsoide, par exeniple , entoure de sa couche de inaliere repulsive (/;/. 5, fig. 2). Suppo- sons que le demi - axe equatorial CB soil les deux tiers du denii- axe des poles CA; I'epaissenr AA' de la couche au pole ne sera que les deux tiers de I'epaisseur BB' de la couche i Tequaleur ( n° 19). Si Von partage BB' en G parties egales, dont AA' contiendra 4» et que, par chaque point de division, on mene une surface parallele a la surface exterieure de la couche , c'est- a-dire une surface dont tons les points soient a la nieme distance de ceux de la couche, distance coniptee sur la norniale a celle-ci, toutes ces surfaces seront dites d'i gale pression; et la pression sur tons le? points de la surface qui passe en A , sera a la pression du point B, couune 16, carre de 4. est a 36, carre de 6. Couches particnlicres, positives et negatives. 3i. Toutes les fois done qu'un atonic de nialiere iuerte <~st plonge dans Tether, celui-ci s'arrange en couche aulour de cet atorne. I'ar exeniple, sur la surface BAD [pi. 5, fg. 5 cl C) du corps inertc, il se forme une ('ouchc terminec en B'A'D', couj- ( '7' ) posee de lout I'ether qui occupait auparavanl le volume borne par la surface exterieure de la couclie, et possi-dant une cuiifi;j;ii- ratiou telle que sou action, sur un point quelconque exterieur, est, en grandeur et en direction, preciseuient egale a Taction du volume d'elher avant son deplacement, en sorte que rien n'est tioublu dans le sysleme. Alors nous appellerons coac/ic principal cclte couche dans I'clat d'equilibre, dont I'opaisseur au point A fsl AA'. Supposons ensuite que, sur cette couche principale, ou ajoute une nouvelle couche de matiere repulsive, dont I'epaisseur en A' soit A 'A", fig. 5. Nous I'appellerous, pour abreger, cuaclic po- sitive. Supposons enfln que, de la couche principale, on retranche U!ie couche de malifere repulsive, dont I'epaisseur en A, soit A'A", fig. 6. Nous la nommerons, par abreviation, couclie ne- ixaiice. La couche principale, augmentee de la couche posi^uY , ou di- minuee de la couche negative, sera la couche totalc formee aulour du corps en question. 52. Ces definitions bien comprises, il s'agit de rechercher les conditions d'equilibre de ces diverses especes de couches. D'a- bord, puisque Taction de la couche principale, et Taction de Te- ther exierieur a cette couche, s'entre-detruisent sur tous les points (Ic cet ether, on en pent faire abstraction; et 11 ne reste plus a coiisiderer que Taction dcs couches positives et negatives, soit sur Ictirs prcipres points, soit SLir les points situes en dedans et en (li'hors. II est evident que, s'il n'y avait point d'obstacle etranger a la matiere rtpulsive, une couche positive se rcpandrait immediate- mt^rit dims tout Tespace, en vertu de la repulsion muluelle de ses particules; et que, dans le cas de la couclie negative, Tether en- vironnant se precipilcrait pour completer la couche principale, necessaire a Teqiiilibre du systeme. Mais nous supposerons, dans tout ce paragraphe, i" que la matiere repulsive, exterieure aux couches, est fixe en chaqiie point de Tespace; 2° que tous les p.iiinfs des couches soiU libres de se muuvoir en tout sens ; 5° niais que les couches elles-memes sont bornecs, a Ttxlerieur, par une surlace-cnvcloppc , qui pent prendre toutcs les formes. ( tO pot ( T-". ) comprise ontre Ics surfaces BAD et B"A"D", derneurera en uqui- libre, si la conche neg;itive (supposee pleine dune nialiere ho- uiog^ne) n'exerce aucune aciion sur un point qutlcnnqiie sitiie en dessous, c'est-a-dire en dedans de sa surface interieure B"A"D", comnie dans le cas de la couche positive. 35. Ces consequences, deduites aux niimeros 35 et 54, sont cvideiilcs par elles-nicmes. En eflet, on ne trouble point I'e- quilibre de la couche principale, si Ton recouvre celle derniere d'une autre couche dont Taction , au dessous, est nulle en chaque point ; et Ton peut donner a cetle couche additive des dimensions indiifinies, plus peliles ou plus grandes que celles de la couche principale. Ensuile, on peut retraucher d'une couche nrincipale , une autre couche, qui n'exerce pas d'aclion sur Ics points situes au-de«sous; mais dans ce cas, la couche sou.>-tractive ne peut de- jiasser retentlue de la couche principale. Mors il'^est ai«e de prouver que, dans Ic cas d'une couche positive , fig. 5, raction directe qu'elle exerce sur un point qiiel- conqiie a, situe daus son interieur, est proportionnelle a la quan- lite a A', dont ce point est enfonce dans io>itif, leurs dcs couches positives et negatives sont plus considerables aux cxtremites des grands diametres , qu'aux .-xtremites des petits diametres; tandis que c'est le contraire qui a eu lieu per les couches principales. (Voyez le Memone de M. Poisson, sur I'clcciricitc , dans les Man. de I' Acad, dcs Same. pour 1811). , ■ • » Si, sur un alome de maliere inerte, la couche potitive pent Krandir au-d.la de toute limite , il n'en est pas ait.si de la cou. he negative. Car, supposons que le corps plonge dans Pelher soit un tdlipsoide AEBFCGDH [pi. 5. fg 7); q"e sa coiuhe pnnc.pale selende jusqu'a la surlace A'B'C'D', I'epaisseur de cetle couche rtant plus grande en BR' ct DD', aux exlremil6s dn petit axe. ( ':^> ) qu'cn A A' el CC, aiix extremites du grand axe; siipposons enfin que cetlecoiichc jirincipale diminue successivcinent jnsrju'a rins- laiit oii sa surface oxtcrieure vicndra toucher la siirlace de Tel- llpsoi'de.Comme la couclie negative doit toujoursetre comprise en- Ire deiix smfaces eliipsoidah^s sciiiblablesa A'B'C'D', ?on cpaisseur sera plus grande aux extreinilos du grand axe qu'aux txdeniilcs du petit axe; c'est-a-dire que Ics points A' el C, par la diminu- tion progressive de la coticlie principale, viendront en A el C, bien avant que les points B' et D' n'arrivent en B et D; ou enfin, que la surface exterieure de la couche finira par prendre la posi- tion AliCd, etant en contact avec rellipsoide aux extremiles A et B du grand axe. .lusque-L'i, les points de la couche onl eprouve des actions diiecles, proportionnelles a leurs piofondenrs res- pcctives dans la couche principale, et des pressions proportion- nelles aux Carres des meuies profondcurs, diminuts des carres des epaisseurs correspondanlcs de la couche negative. En con- tinuant a diniinuer, la couche arriverait, par exemple, au-drssous de la surface aEe¥ cG gU , si I'ellipsoide ABCD s'y trouvait lui- ineme renlerme, la surface exterieure de la couche aE eF cG gH etant loujours semblahle u la surface exteiieure de la couche principale A'B'C'D'. Mais, comme les portions AEaH, CFcG, qu'il faudrait enlever i la couche, n'existent pas, on supposcra que ces portions d'espace se trouvent reellement occupees tout u la fois par la maliere repulsive de la couche, et par une malicre attractive d'une energie et d'une densile egale. Hen resultcra, en effet, que les portions d'espace AEall, CFcG, seront comme vides de toute matiere. L'equilibre de la couche exigeanl cnsuite qu'on enleve la matitrc repulsive contenue dans les poilions d'espace en question, la maliiire attractive, neulralisee d'abord par celte matiere repulsive, sera mainlenant libre d'agir sur la couche reelle, comprise en BEeF et DG^'H ; celle - ci diminuera d'epaisseur en Be et D^, ses points E et H se rapprocheront de A, el ses points F et G s'avanceront vers C. Dans ce nouvol etat d'equilibre, la loi des actions directes et des pressions en chaque point de la couche, sera plus ou moins alteree, et la couche ne- gative (supposee pleine de matiere) n'aura plus la proj)titH(j d'exercer une action nulle sur les points situes dans respaco doiit elle forme la limite. Distribution de la matiere repulsive autour d'an systeme d'alomc.< de matiires inertes. 38. En inlrorJuisant un atome de matiere inerte dans I'e^pacc occupe par la matiere repulsive, cet alome se rccouvrira d'une couche qui ag.ra sur un point quelconque exterieur, de la mem.- mamere que I'ether deplace : done I'equilibre de tous ces points ne sera pus trouble. L'inlroduclion, dans la matiere repuUive dun second atome de matiere inerte, qui s'environuen, de sa couche, n alterera I'equilibre ni des points de la premiere couche n. des pomts exterieurs a tonles deux. Un troisieme atome de uiat.cre merte se conduira comme les precedens, ct ain.si*de suite jusqu'a I'infini. Done I'apparition d'un nomi)re quelconque d atomes de matieres inertes, de grandeur et de lormes diverges au sein de la matiere repulsive supposee repandue dans tout I'ul mvers, ne trouble point I'equilibre de celte derniere, et il n'en resulte ni attraction, ni repulsion nouvelle. Si deux atomes de matiere inerte, cnvironnes de leurs couches pnnc.pales, se rapprochent et finissent par se toucher, leurs couches se penetrent mutuellement , en prenant une nouvelle disposition d'equilibre: et de meme que I'on pent considercr les deux atomes ainsi reunis, comme formant un nouvel atome compose, un corps nouveau, de meme aussi I'on pourra consi derer comme une seule couche, la reunion des deux couches primmves. La nouvelle couche aura, pour lequiiibre, une forme telle que son action, sur un point quelconque exterieur, devra rempiacer .denliquement, en grandeur et en direction, celle de la ma.iere elheree qui occupait auparavant tout I'espace borne par a surface exterieure de la couche. Pareille condition d'e- qud.bre pour un nombre quelconque d'atomes de matiere inerte en contact plus ou moins intime. La determination de ia forme A^, couches composes de plusieurs autres, et des phenomenes qui endecouent fori.iera un des problemes les plus importans et les plus d.incdes de cette theorie. Nous en renvoyons la solution a une epoquo plus reculee, et nous alions passer aux actions n-- ciproques des couches positives et des couches negatives. ( ■:« ) Actions rhiproques dcs couches positives ct des couches negaticcs. 39. Soil AB (/)/. V, fig. 8) un alome charge de sa couche piin- cipale ah et d'une couche positive A'B'. Soil, en presence de eel alonie, un autre atome quelconque CD, possedant une couche ou principale, ou positive, ou negative; et considerons I'etat du point a' situe dans I'interieur n)eme de la couche positive du corps AB. Si la matiere repulsive, exterieure aux couches do AB et de CD, est fixe en chaque point, la condition d'equi- lihre des deux couches totales , est, coinme dans le cas d'un seul corps, que Taction des couches, positives ou negatives, .•ioil'nulle sur un point quelconque des espaces qu'clles circon- scrivcnt. Alors la couche principale ab du corps AB, demcure dans le menie etat que si le corps CJ) et sa couche n'existaient pas; c'esl-a-dire que les points de sa surface exterieure ab n'e- prouventni repulsion directe, ni j)ression. Ensuite on nienera la normale au point a' que I'on considere ; par ce point, et par le point de rencontre de la normale avec la surface de la couche principale, on menera deux plans perpendiculaires a celte nor- male; de telle maniere que la couche positive sera partagee en une tranche de I'epaisseur aJ, en un petit segment ayant pour Heche e' — a!, {c' designant I'epaisseur de la couche positive), enfin en un grand segment, auquel ou reunira la couche positive ou negative du corps CD. Cela pose, en nounnant -^ r , la repulsion du grand segment de AB \ ^^^^, j^ et de la couche positive ou nt^gative de CD/ „j,-n -|- r' , la repulsion de la tranche de AB t < — ?•", la repulsion du petit segment de AB j on a, pour la repulsion directe/; exercee sur ce point, p =1 -\- r -\. r' — r" ; ensuite on tronve, comme precedemment, r" = a TT m g- a (e' — cl') , r^ := 2 yr m g H a', Quant ii Taclion r du grand segment de AB et de la couche de ( »79 ) CD, sill" le point ft', elle est sensiblemeiit la meme que sur le point oti la normale perce la surface extericure de la couche principals ab , parcc quo la distance enlre ccs deux points est comme nulle, eu egard aux dimensions dti grand segment de AB et de la couche positive on negative de CD. El si, i\ ce der- nier point, I'aclion de toule la couche posilive de AB reunie a cello de la couche positive ou negative de CD, esl rigoureusement nulle, c'c'^t parce que I'aclion du pelit segment et de la tranche de AB sur ce ineuie point, contrebalance exaclement Taction de tout le grand segment de AB et de toute la couche positive ou negative de CD. Mais Taction de ce petit seginent et de cette tranche, sur le point oCi la normale perce la suri'.ice inferieure de la tranche, est r = -i TT 7n g ii e'. Done enfin Ton aura, toute reduction faile, p = ^ TT m g a at'; c'est-a-dire que Taction directe de Tether, sur un point situe dans Tinterieur d'une couche positive, est encore proportionnelle a la premiere puissance, et par suite, la pression du meme point proportionnelle h la seconde puissance de sa distance a la surfacis inferieure de cette couche, comme dans le cas oii Ton supposait Texistence d'un seul corps au scin de la maliere repulsive. II suit de la, que les repulsions et les pressions subies par les diflerens points de couches negatives, suivent, dans leur existence simullanee, les mfimes iois que dans leur etat d'i- solement; mais la reaction de ces couches modifie leurs formes , sans aiterer celles des couches principales. En outre, par la reaction des couches positives et des couches negatives, il peut se faire que la surface d'une couche totale ait, avec la surface d'une couche princip:ile, une ou plusieurs inter- sections ; de telle maniere que le meme corps presenterait des portions de couches positives en meme temps que des poi- tions de couches negatives, ce qui ne peut jamais arriver lorsqu'oii ne considcre qu'un seul corps plonge dans Tether. 4o. Les couches positives etant loujours supposees mainte- ( '8" ) nues par des eiivelop})es flexibles, qui les eiiipGcliont ilc se flis- perser dans I'espace; les atonies de maliferc repulsive etaiil fix^s a I'exterieur dcs couches , ct libres de so mouvoir dans I'inle- rieur de celles-ci , examinoris les phenoiiienes d'altraction et de repulsion, qui se passentenlre les couches positives, principales et negatives, combinees enlr'eiles de toules les nianieres pos- sibles. Et, pour plus de simplicile, suppusons que les corps mis en presence les uns des aulres , soient des atonies spheriques. Considerons d'a])ord le cas de deux atonies , Tun el i'autre charges de couches positives. Ce seronl les atonies AB et CD (■/;/. V, fig. 8), dont les conches principalis, en traits punctues . [lassent en ab et en cd , et dont les couches positives passent vu A'B' et en CD'. Dans I'etat d'equilibre des couches totales , (in peul faire abstraction de tout I'elher exterieur et des deux cou- ches principales, dont ton tes les actions reunies sontrigoureuscment iiulles sur vn\ puint quelconque des couches positives. Reste done ;'i consid<5rer Taction reciproque de ces dernieres. V.n vertu de leiir repulsion nintuelle, leurs epaisseurs sur les hemispheres les plus voibins seront moindres que sur lenrs hemispheres les plus cloignes; ak' ct rC, par exenipie, seront respeclivemenl moindres que /'B' el dH' . Done les pressions des couches positives, conlre les enveloppes, seront plus grandes vers B' et D' que vers A' et'C, et les deux uiomes se fuiront. 11 ne faut pas considerer ici, tout a la fois, les repulsions di- recles des deux couches positives, et les pressions de ces couches contra leurs envelop[>es exterieures; ces pressions, en effet, ne sont que la mesure des repulsions, et oe n'est pas en vertu de la somme de ces deux actions que les corps se fuiront. De deux choses Tune, ou Ton calculera la repulsion des deux corps, sui- vant la ligiie des centres, en faisant la soniine des repulsions de toutes les particules des couches positives, paralielonirnt a la ligne en question; ou bien, Ton fera la somme de toutes les pres- sions des points exterieurs des couches, conlre leurs enveloppes, pressions decomposees parallelemenl a la ligne des centres. On obtiendra, dans les deux cas,le meme resultal. Dans les questions suivantes, nous ne considererons les actions direcles que comnie provoquant uue cerlaine disposition dans les couches positives el negalives; puis nous delermiiierons les repulsions et les altrac- ( .8-. ) tions cles corps cli;irgcs tie ci'S cuuclic>!, ;ni iiioyen des pressioiis lie ces inTjines conches, soil contre leurs enveloppes, soil conlre la surface meme des corps. 4'. Soient maintenant k-s deiix corps sphtTiqiies AB, CD ( fio- 9) ''«nl les couches principales ab et cd sont diminuues des couches negatives A'B' el CD'. Celles-ci ne devant avoir aucuiie action sur les points silues en dessous, auront done la niL-nic forme que les couches jiositives; c'est-a-dire qu'elles se- ront plus epaisses en ^B' et clh' qn'en ak' et cC. Ou bien Ton considerera , a gauche de ab, le symetrique de cd , et a droiie de cd le symetrique de ah; de telle maniere que Ton pourra fairt; abstraction de tout I'ether situe a I'exterieur de cd et de son sy- metrique par rapport a (d> , quand il s'agira de determiner la forme de la couche reelie do corps AB ; et pareillenicnt, i'on fera abstraction de tout I'ether exlerieur a ab et a son symetritrue par rapport a cd , lorsqu'on voudra preciser la forme de la couchi; reelie do corps CD. Dans le premier cas, la couche A'B' est m;- poussee par le symetrique de cd, qui est a sa gauche, et par la couche CD' qui est a sa droile; mais cette derniere repulsion eM moindre que la premiere , vu que la couche CD' est moindre que la couche principale cd Aon\. Taction est precisement egale a celle du symetrique en question. Done la couche A'B' se portera vers CD, c'est-a-dire que son epaisseur en A A' sera plus grande que son epaisseur en BB'. Dans le second cas, on dtmontrerait do meme que la couche CD doit se porter vers AB, ou que son epaisseur en CC doit etre plus grande que son epaisseur en DD'. La forme des couches negatives etant ainsi determinee, on- voit que les pressions en A et C seroiit plus grandes que les pressions en B et D, de toutes les differences des pressions en A' et B' d'une part, et d'autre part en C et D', avant la soustrac- tion des couches negatives. Done les deux corps AB el CD se fui- rvnt; et si leurs couches negatives sont respectivement egales aux couches positives qu'ils avaient dans la fig. 8, leur repulsion sera, dans les deux cas, de la meme intensite. De plus, dans ces deux cas, la force motrice qui portera I'un des corps ;\ droite , sura, en loule rigueur, la. meme que la force motrice qui pous- sera I'autre corps a gauche, puisque ces repulsions proviennent. de Taction mutuclle des atonies de la matiere ethcrcc. ( «8. ) 42. Le corps AB [fig. 10) ayaiil iine coiiche positive, el le corps CD line couche negative, considerons d'abord Tclat de la couche sur le premier. Celte couche est soumise a la repulsion de la couche VtW, situee a sa droite, et i la repulsion du symctrique de cd (couche principale de CD) par rapport a ab, silue k sa gauche. Celte seconde action I'einportant sur la premiere , la couche de AB se porte du cote de CD , et I'epaisseur ak' devient plus grande que I'epaisseur bW ; de telle sorie que AB est pousse vers CD. Quant i la couche CD', elle est repoussee par la couche A'B', placee a sa gauche, et par !e synietrique de ab par rapport a al, situe a sa droite. La premiere action I'emporte sur la se- conde, et la couche CD' s'eloigne de AB. Alors la pression en D devient plus grande que la pression en C, parce que la couche est plus epaisse en DD' qu'en CC. Done CD est pousse vers AB. Done les deux corps AB, CD s'attirent , le premier enlraine par la difference des pressions de sa couche positive conire son enve- loppe, !e second par la difference des pressions que sa surface eprouve de la part de la couche tolale. 43. Le corps AB {fig- 11) ayant une couche positive, et le corps CD n'ayant que sa couche principale cd, il arrive 1° que la couche cd , repoussee par celle de AB , siliiee i sa droite, et par le synietrique de ab, place k sa gauche, obeit a Taction la plus eiiergique, qui est la premifere, et prend la forme CD' ; c'est-i- dire que sa face C devient negative, et sa face D' positive; 2° qu'alors Taction de CD' etant devenue moindre que Taction de son symetrique par rapport k ab , la couche A'B' se rapproche de CD; son epaisseur en aA' devient plus grande que son epais- seur en AB', et le corps AB est porte vers CD; c'est-a-dire que les deux corps AB et CD s'attirent , le premier par la diffe- rence des pressions de sa couche positive centre son enveloppe , le second par la difference des pressions detruites en C et ajou- tees a D'; car cC est plus grand que r/D', vu que la repulsion de A'B' se fait plus senlir sur le point le plus rapproche C, que sur le point le plus eloigne D'. 44. Enfin supposons que le corps AB {/!g. 12) ait une couche negative, et le corps CD une couche principale seulement. ( '85 ) 1° Celte couche inincipale cd st-ra iiiuiiis repoussee par la couche A'li' que par le symetriqiie de ab par rapport i cd; done cd >e lapprocliera du corps AB, et prendra la ibrmc CD', positive du cote de AB et negative du cote oppose. 2° Mors la couche A'lV sera plus repoussee par la couche CD' qui s'en est rapprochee , que par le symetrique de cd par rapport ii ab , qui est demeure a ^a position ; done I'epaisseur en AA' sera uioindre que I'epais- seur en BB', et le corps AB sera pousse vers CD ; tandis que i'e- paisseur cC, etant plus grande que dD', parce que C est plus pies que D' de la couche negative A'B' qui agit comme une couche attractive, la pression ajoutee en C sera plus grande que la pres- sion olee en D', et le corps CD se porttra vers AB. Ainsi les deux corps AB et CD s'attirent, le premier, entraine par la difference des pressions exercees conlre sa surface par la couche totale; le second, entraine par la difference des pressions de ses portions de couche, I'une positive, agissant centre son enveloppe, I'aulre negative, diminuant la pression conlre le corps lui-meme. 44- Avec un peu d'attention, on verra que ce jeu de pressions revient a faire abstraction des couches principales et de I'ether exterieur, pour ne considerer que Taction mutuclle des couches positives et des couches negatives, les premieres etant conside- rees comme repulsives entr'elies et altraclives sur les secondes , et celles-ci comme attractives sur les premieres et repulsives en- tr'elies. Alors les resultats etablis aux 11°' Sg, ^0 , 4' ? 4^ et 4<5, pourront s'exprimer ainsi : Deux couches positives se repoussent. Deux couches negatives se repoussent. Une couche positive et une couche negative s'attirent. Une couche positive, par son action sur une couche principale consideree comme neutre , decomposant partiellement celle-ci en une couche negative plus rapprochee, et en une couche positive plus eloignee, il en resulle une attraction. Une couche negative, par son action sur une couche prin- cipale ou neutre, divisant partiellement celle-ci en une couche positive plus rapprochee, et en une couche negative plus eloi- gnee, il en nail une attraction. 4ij. Quund un systtme d'alomes de malierc inertc est charge ( i84 ) d'une couche positive, ni-gntivc ou neiifre, il agit sur un autre sjslcine d'atomes de matiere incrle charge d'line couche neiilre, oil positive, ou negative, alisolunientdela meineinaniere que deux iilonies de matiere irierte places dans ics memes circonslances. Ici se presente done un premier rapprochement cntre ma theorie et les phenomenes natureis. Mon prochain memoire sera consacre i I'examen des phenomenes du fliiide eleclrique dans son etat d'equih'bre. Note. La proposition que j'ai etablie an n" 17 de mon me- moire precedent, et qui est une consequence immediate du iheorome de M. Ivory, avail deja ete demontreo bicn avant la deoouverte du geonietre anglais. Maciaurin qui, le prem'rf.r, a determine I'attraction des eliipsoides homogene£ sur des points situes a leur surface ou dans leur interieur, avait aussi determine cette attraction pour les points places en dehors , sur le pro- longement de I'axe des poles ou dans le plan equatorial, et seu- lement pour les points situes sur I'un des trois axes principaux, quand rellipsoide n'esl pas de revolution. II y etait parvenu au inoyen du theoreme suivant : Si deux sphcroldes out leurs trois ."fections principales dnritcs des mcmts foyers , leurs attractions sur nn mime point sitae sur le prolongement d' an des trois axes , seront etiire elks comme leurs jnasses. [Traite des Fluxions , arX.. 653). Ce theoreme a ete aussi demontre par d'Alend)ert et par Lagrange dans les Manoires de Berlin, pour 1774 •^t pour i^jS. M, Legendre a ensuite demontre la genoralite de cette loi pour le cas des eliipsoides de revolution, en developpant, en series infinies, les composantes de I'attraction de ces eliipsoides sur les points exterieurs, places d'une maniere quelconque ; et il est parvenu a ce theoreme : Si an meme point est attire par deux splicroides dont les ellipses generatrices ont les memes foyers, les attractions de ces sphcroldes auront la memo direction, et seront entre dies comme leurs masses. (Mem, des sav, etrang., tom. X.) Laplace en a donne ensuite une demonstration generale, sur laquelle il est revenu plusieurs fois. MM. Legendre et Plana ont Iravaille de nouveau sur le meme sujet. C'est dans les Transac- tions philosophiques pour 1812, que M. Ivory, mettant de cote toutes les series dont on avait fait usage avant lui, a trouve, en Itrmes finis, I'attraction des eliipsoides sur les points exterieurs; ( .85 ) et Ton a pu ensuile deinontrer .liseineiU et d'une manicre plus »n- tisfaisante, le theoreiiie de Maclauriu, etendu successivement par M. Legendre et par Laplace. Pour pa'^ser ensuite ;\ la consequence qui fait robjet de cette note, il sulfisait de rcmarquer que puisque les attractions, et par suite les repulsions de deux ellipsuides de memes foyers s'ope- raient suivant la meine droite , proportionnellement a leurs masses, la difference de ces repulsions, on la repulsion de la couche en question, dont la masse est egale a celle da grand el- lipsolde, devait necessairement s'operer suivant la meme droite et avec la meme energie que la repulsion du grand ellipsoide; et que, partant, Pequilibre de toute la raatiere repulsive est assure. LOIS DES PHENOMENES ATTRIBUES AD MAGNETISME EN MOCVEMENT; ^ PAR M. SaIGEY. Dans un precedent article (page 48 a 56), j'ai fait voir, par de Dombreuses experiences, que si une petite aiguille aimantee os- eille au-dessus d'un disque metalliqne, les nombres d'oscillalions qu'elle perd entre deux amplitudes quelconques, forment une progression par quotiens, lorsqiie les distances de I'aiguille an disque sont en progression par differences. Ces nombres d'oscil- lations perdues, ou ces amoriissemens , sont differens pour les di- vers metaux; mais ces differences sont d'autant moins grandes que Ton rapproche plus I'aiguille des disques; et si, au moyen du calcul, on cherche, d'apres la loi citee, les amoriissemens pour I'aiguille supposee osciller dans I'epaisseur meme des plaques, on trouve que I'amortissement ne depend plus de la nature du raetal soumis a I'experience. Je vais maintenanl determiner les valeurs des constantes a et b de la formule g^nerale j=zab '-=■■, qui donne les amortissemens v en fonction des distances .r^ quand on fait varier Tinlensile raagnetique dc I'aiguille. Mais, au lieu de prendre plusieurs aiguilles, ou la meme aiguille aimantee d'une maniere variable , je me borne a mettre diflerens appendices A i'aiguille avec laquelle j'ai fait toutes mcs experiences. De cctH: ( '8(i ) inanirre j'augmenlc la masse pondt'rablo quo la niCinc quanliiu de rnagnclisme doit faii-e osciller, sans troubler la disposilion de ce magnclisme. L'aiguiile horizontale est fixee au bout inferieur d'un petit chaume vertical; et au hout superieur de celui-ci, on attache un autre petit chaume parallelemeiit a l'aiguiile; or, c'est ce dernier chaume horizontal que Ton coupe peu a peu, afin de diminuer progressivement la masse du systerae, suspendu par uii fil de cocon. E.rperience 9. Toutes les series d'amortissemens observes sui- vent preciseraent la meme loi que precedemment; aussi me bor- nerai-je !x rapporter les valeurs de a el de b, c'est-a-dire I'amor- tissement a un millimetre de distance et le quotient d'un amorlis- sement divise par le suivant. J'ai d'abord employe I'un des deux disques de cuivre des experiences 4 et 5 (page 5i). 3o 37 i() 10 6,2 4,3 De 5o" a 3". 25 23 12 6 3,5 >'7 1,23 1,26 1,38 ? 1,42 1,54 1,70 De 5o° 4 10". Oscillation dc I'aiguilli loin du disqu 101 89 54 34 22 16 9'' 87 1,23 77 1,26 40 1,58 21,5 1,42 12 1,54 G,5 1,70 2,2 3,20 Si Ton prend pour abscisses ies nombres ^'oscillations de l'ai- guiile loin du disque, et pour ordonnees, d'abord les valeurs de a, puis les valeurs de b, on pourra tracer les courbes des observations rapportees dans ce tableau; et Ton verra que ces courbes sont tres-reg;ulieres, excepte pour la troisieme des valeurs de b, la- quelle parait etre inexacte, non-seulement pour ce cas-ci, mais encore pour toutes les experiences que j'ai faites avec les disques de zino, d'etain et de plomb, places dans les memes circonstances; ( .87 ) ee nombre doit done fitre rejcle, car on trouvera i, 34 au lieu de 1, 58. Alors on formera le tableau suivant : Eiitre les amplitudes dc So" et io°. Oscillations Valeurs Valeurs Osrlllations Valeurs Valeurs de I'.-.igiillle de de del'ait'uille de de loiu du disque. 0,4 li loiu du disque. " b 4 28 16,3 147 5 0,7 3o 18,0 1,45 6 1 ,0 32 20,0 1,43 7 ',4 3,60 34 22,0 1,42 8 »'7 2,73 36 23,6 i,4i 9 2,1 2,27 58 25,3 1,40 10 2,7 2,o5 40 27,0 ijSg 11 3,3 1,95 45 3i,5 1,37 12 4.0 1,89 5o 36,0 1,35 i3 4,6 1,82 55 41,0 1,34 14 5,5 1,78 60 46.0 1,32 i5 5,9 1,74 70 55,8 i,3o i6 6,5 1,70 80 66,5 1,28 «7 7.5 1,67 90 77,0 1,26 i8 8,2 1,63 100 87,0 1,24 "9 9'0 1,61 1 10 97»o 1,22 20 9'8 1,58 120 107 1,21 23 1 1,5 1,54 i3o 118 1,20 24 i3,o i,5i 140 129 1,18 26 14,6 »>49 i5o 140 ».»7 Je ne donne point le tableau correspondant pour les oscillations que I'aiguille execute entre les amplitudes de 5o" et 3o°, parce que les valeurs de b sont les meuies, et que celles de a sont pro- portionnelles aux nombres d'osciilalions que I'aiguille execute librement, comme on pent le voir par les nombres de I'avant-der- nier tableau. Si Ton Iransporte I'aiguille dans I'epaisseur meme du disque^ en posant a; z= — 1, 5 dans la formule generale oii Ton a mis suc- cessivement les valeurs de a el de b donnees par les tableaux pre- cedens, on trouvera que tous les amortissemens sont proportion- ( 'SS ) nels aiix iiombres corrcspomlans des oscillations faitcs iibromcnt' par I'aiguille. On olilient ainsi , pour les nombres du premier tai)leau , trouves directemenl par robservation , en changeant scniement la troisieme des valciirs de b, en i, 34 '^^ "cu de i, 58 : De 5o" a 3o- De So" A 10 '. Osrillations Amorlisse- Qiiolieiit Oscillations Aniortissc- Quotient der;,isuille meiil de run de I'aiguille nunl de Tub loin (lu dls 49^' t) 12 i'.7 ]2, 1 41 • • %8 4<>,9 7 10 9'9 • 10,1 34 • 37»7 53,9 8 8,i) 8,4 8,4 39 . a8,6 28,3 9 n 7,1 7'' 24 . . 24,2 23,8 lO (> 6,0 5,9 20 . 20,5 19^9 i5 2 2,6 2,1 n / • 7»2 7, 1 Les amorlissemeiis calcules I, I'oiit ete dans la supposition que la loi, applicable a un disque simple, Test encore a un disque double, c'cst-a-dire dans I'hypolhese que les amostissemens sont encore ici en progression par quotiens, lorsque les distances sont e.i progression par differences. On a pose successiveme.it a =. 26,7, rt=:9i, et dans les deux cas b =. 1,18; mais ces nombrcs, ohoisis de la maniere la plus favorable, ne doiineiit point des re- sidlats conformes a I'experience, surtout pour les amplitudes de So" a 10". Done la loi precilee, n'est plus applicable aux disqiies epais, et n'existe que pour les disques tres-minces. Aussi les amortissemens calcules s'accordent-ils mieux avec les amorlisse- mens observes, pour les disques des experiences 1, 2 et 3, dont les opaisseurs sont environ de i millimetre, .que pour les disques des experiences 4, 5, 6, 7 et 8, dont les epaisseurs sont de 1,6 millimetre. II fallait dont calculer, d'une autre maniere, les amortissemens de I'experience precedente. Quand I'aiguille oscille, hors de la presence des disques , elle fait ici oscillations de So" a 10". Si ensuite, on vient a placer, sous cetle aiguille, et a la distance de 5 millimetres, par exemple, nn des disques des experiences ( «90 ) 4 et 5, on voit, par ces memes experiences, que I'amortisseinent est dc 39 oscillations. L'aiguille ne (ait dont pins que 101 — 3f) ou 62 oscillations. Done, quand on viendra placer le second disqne sons le premier, on pourra I'airc abstraction de celui-ci, et cher- cher I'ainortissement que doit produire le second disque place a 54- i,C ou 6,6 millimetres de l'aiguille, supposee faire libreincnt 6u oscillations entre 5o° et 10". On cherchera alors, dans la table de la page 187, quelles sont les valeurs de a et de b qui corres- pondent a 63 oscillations, et Ton trouvera qu'il faut faire sinud- tanemenl rt ;z= 48 , , A =: 1,32 et .-c =:; 6,6 dans la formule generale, pour avoir I'amortissement cherche y = 10,1. Reunissant ensuiie les amortissemens produils par cliacun des disques, on trouve 59 -f- '0,1 ou 49?' pour I'anior- lissement cherche. L'experience, d'apres le tableau precedent, a donne en effet 4g. En laisant les memes calculs pour tous les amor- tissemens simples, donnes par les experiences 4 et 5, on retro:ivp, a tres-peu de chose pres, les amortissemens composes des expe- riences 10 : ce sont les nombres culcules II. Quant aux amor- tissemens relatifs aux amplitudes de 5o° et So", ils sont aux amortissemens des amplitudes de 5o" et lo", comme 3o, nombre des oscillations que l'aiguille libre execute entre les premieres am- plitudes, est a 101, nombre des oscillations que Taiguille libre fait entre les secondes amplitudes. An moyen des amortissemens, donnes paries experiences 4 et 5, pour un disque de cuivre de 1,6 millimetre d'epaisseur, et en se servant de la table de la page 187, on pourra done cal- culer les amortissemens d'un disque dont I'epaisseur sera suc- cessivement a fois , 5 fois, un nombre quelconque de fois plus epais que le premier. Nous ne nous arreterons pas a ces caicids qui n'oifrent plus licn de particulier. lleciproqueraent , on pourra calculer les amortissemens d'une plaque dont I'epaisseur ne serait que la moilic , le tiers, le quart, une fraction quelconque de I'epaisseur d'une premiere pl.ique, Alors on verrait que , lorsque les distances sont en progression arilhmetique , les amortissemens suivent d'autant inieux une ( '9- ) progression geoiiaetriqiic , que I'epaisseur dii disque est plus petite. All contraire, les amortissemens s'ecarteii* Tautant plus de cetle loi , que I'epaissenr du disque est plus considerable; et c'est ce qui explique pourquoi les physiciens, qui out euiployu de grosses plaques metalliques ( celles dont MAI. Herscliel et Babbage ont Hut usage, n'avaient pas moins de i3 millimetres d'epaisseur), o'ont pu s'apercevoir de la loi Ires - simple que nous avons trouvee pour des disques et une aiguille de peu d'e- paisseur. Experience ii. Auciin physicien, a ma connaissance, n'a fait osciller uiie aiguille horizonlale , devant un disque vertical place parallellement a I'afguille. M. Arago, toutefois, a remarque Tac- tion repulsive qu'exerce un disque tournant dans le sens hori- zontal, sur I'un et I'autre des poles d'un aimant vertical; mais ce resultat ne semble avoir rien de commun avec les experiences que je vais rapporter. L'iiiguille qui m'a servi dans toutes les pre- cedentes, a ete piacee entre les deux disques de cuivre des expe- riences 4 et ^? rendus vertioaux, paralleles entr'eux et a I'aiguille, de telle maniere que les centres des disques et de I'aiguille sont trois points en ligne droite. Les distances de I'aiguille ix chacun des disques, sont egales entr'elles, et comptees entre les faces qui se regardent. On ecarte ensuile I'aiguille de sa position me- ridienne, et Ton compte les oscillations qu'elle fait entre •i" el i% et entre 3° et i° d'amplitude. On ne doit pas I'ecarter davan- tage, pour que ses exlremites ne se rapprocheni pas trop des disques, et que tons ses points restent u peu pres a la menie distance de ces derniers. Voici les resultats observes et cal- cules : Ici Ton a pris successivement a = 49j a =. io3, 4> ct dans les deux cas -^= i, o66. ( '!)2 DISTANCES MILLIMETRES. 4 5 6 7 8 9 lO 13 i4 i6 Nombres d'oscillalions. De2»!i 1° Do 3° :^ : 5 7 lO 12 '4 i6 i8 20 22 25 28 5i 53 56 5o i5 •7 23 28 53 57 42 47 55 60 66 70 75 104 Amorlisscmens des 2 disques. Do 2" a 1°. De 5" a 1". Obscnis. CaU-uli-s. Observes Cal,„les. 49' . . io5,4 45 . . 46,0 95 • • 97'0 45 . . 45,2 91 . . 9i»o 40 . . /io,5 87 . . 85,4 38 . . 58, 83 . . 80,1 36 . . 35,6 76 • • 75,1 54 . . 55,4 72 . . 70,5 53 . • 3t,4 67 . . 66,1 5o . • 29,4 62 . . 62,0 28 . • 27,6 57 . . 58,2 25 . . 24,5 5i . . 5 1,2 22 . 21,4 44 . . 45,0 19 • . 18,8 58 . . 59,6 17 • 16,5 54 • • 54>9 .4 . 14,6 29 . . 5o,7 Experience 12. Un seul des disques de cuivre precOdens, place verticalemcnt et paralleleuient a I'aiguille, a tburni les resiil- tats suivans : DISTANCES Nombres d'oscillalions. EN BlILLIMETRES. Dc 2''al« Dey ii". 2 8 14 5 12 20 4 i5 25 5 18 5i 6 21 57 - 25 45 S 26 48 9 29 54 10 52 59 Amo rtissemens des 2 disques. De 2" a 1°. De 5' a 1". Observes. Cnlcules. Observes. Calculus. _ • 44,7 . . 100,8 43 • 4no 90 . 92.^ 58 • 37,6 84 . «4^9 55 . 54,5 79 • 77'!) 53 • • <>i,7 75 . 71,4 29 . 2q,o 67 . 65,5 27 . 26,7 61 . 60.1 24 . 24,5 56 . a 3,3 21 . . 22,4 5o . 5o.(> i '8 . 20.6 45 . 46,4 ( >95 ) Ici Ton a pris successiveineiit a =z 41 j 7 > « = ioo,8, et dans Ics . deux cas b = i,ogo. On voit par les experioncei 12 et i3 que les disques produisent sur line aiguille aimanlee, qui osimIIc dans un "sens perpendicu- laire a ce di^^que, des amortisseraens en progression geonietrique, quand les distances sont en progression arithmetique. Ccs amor- tissemens sont beaucoup plus grands que dans le cas oii I'aiguille oscille parallelemcnt an disque, et en meine temps ils decroissent avec moius de rapidite lorsque la distance augmente. Le rapport de la progression geonietrique est un nombre d'autant pins in- variable , que les oscillations de I'aiguille sont plus petites; parce que dans les grandes oscillations, comnic nous I'avons deja dit, les extreni'tes de cette aiguille se rapjirochent des disques, d'une quantite comparable a la distance du centre de I'aiguille aux disques eux-memes, et qu'il a'y a plus egalite de position, egalite parfaite quand I'aiguille oscille parallelemcnt aux disques. Ainsi les amorlisscmens obseryes de 2° a 1° s'accordent mieux que les amortissemens de 5° a 1°, avec leurs valeurs calculees. Ces aniortissemens suivent la raeme progression , quelque petites que soienJ les oscillations, meme lorsque I'oeil a do la peine a les compter. Or peut-on admettre qu'avec de si petits uiouvemens , une aiguille aimanlee, qui oscille perpendiculairement a des disques metalliques, et a de grandes distances, puisse eprouver, de la part de ces derniers, des amortissemens beaucoup plus con- siderables que dans le cas Qii la meme aiguille oscillerait paral- lelemcnt h ces disques, en decrivant avec une vitesse incompa- rablement plus grande, des arcs de 10, 3o et 5o degres, si Ton devait attribuer ces amortissemens a raclion des fluides ma- gnetiques, decomposes dans les disques par I'aiguille, et en- traines, par le mouvement de cette aiguille, dans la spbere de leur decomposition ? Avant d'etablir la liaison de ces phenomenes avec d'autres phenomenes connus ou inconnus, il nous reste a rechercher les causes qui peuvent iaire varier Taction amortissante des disques, independamment de leur epaisseur, de leur forme et des vitesses d'oscillalion de I'aiguille. ( "9l ) SUR LA NITRIFICATION ; PAR M. LONGOHAMl". Historique. Messieurs les redacleurs des Annates des sciences d' observation m'ont engage a retracer, dans un seiil tableau, les opinions qui ont ete emises a diverses epoques sur les causes de la formation de I'acide nitrique dans la nature. Je me rends avec d'autant plus d'empressement a leur invitation, que jecroisia maliere du plus haut inleret pour les lecteurs de ce recueil. Et en effet, quel sujet merite de fixer pins specialement les reflexions philosophiqiics des personnes qui se livrenl a I'etude des sciences d'observation, qu'une question qui, pendant deux cents ans, a el6 plusieurs fois exami- nee par les savans de I'epoque, qui tous, quelles que soient les idees theoriques qu'ils se sonl faites, sout toujours tombes d'ac- cord sur cc principe, que Tacide nitrique est forme par la decom- position des matieres animates, et que cet acide ne se produit jamais hors dela presence de ces matieres PCependant, apres deux cents ans de ce concert unanime des partisans de Glauber, de Stahl, de Lavoisier, j'ai examine de nouveau les fails, et j'en ai tire des conclusions directement opposees a celles repues jusqu'6 ce jour; et quoique ces idees ne soienl pas complelemeot adop- tees, encore est-il que Ton est revenu sur le principe ref u, et que Ton admet aujourd'hui qu'il peut se former de I'acide nitrique dans des materiaux nilrifiables en I'absence des matieres ani- niales. Que les personnes qui se livrent in I'etude des sciences d'obser- vation aient done toujours presente l\ I'esprit la question de la niliifi- cation, pour ramener i la discussion de leur propre jugement lou- tes les theories les plus generalement adoptees, et tous les fails les plus generalement recus ; car il est si difflcile de bien observer, (jue les observateurs les plus habiles se sont trompes, el que les theories ont ete trop souvent elablies sur des observations mal faites. Laisser de cote tous les argumens et tous les discours du.mai- tre, discuter tout, rapporter tout a son jugement, c'est le seul moyen de faire faire des progres r^els aux sciences ; mais je dois le dire, et j'en ai I'experience, la route est difficile li tenir, et cha- ( '9> ) que erreiir que vons renverserez vous amenera des adversaires redoijtables; car, d'une part, vous blessez le? amours- prnpres, on est hontenx de n'avoir pas apercu ce que la reflexion vous a fait voir; et ilt- I'autre vous sccouez I'oreiller d'honimes qui veuient dormir ef qui ne souffreni pas qu'on les trouble dans leur som- meii. Enfiu, apres avoir essuye toutes sortes d'attaques, jusque-la qu'on s'en prendra aussi a votre personne, qu'on altaquera sans pudeur, il arrivera qnelqu'un, peut-elre etrnngerVi la science que vous cultivez, qui vous dispulera. sansaucun fondement, la pro- priele de vos idees, et les altribuera a des homines morts depuis des siecles et qui y sont aussi eirangcrs que les vivans. Tant de degoQls, tant d'obslatles po\irraient rebnler, et ont sans doule ete les causes principales qui ont empeche les hommes d'exercer leur jugement et les ont forces a s'en tenir aux opinions recues sans les examiner; mais lorsque les esprits se seront habitues a la discus- sion des fails et que les paroles du mailre ne seront plus des ju- gemens sans appel, alors les avenues seront d'un plus facile acces, el personne ne nous altaquera plus dans une grande route oii tout le mondc se trouvera. Glauber est le premier chimiste qui ait ecrit sur Ja formation du salpetre dans la nature {Pvosperite de la Gcmanic). II etablit q:ie lesalp elreest le subjectum unkersnle ; il le veil tout forme dans les vrgetaiix ; il le reconnait se produisimt en quantile conside- rable par la pulrefaclion des matieres animales et vegetales; en- fin i! le irouve dans le regne mineral, et le bourg de Kitzing, qu'ii a habile, lui presente une montagne donl la pierre exposee a I'air lui (lonne du salpetre. Dans differentes parlies de son ouvra"-e, Glauber donne les moyens de produire du salpetre par I'inlerme- diaire des matieres animales; enfin, c'est le premier chimisle qui doune d.s principes pour I'tlablissement des nitrieres artificielles qii'il forme sous des haugafs, soil en fosses soil en vofltes. Staid donne en 1G98 une Dissertation sur le nitre, et i! s'occupe encore de eel objet dans plusieurs articles de ses Traitisiur le soufre el sur les sels. II ne donne aucune indication pour I'etablissement des nitrieres artificielles, mais il reconnait que le nitre se forme sous I'infliience des matieres animales. II ne croit pas en general au nitre volatil de I'air, qued'aulres chimisles avaient admis avant lui; cependant il ne nie pas que dans des lieux favorables a la ( '96 ) prodnclion clu nitre, I'air ne puisse contenir I'acide de ce sel, ou pur 011 lie avec quelques matieres volaliles, iii que du nitre deja fixe dans les terres ne puisse etre une espcce d'uiinanl qui altire ces parties volaliles. Lemery a donue, dans les Meinoires de I'Academie des Sciences pour 1717, deux meinoires sur le nitre, et il a pour but d'clablir que ce sei est un produit de la vegetation (i). Cependant ce sel existe aussi dans des pierres poreuses; d'oOi peut-il done venir? «L'opinion la plus commune sur ce sujet, c'est que Fair est le » grand magasin du nitre, et que c'est de \h que les terres et les »platras tirent celui dont on les trouve charges. On ne volt pour- .itant point sous quelle forme ce nitre se trouve dans I'air, et ttMayow, auteur anglais el grand defenseur du nitre aerien, vou- ))lant eclaircircetle diHiculle, suppose I'air impregne parlout d'une nespece de nilre metaphysique qui ne merite pas trop d'etre re- »fute. fl 31 refute ensuite longuement I'existencc du nitre aerien, et il pense que les materiaux salpetres « repoiveut immediatemenl »leur nitre d'une source ou liqueur parliculiere qui s'y filtre, el oqui y laisse le nitre qu'elle y a apporte. « On voit que Lemery ne resout nullement la difficulle, car on pent lui demander quelle est I'origine de sa liqueur nitree. Sexploitation du salpolre etant une gene pour lous lespeuples, les differens gouvernemens de I'Europe s'occuperenl des moyens de les en soulager. La Suede fit publier, en 1747, 1757 el 1771, des Instructions sur I'etablissement des nitriires artificieUes ; en 1749, le gouvernement prussien proposa un prix sur le memc su- jet, el dans le mcme temps I'ctat de Berne fit publier les ouvrages (le Bertrand et de Grunner sur la production du salpetre; enfin la province de Franche-Comte, qui gemissait sous les vexations de cent cinquante salpelriers, fit proposer par I'Academie de Be- sancon en 17G5, un prix ^our determiner la manicre laplus cconomi- que, et en meme ternps la moins oncreuse pour la province, de fabnquer le salpetre tn grand. Dans lous les ecrits que je vicns de menlion- uer, ce sont toujours les malieres animales qui soul considerees comme elant la cause de la production du nitre. (i) II a ete bieii piouve, lors du concours de ij^S, que le nitre ne se forme pas dans les vegetaux, et que celui que beaucoup d'entre eux presente a el6 absorbs du sol. ( '97 ) C'eslaprt;s loutes ees recherches, que Turgot, voulanl deharras- scr la France des salpetriers dont ils ttaicnt le fleaii, ecrivit (t I'Acadcmie des Sciences, le 17 aofit 1775, pour qu'elle proposal un prix dont le ministre Ferait les fonds,« en faveur de celtii qui, au BJugement de rAcademie, aurait vu de plus pres le secret de la a nature dans la formation et la generation du salpetre, et qui au- nrait enseigne les inoyens les plus prompts pour le fabriquer en » grand et enabondance. »Le i5 novembre suivani, I'Academie pu- blia son programme, qui fut tire i\ trois mille exe'mpbires, et fixa a I'annee 1778 la delivrance du prix. L'Academie avait nomme cinq commissaires pour la redaction de ce programme, et elle les chargea en meme temps de recueillir et de faire traduire tout ce qui avait ete ecrit jusqu'alors sur la formation du salpetre. On en forma un volume de plus de 600 pages, qui fut public en 1776. L'Academie reput trente huit memoires, mais aucun nc parais- sant salisfaisanl, on remit la question au concours, dont le terme fut fixe a I'annee 1782. Ce nouveau concours produisit vlngt-deux memoires ; par con- sequent I'Academie recut soixante-six memoires sur la question proposee. lis sont tous analyses dans le recueil qu'elle a publie, et cetle analyse precede le texte de ireize memoires qui rempor- li'-rent le prix ou les accessit, ou qui furent juges assez importans pour etre publics dans leur entier. Le tout ibrme un volume in-4° de pres de 900 pages, que certes aucune des personnes qui combattent mes idt'^es n'a lu dans son entier, pas plus que le vo- lume publie en 1776, et que j'ai fait connaiire plus haul. On concoit qu'il faut une critique exerc^e pour dcbrouillerquei- que chose qui approche de la verite dans soixantesix memoires, dont la plupart ont ete presentes par des personnes depourvues de toutes connaissances chimiques, et qui souvent ont rapporte ou des fails mal constates ou des faits entiofcment controuves. Cependant j'ai lu el rclu Its deux volumes publics par I'Academie, el c'esl npres avoir bleu confrontc toutes les experiences rappor- tees, que j'ai etc conduit k reconnaitre que c'esl a tort que tous les concurrens out admis les malieres animales comme cause de la nitrificalion. De? lors je me ils la iheorie que j'ai presentee el dont j'ai cherche la confirmation pendant douze annees d'obser- vation, en visitant les caves, les celliers,les granges el autres ( '98) lieiix oii se produit le snlpetre, etant toiijours tlans le doule et pret a abandonner mes idees si je ne les trouvais pas fondees. La Direction des poudres a voiilu faire revivre, en 1820, les nilriercs artificielles telles qu'on les avail proposees aulicfois. EUe a Tail iin appel A tons les paysans de la France pour qu'ils etablis- sent de pelites nitricres aupres de leurs habitations , dans les- quelles lis auraienl employe le funiier qu'on pretend qu'ils pour- raient avoir de trop, et en consacrant a ce travail les moniens qu'on pen^e qu'ils ont de perdus. Les auteurs ont oublie I'epoque oCi ils ecrivaient; ils sont remontes a 17^5, el ont encore vu les paysans attaches i la corvee et sans feu ni lieu comme ils etaient alors. Cette Instruction est encore remarquable par les deux priu- cipes suivans, qu'elle presente comme etant le resume de tons les fails connus : r' Principe. Les materiaiix propres d la nitrification ne se salpe- trent jamais a fair sans le concours d'une mailere animate. 2" Pkincipe. Tout I'azote necessaire d la formation de I'acide nitri- (jue est fourni par les substances animates. J'ai presente ma Theorie a I'Academie des Sciences le 24 no- vembre 1823. EUe noinma cinq commissaires, mais jo n'ai ja- mais pu obtenir que Ton fit un rapport quelconque, car c'etait la tout ce que je sollicitais. Fatigue des pretextes qu'on alleguait de- puis Irois ans, s'excusant sur des occupations ou des voyages, je la publiai dans les Annates ile chimie et dc physique (aoOt. 1826), et je la fis imprimer dans une brochure qui parul en octobre sui- vanl, et dans laquelle je presentai en outre mes vues sur I'eta- blissement des nitricres artificielles. Ce dernier sujel etant de quel- que int^ret pour I'^Etat, je remis ma brochure au ministre de la guerre, en lui demandant qu'il nommSt une Commission qui eOt h examiner s'il n'y aurait pas lieu a faire des nitrieres artificielles etablies d'apres mes vues. Ma demaode fut renvoyee a la Direc- tion des poudres, el cela m'a valu une letlre qui m'a ele adressee par la voie des Annates de chimie et de physique, et dans laquelle on s'altaqueplutol h I'homme qu'au cbimiste. Cette lettre est re- marquable par ce passage : « Si vous eussiez dit que, dans quel- >.quescirconstances inconnues, il peut se former de I'acide nitri- »que sans ie concours des matieres azoiees, je ne le contesterais -pas (pageg5). nCela me suflit, car c'est precisemenl une retrac- ( '99 ) tatiun dcs deux principes exposes dans V Instruction sur la fabrica- tion da salpetre ; et c'est sans doiite cet aveu, si penible i faire, qui a dicle le ton de la letlre des Annates de clumie, et particulie- remeiit ravant-dernier paragraphe. Le nouveau ministre de la guerre, auqnel je me suis plaint de la decision prise par son prediicesseur sur le rapport de la Direc- tion des poudres, a ecrit a TAcademie des Sciences, le aSfevrier de I'an passe, pour qu'elle voulOt bien nonDiner une commission qui examinat s'il serail utile de faire faire des essais pour I'eta- blissement des nilrieres artiOcielles dans men systeme. M. Beu- dant a ete charge de faire un rapport, doni quelques assertions se trouveront naturellenient discutees dans la partie throrique de ce memoire, puisqii'il n'a d'autre but que de maiutenir les anciennes idees centre I'opinion de Proust et la mienne, sans presenter au- <;une consideration nouvelle, et encore moins des experiences, donI on ne veut pas. Mais ce rapport a encore un but special, c'est de m'oter la propriete de mes idees, ce que jusque-l;\ per- sonne n'avait fait, quoique je n'aie pas manque de conlradicleurs. L'ensemble du rapport roulesur ce systeme j toutefois je me con- teiiterai de consigner ici la phrase qui presente le plus complete- menl la pensee de monsieur le rapporteur : « Voire Commission, n partageant I'opinion de tous les cliimistes, est portee a croire, comme ale pense M. Longchamp, que dans des terres calcariferes sufli- Dsammenl poreuses, pourvues d'un certain degn; d'humidite, ex- oposees a une temperature convenable, il pent se former de I'a- « cide nilrique sans le concours des matieres animales et paries iiseuls elemens de I'air. » Je dois d'autant plus reclamer contre cette phrase, qu'tlle n'est pas tres-claire et qu'elle est susceptible dc deux interpretations. A-t-on voulu dire que tous les chimistes admeltent aujourd'hui, d'apres moi, le sentiment que Ton rap- porle? Alors il aurait fallu dire que tous les chimistes partageront sans doule mon opinion ; car, comme ils ne se sont pas tous decla- res, on ne pent pas dire qu'ils la partagent encore. A-t-on voulu dire, et c'est le vrai sens que Ton doit donner a la phrase, qu'ils partageaient aranl mui I'opinion que j'ai emise? Alors on a avance une assertion tres-contraire a la verite, et je n'eu veux pour preuvt que ce principe que j'ai rapporte, etabli par M. Gay-Lussac, que sans doute M. lieudant couiple au nombre des chimistes : « De* ( 20t> ) «maleriaux propres i\ la nitrification ne se salpelrent jamais i\ I'air »sans le concours d'line matiere aniraale. » Je doute que mon- sieur le rapporteur puisse accorder ce principe avec son assertion, et je declare positivemcnt qu'il ne pourrait pas citer le nom d'un seul de ion§ ces chimistes qui d'apr^s lui auraient emis avant moi la proposition quecontient sa phrase. Tkeorie de la nitrification. Ma Theorie s'cxprime en ces termes : L'oa-igene et I'azote de fair, solliciies d la combinaison par faction qa'excrce laporosite des corps et par la presence de I'eau et d'une base, s' unisscnt pour former I'acide nitriqae. Les matieres animates oti vegetates ne contribuent en ricn a ta pro- duction de I'acide nitriqae dans la nature. Je vais actuellement exposer sur quels fails j'etablis ces prin- cipes. Section premiijre. Les nitrates se trourent et se ferment dans des matcriaux ou dans des lieux quine conlieunent ni matieres tegetales ni matieres anima- tes, ct qui nont jamais ete sounds aux emanations des animaux. Les personnes qui se sont occupees de la fabrication du salpe- tre, savent tres-bien que les terres extraites des caves fonrnissent des nitrates par la lixivation, et que ces terres, replac^es dans les niemes lieux, donnent encore, apres huit a dix ans, de nouvelles quantites de salpetre, egales a celles qu'on avait retirees par un premier lessivage. Enfin, remises de nouveau en place, elles pro- duisent encore du salpetre, et ceia indefiniment, pourvu toutefois que la terre ne s'app:iuvrisse pas trop de la base qui favorise la formation de I'acide nilrique, et qui dans les materiaux nitrifia- bles est ordinairement la craie ou chaux carbonatee; car s'il ne resle plus que I'argile, I'acide nitrique, ne trouvant plus une base pour se saturer, ne se formerait pas. Ce resultat n'est point contesle , mais M. Gay-Lussac a pre- senle cettc objection : « II n'y a pas de lieu qui, par sa situation, ) soit plus propre qu'uuo cave c^ recevoir des matieres animates )de toute espece. » Cette objection n'est pas fondee, car les caves des habitations de cauipagne donuent du salpfitre aussi-bien que celles des villes, ei elles ne refoivent aucune matiere animale par ( 20I ) infiltration; et d'ailleurs les celliers et les granges, qui donncnt si abondamment du salpetre, sonl au niveau du sol et parfaite- leinent isoles de tons lieux d'oii pourraient emaner des eflluves animales. Lavoisier a pris, en pleine carriere, dans divers cndroits situes pres la Roche-Guyon et pres de Mous^^eaux, qimrante echantillons, qui pour la })lupart ont donne, par le lessivage, une petite quan- tite de salpetre melee i\ beaucoup de nitrate de chaux. Voici le releve des essais qu'il en a fails, rapportes a lOO livres de ma- teriaux. 5 Echantillons n'ont donne que des muriates. 8 Id. n'onl pas ete examines avec soin ; mais on a cependant reconnu que quatre contenaient beau- coup de nitrates. 9 Id. ont donne moins de 4 onces de salpetre (de 4 gros a 5 onces). i8 * Id. ont donne de 4 onces a 7 livres i3 onces de salpetre. ~4^ On admet que la moilie des terres exploitees du royaume donne h peine 4 onces de salpetre au quintal (Thouvenel, pag. 92); done sur les 40 echantillons recueillis par Lavoisier, il y en avail 18 qui donnaient jusqu'a seize fois plus de salpetre que les bonnes terres de caves. Les echantillons etaient souvent pris a plusieurs centaines de toises des habitations, et dans des parties de roc exposees a la pluie et k toutes les intemperies de I'air, et il a tire cette conclu- sion des fails qu'il rapporle dans son memoire : « L'acide nilreux »n'est pas preexisiant dans la craie de la Roche-Guyon, mais il ))s'y forme par Taction de Fair » (pag. 565). J'ai fait rcmarquer que ces craies, prises en pleine roche, etaient souvenl plus salpe- trees que les meilleures terres de fouille ; ces resullats etaient era- barrassans pour Lavoisier, qui pensait alors, comme tout le monde. qu'il n'y avail production d'acide nitrique qu'aulanl qu'il y avail eu j)resence des matieres animales; il fallail done necessairement les faire intervenir, et voici comment il s'en lire : n Probnble- »niehl, comme toutes les montagnes de ce canton, qui sont evi- ( 303 ) » Jemmenl formees de debris cle corps marins, ces craies contien- »nent encore quelqiies parties de matieres animates qui ne sont » piis enti^reinent decomposees, el dont la putrefaction, s'achevant »par I'action de I'air, donne lieu a une production de sal|)etreii (pan^. 565).Cette reflexion de Lavoisier a ele renforcee, par M. Gay- Lussac, de I'observation suivanle, dans I'article qu'il a insere dans son Recueil : « J'ai recueilli, il y a sept ans, avec MM. Baritot, Au- nbert et le Cocq, des echantiilons de craie dans les environs de la »Roche-Guyon, loin des habitations, et cts echantiilons, soumis a 'ila distillation, ont donne de rammoniaque, I'odeur qui caracte- srise les nialieres animales, et, de plus, ont noirci. » Enfin on trouve dans le rapport de M. Beudanl le passage suivant : a Rien »nedemonlre qu'il n'y a pas eu, a une epoquequelconque, des ma- »tieres organiques dans le voisinage des craies et des tufeaux que » Lavoisier a examines; d'un autre cote rien ne dit encore qu'il 'in'y en avait pas dans ccs niatieres elles-mernes; au contraire, »tout porte a croire qu'elles en renferment toujours une plus ou »moins grande quanlile. En effet , nous savons que partout oii nl'on prepare le blanc d'Espagne les eaux des lavages devien- »nent bienlot infectes. L'un de nous vient de souinettre de la » craie non lavee a la distillation, et en a obtenu de rammonia- »que; beaucoup de pierres calcaires examinees par un autre de I) vos commissaires en ont fourni egalement, et de plus tous les .) calcaires grossiers des environs de Paris, traites par I'acide hy- ndrochlorique, lui ont donne une gelee de matiere animale, Les "silex des craies, les pierres meulieres, le gypse, presentent des 1) caracteres analogues, et Ton sait qu'il en est de meme de beau- » coup d'autres substances. Par consequent le fait sur lequel »M. Longchamp s'esl appuye n'aulorise pas les conclusions qu'il » veut en tirer ; il ne prouve pas que I'acide nitrique se forme sans »1 (page 76). x\ctuellement quelqu'un dira-t-il encore que I'acide nitrique qui SB forme dans la craie ou dans les caves doit son origine i'l une ma- tiere animale que les materiaux nitrifiables contiennent? Oui cer- tainement on le dira; car il y a des personnes qui veulent avoir une opinion sur dts questions qu'elles ne connaissent pas, et sur lesquelles elles n'onl jamais reflechi ; qui ne lisent rien de ce qu'on ecrit, rt qui s'endorment et se reveiilent tons les jours avec leurs vieilles idees. « Apres avoir fait I'examen des craics de la Rocbe-Guyon, La- voisier parcourut la Touraine et loutes les provinces oii se trouve le tufcau, pierre a balir si connue par sa facile nitrification, ce qu'elle doit a la nature de sa compri-ition el a sa porosite. II pe- 1 ( 205 ) nclra dans un grand uombre dc carriercs, et prit des echanlillons qu'il lessiva ensuite ; presque tons lui donncrenl du nilrale de chaux, et d'ans plusieurs I'acide nilriqiie s'y trouvail eii plus grande qiiat\lite qu'il n'cst dans les bonnes terres de foiiille ou de iiilrieres artificielles (pag. Sji et Goy). Cependant, a I'exception de quelqiies coquilles qu'il a rencondees dans deux de ces car- I'ieres, 11 n'a pas trouve vestiges de debris d'animaux dans celte pierrequi«st composee de sablon et de carbonate de chaux. Section deuxieme. L'acide nitrique se forme en pleiti air, dans des matcriaax qui ne contiennent aucan vestige de matieres animalcs ou regelates. Un concurrent (H du P., pag. 1 14) a prisde la terre des champs, qu'il a bien lessivee pour la debarrasser de toutes les parlies sali- nes; ensuite il I'a mise en tas et I'a arrosee avec de I'eau pure a mesure qu'elle se dessechait. Cctte terre, etant lessivee au bout de six mois, a fourni du salpetre. Un autre concurrent (H du P., pag. 160) a fait une experience encore plus soignee. II a pris de la terre des champs qui a ete lessivee bien exaclement, et ensuite il i'a fait essorer au soleil, puis il I'a divisee en deux portions : I'une a ete mise sur des dal- les de pierre dans une cave, isolees des murs de deux pieds et du sol de la nieme distance, au moyen de supports en fer; I'autre portion a ete mise sur des dalles semblablement disposees sous une remise. Ces deux portions de terre elaienl remuees de temps a autre, et entretenues a un degre suffisanl d'humidile au moyen d'arrosages d'eau pure. Au bout d'un an, celle de la cave donnait, par le lessivage, un degre ii I'areometre; celle deposee sous la re- mise seulement un demi-degre. Cette difference tient probable- ment k ce que I'humidite etait plus constamnient la lueme dans la cave que sous la remise; mais quelle qu'en soil la cause, cette experience si judicieusement faite prouve que les terres se nitri- fient a I'air, sans qu'il soit necessaire d'y faire concourir les ma- tieres animales. L'auteur a pris toutes les precautions que Ton pouvait imaginer pour prevenir toutes les objections, cl cependant on en a tait plusieurs; il en est loutefois qu'il ne pouvait pas prevoir. C'est une vieille experience sans nomd'auteurf a objecte M. Gay-Lussac, ( 206 ) qui a souIig;ne ces mots. Pour vieille, clle ne I'est pas, puisqu'ello date du concours de 1775, et qu'il n'a ete rien public en France de pdstL'rieur; pour Ctre sans nam cTauteur, ce n'esl pas tout-a-fait hi faute de celui qui I'a fail connaitre : il n'a pas ete un dessoixante- six concurrens dont le memoire ait oblenu ou le prix on un ac- cessit, ce qui n'a pas perinis que son noin i'Qt proclame; mais, di- sent les comrnissaires de rAcademie, » en general ce memoire con- Dtient des vues aides ea-periences iniet'es sanies, etles commissaires »ont juge qu'il meritail des eloges et qu'on pouvait en faire une » mention honorable dans la distribution du prix » (pag. i65). L'aulre objection est celle que I'on rebat toujours : « de la terre fldes champs lessivee pent retenir encore une matiere animale. » J'y ai deja repondu, et lant qu'on n'aura pas prouve qu'une terre bien lessivee contient —^ de gelatine dessechee ou tonte autre ma- tiere animale analogue, eile sera sans aucun poids; et il faudra de plus prouver que la terre des champs, des caves, des cellicrs, des granges, est comme la bourse de ce juil" errant dans laquclle I'ar- gent se reproduisait a mesure qu'il Ten tirait, en sorte qu'elle con- tenait toujours la meme somme; la terre aussi devra toujours contenir ^ de son poids de maliere animale, quoique la nitrifi- cation la d(^truise a chaque instant. Nous avons vu precedemment que de la craie bien lavee et renfermee humide dans un vase hermetiquement clos et ne con- tenant que de I'air atmosphcri(|ue , a donne a Thouvenel du ni- trate dfc chaux; aussi ce chimiste, grand partisan du concours des matieres animales pour la production du salpetre, mais presse par I'evidence des faits, nous dit : « II est bien demonfre, par nos 9 experiences, que I'air atmospherique a tout ce qu'il fant, aiissi- » bien que fair emane des corps putrescibles, pour servir a la nitrifica- »tion, pourvu qu'il frouve des matieres cnpables d'en absorber »les materiaux » (pag. 89). M. Beudant a revendique pour les fleches du nitre, que les an- ciens admetlaient dans I'air, la premiere idee de ma theorie, et il ne manque pas de mentionner aussi Thouvenel; mais j'observe que ce chimiste tres-habile n'a pu rien voir de ce que j'ai dit, puisque son Memoire est du mois de decembre 1780, et que ce n'est que le 28 fevrier 1 786 que Lavoisier a fait connaitre pour la premiere fois la composition de I'acide nitrique. Or, puisque ( 207 ) Thouvenel ne savait pas que I'acide nitrique a les memes compo- sans que Pair atmospheriquc , son idee vague n'a aucun rapport avec la theorie que j'ai presentee. Enfin le salpetre se monlre au milieu des champs, dans toutes les parlies de I'lnde, en Egypte, en Espagne et dans beaucoup d'aulres contrees oii il n'y a pas de matieres animales. C'est ici ie lieu de rapporter le sentiment de Proust et robservation de M. John Davy. Je communiquai ma theorie a Proust, et \e. bii demandai ce qu'il pensait de mon sentiment. Voici quelques passages de la re- ponsequ'il m'adressad'Angers,sous la datedu 23 decembre 1823. « Eh mon Dieu ! monsieur, que n'alliez-vous en Espagne avec linos armees? rous auriez ru la confirmation de vos idees a Madrid, oa Sarragosse, a I'Alcazar de San-Juan, a Tremblaque et par tou- ))tes les provinces oii Ton fait du salpetre. » Des personnes m'avaient objecle que Ton fumait les champs sur lesquels on faisait le salpetre; je priai Proust de me dire ce qu'il en est : « Non, monsieur, me repondit-il, on ne fume point nde terre en Espagne. A Madrid, par exemple, le fumier des ecu- »ries sert k cuire le pain, faute de bois. » Des efiluves animales, des debris de vegetaux? pas plus ; et si nquelqu'un a essaye un champ fume a cote d'un champ non fume, »cela n'a pu entrer que dans I'idee d'une personne qui a lu no« li- »vres; mais a coup sflr on n'a ni pratique ni essaye rien de sem- »blable pour le gouverneraeut. uDes efiluves, de la potasse, des bases! et pourqnoi faire, sous »un ciel oi"! I'atmosphere fait tons les frais de I'acide et de la base? sMais allez a Sarragosse, vous y verrez avec le plus grand netonnement que toutes les maisons s'y salpelrent par la base; et njusqu'aux pierres qui bordent le canal d'Aragon, que vous trou- 1) verez entierement couvertes de nitre. •> Certes voila une complete approbation donnee a mes idees, et par un des plus grands observateurs qui aient jamais existe, et par un savant qui pendant dix-neuf annees qu'il a sejourne en Espagne, a vu et revu les lieux qu'il m'indique. Je ferai observer, de plus, que Proust etail I'ami intime de Fernandez, dont il nous parle si souvent, el qui etait charge de rixploilation du s;ilpctre en Espagne, ce qui Fa mis a meme de discuter souvent avec lui les phenomenes de la production de ce sel dans ce pays. II seniiile ( 3(.8 ) qu'apres une pareille aulorile on ne revoqiicra plus en doute la production dii salpelre sur le sol non animalise de I'Espngne; niais ce n'est point ainsi qu'on se rend lort^qu'dii a a sor.tenir des idees contraires qu'on a emises dans un ouvrage que le gouver- nement a fait tirer a dix niille exeniplaires, et qu'il a envoye gratis dans toutes les communes de la France, tant il regardait cummc indubitables les principes qu'il contieni. Voici le sentiment de M. Gay-Lussac sur la lettre de Proust quu je viens de rapporter : « Les passages que vous citez de Proust ne sont d'aiicun poids i i>mes yeux pour etablir votre theorie. Les observateurs les plus »habiles n'ont pas le privilege de deviner la nature en passant. » Je souligne I'expression en passant comme I'a fait I'auteur. Ainsi dix-neuf annees de sejour dans un pays, c'est un [)assage ! et des fails en grand nombre, qui tons rentrent dans ma theorie, ne sont d'aucun poids aux yeux de 31. Gay-Lussac pour la confirmer, car il ne s'agit pas ici de I'etablir. En se rendant sur le continent de I'lnde, M. John Davy s'est arrete a Ceylin, et il y a visile avec soin des cavernes de cette lie, qui produisent du salpelre en abondance. II a fait connaitre son observation , qui est consignee dans les Annates de CIdmie et de Physique [W.y , page 2og ) , dont j'extrais le passage sui- vant : « d'apres I'examen des cavernes que j'ai visitees, comme »aussi d'apres les echantillons qui ni'ont ete remis, provenant ad'autres cavernes que je n'iii point vues, je crois qu'elles sont » toutes semblables, et que les rochers dans lesquelles elles sont screusees conliennent toujours au moins du carbonate de chaux et ))du feldspalh. La decomposition de ctlui-ci fournil la base du sel, »et le carbonate, en exercant sur I'oxiglne et fazote de I' atmosphere rt une action particuliere , mais dont jusqu'ici on n'a pas du tout Bcompris la nature, donne naissance a I'acide » (i). L'obser- valion si Iranchanle en faveur de mes idees, que rapporte M. John Davy, partage le sort de celles de Proust; elle n'est d'aucun (i) La partie du passage que j'ai soulign^e pourrait faire cioire que M. John Davy a entrevu quelque chose de Gcmblabie i nia theorie ; niais je ferai obser- ver que son nienioire n'a ete conou en Fiance qu'a la'Gn de niai 1824, et que cette theorie a 6te presentee i I'AcadenTie le 2^ novembre iHzS, c'est-a-dire six mois avant; enfin lorsque je I'ai publiee, il y avail phis de dix aiis que je I'avais conwnuni^uee 6 differentes personnes. ( 20<) ) poids aux yeux du ?avant auteur de VInstructlon sur la fabrication da salpetre. Eufjii Lavoisier, qui pendant long-temps a etc un dcs partisans du concours necessaire des inatieres animales pour la production du salpetre dans la nature, parait etre revenu de ce senlinient, ce que je fai;; remarquer avec d'autant plus de soin , que ce ce- lehre chiniiste etait uiembre et stcretaire de la Commission de 1775, et qu'il a fait lui - memc des essais en grand nombre }iour proiluire le galpelre au moyen des matieres animales. Si done on peut admeltre qu'il ne reconnait plus comme neces- saire le concours de ces matieres, j'aurai en faveur de mes idees I'autorite d'un grand nom el d'une experience longue et eclairee. En 1789, le cointe Carburi ecrit h Lavoisier, et lui demande 1" « s'il existe quelque part du nitre mineral, c'est-a-dire du » nitre dans le sein de la terre, loin du concours de I'air atniosphd- «riqae et des substances vegetates et animaUs ; 2° si Ton doit croire »que !e nitre de Palo de Moflelta soit du nitre mineral ap- upartenant a une veritable miniere de nitre. » (Journ. de phys. XXWI , p. G'i). II repond par une lettre que je vais rap- porler : « Monsieur, Lc nitre ou salpetre est un sel qui se forme journellement »sous nos yeux, mais avec le contact de I'air; on n'en a decou- Dvert jusqu'ici aucun vestige dans les endroils oCi I'air ne circule »pas libreuient. 1) Je n'ai aucun detail particulier sur la pretendue mine de sal- »petre decouverte dans la Pouille; mais ce dont je suis con- »vaincu, c'est que la, comme partout, le salpetre se trouve "loujours a la surface des terres, ou du raoins a une tres-petite » profondeur, et dans des lieux oii I'air penetre aisement. » (Meme volume , page 65), A la demande s'il peut se former du salpetre sans le con- cours de I'air atmospheriquc, il repond : On n'a pas decouvert jusqu'ici aucttn vestige de salpetre dans des lieux ou ne circule pas I'air.... Ce dont je suis bien convaincu, c'est que le salpetre ne se trouve que dans des lieux ou I'air penetre aisement. Ainsi il appuie «4 ( 2'" ) avcc instance sur unc condilioii q'tiil regarde comine indispen- sable. Mais dc plus le oomte Carburi demandait s'ii sc formait dii salpetre sans le concours des maiicres TcgetaUs et animales , et Lavoisier ne repond rien sur celte seconde parlie de la question. Aurait-il garde ce silence absolu s'il fftt resle partisan du con- cours des malieres animales, comme il I'elait en ir86, lors- qu'il publia les m^inoires du prix sur la nitrification? On aura de la peine a le croire, et Ton admettra cerlainement qu'il etait au moins dans le doute , lorsqu'll relusait de repondre en 1789 (1) a une question qu'il avait si long-temps debatlue, soit dans son esprit, soit par ses experiences. Cependant ftl. Gay- Lussac repond : « Lavoisier a tocjours cru, sinon ;'i la necessite » indispensable des matieres animales pour la nitrification, du » moins a leur grande utilite pour la favoriser, faute d'experiences udemonstralives pour fixer son opinion. » (Ann. de Cliim. et de Pliys., t. XXXIV, p. g3). On devait croire , d'aprfes un ton aussi aflirmatif, que le sa- vant auteur de VInstruction sur la fabrication du salpetre t'erait connaitre quelque manuscrit de Lavoisier, dans lequel il aurait trouve la preuve de ce qu'il avance ; mais il n'a pas repondu a la demande que je lui en ai faite, et je declare d'une autre part qu'on ne citemil pas un memoire imprime de Lavoisier oii I'on trouvat quelque chose qui ressemble au sentiment que lui prele M. Gay-Lussac. Au surplus je ne vois pas pourquoi il veut que Lavoisier ait toujours conserve la m6me opinion sur le concours des malieres animales dans la production de I'acide nitrique, quand lui-niemc est revenu d'une maniere si remarquable sur ses idees, qu'apres avoir etabli en principe, en 1820, qu'il ne se forme jamais d'acide nitrique sans le concours des matieres ani- males, il ecrit, au mois de mars 1827 : « Si vous eussiez dit nque, dans quelques circonstances inconnues, il peut se former »de I'acide nitrique sans le concours des matieres azotees , je ne (1) Comment Lavoisier a-t-il pu abandonner de 1786 a 1789 un sentiment de loutesa vie,et qu'il a imprime tant de fois de 1776 ^ 1-8'J ? C'est que dans ce premier laps de temps il ne connaissait pas I'analogie qu'il y a entre I'acide nitrique ct Fair atmosplu'iique, et c'est seulement quelques mois avant la fin de I'impression du volume du concours sur la nitrification, qu'il a decouvert que ces deux corps ne contiennent absolument que les memes principes. »le coiilesterais pas. » Voilii la reforme qu'a amenee dans ses idees la publication dc ma iheorie de la nitrification. Fallait-il done se metire en si grand courroux pour finir par adherer a un des points principaux sur lesquels je I'ai etablie.^ SECTION TROISIEME. L^acide nitrique est formd exclusivement par les eiemens de L'at- mospliere, J'ai prouve, dans les deux sections precedentes, en rapportant des fails concluans et bien observes , qu'il se trouve du salpetre dans des lieux eloignes de toute habitation et dans des materiaux ne conteoant pas de matieres animales ; je vais actuellement faire voir qu'il est de loute impossibilite que I'azote de ces matieres puisse se degager au profit de la nitrification. On adraet [Instruction, etc., page 24) avec Thouvencl que les matieres animales n'ont pas besoin d'etre en contact avec les terres, mais que leurs emanations suflisent pour produire du salpetre. Essayons done tuules les suppositions possibles pour chercher comment I'acide nitrique pounait se former dans cette circoustance. 8erait-ce par I'azote que les matieres animales degagent pen • danl la putrefaction ? Mais d'abord tous les chimistes savent que les produits de cette putrefaction sont de I'amraoniaque, de i'acide carbonique, du gaz hydrogene carbone, et peut-etre du gaz oxide de carbone et de I'eau , mais point d'azote; el quand meme ce gaz serait produit, comment se combinerait-il avec la craie ? On a des exemples de ces combinaisons extraordinaires des gaz dans I'etat que Ton nommc naissant, mais ce u'est pas celui oti I'azote se presente dans le cas que nous discutons , puisque >e sang qui se putrefiait etait a deux picds de la craie que Ton pretend qu'il nitrifiait (1). Serail-ce par une combinaison azotce que ces emanations por- (0 I'Cs commissalres de I'Academie, au nombre desquels se trouvait La- voisier, ont expose de la craie bien lavee dans des paniers a claire-voie qui etaieot suspendus a deux pieds du sang qui se uitriCait. Au bout de quelques mois , !a craie s'est irouvee contenir quatre a cinq onces de salpfitre par quintal. ( aia ) teraicnt avec cl-leg ? Mais on sail que dans la pulrefaclion dn sang, de I'uiine et aiitres matieres seinblahles , tout I'azote sert a foi- int!r de I'amuioiiiaque ; en admeltant iiienie qii'une partie de I'azote echappat i rhydrogcne, et format une combinaison inob- servee jusqu'ii ce jour, comment se ferait-il que cette matiere ne fat nitrogeneque lorsqu'elle rencontre de la craie? car, si elle se porta sur de la chaux, de la magnesie, de raliimine, etc., I'acide nilrique ne se forme plus , ou du moins il n'est produit qu'en quaiUite presque insensible, et seulement apres un long laps de temps (Tliouvenel). Serait-ce par une reaction des emanations putrides sur Fair atmospherique? Mais, outre que cette reaction ne serait pas fa- cile a concevoir, et que d'ailleurs, dan? ce cas, ce serait I'azole de I'air qui formerait I'acide nilrique, et non celui des matieres ani- males, conune on le preleud , il y aurait encore cette objection, a laquelle on ne pent donner aucune reponse : Pourquoi la craie est-elle le seul corps qui sollicite cette r«iaction? II est done impossible que d'une matiere animale qui est aban- donnee seule li la putrefaction, il se degage une substance quel- conque qui, par elle-meme ou parson iictiun , puisse produire de I'acide nilrique (i); mais en est-il encore de meme lorsque ces matieres animaies sont melangees de terre ? II n'y a aucun fait chimique qui laisse soupconner que de I'urine ou du sang donnent par leur putrefaction d'autres produits lorsqu'ils sont melanges avec des ferres , que lorsqu'ils se putr(ifient sans me- lange (2). (1) M. Liebig, qui a travaille a Paris dans le laboratoire de M. Gay-Lussae et qui embrasse ses idees, affirme que Luiscius a fait voir que des matieres animaies abandonnees i I'air produisent de I'acide nitrique ; niais comme il n'a pas rapporte les experiences ni le tcxle de ce chimiste, et que d'un autre c6te il a fort mal interpret^ mes idees sur la nitrification, en me pretant des choses que je n'ai jamais dites, je puis, a juste titre, craindre qu'il n'ait pas ete plus heureux daus ce qu'il nous rapporte des resultats du chimiste hollan- dais. (2) Quoique I'urine el les autres matieres animaies semblables que Ton a employees a I'arrosage des nitrifies neservent pas directement a la lormation de I'acide nitrique, il est possible qu'elles y concourent indirectement , en conservant rhumidile dans la masse plus long- temps quenele f'eraitl'eau pure. Je transcris lillt'ralemenl le paragraphe ci-dessus du lome XXXIII, p. 17, ( 2i3 ) Apres avoir fait voir quo les matiferes aniuiales ne concoureiit pas par leur azote h la production de I'acide nilriqiie, je vais in- diquer comment Pair atmospherique seui peut former cet acide. Tout !e monde est d'accord quil ne se forme de I'acide ni- Jrique dans les lieux abrites, que lorsqu'il j regne une certaine humidite, et que I'air circule dans toutes ses parties; car, dans les lieux oQ il ne peut pas se renouveier, il n'y a point formation d'acide. C'est ainsi que Lavoisier a vu, ii la Koche-Guyon, que dans des cavernes ou des trous qui etaient profonds et qui n'a- vaient qu'une issue, I'acide nitrique ne se trouvait pas dans les parties profondes, mais seulement dans celles qui etaient a Ten- tree. Les n)emes observations ont ele faites par ce savanl celebrc dans les carrieres de tufeau de la Tournine. Puisqu'il se forme de I'acide nitrique dans des lieux qui ne renferment que des pierres poreuses ou des lerres legeres, les unes et les autres contenant de la craie, de rhumidite et de I'air qui se renouvelle sans cesse, voy.ons comment cet acide peut se former dans des circonstances aussi simples ; mais pour ceia il nous faut examiner quel peut etre le rule de chacun de ces agens. Le tufeau, les terres meubles, la craie, agissentprincipalement comme absorbans; cela est si vrai que Chevrand a vu des craies compactes qui ne se nitrifiaient point; enfin on ne trouve jamais d'acide nitrique dans aucune carriere de marbre, soit de ceux qui sont exposes aux injures de I'air, soit de ceux qui sont dans I'interieur de nos habitations, qui donne le moindre vestige d'a- cide nitrique; ainsi done il faut attribuer la facile nitrification du tufeau et des craies priiicipalement a leur porosite, puisque les marbres qui, comme ces dernieres, ne sont que du carbonate de chaux, ne se nitrifient point. Cependant nous verrons que la base doit aussi jouer un role dans la nitrification. Quels sont les corps sur lesquels la craie et le tufeau portent des Annates de citimie ct de physique. Pourra-t-on croire que xMM. Gay-Lussac et Pelicier I'aient interpi etc de la nianiere suivaote, dans un ryppoit qu'ils ont I'ait au ministre de la guerre au nom de la Diieclioa des poudres : oOn »ne pounait admeltre que le concours dt-s niati6res animales soit superflu, et yicncore moins qu'itsoil niisible, ainsi (/ueparaitrait Ic croire I'auteur de la notivcl/o » theorie ? « ( tii4 ) leur force absorbanle? C'est sur Pair et sur I'eau , cette demi^re concourant de deux manieres : premierement en apportant un air plus oxigene, si je puis me servir de cetle expression, rpie iie I'est celui de I'atmospht-re, ainsi que tous les ciiimistts le leconnais- seut, et en second lieu comme etant indispensable a la formation de I'acide nitriquc, cet acide ne pouvant pas exister sans eau. Depuis Morozzo, iloupe et de Saussure, on connait raclion qu'exerce la porosilo des corps pour combiner entr'eux des gaz qui ne se combinent point lursqu'ils sont seuls en contact. Si done i Taction de la porosite des corps et A celle de I'eau vous joignez la presence d'une base, vous obtiendrez la reunion de I'oxigene et de I'azote de I'air dans les proportions qui forment I'acide nitrique, et cet acide sera absorbe par la base a mesure que le coips poreux et I'eau I'auront forme. Tous les cas de nitrification, soit dans les carrieres, soit dans les souterrains, les caves ou celliers ; soit sous les hangars on dans des nitricres artificielles ; soil dans les bcrgeries et ecuries, s'ex- pliquent bien simplement et d'une nianiere satisfaisante par la theorie que je propose. II ne nous reste plus qu'a voir si elie donne cgalement une raison admissible de la formation du sal- petre dans I'lnde, en Espagne, et aulres lieux semblabies, D'a- bord nous savons que tous les terrains qui presentent du salpelre sont tres-meubles; nous savons aussi que dans les pays chauds, et particulieremeut dans I'lnde, les pluies y sont extraordinaire- ment abondanles quoique tres-rares; il y a done ici loutes les conditions voulues seion ma theorie : porosite du sol et huniidile profonde dans ce sol, laquelle preside a la formation de I'acide nitrique, cet acide, je le repi-le, ne pouvant pas exister sans eau. Lorsque les chaleurs ont pompe I'humidile, les pluies nerevenant pas subitement, le salpelre qui a ete attire a la surface par I'eau y reste depose et pent elre recueilli, au lieu que dans nos cli- mats les pluies oonlinuelles ne permettent pas au salpetre de se montrer ; mais la preuve incontestable qu'il existe dans le sol, c'est qu'on retrouve ce scl dans un grand nombrede vegetaux, et nous avons vu precedemment qu'il n'est point un produit de la vege- tation. Mais, outre la iiitriGcation qui s'opere dans le sol de I'lnde Oil de I'Espagne, le salpetre que Ton recueille sur les terres de ( 2l5 ) ces contrees pent avoir encore une autre originc que j'ai ituliquee il y a plus de vingt ans {Journ. de Pltys. LXIX, p. 107), c'ei-tque dans ces contrees les pluies sent sou vent accoinpagnces du ton- nerre, lequel n'est qu'un effct du degagement de I'electricite des nuages; or nous savons tres-bien , depuis Cavendisch , que lors- qu'on fait passer Tetincelle electrique a travers un melange d'oxigene et d'azote, il se forme de I'acide nitrique; et en effet ftlarggraf a observe que les eaux de pluies survenues a la suite des orages contiennent de I'acide nitrique.Cetacide, secombinant avec la base que lui offre le sol. forme du salpetre qui sc joint a celui qui doit son origine ii la nitrification. M. Liebig a donne {Ann. de Chim. etdeP/iys. XXXV, p. 529) comme unedecouverte qui lui est propre I'existence de I'acide nitrique dans I'eau des pluies d'orage, que tous les chimistes connaissaienl depuis plus de soixante-quinze ans, d'apres Marggraf, et qui est consignee partout. 11 a presente aussi conune nouvelle rexpiicalion quo j'ai donnee , il y a vingt ons, du fait observe par cet ancien chimiste. Je n'ai point rapporte, dans ce Memoire, les nombreuses ob- servations que j'ai faites pendant dnuze ans, soil en l''rauce ,. soit en IJelgique, soit en Ilalie, en visitant des centaines de caves ou celliers, dans lesquels les salpetriers que j'avais sous nies ordres exploitaicnt le salpetre; ces lieux a'ayant ete visiles que par moi , on revoquerait en doule tout ce que je rapporterais, et je suis d'ailleurs assez fort des faits observes par Lavoisier, Proust, M. John Davy, et par ceux que tout le monde pent constater dans les carrieres de craie ou de tufeau qui sont si conuTiunes en France. On m'a reproche de n'avoir pas fait d'experiences par moi- meme, comme si un fait que la nature m'a presente des cen- taines de fois , et que tout le moude pent constater, eu descen- dant dans des caves, ou en visitant des celliers et des carrieres de tufeau, avait besoin d'etre confirme par des experiences nou- velles de laboratoire. Au resle j'cn cite qui ont ete faites , et auxquelles il n'y a rieu a repondre : telles sont particulierement celles de I'uutfur ftuii.^ nom et deThouvenel que Ton tronverappor- tees precedemuient, p. 2o5-2o6. 11 est d'ailleurs evident que c'est une dilliculte que run a elevee, parcc qu'clle se presentait, car ( ^'^i ) j'auraisfaittoules les experiences iiiKi^inablosqu 'on ciinnrnit nie les resnilals; etla preuve inconstestableqiie c'est nnc dilliciilti'qii'on a ele Mon aise de saisir, et rioii ilc plu^, c'ost quo lorsque j'ai dcmandc au ininislre ile la guerre quil voulrtt bien coiK»iilter pour savoir s'il n'y aiirail pas lieu a I'airc des essais, toiites les personncs, sans exceplion, qui deniaiidaient des experiences se sonl elevt.es pour qui! n'en ffll pas rait,et PAcadeniie dos Sciences elle-menie a envoye au niinislre un rapj>ort dans ce sens, .le ne sais quel a vantage I'Acadeniie a cru voir, en prenant celle deci- sion , mais elle n'en retirera certainement pas la connaissance de la vcrite, puisqu'elle ne pouvait I'oblenir que par I'experience; et ce sujet etait tellenient grave, puisqu'il s'agissait de I'interCt de I'Etat , qu'il me sein})le que I'on devait au moins chcrcher i\ prouver que les essais a I'aire eussent ete plus coflteux que le re- sullat, quel qu'il t'Qt, n'eflt etc avaiitageux; car si les depenses ne devaienl elre rien en coniparaison des n'sultals qu'ou pouvait oblenir, rAcadeuiie serail coupable de sTlrc opposce a ce qu'il lilt fait des essais (i). Quoi qu'il en soil, on a prt'lere s'eu ieiiir au sentiment de nos pt:res sans discuter serieusemenl les idees que je presente, ce qui ne me parait pas tris-philosopliique. J'attache fort pen d'importance pour inoi-menit! ;'i la theoric de la nitriticatiiMi que j'ai presentee , el la preuve en est que je I'ai gardee pendant dix ans sans la ptiblier, me eonlenlant de la I'aire coiuiaitre a mes amis. Aujourd'luii je la del'ends, parce qu'elle a ete attaquee avec ignorance des faits et snuvent avec mauvaise foi, mais surtout parce que j'ai vu la torpeur des hommes. qui ne veulent point sortir de leurs vieilles idees, et que je crois faire une chose utile a la science en montraut que I'esprit de routine est loujours la pour empecher les hommes de revenir sur les erreurs les plus signalees. (i) On ne pouvait pas depenser 3ooo francs pour faire ilt-s essais, et le gou- vernenient depense tous les ans deux millions qu;ilre cent uiille f;ancs en achat de salpOtre. On avail la chance de faire une economic sur celte souime, et Ton debarrassait la Fiance des salpelriers qui ont tonjours iii consideriis couime ua verllable lleau. NoTK. Voyez ci-apres, 5 la fin de la i" parlie du memoire sur les Itclenitiilcs, de» experiences qui sc raltacheot ^ I'un des faits doat a parlc M. Longchanip dans son travail. (R.) ( ^'7 ) EXTRACTION DES RADICAUX DES TERRES ET DES ALCALIS. A I'epoque de la revolution chimique operee par LaYoisier, les substances que Ton avail eu raison de regarder coinme compo- sces, quoique indecomposables par les precedes connus, etaient les suivantes : la potasse, la soude, Valumine, la magnesie, la ba- ryte , la cliaux , la siUce, les acides borique et fluorique. Les sub- stances analogues, qui fiirent decouvertes plus tard, sont la zircone (trouvee en 1789, par Klaproth), la strontiane (en 1790, par Crawford), V;)'tiria (en 1794? par Gadolin), \aglucine (en 1798, par M. Vauquelin), et la lithine (en i8i8, par M. Arfwedson). La plupart de ces corps jouent le role de bases salifiables, et quel- ques-uns seulement celui d'acides plus ou moins energiques; et comrae, d'apres la theorie de Lavoisier, un sel est le resultat de ia combinaison d'un oxide avec un acide, les substances qui viun- neut d'etre nomniees devaient, par analogic, elre considerees coinnie des combinaisons d'oxigene et de radicaux qu'il s'agissait d'isoler. Tel etait le probleme dont M. H. Davy donna les pre- mieres solutions, dans le cours de I'annee 1807. Les travaux de cet illustre chimiste ont marque une ere nouvelle a la science des elemens ; ils ont altire I'admiration de tous les sa vans ; et des recompenses signalees ont ete decernecs a leur auteur par les deux gouvernemens places a la tete de la civilisation europcenne. Ces decouvertes etaient le fruit de I'admirable invention de la jiile voltalque. Deja, par le moyen de cet instrument, les pbysi- ciens et les chimisles avaient opere la decomposition de I'eau ; ils avaient constate le transport, au pule positif, de I'oxig^ne et des acides, et celui de I'hydrogone et des alcalis au pole nugatif. M. Davy s'etait parliculierem<;nt occupe de ces |ihenonien(s de decomposition, dans un memoire insere aux Transactions philoio- phiques pour 1807. Dans le cours de ces recherches, il avail soup- ronne que la cause pour laquelle les radicaux des terres el des al- calis n'abandonnaient point leur oxigene, quand ils se rendaient nu pole negatif, etait la presence meme de I'eau qui leur resli- ( •^'8 ) tiiait cet element au I'ur et i\ mesure qu'ils en ^taienl depouilles par I'action du courant electriqin;. Ainsi, meme avec I'inventiou de la pile de Voita, et la coiinaissance de son influence sur les combinaisons chimiqiies, on eQt pu i^norer encore long-temps la composition des alcalis, sans ce raisonnement ingenietix du chi- miste anglais, ct sans la perseverance avec laquelle il ponrsnivit ses investigations, et sut defendre la realite de ses decouvertes contre les assertions erromies de quelques chiniistes du continent. M. Davy a fait, avec le secours de la pile, tout ce qu'il send)lait possible d'executer. Ses precedes out etc, depuis, diversement modifies; apres 16 anntjes de tentativcs plus ou moins infruc- tueuses, on est parvenu a isoler plus complelement quelques ra- dicaux qui n'avaienl ete qu'entrevus, et d'autres dent les oxides etaient rares alors , ou meme lout-a-fait ignores. Nous voulons parler da sUicium el du zirconium , obtenus par M. Uerzelius; de Vaiuminiam, du glucinium et de Vjtt)'ium, isoles tout recemment par M. Woehler. C'est ii propos du travail do ce dernier chimisle, sur le glucinium et i'yttrium (travail que nous donnons textuelle- luent a la suite de notre article), qu'il nous a paru convenable de remonter a Torigine de ces d(5couverles, pour indiquer leur de- pendance successive, et retracer en peu de mots les proprietes essentielles de ces corps nouveaux. Cetle marche, que nous sui- vrons habituellement, quand nous aurons a parler, pour la pre- miere tbis, d'un objet important, facilitera, pour beaucoup de personnes, la lecture de nos Annales. Potassium. M. Davy mettait dans une cuiller de platine un morceau de polasse legerement humide, et dont I'epaisseur etait de ^ de pouce environ. La pile qu'il employait etait forniee de 100 paires carrees, de 6 pouces de cote, et de i5o paires a 4 pouces. Le conducleur humide etait de I'eau chargee d'alun et d'acidc rii- trique. Les extremites ou poles etaient des fils de platine. L'un de ces poles etait mis en communication avec la cuiller, et I'autre avec lo morceau de potasse. Alors de I'oxigene se degageait au pole positif, et au pole negatif apparaissaient de petits globules de polassiuni semblabies au aiercure, quant a I'aspect, el qui ( 219 ) redevenaient potasse par leur comlxislion , soil dans I'air, soil dans I'eau. M. Davy etudia les proprietes de ce corps noiiveau. [Transact, philos. pour 1808, p. 1 — 44.) Sodium. Le sodium, radical de la soude, s'oblenait de la meme nia- ni^re, muis plus difTicileuient; et pour laisser an courant elec- triqiie la facilite de traverser le morceau de sonde, il etail ne- cessaire de reduire i g ou -^ de pouce I'epaisseur de ce dernier. (Ibid.) Barium , strontium , calciuin et magnesium. M. Davy ayant reconnu que de tons les corps, I'huile de naphte avail le moins d'action sur le potassium et le sodium, se servit de cette huile, non-seulement pour conserver ces sub- stances , mais encore pour faciliter I'extraclion de subst;irices beaucoup plus inflammables, telles que le barium, le stron- tium, le calcium et le magnesium. Apres avoir fortement des- seche la baryte , la strontiane, la chaux et la magnesie, il les humectait legerement, et les placait dans de I'huile de naphte, pour les y soumettre au courant de la pile. II se degageait alors beaucoup de gaz, et le pole negatif s'entourait de matieres brunes t'oncees ayant I'aspect melallique. Ces matieres redevenaient blanches i I'air et dans Teau, mais on ne pouvait pas en obtenir unc quanlite suffisante pour les examiner. M. Davy crut alors de- voir melanger ces alcalis avec le potassium, et chauffer ces divers melanges dans un tubede verre; mais il ne reussit guere micux. II imagina de fondre le melange de I'alcali et du po- tassium, pour le I'aire traverser ensuite par le courant de la pile; mais inutilemenl, vu que le radical de I'alcali se brOlait au fur et a mesure qu'il apparaissail. Enfin, ayant vu qu'en me- lant de la potasse avec de I'oxide de mercure, et soumettant le tout a Taction de la pile, il y avail production d'un amalgame de potassium, et que ce dernier metal se formait plus vite que sans la presence de I'oxide de mercure, il prit le parli de sou- meltre au courant electriqiie des melanges d'alcalis et d'oxides metaliiques. Parcxemple, il rcunit deux parlies de baryte avec ( 220 ) une partie d'oxide d'argenl, 11 humecla ie melauge qui, aulour du pole nt'galif forme par un fil de fer, prit one couleiir argen- tine, et prccipita dti sulfate de baryte avec degageinent d'hy- drogene, quand on Ie init dans une faible solution d'alun. (Ibid., p. 53o — 3^0. ) Bore. M. Davy, dans son Memoire sur Ie potassium et Ie sodium, annoncait aussi la decouverle du bore; mais ce n'est que dans son Memoire suivant qu'il a donne la description de cetle nou- velle base qui est sons forme de poudre, couleur olive. Deux ans apres, aiM. Gay-Lussac et Thenard opererent aussi Tcxtraclion du bore , en dccomposant I'acide boriqnc par Ie potassium ; mais ils ne jieuvent raisonnablement s'attribuer la deconverte de ce premier radical. (Ibid.) SiliciuTii. M. Davy avait entrevu Ie silicium en 1807. MM. Gny-Lussac et Thenard, en 1809, I'avaient aussi obtenu; mais ces derniers chimistes s'etaient mepris sur la nature d'une substance de cou- leur brune qu'ils avaient obtenue , et qui n'etait que Ie silicium impur. En 1825, M. Berzelius reprit les experiences des chi- mistes francais, et finit par obtenir Ie silicium, qui lui avait tant de fois ecbappe. Dans une cornue de verre , il mit un petit vase de porcelaine contenant un morceau de potassium. II fit Ie vide dans la cornue, et la mit ensuite en communication avec un reservoir plein de gaz lluorique silice. II cbauffa la cornue a la lampe. Le potassium sVmpara du silicium, et se transformaen une masse brune foncee. RelVoidi dans le vide, puis jt-te dans I'eau , le potassium reprit I'oxigene de celle-ci ; I'hydrogene se combina avec ie silicium, et il se degagea en outre de I'hy- drogene provenant de I'oxidation d'un exces de potassium, et sans doule aussi d'une partie du silicium. L'hydrure de si- licium fut ensuite brftle dans Toxigene. Tout son bydrogene disparut, et il ne resta qu'un melange de silicium et de silice. On enleva cetle derniere par I'acide fluorique, et Ie residu , bien lave et dessecho, fut ie silicium pur. Le silicium est d'un brun de noisette sombre sans Ie moindrc I ( 2'il ) eclat molallique. II est incombustible dans I'air, clans I'oxigene , et mt'itie dans la flamine du chnlumeaii ; il est infusible. Ubiule dans la vapeur de soulVe et dans le chlore. Le sulfiire de siliciuin mis dans I'cau produit un degagement d'hydrogene sulfure, et line disfeolntion de silice, qni pent etre tellement concentree, qu'elle se prenne en gelee apres une legere evaporation. La silice esl fonnee de siliciuni 48,275 et d'oxigene 5i,725. [Mdmoires de I'Acml. roy. des Sciences de Stockholm, 1824, p. 4^ et 94.) Zirconium. Pour obtenir le zirconium, M. Bcrzelius mela le fluate double de zircone et de potasse avec du potassium en fusion, dans un tube di; fer ferme u I'lm de ses bouts et bouche a I'autre bout par un couvercle. Le melange opere, il replaca le couvercle, et mit le tube (qui n'avait qu'un pouce et un quart de longueur) dans un creuset de plalinu qu'il ehauffa a la lampe. Apres le refroi- dissement, il mit le tube dans I'eau dislillee ; une poudre noire se precipila, et il y eut degagement d'un pen d'hydrogene. Cette poudre etait le zirconium contenant des traces de zircone. Pour enlever celle-oi, on fait digerer la poudre dans I'acide murialique, on filtre et on lave. Le zirconium ainsi purifie se presente en pe- titcs masses d'une poudre coherente et noire comme du charbon. 11 brOle a iine temperature bien moins que rouge, et produit une vive lumiere. La zircone est formee de zirconium 65,686, et d'oxigene 26,5i4 {Ibid., p. 278. ) Aluminium. M. OErsted, voulant extraire I'aluminium, jugea qu'il reussi- rait mienx si, au lieu d'attaquer I'oxide d'aluminiiim on I'alumine par le polassium, il faisait agir ce potassium sur qnelque autre compose (i'aluminium , sur le cblorure de ce dernier, par exem- p!e. II parvint a former le chlorure d'aluminiiim qu'il presenta a I'Academie des Sciences de Copenhague, dans sa seance du 18 I'evricr iSaS; il acheva cede importanle communication aux seances du 26 mai et du 8 avril de la meme annee. Voici son pro- cede : il fait un melange d'alumine pure ct de chaibon parfaite- ment desseches; il le met dans un tube de porcelaine qu'il porte ( 222. ) i rincandcscence , et dans lequtl il fait passer un courant de chloro desseche. II se dej^age dc I'dxide de carbone un exces de chlore et du chlorure d'aluuiinium. Ccliii-ci vient se condenser dans un recipient ; il est volalil a une temperature qui ne surpasse pas de beaucoup celle de I'eau bouillanle; il est un pen jaune; il cristallise, et se dissout dans I'eau en prnduisant beaucoup de chaleur. Chaiiffe rapidement avec un ainalgaine de potassium, il y a double decomposition, et Ton oblient par la distillation, sans le conlact de I'air, une masse metalliqne qui , pour la couleur et I'eclat, se rapproche beaucoup de I'etain : ce serait I'alumi- nium ; tnais M. OErsted avoue lui-meme qu'il ne coiisidere pas ses experiences comme lerminees. M. OErsted a aussi obtenu le chlorure de silicium par le ineme procede; mais ce chlorure bout a 5o°centigrades, et Ton est oblige de le condenser par un froid artificiel ; alors on ne peut pas pro- duire I'amalgame de silicium, ni , par consequent, en extraire ce dernier melal. [Overslgt over det K. danske Videnskah. Sclskahs forhandl., i825. ) M. Woehler reprit ces experiences en 1827. II modifia le pro- cede de ftl. OErsted pour I'exlraction du chlorure d'aluminium, en ceci qu'au lieu de meler I'alumine simplement avec le char- bon , il ajoute a ce melange du Sucre et de I'huile , brQle le tout dans un creuset convert, el chauffe ensuite dans le chlore cette masse charbonnee. Pour obtenir I'aluminium, il met an fond d'un creuset de porcelaine des morceaux de potassium, et les couvre d'un egal volume de chlorure d'aluminium; il ferme le creuset, et le chauffe graduellement jusqu'a ce que la reaction commence. La chaleur degagee par cette reaction est si conside- rable, que le creuset devient rouge de feu. Quand la masse fon- due est refroidie , on la jette dans I'eau ; il y a degagement d'hy- drogfene, et precipitation d'une poudre grise , qui , A la lumiere du soleii , parail formee de petites ecailles metalliques ; c'est Valuminiiim. Chauffe jusqu'au rouge, il brCile avec une grande lumiere. Dans I'oxigene, sa combustion est si vive, que les yeux pen vent a peine en supporter I'eclat, et I'alumine ainsi formee fond pour le moins en partie. Les morceaux fondus sont jaunfitres et presque aussi durs que le corindon, puisqu'ils rayent le verre. [Jnnalen der Physik and C hemic , 1827; cah. 9, p. 85. ) ( 225 ) Decouverte da Glucinium et de I' Yttrium par M. Wcclder. On ue connaissait pas jusqu'a present les radicanx de la gly- cine et de I'yltria, J'ai essaye de reduire ces terres de la meme maniere que ralnmine, c'est-a-dire en decomposant leurs chlo- rure« par le potassium; et j'ai reussi a oblenir ces metaux isoles. lis o'ont pas plus de tendance que I'alurainium k s'oxider dans I'eau; et, coninie on poiivait le prevoir, d'apres la ressein- blance de leurs oxides, ils ont dans leurs actions chimiques la plus grande analogic avcc ce dernier metal. Glucinium. J'ai exfr.iit moi - meme du beril la glucine que je devais soumettre a mes reclierches, et jc I'avais fait dissoudre dans le carbonate d'ammoniaque. Elle fut bien melee avec du charbon, portee au rouge ot expo.see a un courant de chlore desseche. M. Rose avail ainsi oblenu, le premier, le chiorure de glucinium; je I'obtins par la sublimation en aiguilles d'un blanc brillant , quelques-unes entrelacees, et remplissant un tube de verre d'un deini-pouce de diametre adapte au tube de porcelaine, et les autres agglomerees en une masse solide. Ce chiorure se sublime aisemeni, se disperse tres-rapidement dans Pair, et se dissout dans I'eau avec une vive effervescence. Pour retirer le glucinium de son chiorure, on met ce dernier dans un creuset de platine, en couches alternant avec des bou- leltes de potassium aplalies, on bride ensuite le couvercle avec un fil de fer, et on chauffe le creuset avec une lampe a esprit de vin ; la reduction s'opere instantanement , et avec un tel de- gagement de chaleur, que le creuset est porte au rouge blanc. On le laisse se refroidir, on le decouvre, et on le jefte dans I'eau. La masse grise ainsi fondue, et forniee de chiorure de potas- sium et de glucinium, se dissout en degageant un peu d'hydro- gene puant; et le glucinium se precipite en une poudre noir- grisatre qu'on lave sur le filtre et que I'oii desseche. Le glucinium est alors sous forme de poudre gris-fonce, comme iin metal tres-divise. Cetle poudre, sous le polissoir, prend un brillant metallique fonce. Comme la grande chaleur a laquelle ( 924 ) elle a ete soumise I'a laissee i\ I'etat de division, on peut crnire qu'elle est ties-diflicilement fusible. Elle ne s'oxide pas h I'air, a la temperature ordinaire , ni lians I'eau , iiicme liouiliante. Chauffe a I'air, sur une lame de platine, le glucinium brule vivement, et passe a i'etat de gluclne. ChaulFe dans i'oxigene pur, sa combustion s'opere avec un degagement extraordinaire dc chaleur et de lumiere , et la glucine qui en resulte ne pre- senle aucune trace de fusion. Lorsque le glucinium contient de rhydrate de glucine, comme cela arrive quand on a tropprisde potassium pour operer la reduction, sa combustion dans i'oxigene laisse aporcevoir une flamme qui provient de I'hydrogfene degage de rhydrate par Taction reciproque du glucinium sur I'eau de cet hydrate. Chauffe dans I'acide sulfurique concentre, le glucinium se dissout en produisant un degagement d'acide sulfureux. Dans I'acide sulfurique etendu , dans I'acide muriatique et dans I'a- cide nitrique, il se dissout facilement, en degugeant de I'hy- drogfeue dans les deux premiers, et dc I'oxide d'azote dans le dernier. II se dissout aussi dans une dissolution de polasse caustique, en degageant de I'hydrog^ne ; mais I'ammoniaque, qui dissout I'aluminium, n'altaque point le glucinium. Dans le chlore gazeux un peu chauffe, le glucinium brQle avec un vif eclat, et se sublime en cristaux de chlorurc de gluci- nium. II s'allume facilement aussi dans la vapeur de brome chauffee. Le bromure de glucinium se sublime en aiguilles blanches et lon- gues; il est fusible, tres-volalil et soluble dans I'eau, avec un grand degagement de chaleur. Dans la vapeur d'iode chauffee , le glucinium brOle de meme , et I'iodure de glucinium qui en resulte se sublime en aiguilles blanches, et se comporte, du reste, comme les deux composes precedens. Le sulfure de glucinium , en se formant, degage presque autant de chaleur et de lumiere que ce metal brCdant dans I'oxigene. La combiiiaison s'opere aussitot que le melange du glucinium et du soufre est chauffe au point ou ce dernier se distille, et que le me- tal se trouve dans une atmosphere de vapeur de soufre. Le sulfure de glucinium est en une masse grise et infusible; il se dissout, ( 2'^5 ) qiioiquc diffiiilcmcnt , dans Teau, de laquelle il ue dcgagc pas il'hydrogeiie siill'ure. Tar Paclioii des acides , ce gaz se developpe au.-isilot. J'ai essayti vaineinent de reduire le sulfate de glucine en siilfure de glucinium, au inoycn de la cliali ur rouge , soil par un courant d'hydrogeue , soil p ir uu couraiit d'liydrogene sulfure , et il parait que tout I'acide sulfuiique a ete eiUraine , et que la base duselestdeuieureeparfailementisolee. Jl.Berzelius a trouve qu'on produisait un sulfure de glucinium en s'y prenant d'une autre ma- iiiere; savoir : «n melanguant, dans I'eau , de I'hydrate de glucine avec un sulfure metalliqu* eleclro-negatif , d'oii il resultait unu dissolution de sulfo-sel. Le seleniure de glucinium se forme avec un grand degagement de feu, tjuand on fond enjenible le selenium et le glucinium. 11 se produil une masse fondue, cassante, et dont la cassure est grise et crislalline. Il se dissout , qunique difficilement , dans I'eau, sans decomposition; mais la solution passe ensuile au rouge par la precipitation du selenium. Dans la vapcur de phosphore , le glucinium br£l!« avec eclat. Lc fthosphure de glucinium est gris, pulverulent; et, dans I'eau, il degage de I'hydrogene phospbore spontanement inflammable. Le glucinium s'unit aussi a I'arsenic, en devenant incandescent. L'arseniure de glucinium ne se fond pas, mais se presenle en une poudre grise, qui, dans I'eau, degage de Thydrogene arsi- niqut^. Enfin , le glucinium s'unit au tellure sans production de lu- tniere. La combinaison de ces substances est une poudre grise, qui, a I'air, laisse degager une odeur d'bydrogene tellure, el qui, dans I'eau, developpe ce gaz avec abondance. Yttriiun. L'yttria qui a servi A mes experiences a ete retiree de la gadoli- nite pure d'Ylterby. On obtient aisement le chlorure d'yltrium , quand on expose un melange d'yttria et de cbarbon a un courant de chlore gazeux. Le chlorure d'yttrium ressendjle beaucoup au chlorure de glucinium; et , dans sa preparation, il se sublime en aiguilles blanches et luisantes , qui , dans le voisinage de la partie rouge dii tube, se fondcut en une masse cristalline. II se dissout i5 ( 226 ) il;in* I'cnii en tl(!i;;igc;uit beiuicoiij) de chaloiir, el il se volatilise dans I'air avec ime tres-graiidc rapidiu'-. J'ai cu ici I'oocasion do roinarriuer coinbifn il est dii'ficile d'oljltnir I'yttria parraiteinenl pure. En tfl'et, an commencement de celte operation , nieme avant que le chlorure d'yltrium ne se Ibrmat, on vit apparaitre quelques gouttes d'un liquide rouge fonce et visqueux , forme de chlorure de soiil're etd'un peu de chlorure d'yltrium; et I'operation termi- iiee , il reslait dans le tube une masse considerable boursoufllee, grlse, formce de pctiles parcclles cristallines, qui se dissolvait dans I'eau en degageant beaucoup de chaleur, qui avail une saveur douce comnie un sel d'yttria , mais qui ne laissait degager aucune trace de chlorure d'yltrium , meme par une chaleur trts-intense. I'n examen plus attenliF prouva que cetle matiere t'tait un sel double de chlorure d'ytlriuni el de chlorure de potassium, encore melange de charbon , et par consequent analogue a celui que j'ai nientionne dans men travail sur raluminiiim. Cc melange de soufre et de potassium avec I'yttria s'explique aiscmcnt , si Ton se rappelle que, dans la preparation de celte dernicrt; terre, le cerium a ete precipite de la dissolution de la gadolinite an inoyen (111 suUale de potasse ; car, bien qu'apres la precipitation de I'yttria par I'ammoniaque ,. j'aie eu la precaution de verser la dissolution dans un exces d'ammoniaquc, et non I'ammoniaque dans la disso- lution, neanmoins la lolalite des matieres dissoutes se precipi- tait sans aucun doule en un double sel tres-basique , avec les sulfates d'yttria et de potasse; ce qui elait prouve par le Iraite- ment avec le chlore ; et ce double sel avail «'!te ensuite decom- pose par Taction combinee du chlore el du charbon. L'yttrium fut ensuite extrait de son chlorure par I'emploi or- dinaire du potassium. Celte reduction est toujours accompagnee d'unc chaleur portte au rouge; et qiiand on met la masse dans I'eau, l'yttrium s'en sepaie sous forme de petiles ecaillcs d'un brillant melalii<|ue. En les lavanl .el les dessechant, on oblient une poudre brillanto d'un gris-noiratre , et qui n'est que ryttriuin, avec le brillant metallique de petiles ecailles d'acier. Get aspect inetallique et cristallin le fait tres-bien distinguer du glucinium et de I'aluminium. Sous le polissoir, il acquiert un brillant me- tallique, d'line teinte beaucoup plus foncee que celui de I'aluuii- uium , qui est plulol blanc. Et si Ton pouvait comparer ces deux ( -^- ) nn'iaiix dans li:iir ctat coin{)acte,oii trouvorait ciilic leurs coulcins 1^ ineiiie difference que pour le fer et I'etain. En outre, ralumi- niuin semble elrc un metal ductile, taiidis que Ijltrium paraii elre cassaut. L'yllrium s'oxide a la Icmprraturo oidiiiaire, soil dans I'air, soil dans lean. Chauffe a I'air jusqu'au rouge, il brOle avecbeau- roup de vivacite, et redonne I'yltria blanche. Cette combusti.)n dans I'oxigene pur donne la lumiere la plus intense que Ton piiisse obtenir. L'yltria qui en resulte est blanche , el semble offrir quelques traces de fusion. L'yltrium se dissout aisement dans les acides etendus, et I'lit degagcr de I'hydrogcne. Cette dissolution ne s'opere pas si Cacile- ment dans la potasse, et raumiouiaque ne I'opere pas du tout. Chauffe avec le soufre, ryllrium brfile jusqu'a ce que tout I.; soulre soit reduit en vapeurs, et le sulfure d'yttrium qui en re- suite est soluble dans I'eau, d'oii il se degage de I'hydrogfjue siil- lure par I'addition d'un acide. L'yllrium se combine avec le selenium a la temperature d(! iusion de ce dernier, et il en resulte une faible lumiere. Le selc- niure d'ytlrium est noir, ne decompose pas I'eau, mais degane de I'hydrogene selenie par TaddiHou d'un acide elendu. Chauffe avec le phosphore, il ne tarde pas a s'euflammer dans lu vapeurphosphorique. Lephosphure d'ytlrium e.-t gris-noirutrc. pulverulent, et, mis dans I'eau, il en degage de Ihydrogeue phos^ phore spontanement inilamniable. Ces experiences prouvent done que les radicaux de raliimine, de la glucine et de I'yltria sunt des metaux qui , a la lempciature ordinaire, s'oxident, soit dans I'air, soit dans I'.au; qui, j)ar Tac- tion des alcalis et des acldes , decomposent I'eau , el se eonibiucut [.romptement, et avec degagemenl de chaleur et de lumiere , avec , J'oxigene, lechlore, le brume, I'iode, le soufre, le selenium, le phosphore, I'arsenic et le lelluie. {Annulendcr Physik ond Chemiv, iSaS, n° 8, p. 577.) ( 228 ) DfiSCKIPTION d"uN GONIOMETRE MlCROSCOfiytE ; PAR M. KASPAlt, Je in'occiifHi depuis quelques annees i dessiner les formes 'le certains ciislaux iiidetermines, que les tissus des animaiix on des vegelaux in'offrent au microscope. Pour en determiner les angles, je n'avais d'autre moyen que de comparer mes dessins avec Tobjet par le precede de la double vue, c'est-a-dire en re- gardant de rreil droit a travers les tubes du microscope, et de I'oeil gauche I'objet dessine place a hnit pouces de distance de I'oeil, jiisqu'a ce que, par une illusion favorable a ces series de recherches, I'objet du microscope semblal se superposer sur le dessin, que je modifiai ensuitc jusqu'a ce que Tobjet et la figure confondissent leurs contours. Mais ce procede long et fatlgant entraine des erreurs assez graves, a cause des ombres qui en- t'Hirent Tobjet au microscope ; les lignes du dessin se perdent dans ces ombres, et la determination finit toujours par elre un pen arbitraire. Pour obtenir une cerlaine precision, je conslruisis en carton le modele de rinstrumenl sujvant : une plaque circulaire de o,°'i5 de diamt'tre, ayant une ouverture de o,"'o8, et graduee sur le plus petit diametre elait placee sur le porlc-objet horizon- talement, de maniere que le centre correspondait au foyer du microscope. Deux demi-cercles , I'un a plus grand diametre que I'autre, et concentriques 6 la plaque pouvaient sc mouvoir, I'lm dans un sens, I'autre dans I'autrCj sur la surface de la plaque cir- culaire; et ils portaient chacun un cheveu tendu de I'une des ex- tremites a I'autre; ce cheveu represenlait le diametre cominun. Lorsque je voulais prendre la mesure d'un angle, je faisais tonr- ner en sens inverse mes deux drmi - cercles, jusqu'a ce que rentrecroiseraent des cheveux equivalut a I'ouverture de Tangle observe dont le sommet elait exactcnient place sous leur point d'intersection. Je n'avais plus alors qu'a compter les degres sur la plaque circulaire pour avoir la mesuie de Tangle, le tout en tenant compte du renversement des images. Mais plusiems in- conveuiens assez graves se presenlaient dans^cctte ojieration. A un grossissement un|peu fort, ces cheveux acq^ieraicnl des cpais- ( 2'-^9 ) seiirs irop graiules ; el d'uii autre cute , vhli^it Je iDctlre I'objet ct I'.ippnrtil ail foyer, et par consequent de les rapprocher'l'un de I'aiitre, il m'arrivait de l)al,iyer I'objel presqiie loutcs les fois que je faisais touriior les deux chcvcux entrecroises. J'imagiiiai alors le proccde siiivaiit : je placai les deux cheveux dans Pinterieur meme dii microscope, mais I'un dans le tube de& oculaires et applique contre la surface superieiire de I'oculaire- interieur; et I'autre dans I'interieur du tube suivant, et applique prSsqiie conlre la surface inferieure du meme verre. Ces cheveux tenaient chacun par le inoyen d'un cerclu de carton qui s'appli- quait exactenieiil contre ks parois des tubes. Quand je voulais inesnrer un angle d'un cristal que je voyais a travers Jes verres sur le porle-oi)jet, je tournais en sens inverse I'un ile I'autre, le lube des oculaires, el le tube inlerieur, jusqu'a ce que rentreci'oi- sement des cheveux me donnat un angle correspondant a I'aogle que j'observais. Pour mesurer mainlenant I'ouverture de cet angle, je placai vers le diaphragme inlerieur du microscope un cercle gradue , et dont I'epaisseur h'occupait qu'un Ires-petit es- pace aulour du champ visuel du microscope. Ce cercle me servait a compter les degres compris enlre I'ouverlure des deux an-^les opposes; je prenais ensuite la moyeniie de leur somme, et j'avais ainsi rouverture de Tangle mesure. Mais le cercle gradue, dont je suis redev.ible a I'liabilete d'un de mes amis, elait en gelatine, el les impiircles de cetle substance rendent presque impossible la distinction des dtgres qui y sont traces; ce qui n'arriverait pas si I'liii possedait un cercle semblable en verre gradue avec exac- titude et proprete. On peut remedier a cet inconvenient par res deux moyens suivans : lorsqu'on a pris rouverture de I'angle, on ii'a qu'a devisser les tubes du microscope immediatement au- dessous de I'appareil, on place au cote oppose a I'oculaire, un diaphragme en carton perce au centre; et en regardant ;\ traversi ce diaphragme, on peut lire les degres compris dans I'ouverture- de Tangle que Ton a obtenu prealablement. On peut aussi se dis- penser de placer un cercle gradue qui coftlerait fort cher, dau.s I'interieur du microscope. On n'a qu'a placer horizontalement sur Toculaire exterieiir une grande plaque circulaire percee au centre de tout le diamelre de Toculaire. On etendensuile deux crins eii- Irccroises dans tc sens des diamelres de la plaque ; ces deux orius ( 230 ) doivent elre leniis lenihis par des poids allacli.es a Icurs doir* bouts. On amcne un de ccs crins au-dessus d'lin dcs cheveux. que Ton aperyoil dans I'inlerieur du tube, jusqu'A ce que le ciin coincide exactement avec le cheveii , cc que I'on reconnail lorsque le crin , par un effet de diffraction, semble borde de chaque cote de sa longueur d'un cordon lumineux etroit, mais que Ton pent suivre d'un bout a I'autre de la portion du crin qu'on croi* voir au champ du microscope. Quand ce parallelisme est obtenu. on superpose de la nieme maniere , et en suivant les memes pro- cedes, I'autre crin exlerne sur I'autre cheveu interne; et des cc moment on a au dehors du microsc(4)e le mGme angle que Ton a obtenu dans le microscope. II ne s'agit plus alors que de me- surer Tangle cherche, en plapant delicatement un cercle gradue sur gelatine au - dessus de la plaque qui supporte les deux crins; bien entendu que le centre du cercle coiiicidera avec le point d'intersection des deiix crins. On ne doit pas esperer, i\ I'aide de ce goniumfelre microscopique, d'arriver a une precision tres- grande; mais j'espere qu'il me servira dans bien des circon- slances ; el si je ne presente pas aujourd'hui des applications de cet instrument, qui est termine depuis cette automne, il ne faul Tallribuer qu'a une (acheuse indisposition, qui ni'a condamne, tout cethiver, A etre plus sobre d'observations microscopiques que je ne I'ai ele jusqu'a present. 1!XAMEN CRITIQUE ET COMPARATIF DE TROIS KAPPORTS FAITS A l'aCA- DEMIE DES SCIENCES, SCR LES RECUERCHES RELATIVES A LA GENERA- TION CHEZ LES \EGETAliX ET AIX PRETENDUS ANIMALCULES SPEttMA- T1QBE3 DU POLLEN, ET DES DIVERSES CIRCONSTANCEJ.gUI EN ONE PRECEDE OU SUIVI LA LECTURE. II n'est pas encore tres - eloigne le temps oii le rapport fait par un membre dc rAcademic des sciences avail teilcmenl force de chose jugee , que le vaincu se gardait d'en appeler, et que le vainqueur devenait tout a coup un personnage important, aux yeux de cette foule d'habitues a qui il est permis d'assister aux seances hebdomadaires de I'Academie, et que Ton voit errer au- tour des fauteuils acadcmiqncs, 3i pen pres comme les amcs qui aspiraient a I'lilysco, crraienl cent ans sur lus bords de rAtheron. ( 25l ) Mais (lepuis quo les progres do noire ciluoiiiicjii poliliquu nous out ajipiis a soumeltre »ous les pouvoirs i un exaineii raisonne , la science aiirait rongi dc rester en arriere; elle a enfin brise les iilolcs, proclanic I'enipiie exclusif fie? fails et la competence de tons. Aussi Texamen critique que nous allons nons permellre, et qui efil paru , il y a quelques annees, nne tspece de sacrilege scientifiqne , ne sera regarde anjourd'luii que connne une legiliine discussion. Que dis je ? lorsque le genre d'investigalions qui I'ait le snjet des Irois rapports qui nous occupent, se sera plus re- pandu en France, on cherchera a s'expiiquer comment il a pn se t'aire que I'Academie des sciences, representee par qnatre de ses nienibres, ait consacre trois rapports, i des distances eloignoes les unes des autres, pour nous apprendre enfin, par mie espece de paiinodie, qu'il etait prudent de douter de la reallle des Tails qii'ei!<;s'etaitempressee de sanctionner d'abord par une couronne. 11 paraitra moins extraordinaire, sans doute, que la cummission n'ait pas cru devoir faire un pas de plus, en declarant qu'eile avail reconnu la nullile et I'inexaclilude de ces fails : on pent al- tendre de seniblables aveux de la part d'un simple parliculier; un tribunal, une commission, n'en a jieut-elre jamais dunne d'excmple. Dans le cours de cet examen, le lecteur rencontrera bicn des circonslances histuriques qui tienncnt peu de la nature des fails scientifiques ; nous n'avons pas dO les passer sous silence. Noire intention elant de f.iire connaitre la marche qii'on a suivie en pa- rcil cas el Pesprit qui a dirige MJI. les commissaires, nous avofs pense qu'il etait plus conforme aux regies de rimparlialile de ne rien interpreter par nous-memes, de ne rien conunenlcr de tout ce qui tienl a I'liislorique, mais d'abandonner cc soin au lecteur, et par consequent de ne rien oublier de ce qui pourrait fournir un element de plus a I'opinion qu'il tuchera de se former lui-meme. Quelques jours avant Ic i" Janvier 1827, Rl. /Alexandre Bron- gniarl, president de I'Academie des sciences, avail lu, dans uiic seance bebdomadaire, I'extrait d'un travail sur la gauration et le dcrcloppcmcnt de I'cmbryon dans lea rigi'taa.v , que SI. Adolphe I}ri>nguiart , son fil.s , destinait au concours de pby-^iologic ex[)e- rimenlalc fonJe par M. de Mflnlhyou. Unit jours apres, dans la (,5a ) premiere seance de Janvier 1837, un msiribre tie rAcademfe fil observer que la pliysiologie vogolale etail, depiiis qnelquesanriecs, exclue du concoiirs de physiologic experimeiilale (1) , et qu'alor* ineme qii'on dtsirerait anniilur cette decision pour I'annue 1827, le memoire dc M. AJolphe Urongniart ne devait point etre adniis< puisque la cloture du concours avail eu lieu le 1" Janvier 1827, que les savans n'avaient point ele avertis publiquemenl des nou- veiles intentions do rAcademie, et qu'enfin depositaire et non lega- lairedesfondsMonthyon, rAcadeiiiiene devait sepermeltreaucune favcur arbitraire, ni prendre une decision dont I'effet serait evi- demment retroaclif. Le bureau repondit qu il n'existait aucuno decision en vcrlu de laquelle la physiologic vegetale aurait ele oxclue du concoins, et que par consequent, si les savans n'avaient plus adresse de memoire sur la physiologic vcgetale, ce n'elait pas par suite d'nne semblable exclusion. Le menie rnembre pria le bureau de verifler celle assertion dans les archives; et dans la seance suivante, le bureau declara qu'apres des reiberches sulli- santes on n'avail rencontre aucune decision relative a cette ex- clusion (2). Six mois apres (11 juin 1827), le memoire fut cou- (1) Cette exclusion qui, an premier abord a quelqtic chose d'etrange, s'ex- plique assez bien, qiiand on se reporte, par la penscc, a Tepoque vers laquelle cut lieu la decision. Dans toute la section de bolaniipie et de pliysiologie v6- gelale, un seul membre, M. Mirbel, avail dirige scs etudes veis la pliysioluj;ic, ou plulOt I'anatouiie des vegetaux; et ce membre se trouvait, di^pnis quelques annees, exclusivemeut livre .i la carriere diplomatique. Du reste, I'opposilion evidente qu'on lemarquait entre les opinions qu'il avail professees jusqu'alors, et celles qu'emettaient les concurrcns, I'aurait reduit a la necessite d'etre a la I'ois juge et partie. Ses confreres, a leur tour, n'estiniaient la botanique qu'autant qu'elle avail pour but la creation des families et des genres, sorle de travail qui ctf definitive se reduit i la formule suivante : Gonibien de s6- pales, de petales, d'etamines, de pistils, d'ovaires, de loges, d'ovules, quelle est la forme et la direction de I'embryon fTout ce qui ne renlrait pas dans co cadre n'etait plus de leur competence : Ton cite encore meme une seance iennentii rappiii de cette theorie, il en est une tres - cnrieuse , qui appnrtienl tout entiere k M. Brongniart. Ce boyau qui sort du grain de pollen, et dont la decouverte est due a M. Amici, n'exisle pas ?eulement dans la Portulaca oleracea, mais dans beaucoup d'autrcs esjieces nhaiierogames , et pcul-ctre dans la pluparl il penelre ( 204 ) dans les interstices du tissu celkilaire dc certains stigmates spoii- gieiix, et, selon tonte apparency, y laisse ecouler la muliere gia- luileuse qii'il conlient. L'importancc du sujet que M. Adolphe Brongniarl a trailo, les dilTiciiItes qu'il a eu a snrmonter dans des discussions pour lesquelles I'tisage du microscope est indispensable, le talent el Ic bon esprit dont i! a fait preuve dans la redaction de son travail, anquel il a joint d'excelleiites figures, ont determine la com- mission a decerner le prix a ee jeune naturaliste. [Annal. dcs Sc. natarclles, torn. XII, p. 29G , 1827.) Monsieur le rapporteur, comme on vicnt de le voir, ne faisait pas encore menlion de I'opinion que M. Ad. Bronguidrt avail emise, dans son travail, sur les animalcules spcrmatiques du pollen : M. Ciivier supplea a ce silence dans son Rapport amvtcl pour I'annie 1827. « L'ouvrage de M. Ad. Brongniart, fits de run de nos confreres, dit monsieur le secretaire perpetiiei, sur la fc- condation des vtgetaux, qui a oblenu, I'annee derniere, imc distinction eminente, a ete public L'auleur compare les gra- nules du pollen aux animalcules sperraaliques, dont ils sembleul avoir les mouvemens. Dans quelques especes meme, telles que ccrlaines malvacees, ils s'agilenl visiblemenl et se contraclent comme des vibrions ( p. 42-/|3). » Cetle opinion n'etait point nouvelie : Gleicheu Tavuil deja emise , ainsi que Needham, et les preuves qu'apportait M. Brongniart en la renouvelanl ne sont pas superieures a celles de ces deux auteurs. Spallanzani lui-meine I'avait expressement consignee dans ses experiences sur la genera- tion (p. 538 35g, lid. de Senebier). « Les grains de pollen, dit-il, !-onl des etuis ou de petiles vesicules, pleines d'une liqueur sub- tile qu'elles laissent echnpper avec force lorsqu'on les humccte ; et dans telle liqueur , on voil surnagcr une niullitude de pelils globules qui, dans le moment de I'explosion, s'agilenl rapidement en tons sens Les globules sont de pelils corps spheriques, ou a pen pres, comme toutes les leiitilles le font voir : je les ai vus de meme avec le microscope solaire qui grossit si fort les objets. » Les deux fails qui seuls, sur un aussi long travail, ont deter- mine la commission A accorder le prix a I'autcur, n'etaient pas plus nouvcaux que cclui du mouvcment de ces jirelcndus aiii- uialcules. ( 235 ) 1°. La confirmation cles observations de W. IKoh. Brown sur Ifv perforation de i'ovule n'etail rien inoins qu'une confirmation iiou- vt'lle : il existait dans les Mnnoircs du Museum dliistoirc nulurelle , liim. \[\, un memoire dont I'auteur, tout en confirmant i'cxacli- titde des observation? de M. Rob. Urown , avait execute une assez longue serie de dissections, pour prouver que cetle perforation apparente n'elait rien autre qu'une transparence de la soinmile du cylindre, vers laqueile doit sediriger la radiculc de rembryoii. (Voyez U'i Anna les des Sc. d'Obs. , torn, i , p. 89. ) iM. Ad. Broii- {;niart, au lieu de repeter ces dissections sans doute penihies, Miais pourtant indispensables, n'avait fait qu'ajouler quelques figures de plus aux figures de ce ineuioire. Jl. Mirbel, parlant au uom d'une academic dont quelques sections apportent tant de soins a cnvisnger les sujets sous loutes Irurs fares , et surtoul a ne dedaigneraucuu des travauxqui parviennent A leur connaissance, IM. Mirbel, dis-je , aurait dO aborder la question d'une manierc plus approfondie , et ne pas decider qu'il existe une perforation , jiar cela seul qu'une plus grande transparence semble en offrir ime. Je sais bien qu'i cette epoque la section de botanique no jugeait pas autrement les questions, qu'elle n'invoquait en geno- pal que le temoignage des yeux, et que la moindre manipulation lui paraissait sorlir de son domaine ; mais piiisqu'un auteur indi- quait im nouveau procede , n'eOt-il pas ete convenable d'en veri- fier la nature ? Si toutes les sections de I'Academie suivaient , dans leurs attributions respectives, I'exemplc de M. Mirbfl, ce grand corps pourrait-ilechapper au reprocliede vouloir rendrela science stationnaire? 2°. Quant a ce boyan qui sort du grain dc pollen pendant I'ex- plosion, Mitt. Amici, Brongniart et Mirbel n'en avaient adrais I'existence que par la melhode precedente que j'appellerais volon- tiers mrtliflde speculative. Us avaient vu une matiere sortir, coinme jiar une filiere, d'un point quelconque du grain de poileii ; et sans autre moyen de reconnaissance , ils avaient declare que c'elait la un boyau vesiculeux. Mais il est facile do prouver que ce pheno- inene se renouvellc tres-souvent, sans qu'il existe le moindre boyau au dehors du grain de pollen; ct une seule goutle d'alcool xnlfil pour faire disparailre tres-souvent le pretendu boyau aux yeux de I'observaleur . el pour deiiotcr de la surle rcxislcnce nnn ( 236 ) d'une membrane, mais celle d'une substance resineuse i qui son insolubilile dans I'eau a laisse la forme vermiculee, qu'elle avait contractee en passant a travers celte espcce de filiere du grain de pollen. Non-seulenient 31. Ad. Brongiiiart n'avait pas conslale la presence d'un boyau sorlant d'un grain de pollen, mais meme eel apercu ne lui appaitenait en aucuue maniore. Le 21 juillet 1826, un membre de la Sociele d'histoire naturelle de Paris avait in dans le sein de celte societe , dont M. Ad. Brongniart etait aiissi membre, un travail dont un extrait etendu fut insere dans le proces-verbal de la seance, et un autre exirait fut demande par messieurs les redacteurs des Annates dcs Sciences naturelles. Cc travail a ete impriiiK^ dans le tome iv des memoires de la Sociele, en 1827. Mais M. Mirbel, a I'instant oCi il faisait son rapport a rinslitut, avait entre les mains non-seulement I'extrait autograpbe que, sur Tinvitation de I'auleur , mesi-ieurs les redacteurs des Annates avaient dQ deposer au secretariat de I'lnslitut, mais en- core la copie imprimee du proces-verbal de la Sociele ( Bullcl'ui des Sciences nat. et de Geologie, tom. x, n° 176, p. 255-254), dans lequel on lit les expressions suivantes : L'cpiderme du polten renfcrme nne autre vesicate que t'ammoniaqae en fait soriir ; et celte vesicate renferme deux oa ptasicurs autres vesicates gtutincuses et etas- tiques , et qui peuvent quclqucfois s'attonger comnie un Iwyaii ; c'est aax parois de ce boyau que sont attaches les granules qui sortcnt dans I'explosion. line nous parait nullemenl scientifiqiie de chercher a sender les motifs que M. Mirbel a eus de taire ces circonslances; nous ferons sculement remarquer que les recherches de ce me- moire renferment un grand nombre d'experiences chimiques propre; a conslater I'existcnce , dans le grain de pollen, de ce tissu n)embraneux et gliilineux qui, pendant Facte de Texplosion, est quelqiiefois cbasse au dehors, comme uu boyau. Au reste , celte double reclamation est faite beaucoup plus dans I'interet de TAcadc'inie que dans celui de I'auteur du memoire oublie, qui, malgie le rapport de M. Mirbel, n'en est pas moins reste pro- prietaire de ses decouvertes, dans I'esprit de tous les savans qui lui ont f.iit I'honneurde le lire. II est, dans le rapport, un troi- si^me point, que monsieur le rapporteur regarde comme assez evident, pour ne point t'evelopper les preiives auxqui lies il doit sa conviction personnellc : It parait aujourd'hui hors de douie quo ( -^o: ) ia fccondaiion ne s'opere point par la partie rasculaii'e du style el du cordon omhilical, mais bicn par le iissu celltilaire et le micropyle^ fait important annoncc par Mortand, et que M. Rob. Brown , et apres liii M. Brongniart, out amene au plus liaut degre de probabiUie. On a (1ft sans doute reraarquer que cctte opinion, qui etait hors de doute dans le commencement de la phrase de monsieur le rap- porteur, se reduit i la fin d un tris-haut degre de probabilite; niais comme monsieur le rapporteur invoque le temoignage de MM. Rob. Brown et Ad. Brongniart, c'est dans ces deux derniers observalcurs qu'il s'agit de trouver les preuves (car il en faut enfiu en physiologie ) qui ont amene celte opinion au plus haul degre de probabilite. Or, M. Rob. Brown (i), bien loin d'avoir trouve aucune preuve capable de militer en faveur de ce que croit monsieur le rapporteur, ii'exprime cetle opinion que comme une conjecture, et cela avec la plus grande reserve; il faut done re- courir A M. Brongniart pour s'assurer du degre de prolxibilite qu'on pent accorder a ce systime. 11 faut avouer que dans le Ira- vail de M. Brongniart (2) , on trouve tette opinion annoncee avec plus de certitude, et appuyee sur des fails qui pourraieiit militer fln sa faveur, s'il etait possible de les voir dans la nature comme lis sont decrits dans ce travail ; mais malheureusement, lorsqu'on se depouille d'un sentiment de complaisance, et qu'on cherche a soumelire a un examen severe, el les inductions que tire I'auteur et les fails qui leur scrvent de principc, il devient dillicile de voir, dans la suite de ces raisonnemens et de ces preuves, autre chose fiu'uue interpretation graluite de (Juelques fails deja vus par tout le monde , et susceplibles de plusieurs interprelations a la fois. 1°. L'auteur admet que certains sligmales sonl depourvus d'e- piderme , et que chez d'autres les ulricules sligmaliques sont re- couvertes de cette membrane. Mais pour conslater ce f.iit, l'au- teur s'est oonleule d'examiner les sligmales au microscope, et il a cherche a voir si une membrane s'oftVait, par sa transparence, sur les bords du corps qu'il examinail; quand cetle transparence ne s'olTrait point , I'auteur decidait que eel organe n'avait point d'e- (i) Append, au loy. du Cap. King, 18 iS, 1822. Annul, tks scicnc. naturelks, torn. Vlll. Jain 18.26, p. 211. (2) Annul, dcs sclcnc. nalurcllts, tome XII. ( 2j8 ) pidcrmc. Mais il arrive, sur l>eaiicoiip d'organes analogues, qnr la ni('iiil)raii(: vjiid^Miniqiie s':ip]>liqiie si exacttiiittit «nr loule l Si Ton veut reflechir un instant sur la nianiere dont on a Iraite la physiologic en France depuis plusieurs annees, on ne tardera pas a se convaincre que la physiologic n'a ete rien moins qu'experimentalc. On a mis I'oeil a I'oculaire et Ton a raisonne; on ne pent faire un r.iisonuement sans obtenir une ccmseqnence, et avec un ou deux amis un peu complaisans ou un pen inleresses a ce succcs, bientot la consequence du raisonnement devenait le resultat de I'observation , et obtcnait souvent des couronncs. L'ex[ierience avail beau reduire de semblables succes t\ leur juste valeur, le vaincu pouvait s'en consoler encore et s'ecrier : tout est perdu hors I'lionneur.... II est temps que la section de botani- que ne prele plus les mains a de semblables ecarts, et rivalise de precision et d'exactitude avec les sections de physique et de ma- thumatique du premier corps savant de notre pays. Qu'on me pardonne ces aveux; les socieles savantes ont besoin qu'on leur disc la verite; et qui osera la leur faire entendre si ce n'est celui qui ne leur d<;mande rien ? » La lecture de ce travail fut ecoutee dans le jilus grand silence. Huil jours apres, M. Mirbel , qui etait president dans la seance precedenle, crul devoir denoncer a I'Academie des propositions que ce travail renfermait, comme iuconvcnantes envers lui ; M. de Blainviile soulint la proposition en ajoutant quelques griefs etrangers a cette discussion. M. Raspail repondit a ces sor- tes d'inciilpations , auxquelles il etait bien loin de s'attendre. Quoiquc sa letlre n'ail etc lue qu'en comile secret, il parait pour- tant plus que prob:ible que rAcad(;mic nc partagca pas I'opinion ( 25l ) tout enliere de MM. Miibelet Blainville, et que, pour consoler M. Raspail d'une altaque aussi peu convenante, elle chargca la Commission, composeede MM. Mirbel, Blainville, Dtsfontaiiu'set Cassini, d'inviter M. Raspail a accepler un rapport sur les recber- ches dont il avail lu les resultats dans une des seances preceden- tes. En consequence, M. H. Cassini transmit celle iovitalion a M. Raspail, qi^ii repondit a la Commission, entre autres choses : «' Je n'ai jamais demande le moindre rapport pour mes travaux par- ticuliers; on ne mesaura pas sans doute mauvais gre de ne point me voir accepter aujourd'hni ['invitation qii'on m'adresse. Si la Commission croit avoir un rapport defavorable a faire sur mon tra- vail, jela priede faire son rapport; j'aurai soin de le faire imprimer !\c6te de mon Memoire. Si la Commission veul faire un rapport fa- vorable, je la prie de croire qu'aujourd'hui je puis m'en passer. » M. de Cassini repondit a I'auteur que la Commission, cedant a ses desirs, avail depose Ip manuscril dans les archives du secre- tariat. Le 25 join 1827, M. Ad. Brongniart revint lire a I'Academie une note addilionnelie, dans laqueile Tauteur/se proposanl de re- futer le travail de M. Raspail, convenait pourlant que les granu- les, qui sortent pendant I'explosion du grain de pollen, pen vent varier dans la meme plante d'un cinquieme, el quoique plus ra- rementdu simple an double. D'apres lui, le pollen contenait, ou- tre ses pretendijs animalcules, d'autres subslauces granulees qui avaient pu donner le change li des observatenrs superficiels. Mais M. Ad. Brongniart n'indiquait aucun moyen de dislinguer les iins des autres, si ce n'est que ceux-ci sont prives de mouvement, souvent jannatres, et plus gros que les animalcules spermaliques et plus transparens. II soulenait avoir vu que I'alcool, bien loin de dissoudre ces granules spermaliques , commc M. Raspail I'avait annonce, ne faisail que les piiver des mouvemens qu'ils execulaienl dans I'eau. L'auleur avail fait eclater les grains de pollen dans de pelites capsules de verre reconvenes d'uue lame de mica, et il avail tou- jours vu ces mouvemens avec les memes caracleres, c'est-a-dire une grande irregularitc, une independance complete I'un de I'aulrc, ctunesorlcd'indccision qui, disait-il, semblc caracli'riser un mou- ( a52 )^ Temcnt spontanc ; ces mouvemens d'apres liii n'cxistenl jamais, lorsqu'oii examine dans les mC'mes circonstances des globules trts - petits d'une auire nature. L'auleur lemarquait pourtant que ces mouvemens soat tres-Ients, et ne sont nullenient com- parabies, sous le rapport de la rapidite, a ceux des animalcules inl'usoires. Enfin, Tauleur altribuait la divergence des resultats de Rl. Raspail i\ Tinieriorite du microscope do ce decnier, par rap- port au /-/f/ie microscope d'Amici, dont M. Brongniart est posses- seur. M. Raspail repondit par celte leltre adressee a rAcademie, et dont il avail prie M. Dulong, president de cette societe, de revoir la redaction avant d'en permettre la lecture: <■ On ue doit pas s'attendre a renconlrer dans tous les pollens uu egal nombre de granules solubles dans I'alcool. Nos experiences out ete failes specialement sur le pollen des malvacees ; et c'est celui qu'il eOt fallu choisir pour leur refutation. 11 est tres-posslble que dans d'autres pollens, les' granules inertes que M. Brongniart prend pour des animalcules spermaliques soient toute autre chose que de la resine, el qu'alors I'alcool les cnagule au lieu de les dis- soudre; mais cependanl I'experience, telle que l'auleur I'a repetee, ne prouve nullement ce qu'il avance; car I'alcool ne dissout la resine qu'autant (|ue la resino n'est pas suspendue sur I'eau, et il aurail fullu altendre que I'eau se fflt entierement evaporee, avant de verser I'alcool. Vine feullle de mica placee sur I'eau d'une capsule presque microscopique, bien loin de s'opposer aux mouvemens des corpuscules inertes, n'est propre jouvent qu'a en augmenter I'intensito par la pression qu'elle exerce sur le liquide, ou parce que ses herds, mal appliques contre les hords du verre, sont susceplibles de glisser a la moindre agitation almospherique. Ensuite, quant a ces mouvemens vagues et indecis qui sont, a^ix yeuxdeiM. Brongniart, lecaraclere non equivoque d'un mouvement sponlane, la logique la moins severe en tirerait une consequence tout opposee. Enlin non - seulement la superiorile d'un micro- scope n'est pas un sOr garant d'une observation microscopique, mais encore rien n'est moins reconnu que la superiorile du mi- croscope d'Amici ; et, touteschosesegalesd'ailleurs, par lefait seul de sa construction, le microscope d'Amici doit etre intV-rieur a. lout autre microscope , puisque I'addition de son prismc reflec- ( .55 ) teiir doit occasioner par ses trois surfaces une triple deperdition de plus des rayuns lumineux;du reste I'experieuce avait deju prouve que des olijels, qu'on distingue Ires-bien aux autres aii- croscopes, sont inaperccvables au microscope d'Amici.» M. Arago, qui, a la dernicre exposition, avait deja couronne le microscope d'Amici, ne crut pas devoir laisser sans reponse le dernier paragraphe de !a lettre de M. Raspail. I! declara que, loutes chnses egales d'ailleurs, !e microscope d'Anrjici etait su- perieur h tout autre microscope, que c'etait la I'avis de iM. Che- vallier (i), opticien; que, quant aux objets qui, d'apres M. Ras- pail, t'taient inaperccvables au microscope d'Amici, on pouvait les rendre apercevabk-s en approchant I'olijet de I'objectif et en tirant les lubes ; enfin que, puisque le microscope de M. Bron- gniart etait superieur a celui de M. Raspail, les observations du premier devaient inspirer plus de confiance. M. Bory de Saint-Vincent se leva pour soutenir I'opinion de M. Arago, et M. Mirbel se rangea du mCune avis (2). Les opinions de lU. Arago ont en general une telle importance, que Ton nous permettra sans doute de discuter, avcc une cer- taine etendue , cellc qu'un sentiment du reste fort excusable (i) M. Arago faisaltii un cercle vicieux ; car M. Chevallier, opticien, pour piouver Ic merite du microscope d'Amici, ne manque pas, de son c6t6, de citer la medaille qu'il doit au jugement de la Commission dont M. Arago etait menibre, a I'exposition des produits de notre Industrie. Qui ne voit, du reste, que pour constaler le merite d'un instrument, on ne doit point invo- quer le temoignage de I'artiste qui I'a construit et qui le debite? (7) Nous laisserons sans reponse I'opinion de RIM. Bory et Mirbel, parce que M. Bory ne jugeait alors de ce microscope que par ou'i-dire , et que M. Mirbel, qui veiiait d'en recevoir un de Modene, ne I'avait pas encore em- ploje, et ne poilvail jugerde son merile que sur I'avis de M. Lebaillif a qui il avait confix le soin de I'essajer, et qui, aprfes un miir examen, lui avait r6- pondu, non pas que ce microscope etait superieur a tout autre, mais simple- inent que c'etait un bon instrument. Quant k M. Arago, c'est une des con- quetes les plus flalteuses que la science du microscope ait faites depuis deux ou trois ans. Un ancien observateur de la capitate n'a pas encore oublie le jour que M. Arago, dc concert avcc d'autres pbysiologistcs tout aussi peu I'a- vorablement disposes quece savant astronome, en faveur des observations mi- croscopiques, entreprit de prouver que Ic tritoxide de fer delaye dans I'eau offrait, en apparcncc, les ni times globules que le sang recemment tire de la veine. ( 254 ) de bienveillance liii a fait improviser dans cette seance de I'ln- stitul; nous ompninlcrons nos dcveloppemens a la lettre que M. Raspail aJrossa a I'lnslitut en rcponse aux observations de ce savant aslrononie. Le microscope d'Aniici nc differe du microscope vertical achro- matique, dont on doit rinvenlion a M. Selligue, que par un prisme triangulaire , dont I'hypothenuse reflechit horizontalenient a I'ocnlaire les rayons transmis verlicalement par les objectifs. Or Ics premieres notions d'optique suffiscnt pour reconnaitre que, toittes choses cgales d'ailleurs , c'cst-a-dire en supposant les deux microscopes munis dus mCmes oculaires et des memes objec- tifs, le microscope d'Amici , par le fait seu! de son prisme, de- vient infurieur a lout autre microscope, pui^que le prisme qui ne grossit rien , bien loin d'ajouter i la clarte, doit au contraire occasioner, par ses trois surfaces, une triple deperdition de plus des rayons lumineux. Ce que la theorie indique, I'expe- rience lo demontre; car il est aujourd'hui prouve que bien des objels apercevables i d'autres microscopes, le sperme humain desseche, par exemple , cessenl d'etre apercus au microscope d'Amici; et qu'on ne pense pas, comme I'a cru M. Arago , qu'on puisse a ce dernier instrument rendre ces objets aper- cevables, en tirant les tubes pour angmenter le grossi*sement ; ces objets n'elaicnt pas inapercevables a cause de la faiblesse du grossissemcnt employe, mais h cause de leur diapbanoite, de leurs bords pen prononces ; or, plus vous augmentertz le grossis- sement , en tirant les tubes, plus vous les rendrez inapercevables, puisqu'alors vous produirez une plus grande deperdition encore des rayons lumineux. Du reste, c'est ce qu'on n'a pas manque de faire sans succes; et les experiences repetees en Angletcrre sous les yeux de M. Amici , et avec I'instrument ineaie qui se trouve aujourd'bui entre les mains de M. Brongniart, ont ete re- pt^tees aussi en France par le plus ancien et im des plus ba- bilcs observatenrs de Paris, avec le microscope que M. Rlirbel venait de recevoir de M. Amici lui-meme. Au rcste, chacun pent aujourd'hui se convaincre de ses propres yeux; on con- struit les deux microscopes avec les memes oculaires et les memes objectifs; il suffira d'observer au meme grossissement , et de ne |ias Irop se fltr en cela a la supercherie de certains artistes, qui I ( '^55 ) ont I'habitude d'exngerer les grossisscinens d'un instrument qu'ils veiilcnt vendre un peu cher. Examiuoris inaiiitenant si la A'aleur d'une observation micro- scopique est en raison de la valeur d'un microscope. Ce n'est pas la premiere I'ois que lt;s observateurs ont tache d'inspirer de la confiance, en se relranchant sur la richesse et le merite de leurs instrumens amplifians. Nous avons vu les posses- seurs du microscope d'Adams condamner les beaux travaux des Fontana et des Spallanzani, parceque ces grands homnies posse- daient, disait-on, de moins bons microscopes. Quand Seliigue eiit applique rachroinalisme au microscope, celle innovation devait servir a faire justice de tout ce qu'on avail vu, voire raeuie avec le microscope d'Adams. Le microscope d'Amici a son tour do vogue ; et malbeur a tout ce qu'on aura observe nvec ceux d'Adams et de Seliigue. Mais la plus simple habitude dans le ma- nienient des verres grossissans suffit pour reduire a sa juste va- leur une semblable garanlie de I'exactitude et de la bonne foi de robstrvateur. 1°. Leewenhoek et Svrainmcrdam ont fait, avec une simple loupe niontee, des travaux reniarquables , tandis qu'on pour- rait citer telle these sur les tissus organiques, composee sous I'iiiflufnce du beau microscope d'Adams, dont il ne restera pour- tant pas a la science une seule des nombreuses figures qui I'ac- compagneut. 1°. Le plus fort grossissement d'Amici peut s'oblenir avec lous les microscopes; mais, dans I'uii comme dans les autres, une fois qu'on est arrive au grossissement de 5oo diametres, on commence a regretler vivemcnt la clarle des grossisseraens inferieurs ; et si les possesseurs de cet instrument soutenaient le conlraire, nous les inviterions a fournir une refutation peremptoire de ce que nous venons d'avancer, en cessant de derober cet instrument a I'exa- men des juges compelens et peu credules. 3°. Avec tons les microscopes, surtout si Ton fait usage de lentilles non achromalisees, on peut obtetiir un grossissement de 5oo a l\on diametres, sans nuire a la distinction des images. Or, ensupposant qu'un microscope quelconqueconservAt la meme clarle et la meme nellete des objets au grossissement de looo diametres, eel uvautage cesserait de parailre aussi nicrveilleux, ( 25Ci ) en reJuisanl c<'S chiffres a lour plus simple expression ; car, dans ce cas, le grossissement rlu dernier serait au grossisscment des premiers sinn)lement, coinme 3 3 et a i sont a 1 ; ce siircroit d'ampliation est du reste si pcu frappant au microscope, que, sans un pcu d'allenlion, on croirait voir au grossissement de 1000 les objels aussi grands, mais moins eelaires qu'au grossissement de 400. 4°. II n'est pas une seule deconverte bien constalee qu'on ne puisse verifier a une simple loupe muntOe, dont ia lentille grossijse de 80 i 100 dianielres. 5°. Le mCme organe afiecte des formes el des dimensions si disproporlionnees dans les divers individus, que I'avantage d'un enorme grossissement n'est qu'une rcssource passagere et non une indispensable necessite; et alors meme que la fortune aurait refuse un riclic microscope a un obscrvaleur habile et patient, il aurait toujours la facuUe de se consoler de celte disgrace, en pensant que demain, el dans un autre iiidividu, il lui serait donne de distinguer, avec sa simple loupe montee, un organe qui, au- jourd'hui et dans un autre Individu, se derobe, par sa petilesse, a ses ardenles investigations. Si Ton savait enfin combien on pent faire dans la science avec peu de choses, on cesserait de se tourmcuter de son indigence, et de faire tant de concessions a la fortune et i la faveur. Jeunes observateurs ! fermez I'oreille ;\ ces decourageanles assertions , qui tendraient a faire croire que la fortune exerce le monopole de la science : meditcz, cherchez, comparez, essayez; et bienlot une idee simple et lumineuse vous offrira, pour parvenir a ce resultat que vous craigniez de ne pou- voir alleindre qa'a force de sacrifices, un precede dont une obole acquiltera le prix. Telles sont les raisons que M. llaspail opposa a I'opinion sans doute improvisee de M. Arago. On remarqua que le Globe, qui avail annonce avec tant de Cdelile les paroles de M51. Arago, Wirbel et Bory, garda le plus profond silence sur la refutation de leur adversaire (1). (i) Foycz le Bull, des sciences nat. el de geologic, torn. XV, n'' 63-68 ; ct le tome IV des Mem. de la soc. d'List. nat. de Paris, p. 347- '828. ( --;V ) Ccpendiint PArarU-mie avail iioiiimo, a TelTel de faire un Irni- sieinc rapport stir le iioiiveaii travail dc iM. Adolphe, Brongniarl, lino Commission cniDprisee cello fois-ci de qualre membres, IM M. de r?lainvillp, Ca>siiii . Desl'ontaines t-l Mirbel. Mais un noii- vul incident vinl encore lelarder le jiigemeiil que la Cointnissioii elail sans doiile sur Ic point de rendrc. Dans une des seances d'aoftt 1828, M. Robert Brown, membra de la societe royale de Londres, fit dislribiier avec profusion dan« I'Acad^mie des sciences de Paris one brocliiire intitiiiee : Court expose d' observations mi- croscop'iqius faites dans les inois de jiiin, juillet et aoi'it 1827, sur Irs pariicules conteniies dans le pollen des plantes , et sur I'e.ristencc generate de molecules en mouvement dans les corps organiques ct iii^'rganiques (paru sur la fin de juillet 1828). L'auteur eniimerait lrt;s-serii;uscmeiit , dans cet opuscule, Ie> corps organiques el inorganiques qui ravaienl rendu lemoin d'un mouvement qu'il disait elre bien caracterise. Mais le seul proc<''(I(! que rauleur iiuliquat pour toutes ces veriGcations consislail a di'chirer sur le porle-objet un ovaire, une anthere, une feuille, et a observer aussilot les grauub's que ces decbiremens avaient re- pandiis dans !'eau. II brOlait une allumelle, en jetail la cendre sur I'eau du porle-nbjet, et examinait so mouvoir toules ces particuies salines, l-ei^pierres m(jteori(]ues, le charbou de terrc,les mineraiix, tout enfin d.ins la nature lui paiut compose en dcrnii;i'e analyse de molecules donees des meuies formes et des memes dimensions, et snrtout d'un mouvement propre. II en excepla pourtant rbuile, le soufre, la cire, la resine et ceux des melaux qu'on lie pcut redirire a un etat de division necessaire pour en degager ce? globules, et enfm les corps solubles dans I'eau, Bien des perjotmes peuserent d'abord que o'etail la une simp'c mystification, que l'auteur voulait faire subir a la commission qui avail prononce I'analogie des granules du pollen avec les animal- cules spermatiques. Mais M. Uobert Brown lui- mem*- prit taut de soil! de repeter ces expeiiences sons les yeux des amateurs, il manipulail avec tant d'abandon et de laissir-aller, que I'on cessa de voir dans Topusciile une intention maligne, ct que la convic- tion de M. Rob. Brown passa presque tout entiere dans I'esprit de la Commission, qui, le 8 decenibre 1828, exiuima son nou- veau jugemenl de la maniere suivanle : >7 ( 'i58 ) Rapport .uir Ics recherc/ies dc M. Ad. Brnngniart siir Ic pollen cl sur /('.< IvaKdux analogues de MAI. Ilaspail cl Drown. M- Cassini fait, an nom d'mie commission dont faisaient parlie avec lui MM. Desfonlaines, Mirbel et de Blaiinille, im rapport sur In memoire de M. Adolphe lirongniart, lu ie 23 juin dernier, et intitule : Nouicltc.s Rechcrclies .sur Ic pollen et lex granules sper- viutiqucs des animaax. M. Ie rapporteur commence par rappeier que, dans un prece- dent rapport sur un memoire presente par M. Adolplie Brongniart sur ie meme sujet, la meme Commission, sans se prononcer sur Ics idees systetnatiques de I'auteur, avait juge que son memoire contenait des fails exacts, interessans, bien observes, bien de- crits, bien analyses, mais pen nombreux, et I'avait exhorte a mul- tiplier ses observations. M. Ie rapporteur rappelle ensuite Ie memoire presente par M. IVaspail a I'Academie, et dans lequel ce naturaliste, fort exerce aux observations microscopiques , s'etait elForce de demontrer que les granules qui sortent des grains de pollen , bien loin d'etre les analogues des animalcules spermatiques, n'etaient pas meme des corps organises. II croil devoir egalement parlcr d'lin ecrit de W. Robert Brown, public un inois apres la lecture du memoire de M. Brongniart, et contenant des observations que I'auteur aononce avoir lailes sur Ie meme sujet en juin, juillet et aoQt 1827. Lc celebre botanisle anglais est loin de partager I'opinion de M. Raspail, et il est convaincu, comma M. Brongniart , que les granules des grains de pollen sont doues d'un mouvement propre et indepeudant ; mais, sur d'autres points, relatifs notamnicnt i ia iheorie, c'est-a-dire a la nature parliculiere et aux I'onctions dc ces granules, ou a leur mode d'action dans I'acte de la gene- ration, M. Brown parait ne pas adopter Its idees de M. Bron- gniait. L'auleur anglais, en effet, apres avoir reconnu Ie mouvement dus granules dans toutes les plantes vivantcs soumises a son cxa- men, a constate Ie meme phenomene 1° dans les granules des l)lanles dessechees depuis un siccle, ct conservees dans rcsjuit- ( 25.J ) •It'-vin ; 3° dans ceiix des mousses ou des prfeles vivantes on dc^- si';cl)i;es ; 3" dans les molecules (ibtenues en broyant dans I'cau It!s divers tissus organiques morls ou vivans, soil des vegetaux, soit des iinimaux; 4° enlin dans celles qu'il obtient en broyant de la mememanieretoutessorles de substances inorganiques, Idles que le verre, le granit, et iM. Brown parait croire que toiites les mo- lecules aclives organiques ou inorganiques sont de la meme na- lure, de la meme forme, de la meme grandeur, douees des memcs proprieles, el qu'elle.s ne dilTcreut point de celles que M. Bron- guiart a observees dans le pollen. Le second memoire de M. Brongniart, celui sur leque! la Com- mission avait specialement a porter un jugement, est presque exclusivement cuusacre A refuter, par de nouveaux fails et des considerations nouvelles , les nouvellcs objections que lui avait adrcsseesM, Raspail.II cile, en particulier, a I'appuidesa maniere de voir, cette observation curieuse, que les plantes qui fleurissent pendant I'hiver, au moyen des abris et de la chaleur arlificielle des serres , out presque toujours leurs grains de pollen remplis seulement de malieres mucilagineuses, sans granules reguliers et mobiles, et comme ccs plantes fruclifienl tres-raremeut , I'auteur en lire ime induclion favorable a son syslenie. La queslion fort delicate discutee par M. Brongniart est done aujourd'hui debattue enfre Irois observateurs Ires-habiles , qui la resolvent de trois manieres diflerentes. Ainsi, tandis que M. Brongniart admet dans I'interieur des grains de pollen des corpuscules organises reguliers , d'une na- ture tres-particuliere, distincls de lous les aulres corps, analogues aux animalcules s])erinaliques, et destines essenliellement a pro- (luire I'embryon, M. Raspail ne voit daus ces corpuscules que de petites masses resineuses, infonnes, variables, absolumenl pri- vees d'organisation et de vie ; et M. Brown, ecarlant a la Ibis les opinions exclusives des deux observateurs prect^dens, admet dans lous les corps de la nature, soit organiques , soit inorganiques, des molecules arlives de meme forme, de meine grandeur, de meme nature, et manifestant un mouvement propre des qu'ils sont desagreges et plonges dans un liquide. Quoique nous ne soyons pas, dil M. le rapporteur, etablis jugcs des systcmes dc M. Brown et de M. Raspail, on sent bien ( a(Jo ) fjue nous ne pouvpns pas nous dispenser de les considtirer aii moins indiiccleiiionl , en nous occupant de ccliii de i^. l$ron- gniart. Et d'abord vos commissaires , apres s'etre livres a I'observa- tion des fails avec toul le soin dont ils sent capables , el en ecartanlde lenrespiil tonic preoccupalion syslematique, ont una* nimement leconnu , coninie M. Brongniarl et M. Brown , que les causes auxqiielles M. Raspail altribne le mouvenient des granules n'y exercent aucune influence. D'une autre part, nous reconnaissons avec M. Brown que divers corps inorganiqnes broyes dans i'eau offrent, sinon toujours , an moins quelquefois dos corpuscules, dont les apparences de grandeur, de forme et de mouvement sont a pen pres les niCines sous I'eeil arme du microscope que celies des granules polle- niques. Telles sont les apparences exterieures. Mais faut-il necessai- rement en conclure que la nalure intime, toutes les proprieles, Ics tbnctions, sontabsolnment les memes dans des corps d'origiiie si diverse? C'est ce que nous n'aurons pas la teuierilti de deci- der, et ce qui ne pourrait I'etrc avec assurance qu'apres des recherches bien plus nombreuses et plus approfondies que celies que nous avons pu faire. MM. les commissaires font cepcndant remarquer que la res- semblance que presentent les molecules actives de iM. lirown avec les granules spcrmaliques de M. Brongniarl, fournisstnt de fortes presomptions conlre riiypotbese de ce dernier. lis appellent, au surplus, ratlenlion des bolanistes sur le sin- gulier phenomene du mouvement propre et en apparence spon- tane de tous ccs divers corpuscules. Ils se demandent si on ne pourrait pas les atlribuer a des attractions on a des repulsions qu'ils exerceraient mutuellement les uns sur les autres. lis ont remarque que la manifestation du phenomene etait extremement variable dans son inlensile, a tel point meme qu'avec des cir- constanccs tout -i -fail semblables en apparence, les granules d'une meme plante leur ont offert tanlot des niouvemens Ires- sensibles, et tanlot une parfaile immobilite. On doit done, selon nous, considerer eel ordre de plienomenes comme un nouveau champ de recherches ouverl a I'investigMliijn ( 26. ) lies n.'itiiralistcs et ties pliysiciens, et M. llrongni.ul a Ic inuue incontestable, sinon d'y avoir fait la premiere dccoiiverle, an inoins cl'avoir atlii'e rallention 5ur dos fails curioux, It'geremcnt enlrevus avant lui, puis bientot oublies et negliges, et surtoul do les avoir confirmes ct eclaires par une serie assez nombieuse d'obseivations mtlhodiques dirigees avec sagacile , el qui, dans une nialiere ans dipl3mali(|ues I'avaieiit ar- rache depuis plusietirs atinees ii ces series de rechcrclies qu'il commence a rcprendre aujourd'hui. Si Ton jelle iin coup d'oeil comparatif >ur le grand nombrc de memoires qu'il a publies , on lie manquera pas de reconnaitre que les memes idees et le meme mode de procederse presentent dans chacun d'eux en parliculicr : couper des tranches transversales d'une tige et les placer au foyer du microscope, les observer, les dessiner el les decrire , voila ii pen pres le cadre dans lequel renlrent les nombreuses produc- tions de M. iMirbel, et les moyens qu'il a employes pour soute- nir, pendant qtiinze ans, centre M. Treviranus, etc., que les vais- heaux out des tubes poreux , fendus, et de I'ausses trachees, el contre M. Dupetit-Thouars , que le liber se change en bois. Cetle derniere opinion , M. Mirbel en a fait, long-Iemps apres , line retractation soleimelle. Les premieres, il les soulient encore aujourd'hui contre I'iminense majorite des physiologistes francais et etrangers. Cepeudant il faut ri-ndre cette justice a la Commission ; voyant que la question se compliquait, que I'cmploi d'un reaclif devenait necessaire, qu'il s'agissait cnfin de decider du merite des microscopes el de la viileur des observations luicroscopiques, la Commission, dis-je, eut le bon esprit de se reuiiir, a dill'erei.- les reprises, chez un amateur plein de lulens , mais sans litre, que nos dignites scientifiques coiisultent sans cesse et ne citenl jamais; je veux parler de M. Lebaillif. Ce venerable observateur pril sohi dc placer sous les yeux de la Cominission tons les elc- mcns de la question avec une patience et unedexteriie, a laquelb; nous sommes redevables, sans aucun doute, de la conviclinn nouvclle que Ton voit percer, dans chaque lignc du rapport, a travers lous les menagcmcns academiques que la nature delicate des circonslances relalives aux personnes rendait indispensables en pareil cas. (^ar, des le second paragrapbe du rapporl, M. Cassiui sembb; avoir a coeur de faire oubiier rassentimenl posilif (|a'il avail ac- corde, dans sou rapport precedent, a I'opiuion concernaut les ani- ( ^64 ) inalcules speriii.itifiucs tin jiollen; il riippelle en olTet que la Com- inissioa nc s'etait point prunoncee snr les idt'es systcmatiques do I'auteur; quoiqu'elle eat jn^t' que son mcmoire contenait des fails exacts, interessans, bieii observes, bien decrits, bieii analyses, mais peunombreux. Ces lails que la Commission designe par ime serie d'epilhetes que jamais pent - el;e Commission de I'lnstitut n'a accordees i une veiitu du premier ordre, se rednisiiit pourlaiil a un seul genre d'observalion que ia Commission acluelle va faiie de nouveau renlrer dans le donle; je veux dire a la nalure ve- geto-aniiriale et an mouvenicnt des peliles granidalions qui sor- tent pendant Texplosion du [>oiien. La Commission, a en juger du moins par son silence, ci sse d'aJmellre i'iuenlile de I'orme el de diametre dans les granules du meme pollen. Elle n'aborde en aucune manierc la question de la superiorite des microscopes et de la Taleur relative des observations microscopiques; elle se garde de parler des deux experiences que M. Brongiiiart appor- Jait en refutation de M. Raspail, savoir, la fenille de mica pour arreler les mouvemens des granules, et I'alcool jete dans I'eau pour y dissoudre la resine. Mais il est facile de se convaincre que si M. Raspail lui cQt semble avoir le moiiidre tort au snjet de ces derniers points, elle n'aurait pas manque de le dire publi- quemcnt a I'Academie, et de satisfaire ainsi amplement deux mcmbres de I'lnstitut qu'avait comballus ce dernier. On peut ju- ger de la solidite de notre conjecture, par les tournures de phrase qu't.'lle emploie, toiiles les I'ois que la nature du sujet la reduil a la nt;cessite de citer Get anteur. Cenaiiiralisle s'etait efforce de de- viontrer que, etc.... Ic mcmoire de M. Brongniart est enticrement coiisacrc a refiiter, par de 7tonveaax fails, et des considerations noti- velles, les nouvelles objections que lui avail adressees M. Raspail. Les lermes sont bien nioins trancliaiis, quand il s'agit de M. Bron- gniart; elle avoL'e tout bas qu'il est sur le point d'avoir tort, mais elle annonce lout haut jusqn'a la nioindrc circonstance capable tie deguiscr Penibarras dans lequel les observations de deux au- lenrs qu'elle considere cominc aussi habiles qne lui, viennent de- iiiiilivcment de le placer; indulgence que nous sommcs loin (if vouloir blTimer; nous savons gre, au conlraire, a la Commis- siuji, alors qu'elle ne peut accorder une couronne, de chercher u ( 2G5 ) consoler Je vaincu. Suivons, muiiilenant, pas a pas, I«s iiulnc- lioiis de monsieur le rapporteur. Le cclcbre botanlste anglais, dil-il, est loin de purtai^er Co pinion de M. Raspail, el il est convaincu, comme M. Brongniart, que tes granules des grains de pollen sont doues d'un mouvement propre et indcpendant. Monsieur le rnppoileur est dans I'erreur; IM. Rob. Brown n'a pas cite una seule fois IM. Raspail dans sun niemoiie; il n'a pas fait la moindre allusion k une seule meme des noni- breuses circunstances de celte discussion si loiigue et si aniinee. M. Rob. Rrown ne parlage nuileineut ropiuion de M. Bron;;niarl; il pense que tousles corpuscules, a quelque regnequ'ils apparlien- nenl, sont doues des ineaies inouveniens que le grain de pollen ; done il ne pense pas que ce mouvement soil propre au grain dc pollen lui-meme; ce qui convient a lout n'est plus le caraclere d'nne seule chose. iSien loin de ne point partager I'idee de SI. Ras- pail, M. Rob. Brown scuible au contraire n'avoir fait que la de- velopper. M. Raspail avail dit, presqu'a cliaque page dc son me- nioire, que les granules les plus ineites ollraieiit au microscope les menies uiouvemens que les granules du pollen. M. Robert Brown dit-il autre chose? 11 est vrai que M. Robert Brown croit en cela avoir decouvert une nouvelle loi, tanriis que SI. Raspail ne voit dans ces phenomenes que des eftets les plus simples et les plus ordinaires d'unassez grand nombre de causes bien connues ; cffcts que Ton pent rcproduire exactement de la meme maniere a I'oeil nu ; yoila toute la difference. Nous conseillons a la Commis- sion de prendre pour juges de ce diff(;rent les sections de phyM- que et de chimie de rAcadcmie des sciences , et de reclamcr a son tour un nouveau rapport, sur la qnestioti de savoir ^i la na- ture de tes mouvefiiens est telle que Ton doive croire, d'apres iiii simple coujt d'a-il doune au microscope, a I'existonce d'une de ces lois, dont la decouverte coQte au physicien lant de recher- clies et liii impose robligalion de lant d'exaclitude et de preci- sion. Nous invilous de notre cote les personnes qui, sans ab(uder Tobscrvalion microscopique, seraicnt cjirieuses de se faire une idee exacte de ces mouvemens qui onl donue le change a six oh- servuteurs, dont quatre faiijaient Toffice de juges; nous i|i\i- tous, dis-je, ces jiersonnes a jeler de la poussiere sur la surface de I'cau d'uuc capsule; ellcs auiont dcvanl Jesyeux la repelilion ( aG6 ) i?e lout cc qui se passe siir la s;otiiie d'eau miomscopique: el quand elles auronl cssaye iin assez grand nombre de substances organiques et inorganiqiies : amidon, farine, sciurc de bois, poiis- siere des appartemcns , craie en poudre , detritus des melaiix, nous les prierotis de nous dire s'ii leur serait jamais venti dans I'esprit que, sur la simple inspection de pbenomenes aussi pen extraordinaires, unc section du premier corps savant de la France eOt, dans un premier rapport, prnclame I'existence d'un monve- ment propre aux granules de pollen, el par consequent, la nature spermatique de ceux-ci, et ensuite, dans un second rapport, I'cxisfence d'un mouvement commun i loules les parlicules, me- me aux particules mctalliqiies. Nous le repetons, les phenoinc- nes seront exactement les meines; les mouvemens tdut aussi lenls et tout aussi indecis qu'au microscope; les fibrilles s'j deroule- rontcomme au microscope ; la capillarite, revaporalion, eufin les influences cxlerieures y enfanleront tout autant d'illusions qu'au microscope; et si I'observateur fait abslraction de lous les corpus- cules dont il pourrait apprecier et la forme et les dimensions, el •ju'il ne tienne compte que des infmiment pelits, illui seraloisibie de decider qu'en dernier resultat les molecules primilives de tous les corps organiques ou inorganiques affeclent le meme dia- melre ct les memcs formes enlrc elles. Cepcndant les commis- saires assurenl qu'apres s'Hrc livres d I'obsevvation des fails avcc lout le soin dont its sent capahles, et en ecartnnt de leur esprit toute pre- vention sjstematique, its ont unanimemcnt reconnn, commc M. Bron- gniart et M. Brown, que les causes auxquelles M. Raspail aiirihue fc mouvement des granules n'y exercent aucune influence. Messieurs les comrnissaires, il est vrai , qui apportent tant de precautions pour nous convaincre de leur bonne foi et de leur prudence , n'auraienl-ils pas dfl apprendre au public par quels moyens ils sont [larvcnus a reconnaitrc la nullite de ces influences etrange- res? Nous avons tout lieu de nous mefier, non pas de leur bonne I'oi, mais de leurs precautions, quand nous lisons dans leur rap- porl, qu'ils admellent comme une chose exlraordiiiaireet inexpli- cable, que M.Rob. Brown ait docou vert des mouvemens dnns Irs gra- nules de plantes conscrvces dans I'atcool! Quand on ignore I'influence qu'exercc I'evaporalion de I'alcool sur les mouvenieus des corps, on ne meritc pas Irop (qu'on nous pardonuc cet aveu) d'etre cru ( 267 ) sur parole. Enfin, messieurs les commissaires conimettenl loii- jours Ic ineme anachroiiisme au sujel tin trnvail de M. Rol). Brown; ils veulent que M. Rob. Brown ait rcfulv I'opinion tie M. Raspail, que le savant anf^lais n'a pourtant connue qu'apros la publication de son opuscule; puisqu'il ne la cite en aucun en- droit de son ouvrage, et qu'il n'a pas pris la moindie peine d'^- yaluer les causes etrangeres qui pourraient, d'apres M. Raspail, produire des mouvemens encore plus pitloresques que les Qiouve- mens vagues et indecis qui ont tant etonne la Commission. Nous sommes ineme trop convaincus de la bonne ibi et du bon esprit qui aiiime M. Rob. Broivn, pour nous refuser a croire que ce ce- lebre auteur n'efit abandonne subilement son hypolbese, s'il avait pu un instant se douter de la puissance de ces influences, et enfin qu'il n'aurait pas manque dc declarer ini-nicuie, dans le cas oii il n'aurait pas partage I'explication de M. Raspail, que poni- lant tous les fails enumeres dans son opuscule rentraient evi- demment, comme cas particuliers, dans tout ce qu'avait dit depuis un au et deini ce dernier auteur. M. Raspail peut se consoler des res pelits oublis de la Com- mission, non-seulement parce qu'il n'a jamais pense qu'un rapport conduise -k la gloire, mais encore parce qu'il partage cet accident avec des observateurs qu'on ne lit plus i\ mesure qu'ils ne sont plus la pour se faire lire ; car la Commission avait oublie de citer Spallanzani (i) qui avait si bien decrit les mouvemens des granules au sortir de I'explosion , mais qui, toujours anime de la plus haute prudence, s'elait bien garde d'aller plus loin que I'ob- servation. Elle ignorait encore que Bonnet, ce grand penseur, avait deja invite Its observaleurs a ne pas trop precipiter Icur jugement au sujet des mouvemens microscopiques (2). « Des mouvemens, disait-il, plus ou moins forts, plus ou moins varies, plus ou moins soutenus du fluide ou ces globules na- gent ; une evaporation plus ou moins aboudanie, plus ou moins acceleree de ce fluide; une decomposition plusou moins promple, plus ou moins graduelle des particules ; uu air plus ou moins (1) Ex[)cr. sur la giin., p. 533-35g, , tout cela pourrail nous scduire et nous faire prendre I'appnrence poui- la realite. » Elle ignorait que BulTon avail admis I'existence de parlicules vivanles actives, communes aux vegetanx et aux animaux, et qui ne seraient cependant ni animal ni vegetal; que Vallisnieri (i) avail nomme « parties or- ganiques les corps mouvans des vegetanx appeles a remplir les inemes fonclions que les animalcules spermaliques , ayant essen- tiellement un mouvement, n'ayant, par eux-uiemes, aucune figure qui leur soil propre. » Cependant la Commission, malgre toutes ses precautions, n'a pu se defendre de hasarder a son tour un systeme; elle se de- mande si on ne pourrail pas attribuer ces mouvemens a des attractions et a des repulsions que les oorpuscules exerceraient iiiufuellement les uns sur les autres. » Cette fois-ci elle entre du moins surle terrain des causes etrangeres, copie exactemenl une des causes dont SI. Raspail (2) avail indique rinfluence comme nn cas rare, par ces termrs : ajoutez-y les phaioincnes de repulsion que M. LcbailUf tient de signaler d I' attention des savans , et dont M. Saigey a cindic dernidrement les diverses circonstaiices. » Endn pourquoi la Commission, qui avail fait deja nn pas vers des idees plus jusles, n'abordait-elle pas au moins la capillarite au moyeu de laquelle Laplace avail explique, dans sa belle tbeorie , jusqu'a la force qui pousse les uns vers les autres les corps flottans sur la sur- face des liquides (3) ? Si nous vonlons penetrer maintenant dans la pensee intime de la Commission, en la debarrassanl de tons les accessoires (1) J<3 Ic cite d'apies IleLter, Analom., trad., toni. 1, p. 4o8 m note. M.nis Vallisnieri avail deja assimile les granules du pollen a des animalcules spcr- niatiques. ^a) niitl. des sciences nat . et tie f;colo;;ie, tome XV (■scptcmbre 1S28, paru en oetobrc), p. io5, ettome IV des Mem. de la Soc. d'liist. nat., p. 56i au bas de la page. (~->) Biut., Prec. cUm.dc Pliys., tome I, p. 026. ( 2(i9 ) obliges doiil cllc s'rnvcloppe, nous verrons qn'elle n'iulmct pin? ricn du Iravail (le I\l. Brungniart, puisqu'elle ric s'occiipc point (It; sa theorie deji counue de la generation, et qu'elle est sur le point d'allribuer a des causes etrangeres et piiysiques ce que Rl. Brongniart expliquait par un phenomene de vitalile. Elie n'a- vait Irouve dans le travail de ce dernier aiicune preuve reelie en faveur de cctle opinion, puisqu'elle n'aurait pas oublie de la faire vaioir aux yenx de I'Academie, si elle en avail Ironve line seule. iM. Brongniart n'avait done rien vu de nouveau, n'avait rien prouve; on nous invite a conserver an moins une prudente ncutralitc; inais bientot la Commission s'empresse de declarer que I'auteur a le merite incontestable d'avoir an moins attire I'ai- tention sur des fails curieux legerement cntrevus avant lid, puis bientot oublies et negliges, et surtout de les avoir confinnes ct eclairds par une serie ussez nombreuse d' observations mcthodiques di- rigces avec sagacite , et qui, dans une malicre aussi delicate et atLsst obscure, exigcuicnt beaucoup de soin et d' exactitude. C'est sous ce rapport que la Cornmission propose d I'Academie d'accorder son ap- probation au travail de cet ingcnicux observaicur. Nous le demandons, ne croirait-on pas entendre ici la con- clusion d'un rapport tout conlraire ii ceiui que nous venons d'analyser? et la Commission qui fit un rapport syr la decon- verte de la polarisation de la lumiere par Malus, s'exprimail- elle avec une precision plus flatteuse ? 11 est convenable de faire savoir que TAcademie n'adople en general que les conclusions, et non le contenu d'un rapport. Celles-ci Turent adoptees. Nous avons peut-etre sacrifie bien des pages a un sujel qui, apres tant du contro verses, commence a se reduire a si pen ('e cbose; qu'on ne s'en prenne pas a nous, mais a la Commission ('e la longueur de notre article. Nous etions forces de la suivre, pas k pas, dans le resume de trois rapports qui ont exige de sa part prc- que deux ansdelravauxet de sollicitudes. L'inleret que nouspor- tons 5 la science du microscope, le respect que nous prolVssons pour les bautes seclions de I'Academie des sciences, nous inter- disaicnt la biievete d'une refutation. Maiiilenant Us elemens de b) question sont a la disposition des observateurs, cbacun pourra a loisir verifier les assertions emises de part et d'autre; nous ces- ( 2^0 ) srirons la dc nous occuper d'line Jccotivcrte dnnt la coiironne commence a se flelrir d'tlle-meme; ct nous consacrerons dcsor- mais Ics pages de ce journal 4 I'examcn de questions plus positi- ves, et d'nn inleret plus durable et inoins contesle. Nous terminerons celte polemique en plapant sous les yeux du Iccfeur, comme dans un tableau synoptique, les opinions contra- dictoires, professees successivement dans I«s trois rapports que nous venons d'analyser. Ilapport du \ijuin 1827; par M. Mirbul. (Coniiniss., MM. Des- I'ontaines ot Miibel.) 11 parait aiijourd'hiii hois de doute que la fe- cundation lie s'opere point par la parlie vas- eiilaiie du style et le cor- don ombilical, mais bien par le tissu cellulaire <'t le micropyle, I'ait impor- lant annonce par Moi- laiid, ct que M. Brown, ct apres lui M. Bron- giiiart , ont aniene au plus liaut degre de pro- Ijabilite. Bapport de dccemb. 1827; par M. Cassini. (Conin)iss.,MM.Cassini, Desl'ontaineset Mirbel.) Quant 4 la tlieorie adoptee par M. Bron- gniait, nous ne croyons pas devoir nous en oc- cuper, . . L'introduction et la transmission des granules a Iravers le tissu vegetal , ct jusqu'aux germes de I'ovule, pre- senteiit de nouvelles dif- ficultes dans I'applica- tion de la theorie aux vegelaux. Nous avons reconnu que ces petlts corps [granules du pollen) ont uiie forme bien determi- nce , des dimensions exactement apprccia- bles,et quecliacun d'eux jciuit d'liii mouveiiient piopre , cxlremcment lent, mais qui, 4 raison de ses irregularites, pa- lait bien indepeudant de toutc cause exle- lieure. Rapporl dcdecemb. 182S; par M. Cassini. (Commissaires, MM. do Blainville , Cassini , Desfontaines et Mir- bel.) Vos commissaires font rcmarquerquelaressem- blance que presentcnt les molecules actives d M. Rob. Brown , avee les granules spermali qucs de M. Brougniart fournissent dc fortes pre somplions contie I'liypo these de ce dernier. Hi appellent , au supplus I'attention des botanis les sur le singulicr phe- nomene du inuiivement propre et en apparenco spontane de tons ces di- vers corpuscules. ( ^7'. ) HiSTOirj' iNATURELLE DES BliLEMNITES, AcCOMPAG^^tE DE LA DESCRIPTION ET DE L\ CLASSIFICATION l»ES ESPECE3 QCE M. I^ImeUIC, DE CaSTELLAKE, a RECUEILLIES DANS LES Basses - A LPEs de I'bovence; PAR M. RASPAIL. P= PARTIC. Iln'existe pcut-etre pasde siijet, en zoologie fossile, qiiiait cii- fanle autant de ilissLTliitions et de livres, que la deleiininalion de la place que les Beleinnitcs doiveiU occuper, dans la serie des etres qui onl appartenu au regne de rorgaiiisalion. C'est dire d'avance que les opinions, enlre lesquelles se sont parlages les auteurs, se ruduiseut a un pelit nombre. On no dispute eu effet jamais taut , et avec plus de chaleur, qu'alors que le doule ne roule plus que sur deux points contradictoires. Se hasarde-t-on i etre exclusif et a se passionoer, quand on a vingt chances d'erreur contre ce qu'on avance ? Oil mo dispensera donn, je le pense, de me livrer dans ce tra- vail 'k des recherches d'erudition , qui faligueraient inulilement Tattention de mes lecteurs, et qui ne me coQteraient pas beau- coup de peine. Je me contenlerai de renvoyer au grand chapitre que Waioh a consacre, dans I'ouvrage de Kuorr, a la description des Belemnites. M. de Blainville lui-meme n'a pas puise autre part, pour composer la lisle des auteurs noii contemporains qu'on trouve en lete de sa Monographic in-4'' de quaranle e^peces de ce genre. Caractcrcs des Brlcmnilcs. Les Belemnites (pi. 6, 7, 8) sont des corps fossiles allonges, cylindriques ou aplatis , nalurellement lisses sur leur surface, composes de cunes emboites les uiis dans les autrcs, fortcment adherens entre eux et tres-compactsc. Une coupe longiludinale (fig. Sa) ou transvcrsale (fig. 35), une altera- liuu un pen profonde des portions extericures (fig. 48),donue ( •^:^ ) line iiloc de !a disposition toujours conslanlo de ces embnilcmcns. l*ar nne conpe Uansversale, on docouvre encore des raydns noni- hreux qui parlenl du cenlro a la circonference , el qui prelenti la Rclemnite I'aspect qu'offre une Iranche d'un ramoau vcjijetal. Lo centre de la IJeleuiniteest tr-tverse d'un axe longitudinal 'lig. 32a), qui finit a une petite distance du somniet. Sur un des coles de la surface de la Beleninite, on rencontre tres-souvent un sillon lon- gitudinal qui se tciniine a une plus ou nioins grande distance du somniet , ct qui est tantol elrgamincnl regulier, et lanlol froisse, sinueux coiniiie un simple pli accidenlel; niaisqui, loutes les Ibis qu'il existe, a refoule vers le centre le point correspondanl de chaque emboitement; en sorte qu'en detruisanl le cone le plus exterieur, on aurait toujours, jusqu'a une certaine distance , la repetition du sillon snr le cone plus interieur. La base de la Be- lemnite, c'est-a-dire la partie qui semble avoir ete amputee, et qui offie une coupe transversale de ce corps (fig. Sa /»), possede quelquefois une cavite, moule d'un cone tres-regulier, qui varie en wrandeur, mais presque jamais en forme, et dont I'duvcrture est toujours circulaire , nieme sur les Belemnites les plus aplaties. Cette cavite est tri'S-souvenl vide, on remplie de la substance terreuse de la concbe geologique qui servait de giseinenl a la Be- lemnite, et lantot se trouve exactement remplie par un cone so- lide spalbise, blanchatre , compose d'anneanx serres , cgaux presque entre eux en epaisseur, mais diminuant de diame- tre de I'ouverture au sommel. Ce cone solide se nonime al- veole. La cavite, je la designerai sous le nom d'cmpreinte alreolaire. On trouve aussi ces alveoles isolees de la Belenniite , et agglome- rees quelquefois eu assez grand nombre les uncsauprcs des autres. La fig. 94 ollre la cavile privee de I'alveole, el la fig. 5i ddd pre- scnle une coupe longiludinale de I'alveole emprisonnee dans la cavile. Lacouleur, qui variebeaucoupen nuances, est ferrugincuse, noi- re, violette, blonde ou inarbree. La substance est toujours spatbi- f.<;e ; maiscertainsaccidens, que je ferai connaitre, ont produil dans la beleninite une tendance trancheevers I'agathisalion. Une beleni- nite biensainc et imllement alleree par des circonstances coulem- poraines a son existence , placee dans I'acide nilrique elendu , fait une douce effervescence qui nuit nioins a la limpidile du liquide ( 2:3 ) que reflcrvescence de la craie ; elle ne fait pas entendre ces pctitcs explosions qa'tin fragment inorganique de calcaire produit d'in- tervalle en iiilervalle ilans uiie eau acidulee. Tout se Jissout dans le liquidc. Un petit rusidu qui ng seinble etre attaque par les acides que par la couleur de plus en plus noire qu'il y acquiert, et qui est «n parlie compost des lanibeaux microscopiqucs de la membrane aniniale qui a survecu a la decomposition d'une si loiigue sepul- ture , et en parlie d'une matiere argileuse ; c'est la la seule chose que le liquide laisse deposer. L'ammoniaque , le nitrate de ba- ryte , le nitrate d'argent, ne produisent aucun louche dans le Jiquide. L'oxalate d'ammrniaque precipile une quantito d'oxalate de chaux proporlionnelle a la grosseur do la belemnite. Dans toules celles que j'ai eu roccasion d'examiner, le fer existait en abondance; niais je n'y ai pas decouvert au chalumeau lu moin- dre trace de manganese. Tels sont les caractcres genuraux que presenle la belemnile. La determination de ses analogies avec les diverses substances organi- sees que nous connaissons a I'ctat vivant, offre plus de difficultes. Opinions diversis relatwes d ['analogic des Bclcmnitcs. — Aucun de ces etres n'a encore cte trouve dans le sein de nos mers, patrie qn'assignent aux belemnitesles vers marins et les mollusques qu'on 'voit souvcnt attaches a leur surface, ainsi que leur gisement geo- logique. L'analogie est done le seul guide qu'il nous soit possible de suivre, lorsque nous voulons determiner le rule que jouaient ces fossiles, avant lagrande catastrophe qui en a fait probablement disparaitre le type du sein de nos mers actuelles. Avaut de faire connaitre quelle est la mtthode la plus propre a preter a Tanalo^^ie un degre de probabilite capable de satisfairc un esprit severe et judicieux, je dois exposer les opinions diverses qui , depuis deux ou Irois sieclcs, onf partage les auleurs surce point diflicile. Je ne parlerai pas ici de I'opinioa qui rangeait les belemnites dans le regne mineral; leurs formes exterieures, lours emboile- uieus, leur espece de canal central, demontrent suffisamment que leur spathisation est due a une intus-susceplion , et non a une inerte juxta-posilion. Je ne m'etendrai pas davantage sur I'opi- iiiou d'llclwing (i), qui les placait dans le regne vegetal. Aucun (i) Lilhogr,, p. 2', p. ia3. 18 (. 274 ) vegetal connu, el surtout aiicun vegclal marin , n'affecte en rien les formes de ces corps, el n'en offie la slruclure ni Torgani- salion. Mais des les premiers leinps d€;.retude des fossiles, deux opi- nions dilTerenles furent professees el basees sur des analogies plus vraisemblables. Toules deux renJaient les belemniles an rt;"-ne animal ; mais I'une les coiisiderait comme des batons d'onr- sin, et Tantre comme les tests d'une coquilie voisine du ISanille ou de la Come A'Ammon. La premiere invoquait en ?a favenr I'analogie de forme et de structure inlerieure que les belemniles ont avec les b&ions d'our- sin (i); mais la base totijours fracturee ou coupee transversale- mentd'es belemniles, ne rappelle plus celles des batons d'our- siii; les batons d'oursiu n'offrtisil pas la moiudre trace de cc iillon longitudinal que Ton remarque sur le plus grand nombre des belemniles; enfin I'aiveole, malgre sa dispaiilion frequente, formait une difficulte sinon grave, du moins capable de corro- borer les deux premiere?. Aussi Klein lui-meme [a) et Scheu- clizer, son ami (3), ne tarderent-ils pas a professcr la seconde opinion, qui n'a cesse d'etre professee sans aucune raodiQcation p;ir les auteurs subsequcns qui ont ecril ex professo, tels que La- marck (4), Cuvier (5), d'Orbigny (6), Blainville (7). Cependant, dans ces derniers temps, M. Beudant (8) a renou- Tele la premiere opinion de Klein , sur I'analogie des belem- niles avec les batons d'oursin. Mais, il faut I'avouer, I'auteur ne fut pas heureux dans la preuve unique qu'il cherchait i ajouler aux preuves bien plus nombreuses et plus sevcres, qu'avait inu- tiiement invoquees I'auteur de la disposition naturelle des ecld- nodermcs. M. lieudant avail rencontre une belemnile dont la base (1) Klein do Tubulis marlnis, p. ^.-Eclilnoderviala, trad., p. i48. (2) Id. Echln, trad., p. 166. (3) Dans un manuscit intitule Lexicon fossilium diluvumomm, que nous ne connaissons que par I'extrait de Ivlein. (4) Auim. sans vert., moUusques, gS genre, p. io4- (5) Regne animal. (6) Tableau nieth. de la classc des Cephalopodcs, p. ;5. (7) Monographie des Belemniles, in-4° ; Lcvrault. (S) JnnaL du Mus. d'hisi. nat., tome XVI. ( 275 ) elait convexe et comme eloilee ; mais celte forme toute acciden- telle, et qui n'en provient pas moins d'tine cassure, comine toutes les aulres, eliiit certes bien eloigiiee de la forme reguliere, comme travaillce au tour el creiisee au centre en godet qu'aflecle toujours la base d'un baton d'oursin, tel que ceux qui apportiennent aux ani- maux de ce genre, que nous connaissons a I'elat fossile et a I'ctat tivant. II faut avouer que, si la forme qu'avait cru enlrevoir M. Beudant, se renconlrait d'une maniere indubitable a la base de quelques belemnifes seulement, la premiere opinion de Klein serait des lors inallaquable. Les partisans de I'opinion contraire allegueraient, il est vrai, la presence de I'alveole dans un assez grand nombre d'individus. Mais cetle difficulte peut elre retor- quce centre eux; car c'est a eux d'expliqiier comment il se fait que Taheole n'existe pas dans toutes les beiemnites; et, en exa- minant les developpemens qu'ils ont donnes i la maniere dont lis concoivent la structure des belemniles, il est facile de se con- vaincre que I'accord qui regne entre eux est plutot I'effet d'une condescendance reciproque que celui d'une conviction molivee. Pour demontrer ce que j'avance , j'examinerai successivement les descriptions qu'en ont publiees les auteurs recens que j'ai deji cites. 31. Lamarck definissait la belemnils :« coquille droite, en cone allonge, pointu, pleine au sommet, et munie d'une goutliere laterale; une seule loge apparente et conique; les anciennes ayant ete successivement effacees par la conliguite et I'empilement des cloisons. » Sans parlerici des caracleres contenusdans la premiere phrase, el qui avaient ete certainement traces d'apres un Irop pelit nom- bre d'individus, puisqu'il n'en est pas un seul qui puisse etre considere aulrcment que comme un caracl^rc speciGque , il est evident que la seconde phrase, hypotheliquc dans le second membre, est incomplete dans le premier. L'auteur n'avait en vue que I'empreinte de Talveole et ne mentionnait nullement ce der- nier corps, qui, il est vrai, a abandonne assez souvent la cavite qu'il s'etait formee. Mais quand cetle alveole cxisle, elle ne permet nullement de croire que les anciennes aient ete effacees jiar la conliguite et Tempilcment des cloisons. Cornmeut con- ctvoir, en effet, que des loges testacees aient pu se preler a un ( 2;6 ) rapprochement qui empilc ct aggliitine? Ensuite, quelle im- mense distance eiUre la stiucliirc iiaoree , homogenc, la cnuleur blanche, Taspect diaphane de chaqiie cloison de I'alveole, et la structure Gbreuse, serrec, ou la couleur sonihie et niarbree du reste de la belcmnite? Ou -bien les cloisons de ralvcolc etaient a I'etat de test crelace, pendant la vie de I'aniuial, ou bien ces cloisons etaient elastiqtus et membraneuses. Dans le premier cas, comment auraient-elles pu, sans se briser, s'agglutiner les unes centre les autres, et comment leur premier aspect et leur pre- miere structure auraient-ils entieremenl disparu pour etre rem- plac^s par unc structure loute difTerenle? L'age ne modifie pas un test; il est devenu inimuable par son inerlie. Dans le second cas, comment se fait-il que les cloisons qui offrent encore ieuran- cienne apparence se soient spathistes d'une maniere aussi rc- guliere et pourtant si differenie du reste de la coquillc? Com- ment se fait-il qu'auciine transition, qii'aucun passage ne montre des rapports organiques sur les points de contact de la belem- nite et de ralveole?el enfin que I'alveole reste toujours calcaire, tandis que la belemnite s'esl si souvent agalhisee au milieu des marnes, des argiles et de la craie? M. Cuvier expliquait diffcrcmmcnt la structure des belem- niles : « Elies out un test mince et double, c'est-a-dire compose de deux cones reunis par leur base, et dont I'interieur, beau- couD plus court que I'autre, est divise lui-meme en dedans par des cloisons paralleles, concaves du cole qui regarde la base. Un siphon s'etend du sommet du cone externe a celui du cone in- terne, et se continue de la tantot le long du bord des cloisons, tanlot au travers de leur centre. L'intervalle des deux c6nes tes- laccs est rempli de substance solide, tantot a Gbres rajonnantes, tanlot a couches coniques qui s'enveloppent, et chacune a sa base au bord d'une des cluisons du cone interieur. Quelquefois on ne trouve que cede partie solidc; d'aulres fois on Irouve aussi les noyaux des chambres du cune interieur, ou ce qu'on appelle les alveoles. Plus souvent ces noyaux et les chambres m6mes n'ont laissed'autres traces que quelquescerclessaiilansau dedans du cune interne. En d'aulres cas on trouve les alveoles(i) enpius ou moins (i) M. Cuvier modlQait, dans ce passage, la signification d^ I'alveole, en ne ( ^77 ) grand nombre, el encore cmpiltcs, mais dclachees ilu double clui conique qui Ics cnveloppait. Le cone exterieiir a generalc- inent une echancrurc a I'un des coles de sa base, se conlinuant en un sillon longitudinal. » II est difficile dc preciser ce que M. Cuvier a entendu par test mince el double, compose de deux cones dont Tinterieur plus court, a moins de voir le cone exterrje sur la surface exterieure de la belemnile, et le cone interne sur la surface interne dc I'em- pn:inte alvcoluire. Mais, quand cette empreintealveolairen'existe pas, oti sonl les deux cones ? Une simple dissection d'une be- lemnite, au lieu de deux cones, en ofTre un asscz grand nombre qu'on pent separer par eclats les uns des autres, et qui se des- sinent d la base par des nombreux cercles concentriques. Celle substance solide, tantot a fibres rayonnantes, et tanlot a couches coniques que Jl. Cuvier admet entre les deux cones supposes, n'est que I'asserablage de tous ces emboilemens, qui, par une coupe transversale, presenlent toujours et a la fois, contre I'opi- nion de I'auteur, et des fibres rayonnantes et des cercles indiquant des couches coniques. Le siphon dont parle M. Cuvier, bien loin de se conlinuer le long des bords des cloisons de I'alveole, n'a aucune communi- cation avec le canal qu'on pourrait trouver sur ces cloisons, et jamais il ne passe par leur centre; mais ralveole est toujours cxactement ferniee a son sommet conique. Nous chercherons plus tard a examiner a quoi se reduit eel organe qu'on a noinme si- phon. Enfin, quand advient le cas oii ralveole et son empreinle n'existentnullement dansl'interieur de lu belemnite, comment expliquer alors la structure de la belemnite? D'oii vient qu'un organe qui seul peut faire placer les belemnites pres des ammo- nites el des autres cephalopodes, disparait lout a coup sans laissep la moindre trace de sa presence? Le caractcre essenliel duvien- drait done un caractcre accidentel? II faudrait enfm laisser dans les cephalopodes, des etres qui n'auraient plus rien d'un cephalo- I'appHquant qii'i cliaque articulation de ce cone, tan Jis que scs prcilcccsseurs appclaient alveole Ic cone forme par toutes les articulations uu cloisons liansversalcs. ( 278 ) pode, et croire aveuglement i I'analogie alors qu'elle se serait fffacee en enliei? M. deBIninvillea lache deiepondre aces difQculles en adoptant I'opinion d'un savant Anglais. Afin de rendre plus intelligible son syslfeme, nous avons pris soin de copier (PI. 6, fig. 3i) la figure dont il s'est servi, i ce sujet, dans son ouvrage. Celle figure a ^te destinee, par M. de Blainville, a represenler les dilTerens Sges ek les divers developpemens de la belemnile. An centre («) sc vcrrait une belemnite fort jeune et a deux pointes egales ; le trait !e plus voisin representerait cette jeune belemnite a_yant acquis un cone de plus, qui sernit Ironque vers la parlie {If), el conimencerait ainsi & avoir une base. Tons les cones successifs qui viendraient re- couvrir celui-la, en se prolongeant plus que les internes, forme- raient de jonr en jour une cavile (c) dans laquelle le ventre de I'animal se logerait dts le principe de sa formation, et deposerait successivement, sans doute, une secretion dont se formeraient les chambres de I'alveole {d); de meme que Klein avail pense que CCS cloisons se formaient successivement d'une humeur gluante de I'animal. Alors meme que la figure publiee par M. de Blainville ne serait pas tout ideale , elle ne laisserait pas moins subsisler la difficulte tout entiere; elle en ferait meme naitre de nouvelles; car I'ani- mal, i I'etat de jeunesse, n'aurait done pas eu de quoi loger son ventre; et, comme on trouve la cloison la plus grande el la der- niere de I'alveole, inser^e sur les bords de Touverlure de la base de la belemnite, il faudrait done supposer que le ventre d'un ani- mal i lest si gros occupait bien peu d'espace, une fois parvenu a son developpement parfait; et que murae, plus I'animal grandis- sait, moins le ventre occupait d'espace el plus il diminuait d'e- paisseur. D'un aulre cote, le siphon decrit par tous les auteurs ne joue plus de role dans I'aninial suppose par M. de Blainville, A moins qu'on admelte qu'il passail a travers le noyau (a). Mais il est inutile de refuter plus long -temps I'hypolhese, puisque le fait sur lequel elle s'appuie n'existe pas. Qu'on exa- mine une coupe longitudinale d'une belemnite quelconque (les belemnites onl une telle tendance 5 se feodre longitudinalemenl, que les occasions de faire subir cette epreuve au systeme de M. dc Blainville se ^ resentcnt assez freqnemmenl), on ne man- ( 279 ) qucra pas de reconnaltre qu'aucun noyau n'exisle dans Ic centre de la belemnile. On voit siir une coupe semblable du Bel. varie- galas nob. (fig. 32) que tous les cones arrivenl jusqu'a la base en longeanl la cavile alveolaire, et que rien de semblable a la figure de M. de Blainville ne se represente dans ia realile. Nous avons examine plus de trente coupes longitudinales oblenuessoit par des cassnres spontanees, soil au moyen de la scie ; et nous n'avons jamais rien rencontre d'analogue. Or les fails seuls et nou Ics suppositions gratuites sont la base de la vraie analogic. II est done vrai que depuis I'epoque oCi ecrivaient Klein et Scheuchzer, aucun fait posilif n'est venu ni infirmer ni confirnier I'une ou I'aulre des opinions deji professees sur I'analogie des belemnites. Peut-etre serait-on en droit d'attribuer cette pau- vrete d'acquisilions au petit nombre d'individus que les auteurs avaient a leur disposition, lorsqu'ils desiraient se livrer a des re- chercbes suivies. Ainsi M. de blainville, qui a decrit quarante especes d'une structure assez ordinaire, n'en indique peut-etre pas deux dans son cabinet; toutes les autres se trouvaient disper- sees dans les cabinets de dix a douze savans ou amateurs. Grace' au zele actif et eclaire de M. Emeric (i) nous avons k notre disposition pres de deux cent cinquante individus; Tetude que nous ponrsuivons depuis un an n'a pas manque de materiaux ; et comme,pour verifier nos idees il nous etait loisibled'alterer, de briser, de dissoudre aussi sou vent que nous le desirions, les ri- chesscs dont nous sommes les possesseurs, on pent croire que nous n'avons pas ete avares de ces sortes de sacrifices. Nous sommes cependant loin de nous attendre k voir notre opinion accueillie avec cette indulgence benevole qu'on a accordee a I'o- pinion conlraire. Les affections du coeur, quoi qu'on en disc, sont pour quelque chose dans la conviction en bistoirc naturclle ; et ce n'est point en exprimant sa pensee avec independance qu'on me- rite ces sortes de faveur. Si Ton desirait jeler un coup d'ouil phi- losophique sur la niarche acluelle des etudes J'histoire naturelle, surtout en France, on decouvrirait sans peine que la methode la (i) Nous nous proposdns de publier, dans cc iccuiil, tous les fos>ilcs nou- Tcaux que M. Emeric a trouves dans les <'nviions de Castcllauc et dans le Var. Nous nous occuperons bieulut dts Animonilts. ( 28o ) plus puissantc qu'un atiteur se propose de suivrc, a son Insn sans doute, dans une classification ou une monographic, sc rcduit pour ainsi dire a la consideration suivanle ; M'a-t-il cite? jc le citerai^ a-t-U adopte mes idces? J'adopterai Ics sienncs; m'a-i-U domic des clo- ges? je ferai son pane gyrique ; et I'on serait tente de croiro que ce n'est point au coeiir de ces homines que s'adressait ce vers si doux a I'oreille d'un philosophe : Ricn n'tit beau que le viai, le vrai scut est aimable! II esi temps que la generation aclnelle secoue ces vieilles niocurs qu'avaient I'aconnees lous les pouvoirs et toules les servitudes; qu'cUe resle convaincue que le mcilleur mnycn d'oNserver la na- ture, c'esl de n'avoir jamais en vue ses contemporains ; et enfin qu'on acquierlrarement la gloire, quand on ne travaille que pour ses lauriers. Recherc/ies analytiqucs et nnntoniiques sar I'analogic des Bclemnt- tes. Je vais m'occuperdu role que jouait I'alveole dans la belem- nile, de la structure interne de labelcmnite, de sa nature comiue tissu animal; et de ces considerations, je crois pouvoir 'deduire son analogic sinon avec evidence , du moins avcc de grandes probabililes. 1°. L'aLveole est un corps tout-d-fait etranger d la belemniie. L'al- veole existe dans un grand nombrc d'individus; mais elle manque dans un tres-grand nonibre d'autres; et il est lei groupe assez nombieus quin'en olTre jamais de trace. Sur pres de trente indi- yidus appartenant a notre groupe claviformes , un seul en offre Tempreinte (Bel. minaret nob.), et i la rigueur pourrait-on pen- fcrquecel individu n'appartient pas ace groupe. Un corps, qui pent ne pas se trouverdans un autre, doit-il serieusenient etre consi- dere comme faisant partie de ce dernier? Oserait-on regaider un mcllusque perforant comme faisant partie du mollusque per- fore? Cependant le premier raisonnement ne s'appuie pas sur des tases plus solides. On a cru repondre a cette difficulte en a!K';- guant que les belemnites depourvues d'alveoles sont des indivi- dus Irop jeuncs encore. Mais d'abord, en vertu de quelle analogic pi ut-on elablir que I'iudividu jeune soil prive d'un organe qui fait son caraclcre gcntiiqiie, qui est I'ue partie essenliellc de sou ( 28. ) ^ organisation , et sans lequel par consequent il ne saurait exislcr un seul instant de sa vie? Trouve-t-on des cephalopodes conca- meres, des ammonites par exemple, prives.de leurs concamera- tions, qiieiles que soient du resle leurs dimensions, et quel que soil leiiruge? On invoque en preiive I'analogie des cephalopodes, et lout a coup on I'abauJonne! Ensuile comment prouvcrait-on que les belemnilcs sans alveole sont des jeunes individus? On les voil lout aussi grandes et tout aussi completes que les individus qui sont pourvus de cet organe. Que dis-je ? quelquefois les pre- miers sont plus grands que les seconds. D'un autre cote les al- veoles se rencontrent isolees et en assez grande quantite dans cer- tains gisemcns, el dans d'autres on trouvc des belemniles n'aynnt plus que I'empreinte alveolaire. L'alvcole elait done sortie libre- roent de la belemnite, elle s'etait detaches, desemboilee, le plus souveiit sans laisser aucune trace de sa presence, et quelquefois en ne laissantque des empreiates de ses concameralions. Or com- ment concevoir un pareil phenomene en admettant que l'alvcole soil unc parlie inlegrante de la belemnite? a-t-on jamais vu qiiel- que cliose de semblable dans les cephalopodes ? a-t-on vu des concameralions calcaires se detacher si propremenl d'un test, que Ton pQt cioire qu'elles n'en avaient jamais fait pailie? dirail-on que ce!a ne vienl que d'un accident qui ayant brise le test aurait respecle I'alveole ? On ne I'a jamais dit , il est vrai ; mais encore en supposant qu'un accident qui aurait brise le lest, n'eQl jamais laiste un debris du test a cote de son alveole , et eut toujours nieme si bien respecle Falvoole isolee, comment expliquerait-on le cas oii le test est si bien conserve avec sou empreinte alveo- laire, et ou I'alveole a disparu ? Quel accident assez cnergique , pour delruire I'alveole dans le fond de sa cavite, eul respecle le test le plus fragile? tt comment serait-il arrive qu'aucun frag- ment de I'alveole ne fCit resle agglutine a ses ancienncs parois? serait-ce par un liquide capable de dissoudre I'alveole? m<;is celle- ci n'elant pas aulrement spalhisee que la belemnite, comment I'a- tide n'aurail-il pas dissous le test? En verile, si nous ne connais- sions pas a I'elat vivanl les formes et la maniere de vivre des ta- rels, je suis biin persuade que les arbres fossiks, qui en onl ( le perforis dans lous les sens, auraienl conslitue un nouveau genre d'OUcs, dont les iarcl:i cussent fail lous les frais. ( 282 ) L'alveole est certainemcnt un test analog-ue aux c<'iphalopodes concamercs. Mais puisqii'on la (roiive hors des belemiiites, et que les bclemniles existent ties-sou vent sans porter la inoindre trace d'alveole, il ne faut que consulter les premieres regies de I'ana- logie pour penser que l'alveole est un etre elranger a la belemnile, que Ton pourra designer sous le nora d'Jiveolitc, genre qui , de nieme que les trilobites , ne se retrouve plus ;\ I'elat vivant. Celte Aiveolite serait un parasite de la belemnite, qui I'abandonnerait apres s'etre sature de sa substance , et qui y serait parvenu, soil A I'etal d'ceuf, soil i\ I'elat adulle, pour y trouver un asile ct une proie. Je ferai connaitre tout a I'heure des circonslances qui militent en faveur de cette opinion. 2°. Structure interne des belemnites. Le sillon lateral, qui borde longiuidinalement un ou deux cotes de la belemnite, est moins im organe essentiel qu'une forme individuelle , puisqu'il dispa- rait sur un assez grand nombre d'individus que I'on pent supposcr 4 I'etat complet. Je ne vais m'occupcr que des cmboitemens internes, et de ce qu'on a appele siphon dans les belemnites. On ne saurait nier que les belemnites ne soienl composees d'emboilemens; non- seulement ces emboilcmens se dcs^inent sur les coupes longilu- dinales telles que celle de la figure 52, sur les coupes transversales (fig. 33), mais encore certains accidens qui out endommage la surface de la belemnite peuvent les metire a nu , comme on I'observe sur la Bel. cllipsoides, fig. 48; dans cet etat ces em- boitcmens se rapprochenl, il est vrai, de ceux qu'on observe sur un OS de seche endommage. En suivanl exactement la marche de deux emboitemens , on s'assure que leur moindre epaisseur exislc au sommet de la belemnile, que la elles se pressent les uns contre les aulres, el que leur plus grande dilatalion se fait vers le milieu de la longueur. II n'y a done rien d'impossible -^ ce que I'emboitement le plus interne arrive tres-pres du sommet de la belemnile; et comme cet emboitement interne doit elre d^un ca- libre peu epais, il s'ensuivra que la belemnite sembiera siiionnee dans loute sa longueur d'un canal indeterminable, etroit (fig. 52 «); c'est la ce que les auteurs ont designe sous le nom de siphon, et qu'ils ont decore du role d'un organe sai generis. Mais ce siphon exisle duns lous les corps formes par emboitemens ; dans un Irono ( 283 ) c'est la moelle, dans un piquant d'herisson il ne porte pas de nom quoiqu'il soil ties- visible ; il existe, quoiqiie d'une ina- nicre difitTente, dans un bdto?i d'oursin; eriDn il at iinpossiljle de supposer un corps compose de cones qui s'emboilenl a i'in- fini, qui se soient developpes par intus-susceplion , et non par juxtA- position, sans que ce canal existe. Si la beieiniiite ctait un produit interne d'un animal, qu'eile fflt analogue en quclque sorte i i'os de seche, ce canal n'existerait nullement; car les couches calcaires s'appliquant les exlernes sur les internes, il s'ensuivrait que !e centre seul seraitcreux, mais qu'nucun dcs bouts de I'orgiine ne serait traverse d'un canal aboutissant ii I'ex- terieur. Du rcste ce siphon a si peu joue ce role, qn'on ne le Irouve jamais c)'lindriijue, uni et lapisse pour ainsi dire de nacre, comine devrait elre un siphon permeable a des Jiquides et acces- sible a une I'onclion, raais plutut irregulier, presque imperfore, et absolunient analogue au canal central et medullaire qui traverse un piquant de h^risson. II ne faudrait pas penser que ces emboitemens jouissent de I'c'paisseur que Ton re:narque sur la fig. 32. Nous avons re- presente a la loupe (fig. 12) la moitie d'une coupe transver- sale qui etait le produit d'un parasite rongeur. On voit combieii ces emboitemens peuvent etre nombreux et presses; entre les principauxon en observe de plus minces, dtmt Tepaisseur approxi- mativementeyalueenes'elcverait pas au-dehi de ^^ de niillimelre. Quant aux slries rajonnanles qu'une couche Iransversaie de la Ixdcmnite calcaire onVe toujours et sans exception a Toeil de 1 observateur, et qu'un ne rencontre nullement sur un os de seche, I'analogie va, je pense, nous amener a >ine explication simple et qui me parait pereniptoire. Soit.en cffet, un emboilement de sept cones formes chacun par le developpement de vingt cellules circulaires. II est evi- dent que chacune de ces cellules, en vcrtu dos conipre.-sions mu- tuelles, aflecli;ra, sur une coupe transversale, la forme d'un qiadri- latere (fig. 33 «), dont deux coles en arcdecercle et couccntriques entre eux, et deux aulres en I^gne droitc, et d'aulantplus rappro- ches qu'ils arriveront j)lus pres du centre commun. II est evident encore que, lorsque res cellules seront supposees ne pas alterner entre elles, cliaquc arc cxlerne d'une cellule appartenanl a uncone phis iiiterjour, sera cgal i Tare interne d'une cellule correspon- dante appartcnant au cune plus cxlericiir, ct (pi'en consequence les deux cutes en ligne droite de celle-l.'i senibleront n'eire que le prolongement dcs deux coles en ligne droite de celle-ci. En ap- pliquant le meme raisonneinent aiix cellules d'un cone encore plus interne, el ainsi de suite , il s'ensuivra evidemment que, par I'effet de cette structure, les separations en longueur de toutcs ces cellules de tons ces cones imiternnt les rayons d'un cercle, ou si Ton veut des fibres rayonnantes (Og. 35). La loi de cette structure, qui se rencontre sur les zoophytes calcaires, sur les troncs des veget:iux, devicnt evidentc par une coupe trausversale de pore-epic qui senible n'6tre compose que d'un seul grand cone, et surtout par une coupe transversalc d'une orange, dont loules les grandes cellules etant susceptibles de s'isolcr, attestent ainsi que les fibres rayonnantes, qu'offrait cette tranche, ne pro- "venaient que de I'agglulination des deux parois des cellules con- tiguiJs. Quant aux beleninites, il est aise de confiriner par I'ex- pcrience ce que I'analogie indiqtie deja ; car, en suppqsant que ces rayons fussent reellement des fibres spathisees, rayonnantes, et qui s'etendraient du centre commun a la circonference la plus exlerne , il s'ensuivrait que chaque cone serait traverse d'outre en outre par ces myriadcs de fibres, et que, par conse- quent, lorsqu'on mettrait a nu la surface d'un de ces cones, elle devrait Gtre herissec d'asperites plus ou moins alterees. Or, c'csl ce qui n'arrive jamais ; on a beau metlrc ^ nu une surface quel- conque du cone d'une beleninile, on trouve toujours la surface d'un cone lisse, polie, n'offrant ni asperile, ni pore, ni solution de continuite , ainsi qu'on en voit un exemple sur la belem- nite ellipsoide , fig. l\8. La meme experience eOt suffi sans doute aux physiologistes , pour s'assurer que les rayons me- dullaires, qu'on semble apercevoir sur une coupe trausversale d'un tronc d'arbre, ne sont pas moins illusoires que les fibres rayonnantes de la belcninite. Mais, pour rester dans les limites de notre sujet, ce principe une fois adinis prouve non-seule- menl que les fibres rayonnantes d§ la belemnite n'existent pas, mais encore que les cones emboites de la belemnite soul tons contcmporaius, c'esl-a-dire qu'ils se sont lous developpes a la fois q'loique dans dcs proportions diffOrentes ; car, si Ton adinet- ( 285 ) lait , pour snutenir leur prelendiie analogic avcc un OS Jc sechc, que ces emboitemens proviennent des depots successifs de ma- tiores par couches supcrposees, on ne rcmarqiierait plus ni la intme disposition, ni la mPme regularite, sur une coupe Irans- verjiale d'uue belcmnite; enfin , en supposant nieme que cclte action, pour ainsi dire inorganiqiic, ffit capable du produire des cellules, ce qui du reste ne saurait s'aduiettre, il n'en serait pas nioins raisonnable de dire que ces cellules n'auraicnt plus entrc elles les memes rapports, et n'affccteraient plus le nieuie noinbre dans les diverges couches superposecs, comine on peut s'en as- surer par I'inspeclion des coupes Iransversales d'un os de seche. C'est en m'occupanl de ces dissections au marteau , que je I'us amene a faire une decouverte, qui me parait avoir echappe a tous ceux qui se sont occupes de belemnitcs, quoique I'occaslon de la verifier ne soil certes rien inoins que rare. Je m'etais apcrcu qu'un grand nombre des inclividus que jc possede oiTraicnt a Toiil nii diverses portions de leur surface, comme guillochees (fig. 68). A la loupe (fig. 55) je constatai que ces orncmens singuliers, tnais elc- gaus, se prescnlaieut toujours coniuie des cercles coucentriqucs donl le median etait complet («) et possedait au centre un petit lub( rcuie, et dont les autres afTeclant plus ou moins la forme d'un boyau ondule, au lieu de se rejoindre par leurs deux bouts, se rapprochaient de la spirale, en ce qu'un de leurs bouts descen- dait plus bas que I'autre (/*), et semblait communiquer avec le bout oppose du cercle plus exlerieur, et ainsi de suite, jusqu'a un rayon d'environ cinq millimetres q\;elquefois. D'autres fois (fig. 26 c), au lieu de ces cercles coucentriqucs et superficiels, on voyait des demi -cercles agglutines, formant chacun un tu- bercule aplati par la surface exterieure, et porlant deux el trois pelits tubercules rcunis. Pr6s de la (<») on voyait souvcnt de pe- tits corps en forme de bouteille, bien detaches au sommet, et ne tenant aux autres que par la base. Je ne pouvais pas supposer que ces figures, qui variaient accidentellement autour du type que je viens de decrire, appartinssent a I'organisalion de la belcmnite; car je ne voulais pas relomber dans I'argument qui avail fait regarder /'a/rco/c comme partie de ces fossiles, et decider que des corps qu'on retrouve dans certains individus , et dont on ne voit plus de trace dans les autres, fussent cependanl pour cux (.86 ) des orjjanes cssoiitiels el caractcristiques. Mais ce qui acheva de me convaincre a eel egard, c't'st la rencontre d'un individa du Bel. polygonalis tlonl la surface etait criblee de ces ornemens nou- veaux. En examinanl la base, bien loin de la voir composee de cercles concenlriques traverses par des fibres rayonnanles , je la vis, au contraire, occnpee par des pelils cjlindres ou cones qui s'etendaienl de la siirFace vers le centre, el n'etaient que les pro- longemens respeclifs de chacun des grands tubercules chiffonnes qui ornaienl les faces de la belemnite. J'ai represenlc cetle base un peu grossie a la loupe a la fig. 3o. Je commencai presque des lors a croire que ces corps n'etaient que des parasites de la be- lemnite. Ayanl essayc ces corps par I'acide nilrique, je vis que I'acide les rcspectait, el qu'iis elaienl silicifies : des ce moaient tout Put trouve pour moi. Je placai des individus de belemnite qui en elaienl cribles dans I'acide etendu d'eau ; I'acide, en dis- soivant la substance calcaire , m'isolail ces petit corps , et me donnait ainsi le moyen d'en etudier la structure el le developpe- ment. La figure 3o meme n'a ^te obtenue qu'a I'aidade ce procede; mais ici une portion mediane (Z») de la belemnite s'etail aussi changee en silice. Voici les resullals auxqucls celle etude m'a amene. Primilivement el au sorlir de la mere , chacun de ces corps s'offrc comme une bouleille tcrmiiiee par un lubercule (fig. 26 A) : a I'instar des annelides, son corps esl divise par des b;uides trans- versales (fig. 21 ^) el qiii pourraient bien n'elre que des spirales continues; cependant, sur la partie anlerieiire, on remarque tou- jours un cercle complel, au centre duquel est un petit boulon (fig. 35 rt). Brises l(>ngiludinalemeiit, ils ue m'ont jamais offert la moindre cavile, mais une substance homogene. La surface exle- rieure de leurs parois, outre les siries lransver?ales et dislantes, offre des strics longitudinales Ires-fines, peu prononcees, et qui s'etendent, d'un cote d'un anneau h I'autre. Leur couleur el leur aspect rappellent parfaitemenl bien la nature el la couleur de la corne. lis elaienl susccplibles a I'etal vivant de s'etendre, soil en longueur, soil en largeur, el, dans ce dernier cas , d'utie maniere indefinie. Quand ils etaienl elendus en longueur, c'elait toujours dans le sens du rayon de la belemnite, el alors leur face anle- rieiire offrait peu de cercles concenlriques i ou 2, (fig. 3o); quand ils voulaienl s'etendre en largeur, c'etait a peu pres a la ( ^8; ) maniere d'un porfc-vue; le second aiineau venait circonscrire le premier, le troisieme circonscrivait le second, le quatrieme cir- conscrivait le troisieme pour former la figure 35, ct des lors I'ani- uialtJtait aplati comme un galeau. Comiiie ces divers anrieaux n'e- taient pas concetilriques, mais eii spirale, ilarrivait, aiiisi qu'on le voit sur la nieme figure, que de tous ces cercles le median seul elait regulier, et que les aulres oflVaient toujours leurs deux bouts chevauchant. Ces parasites ne penelraieut pas par la surface de la belemnite, mais par la partie inferieure; et on voit quelquefois des belemnites qui en sont remplies, et dont toute la surface est dans un etat coniplet d'inlegrite. Tantot ils se developpaient entre deux des couches externes de la belemnite, ct alors le cenlre de la belemnite etait rayonrant (fig. 49 «)'•, tantot, au contraire, ils com- iiiencaiont par atlaquer le centre de la base pour se repandie de la dans I'interieur, et arriver presque au sommet. La base de la figure 85 a ofTre unpeloton de ces parasites places au centre, et il n'y anrait rien d'impossible que cette tache carree que RI. de Blain- ville a fait figurer sur la base de sa belemnite a ouverture carree (pi. G, fig. g) frtt due a la meme cause. On trouve des belemnites dont ces parasites ont tellement envahi la substance, que toute la couche externe s'esl detruite, et qu'elle a cte remplacee par une expansion continue el non interrompiie de ces parasites siliceux. L'acide dds-Iors, en dissolvant la partie calcaire et par consequent non attaquee, ne laisse intacte qu'une carcasse siliceuse et guil- lochee. Les belemnites du groupe Cliarinateulil [fi^. 68-75) sont dans ce cas. Mais cc que ces enthelminthes fossiles offrent de plus ouricux et de plus extraordinaire, c'est I'analogie complete de leur developpement avec celui des polypes, llarement pei4t-on les oblenir isoles ; et, dans le plus grand nombre de cas, on decouvre eviJemment qu'ils naissent les uns des autres, qu'ils se propagent par bourgeons, et que les plus grandes expansions memes pren- nent leur origine d'un seul individu. Non-seulement ces singuliers entozoaires jouissaient de la faculte de s'agathiser par la fassili- salion (regie qui, sur mes aSo echantillons, ne tn'a pas offert A- core une exception) ; mais encore ils pouvaient la communiquer ii certaines portions des couches voisines de la belemnite. Sou- veiit le cone central (siphon des auteurs) a meme subi cette me- tamorphose, ainsi que je m'en suis assure, en laissant sejourner ( 288 ) dans I'aciile nilrique tin imlividii du groupe Jes charmateuUi. D'autres fois de petits filamcns en forme de slalaclitcs eloilees herissent la surface poslerieure de ces animaiix, cl luur couleur blanche indique evidcminLnt qu'ils n'appartiennent qii'a la be- leninitc. La figure ai a offre I'ln dc cts aniinaux dont la parlie pos- lerieure (/') est tapissee par une cristallisatiou de silice herissee de petils ciis siliceux. La figure i5 /* en offre un autre exemple. Rieu n'est plus variable que la direction de cos filainens siliceux ct blancliatres ; je ne Ics ai jamais vus anastomoses on flechis. II arrive encore que ces animaux parasites ont communique la fa- culte de I'agalhisalion a I'epiderme de la belemnitc qui les recou- vre, ce qui me porte a croire qu& toutes les belemnites des ter- rains calcaires on argileux, qui sont agathisces, n'ont dQ cette propriete qu'a la presence d'un certain nombre de cts entheU niiulhes d'un genre nouveau. Ainsi le Bel. polygonalis ne in'a ja- mais offerl que des individus agalhises; mais aussi le plus grand nombre d'entre eux sont devores de ces parasites, snr des portions plus oil moins considerables de leur surface; et alors meme que ces individus paraissent avoir joui de I'etat de la plus parfaite conservation, i\ en jugcr par i'exlerieur, il m'est arrive d'avoir decouvert ii la loupe un ou deux de leurs ennemis qui se dcssi- naient an dehors d'une maniere assez reconuaissable. Je possede un fragment de men groupe dilatati, dont une portion elait cal- caire, et loule la portion enveloppee par ces parasites avail ele sillcifiee , et imitait , par ses couleurs et son aspect , la substance de la corne Iravaillee. La couleur de ces enthclminthes csHoo']our?. marron (fig. 3o) et violatre : le cercle central est quelquefois blanc. llaremejit leur apparenee est-elle brunie, si je puis m'exprimer ainsi, par les depots terreux de leur gisement geologique ; et, dans ce dernier cas, qui s'applique principalemenl aux individus que je possode de la vallce deThorene (Var), leur couleur tire sur le jaunalre (i). (i) J'aicherche inulilcment dans Ics aiileiusdes circonslanccs semblables 4 ceiles que je vitns de decrire. Cepeiidant deux auleurs, places i des epoques tres-eloignees, semblent avoir apei^u certains elTets que produisent ces para- sites. Le premier, c'est Schcuclizcr (Lfcc/coJi fuss, diluv apud Klein, msst) qui, dans un cliapilre relatifaux bekninilcs, cilait des individus dc belcmuile iron- ( '^80 ) II est impossible de ne pas admellrc qin; ces parasites etaient cartilagincdx, et non tcstaccs ; leur aspect exterieur, ics varia- tions accidenlilles de leurs formes, la manicre dentils sont appli- ques les unsconlrc les autres, et contrelosparois des cavilesqu'ils se sont creiis^es dans la substance de la beleninite, leurs emboi- temens concentriques, rien enfin ne laisse le inoindre doule a cet egard. ftJais la consequence immediate de ce fait, c'est que les belemnites, a I'etat vivant, n'etaient point des tests ni des ba- tons calcaircs; car, comment supposer que des animaux cartila"-!- neux et polypiformes eussent pu , je ne dis pas trouver lenr nourriture, niais se developper de la sorte dans un milieu spathi- se? L'analogie se refuse a une pareiile idee; et la plus simple inspection d'un individu tel que ceux des figures 5o et 26 suffit pour rendre la cbose evidente; mais ce qui ajoute encore a I'evi- dence, ce sont les fails suivans : 1°. Le fragmeiit.de la bel. dilatalus, dont j'ai parle plus haut, offre une coupe Iransversale, rongce sur certains points, absolu- ment de la meme maniere que Ic serait un morceau de corne non dessechee et de loule autre substance assez fortement carti- lagineuse. La vue seulc peut rendre sensible ce que j'avance. ■2\ Je posst;dedesiiulividui((jg. 27) qu'une enlaiile Iransversale a fait courbcr du cote oppose, sans qu'aucune fracture se mon- tre sur le cote concave. L'individu figure et qui appartient a mon groupe tcreies est a cet egard le fait le plus curieux que je con- naisse. On voit en ( « ) une solution de continuile assez lar-re, ques , ornes dc plusieurs bandes et de differenles figures sur la supcificie'" ot partieuhcrcment de pelits cercles, qu'il rapportait a de pelits salwls com- n,en9nnt a se developjer. Le second, c'est M. Allan {Trans, dc la Sec. royalc dEdmbouri;, iSao, p. 4io-4 12, pi. 26, fig. S) qui, ayant eoieve par I'acidc nitr.que tout le ca.bonate calcaire d'unc belemaile incrusfee dans uu silex, apcrgut conlre les parois de la pierre respeclee par I'acide, de petits luber- cules comnuiniquaat entre eux par un reseau siliceux, que I'auteur prit pour le systeme vasculaire de la bulemnile. En examinant scs jolies figures, il est impossible dedouler que Tauleura'ait vu la parlie posleHeure de nos animaux et qu'il n'ail pns pour des lOscaux vasculaires. ces pelils prolongemens siliceux dont la presence de ces animaux parasites delermine la formatirn, entre les couches des divers cones de la belcmnile. L'habilete du dessinatcur pourrait b>en avoirun pen exagere cet cffet, qui ne nous ajamais pan. aussi compliqu<^. Mais 1 auleur u'a pas pousse plus loin cclle decouverfc. >9 I 2r)o ) ilonl la funno, la coulciir blanche et la surface lissc iiicliqiionl oil Tcflct d'une morsure violenle, ou celul d'line crevasse pro- (liiilc ]'iir line forte conlraclion de la bcleiunite. Dos lors, la lielemnilo s'est dirigee brusquemenl vers la parlic opposce ( // ) ^ par un angle obtus. La une nouvelle entallle absolunicnt ana- 1 lo'Hie a la premiere {a) a force le cylindre de se dirigervers le (lUe de IV'nlaiile inferienre. Je rclrouve exactenjent sur un autre iudividn du memo groiipe la repetition des niemes circon- slances" si Ton ne les avail pas tous les deus a la ibis sous les yeux, (in croirait que ces individus ne sont que le rncMiie. Sur un autre individu (fig. 29)* ces circonstances se representcnt sous une autre forme, qui n'csl pas moius pittoresque que les premieres; la base que Ton voit grossie (fig. 28) resseinblc lellement a la coupe oblique de la base d'un ramcau arrache d'un Ironc ve- o^tal, qu'on serail tente de croire que la bulemnite lenait com- me un rameau a un corps quelconque. Un pen plus haut , et sur lecote ojipose («, fig. 29), on apercoit de pelilcs cntailles snperfi- cielles qui semblent meltre a nu les portions que recouvrait I'epi- derme, dont I'aspect cilrin tranche avecia couleur blanche et, si je puis m'exprimer ainsi , tendineuse de ces entailles. Ces indivi- dus, les mieux conserves de la collection, ne permettenl pas un instant de penser que quelque fracture ou quelquc supercherie ait determine leur configuration; el ils achevent de prouver, de ia maniere la plus irrecusable , que la belemnite a I'etat vivant etait un corps capable de flexion, et partant non encore calcaire. Ajoutez a toiites ces raisons les plis nonibreux et longiludinaux qu'on observe sur la surface de plusieurs individus, plis qui out la plus grande analogie avec Its plis des piquans de pore-epic et des autres appendices corncs de la peau des animaux , soit par leurs bords froisses, soit par un aspect que la plume el le craj'on nc sauraient rendre. Determinalion du role quejouatent les belemnites a l' Hat vivant. 5'ar lout ce que je viens d'exposer il paraitra certain, aux ^'eux des personnes qui ne veulent point elablir des analogies d'une maniere arbilrairc , que la belemnite n'est pas un assemblage de couches superposecs, et dont les plus extornes seraienl les der- niercs par ordrc do date. La surface lisse des belemnites. leurs formes cylindriqucs Ou arrondies, les rayons multiplies et s'elen- ( 29' J ) >iii, nil organc appeiidiculaire clu dennc, mais eilo appatleniiii A (III ajiimal qui ne parall pas avoir i'.id un eclilnoderme , piiisqiie sa dccoinposilion a I'tt; complete, et que jusqii'ici on n'a rien pii trouver qui iiidique des traces de son test ; pcut-ftre en clait-ii voisin. Le grand nombrc dc belemnites que Von ren- contre anioncelees quelqucfois sur un meme point, une certainc iiiatierc pulverulcnte et rougeulre, que j'ai presque toujours ren- contree sur le point central de ces monceaux, et qui rappclle la decomposition moleculaire de certaines substances anrmales dans le sein de la terrc, sont lout aulant de faits accessoires qui \icn- nent a I'appui de mon opinion (i). On aurait tort cepcndant de s'imaginer qu'auciin organe analogue ne se renconire plus sur un animal fossile. Ayant Irouve dans les couches inferieurcs du calcaire grossier a Issy, pres Meudon, des corps oblongs , un pcu concaves d'un cote et convexes de I'aulre, qui me seni- blaient se rappr'ocher des spatangus, j'en examinai la surface a la loupe, pour m'assurer de sa structure, qui me semhlait peu conservee; je decouvrisque toute oelte surface elait rccouverte de pelils cones un pcu couches lesuns sur les autres, lels qu'on les voit grossis a la loupe, fig. 56. Or rien ne ressemble a ces petits Corps comme certaines belemnites ; et la difference de grandeur seule pourrait faire douler de leur analogic; niais que ce spatan- gus cGt grossi et que cespelits cones cus?ent suivi ce developpc- nient, et cetle difference efit cesse d'en etre une (2), Priiicipes de la classification des Belemnites. S'il est vrai que its belemnites aient ete des organes appendiculaires de la peau, (1) Klein avail ete sur le point d'en embrasser une semblable. o.Te ne des- avouciai pas, ditil, que ceux-la sont bien fondes en raison , qui prcnnent poiu- des rayons d'aniniaux marius jusqu'ici inconnus, ct ajjprochant beau- coup de la classe des oursins , s'ils n'en sont pas, toutes les belemnites de I'liisse nonimees proprenient Pierres de Ljnx. II y aurait des raisons qui aplaniraicnl suiBsamnient les difllculles que font naitie les caviles coniqnes, li-s fentcs et les alveoles; et alors, je le deniande, qu'esl-ce qui eniprcherait davantage de croire que tons les rnyo7is i/cs bckvntilcs fustent des rayotts d'our- sms , ou d'auties semblables animaus niaiins.o Ecliin. trud., p. i55. JMais Ivlein laisse bientol la eeUe idee ? (2) Cetle espt'ce d'oursin s'accorde Ires bien avoc la Ggurc du Scutum ckau- monUanum de Klein, pi. X..A, p. 88, tiad. iVanr. ( ^94 ) et iiou dcs tests de mollusques , la consequence necessaire est que leur forme exterieure seule ne doit plus ("Ire employee dans la classification, pour I'etablissement des especes; et que meme c'est moins I'espcce de belemnite qu'on doit avoir en vue de clas- ser , que I'espece d'animal auquel les belemniles, qu'on a sous les yeux, peuvent etre supposees avoir apparlenu. i". Or, de meme qu'un oursin pent porter des batons qui, pris isolement n'aient pas entre eux la moindre ressemblance, lei que Votvsin de mo- violet que David avail envoye de I'lle de France a M. de Reaumur (i), de meme il pourra arriver que des belemnites de la IbrFiie la plus differente soient ogalcmenl la de- pouille d'un meme animal. On devra done moins s'altacher a trou- ver des caracleres rigoureux et invariables, qu'a determiner, par de sages approximations, les limites des nuances dans les- quelles une forme exterieure, un aspect gen(5ral, un certain mode despalhisation, el la coloration elle-meme, pourront varier; et afin de ne pas toraber dans de trop graves ecarts, il faudra principalemenl lenir a ce que toutes ces variations se rencon- Irent dans le meme gisement , et meme dans le voisinage les unes des autres ; le degre de probabilite sera encore plus grand, quand ces diverses formes seront amoncelees les unes sur les autres, sur- tout si le meme cas se represente frequemmenl. 2^ L'alveole ne formera done plus un caraclere, non-seulemenl parceque sa presence est un accident, mais encore parce que sa forme semble etre invariable, ainsi que celle de rempreinle qu'elle a creusee , el que les differences qu'on a cru decou- vrir, i cet egard, ne tiennent qu'au mode de cassure de la belem- nitc, et au point de la longueur de la belemnile sur lequel la cas- sure Iransversale a eu lieu. .5". Le sillon lateral n'etant pas un organe, mais une forme, quoique plus constante que les aulres, ne doit pas lellemeut etre employe comme caractere, qu'i lui seul il soil capable de faire separer des individus analogues par Tenscmblc de leurs trails exterieurs. On le voit en effet passer par lant de nuances sur des individus presque identiques, qu'il esl permis de penser qu'il dis- (0 Klein. EcLin. had., |)1. 23, p. ssg. C'esl I'Ediluu/. oliadndv^ auleurs. i ( ■^!)5 ) jiaiaissait quelquelois en cntier; et sur certains de ces intlividns it'ozoUcs bclemnlliiiUa^us. SPIROZOITE. Animal parasite, d'abord tuiljinu, ensuitc cylindriqnc ou co- nique, finemcnt stric longiludinalementj, oblus posterieiirenient, et offrant antericurement une plaque ciiculaire luberculee an mi- lieu. Etendu tantot en longueur, et tantot en largeur, a cause que les spires qui se dessinent snpcrficiellement sur son corps, vien- nent les posli'riiiiircs circonscrire les antericures, jusqu'a don- ner a I'animal {'aspect d'une croCite Ires-mince el en forme d'un bouclier. I! prndiiit, des divers rrpiis de ses spires, d'aulres aiii- maiix qui lui rcstcnt adherens a la maniere des polypes, et il pent ainsi se propager et se survivre indeGniment. II habilait dans les beiemnites dont il oorrodait la substance, nalureilement done de !a I'aculte de se convertir en silice, et de communiquer la mGme propriele aux couches voisines de la belemnite (1). Sa conleuretait violelle ou marron, quelquefois jaune calcaire , et d'autres fois ayant son l«bercule et sou cercle anlerieur (fig. 35 a) blanos de lail. Espec. unique : Spirozoi'te belemniliphage. (1) L'agatisalion de la belemiiiie n'est jamais aiissi compacte et aussi dure quecelle des spirozoilcs : aussi cst-il loujours facile de dislingucr cc qui a]' parlieiit a ceux-ci de ce qui appartient h la belcmnile meme. ( 5oi ) 11° PAKTIE. BELEMINITii. (Vclicia auinialis marini EchinodeimaUini foilassc pioxinii.) Aciilei lerctes aut lati , superficie Ircvi Integra aut rugosa , apice aciilo aut (ibtiiso, basini versus canaliculo lungitudinali sulcati aut orbati, liabilu co- lore, aspc'cluque proleil'ornies, seil slructura similliuii ; nenipe quasi crustis aliis alias arete vcslientibus conflati, ccntraii arclissimS fere longitudinc pari et vacua, ili ut basis circulos concentricos ovales exhibeat radiis inou- iiieiis trasjectos. Gennralim calcarei, sed aliquando spirozuilis siliceis repleti et corrosi, ipsi in silicem conversi. Basis saepissinie parasitico qiio- dani alveoUlc nuncupato coni instar cIFossa; alioquin plicis quibusdani circumdata. Color luteus (27), violaceus (90), castancus (76J, ferrugincus- ve (i), variegatus, et inarmor aut acbatem amulans. BELEMNITES. {A/ipcndiccs cuiancs d'mi animal marln , pctit-Ctve voisi/i clcs ccltinodcrmes). I'iquans cjlindriqucs ou elargis, u surface lisse, unie 011 ridee , a souuriet ai.e;u ou obtus, souvcnt canalicules longitiiJinaleinent vers la base, vrais prolees sous le raiiport de la ibi ine , de i'as- pect et de la couleur, mais se ressemblaiit lous par la struc- ture intcrieure. Couiposes de couchtjs serroes einijoilees les une.s dans les autres, donl la mediane prcsqne aussi longue que les aulres est etroite, et pour ainsi dire vide; oITrant sur leur coupe transversale des cercles concentriques traverses par des rayons du centre a la circonfcrence. En general spathises; uiais devenus siiiceux quelquefois a cause de la presence des spirozoiles si- liccux qui leur ont communique la meme faculle. Leur base est tri'S-souvcnt creusee en cone par un parasite connu sous le noni d'alveolite : dans le cas contraire elle est entouree do piis nom- breux; sa couleur est jaune, violette, iiuirron, fcrrugineuse, mais la surface a toujours un aspect marbre ou d'agate. N. B. Les belemnites que je vais classer et decrire ont ele trouvees par M. Emeric dans les Alpes do Provence, autour de Castellane et dans la vallee de Thorenc (Var), de Goo a 800 loises d'cievation au-dessus du niveau de la uier. ( r)()2 ) P SECTIO : FERRUGINEI. l" DIVISIO : LATT. jum J'^ci/ng ; BclcmniUc pctatojjsides. Char, generalis. — Singiilaris sed eleganlis foimac variis modis , folia niesem- bryantliumoiiim aut crassulacearum a;mulanlcs ; colore cxruleo-nigio seu aidosiacaco , siiperficie IxvL sed qiiibiisdam niaculis concentiicis rubi- ginosis hue ilhic exoinati; basi letialoba ( nempe diiabus paglnis pliis miniisve convcxis ), aut tetiagona ( neiiipe paginis duabus fere planis et marginibus canalicidalls) ; utraque pagina, seu ncrvo seu suico nervum imi- tante, longitudinaliler exaraU'i, pliis minusve mediano, ex quo striae paral- lellae fere inconspicua; utrinque usque ad niargines obliquiter sed sursum paruni prodeunt ; apice acuto aut acumina'o nunquam mediano; margine angusliore basini versiis sulco brcvi , aut utraque uiargine sulco laliori et interius piano ornatfl. 1" groupe : Belemniles en forme de fcuilles, pi. 6, fig. i-ii. CamcUre general. — La forme singuiiere, mais toujours ele- gante des individus de ce groupe, rappclle de la maniere la plus variee cclle des feuilles des plantes grasses et des Mcsembryan- themuni ; leur couleur tire Hir Tardoise : leur surface est lisse, mais portant cii et la des taches rouillees, composees de cercles concenlriques qui indiquent la presence des splrozoltes ; ba?e te- tralobte (fig. 5) (c'est-a-dirc ayant les cotes correspondant aux deux faces, convexes d'une maniere plus ou moins prononcee) ou tetragone (fig. 6) (ayant les cotes mentionnes paralloles et les deux marges echancrees par les silions lateraux); I'une et I'autre page et quelquefois une seule est partagee longitudinalement en deux portions inegales par un sillon ou une nervure, de chaque cote de lijquelle partent a angle tres-ouvert des stries paralle- ls qui se dirigent vers les deux marges ; sominet aigu ou acuminc, jamais median; la marge la plus etroite marquee vers le voisi- nage de la base par un sillon etroit; ou les deux marges por- tant a la meme place uno rainure plane bordee de deux bour- relets. Obs. Ce groupe provient du quartier de Cheiron, pres Castel- lane. Ce terrain se compose de couches presque perpendiculaires, ( 3o5 ) incliiiaiU vers le siid, furuiees d'lin schislc lamelleux pleiii tl'ain- nioniles ct tie belemnitcs. Ellcs altcrnent avec \\n calcaire grisatre, :'i cassureconchoicle, qui laijsedans I'eair.'icidiilec line assez grande quanlile d'argile, renferme da fer, niais non des grains chlori- teiix, el n'olTre auciuie trace de manganese. Le calcaire conlient aussi des ])elcmniles qui doivenl ^tre assez curieuses, a en juger par un eclKintillon fracUirc que je possede , et qui est presque tout change en silice. Sa forme est cylindriqne , et sa couleur d'un bleu noir. Les belemnites petalopsides, placees dans I'acide nitrique elen- du, y font uiie doace effervescence, et ne laissenl d'autre residu que des pellicules qui noircissent et qui semblent appartenir aux membranes de leur organisation. Le fer y existe en abondance, mais point dc sulfate ni de muriate, point de manganese ni d'argile ; il re>le quelquefois au fond du vase des fragmens d'un epiderme siliceux, mais qui prcvient des spirozoitcs que Ton observe sur la surface de ces belemnites. * STJtCATI. oj Aiigustiorc marginc hasiiii tefralotiani versus sulcata. \. Belcmnilcs Emericii ; Belemnite d'Emerio , fig. i, pi. 6. Latissimiis , foliiformis ulrd(/iie pagind undulaid ; basi tetragoml in pcdanculum brevem ct latum allenuatd, nervo mcdiano inconspicuo; apice viargini augustiori proximiore. Long., o,'"o55; larg. vers le milieu, o,"'o3d; epaiss. d'une marge, o,™oi; et de I'aulre, o,'"oo3; base gr. diam., o,"'oi5, et petit diam., o,"'oo5. Cet individu, curieux par sa ressemblance avec une feuille ovale et charnue, offre encore sur certaines parlies de sa surface des tathes rouillees el tres-peu epaisses de spirozoltes, qui jouent I'effet des taches cryptogamiques de certaines feuilles vegetales. Les slries Iransversales sent pen apparentes, et forment des angles Ires-ou verts ; le sillon lateral a 8 niillim. de long et I millim. de large; son cute ie plus mince est plus siuueux que le cote oppose qiii n'est que convexe ; son espece de pedoucule est presque long de 8 millim. ; lindividu fig. 4 q"' appartient evidemment a celle forme, et dont le sommet est moins altere, porle a croire que Ic ( 5o4 ) sommel ile celle-ci etait un pi;u reflechi vers la marge la plus «;paisse. II. Bel. /j<7f«x; Ii<^lemnite boniiet de la liberie. Latere augustlorc olii'sus , apicc liuic latcri parum inflcxo el al- ienualo , allero crasso convexoquc , sulco faciali profunda lUrln. (/til' quasi bUobaias. Long., o,"'o54 ; larg. de la panse, o,"'025; gr. diam.de la base, o,'"oi5, petit diam., O5"'oo8; epaiss. dii grand cote, o,"'()i2. Get individii imite uu bonnet de la liberie ; sa base est moins pedonculee, mais plus sinueuse que dans le precedent; ce qui reste de son sillon n'a que o,'"oo3; sen soniinel tronque parait avoir ete obtus; im enfonceme4it longitudinal le partage sur cbaque face en deux cotes inegaux, dont le plus grand se tronve du cote de la marge la plus epaisse; I'aulre marge est venlrue , et s'amincit de plus en plus en s'approchant de la base; sa sur- ' face est lisse el u'ofTre point de traces de spirozoiles ; le centre de la base est plus voisin du cole le moins epais. III. Bel. affinis; Belemnite analogue an precedent. Utraque pagind e basi ynediam usque costatd; ideoque basi strcnue ietraloba (fig. 5, pi. 6). ^ L'individu que je possede a le sommet tronque a o,™o55 de la base, la troncature est large de o,"'*oi4; base, gr. diam. o"'oi5, et petit diam. o,"'oo9; sillon longde o,'"oi2; la plus grande lar- geurdel'individujqui estde o""025, se trouve a o,"'o55 de la base ; une ouverture circulaire du diametre de o,"oo6 se Irouve sur la base, elle est remplie d'un calcaire jaunatre. />) Uiroque margine basim tetrugonam versus sulcata. IV. Bel. binervius; Belemnite a a nervures. Duabus paglnis fere parallellis tiervo mediajia exaratis , una mar- gine medium versus, aitero apiccm versus convexo (fig. 6, pi. 6). Long., o,"'o4i; larg. au milieu, o,"'oi4; epaiss. vers le milieu, 0,007; base, gr. diam. o,"oo7, el petit diam. Oj^oojS. Get individu presque ovale lanceole, a sommet un pen aigu , ct dirige du cote le moins epais, porte sur chaque face une nervure mediane composee (sur la face dont le grand cole se irouve u gauche de robservatenr) de 3 sillons et de ?. ligncs I oonvexes, el sur riiiilro fnce de deux sillons et d'nne ligne itk';- 8; bese gr. diam. o,"'oi , plus large rlu cole; de la maige la plus mince, et ayant lit o,"'oo5. Les emboitemens de la base sont l(;lIemeiU excentriqiies,' que le centre se trouve a o,"oo5 de di.'^iauce de son bout le plus large, et semble Gtre place perpcndicnlairement sous le sommet qui est acuniine; les sillons des llices sont un peu sensibles vers la base; qudques plis longitudinaux sc niontrcnt aussi i cette hauleur du cote le plus large de la base, qui correspond au c6t6 marginal le plus mince de la beiemnite. VIII. Bel. linearis; Belemuite liueaire. Utrdque facie fere paralelld basim vei'Siis crassiore , marginibus nngustissiniis , apice mucronato (fig. 11, pi. 6). Long. o,'"o4; larg. o,'"oog; epais. vers la base o,"' 004, ct vers le sommet Oj^ooa. Attenuee vers la base et au sommet; traverste d'un sillon mediocre jusqu'au sommet; un seul sillon marginal un peu marque. IV. Bel. elegans ; Belemnite elegante. Lineari-lanceolatus , paginis eleganlcr convexis, apice sensim atte- nuato actito fere mediano ( fig. 10). Long. o,""o35; larg. (i 0,0 1 du sommet) o,™oi; base, gr. diam. o,"'oo6; petit diam. o,'"oo3. Line de ses faces offre un sillon longitudinal bien marque; la coupe transversale de sa base est ovale aigue, elle est plus large du moindre cote marginal de I'individu. X. Bel. anomalus ; Belemnite anomale. Fere linearis , utrdque pagind modice convexd et utroque murgine obtuso et integro. Long. Oj^ojg; Iarg.o,°'oi5 ; epais. o,"'oo5; base, gr. diam. C^oi 5 petit o,'"oo5. Le sommet est tronque par un accident; la forme de ctt in- dividu I'eloigne de tous les autres ; mais son aspect, le caractere I. ( 5o7 ) de sa spathisation et sa localite Ten rapprochcnt; scs deux faces sont legerement convexes, d'line maniere plus prononcec vers la base que vers le sominet; ses cotes sont arroiidis , et presqiie aussi epais I'lin que I'aulre; sa forme geiieralu se rapproche de la lineaire. SECrNDA DIVISIO : TERETES. jum Vgii,,^ ■ Helcmiiite Blachesil (fig. lO-ig, pi. (i). Cliarnct. gen. — Ferrugiiieo-nigii, siipcificlc scabiA, telluie aeiuginosa sordid! ; apice obtiisissinio aiit aculo, ventrosi it'll cjlindrici, sulco apiceni all- qiiando attingente cxarati snpra faciem lalioiem. 2"°' Groupe : Beleirinites des Blaches. Caractire general. — L'aspeul de ce groupe n'a rien qui flatte ies yeiix; leur surface raboteuse el cncruQtee de calcaire rou- gealre, leur couleur ferrugineuse, ne rappelle plus reiegance de ces corps. Les tins sont trcs-venlrus et a somuiet Ires-arrondi ; Ies aiilres soiit presque cylindriques , ont le sominet lres-ai"-u; qiielqiies iudividus ont ele tellemcnf rouges, qrie leurs caracteres exlerieurs deviennent indelerniinables. Uu sillon loogiludinal taulot pen pro fond , taiitot cieuse en goulfiere, et lantot ir- rc^gniier, s'etond de la ba.^e faclice presque jusqu'au sommet. Obs. Ce groupe apparlieul an terrain des Blaches, qui se com- pose de couches sehi?leuses alternant aveo des couches calcaires A pen pres egales , inclinant vers le sud, et renfermant des be- lemniles, des amuionitcs quelqiiefois pyrileuses, des madrepo- res, des bees de cephalopodes, des encriues, des ceriles, des nu- cules et des terebralules. L'echaulillou que je possede ct dans Irquel se trouve enfonce iin individu de iiotre groupe, est un verifable bleu lias; son asjiecl est bleu d'argiie, sa cassure coiichoiMe; il est . ompacte , tres dur, fait une douce effervescence daus les aciJes, ou il laisse beaucoup d'argiie; il reuferine imm. nseiiient de fer tritoxide , ou a d'autres etals. I. Bel, obesas ; Belemnile venlrue. Inferius ventricosus, apice ohtusissimo panim laterali, sulco lata non alto apicem usque notatiu supra faciem latiorem ( 6'. i5, pi. 6). ( 3()8 ) Long., o,'"o54; base, gr. dinm. o,"'n2, petit ilium. o.,„oi85 panse o>"*0 2Ss , el h o,"'()o4 tl" sommet o,""oi. Get individu parait avoir ele casse bien loin de son point d'insertion; sa surface est encroQlee de calcaire different du bleu lias dont je pniisede un echaiUillon ; c'est un calcaire Triable blanc un pen roiigeatre. Les deux individus fig. i4 et 16 se rapporlent an Bel. obesus , et s'en distingueut par leur forme plus svelte, et lenr sommet plus lateral et un peu nioiiis obtus ; la base du plus grand a b,"'oi8; ils soot encrofites de la meme matiere que le precedent ; et fe plus grand olTre a sa base deux cercles concentriques Iri- toxides qui semblent indiqner deux especes de desemboitemens accidentels; le diam. de I'un de ces cercles est de o,moi5 dans sa plus grande largeur. II. Bel. cxstinctorius ; Belemnile eteignoir. Inferids renlricosus , apice atienuato ; sulco alto et oris angnlatis parallellis apicem usque fere compressuyn iwtatus (fig. 20, pi. 6). Long., o°o55; base, gr. diam. o,n,oi7, petit diam. o,'"oi5; sommet a o,"'oi2 de sa troncature, large de o,'"oo7 sur la face sillonnee. Get individu encroOtc de vers niarins p^riteux el d'un cal- caire rougeatre possede une grande ouverture alveolaire, qui acheve de donner a sa forme generale celle d'un eteignoir; son sillon est en goultiere a bords anguleux el paraileles. III. Bet. gracilis; Belenmite grele. Teres fere subulaUts apice acutissimo (fig. 17, pi. 6.) Long., environ o,'"07, larg. , o,"'oi. Lcs individus que je possede offrent un sillon qui est plulot wne espece de ride, et qui s'etend presque jusqu'au sommet. La face sillonnee est plus large et plus ou moiin aplatic ; dans un troisieme exisle I'alveole dont les anueaux se sont conserves blancs et tres-bien spatliises, ils font \\n contrasle marque avec la teinte noire du resle de la belemnile. IV. Bel. asulcus; Belemuite non sillonnee. Tcretissiinus , nullo sulco prmditus {J\q. ig, pi. 6). Long., o,"'o55; larg. vers la base, o,"'oog. Get individu vers la base est exactement cylindrique, et ei> approchant du sommet semble s'enfler en massue ; son som- ( 5o<) ) met est tionquc cl uffie des traces de spirozoUes, seiil exem[)lo que j'ai rencontre dans les individus de ce grouse. La coupe transversale de la base, au lieu de posseder des fibres rayon- nantcs et des emboitemens concentriques , semble, si je puis rn'exprirner ainsi, elre furinee d'uiie poudre metallique a grains briiians. 5um ydins ; DclcmnlUe Blieiuii (fig. 22-25). €lmr. gen. — Tereles fusiforuies ct rajius pistiHiformes acutissinii, basi plit is pluribiis ornali , quasi nervuin meclianiini ciicuiiio ) I. Bel. integer ; B ileiimile eiilitre. Fusiformis, basi pUcatd, apice acitlo (li^. 22, |il. 6). Les iiidividus que je possfede varient en longueur depuis Oj^oaS jnsqu'a o,"'o48 ; et en largeur vers la pailie la plus etiflee , depuis (ij^ooS jusqu'a 0,009. J'ui reprtsenle la hase de I'lin d'eux grossie A la loupe (aS); le centre offre cetle especc de nerf median («) qui, dans d'aulres, est rccouvt'rt par les plis, et qui senible n'etre que remboitemenl in- terne primitivement attache a la surface cutanee de raniinal. Chez un individu (aS) ces plis ont ete arraches, et les emboileniens sent mis a nu en pnrtant de I'extremite de la base; la fig. 24 en offre un pislilliforme aigu. II' SECTIO : CORNEL 1' DIVISIO : LATI. 5um yellas : Belemnitce dilalati (pi. ■^j. Char. gen. — Lali, apico intrgro aiit bilobo aut monstroso dilatati , angus- tiore inargine basiiii versus canalicul&to aut intcgro ; siipcrficii; laevi aut desquainata aut inmimciis s/nru2oilis soabiata , seel S0E|us.sime laete casta- nea, maculis niarmoi eu-fuscis aut exiguissiniis ft aibis striis transversim va- riegatus, oris plus minusve sinualis, apice e regione inarginis angustioiis. 3°" Groupe : Belemnites dilatees. Caract. gdn. Larges a la base , dilatees an sommet qui est ou entier, ou bilobe, ou dilTurme; ces belemnites offrcnt urie surface lisse, ou ecaiilee, ou rendue raboteuse par la presence de spirozoiies innombrables, qui ont devore quelqiiefois les couches immediateinent couverles par repiderme. Leur couleur gencrale est un marron clair, niarbre Iraiisversalcment de laches briines, ou de stries blanches tres-fines. Les unes offrent a la base de leur marge la plus mince tm sillon regulier et elegant; les anires , alors meme qu'on peut presumer que leur base est entirre, en sont lolalement privtes ; leiirs marges soul plus ou moins si- nneuses, le sommet est place plus pres de la marge la plus mince. Obs. Ce groupe, dont les individus sont si agreables i I'oeil quand ils ont conserve leur fraicheur primitive, apparlient au tf rr.iiii de la Lagne, pres Casttdlaue, et k la plaine des Greolit;res ( 5., ) (dt'parl. du Var) , on enCii a la vallee de Thuieiic (region des sapins). Ceux de ct dernier terrain sont en general plus alleres. Le quartier de la Lagne, au nor l-est de la monlagne de Des- tdurbcs, e^t compose de couches de schiste-lainelleux presqiie pcrpeiidiculairfs, iiicliiiant vers Je niidi, et souvent recouvertfs d'tine espece de craie. Uii echantillon de caicaire que j'en possede, et qui rei)ferine uii iiulividu apparlenant a la divi«iou [terctes) de celte section, a uii aspect terreux lerue, comme les couchts infeiieures de notre caicaire grossier. C'esl une pate de carbo- nate de chaux, d'nne cerlaine quantite d'argile, et d'un nonibie immense de grains verts (^silicate cic fer) angiileux, et dont le diametre varie depuis 3-^ jusqu'a ^ de millimetre. Les beleamites des greolieres {Var) appartienneat a iin calcaiie crayeux, dont je nv, possede point d'echanlillon ; la vallee de Thorenc est formee d'une espece de marne. a) Latere angustiore Oasini versus canaliculato. * A pice dbtitso supcrficie marmored. I. Bel. variegatus , Belemnite marbree. Latissune linearis, castaneus, transvcrsim maculis fulvis et albido striatis rariegatus (fig. 55, pi. 7). Epaisseur, Oi^oi 1. Cf't individu a vers la base des cspeces de depressions longi- tudinales, qui rappellent une substance cartil>igiMt)so-fibreuse ; son siilon tres-elegant occupe environ o,'"o25, ses bords sont uii pen iinduleux , les sinus renlrans de I'un, correspondent aux sinus sailians de I'autre; tout anuonce, sur la surface, le terrain crayeux dans lequel gisait eel individu ; sa base I'racturee offre une cavite alveolaire; c'est sur cet individu que j'ai dessine les eniboilemens longitudinaux (02) , i la faveur d'une cassure qui I'a divise en deux portions longilutinales. II. Bel. formosus ; Belemnite superbe. Lcete carneus, transvcrsis fasciis caslaneis ornatiis, Iccvissimus, latere canaliculato medium versus gibbo (fig. 58). Epais de o,°"oi; son sillon un pen obscur n'a que c^ooS, et semble n'en etre que la fin ; son sonimet moins obtus est plus la- teral que dans I'espece [)recedenle. (Plaine dei Greolieres). ( 3iu) * * AjHce acuta , super ficie caicarcd. ' III. Bel. apiculatus ; Bt'-lcmnile u soniinc! aigii. Linearis, apice mucronato , parum Ucvis , Icctc albo-violuceus Uncis albis inconspicuis transversiiii notatus (fij^. 56). Epais de Oj^o i vers le haul, iin peu sinueux, ce giaiiJ echan- lilloii est plus aplati sur les bords que Ifs doux preoeJeus ; sum sillon qui senil)le n'elrc que le bout du billon enlier ne de- ])asse pas Oj^oiS, et il affecte la forme des deux precedeus. {Thorenc, Var, espece de niarne). IV. Del. convexus, Belemnite convexe. Utrdque facie convexd et fere carinatd ; sulco longlssimo (fig. Sj). Epais de Oj^oiS, cet individu d'un aspect terne , lerreux et uniforme dans sa coulenr, qui est celle dii caleaire grossier de Paris, long de o,"'o9, possede un sillon lateral long de o,'"07. Sa base presente une ouverture alvecdaire eirculaire tres-Iarge, ct reinplie ile caleaire jaunatre a grains chloriteux ( silicate de fcr]; ses deux marges sunt earenees, ses faces convexes, I'une tres-endommagee et vermoulue pour ainsi dire vers la base, comme le sont nos eehanlillons de Bel. rnucronatus de la craie des environs de Paris. Le Bel. semi-canaliculatus Bl. se rapproche- rail-il de eel individu ? h) Nulla latere canaliculato. * J pice Integra. 1 obluso. V. Bel. siniialus; Belemnite siniieiise. Apicem versus lutissiinus , basi e contra colli instar atlcnuatus , oris slnaalls , riolaceus albo variegntus (fig. Sg). Epais de Oj^oii vers le haul, et de Uj^uuy vers la base, el a surface lisse. Cet individu tres-dil ate vers le haul est incline vers la marge la plus mince, et offre -. B ~~- /i^ "/ A. A' ^ D ■ y D J ^(9\9 i9 J--z^.4. Fu/.S. Fu J'i^- F( pies aitj^e^ pik ip'rW^f^ ( 3-^' ) diamfelre est de o,"oi i , s'nplatit sur les deux flaiics de sa Losse, ct n'a en cet endroitqiie Oj^ooS. Sa base offre uiie ouvertiire al- vcnlaire remplie d'line marnc giisatre assez pure (la Lagne). II. Bil. gcminains ; Belemnile Ijourgeonniie. Loco giblice , gemma t/itasi arbor ed, vix prominuld , apiccm versus coniciim oniatiis (fig. ^j;). Cylindrique I'espnce de Oj^osO, cet indiviclu commence a ol- frir uneespece de renflement qui se teimine, a Oj^oiS du sommet, en un tubercule applique exactement contre la surface de la be- lemnile D^s ce point, la belemnile s'amincit en cone dont le sommel n'est pas Ires-aigu. Sillon inconnu. III. Bel. rostratiis; Belemnile bee. Loco gemmce, t rcgione sttlco oppositd inflaius (it caput avis , incie attcniiaius rostri coiiici instar apiccm usque (fig. 78). Diam. de la base, Oj^ooS; du renflemenl a Oj^oiy; du sommet o,"'oo8; longueur du sillon , o,'no28; des rides lon^iludinales st; monlrenl sur les coles et vers le sommet. La base s'est pour ainsi dire delilee enlre remboitement le plus exlerne el le plus interne on une substance terreuse jaune d'ocre. La couleur generale est marron, lirant sur le jaune. IV. Bel. naviciila; Belernnite en nacelle. ^ pice rostrate , lateribus vcntricosis , luid facie modicc conre.rd altera fere pland el sulcata, basi truncatd, cymbam ccmiilans ( fi"-. 79)- Long., o^jOi"); largeur de la base, o",oo5 ; do la panse , o'^.ooQ. Couleur violet saii de blanc; sillon irregulier , quelqucs plis vers le sommet; base circulaire. V. Bel. brevirostris ; Belemnile a bee court. Rostro acuminate, angusto breviquc. Se distingue do la precedente par sa parlie dorsale, grossissanl insensibicmcnt jusqu'a o^jOoi du sommel, el la s'arrondissant en Ibruie de tele d'oiseau, pour se lerniiner en un bee court el aigu. Le cote sillonn(5 est un peu onduleiix, et le sillon est in- terrompn deux fois par une double mais Ires-peu sensible on- duiafion; sans qnoi il parviendrait presque au sommet. Couleur violet tacbe de jaune lerreux, et vers la base sillonne par quel- ques vers ou autres animaux marins. Long, de o"',o4 ; Iar"-c d la base de u^ooG; une (uiverlure alveolaire se voit a la base rem- ( 3.2 ) piic tl'tin calcaire juuiio d'ncin; a part U-i flimcnsions et rexcen-^ tricite flu soininet, cette forino i^c laiiproche de !a var. muiis- trueiisfi de la Bel. scini-hastre BI. pi. 5, tig. i, pag. 119. VI. Bil. fusus ; Beleinnite fuseau. Inferids lateribns compreastis , yncdio circiimcirca rcniricosas , apice conico (fig. 81). Le sillon, (lont la longueur ne depasse pas o°',o3, se troiive place sur la face la plus elroite. Le summum du renflemcnt sc Iroiive a o^jOi de la fin du sillon;dc la la belemnite s'atteniie on cone jiisqu'au sommet , qui est accidentellement tronqu», a cause de la presence des splrozoUes; couleur inarron clair, Irans- vcrsalemeiit veine do hianc. VII. Bel. oblongtis; Belemnite oblongue. '^ Apice obtuse, uli'inqae modicc aiUnuatiis (fig. 82). Le summum du renflement est ;\ o'",026 du sommet ; de la base el du sommet, cet iudividu s'enlle jusqu'au milieu de sa lon- gueur; le sillon n'oceupe que o^jOa; les embuitemens plus in- ternes sont mis a nu, vers la base, par I'erosion des emboitemens exlcrnes; couleur marron presque cachee par de larges taches blanches ou rouillec?. Vlil. Bel. rugosus; Belemnite ridee. Rugis longiludinalibus, apicem prtecipuc versus , aratus, medio purum inflatus, infra obscure tetragonus ( fig. 8g). Cet individu est remarquable par des strics fines, serrees, qui ornent longiludinalemcnt son sommet tout autour d'une ero- fion ponctuce, qui porierait a croire que ce sommet de la be- Irmnlte aurait bien pu en etre le point d'insertion sur le test de I'animal. Outre ces stries courtes et fines, il existe sur le resle de !a surfice des plis longitudinaux, qui offrent de I'analogie avee les plis qu'on remarqne sur los piquans de herissons; le sillon finit i o'^jOaS du sommet ; et les ILuks elant comprimes, la base semble etre telragone : elle est creusee par une cavitc alveolairc, entouree d'un cercle fonce en couleur. La couleur generale est le marron marbre de violet. Cn autre individu, plus grele et plus court, olTre a son som- met un plus grand noaibre rle rides, mais moins de siries termi- nalcs; le sommet, an lieu d'etre corrode comme dans le precedent , esl itnmint; par un pore oblique; une graude lacln; brune de I ( 325 ) o^jOiD environ entoure sa partie moycnne et lui communique I'aspect du cerlains batons d'oursin ; la base est aiissi empreinic d'un enfoncement alveolaire, et le sillon est sinueux. Enfin, uii iroisieme parait avoir son somnict enlier, mais une fento lonpi- tuJinnle en a fait disjiaraitre la moilie terminale ; il offre nioins de plis, mais vers la base pins de ces vermoulures an ilojjiics a celles du Z>. mucronaltis de Mcudon. r-um T'cllns : Bcleinnitcc clarlformes. Otitir.gen. — Klegantissirai Belemnitaniin, et, ut ilA flic.iin, vcifi-nini^ tornaii, tcretcs, basi inodice attenuali,apiid medium senslm InOati, apice acuii, in- ter violaceum nigrum (fig. go) ctcitiinuin colorem (fig. 2j) variabiles; sx- jii.'.simii la'ves; quidam canaliculati , c.xtcri I'eie pares numeiu laluilbus intcgris et rotundatis ; rar6 spirozcilibus scatentcs. ^""^ Groupe : Bclemnitcs en massue. Car. grn. Les in dividiis dcce gronpe sont les plus olegaiisqno jnconnaisse; on dirait qu'une main lialiile les a Iravailles an tonr ; rylindriques, attenues a la base , s'enflant d'nne maniorc insensi- liiu vers le milien, aigus plus on moiiis an somniet ; leur cou- luur varic enlrc ie violet noir ( fig^. qo) et le cilrin (fig. 27). Tres-sonvent li.-ses sur leur surface , quelqiies-uns possedent nn sillon ; d'aulres, presque aussi nombrenx , n'en offrent aiicune trace, et sont cylindriques vers la base; rarement les voit-on de- vores de splrozolles. Obs. Leur principal gisement, c'est la Lagne, pres Castel- iane. Les Bel. /lastcc, semi-Ziastee, pistil I i forme , clavi forme , ai- guille, naine de M. de Blainviile, a[)partiennent a oe grand gronpe ; et peut-etre les Bel. canaliculatus et tmiccolatus de Schlotleim , et fasoides de Lamarck. II serait impossible d'exprimer par dcs mots, et il serait fastidienx et inutile de rendre par des trails tontes les nuances par lesquelles les individus de ce groupe pas- sent insensiblemenl d'nne forme a I'antre. Jc n'ai cherche qu'a dessiner les intermediaires , pour placer couime tout aulant de jalons qui puurront facililcr au geolpgue les dt^terniinations d'nne espece isolee. ( ."2-1 ) /t) Solcritt. * Basi iwn lam eridenler atlcmuda. I. Bel. minaret; Bcleiiuiile minaret. Lateribus parum coinprcssls, supra medium parum inflaUis, apice attenuato et ohta.se mucronaio. (fig. g4). Get iiulividu, dont le nom est lire tie s;i resseiiiblance avoc iine tour ai"uii df^s Arabes , est long de o^joSo ; son sillon droit et bien prononce est long de o^jOijS; une depression se fait rcniarquer au point oil il cesse ; la la largenr de I'individii est de o^jOiS, et a la base de o^jOia. La base est creusee d'une cavite alveolaire, qui forme un cone largement Ironque vers le lond. Sa couleur est seulement calcaire grisalre, taclnie de rouge ; mais sa substance n'a pas ele altaqut'e par les spirozoiles. Son sonimet obtus et conique est mis a nu par ies eclats de I'eniboitement exterieur. C'est I'in- dividu qui porte au moindre degre Ies caracteres exterieurs du groupe. ** Basi attenuatd. II. Bel hasiatus; Belemnite haslee. E reoi, et du sommet, o^jOIlI- Get individu, dont le somraet est prcsque une calotte de sphere, oii're une couleur violet fonce ; sa substance interne n'est pins qn'une expansion despirozoites ; tonte la capacite presquedelabasc (rt) en est occnpee , et rappelle ainsi la base de la bit. d ourerture Carrie de Bl. , dont le caraclere n'est peut-etre pas dO a une autre circonslance. Les spirozoites se sonl fail jour au sommet. L'indi- vidu (fig. 86) a le sommet excentrique. IV. Bel. aculeus Echini; Belemnite baton d'Oursin. O^nninu cylindriais ; supra apicem iribus criatis perpendicular iii us et conrcrgenlibus uotatus (fig. S7). ( 328 ) Long (1«! o",oa5, large de (i'°,oi2, cet imiividu se rnpproclio tie certains batons d'oursin pur les (rois cretes convergenles qui oiiient son soniniet. II est tnlitrcment cylindricjue ; et c'tst avec incertiliide que je le ra|)poile a ce groupe.Sa surface senihlc avoir ele pelce, mais non oorrodec : clle n'est sans doule qu'un Ironcon de belcninile; mars le sommet tne paiait nature! ; il est de cou- lenr grisalro. 8"'" vcllus : Belemniicc hisntcati. Char. g-c». — Tereles, utraque facie dopressa el sulcata fere apirem nsqiii aculissimum, superficie laevised sordid^, Qava, aliquaiido violaceo lincta et fasciolis ssepe Iransversalibus albis ornata. 8°" gronpe : Beleinuiles bisiJIonnees. Car. gen. Presque cylindriques, depriinees et marquees d'un sillon sur chaque face presque jusqu'au sommet, qui s'amiucit et devienl tres-aigu. La surface est lisse, mais lenie , blonde, marquee souvent de taches transversales , blanches en bande- leltes oircuiaires. Obs. Les uombreux fragmens d'individus que je posstde de ce groupe out ete recueillis dans la piaine des Greolieres (Var) et ail quartier de la Lague pres Castellane. I. Bel. bicanalicnlatas Bl.; Bejcninite bisillonnee. Je ne possede que des moilies, tanlol iiiferieures, tanlut snpe- rieures, decelle espece ; les plus longues ne depassent pas o'",o55; la largeur de la face sillonnee parvient juscju'a o"',oo6. Les flancs sent souvent plisses et comprimes leger»ment , jusqu'a donner a la coupe transversale une forme tetragone. On voit a leur base une ouverlure alveolaire circulaire d'euviron oS\,oo3 de diametre rempli d'un calcaire gris.alre. La pointe est longuement amincie, et semble s'arrondir en approclinnt de Textreniite. M. de Blainville ne Tavait decritc que sur un echantillon rap- porle par M. Elie de Beaiunont de (Miadies, au sud de Serres ( Haules-Alpes ) , des couches les plus basses du calcaire ooli- ihique. ( J29 ) ()""' rellus : Belcinnilce poljgonalc!. CItai: gen. — Invito horunice Belemnitarum varialione vert- protcifoimi, atla- nicii generaliui diccic licet partem siiperiorcin ct latiorem telragonam, el basim e contra tctialuliain esse, ita ut f'acics concava partis supi rioris Caciei convcxnc partis iiif'erioris rcsponrleat. Color violaceoQavus; superficies Ixvis fere luniini pervia, ct intcgrfc silicea, sine uUo diibio prae spirozuilis niod6 apcrte scatcntibus nuulo occiiltatis , quibus substantia illorum vastala est. Apex pliis miiiiisvc acumiuatus ; sulco brevi supra lobum augustiortiu exarali. g°" groiipe : Bclemrtites polygonales. Car. gen. Malgre riiicoiistance insuisis«able ties formes de ces beleijinites, ccpentlant on petit etablir eii general que leiir piirlie superieure , qui est la plus large , est telragone , et (jue la base est tetralnbe {roy. la dcfniiliun de ces mots, pag. 3o2), en sorte qu'uiie face conca\e de la parlie superi(;ure corresponde a une fa<"e con- vexe de la parlie ini'erieure. Leur couleur tire sur le blond vinKt; leur surface, un pen diaphane, lisse a I'elat sain, s'est entiere- ment chatigee en silice, sans aucun doule i cause de la presence des spirozoiles , qui tanlot s'offrent a la surface, et tantot (Je le suppose) sent encore caches dans I'epaisseur de la substance qu'ils ont envahie. Lo soniinet est plus ou moins aiiiinci. Un petit sillon se voit sur le lobe le plus etroit de la base. Obs. Ce grnupe appartienl au terrain de la Lagne pres Castel- lane; tous les individus en sont agatises. Le plus grand noaibre oflVent des spirozoiles, stir une porlion plus ou moins elendue de ieur surface ; ce qui me porte a pcnser que I'agatisation des autres tire son origine de la memc cause. Nous avons dtja eu I'occasion de remarquer que non-seulement les spirozoiles jouis- saient de la tendance a I'agatisation, pour eux-meines, mais meme qu'ils la communiquaient frequeminent aux portions de la heleinnite avec lesquelles ces parasites etaient en contact, et que I'influence de leur presence se fuisait mGme ressentir de procho en proche, jusqu'a des distances considerables. II n'est done pas iniprobabic qu'un ou deux spirozoites caches dans I'interiear de la belemnite aient pu deteruiiner dans celles-ci la tendance a I'agatisation. Les dimensions des nombreux individus que je possede de cette forme si inconstantc dans ses accessoircs, va- rient (iepnis o"',oiG jusqu'a o"',o4 de long, ili-puis (i"'.0!)5 jus- ( :roa ) ^ qu';"i o"-'.,oi de large, dcpuis o"',oo5 jusqu';\ o'",oo6 d'epaissciir. Les iins, aplalis et presqup laiicooles, presenlent quaire angles arrondis, inegulicrcinent sinueux , et qiialre I'acos deprimees ol dive rsemenl eiifoncces ; Ics deux graiides faces correspoiulciU .1 deiix grandes cr£te.< iiiftrieures qui Ibrmcnt deux grands lobes h la base, et los deux faces les plus etroites correspondent a deux cretes inf(?rieures tranchanles , dont Tune est marquee d'nn petit silion. On dirait que la inoitie siiperieure a ete comprimec entre quatre doigts. Leur base est creusee d'une empreinle alveo- laire circulaire remplie d'un calcaire rougcatre. En variant n)aintenant ce type de loutes les nianicres imagi- nablcs, on arrive a la fjruie geometriquement rectangle de la base, qui, a une cerlaine hautcnr, use ses angles, ei s'arrondit en pointe; lesillon, les plis, les depressions, ont enlierenient dis- paru. De celte forme on arrive a la furme en massue, obtuse el arrondie au sommet, effilee ou tronqaee a la base de maniere :i simuler un baton d'oursin; enfin, de celle-ci on passe a la foiinc; veritablement lanceolee et aplalie : mais, au milieu de toutes ces variations de forme , un certain fades , cerlaines circonstanceh plus susceptibles d'etre seniles que deeriles, un aspect et une couleur qui rappcUent la picrre a fusil roiissc, fournissent a \\,\\~ servateur d. . cxiinctoriiis 5u8. usulciis 5o8. integer . . )> M. Duhamel prescnte un mcmo'wG sar la tlieorie malhcmatlqae df la clialeur. M. Cauchy presunte un memoirc siir les fonctions symctriqacs, et Icar application a la recherche d'une quantile moindre que la pins petite difference entre les racines d'une equation quelconque. M. Geoffroy Saint-Hilaire fait un rapport sur le monstre quo Ton avail presume provenir de I'accouplement d'un chien et d'une brebis. I.e rapporteur rejelle cette expiicalion, et rapporle an "enrc synoias ce monstre dont on a deja beaucoup d'exemples. Si, Poisson lit une note relative a un meraoire sur le calcul (les probabililt'S. M. Rolliulit un memoire surle tapir, contenant la d('scriptio:5 d'une nouvelle espece appartenant aux bautis regions des Cor- diilieros des Andes. C'esl la troisitme espece connue, et qui avail oie decrite par les vieux chroniqneurs espagnols. L'auleur a vi. deuxde ces tapirs tues dans le paramo de Suma-Paz, a une jour- nue de Bogota, h trois mille metres de hauteur. II presente a I'A- cademie la figure d'une dos teles de paloeotberium conservees au Museum, etqu' rcssemble cxactement a la lete de son taj.ir. 16 fi'vrier.—'Sl. llcricart de Thury Fait une commnnicnlion sur Ics puits fores jaillissans, obtenus a la gare dc Saint-Ouen , par MM. Flachen, et sur la probabilite de I'txislence, sous le bassin .h: Paris, de deux grandcs nappes d'eau coulant entrc la craie ( t bi couche argileuse qui la recouvre, Comme toutes les caux jail- ( o5o ) Jissantcs, ohtonuc? dans Ics environs tie P.iris, se sont olevc-cs a environ 20 melres au-dessus du zero du pent de laToiirneile, MM. Flachen n'ont pas balance a eiitreprenilre le percement du puits fore a la garo de Saint-Oueii. L'eaii a ele trouvee a 49 me- tres de profondeur ; son volume est de 20 metics cubes par jour. M. Pouillet lit un memoire sur ratlraction et la repulsion des eorps ecliaufft'S, el sur la rapidite avec laquelle la chuleur se Irans- niet dans les corp^. M. Poisson lit un memoire sur une application du oalcul des probabililes au rapport des naissances des garfons et des filles. Ce rapport est de iH i\ i5 pour loute la France; mais celui des enfans illegitimes est de 20 -- i 19 {. Outre cette inconstance, les grandes villes tendent aussi a diniinuer ce rapport. Comine il va- rie d'une annee a I'autre, le calcul de la probabiiile des naissances ties garrons a celles des filles oftVe des diinculles dont M. Poisson a cherclie les solutions. L'Academie nomnie ses commissnires pour les prix de statisli- que fondes par M. de Monthyon. M. Civiale lit une note sur le catarrhe vesical. Dans la premiere annee il a gucri, par la lithotrilie, un tiers de ses malades; dans la deuxieme annee, la moitie; dans la troisieme, les deux tiers; lintroduction repetec de la sonde parait conlribuer a la gueri- son, sans doute en facilitant recoulement de I'urine. M. de Pontecoulant lit un memoire sor les grundes incgalites (!e Jupiter et de Salurne. L'auleur a repris les calculs qui j sont rclalifs, et il s'e^t attache a montrer que les resullats de la Mmi- n'ujiie celeste sont exacts, tandis que ceux de M. Plana, qui avait ronteste les premiers, sont errooes dans lus forniules et dans les operations nunieriques. 20 fhricr. — M. Lcroy d'lilioles presente un nouvel instrument lilhotriteur. W. Duliamcl presente un chronomeire de son invention. I\I. G. Cuvierf'ait un rapport favorable suv une moiiograpliie des aplysies; par M. Rang. i\l. Diiliamel envoic un supplement a son dernier memoire re- lalif a la theorin de la cbaleur. M. Dccquerel lit un memoire sur le role e/ue Jcaent les plienomi- ( 530 ) nes cleclriqu.cs dans plusicurs comliinalsons cliimiques. L'aulcur a troiive le inoyen d'obtenir, a I'ctat cristallin, les oxiiies el les sels insoliibles. W. Heron de Villefosse faituu rapport sur lui ouvragede M. Du- rosoir, intitule : Voyage piUorcsque cle S. M. Charles X , dans le dcpartcment da Nord. M. Cauchylit un memoire sur la resolution des equations, et sur un mor en d'ar river d la limlie infcrieure des racines de I'equalion aux carres des differences sans former cette equation. MM. Arago el Le- gendre rappellent les recherches analogues de M. Abel, qui a prouve que les equations generates d'un degre supcrieurau 4' ne sont point susceptibies d'une resolution algebriqiie. M. Mirbel fait un rapport deravorable sur un procede pour re- presenter les diverses parties des plantes, nomme liomograplne. M. Babinet lit un memoire sur les couleurs des doubles surfaces d distance et sur celles des plaques cpaisses. 2 mars. — M. Babinet presente une machine pneumatique, dont I'un des corps de pompe sert, vers la fin de I'operation , a vider I'autre corps de pompe qui alors commnnique seul avec le re- cipient. II presente aussi une boussole a rt'flexion tres-portative. M. de Prony presente I'ouvrage de leu M. Bri^son, intitule : Essai sur le systcme general de navigation inter ieure de la France ; suivi d'un Essai sur I'art de projcler les canauoc a points d-e partage. M. Jobert lit un memoire intitule : Description d'une miiclioire Infcrieure d'antracolherium trouvie dans les gres tertiaires de la Li- magne; par MM. Croiset et Jobert. M. Dumeril fait nn rapport favorable surle memoire de MM. Vii- lerme et Milne- Edwards, sur I'influence du froid chez les enfans nouveau-nes. ERRATA. Piige 10, ligne 22 : nccrologie ; lisez : ncxrologie. Page 77, ligne 37 : iV" Vll ; lisez : N- IX. Page 91 , ligne 9 : serale areale ; lisez : Secale cereale. Page 111, ligne 21 : paraissalent, lisez : paraissent. Page i4o, ligne 52 : dryoperia, lisez : dryopeia. Page i4'» lig'ie 11 : ecalcaratum, lisez : calcaratum. Page 143 ) ligne 12 : ncumidatis , lisez : acuminatis. ( 3^7 ) EXAMEN DC NOCVEAD PRINCIPE d'hYDROSTATIQCE, EMPLOYE DANS LE CAS OU LES MOLECULES FLCIDES s'atTIRENT JUITIELLEMEST, par 31. Ivory. II liu nil temps oii, par suite iles debats eiilio Leibnitz ct Newton, las geometres anglais et ceux du continent se troiivaient divises en deux ecoles rivales : depuis plusieurs annees M. Ivory semble avoir pris a tache de roiivrir une semblable lutte, en essayant de renversec des theories jusqu'aiors admiscs sans diffi- cultes, et anxquollcs se rallachcnt les travaux des plus celebres geouielres de ce siecle. Mais la question la plus ibndanientale qu'il aitsoulevee, est sans conlredit celle qui a pour objet les conditions de I'equilibre des fluides. Nuus ne croyons pas neces- saire de reproduire ici I'enonce de ces conditions, tel qu'on le Irouve dans tous les auteurs qui out traite de la maliere. Posees pour la premiere fois par Clairaut, dans sa Thcorie dc la figure dclaTcrrc, et deduites par lui de la consideration des canaux ren- Irant sur eux-menics, elles ont ete ensuite demontrees par Eu- ler, i'l I'aide d'une inetliode plus dirccle, ct qu'on a generale- ment adoptee. Cette mclhode, comrae celle de Clairaut, s'appuie sur le principe dc I'egalite de pression en tout sens, qui sert communenient a definir les fluides; mais Lagrange, en ne sup- posant que le principe plus general des vitesses virtueiles, et en suivant une analyse essentiellement diflerente de celles de Clairaut et d'Euler, a etabli de nouveau les menies conditions et monlre pareillement qu'elles etaienl suffisantes pour assurer I'equilibre. Cependant M. Ivory a fait paraitre, dans les Transactions p/tilo- sophiques de i8-j4> u" memoire sur la figure des planetes, oti il soulient que les conditions posees par Clairaut ne sont suffi- santes que dans le cas oii les molecules fluides n'agissent point les unes sur les autres par voie d'altraction et de repulsion mu- tuelle. Daus le cas contraire oii ces molecules s'attirent , il em- ploie, independauHiieut des conditions de Clairaut, un principe nouveau d'equilibrc, a I'aidc duquel il deuiontre que rcllipsoiMe de revolution est la seH/e figure perraanente que puisse prendre une masse fluide, homogene, dont les molecules s'attirent sui- vant la lui nt'Wlonienne, cl sont douees d'un inouvenient de ro- ( 338 ) talion uiiiforme aiitour d'lin axe invariable : resultat qu'on n'est encore parvenu a elablir, dans la tiieorie ordinaire, qu'en suppo- sant quo la figure de la masse est a peu pres spherique. En effet, on sail que la figure d'une masse fluide en equilibre depend de rattracliou de celte masse sur un point de sa surface, attraction qui depend elle-meme de la figure de la masse. On n'a reussi jusqu'a present i eluder celte difficult^ qu'en s'aidant des developpemens en series, et par suite en se bornant a des approximations; au lieu que si Ton pouvait adjoindre aux prin- cipes ordinaires d'equilibre un principe nouveau et independanl. tel que celui que propose JM. Ivory, on concoit qu'il y aurait moyeu de resoudre directement I'espece de cercle vioieux, te- nant a la dependance reciproque de la figure de la masse, et de I'attraction qu'elle exerce sur un point de sa surface. A Tapparition du memoire de M. Ivory, M. Poisson refuta la nouvelle doctrine qu'il conlenait, dans une note inseree au tome XXVII des Annates de cliimie et de physique, page 225. Un cxtrait de cetle note, accompagne d'observations nouvelles, a ele donne par M. Lucroix dans le Bullelin des sciences mailieinci' tiqaes, tome III, page 533; et enfin la question a ele traitee dans deux autres articles du meme recueil, tome V, page 87, el tome IX, page i55. De son cole, M, Ivory a reproduit les argu- inens de son premier memoire dans une serie d'articles insercs au PItilosophical magazine : il a replique longuement aux objec- tions, de sorte qu'une question, qui selon nous est tres-simple, a fiui par se trouver passablement compliquee. Voulanl essayer de la ramener a ces termes simples , d'oCi nous regreltons qu'on I'ai fait sortir, nous ne trauscrirons pas tcxluellement rargumentation de RI. Ivory, mais nous la resu- merons en ce peu de mots, oii il nous scniblc que rien d'essen- tiel n'est omis (pi. g, fig. 5) : « Si Ton imagine une masse fluide M en equilibre, tcrminee »par la surface ABC, et dans riutcrieur de celle-ci une masse ,«, Bierminee par la surface a/) c ; si Ton suppose de plus 1° que la smasse ^w. demeure separement en equilibre, apres rancantisse- nraent dc la couche M— /W, 1° que a/'c soil une surface de ni- »veau de la masse lotale M ; la couche superposee M— ^ agira osuru: 1° par la pression qu'^Ue exerce sur la surface a be. ( 559 ) M 2° par son allraction siir chacune des molecules dc ^ ; el la re- wsultantc de toutes ccs forces devra lIic nulle ; puisque, par la B premiere hypotbese, [x rcste en equilibre avant comnie apres »raneantisseuient de la couche superieiire M — [x. Or la pres- Bsion etant la meme sur chaque point de abc (altendu que, d'a- oprfes la seconde liypolhtse, abc est une surface de niveau de la smasie lotalc M), elle ne saurait Iroubler I'equilibre de/^. Done il »faut que I' atiraclion de la couc/ie sur c/iuque point de la masse (x se nredaise d zero. » Tel esll'enonce du nouveau principe d'equilibre, employe par M. Ivory , dans le cas oii les molecules de M s'allirent muluelle- ment. Son application est restreinte par I'auteur lui-meme aux deux hypolbeses que Ton vient do poser, et dont la seconde n'est pas la consequence de I'aulre, quand le fluide est homo- gene. En general, une couche pent etre superposee a une masse fluide, sans troubler son equilibre, et sans pourtant que son at- traction sur chaque point de la masse interieure se reduise a zero: M. Poisson en a donne dernierement, dans les Additions d la connaissance dcs temps pour i85i, page 53, un exemple digne de remarque. Mais dans cet exemple, la surface de la masse inte- rieure n'est point une surface de niveau de la masse totale, et des lors il peut etre recuse par M. Ivory, dont tons les raison- nemens s'appuient sur cette derniere hypothese. La meme ob- servation s'applique, ainsi qu'on en a deja fait la remarque, au raisonnement indirect, employe par M. Poisson, au commence- ment de la note deja citee, inseree dans les A nnales de ctnmie et de physique. Toulefois, en rapprochant la suite de cette note de la double bypnthese qui sen de point de depart a 31. Ivory, il est aise de demontrer directement la faussele de la conclusion u laquelle ce dernier geometre est arrive. En efi'et, considerons un canal rst, rentrant sur lui-meme, et mene dans I'inlerieur de la masse ,w. Supposons que la condition voulue par M. Ivory soil salisfaile rclalivement a toutes les mo- lecules Ae {X, hormis celles comprises dans le canal rst. II est clair que i'equilibre de fx sera assure, pourvu seulenient que I'altraction de la couche M — fx, sans etre nulle pour chaque point du canal rst ne trouble pas I'equilibre de ce canal. Or Clairaut a fait voir (et c'cst la base de sa iheorie hydroslatique), que les ( >'^4o ) forces atlraclives (jmanucs d'nn centre, ou il'iin nombre quel- conqiic (Ic centres, ne troiiblaient pas reqiiilibre d'lin canal qiiel- conque rentrant en Ini-tneme, et mene dans I'inlerieur d'une masse fluide. Done si la couohe M — ^ nc trouble pas par son attraction I'equilibre des molecules situees a la surface abc , elle lie troublera pas celni d'un canal quelconque rentrant sur lui- meme, et mene dans I'interieur de ^, ni par consequent celui de la masse entiere. Maintenant, puisque la couche presse egalement en tons sens la surface abc, il suffit pour I'equilibre des molecules situees a cctte surface, que I'atlraction de la couche soit normale i abc. Or appelons Rj, R' les resullantes des forces qui sollicilent une molecule de cette surfiice, avant et apres la superposition de la couche M — fx , et R" la rcsultantc de I'attraclion de cette couche sur la molecule dont il s'agit. Les forces R, R' seront chacune normales a abc, la premiere, parce que [x. est separe- ment en equilibre, la seconde, parce que a/»c est une surface do niveau de la masse totale M. D'ailleurs R' est la resullante des forces R, K"; done R" est aussi normale a la surface de ^ , et egale i R' ~ R. A. COURNOT. Ml^MOIRE SUR LA riGtlRE DE lA XERUE ; PAR M. BIOT. ( Analyse. ) M. Biot rappelle d'abord les trois melhodes employees jusqn'ici pour determiner I'aplalissement de la terre; la premiere consiste a mesurer directement la longueur des degres du meridien ; la se- conde , imaginee par Laplace, est fondee sur les anomalies des mouvemcns lunaires dues a I'elliplicite de la terre ; et la troisiemc Gonsiste dans I'observalion des longueurs du pendule simple, cal- culees par la formule de Clairant. Les deux premieres methodts ont fourni h tres-peu pres le meme rt^sullat, mais I'aplatissement, deduit de robservationdu pendule, en differe notablement. Ce fut dans le dessein de reunir quelques nouvelles donnecs de ce grand probleme, que I'anteur parlit, vers la findc 18241 avec sonfils. pour (54i) rilalie cl I'Espaguc. II avail d'aboid pour but principal do com- pleter les mesures dii pcndulc siir le grand arc de parallele qui s'etend aujourd'hui de Bordeaux a Fiume, et que Ton peut espe- rer de voir, dans qiielques annees, se prolonger jusqu'a la mer Noire, ftl. Biot se proposait ensuite d'aller faire les niGmes expe- riences a Lipari , au milieu des volcans les plus aclifs de I'llalie. Puis il devail repnsser par I'Espagne pour aller les repeter a For- mentera, extrcmite australe de la meridienne de Paris. Enfin, il devait completer son voyage par la mesure du pendule a Barce- lone. Le tableau qui renferme toutes ses experiences sur le pen- dule se trouve reporte a I'article suivant. M. Biot rappelle ensuite les observations du pendule faites pnr le capilaine Kater dans la grande Bretagne. I^a distribution de ces deux series d'observations sur les diverses parties d'un meme mcridien et d'un mume parallele qui se coupent, les rend parli- culierement propres a iaire bien connailre les variations de la pesanleur sur cette portion du sphcroi'de terrestre ; «etmeme, ajoute M. Biot, une telle distribution est absolument indispen- sable pour que Ton puisse determiner les lois de ces variations avec certitude, en demelant, dans la continuile des resultats, ce qui depend des causes generales, et ce qui peut Olrc attribue ii des anomalies accidentelles ou aux erreurs des experiences. Les observateurs qui ont jusqu'ici presente leurs propres mesures du pendule, ou qui les ont reunies en general avec les experiences dejA connues, les ont traitees comme des resultats qui seraient cgalement probables et uniquement susceptibles d'erreurs for- tuites; car ils les ont fondues ensemble par la metbode des moin- dres carres, en les assujettissant k la loi de variation proportion- nellc au carre du sinus de la latitude, dans la vue d'obteuir, avec lesmoindres ecarts possibles, les deux constantes propres a cette loi, et d'en conclure ensuite Taplatissement elliptiquo par le theoreme de Clairaut. Mais ce mode general de fusion et d'agglo- meration me semble ici I'inverse de la marche que Ton aurait dft suivre; car, au lieu d'attenuer les ecarts de la loi du carre du sinus, ecarts qui pouvaient etre I'expression de pbenomenes reels, il fallait au contraire les mettre le plus possible en evidence pour eprouver la loi ellc-ineme, et reconnaitre dans la succession des resultats, les alterations qui pourraiont dcccler des causes puis- ( 542 ) santes et ctendues d'allraction. Or, que de lelles causes existent en effet et modifient coiisiderableinent les relations qui devraienl avoir lieu dans I'etat elliptiquc, c'est, je crois , ce dont on ne pourra douler apres la discussion suivanle : « En cotnbinant ses propres observations avec celles du capilaine Kater, afin de determiner la forme de Tare nieridien qui s'etend de Unst h Formentera , M. Biot Irouve que les constantes a ci b de la I'ormule de Clairaut l=:a-\- b sin" L, oii L indique la latitude et / la longueur du pendule, sont sensi- blenient egales pour Unst, Leilh, Londrts et Dunkerque, mais que b diminue beaucoiip tandis que a augmente pour Clermont, Barcelone et Formentera. L'obstrvation de M. Duperrey faite a Toulon, confirme ces anomalies. Les observations du capitaine Sabine au Spitzberg et a Dronlheim, combiuees avec celles de Padoue etde Lipari, conduisent t\ de pareilles divergences. Les observations du pendule faites sur le parallele qui passe dans les environs dc Bordeaux, de Figeac, de Clermont, de Milan, de Padoue et de Fiume, prescntent des anomalies semblables. Enfin, ces anomalies sontle plus considerables dans le voisinage de I'equaleur. La discussion de toutes les observations mene M. Biot aux resultats suivans : Au pole A la latitude de 45° A I'equateur Pendule. Diff. 1. 996"", 188963 I 668(5,3 993, 5.oo5x 4 3336 991, 027015 I Diff. 2. 0,175276 Mais d'apres la formulc de Clairaut, on aurait Au pole A la iaiitiide de /jS" A Tcqualeur I = a ( 343 ) II suit de la, ajoufe I'auteur, qu'un observaleur qui veut cal- ciiler I'aplalissement de la lerre d'apr^s les mesures du pcndule, dans riiypolhcse ellipliqiie, i I'aide du theor^me de Clairaut, doit trouver des resullats fort difterens les uns des aulres, selon la por- tion d'hemisphere ou doiiiinent les observations qu'il eniploie. Car, par exemple, s'il com')ine ie pcndule equatorial doiine im- mediatement par les experiences avec la valeur de la constante donnees par les observations intermediaires cntre le 45° degre et Ie pole, ou enlre le 45' degre de I'equateur, ou enfin dans toute I'efendue de I'hemisphere boreal, il obtiendra les Irois valeurs ras- sembiees dans le tableau suivant, oii la lettre a represente le pcn- dule equatorial donne ci-dessus : De 90° a 45° De 45° a o" De go° a 0° Valeur de b. 5'""',507324 4, 98(3672 5, i6ig48 Aplalisement. o, 00865 — o,oo538555 o,oo865 — o,oo5o3 1 8a o,oo865 — o, 00520869 Le premier de ces aplatissemens, j^, s'accordeavec rcluiquiest donne par les observations lunaires; le second, ;-^, s'accorde avec celui que M. Freycinet a trouve d'apres les observations equato- riales; et le 5% ^,, est a pen pr^s celui que M. Sabine a obtenu en combinant toutes ses observations depuis I'equateur jusqu'au Spitzberg. [Mem. de I' Acad, des sciences, torn. VllI, p. 1.) SUR LA FIGURE DE LA TERRE, DETERMINEE PAR LES OBSERVATIONS DTJ PBNDULE; PAR M. SAICEY. Clairaut, a qui I'on doit les vcrilables principes de I'hydrosla- tique, et la determination de la figure dc la terrc par I'observation du pendule a sa surface (i), a prouve que, quelles que soient les densites des diverses couches qui composent la masse du globe, 1) Thcorie dc hi fli^ure dc la lerrc. ( 344 ) yi ce dernier, primilivcrnent fluide et anime d'un mouvement dc rotation, s'cst solidific en conservant la figure que lui avaient im- priinee la pesanleur el la force cenlrifuge, il doit ctre aplali aiix poles, renfle a I'equalenr, de telle maniere que la longueur du pendule simple batlant la seconde eprouvera, de I'equateur au pole, une augmentation proportionnelle au carre du sinus de la latitude; c'est-a-dire qu'en designant par a la longueur du pen- dule a I'equateur, par b son accroissement au pole, sa longueur / i une latitude quelconque A est donnee par la formulc / =: a -)- A sin"* A Ensuite pour determiner I'aplatissement c de la terrc, on a la formule _ 5/- a "~ 2 F l> oO f est la force centrifuge, F la force attractive de la terre, et a la longueur du pendule, toutes trois a I'equateur: enfin b I'accrois- sement de la longueur du pendule de I'equateur au pole. C'est en parlant de ces principes que Clairaut elablit, pour la premiere fois, une formule du pendule exacte et capable de re- presenter les observations faites, de son temps, par les academi- ciens francais envojes au Pcrou et en Laponie. Laplace determina ensuite, d'une maniere plus precise, les constantes de la formule du pendule, au moyen de nouvclles experiences (i). D'un autre cote, Borda apporta au pendule d'observation d'ulilesperfectionne- tnens, qui lui permirent de determiner la longueur de eel instru- ment avec une exactitude inesperee et pourtant necessaire dans ce genre de recherches. 11 oblint [\[\q,^^(^ lignes pour la lon- gueur du pendule simple qui bat la seconde sexagesimale a I'Ob- servatoire de Paris. Cette valeur differe Ires-peu de celles qui ont ele trouvees depuis, au meme lieu, par MM. Biot, Malhieu etBou- Tard , et par le capitaine Sabine. Ces deux premiers astrono- mes conlinuerent les observations du pendule ii Pynkerque, a (•) Mccaniqnc cckilc , liv. III, p. \l\-. (345 ) Clermont, a Figeac el a Bordeaux. En prolongeanl la meridienne de Paris jusqu'A Formentera , MM. Biot et Arago detenninerent la longueur du pendulc i ceUe derniere station ; et comme la triangulation de la France devait se raltacher a celleque Ton avait executee dans la Grande-Bretagne, el qui s'elendait de I'ile de "Wight au sud de I'Anglelerre, jusqu'a Uust la plus septentrionale des iles Orcades, au nord de I'Ecosse, M. Biot prit le parti d'aller faire I'observation du pcndule en deux des points les plus recules de cette chaine de triangles, a Unst et au fort de Leith pres d'E- dimbourg (i). II y trouva le capitaine Kater, occupe des memes experiences. Le pendule dont ce dernier faisait usage, et qui porte son nom, se compose d'une tige metallique portant deux couteaux fixes, el lellemenl disposes que le tranchant de Fun passe par le centre d' oscillation relalif i I'autre. Apres avoir fait osciller ce pendule sur I'un des couteaux, on le retourne de haut en has pour le faire osciller sur le second couteau; d'apres la. theorie et I'experience les nombres des oscillations executes dans le meme temps par le pcndule direct et par le pendule renverse, sont pari'aiteuient egaux eutre eux, et la distance des deux cou- teaux donne immcdiatement la longueur du pendule simple, sans autre calcul que ceux qui sont necessites pour ramener I'ob- servation au vide et a une temperature constante. Le peudide de Kater est susceptible d'une plus grande precision que celui de Borda, ou plutot il offre raoins de chances d'erreurs que ce der- nier. Toulefuis, confiees k des observateurs habiles, celui-ci a donne des resullats tres-rapproches de ceux que I'on obtenait par la melhode anglaise. Le capitaine Rater a fait ses observations du pcndule a Shan- klin dans File de 'Wight, a Londres, a Arbuiy-Hill, a Clifton, au fort de Leith, i Portsoy et a Unst, slations qui appartieunent a la triangulation mOine dont I'Anglelerre avait etc couverte (2). Une loi du parlemenl anglais, du 17 juin 1824, present Funiformite des poids et mesures dans loute la Grande-Bretagne^ et fixe i 59,1593 pouces la longueur du pendule simple qui bat la se- conde sexagesimale, dans le vide, au niveau de la mer, el a lala- (1) Base du sysliinc inclri'jiw, tome IV. {•>.) Ph'tloxophifat Iransaciicn, iSiSet i8tt). ( 546 ) titude de Londres (5i% 3i', 08", maisoii de M. Browne, oii le ca- pifaine Kaler a fait son experience). Pen apres que les observations du capitaine Kaler eurent ete faites , on envoya dans I'lnde un pendule dont la marclie avail ete observee a Londres. M. Goldingbam , astronome de Madras, le fit osciller a cctte derniere station; puis il cbargea M. Lawrence, qui avait dirig^, sous le colonel Lanibton, les ope- rations Irigonomeiriques executees dans I'lnde, et M. Robinson, aide a I'Observatoire de Madras, du soin de repeter son expe- rience ^ Gaunsah-Lout, petite iie situee sous I'equateur meme, pres de la cote S. O. de Sumatra. Tout fiit tennine dans le cours de I'annee iSaS. En rapporlant ces deux observations, nous avons eu soin de refaire les calculs, par lesquels on passe des nombres d'oscillations observes a Londres, a Madras, et a Gaunsah-Lout, aux longueurs memes du pendule, parce que les observateurs de rinde sont partis de la longueur du pendule i Londres, donnee par le capitaine Kater dans les Transactions philosopliiques pour 1818, longueur corrigee d'une erreur notable dans les Transac- tions de I'annee suivante i8ig. Alors ces observations s'accor- dent bien avec toules les autres (1). Les experiences de M. Biot et du capitaine Kater ont ete faites sur un arc du meridien d'environ 23°. En supposant le globe parfaitement elliplique, celle amplitude paraissait suflisante pour en determiner raplatissemenl avec toute la precision desirable; mais on trouva des discordances assez grandes entre ces diverses observations, quand on voulut les Her par la formule de Clairaut. Pour (iclaircir tons les doutes, il fut resolu qu'une expedition se- rait envoyee dans les mers equinoxiales , afin d'y repeter les ob- servations du pendule. M. de Freycinet fut charge de ce soin , et son voyage, commence en 1817, ne finit qu'en 1820. Les expe- riences commencees a Paris furent successivement continuees a Rio-Jane iro, an cap de Bonne-Esperance, an Port-Louis de I'lle- de-France, i File Rawak sous I'equateur et pres de la Nouvelle- Guinee, a Guam, capitale des iles Mariannes, i Mowi, I'une des lies Sandwich, a Port -Jackson dans la Nouvelle-Hollande, dans (1) Annals of Philosophy, oclob. et nov. 1826. ( 347 ) la baie iVancaise des iles Malouines , et pour la seconde fois ii Paris, au retour de I'expedilion. 31. de Freycinel ctait muni de qiialie pendules imariables, dont trois en laiton, ct le qualrieme a tige de bois. Les premiers consistalenl en une lige et une len- tille iourde de laiton, coulees ensemble (i). Le resultat de ces nouvelies observations fut de constater des divergences encore plus grandes entre rexperience et la formule de Clairaut, surlout pour les iles de France, de Mowi et de Guam. II parait que les geometres francais n'eurent pas une confiance cntiere dans ces resultals. Par leur influence, une autre expedi- tion fut decidee, et M. Duperrey, qui avait fait partie de la pre- miere, fut charge de diriger la seconde. II s'embarqua en 1822, apres avoir fait les experiences du pendule a Paris et a Toulon. Ses stations furent ensuite I'ile de I'Ascension , I'lle-de-France, Port-Jackson et les iles Malouines. L'anomalie de I'lle-de-France fut un pen aCfaiblie ; mais Port -Jackson et les iles Malouines ne donnerent pas les memes resultats, a beaucoup pres (2). L'expe- dition fut terminee en 1825. Dans I'intervalle de temps qui s'etait ecoule entre le retour de la premiere expedition et le depart de la seconde, une scrie d'ex- periences raieux coordonnees, el conduiles sur une plus grande cchelle, avait ete commencee par le capitaine Sabine. Get habile observateur, muni de deux pendules invariables, sembiables i I'un de ceux dont le capitaine Kater avait fait usage, conimenca ses experiences a Londres, vers la fin de 1821. II les conlinua suc- cessivement a Sierra-Leone, a Saint-Thomas dans le golfe de Benin, a I'Ascension, a Bahia, a ftlaranham, i laTrinite, a la Ja- maique et a New-York. II revint a Londres, en fevrier 1825, afin de s'assurer de I'invariabiiite de ses pendules. II repartit pour les regions polaires, en raai dela meme annee, et fit ses observations a Hammerfest, laville la plus septentrionale de la Norwege, au Spitzberg, sur la cote-estdu Groenland et a Drontheim. De retour a Londres, dans I'hiver de j825 a 1824, il y repeta une troisieme fois ses observations (3). (1) Foyage autour du mondc. Obscrvat. du pendule. Paris, 1826. (9) Connaissancc des temps pour 1800. (5) Jn account of experiments, etc. Londres, iSaS. ( 348 ) A la fin d'avril 1827, le capilaine Sabine vint a Paris, pour ob- server la marche ile ses petulules, dans la salle de la merldienne de rObservatoire, A I'endroit inume oOi M. Blot avail fait ses ex- periences. II futseconde par MIM. Malhieu, Nicollet, Savary, Du- perrey et Freycinet; et, de relour a Londres, en septembre de la meme annee, il y fit les niemes observations, assiste de MM. Qiie- telet et Chapman (1). Le lieutenant Foster a fait, pendant le voyage du capitaine Parry au nord de I'Amerique, en ib'2^, I'experience du pendule i Port-Bowen sur le cute Est du passage du Prince regent. Mais coinme il n'avait pas observe son pendule a Londres dans la raai- son de M. Browne (ou les capitaines Rater et Sabine ont fait leurs experiences), mais a Greenwich, il a ete oblige de calculer les longueurs du pendule, ici et a Port-Bowen, par les formules de M. Yong, lequel, comme on sail, tient cornpte de I'atlraction de la couche qui s'eleve au dessus du niveau de la nier. M. Foster est parti de nouveau, en 1828, pour une expedition qui ne finira qu'en iSSa, et dans laquelle il fera I'obscrvalion du pendule aux vingt-six stations suivantes : aux iles du Cap-Vert, a I'ile Sainlc- Catherine (Bresil), a Monte-Video, h I'entroe oricnlale du delroit de Magellan, a I'ile des Etats, a la Nouvelle- Shetland, au cap de Bonne-Esperance, a Pata, aux iles Maldives, k la Pointe-de- Galles (Ceylan), a Singapore, au cap Leeuwin (Nouvelle-Galles meridionale), aux iles Aukland, a Hobarts-Town (Van-Diemenj, a Olahiti, a I'ile de Noiil, a Owhyhee, a Lima, au cap Saint-Fran- pois, a Acapulco, a Valdivia, a Valparaiso, a renlree occideutale du detroit de Magellan, a Fernando de Noronha, a Para et a Cayenne. Ce sera, comme on voit, la plus importante de loutes les expeditions deslinees aux experiences du pendule; et il est i remarquer que plusieurs stations y sent indiquees sur les cotes occidentales de I'Amerique, oii Ton n'avait point encore fait de pareilles observations, car celles des academiciens franpais, au Perou, ne peuvent plus entrer en ligne dc compte. Des savans distingues ont dit et ecrit que la base du systeme melrique n'elait point certaine, par suite de I'inJecision oCi les (1) Philosophical iransaclion, 1828, part. 1, p. 55. (349) experiences da pcndulc, ct niCme les mcsiircs xHrecles des meri- dieiis ct dcs paraliele?, laissent la valeur rcelle dc raplalisscmenl; que d'aillcurs la surface du globe n'elant pas parfailement ellip- tique coinme on I'avait cm d'ubord, on ne pouvait dednire ia lon- gueur lotale du meridien dc la luesure de plusleurs de ses degres seulement. Au moins faudrait-il, ajoule le capitaine Sabine, aller mesurer un arc de meridien le plus pres du pule possible, au Spitzberg, par exemple. D'apres ces considerations, les geometres anglais, bien qu'ils aieiit couvert leur pays d'un reseau de triangles ct mesure dans les Indes orienlales une portion du meridien, ont conseille a leur gouvernement de prendre un autre type de uie- sureji, la longueur du pendule qui bat la seconde sexagesimale a !a latitude de Londres. Mais des experiences subsequenles ayant prouve que le pendule n'a pas une longueur constante sur toule I'etendue d'un menie. paraliele, il a fallu specifier le meridien du lieu, c'est-a-dire la station nieme ou le {)endule avail etc observe. Des lors la mesure est devenue particuliere a un certain pays, et cliaque peuple voudra choisir une station qui lui appartienne. Le Danemarck a pris pour type de ses mesures la longueur du pen- dule simple a la latitude de 45° el dans le meridien de Skaagen. LaSuedeachoisile pendule mesure a I'Observatoirede Stockholm. L'etat de New- York s'en est tenu au pendule observe dans cette derniere viile par le capitaine Sabine. II parait q\ie le rapport des commissaires aiiiericaius ayant attire I'altention du capitaine Sa- bine, ce dernier verifia ses calculs et trouva une erreur sur la lon- gueur de ce pendule, erreur qu'il indiqua, ainsi que plusieurs au- tres, d'abord dans les journaux anglais, ensuite dans les Transac- tions pliHosophiqaes pour 1828, part, j, p. 35. Dans le memoire que nous avons precedemment analyse , M. Biol combat les assertions des savans anglais ; il croit que i'in- cerlitude qui reste sur la valeur de I'aplatisscmenl et les irregula- riles que prescnte la mesure des arcs terrestres et des longueurs du pendule, ne peuvent point affecler d'une manieie S(MisibIe la lon- gueur totalc du meridien donnee par ius observations direcles, 111 la valeur du metre qu'on en deduit. D'ailleurs, ainsi qu'on a rc- connu que la pesantenr n'est pas egale sur tons les points d'un meme paralli'lc, ainsi il pourrait arriver que cette force variat, par la suite des siccles, en un lieu determine de la surface de la lerre. ( 35o ) soil par quclqiie catastrophe fiibite, soil par ies alterations conli- nuelles qu'eprouve oette surface. Alors le typo des mcsures serait sujet a se perdre; niais le metre, base siir Ies grandes dimensions du globe, ne sera point affeclc dans sa longueur par quelques ac- cidens particis; il ne !e serait que par un bouleversement total, qui aneantirait et Ies nations elies-memes, et leurs Ira vans scien- lifiques. Pour constatcr encore iiiieux ces irregularito:3 de la pesanleur sur un meme parallele, et montreraussi que la formule dn pendule ne s'accorde point avcc Ies observations faites sur le meridien de Paris, M. Biot est alle, en iSaT), observer ie pendule a Milan, a Padoue et a Fiume, sur le parallele d'environ 45°, qui passe non loin de Clermont, de Figeac ct de Bordeaux, oCi de semblabies experiences avaient deja etc faites. Puis illesacontinuees a Lipari, sur Ies volcans; et enfin dans le meridien dc Paris, a Barcelone et a Formentera. MM. Biot ct Arago avaient dcja observe le pen- dule a cette dcrniere station : ils I'avaient trouve de 992'""',9i276. M. Biot, qui soupconnait quelqueerreur dans cettc determination, a cru devoir la verifier, ct il a obtenu 993'",oo6585, valeiir de pres d'un dixieme de millimetre plus grande que la precedente. Get cxempic monlre le pen de confiance que Ton doit accorder a une precision supposee, qui donne la longueur du pendule en millimt'lres suivis de six decimales. Les capitaines Rater et Sabine ont ^le plus modestes; au lieu d'exprimer les longueurs de leur pendule avec neuf caracteres, ils n'en out employe que sept; el: c'est dcja beaucoup, si Ton fait attention que Ics- experiences exe- culces aux rnemes stations par des observateurs diffcrens ne se sonl accordes qu'nne fois jusqu'a la 5" figure, six fois jusqu'a la 4° figure, et tiois jusqu'a la 3" figure seulement. Cependant je vais rapporter textuellcment les nombres donnes par Ies obser- vateurs, avec toules Ies decimales qu'ils ont cru devoiremployer; mais dans le calcul des reductions et des formules, je n'ai pousse I'exaclitude que jusqu'au seplieme chiffre. Ensuite je ramenerai ces longueurs du pendule au niveau de la nier, en employant pour toules le meme mode de reduction; je les calculerai par la me- thode des moindics carres en faisant usage de la formule dc Clai- raut, sans m'inquietcr si cette formule et cette mcthodc sonl Ies plus avanlageuses, mais seulement pour avoir un resultat moycn ( 55i ) enlrc tou!< cciix de robservalion ; j'indiquorai line dcs causes principales des irrcgiilarites du pendule, et je cherclicrai ii en esliiner les effels ; eiifin, je lerai voir que la formule de Clairaut, qui donne I'aplatissement de la terre en t'unction de la longueur du pendule, applicable a una masse liquide aniniee d'un mou- vement de rotation permanent aulour d'un axe invariable, doit tire corrigee d'une erreur notable, quand on Tapplique a la de- termination effective de la figure de la terre, et je terminerai par- quelques remarques sur I'etat actuel de ce probleme. Stations. I alitudes. Pendules a la station. Hauteur dr b slatioii au dessus de la mer. Oljservateurs. Paris. 48' 5o'i4"N. 44o,55g3 63" Borda, Cassini. Unst. 60 45 a5 N. 994,94^080 Sjlo Biot. Lcilh . 55 58 57 9<^4,524453 21,00 Biot. Dunkerque. 5i 02 10 9:)4,079i37 4,00 Biut, Mathieu. Paris. 48 5o 14 995,844842 70,25 Biot, Math., Bouvard. (llermont. 45 45 48 995, 'j5556o 406,00 Biot, Mathieu. Milan. 45 28 01 995,500800 i5o,o8 Biut, E, Biot. Padouc. 45 24 o3 99J'5977io 3o,(!7 Biot, E. Biol. Fiume. 45 19 00 993,563844 64,80 Biot, E. Biot. Bordeaux. 'i4 5o 26 995,447586 17,14 Biot, Mathieu. Figeac. 44 5G 45 995,588214 223,00 Biot, Mathieu. Barcelone. 4 1 ii3 1 5 995,25o852 4, 10 Biot, E. Biot. Formeiitera. 58 39 56 993,oo6385 202,90 Biot, E. Biot. Lipari. 58 28 37 995,076557 9,00 pieds. 28 Biot, E. Biot. Unst. (Jo 45 28 N. j.oui-. 59»>7i'i4 Rater. Portsoy. 57 40 59 39, 16142 94 Ivaler, Leitb. 55 58 41 39,15559 68 Rater. Clifton. 55 27 45 39, 14517 559 Rater. Arbury-Hill. 52 12 55 59,14057 757 Rater. Londres. 5i 3i 08 59,15908 92,5 Rater. Sbanklin. 5o 37 24 59, i3553 242 Rater. ( 352 ) .Stations. Lalit jdcs. Pcndules it la station. llaulcur dc la statlAii a»d..»s,is do la nier. Observateurs . Paris. 48 5o 14 N. 1,00000000 72,28 Freycinet. He Mowi. 20 53 07 0'99792769 ",5 Frcycinet. He Guam. i5 27 5i 0,99759268 2, Freycinet. He Rawak. 00 01 34 S. 0,99709528 1,5 Freycinet. Ilede France. 20 og 5G o»9979S729 i5,5 Freycinet. Rio-.laneiro. a2 55 i3 0,99783413 5 Freycinet. Port Jai'ksoii. 53 5i 54 0,99876087 55, o5 Freycinet. CapdeB. Esp. 53 55 i5 0,99871111 i5,o Freycinet. IlesMalouines. 5i 35 18 1,00022 i5o 6,0 Freycinet. Saint-Thomas. 00 24 41 N. pouc. 39,02069 pi.'ds 21 Sabine. Maranhiim, 2 3i 43 S. 39,01196 77 Sabine. Ascension. 7 55 48 39,02406 '7 Sabine. Sierra-Leone. 8 29 28 N. 39,01954 190 Sabine. Trinite. 10 58 56 59,01885 31 Sabine. Bahia. 12 5q 21 S. 59,02586 2l5 Sabine. Jamaique. 17 56 07 N. 59,o55oi 9 Sabine. New-Yoik. 40 42 43 39, 1 1 09 67 Sabine. Londres. 5i 3i 08 59,15908 92,5 Kater. Drnntheim. ()5 2 5 54 59,17428 131,5 Sabine. Hammerfest. 70 40 o5 59,19468 29 Saliine. Groenland. 74 32 >9 59,20528 5i,5 Sabine. Spitzberg. 7<) 49 58 59,21464 21 Sabine. Paris. 48 5o 14 59,12810 70", 2 5 Sabine. Paris. 48 5o 14 N. 1,00000000 Duperruy. Toulon. 43 07 20 o,9995o585 Duperrey. Ascension. 7 55 48 S. 0,99729881 Duperrey. He de France. 20 09 23 0,99789022 Duperrey. Port Jackson. 35 5i 40 0,99871430 Duperrey. HesMalouines. 5i 3i 44 1,00025995 Duperrey. Madras. 1 5 o4 09 N. 59,02557 pi.d,. 23 Goidinghain. Gauiisah-Lout. 01 49 39,01806 13,5 Lawrence, Robiusoii. Stockholm. 59 20 34 59.16508 143,7 Svanljeri^, Cronstrand. Port-Bowen. :5 1 3 39 59,201 i5 121,04 Fosler. ( 355 ) Pour ramcner ccs longueurs dii penduli; an niveau Je In mer, il ne fatit lenir compte que de la quanlito li dont on se rapproche du centre de la tene, et conslderer la couche de terrain qui s'e- leve au-dessus de la mer conune une des causes louaK-s du per- turbations donl 0!i llendra compte plus lard. C'est rupiuion de Laplace et des physiciens francais. M. Yong, et d'apres lui tous les observateurs anglais, tiennent comple de I'altraction de cette couche, dans la reduction du pcndule au niveau de la iner ( voyez les Transactions pkilosopliiques, i8ig, p. 70.) La Ibrmule de re- duction que j'eiTiploierai, sera done / h I sin"" A cos"^ A 2+ ..- + 6576984 \ l52 288 les deux premiers termes exprimanl la correction due a la hau- teur de la station au dessus de la mer, considerce provisoireuient conime ayant un aplalissement de ~-^ ; le troisieme terme est la correction qui provienl de la difference de force centrifuge a la station et au niveau de la iner. Ce terme est insensible pour de pelites hauteurs; il ne donne, pour I'aris, qu'unc correction de o""". 00001 GqS; pour Clermont, 0°"°, 00010G8; pour le mont- Cenis, dont Telcvation est de iq\7) metres, cette correction est telle qu'elie change en 4,21 la densite mo^'enne de la lerre 4,09 donnee par M. Carlini (1). La formule precedente devient, sans erreur sensible, I II I 377 sin" A 6570984 1^ 288 ' 523 C'est avcc cette correction que j'ai calcule les diverses valeurs du pendule au niveau de la mer; et c'est en posint un metre =r 39,57079 pouces anglais, d'apres le capitainc Kater, que j'ai passe des mesures anglaises aux mesures metriques. Ensuile, j'ai cal- cule la formule du pendule par lamelhodedcs moindrescarrcs, qui m'a conduit aux rcsultats suivans, ranges par ordre de latitude: (i) Epiicmcridos aslronom!i/iics <]c Milan, 1824 ; append., p. aS. a3 ( 354 ) Longueur ( u pciulule au niveau le lii Dicr, Uautcur dii niveau Stations. Objciviie. Calculee. Diffiirences. reel de la nuT au-dessus du niveau calcuR. All Nord. mm. mm. mm. metre;. SpUzberg. 996,0359 995,9514 + 0,0845 — 43o Groenland. 995,7483 995,7479 -j-0,0004 + 5 Porl-Bowen. 995,7541 995,6856 +o,o085 — 53o Hainmerfest. 995,5597 995,5514 — 0,0217 + ••7 Dronlheiin. 9i)5,o2o5 995,0899 — 0,0696 + 58o Unst. (K.) 99^,9'^^)^ 994,8931 4-0,0462 252 Utist. (B.) 994,9457 994,8930 -i-o,o527 — 266 Stockholm. 994,7885 994,7841 -j-0,0044 - 4 Portsoy. 99^ .69 1 994,6525 -j-o,o585 — iSi Leit'.i (K.) 994»5354 994,5 155 +0,0219 — 100 Lcith (B.) 994,55 10 994, 5 1 34 +0,0176 - 78 Clifton. 991,5018 994,5o23 — o,ooo5 + 65 Arburg-Hill. 994,2328 994,1954 +0,0274 — 5 Londres. 994, 1 25ti 994,1352 — o,oi 16 + 77 DLinkcrqiie. 99'), 0804 994,0935 — 0,0129 + 69 Sh.inklin. 994,0^74 994,0573 — 0,0099 + 98 I'aris (B.) 995,8668 993,9004 — o,o556 + 2l5 Paris (S.) 993,8077 995,9004 —0,0427 + 262 Paris (Borda). 993,8462 995,9004 '0,0542 + 5i6 Clermont. 995,5823 993,6293 — 0,0470 + 484 Milan. 993,5477 993,6014 — o,o557 + 566 Padoue. 993,6075 995,5955 +o,oi 18 — 42 Fiuinc. 993,5841 995,5880 — o,oo3g + 59 Bordeaux. 993,4529 993,5456 —0,0927 + 486 Figeac. 993,1578 993,5253 — 0,0675 + 48o loulon. 993,5558 995,5925 — o,o565 + 189 Barcelone. 993,2321 995,2591 — 0,0070 + 58 New-York. 995, i56i 993,1795 — 0,0254 + i33 Formenlera. 993,0697 995,0004 +0,0695 — 228 Lipari. 993,0793 992,9^^41 +0,0951 — 485 Mowi. 99''7759 991,6566 +0,1195 — 612 Jamaiqiie. 991,4722 99 ''4930 0,020S + loS Guam. 99 ''443 1 991, 2858 +0,1473 — 755 ( 555 ) Longueur < u pendulc au niveau de la mer. H lutcur Stations. Observee. Calculee. Differences. Ju niv la nu- duiiv L-au reel de au creMus au calculi;. Madras. 991,1 S3 1 991,2701 — 0,0870 + 45i Tiinite. 991,0624 99i,iS55 — 0,121 1 + 677 Sierra-Leone. 991,0905 991,1205 — 0,0240 + 1 JS Sainl-Thomas. 99'5">9S 991,0095 -j-O,I0OI 5io Cuansah-Loiit. 99»jo4i9 991,0093 -}-o,o326 — i65 Ali sad. Rawak. 990,9486 991,0093 — 0,0607 + 3i3 RI a ran ha in. 990,8931 99i'>o'9^ — 0,1261 + 662 Ascension fS.) 99' » 1948 991,1064 -f-o,o854 455 Ascension (D.) 991,1723 99!, 1064 -{-0,0659 — 534 Bahia. 991,2084 991,2670 — o,o586 + 340 He de France (D.) 991,7600 99i,6i5o -)-o,i45o 742 He de France (F.) 99>??898 991,6155 -i-0,1743 — 886 Rio-Janeiro. 991,6840 991,7830 —0,0990 + 5ii P. Jackson (F.) 992,6168 992,5928 -f-0,0240 io3 P. Jackson (D.) 992,5789 992,5929 — 0,0140 + 76 Cap de B. Esper. 992,4587 992,-5978 —0,1591 + 725 Malouines (D.) 994, n37 994,1 56 1 — 0,0224 4- 119 Malouines (F.) 994,o568 994>i4i2 — 0,0844 + 4->7 Les constantes de la formule du pendule l=za -\- h sin* A, delerminees par la melhode des moindres carres, ont pour ex- pressions : 1. I sin' A — 1 1. I 1. sin* A 1. sin4A — '-{1. sill' A)' y a=-^ 2. / — — 1. sin' A; et j'ai obtenii, pour le nombre Jus observations ;t = 5i ; pour la somme des longueurs des pendnles, 5o°',65265 1 5; pour la' sominc (35G ) dcs carres des sinus de latitude, 31,7950457; pour la somme des produits dcs pendules par les carros des sinus des latitudes cor- rospnndantes, 31,6687276; cnfin pour la souime des quatriemes piiis?ances des sinus de latitude, 15,6509970. Ces nombres, dont Ic calcul est long et fastidieux, pourront s'ajouler de suite a ceux que I'on obliendra jiar de nouvelies observations, et c'est pour cette raison que j'ai cru devoir les inserer ici. Alors on trouve pour la formule du pendule, i z=. 991 """,00926 -j- 5""", 101 13 sin' A J au moyen de iaqutlie on obtient les valeurs suivanles : Pendule a I'equaleur 9gi°"",00926 Pendule a la latitude de /[S" gyS ,50983 Pendule au pole 996 ,11009 Pesanleur a I'equaleur 9"" ,780870 Pesanleur a latitude de 45° 9 ,8o6o43 Pesanleur au pole 9 ,83i2i6. En admeltant avcc Delambre 6376984 metres pour le rayon equatorial, et 86164 secondes do temps moyen dans le jour si- deral, on trouve o°',o339io pour la force centrifuge a I'equateur, et pour I'aplatissement de la terre, . = 0,0034902 =^g^. Par consequent, metres. Heues. Kayon polaire 6354727 . . . i427j4 Rayon equatorial 6376984 . . . i432,4 Difference 22257 ... 5,o Comme ce genre de calcul e.>-t extremement laborieux, on pourrait craindre que la formule du pendule, telle que je viens de la donncr, ne suit erronee ; mais tons les doutes devront disparailre, si Ton fait attention que les differences entre les pen- dules calcules et observes (abstraction faite des doubles emplois), offrent 19 alternana^s de signes , sur 23 permanences dont la plu- part sont dues au grand rapprochement des stations ; et que, par consequent, du Spitzberg aux iles Malouines, sur uue etendue ( 557 ) dc iSi" 25', la courbe calciilee coupe 19 fois la coiirbe des ob- servalions, on, ferine moyeii, une fois tons les 6° 55' ; ct les ecarts sont a peu pres les inr'ines dans les deux sens. II s'agit iiiaiiilenant de rcchercher les causes, probables des ir- regulariles du pcndule. Ces causes sonl 1° ratlracllon de la cou- che de terrain qui, a luslalion, s'elevc au-dessus du niveau dc la mer; 2" les renfleinens ou les affaissemens que la surface de la miT peut presenter; 3° enfni les variations de densile des coucbes superficielles du globe. Nous allons tenir compte des deux pre- miers genres de causes perturbatrices, en supposant, pour lo moment, que la densile de la surface dc la terre soit a peu pres la meme partout. La densile moyenne du globe a ele trouvee par Cavendish egaie i 5,4^, en prenanl celle de I'eau pour unite; par 31askelyne, 4^5(3; par Playfair et Webb, 4,87; par M. Car- lini, 4?38 : moyenne 4583. Les substances solides qui composcnt en tres - grande partie I'ecorce du globe , sont les suivantes : le gypse dont la densile est 2,3 ; le calcaire grossier et la craie 2,2; le calcaire compacte 2,6; le marbre 2,7; le feldspalh 2, 4 a 9,6; le quariz, le gr6s, etc. 2,6 a 2,7; la serpentine 2,6 a 2,7 ; le mica 2,6 a 2,9; le granit et lous ses derives 2,7 a 2,8; le tale 2,8; le basalte 2,8 a 3 : densile moyenne 2,65 superieure a la moitie, et inferieure aux deux tieis de la densile du globe. A cause des defauls de continuile, et sou vent de la presence de I'eau, admel- tons que la densite de celle surface soit la moilie de la densile moyenne du globe. Soient A, B et C trois points silnes sur la meme vcrticale (pl. g, fjg. 2); A la station oCi I'on a fait I'observation du pendule, B le nixcaa reel de la mer, et C le niveau moyen lei q.u'il serait donne par la formula du pcndule. Je designe par /, la longueur dc ce pendule, calculee pour le point C; par li la hauleur AB dc ki station au-dessus du niveau r(';el;par k la hauleur BC du ni- veau reel sur le niveau calcule; eiifiu, par B le rayon de la lerreqni aboulit an point C. On peut ensuilc coni^iderer la lerrc conime sph(Ti(iue, et les couches AB et BC couime deux calottes de sphere. Alors le pendule en C elant /, il dcviendra au poini A, 3 /, + // h 4- h 4 U B ( 558 ) le second terme elant rchitif ;!i raltraclion des deux calottej, ct le troisieiiie ;\ I'tiloigncinent du centre de la terre. En redui.^anl cette derniere longueur au niveau reel B, sans lenir compte de I'a! trac- tion de la calotte AB, coinme nous I'avons fait precedeuimenf , tile devient 5 k -\- It 2 A:^ Enfin on prendra la difference entre cettc longueur et la lon- gueur I, pour I'egaicr aux differences J de I'avant-derniere co- lonne du tableau precedent, ce qui donnera ih + I .(3/i — 5A), d'oCi 4R kzzz o,6. h' — 5i34<>oo. ^ , en prenaiit le metre pour unite. C'est au moyen de cette foriniilc que nous avons calcuie les nombres de la derniere colonne du tableau precedent, qtii expriuient les hauteurs du niveau reel de la mer au-dcssus du niveau calcuie. Pour micux interpreter ces nombres, rangeons-les par ordre de grandeur croissante , ct formons-eu trois colonnes egalcs comme il suit : lie de Fiance. — 8S6 Leilh. _ 78 Toulon. + 189 lie Guam. —755 Padone. — 42 Paris. 4-2i5 lie de Fiance. —742 Arbury. — 5 Paris. + 76->. lie Mowi. — 612 Stockholm. + 4 I le Rawak. -f3i3 lie Saint-Tbonios. — 5io Groenlatid. + 5 Paris. +3iG (le Lipari. —483 Baicelonne. + 38 Babia. + 34,) lie Ascension. —435 Kiunie. + 59 Milan. + 366 lie Spitzberg. — 43o Clifton. + 65 Drontbeirn. + 3So lie Ascension. —334 Duiikei-qiie. + 69 lies Malouines. +457 Port-Bow en. — 53o Port Jackson. + 76 Madras. + 45i lie Unst. —2^6 Londres. + 77 Figeac. + 4So He Unst. —232 He Shanklin. + 98 Clermont. +483 He Formentera, — 22« He Janiaiquc. + 108 Bordeaux. + 486 Portsoy. — 181 Ilarameiiest. + '«7 Rio-Janeiro. + 5ii He Gaun!>ali. — 165 lies Malouines. + «i9 Maranbam. + 662 Port Jackson. — io3 New- York. + i33 Trinite. + G77 Ltilh. — J 00 Sierra-Lconc. + i5S Cap de B. Esp. + 73^ ( 359 ) A la srule inspection de ce tableau, il demeure proiiTo que le niveau de la mcr est abaisse dans le voisinage des ilcs, tandis qu'il se reieve pres des cotes ou dans I'interieur des continens, princi- palcment dans le voisinage des hautcs chaines de montagnes. Rawak et les ilcs Malouines seinblent faire exception; niais les grandes differences qu'il y a entre les observations de M. de Freycinetet celles de M. Duperrey, portent a croire que ces ano- malies n'exislent reellement point. En outre , si Ton se donne la peine de comparer ensemble les observations qui out ete faites a peu pres sous la meme latitude, on se convaincra que les irregii- iarites du niveau de I'Ocean ne marchent point par zones, mais qu'elles sont toujours comme la consequence indiqucu tout a I'heure de la position gcographique des lieux oii on les observe. II serait done inexact d'etendre a tout un parallele Tanomalie que Ton aurait observee en un seal de ses points, ou de conclure des meridiens aux paralleles. De celul des iles Malouines a celui du Spitzberg, le niveau de la mer coupe aS fois le niveau calcule. Quelle formiile differente de celle de Ciairaut pourrait mieux re- presenter les observations du pendule.^ Et ne doit on pas en con- clure que la surface de I'Ocean est un ellipsuide de revolution dans son ensemble, mais alteree dans quelques-nnes de ses par- ties, de quantites presqiie nulles, eu egard a I'aplatissement to- tal.'Eii effel la plus grande irregulate s'eieve, pcur I'ile de France, a 8i4 metres, moyenne des deux valeurs, et qui n'est que la 27* parlie de I'aplatissemont 32257 metres. La moyenne de toutes les irregularites est de io5 metres, et ne fait que la 212* partie de I'aplatissement; il n'y a done point de doute sur cette dernicre quantile, dent I'erreur probable ne s'eieve qu'a io5 metres, er- reur a tres-peu pres egalc h celle des observations elk-s-memes, puisque la moyenne des differences entre les resultats des expe- riences repet^es en un meme lieu, est de 112 metres. On a cru pouvoir expliquer les irregularites du peadule par des attractions locales, provenant des differences de densite dans les terrains sur lesquels on fai^ait les experiences. II etait toujours facile en effet de trouver a la surface de la terre quulques couches qui, eu apparence, pouvaieni mettre I'observalion d'accord avec le calcul. On signalait un terrain volcanique, un banc de quartz, des debris de roches, quelques pieds de terre meuble, suivant ( 36() ) qu'on troiivait le pcndulc ou Irop long ou trop court. Wais on negligoait les excavations, les volcans et Ic voisin.igo cles cans prol'ondes, qui tendaient adiminuer la densife moyenue du terrain de la station. On ne faisait point attention que les couches primi- tives du globe out partout, u tres-peu de chose pres, la meme densite, et que les terrains Ics plus recens, bien que formes de couches de densiles di verses, acquierent par le melange de ces couches une densite peut-elrc uniforme. Enfin, et c'etuit pour- tant le point capital, on ne s'ctait pas assure par le calcul de I'ef- fet probable de ces differences supposees. Admettons, par exem- p!e,quplacouche superficielledn globe, aux environs de I'lle-de- France, ait la densite moyenne 2,65 (qu'elle est bien eioignee d'atteindre, a cause du voisinage de la mer), et qu'une calotte de basahe y soil placee en dessous de la surface; raccroissement de densite pour cette calotte sera de 2,9 — 2,65 ou 0,25; et Ton trouvera, si Ton veut mettre d'accord la theorie et I'observation du pendule de M. de Freycinet, qu'il faut que la calotte ait pour flcche i44i5 metres ou 3,2 lieues, et par consequent pour base un cercledeigi lieues de diametreou 28622 lieues carrees de su- perficie. II est impossible de supposer une semblable etendue it nn produit volcanique. La C/iaussre des Gcans, en Irlande, fiiit parlie d'un terrain basaltique dont I'epaisseur moyenne est do i65 metres, el la surface de 100 lieues carrees, et c'est un des plus grands que Ton connaisse. Si, au lieu d'une calotte, on pla- cait une sphere de basalte au dessous ue la surface de I'lle-de- France, il faudrail que le diamelre de cette sphere atteignit9,5 lieues; mais A une prafondeur bien moindre, on trouverait deja partout la inatii-re du basalte, car les volcans .d'oii elle sort n'ont certainement pas celtc profondeur. Une couche de 5oo me- tres d'une densite moilie de celle du globe, et qui en rccouvrirait toute la surface, ne ferait varier que de o,°'°'ii7» la longueur du pendule ; et cette longueur est erronee de plus que cette quanlite a Mowi, a Guam, a la Trinile, a Maranham, a I'llc-de-France et au cap de Bonnc-Esperance. Les irregulariles dans la marche du pendule ne pcuvent done pas etre attribuoes a des attractions pu- rement locales. EUes sonl Irs effets d'une cause beaucoup plus generalp, romme on le verra bientot. Siipposons que !o noyau solidc de Ki terre LW (fig. 3) soil spheri.- ( 36. ) que cl I'ormc de couches conccnlriqiieshomogeiies; rccouvrons-lo d'une couc'he d'eaii PA'B', qui sera parlout d'une cgale epais- seur. Mors le rayoii total du globe sera CA'=rCB'=ri. Dans cet etat, elevens du sein des eaux vers M un monticule qui arrive au-dessus du niveau de la mer PA'B'; el, sans consiJercr ici I'e- levation regulierc de ce niveau, necessilee par le deplacenient du liquide, recherchons quel sera le changenient qu'il subira par le fait seul de Fattraction du monticule. La surface actueile de la mer se trouvera elevee, dans le voisinage de ce monticule, en QAG, par exempie; et la condition de son equilibre exigera que In pesuitanle des actions de la terre et du monticule y soit uor- male en cliaque point. Considerons d'abord Taction du point B du monticule, sur le point A de la surface actueile de la mer. Soit h I'ebWatioa tres- pelile AA' du niveau en ce premier point, due a Taction du se- cond point sur tout le liquide environnant. Appelons k la hau- teur BB' du point B au-dessus du niveau primitif de la mer. En designanl par m'la masse du point A ; par ?h, la masse du point B; par M, celle du globe; enfin par g, Tattraction de deux unites de ma?se a Tunite de distance : Tattraction Q de B sur A, dans la di- reclion AB, aura pour expression (I\ + /,)^-_j- (R4./,)-_2( ll-f /() (il-|-/)c0S cf/ en designant par a. Tangh; au centre de la terre ACB. En negli- gcant le produit mutuel et Ics puissances des tres-pelites quan- liU'S // el /;, il restera simplement 2R(B4-/i-}-A:) (i — cosa) ' ensuile, Tallraclion P de la terre sur le point A. sera Um'g ( 562 ) La resullante des forces AE r= Q, AD =: P, sera diiigec sulvant la diagonale AF du parallelogramtne ADFE; et cctte diagonale, normale a la surface de la mer en A, coinme A'C ctail la noiinale A la surface primilive en A', fera avec celle-ci un angle CAF = /3, donnu par la formula tang /3 = :^= ■ ^ P 2M. R-j-Zi-j-A: I— cos cc Cola pose, menons AG perpendiculairc a AC, et AH perpendi- culaire a AF. La premiere de ccs lignes sera langente a la surface acluelle de la mer, et I'autre sera paralleic a la surface primitive; la ligne GH mence perpendiculairemiml a AG, tres-prcs du point A, designera done la quantite infiniment petite cZ/;, dont le niveau s'elcve, quand on diminue Tangle ACB d'une quantilc; infiniment petite f/ct; en sorle qu'on aura cUi = — AG X tang /3 = — ( R + /;) t/ a., tang /i , on, en substituant pour tang 3 sa valeur, simplifiant et separanl les variables li et at, R I R-f3/i ] 2M'i— cosa' equation dont I'integrale generale est 1 C 7 "i J 4- cos a. , ,, — )(|R + A)log(R + 3/0 +/<>= -T,. -^ \-^- Z li\ I y ov I J I ^ 2JI Since Pour determiner la constante C, il faudrait connaitre la valeur de h relative a une valeur particulicre de e/,; mais tout ce que Ton sail, c'est que h sera Ires-petit quand a, sera tres-grand. Admet- lons qu'on ait li = o pour a = ^tt ou un quart de circonference. On am-a ainsi la valeur de C; on la subslituera dans I'equation piecedente; on s'cn tiendra an premier terme du developpemcnt ( 363 ) du logarilhme que rcnferme le premier membre, on rosoudra par rapport a A, el Ton obticndra , Hi R' ( ' "1" COS* ~ 2 M ( R + A) \^ sill a. Nominons p la dcnsile du point m considere coinmc un element du monlicuie, dont I'expression sera m rz: p. ( R + A) rf St. ( R + A) sin ct rf 9. rf it , en prcnant les coordonnees polaires, considerant CA comme I'axe fixe, et nommant 9 Tangle que le plan ACB fait avec un au- tre plan fixe passant par AC. Les trois derniers facteurs de la va- leur de m, separes par des points, sont en effet les trois dimen- sions de cet element. On appellera ensuite H raccroisseinent total du niveau en A, dQ S I'attraction de tout le monlicuie; en sorte que h n'est a son tour que I'element de H. On aura done pir(R + /,) . ^ , n // " " — (i -I- cosa — sm a.) dcLclid I:, 2ai et -mf^ ( R + A) (i -|- cos a — sin ai)d'j.dBd k. les trois integrales devant elre prises par rapport aux variables a, & et A', et definies par les limitcs du monlicuie. II est a remarquer ici que la densile de la partie du monlicuie, plongee dans la mer, doit Plre diminuee d'urie unite en chaquc point, si I'on prend pour unite celle de I'eau ; car il faul conside- rer que ce n'est qu'en vertu de Texces de la densile de la ma- tiere solide sur celle du liquide deplace, qu'agiront les points ei^ question. L'intcgrale se parlagera done en deux parties, I'une relative aux points qui s'elevent au-dessus du niveau primilif A'B' de la mer, et I'autre correspondante aux points situes au-dessou3 ynsqu'a la surface LM. Supposons, comuac cxemple de calcul. quo !e point A soil ( 364 ) situc ail centre d'line ile clrculairc, homogene, ct d'uiic hauteur uiiiforine. On aura H= (a + sin tt + cos «i — «) M en designant par p et k la densite ct la hauteur du terrain hors de I'eau, parp' I'exces de la densite du terrain plonge dans I'eaii sur la densite de cette eau, et par k' la profondeur de la nier. Posons R = 6365857 metres, rayon moyen de la terre; D := 4)83, densite moyenne de la terre ; p = 2,4 1 5, densite du terrain hors du liquide; p'rz i,4«5, density du terrain moins celle de i'eau; K=: !00 metres, hauteur du terrain hors de I'eau; R'= 100 metres, profondeur de la mer; ct = 5° , rayon de Tile circulaire : on trouvcra H =: io,i47 metres pour I'elevation du niveau ac- tuel sur le niveau primitif, au centre meme de Pile. En conservant les niemes donnees (juc dans I'exeinple prece- dent, a I'exceplion de k et de k' que Ton prendra egal i 5oo metres chacun, on trouvera 11 r= 9^,27 metres pour relevalion du niveau actuel surle niveau primitif, loujours au centre de I'ile. Maintenant pour determiner I'accroissement do hauteur du niveau de la mer, en lous les points d'une ile circulaire, homo- gene et d'une epaisseur constanle, la formule differentielle diumee ci-dessus pourra s'integrer si Ton se hm-ne a une ile circulaire d'un rayon angulaire a tres-petit par rapport k la circonference enliere 2 tt. .Nommons b la distance angulaire du point A que Ton considere , au centre de cette ile, avcc la condition que b soit moindre que a, pour exprimer que ce point tombe sur la surface de I'ile en question. L'origiue des coordonnees etant toujours au point A, la distance angulaire oc de ce dernier a la circonference de I'ile, sera donnee par la formule tiigouomelrique LOS /' cos 6i + cos tin A siu c/. =r cos a ; ( jG5 ) mais, ;\ cause q'le a, b et a sont de Iros-pelites portions de la cir- conCeroncc entiere, on pom ra se borner au carre de ccs arcs dans le devcloppeinent de leurs sinus el cosinus. Alors il viendra, loutc reduction faile, 6t* — 2 Z» cos 9. ot =: a* — b'^ d'ou cL-= b cos 9 + V a^ — /»' sin^ 0. La rormulc difTerenlielle qui donne H, pourra d'abord s'integrer par rapporl a cl di'puis a = o, jusqu'i sa valeur piecodenle, dans laquelle le radical doit etre pris positiveinent. II vicnt apres avoir rempiace le sinus et le cosinus de a. par les premiers ttrmes de leur developpement. On substituera ensuite la valeur precedente de a, en fonction de Tangle 9; et I'integrale, par rap- port a cette derniere variable, etant effectuee entre les limites o et 2 7r, on integrera, comme precedemment, par rapport a la Iroisiemc variable k, et Ton trouvera finalement H = iI^'|(RH- ■ A) pA +( R_ ^A')p'/c'| X Ensuite pour etendre cette formule au cas oii le point A que Ton considere, est situe en dehors de Tile, il faut integrer la for- naule differenlielle, par rapport a a depuis A =z b cos 9 — V^ "^ — ^^ s\n^ 9 jusqu'a a.=.b cos % -\- \/ a' ■ — /»" sin^y , ( 366 ) ce qui donncra H=-^/7p(R + k) (4 — 2 i cos 8) \/fl^— 6' sin* 9 . dUk. L'inlegration par rapport a A se Tail toujours ile memc ; quant i celle qui est relative a 9, on ne I'effectue que par des series qui sonl peu convcrgentes, et que, pour ce motif, je nc dontierai point ici. On a plutut effectue les calculs en construisant rintegralc par portions tres-pelites, de a en a degres, par example, et prenant la moyenne de deux resultals qui compronneut la valeur reelle do H. Comme ces calculs sont laborieux, el que cependant il est bon de pouvoir se rcpresenler raccroissement de la hauteur de la mtr, soil en dedans, soil en dehors de I'ile, j'ai calcule ces ac- croissemens U de degre en digre, pour une ile circulairc, homo- gene, elevee de 5oo metres au-dessus du niveau primitif de la mer, et enfoncee d'autant au-dessous de ce niveau, en prenant d'ailleurs les memes valeurs que plus haul pour U, D, p, p' , ct supposant que le rayon de I'ile soil de lo degres. L'erreur, qui, dans ce cas, provient de la substitution des premiers termes des developpemens des sinus et des cosinus, a ces quanliles clles-memes , ne s'eleve qu'a un metre sur 200 me- tres, erreur trfes-peu importante pour robjet que nous avons en vue, puisqu'elle se fera senlir sur tons les resultafs d'une maniere sensiblement proportionnelle. Quand les accroissemens de hauteur du niveau do la mer sont connus, on prerid leurs diiTerences suc- cessives, puis les moyennes de ces differences de deux en deux. Alors divisant ces moyennes par la longueur absolue du degre lerreslre, on obtient les deviations correspondantes du fil-a-plomb. Par exeinple, les elevations du niveau de la mer a 10, a 1 1 eti 12 degres du centre de File, etant respectivement de 67,2, de 58,7 et de 5o,7 metres, Ics differences succcssives entre ces Irois der- niers nombres, sont 8,5 et 8,0 metres; ct leur moyenne 8,25, divisee par la longueur moyenne iiiiig metres du degres du meridien, donne i5,5 secondes pour la deviation du fil-a-plomb, a la distance de 11 degres du centre de I'ile. Voici ces resultats : ( 36; ) lie de lo' de rayon, arant 5oo mdh'es de hauteur au-dessus dit niveau primitif, et 5oo metres de base dans la mer. Distances au Klevation Wviation Distnnrrs au Elevalion Derialion centre dcliU-. Je la mer. du lil a plomb. centre dc llle. de la mer. du lil a plomb. metres. metres. o' • • • 90'5- • . o"o 16°. . 29,1. . 5"4 T . . 99,0. . 1,0 17. . 26,6. • • 3,9 2. . , 98,3. . . 3,0 18. . 24,9- . . 5,1 5. • • 96,9- • . 3,0 19. . 23,3. . 2,5 4 . . 95,0. . • 4,< 20. . 22,2. . 2,3 5. . . 92,5. . . 5,2 22. . 20,0. • 1,9 . . 1,8 6. . . 89,3. . 6,6 24. . • ^7,9- / " . . 85,3. . 8,3 26. . . 16,1. . . 1,5 8. . . 80,4. . lO, I 28. . i4,7- . . 1,3 9- . . 74,4- • 12,3 3o. . . l3,2. . . 1,1 10. . . (i7,2. . •4,6 32. . 12,0. . • 1,0 11. . . 58,7. • . i5,5 34. . ii,o. • 0,9 12. . . 50,7. . 14,6 36. . 10,2. . 0,8 i3. . . 43,0. . 12,6 58. . . 9.4. . • 0,7 i4- . . or, I. . 9»8 40. . 8,7. i5. . . 32,4. . 7,4 45. . . 7,2. On voit, par cet exempio, que le iiiveou de la mer s'eleFC i peu pros uniforraeinent jusqu'a une certaine distance des bords de Tile; que, yen le rivage, soit en dehors, soil en dedans, le ni- veau s'eleve avec rapidite ; ct qn'enfin il vienl atteindre peu a peu son maximum d'elevalion au centre de la terre ferme. La figure 4 de la plantlie 9 monlre ce niveau acluel BDEF eleve au-dessus du niveau prirailiC ACG ; AC est le rayon de Tile circulaire. Le point E, siluo vers 11", c'esl-u-diro ii nn degre du rivage, est un point d'inflexion, auqiiel la deviation LE.U du fil a plomb atteint sa plus grande valeur. Cctte deviation est dc i5".3; tellemenl que, si Ton mesurait dircclement Tare terrestre AL, on feraitune erreiir de 472 metres en nioins, ou de 45 metres sur chaque degre. Dans tous Ics calculs prectidens, on n'a point tenii compte de Tallraction mutuelle des particules d'cau soulevees par Taction des lies voisincs, d'abordparce qu'il serait tros-didicile d'y avoir ( 368 ) en-ard, ct en second lieu parce que ccttc allraction est tres-faible comparaliveinent a la seconde. En effel, le liquide souleve, com- prisdansrespaccGCDF, nepcnetre pas dansl'inlerieur de la terre- fi;rme, et dcs-Iors sa masse est tres-petite en comparaison do la masse de cetle derniere. Si Ton supposait maintenant qu'au lieu d'elevcr une Ue du sein dela mer, on retranchat une portion du terrain qu'elie recouvre, ou en d'autres termes, que Ton donnat, sur un certain espacc, une profondeur plus considerable a I'Ocean , on trouverait que son niveau devrait baisser d'une quanlilc qu'on-defeiminerait dc la maniere suivantc. L'excavation du fond de la mer serait consi- deree coninie occupce par une matiere repulsive d'une densitc egale i la difference qui existerait entre la densite du terrain eulevee, et celle de I'eau qui aurait pris sa place; on integrerait la formule differentielie qui donne H, par rapport i ct et a 9, comme precedemment, et par rapport a fc, depuis la profon- deur primitive de la mer jusqii'au fond de l'excavation, celte derniere variable etant consideree comme negative. Du reste la marche des calculs serait toujours la meme, et Ton arriverait a des rcsultals analogues a ceux qu'on vient d'obtenir. Ces resuUats montrent evidemmenl que les irregulariles du pendule sont dues, en tres-grandc partie, a raction des conlinens sur le niveau des mcrs. En vertu de cette action, le fil-'i-ploinb est devie, et la surf;ice de I'eau qui lui est perpendiculaire s'incline ets'oleve conlre lesrivages ; amenee, au moyen de canauxetroifs, jusque dans I'inlerieur des terrcs, elle s'y eleverait graduellement ct subirait aulant d'inflexions dans le sens de la verticale, qu'il se presentcrait d'accidens a la surface el dans les couches de la terre. La surface de I'Ocean n'est done pas reguliere ; sa forme, elliptique en grand, est ondulee dans les details. Pour la caracte- riser cnmpletemenl, il f.iudrait par la pensee transporter dans les caviles du bassin general de I'Ocean le terrain des continens et desiles ; aplanirla croCite solide et cxierieure du globe absolument de la meme maniere que si celte croftte, venant a se liqueQer, s'arrangeait d'elle-meme en une surface de niveau; puis recou- vrir celle-ci de toute la masse des eaux, sur laquelle presserait uniformement la masse de I'air atmospherique. Par cet arrange- ment, des parties de malicros plus denses deviendrjient plus rap- ( 369 ) prochees du centre dc la terre, tandis que des parties moins denscs s'en trouveraient plus eloiguees, et il en resulterait un petit accroissement dans la yitesse de rotation du globe, accrois- sement doot il faudrait tenir compte dans la distribution des couches dc niveau, solides, liquides et gazeuses. Alors on obtien- drait ce qu'on pourrait nommer I'etat tiioyendu globe; et il existe- rait une surface moyenne du noyau solide, une surface moyenne de la mer, et une surface moyenne atmospherique. Ces trois surfaces seraient dans une dependance mutuelle, et les alterations de I'une changeraient plus ou moins la configuration des deuxautres. Si, par exemple, on troublait cet etat nioyen d'^quilibre ea creusant queique part le bassin des mers , et sur d'autres points elevnnt des iles et des continens , on alterer.iit d'abord la vitesse de rotation du globe, puis on parsemerait sa surface d'irregula- rites dont il faudrait calculer Teffet de la maniere suivante. On supposerait encore le globe dans son etat moyen ; mais a Taction de toute sa mass^, dans cet etat suppose, on ajouterait les attrac- tions et les repulsions qui naissent des changemens qu'il aurait subis; c'est-a-dire que Ton considererait corame allractives les portions de maliere qui auraient prls la place d'autres matieres moins denses , et comnie repulsives les portions de celle-ci qui auraient ele substituees a celles-Ia ; et dans les deux oas la densite d'une maliere serait consideree comme egale a la diflerence qui existe entre sa densite effective et celle de la maliere qu'elle au- rait deplacec. Ainsi de la terre subsliluee a de Teau devrait etre consideree comme une maliere attractive dont la densite serait sa propre densite diminuee de celle de Teau; et reciproquement le iiquide mis a la place du solide serait comme une matiere repul- sive, ayant pour densite cette meme difference enlre les densites de Tun et de Tautre. Pareilles considerations quand il s'agiraild'o- perer ces deplacemens entre la terre et Teau d'une part, et, d'au- tre part, Tair atmospherique. Le probleme de la figure de la terre ne sera done completement resolu que lorsqii'on aura eu egard aux irregulariles do cette pia- nete. D'abord ce probleme consistait a determiner la figure qu'a- vait do prendre une masse homogene, Iiquide et animee d'un mouvement de rotation. C'cst ainsi que Newton Tavait pose, et e'est dans ce sens que Mac-Laurin Tavait resolu. La mesure eflfec- a4 ( '>:<• ) live des degres (In meridien, la formule de Clairaut ctablie pour les observations du pendule, et la theorie de Laplace basee siir Ics perturbations des mouveracus lunaires, sont les inoyens par les- quels on a pu ensuite determiner raplalissenient du globe, com- pose de couches de densites quelconques et liquidcs a Icnr ori- ^ine. Mais la question s'est bientot compiiquee ; des irregularites ont apparu , qui ne pouvaient plus etre altribuees aux erreurs inevitables de I'observation. On a multiplie la mesure des arcs du meridien; on a entrepris celle de leurs perpendiculaires ; le pendule a secondes a ele observe sous presque toules les latilu- iles et lous les meridiens ; on poursuit avec zk\c. le coiirs de cos recberches laborieuses : partout I'uniformite et la regularite font place a de notables ecarts; les meridiens no sont plus des ellipses ])arfaites, les paralleles n'ont plus une figure exactemenl circu- laire, mais ces lignes presentcnt des sinuosites, soil dans la direc- tion verticale, soil dans le sens horizontal; le calcul des latitudes et des longitudes ne s'accorde souvent point avec les positions geographiques direclemenl observees; les nivellcmenij des con- tinens donnent des resultats variables quand on determine la hauteur d'un meme lieu relativement a divers points du niveau des mers; relles-ci baissent sur certains rivagcs, tandis qu'elles s'elevent ailleurs; et ces changemens, aujourd'hui presque im- perceptibles, ont ete beaucoup plus rapides a I'epoque de la con- solidation du globe, puisqu'ils en ont complelement luodifie la surface. Pour bien concevoir la nature et la marche des revolutions du globe, il faut s'aider du concours de toules les sciences, au- cune n'etant superfine lorsqu'il s'agit de resoudre une question aussi vaste dans son ensemble que compiiquee dans ses details. Le naturalistc arecueilli des debris fossiles d'etres organises dans les couches de la lerre les plus superficielles, et il a ainsi prouve que ces dernieres ont ete lour a tour a decouvert, ou qu'elles se sont deposees snccessivement les unes sur les aulres. Le gcologue a recherche si ces depots ne s'elaient point operes suivanl quel- qu'ordre invariable, el il a reconnu que certaines couches s'etaient habituellement deposees avant d'autres couches, mais que les inversions, rares dans les terrains les plus profonds, etaient de plus en phis frequentes a mesure que Ton se rapprochait de la (37' ) surface du globe. Le chimiste a fait I'analyse des matieres qui cntrenl dans la composilion de ces couches et dans les mincraux accidentels dont elles sont parseinees ; alors par de lelles ana- lyses, et par la production artiOcielle de quclques-unes de ces malieres, il a pu prononcer avec une grande probalite sur les circonslances de ia formation des terrains qui ne renfcrment ni plantes ni vegetaux fossiles. Le physicien a determine la densile moyenne du globe et raccroissement de temperature que Ton observe a mesure qu'on penelre plus profondemenl an des- sous de sa surface. La connaissance des dimensions de la terre, est le fruit des travaux des astronomes, qui ont constate le fait general de raplatissemer.t de toute planete animee d'nn mou- vemenl de rotation sur elle-meme ; mais il etait dans les attri- butions du geoinetre de s'occuper des grandes questions de me- canique que presente le problenie de la figure du globe, de la disposition de ses couches inaccessibles a nos recherches, de ses mouvemens de rotation sur iui-meme et de translation autour du soleil, enfin de ses rapports avec tout le syteme planetaire. Herschel, par I'observalion des nebuleuses, est arrive a ce re- sultat extraordinairement etonnant, que des mondes se forment encore aujourd'hui )- • . 11,3 Ibid i4o. . i4j^- • • i''5 Huelgoet (Bretagne). . . . 60. 12,2. . . 11 Ibid 80. . i5 . . . 11 Ibid 120. i5 . . . 11 Ibid 23o. . 19,7. . . II Dolcoath (Cornouailles). . . 4^9- • 27,8. . . 10 Guanaxualo (Mexique). . . .'')22. . 5(5,8. . . 16 ( -^-c ) Temperature de I'eau des puisards dam les mines houlh-Huel Towan (CornouaiHes) 82 3 Huel-Unily-Wood (//;«V.) . ,^/// Poldice (/..■..). ..... :,£X f'^- ' ■■ .63,5. r.wennap {Ibid.) ...... 3^4 5 Ibid. ^^I'J- East-Liscomb (Devonshire). . i5o' * Beeralsfon {Ibid.) .... '2106 Hucl-Friendship (////c/.) . . . .3,,,' Bex (Suisse) * ' ' PoulJaouen (Bretagne). . . . ! ,43 ' Ibid. ... ' I: ' 100 . Temperature de I'eaades grandes inondati North-Huel-Virgin (Cornouailles). 7, 4 Nangiles {Ibid.) ...... ,6, " Gwennap {Ibid.) • . . . ! ,83 Tingfang (/^/,i.) ...[]' q ^-^^-^Ifiibici.) . . . . : j,,^: Tmcrok {Ibtd.) 23^ g United-Mines {Ibid.) 3 ',' Junghohe-Birke (Saxe). . ' 'r,}t,' HI .. ,„ ^ / . • . 010,2,, uelgoet (Bretagne) 338 Temperature du roc dans les mines Beschert-Gliick fSaxe). Ibid. . . J • ' ' i»o , 260 . i68,2. 268,2. 379,54 348 . T^ , . , - 366 . Dolcoath [Ibid) /^j Carmaux (France). . . ' ,s. " Ibid. . ' • . . . i8,,9. , . , , 1Q2 . ^"^7 (^^'^•) 99 . ^;.f^(^^'^) ,07 . »7> . Alle-Hoffnung-Gottes {Ibid. ) //(faf Ibid. ....,' Ibid. ...... \ Uniled-Mines (Cornouailles) lOid. ... . i5,6. . 10 • J7.8. . 10 . 25,6. 10 26,7. • 10 • 24,4. 10 • 26,7. 10 • '7,8. 10 19,2. . 10 . 18 . 10 174. • 9 14,2. 1 1,5 1 3, 5. . 11,5 s dans les mines. i5,6. . 10 14,4. . 10 i5,6. . 10 i7»5. 10 1 5,6. . 10 17,2. . 10 26,7, 10 17,2. . 8 18,8. 1 1 1 1,25. . 8 i5 . . 8 8,75. 8 12,81. 8 i5 . . 8 18,75. 8 3o,8 . . 10 3i,i . . 10 24,2 . . 10 17,1 . . i5 19,5 . . i3 16,27. • 1 1 17.78. . 11,6 22,1 . . 11,6 ( 377 ) On voit par ces resullats que I'accroissement de temperature est d'un degre centigr-;idc pour 5o metres environ de profondeur. En parlantde ce resullat, M. Fourier a demonlre qu'il existc ne- cessairement une source de cbaleur placee au-dessous des points da globe oii Ton a pu penetrer ; mais celte chaleur se fait i\ peine sentir a la surface, dont la temperature ne depend plus aujour- d'hni que de Taction solaire. En effet, ce geomeire a trouve que, pour un globe de fer de memes dimensions que la lerre, I'aug- mentalion d'un degre par 5o metres donnerait seulement un quart de degre pour raccroissement de temperature ii la surface; et la terre etant bien moins conductrico que ce metal, le resultal sera encore moindre, et , dans tons les cas, indepenJant de I'etat de la source calorifique. L'accroisj^ement d'un degre par 3o metres a ele jadis beaucoup plus considerable; il varie maintenant avec une lenteur extreme, et il s'ecoulera plus de trente mille annees avaiit qu'il soit reduit a la moitie de sa va- leur actuelle. Quant a I'exces de temperature de la surface, il va- rie suivant la meme loi; la diminution seculaire est egale ;\ la va- leur actuelle diviseQ par le double du nombre de siecles qui se sonl ecoules depuis I'origine du refroidissement ; mais la tempe- rature des couches interieures, laquelle pourrait encore depasser beaucoup celle des matieres incandescenles , suliira de grands changemcns dans le cours des siecles. Quant a la surface de la terre, sa temperature ne pent plus varier que par des causes ex- terieures, la chaleur interieure ne I'affectant plus sensiblement. Neanmoius, cette chaleur, que la terre envoie aux espaces ce- lestes, est mesurable; celle qui traverse durant un sit'cle la surface terrestre pourrait y fondre une couche de glace d'environ trois metres d'epaisseur. Pour donner une idee precise de la lenteur de cette deperdition de chaleur, M. Fourier suppose que Ton ait place dans un milieu d'une temperature fixe celle de la glace fondanle par exemple, deux spheres solides, dont I'une aurait un metre de rayon, et I'autre un myon egal a celui de la terre : on trouverait alors que I'effet produit sur la sphere terrestre par un re- froidissement qui dureriiit mille annees, equivaut precisement a Teffet produit sur la sphere d'un metre de rayon, par Taction de la meme cause qui ne dureraii que la douze cent quatre-ving- tieme partie d'une seconde. On voit par ce resultat, continue ( 578 ) M. Fourier, que si la terre a possede , comnie I'indiquent les theories dyiiamiques et differentes observations thermometriques, una chaleur primitive qui so dissipe progressivement dans l«s es- paces planetaires, la deperdition de cetle chaleur d'origine s'o- pere avec unc lenteur immense. La duree de ces grands pheno- menes repond aux dimensions de I'univers; elle est mesnree par dcs nombres du meme ordre que ceux qui expriment les distances des etoiles fixes. Tels sonl les resullats principaux obtenus par !VI. Fourier sur les mouvemens de la chaleur dans I'interienr du globe. Bientof, sans doule, les geometres essaieront de resoudre le probleme du relVoidissement d'une planetc composee d'elemens determines, originairenient fluide, aniniee d'un inouvement de lotution sur elle-meme et de translation autour d'un astre qui I't'-chauffe. lis prendront, comnie premier exemple de calcul, celui d'une pla- nfete homogene, pour passer ensuite au cas de deux mati^res ele- mentaires, et finalement a C( lui d'un nombre qnelconque de ces malieres, solides, liquide;--, ou gazeuses aux basses temperatures. Telle sera probableiiient la marclie de leins investigations; el il est permis de croire qu'un jour ils parviendronl a resoudre les principales questions de geologic, sans enfreindre aucun principe de niecanique, et en tenant compte de toutes les proprieles physi- ques et chimiques de la raatiere. On se representera done la masse planetaire liquefiee par le feu, disposee par couches de niveau de densites decroissantes du cen- tre a la surface, et aplatie suivant sou axe de rotation. Les cou- ches aeriformes reposeront surune mer incandescente, regulier*^- ment elliplique. Mais par le refroidissement de la masse, la couche exterieure se solidifiera , les vapeurs atmospheriques se conden- seront, le bassin des mers se formera par les affaissemens du sol, les lies et les continens sorliront du sein des eaux; celles-ci de- poseront et les matieres qu'ellcs avaient dissonles, el les debris des roches corrodees par une atmosphere orageuse. Pen a pen I'ordre et la slabilite succederont aux agitations des elemens, la vie apparaitra sur le globe, une abondanle vegetation, aclivee par la chaleur propre du sol, epuisera I'atmosphere, et par suite I'O- cean de leur acide carbonique, et hStera de cette manierc la pre- cipitation des terrains cakalres. Les debris des etres organises, ( 379 ) cnfouis dans ces terrains, prouveronl, jusqu'^ revidence, que ces (ierniers ?e sont successivement deposes, que les eaux de la mer ont plusieurs fois change de nature, et qu'elles ont subi un rotrait considerable, soil pnr I'affaissement de leurs bassins, soil par une infiltration lente et generale. Ces fails, que les nombreuses observations des geologues et des nalnraiistes ont constates, sont trop importans pour qu'on puisse les passer sous silence dans la question de la figure de la lerre. La grande precision qu'on apporte i la mesure des meri- diens et aux experiences du pendule, serait maintenant sans ob- jet, si les yconietres ne prenaient le parti d'aborder franchement toutes les questions geologiques. Celles-ci ne peuvent plus etre traitees a la legere, et par des homnies qui n'onl point lait une etude speciale des sciences exactes; niais, a leur tour, les geome- tres essaieront vainement d'achever la solution des problemes dont ils n'ont cesse de s'occuper depuis plus d'un siecle, s'ils ne prennent connaissance de toutes les conditions auxquelles leurs formules dijvront satisfaire; c'est-a-dire que, dans une question aussi compliquee que celle de la forme et de la constitution inle- rieure du globe, il faut s'entourer de toutes les lumieres possi- bles, s'appuyer, d'une part, sur des faits nombreux et bien ob- serves, et d'autre part admellre les consequences que Ton en pent deduire, non d'une uianiere vague et arbilraire, niais par I'em- ploi du calcul. Or, voici quelques-uns des points qu'il serait im- portant d'examiner. Si Ton considere d'abord le cas d'une sphere homogene, en re- pos, et liquefiee par une haute temperature qui s'abaisse gra- duellement et uniformement en chaque point . il arrivera qu'a- pres le refroidissement, la masse sera encore spherique, homo- gene, et sans rupture; mais son volume se trouvera diminue, et par consequent sa densite accrue d'une quanlite notable. Mais si la sphere que Ton considere ^tail placee dans une en- ceiute indefinie, entrelenue a une temperature constante, son re- froidissement s'opererait de la surface au centre par couches con- centriques, en suivant une marche qui dependrait de la conduc- tibilite de sa matifere pour la chaleur, et de la grandeur de son rayon. La premiere conche, ou la plus superficielle, se refroidi- rail plus vile que la seconde, celle-ci avant la troisieme, et ainsi ( 58o ) de suite ; cle telle sorte que ces diverges couches, qui, prises isole- ment, fe seraient contractees comnie flans lo cas precedent, se- raienl maiiitenant forcees de se detacher les unes des aulres sans se briser, ou de tornber en fragiuens par ie relrait de la matiere qui les compose. Supposons, en troisieme lien, que la sphere soit heterogene, c'est-a-dire que ses diverses couches se dihitent par la chaleur et se contraclenl par le froid d'une nianiere inegale ; quelle que soit la marche du relroidissemcnt d'une pareille sphere, il est chur qu'elle ne pourra atteindre son etat final, sans eprouver de dechi- remens interieurs, par I'effet de la conlraclion irregulicre de ses diverses couches. Soit enlin Ie cas ie plus general d'une masse heterogene, ani- mee d'un inouvenient de rotation sur elle-meme, primitivement liquefiee par la chaleur, puis abandonnee au refroidisseinent dans un espace illimite : c'est le cas des planetes, et de la terre en particulier. Ainsi que Clairaiit I'a demonfre, I'equilibre d'une pa- reille masse cxigc que les diverses couches de niveau dont elle se compose soient rangees par ordre de densile croissante du cen- tre 4 la surface, et que leur forme soit elliptique et aplatie dans le sens de I'axe commun de rolalion. Si la force centrifuge est tres-petite relativement a la pesanteur, on pourra ignorer cooi- plelement I'elal reel des couches interieures du globe, et nean- moins determiner la loi de la pesanteur i toute latitude, pais la valeur reelle de I'aplalissement. Mais par le refroidissement et Ie retrait des couches superfi- cielles du globe, leur vitesse de rotation a dO s'accelerer. el cetle acceleration s'elant parlagee enire toute la masse, I'equilibre de celle-ci n'a pu etre conserve que par un nouvel arratigement de celles de ses couches qui etaienl demeurees a I'etat liquide. Toute- fois, en vertu de leur solidification, les couches exlerieures ont a tres-peu pres conserve leur forme primitive, et ont reagi sur les premieres; tellement que la disposition acluelle de toules les cou- ches du globe, tant solides que liqitides, n'est point exactement d'accord avec les lois de I'hydrostatique. D'oil il suit que les for- mules de Clairaut, abstraction faite des quantites negligees, ces- sent d'etre applicables en toute rigueur A une masse planetaire qui se refroidit, et qu'elles deviendrout de plus en plus defec- ( 58i ) liieuscs jnsqu'a I'entiere consolidation citi globe el Ic refroidisse- ineiil complet de ses diverses couches. Ceci est de la plus haute imporlunce pour la iheorie de la lerre en general ; car la correc- tion qu'il faudra apporter aux formules etablies pour le cas d'une masse liquefiee, afin de les eteudre a celte masse plus ou moins refroidie, sera fonction du temps ecouie depuis I'origine de ce re- froidissement , et des progres qu'il a fails dans I'interieur de la masse. Par cette acceleration excessivement lente du mouvement de rotation de la terre, le niveau de I'Ocean doit s'elever peu h pen eiitre Ics tropiques, baisser vers les poles, et resler ii peu pres constant dans les zones intermediaires. II serait done possible que In parlie septenlrionale de I'Europe e! de I'Asie parCit s'elever insensiblement , et que les nonibreuses iles de la mer du sud ne fussent que les soininets d'une portion du continent asiatique, qui aurait ete partiellement recouverte par les eaux de I'Ocean. Mais il faiit avouer que cet accroissement de la vilesse de rota- lion du globe a ete comme nul depuis les temps historiques; car la duree du jour sideral ne semble pas avoir change, d'apres les plus anciennes observations astronomiques que Ton possede. (jetle acceleration n'a dO elre sensible qu'i i'epoque de la con- densation de toutes les vapeurs atmospheriques , de I'affaisse- ment du bassin des mers, et du depot des terr;iins formes par Taction des eaux. Le retrait des conches du globe doit aiijour- d'hui s'operer avec une Icnteur extreme, comme I'indiquent les rechercbes de Jl. Fourier, sur les mouvemens de la clialeur cen- trale. Ces. retraits sont toiijours annouces par les affin'ssemens du sol, que Ton designe sous le ncm de tremblemens de terre. Dans les premiers ages du monde, de pareils bouleversemens ont dfl se succeder presque sans interruption ; leur frequence, aux temps actuels, dcmontre que la couchesolide du globe n'a point encore acquis une grimde epais?eur; les eruptions volcaniques prouvent meme que nous sommes tres-rapproches de la matiere incon- descente et liquide, sur laquelle reposent lescontinens et le fond des mers. 8i la temperature interieure du globe s'elevail unifor- meinent d'un degre pour trente metres de profondeur, on arrive- rait aux maliere< en fusion a une profondeur de 3o lieues; mais commeTaccroissement de temperature doit marcher de plus en ( 582 ) plus \itc a mesure qu'on ?e rapproche plus clu foyer ceiilral, il est probable que la couche solide du globe n'a pas plus de lo a 12 lienes d'epaisseur. Cette consequence recoil une nouvelle confirmation de U dis- ■ cussiondes experiences du pendule. On a represente [pi. 9, pg. 1) les positions des liens oii ces experiences ont ete failes, ainsi que les nouvelles stations choisies par le capitaine Foster. On voit, par la distribution de tons ces points, qu'on ne peul plusValten- dre k des irregulariles d'un ordre superieur a celies qui ont ele observees jusqu'ici, tant qu'on fera les expt^riences en question dans les iles et sur les c6tes de la lerre-ferme. 11 faudrait, pour rencontrer de fortes anomalies, faire les observations du pendule, dans I'interieur de continens tres-eleves, par exemple, sur le grand plateau de I'Asie centrale, o(\ le niveau reel de la mer arri- verait a plusieurs mille metres an-dessus de son niveau moyen. Quoi qu'il en soil, il nous parait demontre que toutes les irregu- lariles du pendule peuvent etre attribuees a des elevations etdes abaissemens du niveau de la mer, qui, jusqu'i present, n'attei- gnenl pas mille metres, et qui sont la consequence necessaire des inegalites visibles de la surface du globe. Mainlenant, si Ton se donne la peine de tracer surle papier et avec un tres-grand rayon une demi-circonference qui representera le moyen meridien ter- restre- si Ton y indique les elevations el les abaissemens de tou- tes les stations du pendule, d'apres les nombres de la derniere colonne du tableau des pages 554 et 355; el qu'on joigne enfm, par une ligne courbe, ces stations ainsi determinees de posilion> on coupera la circonference de cercle, c'esl-a-dire le meridien terrestre, un tres-grand nombre de fois, et a ton les les latitudes; on verra aussi que les ecarls sont plus grands vers I'equateur que vers les poles, mais qu'il est impossible de reconnaiire A cette courbe une marche generale, differente de celle que repre- sente la circonference decrite ici pour une ellipse tres-peu apla- tif. La protuberance que Ton remarque de /jo a Sa degres de la- titude boreale n'oifre rien de particulier; elle esl en harmonic avec loutes les autres protuberances, el ce qu'on pourrait con- clure de la premiere se conclurait egalement de toutes ces der- nieres. L'inspection seule d'inie pareilie figure fait tomber tons les raisonnemens par lesqnels M. Biol veul demontrer, dans le ( 385 ) inuinoire {irecudemmcnt analyse (pag. 34o)» que la Tormule dc Clairant ne pent representer les observations du pendule, au pole, a I'eqtiateur et a 45 degres de latitude. Les travaux de cet habile observateur sont d'une si grande importance, que, dans rinteret de la science, nous desirons vivement voir son opinion relractee, avant qu'elle n'ait pris racine dans les esprils. Si, au resle, on ne voulait adopter aucune explication des irregularites du pendule, on pourrait, au lieu de la courbe dps stations, tracer la courbe de ces irregularites elles-memes; et Ton arriverait tou- jonrsa cette consequence qu'il n'existe point de courbe continue qui, mieux que I'ellipse, puis*e presenter les resultats dcs expe- riences du pendule, et que la methode des moindies carres, non- obstanl I'assertion contraire de quelques geometres, au nombre desqnels se trouve M. Ivory, est de toutes les methodes celle qui conduit a I'ellipse la plus conforme aux donnees de Tobser- vation. Par const^cjuent, il faut admettre que la formule do Clairaut, sauf de tres-petites irregularites, dont la cause est assignable, re- prestnte I'^lat actuel du globe, conime elle s'appliquait a son etat |)riniitif de liquefaction. Si, d'un autre cote, le globe n'a pu se solidifier en tout ou en partie, sans lendre la formule du pen- dule plus ou moins defectueiise, il en resulle que le refroidis- sement n'a point encore fait beaucoup de progres, et quts la croQte solide du globe n'a qu'une tres-petite epaisseur, telle que I'indi- quent en effet la chaleur centrale, les eruptions volcaniques, les sources d'eau chaude, et les Iremblemens de terre. Nous reprcndrons a ce point la theorie de la figure de la terre, dans d'autres articles consacres aux questions fondaiuenlales de la geologic. Nous terminerons celui-ci par une application des principes que nous y avons etablis, a la determination effective de longueurs de pendules non encore observees : nous voulons parler des experiences du capltaine Foster, et voici la marcbe des calculs au moyen desquels nous avons etibli nos previsions. Nous avons pris sur la carte les latitudes des stations, excepte pour les lUaidives et la Nouvelle Schetland. Les longueurs du pendule a ces stations ont ensuite etii calculees par la formule generale dc la page 556. Cela fait, nous avons compare chacune des nouvelles stations a toutes celles des stations antiennes qui prescnlaient la nieme position geographique rclativement aiix ( 3«4 ) conlinens;*et la moyenne des inegalites dii pendiile, pour ces deriiiercs, devait etre reg.irdce comme I'iiicgalite probable pour la premiere. D'un autre cote, nous suppulions I'effet des con- tineris volsins sur le niveau de la raer a la station, et nous arri- -vions a un second resultat pour la longueur du pendule : c'est la moyenne entre celui-ci et le premier que nous avons inscrit dans la derniere colonne du tableau suivant. Enfin, ce resultat nioyen, ajoute avec son signe au pendule calcule, nous donnait le pendule reel tel qu'il doit etre observe au niveau de la mer : il est inscrit en pouces anglais dans I'avant-derniere colonne du tableau. Longueurs du pendule que le capitaine Foster dolt observer dans un voyage qui, commence en 1828, ne s'achevera qu'en i853. Stations. Owbyhec- Acapulco. lies Cap Verd (Santiago?) PointedeGalles. Cayenne. lies Maldives. lie Noiil. D. de Singapore. C. StFranpois. Para. Palla. F.de Noronha. Lima. Olahiti. I. Ste Catherine. Valparaiso. C. B. Espcrance. C. Leeuwin. Monte-Video. Valdivia. Hobarts-ToAvn. lies Auklund. D. Or. de Magellan. D. Oc.de Magellan. lie des Etats. Nile Shetland. Latitudes. 19" 58'N, 16 55 14 40 6 o5 4 56 Pendules. 39,04524 39,03067 39,05443 59,01967 39,oi358 1 53 39,03535 I 3i 39,01 735 40 39,01 i35 1 3o S. 39,01303 2 o5 39,01354 3 45 39,03085 13 o5 59,01971 17 5o 39,04137 35 39,05594 33 04 39,07188 35 55 39,07630 34 i5 39,07846 34 53 59,07956 39 49 39,09533 43 00 39, 11181 5o 5o 39,14367 52 30 59,14148 53 53 39,14389 54 55 59, i525o IriegularUes. 4- 0,00575 — 0,Oo5l5 -f 0,00473 -)- o, 00059 — 0,00473 -}- 0,00329 -j- o,oo632 -)- o, 00039 — o,oo553 — 0,00493 — o,oo355 -|- o,()o5i5 — o,oo5gi -j- 0,00571 — 0,00394 — 0,00473 — o,oo3i5 — 0,00197 — o,oo5i5 — 0,00594 -}- 0,001 58 -j- o,oo5i3 — • 0,00118 — 0,001 58 -\- 0,00099 -j- o,oo555 385 ) RECHERCHES SUR LES EFFETS CALORIFIQUES DE LA PILE; PAR M. DE LARIVE. {Exlrait d'un Mcmoire qui sera imprimc dans les Mem. de la Societe de pliys. et d' liistoire naturelle de Geneve.) Quanil on reunit les deux poles d'une pile voltaique par uii conducteur tel qu'un fil de metal, on voit ce fil, s'il est suffisam- menl mince cf court, s'echauffcr, rougir, et meme quelquefois se fondle et brOler. C'est un des phis beaux phenomenes de la physique que cette incandescence piolongee, dans laquelle une pile un peu forte peut tenir un fil de platine long quelquefois de plusieurs pieds; rien n'est plus brillant aussi que ce jet de lumiere qui s'echappe enlre deux poinles de charbon rapprocliees Tune de I'autre, et communiquant chacune avec I'un des poles d'une balterie voltai- que. Mais ce qui caraclerise snrtout ces phenomenes, ainsi que tous ceux qui sunt dus d la pile voltaique, c'est leur continuite. Priestley et plusieurs autres physicieiis avaient reconnu, long-temps avant la decouverte de la pile, que Ton peut, jiar la decliarge d'une battcrieeiectrique composee de plusieurs bouteilles de Leyde, faiie rougir el fondre des filsmetalliques;mais cette production dechaleur etait instantanee, tandis qu'au moyen d'un appareil voltaique, on lienl en incandescence, pendant un temps plus ou moins conside- rable, un fil metallique d'une longueur et d'un diainelre deter- mines. La duree de I'ignition n'a d'autres limiles que celle de la production de I'electricite cl.'e-meme; tant que la pile est active, I'effet calorifique se mauifeste avec une force toujours egale dans le conducteur qui joint les deux poles ; il ne cesse que lorsque la pile elle-meme cesse d'agir ou agil avec moins d'energie. Cette permanence dans I'etat calorifique du fil mutallique a oblige les physiciens a renoncer a I'explication qu'ils donnaient de ce phtnomene, explication d'apres laquelle lis semblaient supposer que I'electricite, par un effet analogue a celui d'uae ( 586 ) forte pression inccanique, cxprlin;iit instantancment dn corps qu'elle traversait, le caloriqiie qui y elait nattircllonicnt contenii. On a done ele conduit a ndnuUre que c'cst dans ri'lectricile ellc- mcine que reside le caloriijuc qui est degage, et qu'il est dQ a la reunion dcs deux principes electriques opposes. Mais cette expli- cation un pen vague n'est - clle pas susceptible d'etre davaiilage iirecisee, et tout en recnnnaissant, ce qti'il est impossible de nier, que c'est dans relectricite et non dans le corps soumis i\ son ac- tion, que reside le principe calorifique dont le developpeinent de- vient sensible dans certalncs circonstances, ne peut-on pas cher- cher quelles sont les modifications de relectricite qui la rendent susceptible de douner lieu a ce degagcment de chaleur? J'avais, dans un precedent memoire (i), envisage la produc- tion du calurique dans le [>ass:ige du courant electrique au tra- vers d'un coiiducteur d'un petit diametre, comme analogue a la chaleur que degageiait un gaz oblige par uue forte pression a pas- ser au travers d'un lube plus ou moins etroit; cetle maniere de considerer le phenomeue etait fondee sur la supposition que re- lectricite est un fluide done d'une constitution analogue a celle des gaz, hypothese a laquelle on peut faire de fortes objections. Ayant eu I'occasion de reconnaitre dans le courant voltaique quel- ques proprietes qui m'elaient inconnues lors de mon precedent travail, je me suis apercu qu'il existait entre ces proprietes et les phenomenes calorifiques de la pile certains rapports qui peuvent, independamnient de loule hypothese sur la nature de I'eleclricite elle-meme, jeter qvielque jour sur le genre de modificalious qui la rendent susceptible de donner naissance a un developpement de chaleur. J'ai eu souvent roccasic)n de faire remarquer que, toules les fois que le courant eleclrique pa.-se d'un conducteur dans un au- tre conligu au premier, il perd dans ce passage uue portion de son intensile plus ou moins grande suivant certaines circonstan- ces. Cetle perte, qui esl surlout sensible lorsque le changeraent s'effectue d'un conducteur solide dans un autre qui est liquide , Test aussi, quoiqu'a un degre moindre, quand le courant passe (i) Mem. de la Soc. de phys. ct d'hisl. nat. de Geneve, tome III, part, i, page 1 23. ( 38; ) d'lin liquide dans un autre liqnide en contact avec le premier, ou d'un coiulijcleur solide dans un autre aussi solide, mais diffe- rent du [reniier et seulcment en contact avec lui. Je vais plus loin, et je pcn^e que celle diminution d'intensite, qui provient du passage du courant au travers d'une suite de con- ducleurs heterogenes, a lien aussi quand ce courant passe, dans la meme substance, d'une molecule a la suivante ; il resuiterait de la que les diff(;reiices de conductibilile que presentent les corps divers, proviendraient des pcrles plus ou moius norabreuses et plus ou moins grandes qu'eprouverait I'olectricite en passant suc- cessivement de chacune de leurs parlicules a la suivante. Cette inaniere d'envisager la conductibilite des corps pour I'eleclricito n'est pas purement hypolhetique ; la suite de ces recherches fera voir les bases sur lesquelles ella repose, et pour le moment je me bornerai a indiquer un seul fait propre a la confirmer. J'avais ob- serve que le passage du courant electrique au travers de plusieurs conducteurs alternalivement solides et liquides lui imprime cer- tnines proprieles, comme celle, par exemple, de traverser en- suite, avec une perte proportiounellement moindre, d'autres al- ternalives semblables; je me suis assure que le courant peut ac- querir la meme propriety', et meme a un plus haul degre encore, en traversant simplement un liquide dont la conductibilite est la meme que celle du systeme d'alternalives qu'il a traverse dans le premier cas. Ne faul-il done pas qu'il ait subi, dans son passage au travers du liquide homogene, des modifications analogues a celles qu'il a eprouvees en traversant la suite des alternatives dc conducteurs solides et liquides, et que par consequent les diminu- tions egales d'intensite qu'il a eprouvees dans les deux cas, soient dues a des causes seujblables? Mais revenons aux eflets calorifiques et voyons quels rapports ils presentent avec les proprietes du courant dont je viens de par- ler. L'etude de ces pbenomenes et celle des circonstances dans lesquelles ils sont produits, semble demontrer que I'effet calorifi- que est dQ a la resistance qu'eprouve I'electricile a passer d'un conducteur a I'autre, ou d'une molecule a la suivante, resistance qui donne lieu k une diminution locale, ou dans I'intensite ou plutut dans !a vitesse du courant electrique. Mais on pourra ob- jecler que dans cette maniere d'envisager le phenomene, la cha- ( 388 ) leur ilcvrail Clre la plus intense qiiaiul le cnndiuleiir scrait tcllc- inent inaiivais que relcctiicilc nu passerait a ptu pies point et serait toiitc arretee; or Tcxptricnce prouve qu'il n'en est point ainsi et qii'au contraire il fuil, pour qu'ii y ait tievfioppement de calorique, que le courant puisse s'elablir et que la substance qu'il traverse soit uii bon conducteur. Co resultat de I'experiencc n'est point, comme il semblerait au premier coup d'oeil, en opposilion avec ce que nous avons dit plus haut; car, pour qu'cn vertu d'uiic resistance quelconque, Ic courant eprouve nne diminution d'in- tensile ou de vitesse, il laul bicn qu'il exisle un courant, et cette tliminutiou sera memc d'autanl plus sensible que le courant sera plus intense ou plus rapidc. Passons a I'examcn des faits qui m'ont coiiduil a cousidercr Ics effets calorifiques de la pile comme dns a la didicuite qu'e- prouve le courant eleclrique a passer d'un corps a un autre ou d'une molecule a la suivante, et a la resistance qu'il rencontre dans ces passages successifs. Ces fiiits sont de deux sorles; les uns resultent de Texamcn des effets calorifiques eux-memes, les autres de I'examen des circonstances les plus propres i les pro- duire. 1°. Exainen des effets calorifiques considcrcs en eux-memes. On savait que les fds do divers metaux places entre les deux p61es d'une forte batterie voltaique devenaieut incandescens, et pouvaient meme se fondre et brOler, quand Children chercha a etudier les differences que peuvent presenter a cet egard des fils de meme diann'itre et de meme longueur, mais de natures diver- ges. II arriva a ce resultat curieux, que si Ton fait passer un cou- rant eleclrique d'une certaine intensile au travers d'un conduc- teur compose d'une suite de fils metalliques de meme longueur et de meme diametre, attaches bout A bout, mais alternativement d'une espece et alternativement d'une autre, on voit tons les fils d'une certaine nature dcvcnir incandescens et tons ceux d'une autre nature rester parfaitement froids. Je prends pour exemple I'experience que j'ai souvent repetee, cellc d'une chaiiie compo- see d'une suite de bouts de fils, tous du meme diametre et de la meme longucvir, et allernalivemenl de platine et A'argcnt. Aussi- lut que Ton reunit par cclte chaine les pules d'une pile fortemeut ( 389 ) th.'irgee, on voit les fils de platine ruugir, ot ceux d'argonl ne s'e- ehauntiit nullemenl ; cependant c'est le mCme coiiiant qui tra- verse siicccssivoment ces dilTerens fils et qui produit des effets si opposes dans les iins el d.ms les aulres. J'ai observe que, si le coiiranl n'est pas assez intense pour que ceux des fils de la ch;iine qui doivenl s'echauffer puissent rougir, I'incandescencc se manifeste seulement aux points d'altache, et qu'en gener.il toutes les fois que I'on forme uii coiiducteur avec plusienrs bouts de fils iiietalliques, soil homogenes, soil helero- genes, attaches les uiis a la suite des autres, ce sont toujours les portions les plus voisines des points de contact qui s'echauffenl le plus et qui seules devieunent incandesceutes, quaud la pile n'csl pas assez forte pour que toute la cliaine puisse rougir. Ces der- nieres experiences rnunlrent done que c'est bien a I'endroit oOi ie couranl ayant a changer de conducteur eprouve la resistance la plus grande, que se developpe su rlout le calorique, et que cette resistance que rencontre I'electricite en mouvement, est intime- ment lite avec la chaleur qu'elle produit. Dans les experiences de Children avec Ics cliaines coraposees de melaux heterogenes, le fil qui rougit est toujours celui qui, pris isolenient, est le inoins bon conducteur, c'est-a-dire celui dans lequel le cournnt eprouve la plus grande resistance a passer d'une molecule a I'autre. Ainsi le plaiine rougit et non V argent ; de meme, le platine rougit encore quand il compose une thaine mixle avec Vor ou In cuirve, tandis que ces derniers metaux, qui, considcrcs separement,sonl meilleurs conducteurs, nedeviennent pas incandescens; et au contraire, dans un conducteur mixte de plaiine et de fcr, le platine rougira et non le fer; mais aussi Ic fer est moitis bon conducteur que le platine. Ainsi, s'il est vrai que les conductibilites des corps pour relectricile ne dependent que des dilTicultes plus ou moins grandes que cet agent ren- contre a passer de chaque molecule a la suivante. il en resulte que les proprieles des fils metalliques de dcvenir incandescens, qui sont en raison inverse des conduclibiiiles, sont bien aussi en ■ raison directe des resistances qu'eprouvo le couranl elcctriquc dans ses jiassages successifs. II serait trop long et fastidieux de suivre dans plus de djitails les fails analogues a ceux qui prece- i!('nl et qui tons conduisent a la mOnie coujeijuencc ; je ferai sen- ( ^Ijo ) lemeiit n-marquerqne les phenomenes que prei^cnte I'ignitidn de fils melalliques houioj;enes, mais de diamedos ct dc longueurs diverses, s'accordent lout-ii-fait avcc noire nianiere d'envisagcr ce developpemeiit de calorique. Ce n'est, jusqu'a present, que dans les corps soliJes que nous avons envisage les effets calorill- qiies de la pile; cependant le courant ne developpe-t-il pas de la chaleur et ne devrait-il pas meme en devclojiper davanlage quand il traverse les lirpiides? Quoiqu'il renconlrc en effet de plus grandes resistances, remarquons qii'il les rencontre surlout dans son passage du corps solide dans le liquide, de la lame de plaline, par exemple, dans I'eau salee ou acidulee dans laquelle eile plonge. Or i! existe ici deux causes qui lendent a diminuer la quantite de caloriqne libre qui ponrrait se inanifesler; la pre- miere, c'est la grande chaleur specifique et la masse considerable du liquide; la scconde, c'est la production des gaz qui se degagent le long des lames melalliques et qui doivent necessairement em- ployer pour leur formation nne portion tres-notable de la chaleur qui ponrrait etro devclnppee p.jr le passage de relcctricite. Ce- pendant ilya loujours elevation de temperature dans les portions du liquide oCi le courant sort du conducleur, parce que tout le ca- lorique que deg.ige cctte resistance locale n'est pas employe a la constitution du gaz. Vn faitcuricuxet qui semblepropre a confirmer ce qui precede, c'est que TehWation de temperature est loujours plus conside- rable acelui des poles ou le volume du gaz qui est developpe est moindre; ainsi, dans la decomposition de I'eau, elleest plus forte an p61(! posilif oil se produit roxygenc, qu'au yulti negatif oii se degage un volume double d'hjdrogene. En general, j'ai eu plu- sieurs fois I'occasioii d'observer que, toutes les aulres circons- tances ciant les meuics, la chaleur qui est produite aux deux poles est plus forte dans cclui des deux liquides qui donne lieu, dans le meme temps, a la production d'un volume moindre de gaz. Quand on reflechit a la prodigieuse quantite de chaleur qui doit etre ne- * cessaire a la constitution d'un gaz, loin d'etre surpris que les li- quides ne s'echauffenl pas autant que les fils melalliques par le passage du courant cicctrique, on doit plutot etre etonne que I'e- Icctricite apporte assez de calorique pour donner lieu a un devc- lopjH'mcntdcgaz aussicousicjerable cl aussirapide que cclui qu'on (39' ) observe quclquefuis, el pour pouvoir memc encore iin pcu cle- ver la temperature dn liquide. Ncanmoins, il est iiii nioycu d'augmenler le developpemcnt de chaleur dans rinlerieur d'une masse liqn-de placee entrc Ic.< deux pOIes d'une pile; c'est, en divisanl ce liquide en plujicurs com- parlimens, de multiplier aiiisi pour I'electricite les passages suc- cessifs d'un couductiur a {'autre; niais il ne faut pas employer, pour separer ccs compartimens, des diapliragmes melalliques, parce que, comme il y a alors production de gaz, le caloiique qui est degagc est tout absoibe par la formation de ce gaz, et Ic li- quide ne s'echaufle que pen ou point. Mais si Ton eiuploie des dia. phragmes en vessie pour diviser la colonne liquide en plusieurs loges, on la voit, quand on la met dans le circuit voltaique, s'e- chauffer davantage que lorsqu'elle est simplement continue. Que Ton fasse aussi passer le memc courant succefsivement au tra- vers d'un liquide contcnu dans un tube de verro d'un certain dia- melre et d'une ceitaine longueur, el au Ira^ers d'une meche do colon impiegneedu mtnie liquide, de meme longueur el demume diametre que le tube, on voit la temperature do liquide contcnu dans le tube resler stalionnaire, tandisquc cello de la meche de colon s'eleve consilerablement ; ce qui provient de ce que les cel- lules du colon dans lesquelles le liquide s'est place forment autant de loges separees les unes des autres par des diaphragmes que I'electricite est obligee de traverser. Le meiileur appareil dont on puisse se servir pour ce genre d'ex[>erience est une tige de plante grasse un pun aqueuse; la nature nous I'ournit dans cette tige un cnndticleur liquide sep;ire en une niultltude de pelites cel- lules p:ir des diaphragmes non melalliques ; au?si lorsqii'on la met dans le circuit, le calorique qui est developpe est si intense, que I'eau qu'elle reni'erme entre en ebullition dans Ics deux portions extremes, les plus voisines dts points ou sont iniplantes les fils de platinc qui serventi etablir la cummuuicalion avcc Ics poles dc la pile. Les resultatsqui precedent suffisent, il me sensble, sans qu'il soit necessaire d'entrer dans plus de details, pour demontrcr que, dans les conducteurs liquides, comme dans les soliiles, les effets calori- fiques du courant voltnique paraissent elre dus ai'X resistances qu'il eprouve dans les thangcmens de conductcur, ou dans ses ( -"xj^ ) rassa"-es succcssifs d'une molecule :'i line autre de la meme sub- stance. 2°. Examcn des effets calorifiques consideres dans les ctrconstances Ics plus proprcs a les produire. On a observe depiiis long-lemps qu'une ci-rlaine surface de zinc et de cuivrc etant donnee pour construire nne pilo, on oblien- dra des cffets calorifiques d'autant plus inlenscs que la pile sera composue d'nn moindre noinbrc de couples. Ainsi unc pile com- posee de deux paircs ayant une surface d'un pied carrc cbacune pourra rougir et fondre des fils metalliques qu'une pile composen de 18 paires de 16 ponces carres de surface chacune ne pourra pas inCme echauffer; cependant les deux piles presentcnt en somme une surface exactement la meme, et elles sent chargees d'une egale proportion d'eau et d'acide. II faul neanmoins faire ici une distinction; car il n'est pas exact d'assimiler sous ce rap- port tons les effels calorifiques el d'afTirmer qu'ils sont tons ega- lemenl souniis , quant a leur infensiti', h ia loi generale que nous ■venous d'exposer. En effet, s'il faut une pile composeed'cle5mens pen nombroux, maii a grandt-s surfaces, pour produire ['incandescence des filsme- talliques, il faut an contraire un plus ou moins grand nombre de couples voltaiques pour deteriniuer, soit la combustion des feuilles minces de metal, soit la lumiere et la chaleur qui s'echappent entre deux pointes de charbon, soit I'elevation de temperature que I'on observe dans les liquides traverses par le courant. Ainsi, par exemple, une pile de 60 paires, capable de donner naissance a ces trois dernieres classes de phenomenes, ne peut rougir le fil de pla- tine on Ic for le plus mince, landis que 10 paircs de la merae pile produisent ce dernier effel et ne peuvent determiner les premiers. II est dune important de ne pas confondre, comme on I'a fait jusqu'a present, les divers cfTets calorifiques du courant les uns avec les autres; il ne faut pas non plus, sous le point de vue des circonstances les plus propres k les developper, classer les phe- nomenes divers de la pile d'apres leur nature, mais seulemcnl d'apres celle des conducleurs qui sont oecessaires a leur produc- tion. Si Ic conductciir qui reunit Ics deux poles de la pile est un (393) condiicteiir parfait, conlinu el homogeiie, comme un fil melal- lique, I'tflet que proJulra le courant dans cc fil, que ce soil un rffel calorifique on magnetique, sera d'autant plus intense que la pile aura, avec une surface donnee, un nombre moindre d'ele- inens. Si le conduclenr est imparfait, s'il est discontinu, comme avec les pointes de cliarbon, ou les feuiiles metalliqnei que Ton brOle, s'il est hetc rogc'ne, forme, par exeraple, de deux lames de metal plongees dans un liquide qui est interpose enlrcelles, alors i! faut employer la surface donnee a faire un grand nombre de couples, pour augnienter I'intensile des phc-nomenes que sont sus- ceplibles de developper ces divers genres de conducleurs. Les effets chimiques, calorifiques ou lumineux, lous ceux, en un mot, qui sont produits avec des conducleurs imparfaits, c-isconlinus ou heterogenes, y gagneront egalement. II nous resle a dire quelques mols sur la cause de cette influence, qu'exerce le genre de construction d'une pile sur I'intensile des phenomenes auxquels elle donne naissance. Les deux principes t'leclriques qui, par une action que nous ne pouvons expliquer ici, niais sur laquelle nous aurons occasion de revenir incessam- inent, se trouvent accumules aux deux extremites de la pile, tendent coniinuellement i se reunir pour se neutralisrr; deux loutcs icur sont oiTertcs dans ce but; I'une, c'est le conducteur quclconque qui etablit la communication entre les pules; I'antre ia pile elle- mCme qui est un conducteur heterogene et non par- fait; la plus ou moins graude portion du courant electrique qui passe par I'une ou par Taulre de ces deux routes, depend de leur conduclibilite relative. Si done la substance placee entre les deux poles est un conducteur parfait tel qu'un fil melallique, on peul sans inconvenient reduire la pile i un tros-pelit nombre de cou- ples, meme a un seul, parce que le courant prefere toujours le fil metallique au conducteur heterogene forme par la pile. Mais si le conducteur est discontinu ou heterogene, la resistance qu'e- prouveront les deux principes eleclriques fera qu'ils suivronl, pour se reunir, la route meilleure que pent leur offrir la pile, a moins que celle-ci, par le nombre des couples dont ello est com- posee et des alternatives que par consequent elle presenic au cou- rant, conduise fiiialemcnt moins bien que le conducteur impar- fait qui est place cntrc ses poles. L'electricile passcra alors en ( 394 ) grande parlie par ce dernirr conducteur, ct y produira Ics cffels qui doivent resuller de son passage. Mais si la necessite d'une pile ;\ plusieurs eleinens est facilc- raent sentie lorsque le conducteur est imparfait, pourquoi les phenomenes, qui ontlieu-avec des conducleurs parfaits, iie sonl- ils pas produits tout aussi-bien avec una semblabie pile, et exi- genl-ils au conlraire un petit nonibrc decouples? Celtc question ne peut elre resolue qu'en dislinguant dansle courant Vintensite et la vitcsse ; la premiere depend A la fois et de la surface et du nombre des elemens, en ce sens qu'elle est d'autant plus grande que ce nombre est moindre , parce que le courant qui fait le tour du circuit est d'autant nioins retarde dans son passage au travers de la pile, qu'il rencontre inoins d'ailernatives de con- dncteursliquidt'set solides. Les effets calorifiques qui resullcnt de I'influcnce dti courant qui passe au travers d'un conducteur par- fait, tel qu'un fil melallique, it des resistances qu'il peut y ren- contrer, ne seront done sensibles qu'autant que sa vilesse sera tres-grandc, puisque dans ce Gl ces re.^islances sont tres-faibies. Si, en vertu de la construction de la pile, la vitcsse du courant etait deja reduite i un degre inferieur a cehii auquel doivent la reduire les resistances du fd, alors il n'y aurait aucun developpe- mentde chaleur duns celui-ci, puis(|ue ce developpement pro- vient de I'effet de ces resistances sur la vitessc. II est vrai qu'on peut, par une augmentation dans I'interisile, compenscr en par- tie la diminution de vilesse; ainsi une pile de 60 paiies forle- ment cbargee fera bien rougir un fil; mais jamais Tigniiion ne sera aussi forte qu'avec 10 paires seulement de la meme pile. Lorsque Ic conducteur est disconlinu ou helerogene, la diminu- tion de vilesse qui a lieu en vertu de la resistance qui resulte de la disconlinuite et de I'helerogeneile est telle, qu'elle est sensible meme sur un courant qui ne se meut pas rapidement; ainsi done, comme d'un autre cole il ne peut y avoir d'effets dans ce cas qu'autant que la pile se compose d'un grand nombre d'elemens, on concoil que ce nombre, quoique devaut ralenlir le courant, n'est pas ici un obstacle a la produclion des effets calorifiques et lumineux. Comment une diminution locale de vitcsse dans le courant elec- Irique peut-cUc donner naissancc a de la chaleur et a de la lu- ( 395 ) mitre? Telle est la question interessanle nue nous devrions exa- miner actuellement; mais elle nous enlraiiierait dans une discus- sion trop longue, vu la iiecessile oii nous serious d'entrer dans quelques details plus ou moins hypotht'liques sur la nature des principes electriqucs et sur le genre de modifications que produit sur les molecules des corps la diminution de vitesse q;i resulle de !a resistance que rencontre le couraut vollaique. J'ai coni^igne sur ce point important de theorie quelques developi)emens ul- terieurs dans le travail cile au commencement de ce memoire, et qui est intitule : Rccherdies sur la cause de I'clectricUe vollaique et sur Ics principaux pJicnomenes qu'elle prcsente. {BibLioihcque univ. de Geneve, Janvier 1839.) EXPERIESCES StR LE MAGNETISME PAR ROTATIOM *, PAR M. DE HALDAT. ( Extrait. ) M. de Haldal a observe que toute aiguille magnelique bi- polaire qui jouit de la force directrice, obeit a Taction des disques rotaleurs, et ne cesse d'obeir que quand cette force est rcduite a zero. II n'a pu communiquer aux disques metalliques non Icrru- gineux la propriete magnetique , en les soumettant a Taction d'aimans faibies ou energiques; d'oii il conclut que dans les phe- nomenes en question, !a SDurce du magnetisme des disques est tout entiere dans Its aiguilles suspendues au - dessus de leur sur- face. Ueciproquement les disques tournans ne pen vent develop- per de magnetisme dans les aiguilles d'acier non trempe ou de fcr ecroui. L'auteur continue ainsi : B Le (lefaut de succes de ces essais pour constatcr la presence du fluide magnetique i la surface des disques, pouvant etre attri- bue a Tabsence de la vcrtu coercilive, j'ai dO employer des dis- ques auxqnels la nature ait departi cette propriete. Un disque de fer doux n'a presente, avec les disques de cuivre, d'autre diffe- rence que d'agir avec plus d'energie. Le disque de lailon qui n'a- gissait pas a une distance plus grande que 12 millimetres, ayant ele remplace par un disque de fer de memc dimension, Taiguille a ete eutraiuee a une distance double, la vitesse etant la memo. Le fcr fultuieut ecroui, possedant la verlu coercilive a un fai- ( 5<)6 ) ble degre, s'est condui» commo Ic fer doux, et n'a prespnte a:jcune trace de magnelisme communicable; mais ayant employe im dis- qiie d'acier non trempe, d'un millimetre d'epaisseur, j'ai ele trt;s- surpris d'obseryer que I'aiguille, au lieu d'obeir a sou influence, qui semblait devoir elre plus grande, a raisou de la faruitu coer- citive du mc' tal , s'est, au contraire, montre tellcmeiit rebelle, qu'apres quelques oscillations irregnliercs, elle s'est iuvnriable- ment dirigee vers le Nord. Le precede le plus convenable pour repeter cette experience consiste a tilevor I'aiguille par son fil de suspension, et a le laisser ensuite descendre doucement pendant que Ic disque tourne avec vitesse. Plus est grande la rapidite du disque, plus est invariable la direction de I'aiguille. "On ne pent meconnaitre, co.ntinue-t-il plus loin, I'influence de la Vitesse du disque sur la force cCcntralnemcnt, et il est certain que pour telle espece de metal, et a telle distance, on ne peul en- traincr I'aiguille dans un mouvement complet de rotation, qu'en accelerant la vitesse jusqu'a une certaine limite; mais il n'est pas raoins certain que la rotation continue n'est pas le moycn le plus efllcace pour tirer une aiguille du repos oOi la tiennent Taction combinee de la pcsanteur et de la force direclrice de la terre. L'ex- penence m'a prouve qu'en imprimant an disque un mouvement de va et vicnt, on agil avec bieu plus de force sur I'aiguille, ob- servant toutefois de suivre exactement ses mouvemens, de ma- nicre que leur marche, dans la meme direction, commence et fi- nisse toujours en meme temps. Par ce moyen , les oscillations des aiguilles, ainsi activees, s'accroissent jusqu'i atteindre 180% et alors elles sont entrainees dans un mouvement complet de ro- tation, par la plus legere acceleration dans la vitesse du disque.™ L'auteur a obtenii de fortes oscillations dans les aiguilles, et meme un mouvement continu au moyen d'un prisme de laitoii de 5 centimetres de largeur, de i5 de longueur, et de 8 millime- tres d'^paisseur. Ses experiences lui ont eusuite prouve que, quelle que soil la direction da courant magniiique, par rapport a celle du mouvement du disque, kf. phcnomenes du rnagnctisme de rota- tion se manifcstcnt toujours. L'auteur a trouvc, comme MM. Nobili et Bacilli , que les disques echauffos n'agissent pas plus que ces memes disques froids. {Amialcs de rhimic et dc physique, tome XXXIX, page 233.) ( ^"'97 ) RECHERCHES SUR LA MANIERE DE DISCUTER LES ANALYSES CIIIMIQUES POUR PARVEMK A DETERMINER EXACTEMENT LA COMPOSITION DES MINERACX ; PAR M. F. S. BEUDANT. ( Extrait. ) Experiences sur les sets. M. Dcudant a verific la composition des sulfales, des carbonates etdes nitrates. Les rapports qui existent enlre les eleniens de ces sels sont invariables, quand on a la precaution de briser les cris- taux et de les dessecher dans du papier Joseph , qui enleve le li- quide interpose. On ne trouve des variations que lorsqu'on a laisse les cristaux se dessecher naturellemenl. L'exces d'acide, s'il y en a dans la liqueur, cristallise i\ part; de telle maniere que la sur- abondance de silice que Ton a trouvee dans beaucoup de uiine- raux, ne pent pas s'expliquer par un melange de silice. L'auteur a essaye de produire les silicates par la voie seche, et il est arrive an meme resuitat : les melanges faits a proportions definies don- nent des combiuaisons veritables, mais on ne pent rien obtenir de melanges faits avec un exces de silice, ou plutot Ton forme plusieurs composes netlement separes, chacuu a proportions de- finies. Les sels sont susceptibles de se melanger entre eux lorsqu'on les fait cristalliser rapidement dans uue dissolution commune. Les sels de meme acide se melangent en toutes proportions; ceux d'acides dilTerens se melangent de maniere que I'un est toujours fortement dominant, et les autres en faibles quantites. Quand un scl determine se melange avec une petite quantile d'un autre sel de meme acide, mais d'un ordre plus eleve, on doit done Irouver par I'analysc one surabondance d'acide, si Ton ad- met que ces sels sont du meme ordre; reciproqucmeut on doit trouvcr, dans la meme supposition, surabondance de base, lors- ( 398 ) qu'a un sel delermiiio, il se melange uti sel de mume aciJe d'un ordre infcrieur. Cost en adineltaut que des sels diversement aci- des ou diversement basiques se Irouvent melanj^es ensemble, que I'auteur explique les analyses suivanles de quelqiies mine- raux. Reclierchcs analytiques sur les substances min^rales. Pour appliquer sa raethode de discussion, I'anteur imagina de faire de nouvelles analyses, non plus d'une substance prise isole- ment, mais deloutes les substances qu'il pouvait trouver reunics en un meme groupe naturel. Par ce moyen, il apprenait au moins a counaitre quelques-unes des substances qui se trouvaienl ea presence au moment de la cristallisalion. Un premier groupe presentait des cristaux d'un vert sombre, en prismes rhomboidaux, d'environ 124% qu'on pouvait regar- der comiue de I'actinote , et une maliere partie fibreuse, partie granulaire, d'un veit clair, et qui pouvait etre de I'epidole thai- lite. Voici leurs compositions : Actinole? Epidote? Silice 0,53 1 0,424 Alumina 0,041 0,273 Chaux e,io6 0,109 WagneMe o,io4 0,011 Bioxidc de ter 0,218 o,i83 Les suppositions les plus probables sont que ces deux plerres re- sultenl de melanges d'amphibolc et d'cpidote, la premiere avec un exces d'ampbibole et la seconde avec un exces d'epidote. En effet, on trouve par le calcul : Pour la 1". Pour la 2*. Ampliibole actinole. . . 0,479. • • • 0,060 Amphibole tremolite . . o,384. . . . 0,042 Epidote tballite 0,106. . . . 0,627 Iilpidote zuizite o,o5o, . . . 0,371 ( ^99 ) Une scconJe masse crislalline de I'ile Saint-Jean dans les An- tilles coiUenait une maliere verte baciilaire, ou en grains, el des cristaux rongt'utresen dodecaedres rhoinboidaux passant au trape- zo^dre. La premiere etait sans doute de I'epidole, el la deuxieine du grenal. Void leurs analyses : tpidote? Baciilaire. Granulaire. Grenal? Silice. . o,4ng. . . . 0,410. . . o,4o3 Alumine. . 0,289. • . . 0,289. • . . 0,354 Chaux. . OjiGa. . . 0,1 56. . . 0,210 Bioxide de fer o,i4o. . . . 0, i38. . . . 0,116 Magnesie. . . . . 0,007. • . . 0,037 Les substances baciilaire el granulaire sent done de la mC-me es- pece. En admeltant que Tepidote et le grenal sont melanges, ce q'.ii est la supposition la plus probable, on Irouvc P our la 1". Pour la 2'. p our la 5V Epidotc zoiizite. . 0,432. . . 0,475. . 0,090 tpidote thallite. . . o,3;3. . . 0,320. 0,039 Grenat grossulaire. o,i3i. . 0,087. o,5oi Grenal alinandin. . o,o63. . 0,093. . 0,247 Grenal maguesien. . . 0,024. • . 0,123 Une Iroisienie masse crislalline de Csiklova, dans le Bannat, conlenail a) des cristaux legerement verdalres, translucides, peul- etre de I'idocrase ; b) une substance blanche, lamelleuse dans un sens, possedanl les caracleres de la woliaslonile ; c) une ma- liire d'un blanc jaunatre, legerement nacree, a fibres fines et flexible?, comme de la tremolite; (/) une autre maliere fibreuse, a fibres cassantes, divergentes, d'un blanc mat, et en Ires-pelile quanlite; c) du carbonate de chaux formanl la pate de la pierre ; f) une maliere noire, en tres-petits grains, disperses dans toute la masse; g) une maliere verte, en petils grains aussi rares, ct ( 4oo) qui colorait plus parliculierc.nieiU quelques porlious de la vvollas- tonite. Void les analyses de toules ces matieres : a b c d f Silice. . . . 0,411 o,53i 0,595 0,616 0,39 Alumine. 0,212 0,014 Chaux. . 0,371 0,45 1 0,123 o,36i 0,55 Magncsie. . . 0,006 0,018 o,2G8 0,023 Peroxide de fer. traces traces 0,26 Quanl a la substance calcaire c), elle elait foniiee de carbonate de chaux 0,837, de carbonate de magncsie 0,1 38, et de matieres iosolubles o,o35. L'auteur n'a pu isoler la maticre veite g); seu- lement il a reconnu que la wullaslonite qui s'en trouve le plus co- loree contient, en outre de scs principes, de I'alumine et du bi- oxide de fer qu'on doit atlribuer a la presence de cette maticre verte. En discutant toutes ces analyses ensemble, l'auteur a pu representer les substances en question, de la maniere suivante : .a h c d Idocrase 0,946 ■ ■WoUastonite. . . . o,o33 Tremolite 0,021 Trisilicate de chaux. . Grenat magnesien. . Grenat grossulaire. . Une quatrieme masse cristalline du zlUerthal presentait a) du quartz hyalin ; /») une maticre vitrcuse, compacte, translucide, de couleur hyacinlhe, comme du grenat; c) une inatiere partie blanche, parlie bleuatre, en fibres courbes assez fortes, que Ton peut regarder comme du dislhene; d) une matiere verte gros- sierement fibreuse, probablement de ractinole; c) une matiere blanche, nacrec, opaque, en paillettes elasliques empilees les unes sur les autres, qui devail etre ua mica. EUes ont donne a I'a- nalyse : 0,876 ■ o,oog 0,066 0,942 00,84 o,o58 0,907 0,042 0,016 ( 4oi ) abed e, Silicc o,p97 0,43.) o,3iG o.53i o,5i5 Alumine 0,002 o,20(t 0,678 0,017 o,5ig Chaiix traces 0,1 ;8 0,002 o, ii/j o,o5a Magncsie 0,045 o,n;8 o,o3i Potasse 0,002 traces o,oG2 OxiJe de litane. . . . traces Dioxide de fer. . . . traces o, 1 iS 0.206 Dioxide de manganese. 0,018 0,002? Acide fluorique. . . . — — traces traces 0,021 Perle 0,002 0,002 0,003 La deuxieine, \x Iroisiemc et la qualrieinc de ces substances, considereesoomme provenant du melange de plusieurs des sub- stances qui composent le groupe , peuveiU etre representees de la maniere siiivante : b c d Grenat grossulaire. . . o,453 0,026 Grenat aliiiandin. . . . 0,217 0,012 Grenat maiiganesien. . . 0,096 o,oo5 Grenat magnesien.. . , 0,081 Amphibole tremolite. . . 0,079 o,285 Amphibole actinotc. . . 0,067 0,647 Dislhene 00,27? 0,968 Mica o,o5i 0,024 « Telles sont, dit I'autcur, les recherches- que j'ai cru devoir faire pouretablir inon opinion : je pense qu'elles sont sufllsantes pour diiiTionlrer positiveinent qu'il en est des substances mine- rales precisenient coinme des sels que j'ai employes dans mes ex- periences, et que toutes celles qui se sont trouvees dans la memo solution se sont inelangees Ics unes avec les aulres au moment de la cristallisation, et plus ou moins, suivant les circonstances di- verses qui I'ont accompagoee. Ces recherches font voir egale- ment qu'on peul appliquer aux melanges mincraux le mode de calcul que j'ai employe pour le melange des sels. Par ce moyen 26 ( 4-a ) on parvlent a soparcr les di verses malicics que 1 analyse a nc- cpssaircmcnt corifoiidues, et .^ ramener cclle analyse a une forme claire, precise, qui prescnte, avec une Ires-grande probabilile, jc pounais meme dire avec cerlitude, lorsqu'on a It^s donnees sufli- santes, la composition ilu mineral. Par consequeni, on doit arri- ver de cette iiianiere, a avoir une delerminalion precise de i'es- i)oce a laqiiellc on doit rapporter telle on lelle substance qu'on a analysce. » M. Beudanl fait ensuile I'applicalion de son principe a I'analyse de quelques pyroxi-ncs ct de qiielques amphiboles. Un pyroxene d'Ala lui avail donne pour parlies constituantes : siiice o,523, aluinine 0,007, chaux 0,242, inagm'sie 0,099, bioxide de fer o, 128, et ii le considere mainlcnant comnie Ibrnie de pyroxene pur (Ca^ Si4 -|- IVP Si^ -f F' S14) 0,9:41, de iremo- lite 0,024, et de grcnat o,o33 M. Rose a obtena d'une variete de pyroxene de Sabla , i-ilice 0,5486, chaux 0,2557, magnesie o, 1649, protoxide de fer 0,04/14, oxide de manganese o,oo42> alumine, 0,0021. M. Beudanl le considere couime un melange de pyroxene pur 0,9061, de gre- nat manganesien 0,0096, de grenat almandin 0,0008, et de tre- molite o,oS5o. M. Rose avail analyse cerlaines varielts de pyroxene dc Sahia qui selaissent souvent rnyer par I'ongle, qui blanchissent par Tac- tion du feu en plein air, et noircissent, au conlraire, par Taction du feu en vase clos, en degageanl de Teau el une odeur enipy- reumalique; d'cii il avail concUi que ces pyroxenes elaienl me- langes de serpentine. Rl. Beudanl verifie cette conclusion par le calcul des analyses, car il y trouve un compose de la forme MSi' + Aq, du talc (ou serpentine de M. Berzelius ) el du grenat. L'auleur discule ensuite deux analyses d'amphiboles d'Aker , faites par M. Bonsdorff. Ce chimiste ayant annonce que ces am- phiboles sonl accompagnees de spinelle, de mica, et de wernerile compacle, M. Beudanl y trouve, par le calcul, de Tamphibole, du pyroxene, du fluale de chaux, de Teau, et, en outre, du spi- nelle dans Tunc et de la wernerite dans Tautre. ..On voit, dit-il, par tousles cxemplcs que renferme cc para- ( 4^3 ) graphc, que IfS analyses cles substances niinerales peuvent pre- senter beaiicoup plus de clart6 et de precision qti'elles n'en ont eu jiiscpi'lci, et que, cniimie je I'ai avance, on peut esperer de voir disparailre Ics nonibreuses anomalies qu'on y reaiarque. A la verite, il I'aul, pour atteindre ce but, un pen pb)s de travail qu'on n'en a fuit jiisqu'ici, par suite des compositions compurati- ves, qu'il fauclra souvent se procurer, pour les mineraux associes a cehi! qu'on a specialemcnt en vue; mais c'est un fort len-er in- convenient, lorsqu'on peut esperer par la d'arriver a une deter- mination assez positive de telle ou telle espece, pour qu'on ne puisse rien y objecter. Cela nous monlre aussi de nouvean que ce n'est que dans quelques cas fort restreints qu'on peut se fieri une seule analyse pour etablir une seule espece, puisque nous voyoiis si souvent des melanges qui peuvent nous induirc facilfmcnt en erreur. »0n voit aussi combien il est important de bien eludier les as- sociations des mineraux, puisque c'est par Ik qu'on peut eclairer la discussion, qui, sans cela, devient tout-a-fait impossible, etpar suite laisse la specification dans le plus grand vague. C'est une nouvclle raison, jointe a tant d'autres que nousavons deja, pour que les naturalistes se livrent de plus en plus a ce genre de re- cherches, et ne se bornent pas, conime il arrive le plus souvent, a acheter des mineraux cbez les marchands, par Icsquels ils n'ont le plus ordinairement que des renseignemens tres-inexacts. « Recherclus ,chhnir/ues sur les roclics composecs. a Roche de grenat d'Ala. Les montagnes des environs d'AIa presentent, an milieu des micachistes, des couches pen epaisses d'une roche d'un blanc-rougeiitre, dont j'avais observe le passage jusqu'a des masses granulaires evidemment I'ormees de grenat rougeiltre et de pyroxene d'un blanc verdatre. J'avais des lors con- sidcrc cetle roche comme etant un melange iutime de ces sub- stances, et depuis j'en ai fait I'analyse pour voir si mon opinion etait fondee; j'en ai tire: silice 0,467, alumine 0,116, chaux 0,5iiG, magnesie o,o5G, bit.xide de fer o,o55, et des traces d'oxide de manganese. Le calcul donne ensuite : grenat grossuiaire o,5iq, pyroxene 0,468, Iremolite 0,01 J). ( 40^ ) n Grilnstcin compacte de la vallee iCHodriiz, pros Sc/icmtiitz. Dans moil voyage en Hongrie, j'ai nu remarquer des passages eviJens enlre la sieiiitc pai faitcmeiit caracterisce, el (Ics porphyres a pate verte compacte, reniplie de pctils crislaux que je regardais comme du feldspalh. De meme j'avais vu des passages entre ces porpliy- res et des roches coinpactes lioinogenes , de ooideur verte, que i'ai re"-ardees comme des melanges intimes de feldspath et d'am- phibole, comme de voritables griinsleins des geologiies alle- mands. J'ai analyse depuis une de ces loclies compactcs, d'nne des localites oil le passage an porphyre et ;\ la sienite m'avait paru le plus evident, et je I'ai choisie parmi les roches que j'ai rapportees de la vallee d'Hodiitz, pres Scheinnilz. Cette roche m'a t'ourni : silice o,632, alumine 0,142, cliaux 0,O25, magnesie 0,020, bioxiJe de fer o,o58, potasse 0,112, soude 0,012, eau o,oo5. Le calcul de celtc analyse m'a conduit li admettre le me- lan'^e suivanl : leKlspalh 0,672, albile o,io5, ampbibole Iremo- lite° 0,076, ampbibole aolinote 0,227, eau hygrometrique o,oo5. Par consequent, la conjecture que j'avais faile se tronvevraie; mais j'ai decouvert par cette analyse et sa discussion la presence de Taibile, qui offre une circonstance extremement remarqnablo. En effel, c'est cette substance qui forme la base des tracbyics, dont la masse repose partout en Hongrie sur le terrain sieniliquo, avec Icquel elle est quclquefois lellement liee, que Ton ne salt oi"! I'un commence et I'aulre fmit, et que ce n'est que dans les ex- tremes qu'on reconnait des caracleres parCaitement tranche-^. La presence de I'albite dans les porphyres sienitiques rend cette liai- son encore plus remarquable. ,>Grunstein noir de Schemnitz. Ayant admis que les malieres Gompactes de couleur verte etaient des grunsteins, j'ai ete con- duit, par I'analogie de gisement , a regarder d'aulres matieres compactcs, mais de couleur noire, comme des varietes de la meme rocbe; j'ai ete curieux de verifier ma conjecture sous ce nouveau point de vue, et j'ai analyse une de ces roches que j'a- vais recoltee sur la route de Sthenmilz a Sleinbach; elle m'a pre- sente : silice 0,600, alumine 0,1 25, chaux 0,014, bioxide de fer 0,125, bioxide de manganese o,o5i, potasse 0,096, soude 0,01 1, eau 0.00a; d'oO j'ai tire ensuite par le calcul ie melange suivanl : ( 4o5 ) feldspalh 0,576, albite 0,098, pyroxene (P SH + Ma^ SI4) o, 189, aclinote o,i56, eau hygroniclrique 0,003. »Ainsi ceUe roche renfeiine plus de pyroxene que d'amphi- bole, qnoiqn'on n'en voie pas d'apparent dans sa masse ni dans au- cune des roches environiiantes que j'ai eludiees. EUe aurait dQ par consequent elre distiiiguec, du moins coinme variete des au- tres espcces, et merilait une attention particuliere. » Tvapp de Suede? Une variete de trapp, dit de Suede, inais dont j'ignore la localite precise, que Ton considere generalement connme des grunsteins, m'a fourni encore un autre resultal, sa- v«ir : silice 0,594, aiumine 0,128, chaux 0,046, raagnesie 0,029, bioxide de ler 0,299, traces d'oxide de manganese, potasse o,o68» eau o,o55. (Nous ne rapporlerons pas lA discussion de cctte ana- lyse, qui est fort compliquee, et qui ne mene pas a des resultats bien probables.) vBamtie de DcauUea. J'ai fait egaiement quelques analyses de basalles ; mais deux seulement m'ont presenle des elemens calcu- lables : I'une est une variete compacle de Beaulieu, qui fait e.vi- demment partie des varietes granitoidcs;elIe a fourni : filice 0,694, aiumine 0,1 15, peroxide de fer o,oo5, protoxide de fer 0,197, chaux o,oi3, sonde 0,059, p^^^***' 0,016. Cequi donne par ce cal- cul : albite o,5o8, feldspath 0,097, aclinote 0,120, pyroxene (F^ Si4) 0,267, oxide de fer magnetique o.oig. » Basalic de Somos-Kv. Ce basalle, que j'ai recoltc parmi Ics varietes que presenle la butte de Somos-Ku en Hongrie, m'a donne les resultals suivans : silice 0,624, aiumine 0,226, chaux o,o58, magnebie 0,01 1, sonde 0,079, Ijioxide de fer 0,091, traces d'oxide de manganese, eau 0,010. lei les elemens ne sont plus en proportions pour f.iire de I'ulhile, el I'onnepeut discuter I'analyse qu'en admcttant un, melange de maliere de la I'ormule du Labra- dor. On trouve alors que celle roche renfernie : labrador o,745> albile o,o35, pyroxene o,i65, amphibole actinotc 0,047, ^^^ 0,010. DOn voit, par ces premiers essais sur les roches, que Ton con- fond frequemment des choses tre.^^-differenles, sous le mem'e noin, puisque dans le peu d'anaiyses que j'ai faiie.- on doit admeltre ( 4t.6 ) tiois sortC3 dc grfin&Seiii, ct denx ordres de basultc. II est done tres-probable que d'aiitres analyses donneronl encore lU'.u a d'aii- Ires disUnclions; et il resulle dc li qu'ayant acliiell(;ment dcs moyens dc calcul, il serail de la plus haute rmporlance de faire des analyses de lochcs el de chercher, mineralogiquenient ou chi- iiiiquement, des donnces propres ales disciiter. Ces analyses jet- teraient necessairement un grand jour sur la classification de ces matieres cotnposees, qui laissc tant a desirer, et fourniraient sans doute beaucoup d'idees nouvelles sous le rapport des considera- tions generaies de la geologie. » I,e resle du Memoire de M. Reudant conlient le tableau des re- cherches auxquelles il s'est livre, une table de silicales, enfin la Iheorie de la discussion des analyses minerales. Cette theories'ap- puiesur celles dcs proportions definies et de risomorpbisme, etne doit ofiVir aucune difficulte nouvelle a celui qui connait un peu d'algebre ou seulement la regie de societe. C'est pourquoi nous lie nous y arreterons pas. II nous suffit d'avoir donn6 A peu pres tous Ics faitsque contient ce long inemoire. {Memolres de CAcad: des Sciences, torn. VIII, pag. 221—356. ESSAI D'EXPERIENCES ET D'OBSERVATIONS si;r l'espece vegetale en general, et en pahticulier srR la valevr DES caracteres specifiques des graminees; PAR M. RASPAIL. Dcs Tinstanl qu'oR; est devenu possesseur d'un assez grand' nombre d'objets de diverse nature, on eprouve le besoin d'in- troduire un certain ordre dans leur arrangement, de rapprochcr ceux qui so resseniblent par un plus grand nombre de rapports, et d'eloigner ceux qui n'ont cnlre eux que des relations moins tran- chees. Cette distribution methodique est, pour ainsi dire, le sup- plement de la memoire; ellc facilite a I'esprit les moyens de par- venir plus vite a relrouver ce dont il ne conserve plus qu'une iniage confuse, ou a decouvrir des rapports qu'il n'avait pas eu- ( 4o7 ) core aperciis. Seloii le nointire et la divcrsile des individus que Ton cherche i distiibuer, on divise et Ton sub Ji vise; et dans I'elude des etres organists, les dernieres subdivisions bicn tran- chees s'appellent genres. La circonscriplion d'un genre n'est done point dans la nature; elle ne peut pas non [)liis etre con-ideree comnie flx^e irrtivocablemcnt ; un seul individu nouveau qui Tient enrichir la collection suffit, pour modifier les caraclercs d^ja recus, pour former le lien entre deux genres qui paraissaicnl auparavant s'eloigner d'une raaniere prononcee. En consequence \e genera Ic mieux fait n'est pas celui qu'aucune decouvertc ulte- rieure ne serait capable de modifier; mais c'est simplemcnt celui qui represente le plus clairement I'elat actuel de nos richesses, et qui fait parvenir avec plus de facilite a retrouver celle de nos possessions scientifiques qui, a une epoque quelconque, est spe- cialemcnt dans le cas de nous interesser. Si jamais nous sommes assures d'avoir conquis toules les productions de la nature, alors sansdoute la classification deviendra stable, et la languede I'his- toirenaturelle sera faite pour toujours. Jusqu'alors les renommees, qui ne s'attacheront qn'u des creations de genres, seront exposees a s'effacer, comma la distribution d'une propriete disparait avec le maitre , pour etre remplacee par une distribution nouvclle, re- servee d subir tot on tard le meme sort. L'espece, mius dit-on au conlraire, est dans la nature; la plume du classificateur n'a aucun pouvoir sur elle ; fiile imme- diate do la creation, elle se transmet de generation en generation avec la purele des caractercs origiiiels; elle est marquee d'un sceau ineffacable. Voyez pourtaul I'inconsiqueuce de notre vanite; nous sommes bien plus flattes de voir nutre nom metamorphose en substanlif generique qu'en adjectiC specilique. Le present, quelque fugilif qu'il suit, a bien plus de charme pour nous que la tardive mais durable spectative de I'avenir. Car un nom dcvenu generique , quelque peu stable qu'il soil, est prononce aulant de Ibis qu'on a a prononcer unede ses especes : le Udui devenu specifiquc, plus durable sans doule, n'a pourlant jamais qu'une de ces chances de bonheur. Cependant, si l'espece dan.i les elres organises n'cxi>tc que tou- les les fois que ses caractercs se transmcttcnl, de peic eu filj-. pres- ( 4o8 ) qu'aux generations It-s plus rcculees ; commo les aulenrs dont la plume est si feconde en decouvorles de ce genre, n'ont cerles jamais rccours ii i'epreuve de la reproduction, on pent assurer d'avance, sans tenierite, que la nature reniera tot ou tiird, par I'experience, celte iiiultilude toujours croifsante de creations que le zele des naturalistes se plait de plus en plus i\ lui prefer. Je crois etre en droit d'en promellre dcspreuvcs assez certaines, par la publication des resultats que me fournit depuis quatre ans I'etude txperiincutale el comparative de la lamille des gra- minees. Lor.^que je ILvrai, au public le genera de cette famille, je pres- senlais deja ce que je vais aujourd'hui ecrire; mais, malgre les huit cents analyses de graminees snr lesquelles j'avais assis les fondeinens de ma classification, malgre les nombreuses figures dont celte etude avaitenrichi mon portefeuille, je ne voulus point nie hasarder a preceder I'experience, crainte de nuire k la verite par I'empressement que j'aurais apporte a la faire connailre. Je continual done a comparer mes previsions avec les fails, i pour- suivre mes inductions en presence de I'experience; ct si je me decide h publier enfin ces resultats, ce n'est pas que je possede tout ce que je suis en droit d'altendre encore; mais je prends pos- session du terrain, je dunne rexcmpie; d'autres peut-elre, moins entraves que moi, le suivront d'une maniere plus heureuse. Ah! SI un houime passionue pour la science avail a sa disposition ces Carres, ces nombreuses plales-bandes paralleles, ou les plantes naissent pour y mourir sans profit et sans gloire, et oii Ton sem- ble les avoir semces pour occuper des jardiniers, et non pour profiler a la science; comme ses jours couleraient pleins de fails nouvcaux ! Comme il prendrait note de tous les changemens que Pexposition , le sol et la culture sont susceptibles d'apporler a I'aspect exl^rieur, a la forme des organes d'un vegetal ! car si on desire surprendre la nature sur le fait; ce n'est ceiles pas la faule de la nature ; elle s'oflVe sous bien des jours differens, et presque A nu ! Qu'exige-l-on davantage? qu'elle vienne se presenter dans le cabinet meme, el sous la loupe de I'observateur? Nous sommcs un peu moins difiiciles, nous pour qui elle n'a pas lant de com- plaisance; nous courons au loin cbercher ces occasions fugitives; nous lenous nolo des lucaliles les plus lointaines, et quelqucs dts- ( 409) appointemens imprevus et bien fucheiix ne no;is cmpechcnl pa* de levenir encore; heureux ! quand aprts tant de pciiies el de preparalifs le pied du pa^saut ne foule point ?ans retonr nos plus ardenlGS esperances! Ce n'est plus dans I'herhier seul, mais dans les champs : ce n'est plus sur les maigres echanlillons d'especes rares on exotiques, Biais sur les innombrables individus des cspeCi s les plus com- munes autourde nous, qu'il est permis d'interroger desormnis la oature, et d'en rechercher les lois. Celui qui a'aura travaille que sur son herbier, quelque riche qu'on puisse le supposer, ne con- naitra par le fait que le coin de sa chambre; et si du fond de son cabinet il lui proud fantaisie de nous predire ct de prevoir la mar- che et k'S diverses phases de la vegetation, on concoit d'avance que d'echecs eprouveronl ses predictions ainsi aventurees. Quant a nioi. j'ai suivi une marche loule contraire; apres avoir analyse en detail tousles individus indigenes el exoliquesde grami- nces que les herbiers les plus riches renfeiment, apres avoir forme des groupes et des genres dans lesquels chacun de ces nombreux indiviJus me semblait vcnir se ranger sans effort, je me gardai bien de m'adonuer a celte partie de la science, qui, d'apris Champ- fort, ne pent s'eludier qu'avec un remise; je n'allais point perdre men temps a eompulser b:s livrcs pour savoir par cousbien de noms, d'erreurs ou de bevues on elait tombe a la denomination definitive d'une espece; je prevoyais bien d'avance que I'unique resullal de ce travail efit ele de decorer d'un long et insipide cor- tege de noms devenus sans valeur, un nom privilegie dunt le cre- dit ne serait peiit-etre pas plus durable. Je m'empressai au con- traire de laisser la les livres, bien sOr qu'au besoin un seul me liendrait lieu de tons, et de recourir ala nature sans preter I'oreille a des inlerpretes qui Tent si souvent traduile a contre-sens. II etait curieux de voir a cette epoque retonnement de ceux qui ve- naient me consulter sur la determination d'une espece ; lorsque je Icur disais franchement : Jen'en saisrien. II n'y a qu'un lemoin oculaire qui puisse evaluer le genre d'emdtion que ces derniers mots produisent sur I'esprit meme d'abord le plus favorablemeni prevenu. Aujourdhni peut-etre me pardonnoront-ils ce ridi- cule ; je vais tenter de leur expliquer par quels moyens je suis venu a buut de fciioir que je n'cn savais run. ( 4io ) Principe!) gcniraux. Le vegelal est soumis a la double influence du sol et de I'air. On ne sauiail uier que les variations ile I'un ou de I'autrc dc cos deux milieux n'entrainent lot ou lard les varia- tions dans les caracleres de la plante. La m^nie plante est bieit differcnlc parson aspect, seion qti'elle est exposee a une lenipe- raliire plus basse ou plus elevee ; a une knniereplns ou nioius in- tense, plus ou moins passagere ; a un air plus ou moins agite, plus ou raoins huinide; enfin selon qu'elle vient sur des hauteurs ou dans des bas-fonds. Mais la nature et I'arrangement des molecules du sol n'exerce pas une influence raoins puissante. Un sol com- pacte imprime a la plante des formes qu'elle n'avait pas dans un sol plus poreux ; Pair penetre plus facilement dans ce dernier que dans le premier, et y porte en plus grande abondance le principe de la vie. Quelle difference notable entre la plante des terrains sees et celle des lieux humicles ; entre la plante de I'argile peu ar- rosce et celle du terrain calcaire; entre la plante qui n'a ele inon- dee qu'un certain temps ct cel!e qui n'a cesse de I'etre toute I'an- nee ? La nature chimique du sol exerce a son tour des influences telles qu'il est telle plante qui n'affectionne jamais qu'un seul genre de terrain, et que telle autre se modifie par son scul trans- port dans un terrain, qui ne diflere, de celui quia vu naitre et mourir ses pere?, que par la composition variee des elemens ter- renx. II est tel sol auquel une plante doit sa fertilite ou les qiuilites qui la distinguent au goOl. L'abondance ou ia pauvrete de ce sol ne pent done manquer de modilier le vegetal qui I'affectionne. Ces principcs generaux, on les admet as^ez facilement, et ils paraissent iiicontestables lant qu'on ne cherche pas a les appli- quer. On se montrc plus difficile des que I'inslant de I'applica- tion est survcnu. Les resultals paraissent alors si hardis qu'on tremble de les admettre ; ils reiiversenl taut d'echaffaudages ! ils aneantissent tant de conquetes! ils entrainent avec eux uu desor- dre si grand en apparence, qu'on recule pour ainsi dire devant I'innovation, el qu'on se condamne A 6!re inconsequent, afin de conserver du moins un reste de celte lucidile, qui ne laisse pas que de consoler I'esprit, alors meme qu'elle est toute illusoire et toute imaginairc. Et pourtant quclles lumieres inallendues ne iailliraienl pas d'une etude poursuivie avec une perseverurice intelligeate , sur ( 4ii ) une grande echelle cl sous tous ces rapports tant negligts! qnello* acquisitions uiultipliees pour la science, si on prenait soiii ile no- tcr jusqu'aux plus legeies modifications que la nature du 50I, que les proportions varices de sescon)binaisons, sent dans le cas d'im- primcr au vegetal ! Celte etude est moins vaste qn'elle ne le pa- rait au premier coup d'oeii. Mais eile exigerait, de la part de I'ob- servateur, une rertaine reunion de qnaiites, un esprit surtout Gomparatif, et i'habitude de combiner les experiences it les ob- servations de maniere u faire decouler les secondes des premieres, et i\ preparer ainsi les troisiemes. II paraitra evident un jnur que ce n'esl qu'tv ce prix cjuc I'etude des etres vegelaux obtiendra des principes et se cliangera en science reelle et durable. Je fixerai I'attention a ce sujet sur un autre point de vue dont on avail tire quelquefois des inductions favorables a la creation des especfs. On trouve souvenl, a cote I'up.e de I'autre, deux formes qui se rapportentau meme type essentiel, mais qui offreiil entre clles des differences asscz grandes pour meriter un nom different. Ce voisinage, dit-on, indique assez que les deux formes repre- sentent deux especes; car ici ces deux plantes sont placees sous I'influenoe des memes agens, et par consequent lenrs modifica- tions respectives ne sauraicnt etre altribuees a la diversile des agens modificateurs. Mais on ne fait point attention que dans un terrain, ct surtout dans un terrain non soumis A la culture, il existe souvent entre deux mottes de lerre voisines une aussi grande difference qu'entre deux terrains bien eloigiius. L'une peul Cire plus poreusc, I'autre plus compacte, l'une peuf possedcr en plus grande abondance que I'aulre les sels necessaires a sa vegetation. J'ai tres-souvent se- me du ble sur des marnes provenant des d^blais des carricres dc Gentilly; ct afin qu'on ne pOt attribuer le recquerirdes dimensions gigantesques, con- server ou perdre la pilosile de ses articulations, el celle de ses locustes, et offrir tons les passages necessaires pour prouver de- nionsliativement que les Bromus nanus, tnollis, grossus Desf. ou sccatinus L. (i), pratensis Koel., et un assez grand nombre d'aulre.s ne sont que des individus differens. J'invilerai ceux qui auront bien voulu prendre la peine dc verifier ces passages insensibles d'une forme a I'autre, de relire ensuite les phrases specifiqucs des Bromus indigenes, lelles qu'on les trouve dans nos Flores pari- siennes, Flore francaise, Botanicon gallicum. Flora gailica, etc.; quant a moi, qui depuis nombre d'annees me livre a ces sortes de recherches, j'ai de la peine a croire que les auleurs aient examine par eux-memes une seule des especes qu'ils deciivent; et je ne cesse de dire que I'etude de nos livres de botanique ne sera de- sormaisque I'eliide de noserreurs; qu'on mepermettede lesnegli- "•er encore un instant, et de continuer a avoir recours a U nature. Dans une carriere abandonnee de Genlilly et sur une penle ex- posee au sud-ouest, composee de vieux deblais de I'exploitation, j'ai renconire un sujel assez curieux d'observalions sur la varia- tion generale de rensen;ble des caracteres du Festuca splca ventl Nob. [Jgrostis spicaventi L.) Sur le haut de celte colline de i5 pieds d'elevaliun, on trouve ce gramenavec sa stature habituelle, ses larges et longues feuilles, sa grosse tige, et sa belle panicule soyeuse et reflechie qui se ba- lance au moindre vent. A deux pieds au-dessous, les individus (i) M. DesfoiUaines a appiis dc Sniilh que son Bromus grossus, d'apK't. I'e- cliaiililldii aiilhcnliqiu-, iiVst qiif Ic sccalinus dv Limit-. dc colic cspfece raccourcisseiu leiirs feuilles, leurs liges, et n;- (Iressenl Icurs paniculcs apauviies; un peu plus bas les veiti- cilles de la panicule pjus courts s'inserent sur des articulations plusdistaiiles, pour former cette singulierc espece qiieM. DeCaii- dolle separait de VA. spica venti sur des caraclcres qui ensscnt suffi pour en faire un genre, et que ses predecesseurs regardaietil avec un peu plus de succes conirae une espece voisine ou une variete du premier ogrostis ^ sous le noni d'Jgrostis interrupta. Cette degrailation du fades de la piante va loujours croissant, a mesure qu'on descend cette pente , jusqu'a ce qu'tnfiii on ar- rive a la base, oii VAgrostis, dans les rameaux duquel se jouaient les vents, n'est plus representc que par une tige haute de 3 cen- timetres, ornee de trois ou quatre feuilles dont le limbe est fili- forme et canalicule, et dont la panicule ne porte qu'unc ou deux locustes sur chaque articulation. Cette panicule dans I'ancienne classification eQt ete un epi ; et peut-etre VAgrostis eQt etc range dans les Tritician, Ces nains de la race Agrostis existent et se renouvelient tous les ans dans celle localite en tres-grande abondance ; ils mCirissent, et aucune ligne Irancbee ne les separe de leurs congeneres des stations plus elevees. Les proportions des organes de la fleur, comme I'analogie Tin- diquait d'avance , sont en raison des proportions de la tige ; je raesurai comparativenient tous les organes d'un ecbantillon ordi- naire, et tous ceux de mes echanlillons degeneres, et je decou- vris que les organes de la fleur de ceux-ci etaicnt, a I'egard de i'autre ecbantillon gigantesque, a peu pies dans des proportions constantes cbacun a cbacun, ainsi qu'on en jugera par le tableau ci-joint: Agrostis spica venti L. maxima. Tige. . . . o"',47 Feuilles planes. o",og Glume infer.. . i ~ millim. Gl. super. . . 2 ^ millim. Paillette infer.. . 2 ' millim. Arete n millim. Agrostis spica venti L. nana. roult O^OJ. 0,01. 1 ■ millim 2 millim 2 millim a millim ( 4'-^'^ ) II laiit leiiir compte, dans ces sorles cl'invesligalions, de I'elal plus oil moins mQr des organes; car dans I'etat de jeunesse les glumes et paillettes sorit bien plus courtes qu'elles iie doivent I't'lre a un age plus avance. II fant tenir compte aussi du la diver- site des terrains ; car dans un terrain different ou plus fertile, les locustes pourraient bien s'elever a de plus grandes dimensions; et le tableau que je viens de soumettre aux regards, est moins destine a fournir des mesures invariables qu'a faire voir au con- traire combien la longueur de ces organes est sujette a varier, et par consequent a combien d'anomalies on exposerait ses des- criptions, si on faisait entrer la longueur des organes de la fleur parmi les caracteres specifiques. Examinons un instant ce qui arriverait a un observateur encore novice, qui voudraif retrouver dans un auteur systematique le nom qu'on a attache a resjiece dont il tiendrail nn de ces repre^entans entre les mains; prenons au basard une flore locale, le botanicon galiicum comme une des plus recentes. Supposons qu'a la laveur des caracteres generiques (qui, pour le dire en passant, peuvent convenir presque a toutes les graminees aristees), et a la faveur des coupes qui sont toutes erronees, I'observateur ait pu decou- vrir la place i laquelle son espece doit se trouver. Quel embarras nouveau I'arretera a la phrase specifique? le livre lui dira foius plants scabris , et ses individus les lui offriront setaceis et Iwvibus; le livre lui dira paniculd elongatd patuUi maltljlovd; son echantil- lon la Ini offrira spicata et pauci flora; !e livre lui dira glmnce val- vulis mqiialibiis, et rechantillon les lui offrira Inceqimlibus. Je ne m'arreterai pas aux glumis acuminatis glabris perigonium superan- tibus, perigonli valvutd externa acuminata infra apicem aristatd, aristis rectis strictis tongissimis interna paulo breviore breviter 2 mu- cronulatd, car I'observateur ne tiendra aucun compte de tous ces mots qui n'expriment que des formes bannales et qui con- viennent peut-elre aux deux tiers des gramen. L'epreuve que je viens de faire subir a une phrase specifique du botanicon galiicum, je pourrais au besoin la faire subir pres- qu'a toutes les phrases de gramin(5es, non-seulement de cet ou- vrage, mais encore des flores les plus estimees, lelles que I'est juslement celle de Mertens et Koch. La forme et la couleur des antheres qui varient selon qu'on les examine avant ou apres ( 4^5 ) remission dii poli<;n ; les teintes purpuiines des paillettes que I'exposition et i'humidite du sol effaccnl, affaiblissent ou retou- chent par lant de nuances, la longueur de I'arete, son tortillement par la dessiccation, son insertion plus on moins pres du sommet do la valve, la rigidite vigoureuse ou la grele flexibility du chau- ine, I'absence on la presence des asperiles des nervures , enfin lous ces caract^res varies auxquels, en desespoir de cause, a recours le classificateur des especes, se traineront encore quelque temps dans nos speculations de librairie ; mais, quelque penible qn'en soil le sacrifice, il faudra pourtanl flnir par les abandonner. II me serait facile d'ajotiter aux deux cxemples sur lesquels je viens d'appuyer mes assertions, des exemples plus frappans peut- etre, mais qui soni moins a portee d'etre verifies ; la nature four- nit, a chaqiie pas, I'occasion d'augmenter la liste drs dementis qu'ello donne aux creations, quelui prele le savant decabinet, avec une cou)plaisance si liberate. Je vais commencer aujourd'hui par appliquer ces principes an genre Festuca, par en decrire les meta- morphoses (pi. lo); je continuerai, dans les livraisons de nos Annates, a me livrer a des revues des autres genres de cette f-amille. Metamorphoses du genre Festuca. — II importe pen de prendre pour point de depart I'une plulot que I'autre des nuances speci- fiques que je vais examiner. Nous n'avons pas a rechercher ici la filiation de ces passages insensibles des formes typiques; mais nous devons prouver seulement la realite de ces variations insai- sissables si je puis m'exprimer ainsi. Je prendrai done un groupe d'esp^ces que j'ai tache de mon mieux de determiner d'apres les echantillous, que j'ai le plus comniunement recu des botanistes, et d'apres les descriptions des auteurs, qui seraient eux-memes fort embarrasses de nous designer I'espece qu'ils onl voulu de- crire, s'ils n'avaient pas recours i leur herbier, el meme, j'ose I'assurer, alors qu'on leur laisserait la liberie de recourir a ce temoignage autheutique ; je placerai done sous les yeux du lec- (eur les Festuca ovlna, icnuifol'ta, duriuscula, ametliystina, Lemanii, licterophylla, rnyurus, uniglumis, ciliata, bromoides ; j'en examine- rai tour a lonr les dilTerences comparalivement ; et je me laisse- rai eusuitc conduire par i'observalion jusqu'a des especes qui , ( 4^-4 ) s'il faul cii cruiie iio.s floristcs, ;ipj)artieiulraieiU ;\ dcs genres l)i(;n eloignes. On aurail tort de m'objecter que, dans celle elude, it pourrait liicn m'ctre arrive de ne ni'etre pas assez assure de la synonymic generalenient admise, el de n'avoir pas confrontc mes echanlil- lons avec le plus gram! nombre des herbiers : i° parce que les auteurs, comme je Tai dit deja, sont fort incertains sur les carac- leres qu'iis out assignes a leurs especes; que ces caracteres sont si fugacesque je ne sache pas deux auleurs qui s'accordenl a cet egard enlreeux; 2° parce qu'il s'agit nioius ici d'une monogra- phie destinee ;\ rcdresser les erreurs de synonymie, que d'un Ira- vail fondamenta! proprc ademonlrer que les caracteres assignes par lours auteurs, a leurs especes, ne sont que des accidens variables. On pourrait ni'objecter encore que les auleurs ont pu mal decrire et mal figurer leurs piantes; et que le vice d'une description ne lait rien a la valeur de respect-. Je repondrai a cette objeclion que je sui> moins severe, et qu'il etail impossible aux auteurs de trou- ver, quant a ces especes, des caracteres d'une plus grande valeur. Cependant, afin d'agir avec plus de prudence, j'ai pris les especes qui croissent autour de nous et que j'observe depuis long-lemps; et alors meme que la synonymie de deux d'enlre elles serait in- eerlainc, el que ie nom de I'une pourrait bien etre le nom de I'autre, en definitive cette erreur ne serait pas d'une grande con- sequence ,' si je finis par prouver que I'une et I'autre doivent s'identifier avec une troisienie que i'on reconnait plus facilement. Or, dans toutes les especes ci-dessus enumerces, en descendant des organes superieurs aux organes inlerieurs, on trouve egale- inent : 1" un ovaire glabre surmonte de deux sl_ygmales distiques blancs (fig. 7) (1) q"" s'elalent a la fecondation. On les voit tres- (1) J'ai suivi, dans rindicalion des organes figures sur la planche 10, la ni6lhodc que j'avais adoptee dans mes premieres publications sur la famille des grauiinees. Les mcmeslettresy desiguent les meuies organes, et lescliifries arabes indiquent le nombre des nervures , la stconde lettre qui se trouve apres 17i se rapporte aux diverses formes d'ecailles que j'ai figurees sur le tabUau de ces organes. {Annal.des scienc. nat., avril 1825.) Ainsi sur la planche 10 : fc = locuste d'une panicule ; e = glume inferieuie ; = paillette superieure ou parincrviee ; h = ecailles ; /= graine mure. ( 4^5 ) grossis sur la figure, el j'y ai supptime les fibrilles qui s'ecarlent de rnrdre distique sur la lace anterieure, afin de niellrc a decou- vert I'ordre d'inserlion des aiitres. Get uvaire se change eu une graiue tres-elliplique rougeatrc, convexe dii cote i\u scute Hum, sillonnee longitudinalenieut du cote oppose et revelue etroite- ment par les pailleltes, surlout par la !?uperieure. Les etamines sont au noinbre de trois ( otina) ou reduites a une seule (uniglii- mis); mais cette difference ne saurait constituer nn caractere speciQque, et du reste elle est en ra[iport avec la ferlilite de la locusle; plus celle-ci tend a resler sterile, plus on voit le nombre d'etamines diminuer dans les fleurs qui ont sur le mcine pied conserve leur inlegrite. Or, Vuniglamis a une tendance specialc a faire avorter les flours superieures de ses locustes. Les ecailles de I'organe m31e sont identiques dans toutes ces especes; inegalement bidentees, charnues a I'etat frais (fig. 5), menibraneuses a I'etal sec (fig. i,3, 4)- La paillette superieure ou binerviee estidentique sous le rap- port de la forme, tnais elle varie de grandeur selon les inilividus et surtout seldn lage de la graine; car elle s'allonge chaque jour avec cette derniere sur la surface de laquelle elle s'est agglulinee. Son somniet, toujours drvise par I'ecartement de ses deux ner- vures, varie accidentellemenl par les dechiremens de sa substance qui est toute membraneuse; et Ton doit rayer des caracteres spe- cifiques de cet organe le caractere integro aut fisso apice, dont les auleurs, qui n'y regardaienl pas de si prfes, ont fait un usage si arbitraire. Ainsi, a I'epoque de la fecondation, les deux nervures lat(5rales s'elant plus developpees que la parlie mediane qui , n'ayant pas de vaisseaux, semble privee de vie el ne croitre que passivement, ces nervures depassent un pen cette portion du somniet de la paillette qui parait alors bifide (fig. 5, 6) ; mais lorsque la graine s'est appliquee intimement contre les parois internes de cette paillette , alors la parlie membraneuse cedant plus que les deux nervures laterales a raccroissemenlde la graine, il arrive que le milieu du sommet s'eleve plus haul que les deux nervures, etmeme qu'il s'elargit; et dans ce cas la pariletle s'offre avec la forme des fig. i, 2, 5. Les fig. 1, 2 la montrent vue par devrierc, et avec I'cnfoncement qui s'est moule sur le sillon ion- ( 42^i ) gitudinal et poslerieur d<: la graine. Les fig. 5, 6, la montrent par-devant et encore libre. Quant a la paillette inferieure, toutes ses variations dependent de sa grandeur et du developpement de I'arete. Du reste, nfieme nombre de nervures qui sillonnent sa substance pour venir se reunir,TU sommrt et y former I'arete; meme bourrelet oblique a la base de la paillette; seulement ce bourrelet offre quelques mo- difications sur certaines esp6ces; mais ces modificalions ne tien- iienl, a ce que je crois, qu'i\ I'age et au developpement un peu plus grand de I'espace qui le separe de la base veritable de la paillette. J'ai eu deja occasion de faire observer que ce bourrelet, plus ou moins visibleselon lesgenres diversdegraminees, correspond exac- tement a I'articiilation caulinaire sur laquelle s'inserent lesfeuilles. La surface exterue de la paillette est glabre ou se couvred'aspe- rites qui peuvent quelquefois devenir des petits polls. Mais ce ca- ractere varie selon les lieux et seion I'Sge de la pliinte; il acquiert une assez grande iutensite dans les endroits sees et sablonneux. La couleur verte et quelquefois lavee au sommet de purpurin, tire sur lerougeStre a la maturite. Les glumes sont aussi variables en longueur que les paillettes: la superieure peul acquerir une arete: et I'inferieure se raccourcit teliement que meme avec le secours de la loupe on a de la peine k la distinguer; la reunion de ces deux circonstances a fourni I'es- pece qu'on a designee sous le nom d'uniglumis. Mais sur les echantillons de cette pretendue espcce , on voit la glume supe- rieure perdre son arete ou la raccourcir; et la glume inferieure varie tant, que tanlot elle n'a que j, |, j, ^ millimetre de long, et tantot, sur le meme echantillon , elle atteint jusqu'a qualre millimetres, et egale ainsi la glume correspondante des aulres pretendues espcces qui, dans nos catalogues, se trouvent placees aupres d'elle. Tantot elle tst toute membraneuse, et tanlot elle est traversee d'une grande nervurc verte. J'ai verifie ces assertions sur un grand nombre d'echanlillons de nos environs, de la Bre- tagne, de TAIsace, du midi de la France et d'Espagne. La forme totale de la locuste est aussi variable que tous ces or- ganes; et la longueur du pedoncule ne sert pas peu h y contri- buer. Qu'on jetle les yeux sur les deux locustes des fig. 5 et qui appartienneut a deux individus de la meme espece, pour avoir ( 4^7 ) uiic idtic de celte sortc d'offet. Ajoutez ;\ celte circonstance la jeu- nesse de la plante ; car alors les fleurs sont telleinent lassees dans line locuste, qu'il ^erait difficile souvent do deviner ;\ quelle es- jiece elle doit apparlenir, et je suis sflr que bien des especes de Bromus ne sonl dues qu'a celte cause de meprise. Les p^doncules de la pauicule pen vent etre plus ou moins ri- ches en ramifications et plus ou moins hispides ou menie entiere- luenl glabres, sans qu'on puisse en aucun cas rencontrer aucune liuiile certaine dans les variations de ce caractere. Si nous dcscendons maintenant aux proportions de la tige, des feuilles, des gaines, a la villosite ou a la glabreile de tous les or- ganes caulinaires, c'est ici que les nuances se piesentent avec tant de versatilite aux ^feux de celui qui observe dans les champs, qu'il se voit force, ou bien de ne plus ajouter I'oi auxlivres descriplifs, ou bien de n'en plus croire ses yeux meme. La tige se rabougrit ou s'exagere, sa surface devient lisse ou rugueuse, les linibes des - feuilles s'aplatissent ou se torlillent et s'enroulent sur la meme espece etquelquefoissur le meme individu. Dans leF. heterophylla ou a aioute une grande importance a la forme des feuilles; voici a quoi se reduit ce caractere en apparence si tranche. Ces touifes de gramens ne produisent le plus souvent que des jets qui avor- tent ; leurs feuilles se developpenl en raison inverse de ces jets eux- memes ; mais le limbe , qui dans ce cas represente exactement I'arele des bractees florales, se r^duil a n'avoir plus que la ner- vure mediane qui est proeminente sur la page externe ; sa page interne est plane a cause des deux marges merabraneuses de la feuille; les autres nervures lalerales ne se sont pas developpees, et le limbe, si large ordinairement, de la feuille des graminees, de- vient ici entierement capillaire. Mais nous avons deja vu que les nervures lalerales disparaissent sur la feuille de la meme espece; ce caractere de Vlieteropliylla n'est done qu'uo accident et non une dislinclion specifique. Car a mesure qu'on avance vers le haul de la tige, on voit le limbe s'agrandir jusqu'a egaler ceux des prelendues especes qui n'ofl'rent rien de semblable a la base de leur tige. Qu'on suppose maintenant que Vlieteropliylla n'a- vorte sur aucim de ses jets, et ce caractere disparaitra entiere- meul ; alors ce sera Vamctlnstinaoa tout autre espece. Mais puis- que les feuilles du bas peuvent etre capillaires, il est naturel d'ad- ( 4--^S ) ineltrc que cellcs dii IkiuI do la ligi; poiirmiii Ic dcvenir ;'i Iciir loiir; car en fait de modifications accidentelles, il serait ab«urdc de s'aneter ici pintot que li ; et des ce monicnl, pi I'on est fidele aux principes admis par I'ancienne ecole d'ngroslolorrip, jl taiidra adnieltre une troisieme espece, qui sans aucun donle aurait porte le notn de capillifolia. Je ne parlerai pas du caraclere de la racine, quoique les au- teurs aient pris soin de le mentionner dans leurs phrases specifi- ques; il me serait didicile de saisir les differences qu'ils ont cu intention de nous indiquer; je doute meme qu'ils aient ru ititen- tion de nous donner autre chose que des noms, faute de trouver des caracteres stables. Resumons tous ces principes. Vitniglumis ne se distingue du myuras que par une taille nioins elancee, par un epi plus tasse, par une glume inferieure qui, sur le nieme pied, semhie quelque- fois s'obliterer, et par I'arete de sa glume superieure ; or nul de ces caracteres n'est reellcment distinctif. Uuniglumis n'est done que le myurus venu dans mi sol plus sablonneux et plus bride. Le bromoides est un elre imaginaire ne de la negligence de I'ob- servaleur. Quant an c'diata il se distingue de Vaniglumis par les fleiirs superieures a la premiere, qui avortent et se rtduisent a une seule paillette, dont les nervures diminuent en nombre et dont, par consequent, la substance se retrecit. J'ar suite de cet avortement, les paillettes se couvrent de jioils plus ou moins nom- breux; or les memes fleurs avorlc nt egalement sur nos deux in- dividus (Vaniglumis ; et le Festuca ciliata de Corse n'offre pas d'au- tre difference. Ce dernier est done encore un accident du terrain et de I'exposilion. Mais le myurus lui-meme ne se distingue du duriuscula, lietc- rophylla, rubra, glauca, que par sa panicule plus resserree et plus allongee; or la panicule, ainsi que nous avons deja eu occasion de le dire, ne pent pas etre meme un caractere de seconde valeur. Doric le myurus n'est encore qii'un Jiccident dO an terrain ou a I'exposilion et une des nombreuses formes du type specifique. Faisons un pas plus hardi; etposons la question de savoir si ces paiiicules plus on moins ramifiees, ne pourraient pas se reduirc a devenir des paniciiles simples, c'csl-a-uire composees d'une seule locuste par articulations. Je doule qii'on puissc repondre ( 4-in ) j);ir ia negative; el en admellant I'afiiruiative, le myarus et pes nombrciises transformalions deviennent le Triticinn nardiis dont j'ai figure deux individus venus dans dej terrains difl'erens (fig. 5 et 6, pi. lo). Or Hen n'est plus commun que de voir, dans les champs, le myarus passer par tous ses interinediaires k la forme de ce pretendu Triticum. Sur le meuie pied on trouve une pani- cule ramifice et I'aulre simple, et bientot on trouve des pieds iso- lesqu'on nesait plus a quelle forme rapporter; leur panicule, sim- ple conime le Triticum nardus, offrc I'aspect et la souplesse du Feslucamyurus. Dans le pare de Saint-Cloud, en se dirigeant de la oolonne de Diogene a Ville-d'Avray, on trouve sur sa gauclie un sentier ombrage qui longe la lisiere d'un fourre et qui descend vers Sevres. La croissent de nombreux individus de Festuca de- generes, u paniculc simple, mais les uns a locusteslonguement pe- donculees, ct les aufres a locustes plus courtes et se r.ipprochant davautage de la sessilite. Tous ces individus venus a Sombre out perdu la rigidite que le Triticum iiardus acquiert dans les ter- rains decouverls etcalcaires. On pourrait peut-etre se rejeter sur ce caract^re pour nier leur analogic avec le Triticum nardus. Mais la nature a place pris d'eux la reponse la plus peremploire ;\ Toh- jeclion ; car a lours cote? croil le Poa rigida, L., qui est devenu tout aussi flexible que ie Triticum nardus. Qu'on ne pense pas qu'on puiise rencontrer des caracteres distinctifs et stables dans les en- veloppes de la lleur. Les iucustes des fig. 5 et 6 sont communes a tous les Festuca que j'ai enumeres plus haut; et les seides difTc- rences qu'elles pourraient ofl'rir entre elles, ce sont des differences de dimensions qui varient a I'infini sur les nombreux individus de ces pretendues op^ces. Que I'arele disparaisse sur chacune des paillettes de ce myarus devenu Triticum d'apres les anciennes classifications , on ne uiera sans doute jjas que ce qui arrive sur le ble, I'avoine, \g Fes- tuca ovina, nepuisse arriver sur not re pretendu Tn <(c«w; or des lors le Triticum nardus et uniiaterale deviendront le Triticum poa dont j'ai figure une lucusie, pi. lo, fig. i [b). La diflerence exterieure qui semble exister entre sa paillette ef celle de la fig. 5 ne pro- vieiit que de la maturite de la graine. Nnlle autre caractere ne pent autoriscr une distinction entre ces deux formes de type spc- ciri(|uc; et ceux qui ont cree deux noms pour les designer, an- ( '|3o ) raieni du, pour etre fideles a la logique, en creer deux pour I'a- voine ordinaire selon qu'elle est mutiqne ou aristee. Nous voioi arrives sur un terrain ou ies deductions seront lout aussi rigoureusement deduites que dans Ies cas precedens; mais on aura, je pense, de la peine h nous Ies accorder d'aus.«i bonne grace. Nous avons eu deja I'occasion de faire remarquer assez fre- queranient, que la longueur d'un organe ne saurait etre conside- ree comme invariable, et qu'il etait presque impossible de deter- miner Ies limites de ces variations. Eh bienlquenotre Tritlcam poa ou plutot nolve Festuca poasuhi^se un raccourcissemenl sur toutes ses parties florales, que la distance des entre-noeuds se reduise, que le nombre des fleurs envelop- pees par la ra^me glume augmente; et des ce moment on aura sous Ies yeux le Triticum rottbceila des auteurs, pi. lo, fig. 3. Or quand on observe une serie assez nombreuse de ces deux pre- lendues especes, il deviant imposible de prcciser la limile que I'arbitraire meme des determinnlions serait susceptible de fixer a I'une et a I'autre de ces formes. Ce que Ton peut dire de plus rai- sonnable en pareiile circonstance, c'estque \e Festuca poa est venu dans un terrain calcaire et a conserve le facies ordinaire aux plantes de ces localites, et que \e Festuca rottbceila a cru dans Ies sables humides des bords de la mor, et qu'il a acquis dans ce terrain cet aspect rigide, cette couleur purpurine ou pa- leacee, que cet habitat communique a tons ses nouveaux colons. Le passage du jP. rottbccUa au Poa rigida est encore plus sen- sible. Pour arriver de la premiere forme a la seconde, il n'est be- soin que d'alloiiger le pedoncule des locustes de la premiere ;et Ton a alors des individus a panicule simple du F. rigida. Nob.; car la panicule de cette espece varie de toutes Ies manieres; ana- logue ii celle de I'ancien genre triticum, on voit chaque pedon- tulese ramifier tantot surle mf me pied, tantot sur Ies pieds voisins; €t sur Ies individus qui couvrent Ies sables maritimes d'Aigues- Mortes dont M. Petit nous a procure im echantillon, le chaume iicquiert un pied de hauteur, la panicule est tellemenl rameuse €t etalee qu'au premier coup d'oeil on croirait avoir un individu du Festuca jnariti7iia des auteurs [Diarr/iena maritima , Nob.). L'aspect est bien different encore quand on seine'dans Ies jardius ( 43. ) botaniqufs Ics graines du Poa rigida Jc nus environs; sa cou- leur veidatre, ses feiiilles larges, sa panicule epanouie, ses lo- custes i^ quatorze fleurs iui coinmuniquent un aspect si elrange qu'un ceil exerce pent seul retrouver au milieu de ce riche tra- veslissement de noire Poa, des traces de son liumble origine; et j'ose assurer d'avancc que Ics graines de ces individus culti- ves, semees I'annee suivante dans un terrain encore plus riche donneraient des formes que meconnailrait I'oeil nieme de celui qui aurait poursuivi ce genre de culture. Si Ton ne s'arrfitait qu'i examiner comparativemcnt une figure analytiquc du F. rotibcella, et une autre du F. rigida, on ne man- querait pas, il est vrai, de saisir quelques differences capables de recevoir des noins differens. Ainsi on dirail que la locuste du F. rottballa (fig. 5, pi. lo) est plus compacte et plus riche en "fleurs que la locuste du F. rigida [fig. a, pi. lo) ; que les pedon- cules floraux de celle-ci sont plus allonges que les pedoncules floraux de celle-la; que la paillette superieure de celle-ci offre sur le dos une difference avec I'autre, que I'une offre un enfonce- ment, tandis que I'aulre, que nous avons figuree par-devant sur la planche, se presente comme aplalie sur les deux faces; enfin que les paillettes du F. rotibcella sont un peu plus grandes que celles du F. rigida (i). Mais en observant une serie assez nombreuse d'echanlillons , on parvient sans la moindre diiriculle a reduire ces observations a leur jusle valeur : car le pedoncule s'allonge on se raccourcit par des variations sans limiles, et ce caractere seul sufTit pour donner a la locuste un aspect different; les fleurs plus tassees s'elargis- sent davantage, et la locuste est imbriquee, de lache et peu four- nie qu'elie etait; sur le F. rigida des jardins, la paillette infe- rieure ainsi que la paillette superieure deviennent deux fois plus longues et pluslarges que sur le merae Festuca des champs; et le pedoncule s'allonge dans les memes proportions. L'epoque a la- quelle on fait robservalion pent encore accroitre I'illusion de ces diflerences; ix la floraison, les paillettes se renversent en arriere, (i) C'est rinverse sur nos figures, parce que nous avons plus grossi le F. rigida que le Festuca roltba-lla ; la meme observation doit s'appliqucr a toutes les figures d'analyse de la piancLe lo; c'est sur les figures de grandeur naturelle, qu'on pent se laire une idee des proportions relatives des organes. ( 4:^2 ) les f;lnines s'ouvrenl, el la locuste paioit inoii\s compacle ; cjuand la (loraison a eu lieu, les flours reviennent conlre I'axe, et la graine continuant A inurir, tout se presse, les organes se moulcnt les uns conlre les autres, la paillette superieure cesse d'etre apla- tie, et acquiert la forme des figures i el 2 ; des ce moment la lo- custe est imbriquee. Mais, en observant dans les champs, on voit quelquefois les proportions tellement decroiire a I'egard de (ous ces organes du F. rigida, que bientot loule la plante se reduit a un on deux centimetres d'elevation. On peut en juger par les individus de F. rigida, qui croissent sous I'allee du bois de Saint- Cloud, a cote d'un Triticum nardus dont j'ai deja parle. J'ai re- prescnle de grandeur natnrelle, Cg. 4, un individu analogue venu dans un terrain un pen humide des environs de Paris; la locuste est celle du F. rigida, mais les caracteres generaux ne rappellent plus cetle origine; tout dans cet individu se presente en mi- niature. II est done evident que de tons les caracteres assignes, j'ose le dire au hasard, aux diverses especes que je viens de passer en re- vue, aucun n'est invariable, et que tons peuvenl varier a la fois; qu'une exposition plus ou moins favorable, un terrain plus ou moins sterile et d'autres circonstances capables d'exercer une influence energique sur la vegetation, sonl susceplibles de j)ro- duire toutes les mtlamorplioses que je viens de der rire, et que I'on pourrait exprimer par les mots : raccourcir ou allonger, polir ou herisser de poils, jaunir, verdir ou leindre en j)iirpurin. Jusqu'a present nous sommes descendtis d'un point pris arbi- trairement {Fcstuca duriusctda on heterop/ijUa); et piir des degra- dations de longueur nous sommes arrives aux especes les plus greles. Mais puisquc ces orgaries peuvenl decroiire el n'avoir plus que les dimensions de la figure 4, il est evident qu'ils sonl capables de croilre proportionnellement et de se modifier en sens inverse. Des ce moment nous aurons le F. elatior qui, dans les pres humides, est mutique, el qui, dans les prairies arlificielles, ac- quierl. avec une arete inseree un pen au-dessous du soramel, le nom de F. arundinacea. Le passage le plus evident de ces deux formes m'a ete ofTert par des individus, qui provenaient degraines tombees sur une chaussee de terrtau qu'on venail de construire a travcrs les prairies de Gentilly. Ce terrain elait nicnble. ((';(hiit ( 4r>5 J sous les pas, paraissait spongieiix, et s't-Icvail -Ic cinq picds envi- ron au-dessus du niveau de la prairie. La le Fcsluca rlatior pos- sedait un chevelu noirel foimant unetoufle abondanic, des feuilles courles, elroiles niais plams, et !es pailleltes elaient fortement aristees; I'argte ne s'inserait pas aussi bas que dans le Festuca arundinacea ; mais un cerlain aspect bien appreciable indiquait assez que ces individus provenaient du Festuca etatior qui couvre toute cette prairie ; le Festuca arundinacea tnieux caracterise ne so trouvcque loin de la, dans les prairies artificielles d'Issy, pres de Meudon. En me laissant comiuire maintenaiit par I'analogie, ie tronve que si Tune ou I'autre de ces deux formes etait sem^ sur les sables marilimes, elle y prendrait le iiom deF. arenaria, ou de F. sabuUcola Duf., si ses locuslos se couvraient de poils. Mais afui de ne pas effrayer plus long-temps les auteurs dont lenom serattache a la creation des especes (i), jenepousjcrai pas plusloin ces inductions, qui ne sont pourtant que des consequen- ces rigoureuses de principes qu'on ne saurail contester. Je ne chercherai pas encore a prouver que le Cynosurus cristaius n'est qu'un Festuca dont plusieurs locustes out subi le genre d'avorte- mentque j'ai dOcrit ci-dessus an sujet du Bromus iectorum du bois de Boulogne ; que les Festuca peuvent devenir des Poa, qui ne s'en dislinguenl que par leur graiue et leur paillelte inferieure caren6e, sorte de variation qui est encore plus possible que toutes celles doiit nous venous de nous occuper dans ce memoire. Je n'ai du parler dans ce travail que des formes qui conservent les caracteres traces dans notre classiQcation , et sur lesquelles I'experience in'avait fourni des donnees cerlaines. Je m'occunerai successivemenl di s autres; non point que je m'attende a 'voir adopter ces idees des leur aopaiition; une assez longue habitude m'a appris a former des esperances plus loinlaines ; il n'est peut- elrepas uneseule de nos publications scicntiGques qui n'ait com- mence par exciter une espece de hcandale. Qu'on sc rappelle tou- tes les lr:ica>serics que nous a suscilees le meuioire France et en Alleniagne il est tel libraire qui ne se chargerait pas de pabhcr une Flore, si ellc ne renfermait pas «n certain nombre d'especes nouvelles ; on con?oit que les auteurs ne sont pas embarrasses de satisfaire cr. gouts pom- la nnuveaiite. 38 ( 'i"4 ) ■ el lollies celles que le inemoire sur Ic sang nous snscile encore de la partd'un auleurqui veut se venger, el Ton nuns croira sans peine, lorsque nous assurerons posilivement que nous nc coniplons ja- mais sur la conviction qu'au bout de quelques annees. C'est nn peu tard; mais qu'imporle ? la science finit par en profiter; el nous qui ne Iravaillons que pour la science, nous ne visons pas a ces irioniplies qui soiivcut n'oiit pas de lendemain. On uie demandera sans doute, ce qu'on ne cesse de deniander, si ie pensc qu'il n'exisle pas d'especes. Ce sunt la des questions oiseuses, el qui ne donnenl si souvenl lieu a des discussions assez loagues, que parce qu'on n'en a pas fixe nellement le sens. Si Ton eulend par espece la succession de pere en fils des ca- rncleres Iransmis sans alteration par les grands-percs, je deman- derai a mon lour qu'on me doniie des preuves de cetle gen^alo- gie sur chaque espece que I'on enregislre dans les catalogues, el surtout sur les especcs dont je viens de ni'occuper. Si au contraire je suis parvenu a pruuver que les especes tanl reverees, que je crois etre venu a bout de detruirc, ne sont que des passages in- sensibles de ces formes-ci a celles-la, 11 I'audra bien qu'on ni'ac- corde que ces especes n'en sonl pas, dans racceptioii ordinaire du terme. Cependant on observe en meme temps que quelques- unes de ces formes se montrent plus ordinairement et quelque- fois exclusivcmenl dans certaines localites et dans cerlaines ex- positions; la confusion que mon travail aurail pu inlroduire dans les catalogues est facile i\ reparcr; car racceplion seule du mot espece sera changee, el au lieu d'admetre que le F. heterophylla avail pour aieul un F. helcrophyUa, nouspourrons admetlre qu'elle avail pour aieul toute autre espece de ce groupe, et que sa degene- rescence ou son ennoblissemenl n'est provenu que de linfluence plus ou moins continue de I'exposilion ou du sol. Les in termediaires sur lesquels on se preparail a nous donner une serie encore plus riche de creations de cabinets, disparaitronl de nos catalogues, une fois qu'on aura averli I'observateur de la possibilite et de la fre- quence de ces variations. II ne I'audra jamais separer I'etude de I'espece de celie du terrain et de I'exposilion, el sous ce rapport il ne faudra pas se contenter d'indiquer approximalivement la nature du sol d'apres un simple coup d'oeil, mais tacher d'en re- connailre les principes conslituans el les diverses circonstances ( 435 ) nccessoire?. Car je suppose que ce soil la silice qui exerce une influence notable sur un caractere de la plante, on concoit qu'on rencontrerait ce caractere dans les terrains sablonneux comme dans les terrains argileux. Or, si jamais on venail a decouvrirque cette forme donnee ne se montre que dans un terrain qui n'aurait d'analogie avec I'autre que par la presence d'une seule substance, et que cetle forme ne se montre jamais dans un terrain qui est prive de celte substance, on anrait alors une regie au moins probable pour indiquer la cause de la modification specifique. Voila unecarriere nouvelle et feconde ouverle a no? investigations. Suspendons un instant nos creations specifiques pour trouver des formules necessaires a la determination des individus; mettons un terme a cetle aberration de I'esprit, qui nous porte a rechercher un fantome specifique, encore plus qu'une verile de detail et meme qu'unegeueraiite. Quechaque observateur s'emparc d'une famille, qu'il apprenne a en connaitre tous les detours, qu'il Tan^lyse dans tons les sens et sous toutes ses formes, qu'il y travaille plusieurs annees d'une maniere comparative et raisonnee, et alors j'invite- rai les amateurs passionues d'especes nouvelles a soumelfre leurs chimeriques tresors a I'examen de notre observateur pbilosophe. Si les principes que je viens de poser sont conformes a I'ob- servation , que devicnnent ces discussions, qui ont pour but de deviner quelle est la forme que Linne ou que tout autre auteur a designee specialement par tel nom et telle phrase specifique? et combien n'aurais-je pas eu a regretter la perte de raon temps, si j'avais chcrihe a le consacrer a ces recherches d'erudition bo- tanique? Que m'imporle que j'aie trouve tout juste la modifica- tion que Linne tenait, de son cole, quand il prononcait le nom de bromoides, si, a la suite de cette modification, j'eii trouve cent au- tres que Linne avait negligees, et qui pourtant ne sont que des nuances de la premiere ? Linne. certes, qui a tant fait pour les gene- ralites, qui a ouvert une carriere immense, a commis de grands ecarts dans les specialites; mais pourtant est-ce plutot a lui qu'.'i nous qu'il faut s'en prendre, si nous nous sommes fourvoyes dans ces Ifetails : il avait plante des jalons, nous les avons eriges en principes indestruclibles ; il a fait des especes douteuses, mais il en a fait pcu; et nous, au lieu de les reduire encore, nous n'avons cherche qu'a les multiplier; sa sobriete dans ces creations nons ( /.3n ) aiilorise I'l croire tjiril se mcl'mil dc ses principes ; el nom, nous Ifs avonssuivis aveuglement ; csl-cebien lui (piinoGsa trompcs? S'il fiint en juger par les families que j'eliidio, on pourrail assu- rer que nous n'avons fait qu'ernpircr sur les erreurs que la masse de SC9 materiaux ne lui avail pas permis de rectifier. Que Ton compare ses descriptions geiieriques avec les descriptions genc- riques de uos Flores les plus modernes, et ses phrases specifiques simples et energiques avec les jilirasc:- specifiqu«s que Jes uuleurs ont si arbitrairenienl delayees ; et qu'on nous disc ensuite si, de- puis Linne, i'elude des graminees n'esl pas tombce en deca- dence , et si Ton a bonne grace . id. est Lemnnii Bast., rubra L., glauca Link.) Var. 3. (Nemoruni.) Foliis quibusdam tiniiierviis et lungissiinis. [F. /letcrophjlta ; Lamarckii D. C.) J Formes des tiiuraillcs et des terrains calcaires. F. nardus; pan'icula siinplibi, paleis inf. aristatis {Triticum unUa- terule , tenuiculum.) F.poa; panicnla siinplici, paleis muticis. {Triticum poa D. C.) F. rigida; flosciili? niiilicis et minorihus, sed locustis s glumes, les nervures sont saillantcs en dehors et en dndaus, et cLacuDe d'cllcs est pour ainsi dire double. ( 44'-i ) en principe, que les formes siir Icsqiielles les auteurs avaient base cc genre, passent par tant de nuances les unes dans les autres, que jo n'ai [las encore decouvert la possibilile d'etabiir d'une maniere precise deux points de repos capables de t'ournir nialiere a des coupes artificielies; et c'est faule d'avoir eu le temps de suivre toutes ces nuances intermeiliaires , que les auteurs, et Palisot sur- lout, ont demembre tant d'espects de i'ancien genre Panicum, pour les eriger en genres particuliers. Je crois pouvoir rae dispenser de rapporter ici les prjncipes que j'ai deja eu I'occasion de developper sur la nullite des carac- teres gcneriques qu'on designait par les mots axis panicuLatus , spicatus, digilatus (i);les botanisles philosophes, je I'espire , sauront apprecier ces resultats de rohscrvation. Je ne parlerai pas non plus du caraclere tire de I'arete, cet organe qui varie sur la meme espece, et quelquefois aussi siir le meme individu ; je ii'airien a ajouter a ce que j'en ai dit dans mes differens memoires. Les genres Urochloa, Echinocldoa, Oplismenus, etc., qui ne sont reellement bases que sur ces deux sortes de caracleres, doivcnt done renlrer dans les Panicum. Je m'arreterai davantage sur les autre? organe? de la fleur. 1°. Les deux glumes, mais surlout Tinferieiire, onl fonrni des caracleres aux auteurs qui se sont occupes de classification. Ainsi le genre DigUaria, a part le caractere de son axe, n'est fonde que sur les proportions de la glume inferieure que Ton a definie par ces mots : minima, quandoqae subinconspicaa. Les mots (juandoqav subinconspicua n'indiquant qu'une varation individuelle, ne doi- vent etre consideres que comme im simple renseignement et non comme un caractere generique. Quant au mctt minima, si Ton pouvait etablir une ligne de demarcation tranchee, entre les glu- mes qu'on pourrait appeler maxima; et celles que Ton designe- rait sous le nom de minima;, on serait autorise a la rigueur d'ad- mettre ce caraclere. Mais lorsqu'on a analyse un assez grand nombre d'especes apparlenant au groupe des Panicum, on coufoit I'impossibilite physique d'assiguer meme approximalivement la valeur de ce mot. Car, en supposant que, sur la meme espece, le rapport de la gluine inferieure a la glume superieure soil inva- (i) Bull, lies sciciic. nal. cl dci^iuL, lome X, n" 24y. ( 443 ) riable, ce qui ne sanrait s'adraettre, ainsi que nous I'avons dcja demontie en nous occupant du genre Festitca, et ce que les au- teurs n'ont pas adniis, puisqu'ils onl reconnu que cet organe elait queiquefois inapercevable, cependant il n'en resterait pas moins prouve que les passages insensiblcs qu'on observe a cet egard d'une espece a I'aulre, rendraient la determination impossible a operer. On verra bientot que dans le Panicum iinilaterale Nob. la glutnc inlefieurc eA h la glume superieure comme 8 et 12 , que dans le Panicum racemosum elle est dans le rapport de 9 : 12. Dans d'aulres Panicum le rapport est comme 7 : i3, dans d'autres comme 1 : 2. Dans le Panicum crus- galli comme 1 : 5; dans le Digitaria habitnellement comme 1 : 5. Mais enfin entre tons ccs uombres il en est taut d'intermediaircs qu'il serait fastidieux de les enumerer ici. II en est de meme de la longueur de la glume superieure a I'egard de la pailletle infe- rieure de la fleur unipaleacee. II arrive aussi que la glume infe- rieure diminue tellement de volume qu'eile senible s'effacer tout- a-fait; mais alors , avec un peu d'attenlion , on la retrouve en forme de godet a la base de la locusle, et Ton s'assure qu'eile etait moins susceptible d'etre aperpue, a cause que son limbe n'a pris aucun devuloppement. Nous avons eu lieu de faire cette re- marque surle Neuraclme montana Gaud.; la glume inferieure, dans cette espece, est reduite a une coHerette circulaire, qui forme a la base de la locuste un godet visible a uue loupe ordinaire. A ce sujet, il ne sera pas inutile dc rappeler aux botanistes, que les paillettes ou glumes d'une locuste enveloppent par leur base, et cela d'une maniere plus ou moins sensible, Tarticulation sur laquelle elles s'inserent. Or nous avons vu que leur limbe, c'est-a-dire la portion qui se dirige plus particulierement vers un des cotes, pent diminuer de longueur par des nuances indetermi- nables. II pourra done arriver que ce liaibe s'efface tout-a-fait, et des cet instant cet organe foliace ne sera plus represente que par la portion qui en forme la base, c'esl-a-dire par une espece de colleretle. C'est ce qui arrive dans le Neurachne qui ne se dis- tingue pas autrement des Panicum verilables. •x°. II est dans les Panicum un autre caractere, non moins fe- cond en creations de genres que celui dont nous venous de nous occuper; c'est la fleur inferieure. Quoique ce ne soit pas la pail- ( 444 ) lelle iiil'erieuic de celle flcur qui coutiihiio a ces cnjalions, <-,e|.eii- tlanl je ne piii.s me dispenser d'appeler raitcnlioii siir la difference enormc qu'on remarqiie entre les diverses circonst.moes de son organisation et celles de I'orgamsalidn de la paillette de la fleiir I'erlile, ainsi que la grande analogie qui exjste enlre sa texture et celle de la glume inlerieure. Cetle analogie est telle que, sans un pen d'attention, on serait expose a les prendre I'une pnur I'aulre. Or i! me parait prolj;ible que cetJLe organisation est ou la cause on Je resultal de r.ivorlement de I'organe I'emelle; et que si jamais on trouvaitdans son sein un pistil, on verrait la paillette rcvetir les caracteres de ia fleur fertile. Le Paspalutn biflormn Br. pour- rait bicn meme ne provenir que d'une semblable metamorphose, et p'ndique sur la planche ii (/') un ovaire avorte accompagne de 5 filamens que j'ni rencontres duns le sein de la fleur mfde da Panicum unilaterale. J'ai dit qu'on ne trouve jamais dans cetle fleur male les organes males en I'absence de la paillette superieure. La raison en est fa- cile a donner. Les organes mCAes (elamines et ecailles) naisseiit du sein de la paillette superieure; si la paillette superieure avorte, necessairemeni les organes m3les doivent avorler; la cause une fois supprimee, i'effet ne saurait avoir lieu, Mais il faut ne pas perdre de vue,en verifiant ce principe , que la paillette supe- rieure varie de grandeur dans cette fleur, jusqu'a n'avoir plus avec la paillette inftirieure que le rapport de i : 3, et meme de devenir encore plus courle. Quand la paillette superieure existe, il arrive frequemment que les organes males n'existent pas, pur la raison que la presence de hi cause ne suppose pas necessaire- inent la presence de I'effel. Mais la presence ou I'absence de cette paillette superieure esl-elle c.pable de servir a la confection d'un genre? jNon, cai' cette paillette reparail quelquefois et disparait dans la meme espece ; et ce n'est souvenl qu'a cause de ses pro- portions qu'elle semble disparaitre aiix yeux de robservaleur. En udmellant la theorie que nous avons publiee sur sa formation, ce que nous disons ici paraitra encore plus rafisonnable. Le pedon- cule qui supporte la fleur superieure n'«';tant qu'une atlenance, que la nervure mediane de la paillette pariuerviee do la fleur in- lerieure, il pent arriver que la substance de la paillette pariuer- viee passe lout entiere a la formation dc la paillette superieure, ( -l45 ) oil si I'oii vouf, que sa nervine mediaiie iic se dulachc p.is pour foniier la pedoncule d'lino autre flenr; et alors on ne trouvera pas de paiUelle parinerviee ; accident qui dans d'autres circonstmccs ne te reprodiiira pas. Or a la faveur de cette explicalioii on voit disparaitre raiionialie qu'ofl'reiit etfrlains genres tels que le 7NV«- tits, qui -eiiibliMit perdre tt acquerir un asspz grand nombre de glumes d'unu mauiere Ires-varinble sur le meme pied. La forme de cette paillette superieure ou parinerviee de la flenr n)rde n'oiTre pas nn curactere plus constant que sa presence; et dans Cerlaines circonstances elle revet un aspect et des modifica- tions capables de doiiner le change sur sa nature, ainsi que je vais en fournir nn exemplequi ne paraitra pas depourvu d'interet. Cette paillette est tantot a sommet entier, et tantot a sommct bifide par la scissure de la parlie intermediaire de sa substance. Ce dernier effet s'etend menie quelquefois si loin, que, sur ccr- laines especes. la paillette parinerviee, devenue tres-inembra- neuse, est profondemcnt et tres-regulierement bilobee, etque cha- qiie lobe est echancre; je tne propose de publier des figures de graminees qui oflVent de tels organes. TantuI, des denx nervures lattrales, parttiil deux marges (ortement appliquees anterieure- ment conire la substance j^e la j)aillelte; I'une de ces marges re- couvre I'autre vers le milieu de leur longueur ; et elles embrassenl ainsi les antheres des etamines. IMais, ua pen plus haul, ces mar- ges s'eloignent I'une de I'autre el finissent par se confondre avec les nervures niGmes ; vers la base de la paillette elles semhient se- chancrer de chaqne cote, el laissent ainsi a nu une grande portion des ecaiiles, qui dans ce ens sembltraient etre instJiees en dehors de la paillette. Mais un ceil obscrvateur parvient toujour* a re- trouver le restc de leur substance, mis i convert, de chaque cote, par une portion de la marge correspondante. C'c-t la la forme q^ la paillelte parinerviee alVectc dans ie Panicum luiilaierale Nob. (pi. i.,s')(0- (Oil niesemblc avoir apercu que It;s etamines de ces sortcs de fleurs males, dans les Panicum, ues'allongent pascomme cellos del:* (leur Ceitile k I'epoque de la Cixondatiun ; a quelque elat que ffit I'ovaire, je Its ai toujours trouvers remplics de pollen , muuies d'uii filament court et euiprisoiuiees dans la paillelte m41c. ( 440 ) Maintenanl que cette dcrnicre forme se Irouve rciinie avec la forme ethancree tres-profondeaierit au sonimet, ct cette paillette parinervice imitera une fleur a deux paillettes, I'une engainant I'autre, ol disposes dans I'ordre contraire a celui des aulres orga- nes de la fleur. C'est la i'erreur que Palisot n'a pas inanque de commettrc dans la creation do ses deux genres Anthwnaiitia et Ic/viantas ; dans ce dernier il a decrit cette paillette sous les noms de Flosc. inlermedius incompletus , abortivus : palece opposite aliis floscalis contrarie dhpositm, en sorte qu'ici la locustc aurail eu trois fleurs, dont Tune i-palcacee, I'autre telle que nous venons d'en transcrire les carat teres, et la troisieme superieure el fer- tile. Mais en examinant la figure, et encore mieux les organes qu'il a tiiohe de defigurer de la sorte, on s'apercuit qu'on n'a sous lesyeuxqu'un Paniciun, dont la fleur i-palcacee n'est autre que la paillette inferieure de la fleur neutre, et dont les deux pretendiies paillettes opposees forment la paillette superieure parinerviee de laaieme fleur. Dans VJatlicenantia, oulre cet accident, il est arrive a Palisot de Beauvois d'oublier de faire dessiner et de decrire une glume, en sorte qu'ici sa locuste au lieud'avoir trois fleurs, comme dans son genre imaginaire Ic/inanthus , n'en aurail plus eu que deux. La dissection et meme la seule inspection de ses figures suffit pour restaurer it- genre niutile, et pour faire voir que Vlch- nantas n'est pas moins un Panicuni (|ue VAntlurnanUa. II est vrai que dans Ylchnanthas Palisot a fait figurer un pedoncule a la base de cette paillette qu'il considerail coniirie une fleur bipaleacee; mais, en supposant meme que la longueur du pedoncule ne soil pas I'ouvrage du dessinateur, j'ai eu deja occasion de faire remar- querquechaque paillette de la fleur des graminees est pedoncu- lee, el ce pedoncule dans certaines fleurs, comme dans celles du Panicmn dont je publie la figure, presente, sous la base de chaquc paillette, un bourrelct oblique, analogue a celui qu'on trouve lou- joiirs a la base d'une paillette inferieure de Festtica. En conse- quence, la presence d'un pedoncule n'olYre pas de difficulte con- Ire la determination de la paillette, que Palisot avail regardee comme une fleur unipaleacee dans VIcluumthus et dans VAnlliw- nantia. Tels sont les principes generaux que nous avions a etablir au snj.t des caracteres generiques des Panicuin ; quant aux caracleres ( 417 ) spccifiqiios en general, nons lenvoyons a ce que nous en avons dit (Inns le travail precedent. Les poils quo nous d^crivons sur la tige et sur les pedoncules panlculaires des deux Panicum unilalerale et raccmosiun, la longueur des chaumes des gaines et des feuiiles, les polls des locustes, le nouibre des nervures des glumes et de la paillette inferieure mSle, ne doivent pas etre regardes comme invarial)les ; et il nest pas impossible qu'on rencontre uue de oes espeoes sans poils, plus courte dans tuutes ses parties, offrant quelques variations dans le nombre des nervures des glumes, et qui pourlant soit la meme espece que les notres. Quant au nom- bre des nervures de la paillette inferieure de la fleur fertile, c'est un caractere si stable qn'il doit entrer dans les caracl^res generi- ques. Ce que nos deux especes offrent de cuiieux a cet egard, c'est de posseder sept nervures sur cet organe, tandis que les pail- lettes at)alogues de tons les autres Panicum n'en ofTrent que cinq; petite modification qu'il est maintenant necessaire d'apporler aux caracteres tels que je les avais traces dans ma classification des graminees. Je I'ai fait ici entrer en premiere ligne et en leltres ila- liques dans la phrase specifique des Panicum laterale, pour mon- trcr que c'est par la que les deux especes, que je crois n'elre que deux varietes I'une de I'autre, different sous ce rapport de toutes les autres. Les caracteres qui suivent dans la phrase specifique ne sont propresqu'a exprimer les differences qui distinguent Tune de I'autre les deux especes ou varietes de ce petit groupe. Enfin tons les autres caracteres que Ton trouvera dans la description tie doivent etre regardes presque que comme des caracteres variables et individuels. J'ai decrit mes echanlillons, afin de fournir sinon des regies, du moins des renseignemens, et je laisse a la sagacite des personnes qui auront bien voulu mediter les principes que j'ai developpes dans le travail precedent, d'evaluer, par elles- memes, les limites dans lesquelles ces traits exterieurs peuvent -varier et meme finir par s'efl'acer d'une maniere irrevocable. J'ai designe, sur ia plauche 1 1, les memes organes par les memes let- tres, et le nombre des nervures paries signes dont j'avais fixe la valeur dans mon travail sur les genres; je rajipelle ces regies dans I'explicalion des planches. J'ai lermine les deux descriptions par un tableau comparalifindiquant la longueur des organes en mil- limetres, et le nombre rcspectif Je leurs nervures ; jc prie les lee- ( -iis ) tciirs Je lie voir encore dans '.e lableaiiqueiles rciiseigncmciisoble- niis avec soin par I'etiide Jc iiies echantillons, iiiais iion des me- snrcs invariables. L'utilite de oes details diminuera en raison des progres de la science, et toutes ccs pages de description viendront lot ou tard se perdre dans nne gcneralite invariable. Mais c'est par I'ennui seul des details, que nops pouvons esperer de parvenir k ces resultats briilans de simplicitc, dont renchainenienl neces- saire meUimorpiiusera {ieut-elre un jour, en sciences positives, les sciences d'observation. Panicu.m iiNiLATERAjLE Uaspail (pi. 11, torn. I, Annates des sciences d'obserration.) Patca inferiori liermaplirodild y-ncrvid ; glunicl inferioii g-nerviS o,"'oo4 longa, non sticiis ac gluuia superiori, palea inf. masc, culmo, ractii et limbo I'olii pilosissiuid. Momwhne uni lateralis Palis. Agrost., pi. lo, fig. g, p. 49- Calmns o"'5o cent, alttis, e rhiznniate prodiens, basi quasi bul- bosa, foliis tnembranaceis simplicibus (id est ligula caplis) iaevi- bus, nervosis, purpureo macniatis, inter sese inecqualibus, o'",ooG lalis vestiliis; usque sub paniculam foliis integris ornalus, ibique densis pilis deorsuni vergenlibus hirtus; foliis cajteroqnin couco- lor, id csl la!le castaneus aut rubescens. Foliorum vagina pilis deorsiim vergenlibus dense obsita , eo longior quo paniculse vi- cinior, basiin versiis o^jog, paniculam prope o'°,i3 longa; tigala densis pilis albidi.s o°'ooi longis conflata ; limbus medio culmo magis quiUn infcriiis aut superiOis (medio nempe culmo o°',24, sub panicula o"", 18) Inngus, linearis o^jOoo ligulam prope latus, apice setaceo contorlus et revolutus, pilis albidis adpressis supra pagi- nam superiorem sursiim , supra pagiuam inftrioreui deorsCim vergentibus dense scabralus. Panicula rigida ; o™,20 longa o", 10 patens; primo folio paniculari annulari et rubro , et e quoque articulo pedunculum unicum sinuatum dislantem et pilis longioribus deorsiim vergentibus obsitum promcns. Flo- RES ( loouslse ) ovati { b ) , Isete rubescenles , pilis longis el albidis conferle obsiti, o"oo6 longi, fere unilalerales, polyga- mice biflori. Gluma inferior {cy) ovata, o'"oo4 longa, 7 nervis eminentibus et longis pilis dorso obsilis exarata, quorum media- nus solus ipseque crassior apicem attingit. Gluma superior ( 449 ) [d 7 + GJ pulvino obliqiio imposita, in cocteris inferiori par, secl ©■"jOoG longii, latissima et iiervis eminentibus 7 + 6ornata. Flos- culi iuferioris masculi palea inferior {f q) pulvino imposita elu- mis par, nisi quod o^ooS longa et 9 nervis apice praicipue emi- nentibus et rubesceutibus, inferiils autem herbaceis exarala; palea superior fg' 2) membranacea, o"oo5 longa, ba.si lata, apice inte- gro attenuata, et sic quasi acute triangularis; binis nervis al3 ciliata membranacea ornatis, marginibus aclprcssis, medio latissi- mis el sese operientibus , basim versus emarginalis, stamina o^ooS longa complectans, squamas denudatas relinquens. Flosculi superioris licrmapliroditl palea inferior (f ••) pedunculo lato l£evi imposita, fornicato-oblonga, cartilagineo-iutea, lajvissima, margi- nibus longe et raro ciiialis, paleam superiorem undiqu^ retinens, o"°,oo4 longa, 7 nervis trans verso luminc conspicuis et apice coadunatis exarata ; palea superior [g 2) priori substantia et colore par, ovato-attenuata, marginibus medium versus sese operienti- bus et rursiis basi emarginatis, laevissima, o°,oo35 longa, binis nervis transverso iumiue conspicuis et apice coadunatis exarata. Squamce [h p) binae impresste o^jooi long*. Stamina tenia anthe- ris violaceis. Ovarium (i) sljlis o°',oo25 Jongis et stigmata spisse sparsa violacea o^ooa longa gerenlibus ornalum. Granum flosculo conforme. Obs. Speciein banc quam jampridem (Jnnat. des sc. naturelles, juillet 1825) fide analyseos ad genus Panicum retuleram, nunc specimine integro a Durvillajo acceplo, in lucem melioribus sub auspiciis promo, ut speciem notam, at male delineatam et pes- sinie descriptam. In labella nostra ad minorem staturam rede- ^xmas. Habit, in america meridionaii. Panicum racemoscm Rasp. Gluma inferiori 7-nervia, o°',oo7 longa; flosculis hirsutissimis, sedrachi paniculae, non secus ac pagina inferiori Jimbi fuliorum^ glaberrima. Monackneraccmosa, Palis. agrost.,pl. 10, fig. io,etexplic. des pi. (At in libro, pag. 49. Palisot ad Saccliarum reptans? Lamk. re- fer t.) Praecedenfi maxime aflinis, sed sequentibus dislans : ( 45o ) Culmus ghxhcrnmns, Fagbia sub paiiiculain o°',o5 longa; Livibi j>agina superior nervos utriuque ciliatos gcreiis ; pagiiia aulem inferior glaberrima flava, ore utroque uncis hyalinis rigidis sed raris hirla. Folium panicutare hraclei(orme oris pilosis, apice mem- branaceo acuto, o°',oi longum. Pamca/a baud patens, floribus su- premis crassioribus ut pole matiirioribus ; sed omncs pilosissimi. G/uHia inierior uno nervo laterali deficiente 6-nervia, ovato-acu- ta, o°,oo7 longa. Superior priori par 6 -|- 3 nervis herbaceis exa- rata,o'",oo51ata,o'",oo8 longa. FlosciiU 7nasculi paku inferior 5 + G nervis herbaceis exarala, o^ooG longa, o",oo4 lata albida. Palea superior magis qiiiim in panico unilaterali meinbranacea , apice truncato, o'^,oo-i lata, o^jOoS longa. Fhsculi liermaphroditi palea inferior ut in panico unilaterali sed oris non cilialis. Sqaamce i millim. longse. Stamina anlheris'violaceis ©""jOoaS longis. Palea su- perior minus cartilaginea. Ovarium slylis o°',ooi longis el stigmata miniis conferla ut pote quae juniora, o^jooa longa gerenlibus or- natum. Obs. Specimen descriptum ex berbario D"' Fee, credo, de- prompsi, cui ex berbario Commerson obvenerat. Descriplio Sac- chari reptantis Encjcl. mire nostrtc plantte convenil, el teste En- cycL, Commerson e Montemleo retulerat. Posthabitis solilis agros- tograpbise principiis, et si no vis experientia duce stabililis non male credimus, bajcce species nihil aliud foret quam prseceJentis varietas; ut pote quae pilorum racheos et folii absentia, aut flos- culorum longitudine, praecipue differt; quas notas differentiales uno obtutu in tabella sequent! offerimus : Panicum unilaterale. Panicum racemosum. Nervi. Longitudo. Nervi. Longitudo. Gluina inftrior. Gliiuia superior. Palea infer, niascula 7 eminentes 7 + 6 9 o",oo4. 0, oo6 0, oo5 6 eminentes 6 + 3 5+6 o^jOoS 0, oo8 0, oo6 Palea superior mascula Palea infer, liermaphr. Palea superior, heruiaphr 2 7 latenles a id. 0, oo5 0, oo4 o, oo55 2 7 latenles 2 0, oo5 0, oo4 0, oo4 ExpUcaiion de la planclie 1 1 , La figure de la phuile a tie reduite des deux tiers. ( 45. ) J'ai suivi, dans la designation des figures, la melhode que j'a- Yais deja adoptee dans ma classification des graminees; les me- uies lettres indiquent le meme genre d'organes, et le chiffre qui suit indique le nombre de nervures. Quand I'organe est traverse de nervures principaies qui arrivent jusqu'au sommet, et d'au- tres nervures plus courles qui alternent avec les premieres, je pose d'abord le chiffre des premieres, et je fais preceder celui des der- ni^res du signe -j-. Ainsi cinq nervures principaies et six nervures plus courtes et alternes avec les premieres s'expriment par 5 4~6. 6= Locuste d'une panicule. c=:: Glume inferieure. (/^ Glume superieure. f rz Paillette inl'erieure de la fleur mSle. g' =z Pail- lette supeiieure de la meme fleur. /"== Paillette inferieure de la ileur fertile, g := Paillette superieure-de la mome fleur. /i = Ecail- les et la lettre suivantc = la forme particuliere du tableau que j'ai publie de ces organes en iSaS, dans les Annates des sciences naturelles. i ^ Ovaire fertile, i' ^ Ovaire avorte que j'ai trouve dans la fleur male. — C'est par oubli que la glume superieure (rf) se trouve placee a cole de la paillette superieure {g')- AITHENI^ NOVI PLANTARUM GENERIS DESCRIPTIO; ATJCT. F PETIT. Locus naturalis : Syst. sexual, monaecia monandria. Ordo nat : fluviales Ventenat Tab. reg. veget., torn. 2, p. 80. Potameae Juss., Dictionnaired'Hist. nat., vol. 4^, p. gS. Character essentialis : Inflorescentia monoica. Flos masculus, infr;\ flores foemineos situs et ab illis remotus, limge pedicellatiis ; perigonium tridenta- 4um; anthera sessilis, erecta, unilocularis, rima longitudinali dc- hiscens ; filamentum nullum. Flores foeminei, calix nullus, corolla nulla, ovaria in axillis fo- liorum floralium solitaria, alterna, ternatim ad apicern pedicelli disposita. Stigma pellatum. Capsula bivalvis, monosperma, com- prcssa, indehiscens, margine alato. ( 4^'-i J Observ. Altlienia difl'ert ii Zanicftctlid; Praesertiin , anthera scssili, perigonio basi cincta; floribus foe- niineis nudis, in axillis folioruin floralium solilariis, nee non pe- ricarpii forma ; A Riippid, floribus monoicis. Nomen genericam imposui in meinoriam B. Althin, de palriS nostra bene nuriti , qui sub medium elapsi secuW, Rubiw tincto- rix culturam, per Gallo-provinciam et occitaniam inslituit (i). Altlienia filiformis Felix Petit; tab. 12, hujus voluminis. A. Anthera sessili, basi perigonio usque medium tridentato, cincta. Adhanchoram, speciem unicam hoc genus compiectilur. Ha- bitat et fructificationem perficit sub aquis raaritimis slagnantibus. Ineunte mense junio, per insulam La Camarguc (prajfeclura Rho- dani osliorum), in lacu salso, vernacule Valcares diclo, sub aqua pedem et vix amplius alta, leg!. Herba huinilis, in cespites laxos, 4 — 6 uncias latas exienditur. Caules humi repentes, rami vix supra terrain 8 — 10 iineas eiati. Radices capiiiares 3 — 4 uncias longae, sisnplices superne leviter incrassatae, perpendiculares, in limum profonde desctiidentes — C'au/es repentes, radicaules, 1 — 4 uncias longi, lereles, graciles, arliculati et nodosi. Ex uno centro plures enati, rotae radiorum instar in circuitu extenduntur ; interdCim caules versiis apicem sunt divisi. Nodus folio imperfeclo , vaginante, usque ad b;isin fisso inslructus, inter duas arliculationes bracteis oruatas semper observatur. Ex illo nee ramus nee radices oriuntur. E singula arti- culalione vero, radix una, dua; vel rarius tres descendunt et ra- mus simplex aut divisus foliis instructus surgit. — Ramus 4 — 8 Iineas altus, ex axilla bracleae ortus, erectus, foliis imbricalis con- fertis indutus, apice tribus pedicellis, ovariis coronatis, definitus; (i) Vide, Observations sur la physique el sin- t'liistoircnaiiirelle, par I'abbo Rosier, lome VI, partie i", page 2/10, annec 1772. ( 4-">"> ) ex axillis folioruin iiiferiorum, rauii florifeii minores, inlerdum procedunt. — Bractece raembranacea;, ovata?, obtustu, nervosa;, ad raiTiorum basim silip. Folia, graminea, se?silia, altetna, cari- nala, imbricata, 3 — 12 lineas ionga, ex vagina, ligula, et limbo constant. Vaginaiii dixi, banc folii partem, linil)i baj^i ■inbjeclam ; et ligulam folii partem appellavi, quae vagina; limites, ex quibus prosilit limbus, superal. — Vagina lata, membranacea, inferne rufescens, nervis seplem aut novem impressa. Nervi 4 vel sex laterales usque in ligulam percurruul; nervi dorsales autem, in Jimbum abeunt, nuilaque eorum vestigia in ligulam remanent. — Liguta membranacea , modo obfiisa, modo apice leviter laci- niala, vel obtuse emarginata. Limbus i — 8 lineas productus, raro nullus, angustissimns, capillaris, vix decimam partem linea; ada;- quans, postice convexiuscnlus , antice concaviusculus, margine incrassatus, apice obtuse acntus, in prima a?tate viridi colore, in provectiori, fusco. In exterioribus foliis, ab inflma parte, vaginae, Hmbi basis est valde remota; itaque ligula brevissima el vagina amplior. Sed e parte folii eo magis inferior! surgit limbus, quoin folio pedicelli floriferi viciniori, observatur; tunc ligula amplior et vagina fere nulla. Folia floralia limbo ssepius, aborlione, ca- rent. Errarel tamen qui, ilia bracleas exislimaret; eteniin, limbo, ligula equidem breviore , non raro instructa vidi. — Pedicelli tres, et aliquando abortu duo et etiam unus, ramum definiunt, sed deficientium pedicellorum rudimenta facile recognoscuntur; alterni, foliis instruct!, vel nudi, apice, foliis floralibus et ovariis ternis coronantur. Influrescentia monoica; /7o5 muscalus, in axilla folii ramealis, ad basim pedicellorum ovaria sustinentium, et sae- pii"is infra situs. Floris masculi sat insignis est fabrica. Pedicello 3 — 4 lineas longo, inferne incrassato superne coarctato, persis- tent!, perigonium miniuium, subcoriaceum, usque medium tri- dentatum imponitur; ex illius fundo surgit anthera lineam Ionga et vix lineie sextam partem lata, sessilis, erecta, subincurva la- tere compressa, unilocularis, risna longitudinali deliiscens , con- necliculo valido innixa; valvis, cmisso poiline, inter se ([nam maxime divaricatis. Connccticulum jjcrigoni! fundo insidet, sub- incurvum, antice et postice sulcatum loculi valvis din superest. Flores foeminei. Oraria ad apicem pedicellorum ternalim dispo- sita , slipitata, in axillis foliorum floralium solilaria, nuda, al- ( 454 ) terna, piimo conspectu fasciculala videnliir, stipilibus inter .«c spatio minori distantibus. Si ])onamus aliquantisper partem su- preinam pedicellorum paiilulLim elongatam esse, tunc facillime slipites alternas recognoscas. Non semel vidi, ovaria inter se dis- tantia in pedicelli apice fortuite elongalo, vid. fig. 27. — Sli£;ma unicum peltatiim ; stylus teres subflexuosus, capsula longior. Fructus simplt!X. Capsula stipitata , indehiscens subovalis,. basi pliis aiiniisve truncala; compressa, margine alato, sub lente ru- gis interruplis subflexuosis brevibus longitudinaliter sulcata , li- neS eniinenle subobliqua in duns paries inajquales partita, li- neam longa, lineae tertiam pari em lata, colore rufescente. — Pcri- carpiiim e tribus slratis sibi superimpositis, inferiiis descriplis, constat. Eplcarpiuml membrana tenuis, absque fissurd, integer- rima sarcocarpium absolute involvens etin utroque latere in alain expansa, in germinatione faliscit. Hoc unico debili vinculo, endo- carpii valvae connectunlur. Sarcocarpium, e setis brevibus con- fertis, fulvis constat, in utraque facie, modo erectis, modo sub- intiicalis. Seloe autem quae endocarpii marginem cingunt, firmio- res sunt, inter se pares, ciliorum more dispositte. Hisce, quasi fulcro, epicarpii porlio in alani marginalem expansa , nilitur. Oculo nudo sarcocarpium tomentosum videtur. Endocarpium , subcrustaceum undique sarcocarpio itidutum, intiis lucidum; in germinatione, in duas valvas ina?quale», rima cbiiqua, inargiiie incrassalo demtim patente, divcllilur. Testa dilute viridis, cica- tricula oonvexa, rugis minutis rufis in ambitu cincta. Radiculae oppositum punctum rufum conspicitur , ( papilla embryotege Gaertneri? operculum Mirbelii?) semen compressum, inversum. Cotyledon unica involuta, radicula cylindrica. I'lumula ante germi- nationem vix conspicua, in germinatione mox cotyledonem su- perat. EXPLICATION DE LA PLANCHE 12. Fig. 1. ^///leMi'rt /i/fyocim's de grandeur naluielle. Fig. 2. Un rameaii de la base des tiges, Ics feiiilles ont 6te 6cartees, et laisscnt voir les petits ranieaux £i fleurs qui naissent a I'aisselle des feuilles, b bract6e. Fig. 5. Ranieau simple de I'exti6mit6 des ti^jes , les feuilles ont elc ecartees exprfes. Fig. 4. Un fruit revetu de I'ipicarpe, a ligne saillanteqni indique la suture de I'endocarpe, b stigniate, c style. ( 455 ) Fig. 5. Fruit sur Icqucl I'lipicarpe u elc en giaiidc paitic enlevc afiii lie faiio voir le sarcocarpe. Fig. 6. Pcricarpe ouvert, Ics dciix valves adherent encore, par la base, reri- nies par I'epicarpe, It debris du lest. Fig. 7. Les deux valves du pericarpe sont separees. Fig. 8. Coupe Iransversale du fruit, A place des cils du sarcocarpe qui sou- tiennent la portion de I'epicaipe rcpliee en aile. Les fig. 4) 5, 6, 7 el 8 reprisentent le pericarpe vu par unc de ses faces. Fig. g. Gralne recouverle du test , d cicalricule , e papille embryotege de Ga;rtner, opcrcule de M. Mirbel ? Fig. 10. Embryon depoiiill6 du test, /"impression plac6e sous la cicatricule. Fig. II. Embryon, avant la germination, vu par une autre face, g cotyledon, extremili? de la plumule, point par iequel elle doit sortir; les spires furmees par le cotyledon ont 6t6 un peu ecartees. Fig. 12. Embryon apres quelques jours de gei niination. Fig. i3. Embryon dans un elat de germination plus avancee portant encore a sa base le pericarpe ct les debris du test. Fig. 14. Petite plante aprfes plus de vingt jours de germination, g cotyledon de couleur verte, i plumule, y tigelle, /collet, in radicule. Fig. i5. Le test apres la sortie de I'embryon, pedicelle, q perigone vu de c6te,r antbere avant Remis- sion du pollen. Fig. 18. Forme dc I'elamine que je n'ai observee qu'une seule fois. Le peri- gone n'a point acquis son enticr developpement , et les membranes qui formont la lege de I'an there n'adherent point a son Lord. Fig. 19. Antbere pendant remission du pollen, r/ iente longitudinale. Fig. 20. Antbere apris remission complete du pollen, s conncctif vu par la face anterieure. Fig. 31. Connectif persistant apres la destruction des membranes de la loge. Fig. 22. Coupe transversale de I'anlbere, s connectif, t loge. Fig. 23. Perigone vu par derriere. Fig. 2 J. Groupe d'ovaires depouilles des feuilles florale8,afin de faire voir I'iii- sertion des stipes ct leur disposition alterne. Fig. 25. Le meme groupe vu par la face oppos6e; ces deux fig. representent encore la forme des ovaires daas le premier Sge. Fig. 26. Groupe d'ovaires sur Iequel la partie supeiieure du pedicelle s'esl all()nge<; et qui presente des ovaires allernaus entre eux et separes par un grand espace. Fig. 27. Feuilles (lorales monies d'un limbe. Fig. 2S. Feuilles prises sur differenles parties du rameau represent*; fig. 3 It gaine, v ligule, a; limbe, b bractee. Fig. ig. Partie superieure du limbe. ( 4-'^o ) Fig. 3o. Portion dc tige. Fig. 3i. Articulation isolee, depouillte de ses bract6es, a raciue, b ligc, c ranieau. Nola. La figure i« exceptic, les autres representent les diverses parties de cette plante tres-grossies. La ligno verticals, placee .'i c6t6 d'une figure, indi^jue sa grandeur natu- relle; quclquefois elle est coupee par une ligne horizontale , par exeniple, cel!e qui est placee aupies de la fig. 4- Ici la parlie de la ligne verticale pkc6e au-dessous de la ligne liorizoutale donnc la longueur de la capsule, et ce qui est au-dessus de celte ligne indique la longueur du style; la ligne placee au- pres d'une feuiile fait connaitre aussi la longueur de la gaine et de la ligule r^unies et celle du linibe. BULLETIN ANALYTIQUE ET BIBLIOGRAPHIQUE. Gl&OLOGIE. Wemoires pour servir a la description geologique des Pays-Bas, (le la France et de quelques contrees voisines ; par J. J. d'O- MAUcs d'Halloy, I vol. iii-S"; Natnur, 1828. SuR LES poi'DiNGtJES siLicEtix qui suniiuntent la craie grossierc en Touraine; par M. F. Dujardin [Annal. des scienc. naturelles, torn. 16, pag. 110; 1829). Au sommet des coleaux de craie qui bordent les grandes ri- viferes dans !e departenient d'Indre-et-Loire, on troiive des blocs siliceux qui se lienl enJre eux, et paraissent quelquefois former un banc pea ctendu. Ces blocs sont I'orines de fragiiiuns de silex dont la coulenr varie du jaune iauve an rougeillre; leur cassurc est celle du silex pjroinaque; ils sonl reunis par un cinient de meme nature, mais rempli de grains de quartz Iranslucide. Qnoi- que cette roche varie singulierenient , cependant dans le plus grand nouibre de localiles le cinient qunrlzeux est reinplace par une poiidre de spicules siliceux que I'auteur a reconnu elre analo- logues aiix spicules d'Alcyon, que Donali ie premier a figures [^mare Adriat., pi. 8), et] que dans ces derniers temps M. Grant avait regardes comnie de^s tubes creux et fermes par les deux bouts (1). L'auteiir a Iroiive dans ce terrain des traces tres-nom- breuses de spongiaires, d'eschares et de coquilles du genre pei- (i) ^oyez sur ces cristaux de silice le tome IV des Mr-moircs de la socicte d'hist. nat, de Paris, pag. 2o/(. (457 ) gne. L'aiileury a trouvt; aussi des hallirlioes pen comyjactes, doiil le tissii luche paraissait forme de ces spicules. BOTAJSIQUE. I^APPORTDEPHYSiOLOGiE vEGETALEfait i'l I'AcadeiTiie royaledes Scien- ces sur un memoire de M. Turpin, ayant pour objet la repro- duction d'lin A'egetal phanerogiiine an inoyen des bourgeons developpes ii la surface des feuiilesjpar M. Cassini (seance du i5 dec. 1828). M. Poiteau ayant mis sous presse, enlre des papiers gris, quel- ques feuiiles d'Ornithogalan thyrsoides , pour ies dessecher, re- marqua, au bout d'une vingtnine de jours, qn'ii s'etait forme, a la surface et sur Ies bords de ces feuiiles, un grand nombre de pe- liles productions, qu'il reconnut etre des bourgeons adventifs. M. Turpin profila de ce fait pour en appuyer une theorie qu'il a empruntee a un memoire moderne. M. le rapporteur ne frouve pas que ce fait isoie prouve la theorie, parce qu'il n'a pas pu voir de ses propres yeux si le globule de la feuille se changeait en bourgeon advenlif. Mais M. Turpin et ftl. le rapporteur se tronipent sur I'acception du mot de theorie. La theorie est la ma- niere la plus raisonnable de lier Ies fails, de Ies cxpliquer Ies uns par Ies aulres. Ainsi un fait seul ne pent la prouver. Si on pouvait voir de ses propres yeux une theorie, elle deviendrait un fait. CependantM. le rapporteur ne laisse pas que de regarder I'obser- vation de ftl. Turpin comme fort inleressante, et comme digne de I'approbalion de I'Academie. Bl. le rapporteur ignorait sans dou(e que cctte observation n'apparlient ni a ftl. Poiteau ni ^ M. Tur- pin, mais a Rafn, qui, le premier, decouvrit que Ies feuiiles de VEucomis rcgia pressees dans lui herbier avaienl produit des bul- billes sur loute leur surface. Voy. Seuebier, Phys. vcg. , torn. IV, pag. 56^. Les raphides ! — M. Lindley vient d'observer un tissu cellu- laire qu'il decrit dans le Botanical register , 1 108, comme etant com- pose « de cellules qui varient de grandeur et de forme; les plus petites sont rondes; les plus grandes possedent toutes les formes iutermediaires eutre la spherique et la fusiforme, M. Lindley n'a pu voir le lissu des petites cellules, iiiais ii s'est assure que celui ( 458 ) des plus giiincles etait compose d'un reseau de filols spiraux croi- ses el enlrelaces, reunis entre eux par line membrane. » Un disciple devoue de M. De Candoiie vient de commenter ainsi la penste de M. Li.idley : « D'npres le resle de la descrip- tion on serait porle a considerer ces organes comme analogues auxraphides de M. De Candoiie, » C'est tres-ciirieux ! M. De Candoiie nous avail donne des raphides en fuseaii ; sou disciple nous en promel en spirales ; esperons qu'iin troisi^me nous en offrira en fleurs el en Iruil. Voyez, au sujet des crislaux calcairesque M. De Candoiie avail consideres comme des organes, le lom. IV des Mcmoiresde la Soc. d'lust. naturelle, p. 202 et4i3, 1828. Nous prions le lecteur de ne point atlribuer A la sagacite de M. Lindley une opinion qui n'apparlient qu'a son commenla- teur, qui s'est plu a inlerpreler, la plume a la main, el a cin- quanle lieues de distance, ce que M. Lindley a vu de plus pres tt acertainement mieux vu. LeTTRE SCR VHE VARIETE REMARQUABLE DE MA'is du Brosil, adfCSSeC U M. le president de I'Academie des Sciences; par >1. AtciisTE DE SaINT-HiLAIRE. M. de Moreau de Jonn^s avail lu a I'Academie un memoire pour prouver que la patrie du mais etait I'Amerique. Nous dou- tons que M. de Jonnes ait ajout^ quelques raisons de plus a tout ce qui a ete ecril ;i ce sujet; car depuis long-temps la question etait resolue dans ce sens. On peut consulter a ce sujet le Me- moire de Parmentier *Hr le mais, in-4"; Bordeaux, 1785. M. Auguste de Saint-Hilaire, si avantageusemeul counu par ses travaux botaniques sur le Bresil, a cherche a ajouter une preuve a I'opinion deja recue que M. Moreau de Jonnes venait de remanier. « Quelque temps avant mon retour du Bresil, dit I'auteur, un naturalisle distingue de Montevideo m'envoya une portion d'epi d'une espece de mais, qu'il avail eliquete Zea mais var. tunicala, el qu'il me disait etre cultivee par les Indiens Guaycurus. Cet epi, dont je ne possedais qu'un fragment, avail sans doute ete grele, les grains y elaient entierement caches, et il ne paraissait i I'exterieur de I'epi que des enveloppes allongees et aigues. » M. Auguste de Saint-Hilaire pense que ce mais n'est pas cullive chez les Indiens Guaycurus, peuplades sauvages qui ( 459 ) ne se livrenl pas ;\ la cnllure ; mni? un domestiqiie Gu.irany, que I'aiiteur avail ainenc en France, a qui M. Angnste de Saint-Hi- iaire a montre ce fragment, a reconnn cette plante comme ap- partenant ;\ son pays, oii, d'apres lui, ellc croitrait dans les forels humidcs. L'auteur a senne de ces graincs du mais guaycnrii dans un potager, stir les borrls du Loiret. Elles ont leve et produit des inilividu? exlremenieiU eieves et vigoureux, mais les epis ne sont pas venus a inaturite ; les envcloppes des fleurs succulentes et charnues n'avaient point la regularite des enveloppes des graines du Mais giiyacura. L'autenr conclut de ces circonstances, que le mais est originaire du Paraguay, et que dans I'etat naturel ses grains sont revetus d'enveloppes comme ceux des autres gram!- nees; mais qu'ils les perdent bientot par la culture. Car, ajoule l'auteur, tout le monde sait que les fruits des graminees sont re- vetus d'enveloppes, et que le seul mai? presente des fruits de- cou verts. II n'est pas exact de dire que le seul mais presente des fruits decouverts. Les Sorghum qui mflrissent dans leurs patries ont aussi leurs grosses graines fortement saillantes hors de leurs en- veloppes. II n'est pas non plus exact de dire que le mais perde ses enveloppes par la culture. Ces enveloppes existent de la ma- niere la plus visible. La fleur femelle, comme la fleur male, est composee de deux fleurs bipaleacees, I'inferieure neutre et la su- perieure femelle. Mais ses paillettes sont toutes membraneuses et blanches. II arrive pourtant, meme dans ces climats, que ces paillettes florales se developpent a I'instar des paillettes de la pa- nicule male, qu'elles s'allnngenl , verdissent et acquierent des nervures herbacees, enfiu qu'elles depassent la graine. Parinen- lier {^Loc. cit., p. i4)» Camerarius, Hort., C. Bauh. Tlicat., 492, Boerrhaave, hid., pi. i,Koel., Gr«m/n, pag. 584, en client plusieiirs exemples; et j'ai eu occasion de verifier ce fail sur plusieurs in- dividus cultives au jardin de I'Ecole de Medeciiie de Paris, conlre une pallissade en bois assez elevee. Les grains qui etaient parvenus a la grosseur ordinaire etaient venus dans les enveloppes florales de la panicule m5le, dont laTorme s'eloignait, par sa rigidile et par sa simplicite, de la forme des panicules ordinaires du mais. La graine, revetue et surmoutee par les paillettes, offrait a sa base trois etamines avortees. J'ai Irouve de semblables ramcaux parlant do ( 4«<> ) lu base <\e I'c'pi femelle; et sur d'aiilres (leurs femelles on remar- qiiait le passage insensible de la forme meinbraneuse des paillet- tes femelles ;\ la forme norma'e des paillettes males. Un fragment de celle panicule eOt etc dans le cas de donner le change aux bo- tanistes. Les observateurs places dans les contrijes meridionales de la France, lelles que les Landes et Bordeaux, reiiconlreraient frequemment de seinblables exemples. Qu'on applique mainte- nantces faits t\ la circonslance qu'invoque M. Augusle de Saint- Hilaire, on admettra sans peine que ce fragment qu'il possede a pu venir dans les bois humides du Paraguay, des grains que la ha- sard aura ravis a la culture, et que, sovimis a des nouvelles in- fluences, il aura subi les Iransformations qu'il subit si frequem- ment dans nos jardins et dans nos champ*. En consequence, la preuve invoquee par M. Auguste de Saint-Hilaire ne pent offrir un caractere meme probable de I'etat sauvage du mais. R. Conspectus plantarum magniducatdum megalopolitanorum phane- rogamarum; aucl. d' Ge.-G. Detharding ; in-8". de 6 feuilles , avec 2 pi. lith.; Rostoch , 1828; Stiller. Flora Prussica; aucl. E.-G. Lorek ; in-S°. , 1"° et 5° livrai- son, de 54 planch, gray., et une feuillc de texle; Koenigsberg, 1828; Unzer. Anatomische Physiolog. etc.; Recherches sur le contenu des cel- lules vegetales ; par F.-J.-F. Meyen; in-8° de 6 feuilles {, avec une pianche; Berlin, 1828; Hirschwald. Frankens dnd Thuringes Flora, etc. ; Flore iconographique de la Franconie et de la Thnringe; par T.-P. Erart ; 1" cahier, grand in - 4°- , une feuille el 2 planch, lilh. ; Bamberg, 1828; Dresch. Nouvelles Observations sur la deuxieme edition du Flora Gallica de M. LoiSELEUR, pour servir de replique h la reponsc qu'il a faite aux premieres observations de M. Felix Petit. (Voyez le Bulletin des sciences nat. ct de g/iol. N°. de sept. 1828 et celui de Janvier 1829.) Dans sa reponse, M. Loiseleur rcconnait que son travail ne pent ("Ire exempt d'errcurs, et il invite Ics bolanistes a lui com- ( 46. ) muniqutir Icurs observalioiis, I'iiites dans rialenlion cle les signa- ler (i). J'ai prevenii les desirs do M. Loiseleur. Cependaiit le Ion chagrin avec lequel il a accueilli les observations que j'aieu I'hon- ncur de lui soumettre , permet de supposer qu'il teniiit pen a voir ses vceux satisfaits aussi proinptement. La reponse de M. Loise- leur ne parait point avoir pour but de corabattre mes objections. J'ai dit que ks dilTerences par lesquelles il croynit distinguer ses jiira inflexa, divaricata et Lensmi etaienl insulTisantes pour les sepu- rer de VAira cariophyllcea L. J'ai discute la valeiir des caracteres qu'il leiir assigne. M. Loiseleur se contente de repondre que ces trois especcs abondent en caracteres qui les dislinguent de VAira cariophyllwa L. Cependant il sait que son Aira injleoca n'en differe que par I'absence de I'arete; une seule difference ne peut eire consideree coinrne nbondance. II ne satisfait pas encore an desir que Ton temoignede toutepart dcsavoir comment son Alradiva- ricata diflere de la planle decrile par Pourret, sous le nieme nom, il y a quarante ans. Le caractere par lequel il distingue son Aira Lenscei peut-elre d(j a la compression ou a toute autre cause ncci- dentelle, et il est aussi incertain que ie rapprochement des mots par lesquels il a voulu I'exprimerest iiiaccoutume.Les voici : paleis obtaais apice bidentatis. La figure du Campanula Rhodii Lois, ne diffeie de celle C. raldensis Alii, que parce qu'elle est enlierement glabre, quoique M. Loiseleur dise dans sa phrase que sa plante est pubesceiUe inferieurenient. Si HI. Loiseleur avait consulte la figure du C. uniflora Vill., Daup. pi. lo, il eOt reconuu que la des- cription du C. Rhodii s'adapte beaucoup inieux a la figure de cet auteur qi«'i'i celle du Flora gallica. Je dois encore averlir 3L Loise- leur que les tiges de cetle plante sont tanlot uniflores, tanlot mul- liflores, et quelqnefois Tun et I'aulre sur le meme pied. Celte planle ne diffi're du Campanula raldensis Alii, que parce qu'elle est pubescente dans sa partie iiiferieure seulemcnt; elle ne differe en rien du C. uniflora Will. MM. Loiseleur et Merat ont etabli les ca- racteres de leur Gcnliana flava sur des differences prodnites par la (i) J'ai hL'. les Pranula h-evistylael ^randijlora? La premiere n'est pas meine une vnriete Jc la seconde. L'exami-n attenlif que M. Loiseleur apporte dans ;^es recherchcs efit dQ lui faire recoa- nailre, qu'eii reunissaiit sepl ou huitespices de Mjosotisen deux, il confondait plusifur? especes bion caracterisces, telles que, les M- stricta, /lispif'a (ccs plantes sont communes aux environs de Paris), que leHolcus bulbosus Sch. etlc H. avenaceus Scop, nc sont pas des especcs distincles; qu'il en est de memu des Dactjlls glo- merata el Inspanica; que le Scabiosa collina Req. no differe point comme espece du S. arvensis L.; que la plante qu'il rapporle li I' Euphorbia canesccns n'esl qu'une variiile de VEu. cliamcesyce L.; que VEuplwrbia flavicoma DC. n"e^t qu'une variete de I'Eti. verrucosa. W. Loiseleur insiste sur la neces.*ite d'av(jir les echantillons sous les yeux pour prononcer sur ridcnlite des especcs. II a cru pouvoir s'affranchir souvent de cette loi ; s'il avail vu le Trifo- (ium balbisianum Seringe, il eOt reconnu que cette planle n'est qu'une legere variete du T. montanam L. ; s'il avail cu sous les yeux le Ceraslium tenuc\\\., qu'avec beaucoup d'aulres especes il a place sur parole dans sa Flore, il cut reconnu que Viviani a decrit sous ce nom le Sagina ercrta, ou une de ses varieles. M. Loiseleur voit la bolanique en peiil parce que j'ai dit que, dans le genre Duplevrum, les B. rotaiuUfoliam et prolractum elaient places dans des sections differenles. Afin de le ras?urer, je dois lui donner un exempie de cette di.-posilion ; le B. rolundifoUum sera place sous cette division , Juga tenuissima (cevia, et le B. pro- iractiim sovii celle-ci, VaUecutce granules dense obsitce. Je de- niande pardon aux lecleurs d'etre enlre dans ces details, ils ne seront utiles pour aucnn d'eux, inais il etnil necessaire de les donner a M. Loiseleur. Le B. protraclum n'est point, comme il le croit,erige d'aujonrd'hiii en c.-pece. Decrit en 1817 sous le nom de B. suboratam par Rocm. el Schul., el anterienrement sous celui de protraclum par M. Link, il avail encore ele decrit sous le nom de B. triradiatum et crgypliucam. M. Loiseleur m'accuse de legerele, pour avoir nial comple lorsque j'ai dil que sa Flore conlient 4100 especes; je suis bien plus coupable qu'il ne pense, car je n'ai pc^inl comple du lout, et c'est d'npres lui-meme que j'ai indique cc nombre. li-t ce que ( 466 ) ^^. L'lisL'Icur n'u point in sa preface? S'il prund iin jour cclle peine, ilyverra, pag. i", lig. incl ii,cenombrc inJiijin!; par lui. Ne poiirrait on pas a mcilleur droiltourncr le reproche de iege- rele contre M. Loiseleur, lorjqu'il etablil des especes nouvclles sur un echantillon unique; lelles sont le Convolvulus pscudo-sol- daiiclla Lois., \' Euphorbia ramosissima Lois., VAcluUaa firina Lois., etc., etc. ? Ceiui qui reciioiilit cetle dernieic plante n'en renconlra qu'un ."^eul individu dans un lien oii I'on trouvc abon- dainincnt VA. vana L., et sur leqnei M. Loiseleur se liata d'c- tablir une nouvelle espece (deuxieme notice). Ouelques mois plus lard elle reparait dans la Flora gullica coninie varicle de VAch. setacea Walls, pour y atlendre de nonvelles destiuees. N'y a-t-il pas encore quelque legercle de la part de M. Loiseleur lorsqu'il eliange des nnms sans nt^cessite et centre les regies ? Le Geum syl- vaticum Pourr. etalt admis; il avail la priorile; M. Liiseleur lui substitue le Geum atlanticum Desf,, beaucoup plus nonveau. On Irouve dans la deuxieme notice unc nouvelle espece etablie dans le genre Slum , sous le nom deS. Cordiennli ; alors M. Loiseleur nous prevint que sa nouvelle espece u'a rien de commun avec le Peuccflanum taurlcum Marsc. ; mais dans la Flora galHca, quel- ques mois plus lard, la plante de Marscbal est donnee comme sy- nonyme de la pretendue nouvelle espece de la notice : cette plante d'ailleurs n'appartient ni au gcurc Pcucedanum, ni an genre Stum, cl W. Loiseleur la decrit une seconde t'ois sous le noni de Slum vi- rescens. II n'avaitcertainenient point soumis le Selinum scabrum Lapey. a ua examen attentif, lorsqu'il le maintient dans le genre Selinum, qui doit, selon lui-meme, avoir le.s pelales en coeur. M.DeCandolledecrivitsoniVonea/a/casurunech.uilillondelache de I'individu, d'abord unique, trouve par M. Robert aupres du fort du Langoustier dans I'ile de Porquerolles; une autre portion du luenie individu i'ut cnmmuniquee a M. Loiseleur, eta ele decritc par lui sous !e nom de Lithospermam orieidale W. J'ai vu le Nonca tutea de cbez M. Robert; je I'ai recu de Tile de Porquerolles et de Corse, je I'ai moi-meme observe daiis jdusieurs lieux en France. La planche Sa de VHort. cltham., citee par M. Loiseleur pour son Lilhospermum orientale, convienl a tous les echantillons venus de ces divcrses localites. 11 est difficile maintenanl que le Nonea luiea DC, ue soil pas synonyme du Lilhospermum orientale \Villd, ( 467 ) secundum Lo'iselcur. Steiidel, Nomcn. Bot. le premier, en 1821, proposa (le rapporter le Nonea lutea DC au LUIiospermum oricn- talc L. Sir Loiseleur 111: oonnail que trus-iinparriilemeiil la pl.inle qu'il decril, il liii donne une lige dre^see, taiidis qn'elle est pro- conibenle. S"il avail 1li la premiere ligiie de la desciiplion do Dil- lenius, qui accompagiie la pi. 5i, vol. 1, pag. 60, il eut vu ces mots : Caules luani procumbentes. J'ai dit que le Slatice aUiacea ne se Irouve point a Dormcs, pre- cisemenl parce que je savais que M. Loiseleur avait rapporle a celte espece im ecliantillon de Statice que j'avais communique a M. Moral, mais avec une indication autre que celle qu'il lui prele. Lcs {ilanlei que j'ai doniiecs a M. Rleral u'ont point ete ac- compagnecs d'eliqiiettes de ma main ; ii prenait note, quelquefois, du lieu nalal, mais sans exactitude, attribnanta une espece la sta- tion qui apparlenait a une aulre. II commit encore d'autres er- reurs qui sont consignees dans des notes, I'ort remarquables, qu'il iij'a transmjses sur les plantes que je lui ai donnees. II lui arriva nieme de me I'aire raj^porter des plantes de lieux que je n'ai ja- mais vijites. M. Loiseleur a lepete une des erreurs commises par 31. Merat. Je n'ai point trouve a Bonnes le Siatice qm: M. Merat a rccu de moi, el je ne lui ai point indique celle station. Je ne doute [)oint qu'il n'y aii beaucoup do delicatesse dans le procede de M. Meral : j'ai droit cep.endant d'etre surpris qu'il ne se sou- vienne que je lui aidoiiue une espece, (]u'il suppose de quelqu'in- Jeret, qiie pour tenter de tourncr centre moi ma generosite. M. Loiseleur, qui croil Borujts comme Toulon sur le bord de la raer, est encore dans I'erreur; Bormes est a une lieue de la mer, i! est sur une eminence : et parce que i'on aurait trouve le Statice alliacea a Toulon, loin d'en conclure qu'on doive le rencontrer a Bormes, ceux qui connaissent la position et le sol de celte der- niere ville, ainsi que la nature du terrain qui convient a ce Statice, en tircront ui.e consequence loule contiaire. Ces localites sont indiquees d'une maniere si inccrlaine dans I'ouvrage de M. Loiseleur, que Ton pourniit croire pour le plus grand nombre, qu'il les dunue au hasard et sans avoir consulle son herbier. Je ne poursuivrai pas plus loin aujourd'hni cettc revue, dcja irop longue, de meprises, de doubles eniplois et de negligences ; ( 468 ) jc rcsnrve traiilres observalions pour entrclciiir notrc correspoii- daiice, s'll plait a M. Loiseleur qn'elle continue. On a droit d'al- icmliedo I'auleurde la Flore geuerale d'un pays, que par un choix de synonymes il fasse connaitre ses points de contact avee celles des conlrecs voisinis; qu'il indique avec precision les locaiites des especes rares, et principalemeiit dc celles qu'il douiie coiuine iiouvelles; il prouve ainsi sa confiance dans Texaclilude de ses recherches, et donne le nioyen de verifier ses observalions. On demando aujourd'hui des fails et iion des autorites; la Flore de IM. Loiseleur ne reniplit aucune de ccs conditions ; elle parait ap- parlenira one autre epoqiie.Dcpoiirvue d'oljservationspropresason auteur, redigee sur des donnees fournies, presqu'entiereunent par des auteurs anciens, dont les travaux furent utiles a I'cpoque dc leur publication, mais qui ne peuvent aujourd'hui etre preitres a des travaux plus recens et plus exacts, elle eCit paru surannee il y a vingt ans. De quelle utilite serait elle aujourd'hui? Felix Petit. PHYSIOLOGIE ANIMALE. CotRS DE PHYSIOLOGIE GENER.'.LE ET COMPAREE, profeSSCC « la filCuUi des sciences de Paris; par M. Ducrotay de Blainville; publie par les soins da docteur Hollard, et revu par I'auteur, i" et 2* Uvraison , in-8°, 62 pag. Prix, 14 /V*. pour 20 lecons. Paris, 1829; Rouen freres. C'est une de? idees les plus heureuses de ces dernieres annees, que d'avoir enlrepris de livrer au public les lecons orales des protesseurs de nos t'aculles. Nous devons cet avantage a la steno- graphic ; elle a d'abord dcrob6 furtiveiiient les paroles du pro- fesseur, qni, peut-etre pour la preniieie fois, s'est apercu qu'il devait se preparer a t'aire son cours, comuie on se prepare a redi- ger uu iivre; et le stenograjihe a reloruie le professeur. Les ele- ves lui doivenl de la reconnaissance, avec d'autant plus de raison, que les professeurs, cedant enfin au torrent dc la pnblicile, ne re- fusent plus de reviser la copie, et d'avouer leurs propres lepons. II est a regrcltcr que eel usage ne se soit pas encore introduit ( 469 ) dims la faciillc do medocinc; tel proresseur, devenu plus rescrre eit presence d'un public qui s'attendrait it rcliie, et qui din, lors lie serail plus nu'si facile a indnire en errcur, se garderail bien d'altorer sciemment les fails qui sont contraires a sa cause, c«l de deverser de I'odieux sur des homines integree, qui ont eu le mal- hcur de dcmontrer que tel Wenioire de meJecine legale renftr- mait des erreurs susceptibles d'avoir les plus graves resultats. On ne saurait adresser ce rcproche a MM. les professeurs de la faculte des sciences. lis respectent leur auditoirc, parce qu'ils ont conlracle rhabilude de se respecter eux-meuios. On peut ne pas adopter Icur maniere d'eiivisagor un sujet; mais on ne se voit pas reduil ;\ la deplorable necessile de leur donner des deiuenlis ; aussi nous livrerous-nous avec un certain emprcssement a I'aiia- Ijse critique des Iccons de M. de Blainville. Depiiis plusieurs annecs, M. de Blainville, persuade que fouta physiologie, disait-il, est au bout du scalpel, professait exclu- sivenicnt Taiiatomie comparee et la zoologie. Cetleannee, il a renonce i ces idees exclusivcs ; ct, se rcndant enfin aux raisons contraires que nous avons developpees dans notre prospectus et dans noire introduction, M de Blainville a annonco un cours de Pliysiologle grncrale et comparee , ct deja il a donne plusieurs Ic- cons. Nous aiiaiyscrons les deux premieres qui par.iisseut rom- pluler I'infroduction. II serait injusle de se montror trop severe au sujet du style d'une locon stenographiee; tout ne pent pas y etre egaleinent dasse; quelque soin qu'ait pris le professeur pour en preparer le plan el les niateriauX;, il faut neccssaiicment que la majeure partie en soil improvisee. Cependant on a le droit d'exiger que le ])rofesseur parle un langage ciair, lucide, a la porlec de son audi- toire; et que jamais il nese laisse enlrainerau liasardpar la phrase, pour placer, a la suite les uns des aulres, des mots sonores, mais vldes de sens. On exige iraperieusement ces conditions de la part d'un professeur charge de la tache diflicile de flatter I'oreille, et de plaire a I'imagination ; pourquoi se monlrcrait-on plus indiffe- rent a cet egard, alors que le professeur u'a plus qu'a inslruire el a exposer des fails ? Or, le style do M. ilc Blainville est loin de rt'iuiir ces condi- (■iuns indispensable*. La manirrc ck'-ganle aver !.iqu:yons-Ies plulot dans Icurs propres ouvrages. Pour jusliGer la tiealion du mot loobiologie , M. do Blainville a consacre iin long cha['ilre d't'iudition : il a cherclu'; a ctablir, ce qii'on peul Irouver expose plus an iong dans le Diciionnaire de Boyle, que le mot jiii^i; chez les grets et natura chcz Ics la- tins avaient di\erses significations, et que par consequent /?///- siologie , qui derive, de jjijtis devait etre supprime et remplace par !e mot de zoobiologie. Rlais cet aigiinjenl est applicable a tons les mots simples d'une huigne : il w'en est pi\s un scul peut-etre qui ne jouisse de diverses acceptions; ilfaudrait done Ics bannir tons dcs composes, par un motif aussi pen philosophique. Alin de faire Fapplication de cette idee, au mot de M. ile Blain- ville : ne sail-on pas que ^Loi siguifie, i" le cours ou la duree de la vie (/Stov Siayuv ) ; 2° la maniere de vivre {_^ion vfiizspoi isocr.) ; 3" le commun des honimcs ; 4° les subsijrtances , les vivres [ ^lo-JTzopiKineai)-^ cufin, qu'en cliangeant I'accent, il signifie arc, et que fia. signifie force? Dirons-nous que ?ojvi signilie vie, et que par consequent zoobie pourrait toiU aussi-bien signifier la vie de la vio, que la vie des animaux ? C'esI minulieux si I'on vcut ; mais pourlant n'est-ce pas la le meme raisonnemcnt que fail M. de Blainville, quand il ocrit que les principales significa- tions actuelles du mot natura, qui entre dans la coniposilion du terme de fhysiologie, etant asscz nombreuses, celui-ci ne saurait plus convcnir en aucune maniere pour designer la science de la vie ? Ce que jc rcmarque de plus singulier dans le mot de nouvelle creation, c'esl que jamais chez les Grecs le mot de /Sio; n'a si- gnifie la vltatlU , les lots de la vie, et que ^loiorjiot cbtz eux si- gnifiail exclusivcmcnt : excrcer la profession de biographer }>i>Tts au contraire , malgre Ics acccptions diverses qui se ratta- chaicnt ;'» la principale , signifie le plus ordinairement Ics tois de la nature et surtout les lois de la rilalite. La phrase sui- vanfe d'Anacrcon puns xipaTu. Tc/.-jpoii ojt^ai S'Uu/.s-v ittttoi; a-t-elle jamais presenle la moindre dilllculte i ['esprit des Grecs, des liomains et des Francais? et ne pouvons-noiis pas la Iraduire liltcralement, de la maniere la plus intelli^^ible, par tes mots : la nature a donnc des comes aiui laincau.r cl dcs sabots aux ( .t;5 ) cliciaud? AiiLsi vniis siipprimcz iiii ii:ot usite cliez les decs el cliez Ifs Latins {physiologia} i)Our ^igniGril• la science des lois de la niilure, el voos le rcmjilacez par iin composi nouveau de mots grecs qui, chez tux, n'aiiiaient jamais en cttte significaliiiu? et Yons voiilez qu'au lieu de nous servir de physiologie aiiimale ct \'''gelalc, nous employ ions les mots bizarres de zoobiologie, p/iylo- l^iologie? (\u\ nous force doi:c a parlor grec et a le parlur tn depit de la langue grecqnc? C'e;l une those dignc de remarque en hisloire natnrelle, que Ja maniere donl nous rtmplacons des mols que nous enleiulons bien, par d'aulrcs que Iturs auteurs ont eusuite de la peine a de- fiiiir el a faire comprcndre; on cite meine a ce sujet un botaniste IVancais, qui, ceats, aurail de la peine a expliquer une phrase latine, ct a plus forte raison une phrase grecque; eh bien, il n'est pas d'anteur en France qui ait compose autant de mols tires dii grec et du latin. Aussi lui arrive-t-il, par la transformation d'un r en s par exemple, de nous placer des legumes dans les cieux. jlais quand c'esl lire du grec, qui le devine? La digression de M. de Blainville sur les acceplions diverscs d:i mot pvjtj n'est qu'un extrait incomplet de Tarlicle de Boyle ; nous ne nous arrClerons que sur une inexactitude, qui pourrait bien avoir ele pour ainsi dire inspircc par la nature des circons- lanccs actuelles. d.C'cst ainsij dit i\L de Blainville, qu'est ne le pantlicisme, ^y>- temc d'aprts lequtl Dieu est nou-seu!ement dans la nature, mais est la nature elle-meme, ou I'ensemble de tout ce qui est. »Cetlc manicre de voir elait logique chez les philosophcs grecs de Tecole d'Aristoto, qui adnieltaient non-seulemenl reternili: de la maliere, uiais aussi celle du monde; elle est, au contraire , in- compatible avcc la philosopliie clirelienne, et Con s'etonne de la voir jirofessie par des liomwes picax, qui admettent, d'un autre cote, un Dieu createur de la maticre et du monde. » Nous croyons convena- ble de rappeler a M. de Blainville, qu'un cours scientifique est du domaine de la raison el non de celui de la foi; el qu'il est aussi inconvcnant d'invoquer le temoignage de la religion, que de par- ser conlre elle dans une chaire de physiologie. Au reste, M. de Blainville a suivi en cela les idees que nous nous sommes formies di.s oj'i'iions religieuscs (!c> anciens. et il sc imuilrc, comme le ( 4;4 ) commun des hommes, injuste envcrs Ics personnngcs emincns cic I'anliquite. L'opinion d'Aiistote n'est pas seiilcmeiit incompa- tible aveolu morale chrelieniie ; mais elle elait reconniie inathiiis- sible par les hommes les plus sages de raiitu,uite ; nous rcuvcr- rons M. de Blainville aux premieres pages du livre rfe vaturddeo- rum de Ciccron ; il y verra que eel homme, donl la piele, certes, n'elait pas suspecle , tout en admeltaiit I'acceplion la plus or- dinaire du mol nature, comballait avec force poar defcndre I'exis- lence d'un Dieu qui en scr.il I'auteur. La premiere lepon est terminec par le developpement de la science de l;i loohiologic ; cct article n'ajoute rieu a ce qu'on avait deja dit de la science qu'on nommait physiologic. La secondc lecon est consacree a developper les differens moyens qu'oti emploic dans I'eti'.de de la physiologic : i° moycns fouruis par robservalion directe ou immediate du ph^nomene; 1° inoyens fouruis par la comparaison ; 5° nioyens fouruis par li's experiences direcle« et immediatcs; 4°''ioyt-'ns fournis par ks experiences indircctos et mediates; 5° moyens artificitls. flLiis tous les details dans lesquels rentre I'auteur, sout de la classe des notions elementaircs. Note sur la circulation du foetus choz les nimiuaus; par M. le docteur Prevost ( Mim, de la Soc. de pln's. et d'tiist. rial, da Geneve, toni. IV, part. i). L'auteur avait annonce, il y a deux ans, que les globules du sang du fojtus different en dianietre de ceux de la mere. L'au- teur en avait couclu que chez les nia'mmiferes, il n'existait au- cunc communication directe entre les systemes saiiguins do I'ein- bryon et de la mere. Dans le coiirs des experiences que nous poursuivons, M. Kres- chel et moi, dans le but de decrire I'hisloire de la lurmalion du Placenta, j'ai eu occasion de verifier I'exactitude du fait annonco par M. Prevost, sur une chienne presque A terme. Les globules dii sang du foetus etaient (' videnmient trois fois plus gros que les globules du sang de la mere ; je les observai a I'instanl oii ils sor- taient des vaisseaux des deux animaux encore vivans. JIais ce fait seul ne prouver.iif pns encore rahsence de? communications ( 175 ) rcciproqiios ties sysletncs sangniiis dc la mere ct (lu fcetiis; car los globules ilii sang n'clant (i) qii'un precipite d'albiimine, !e dia- iiielre tie ces globules est en i aison direcle de l.i quanlitc des par- lies aqncuses conteiiues dans le sang. En ellet, en ajoulaut de I'eau a la goutte de sang qn'on observe sous le microscope, on voit |>eu a pru ces globule s'l'tendrc, grossir et disparailre a la lon- gue. On anrait done pu ubjectcr que ces globules, passant a tra- vtTS les vaisseaux capillaires du sang nioins aqueux de la mere, dans le sang plus aqueux du foelus, y auraient acquis nn accrois- sement de diametre. On aurait pu objecter encore que les glo- bules do la m6re ne passaient point dans le sang du foetus; mais que la partie liqnidc seule du s mg arrivait dans le sysleme vas- culaire de renfant, et que c'est la que les globules se formaienl de toutfs pieces par la precipitation Icnle et reguliere de ralbumiue du sang. L'auleurse propose, dans ci Itcnoie, d'ajouter une nouvelleprci!- ve ii celte opinion, qui, aujuurd'hui, du resle, commence a gagmr bcaucoup en lavcur. 11 a examine la circulation du sang dans le chorion du foetus tie brebis, a un age pen avance de la gestation, puisque les cotyledons n'etaient pas encore formes, el que, par consequent, le chorion n'adherait pas encore i I'ulerus, II a vu au microscope le sang passer a travers le lacis des anastomost s des veines dans les arltrts, d'oii i'auteur conclut que le sang qui vient du fcelus relourne au foelus, et que par consequent le losUis n'en recoil pas de la mere, et ne lui en cnvoie pas. Mais les pbysiologistes n'ont pas pretcndu que Ic plu'nomcnc decrit par iM. Prevost n'aurait pas lieu dans le cas oii la mere I'uurnirait du sang au fcelus par des communitalions immediates; dans leur supposition, rien n'emptcherait que les veines, qaoi- que en communication direcle avee les veines de la mere, puis- seiit, sur ie chorion, communiquer par plusieurs anastomes avec les arlcres qui seraient a leur tour en communication avec les ar- teres de la m^re. Ensuite ils n'ont pu pretendre que les vaisseaux du foetus doivent s'aboucber avec les vaisseaux de la more, avant que le chorion ail conlractc des adhtrences avec i'ulerus, par le moyen des placentas. (i) J'oy. If Rcfcrt d' anatomic, tome VI, 3'^ part., 1879. ( 4:6 ) Nous avons lu, il y a un inois, a la Societe philomatique, U. lireschet cl moi, une scrie d'ex[)erienC(S f.iites .sur la tniie, la hit;bis, la chiennc, la feinme, etc., el qui nous prouvcnt evidem- ineiitque niille coininunicalion va^culaire n'existe cnlrc I'utrrus ct It; chorion; robseivation niicroscopique, jointc u un assez grand nonibre d'injoctions operees de la maniere la plus variee, ne nous laisse plus aucun doute i'l cet egard. Nous avons presenle en inemc temps les figures delailltes a I'appui dc nos ob- servations. Nous conlinuons cependant ce travail, afiii de le ren- ilre aussi complel que possible. U. Reclamations : Coars de M. de Btainville. — M. de Blainvillc, aprcs avoir verifie quclques-nns des fails conieaus dans notre travail sur les graisses et le lissu adipeux (i),. a annonce n'avoir jamais pu observer le hile que nous avons de- crit sur les granules de graisse. II a meirie place sur le porle-ob- jel du microscope, dos granules de graisse qu'il a inontres a la plupart de ses auditeurs, el sur Icsquels aucun d'cux n'a pu, a la vorite, decouvrir de Itile. On ne pouvait ccrles pas remporter un triomphe plus complet. Malheureusement, M. de Biainvilleseser- vait de la graisse de moulon on de veau que nous avons repre- sentee sur noire planch.', sans //(Ve, tandis que nousavons Irois fuis rcpcte dans noire travail que le hile elait visible sur la graisse de pore et des insectes (a). II a assure que nous regardions les tegumens comme la stea- rioe de M. Chevreul. Nous avons dil lout le contraire ; car, dans noire travail, nous regardons la slearine et I'oleine de ce ceicbrtj- cliimisle comme deux portions de la meme substance, I'une dis- soule el I'aulre indissoule (5). Nous avons developpe cette opi-. nion dans un memoire imprime depuis Irois mois pour parailre dans lo Repertoire general d' Anatomle. Nous voulons bien croire que M. de Clainville, un pen presse par un sujel qui ne lui etait pas familier, n'avait pas eu le temps. (i) Tic pert, general d' Anatomic, tome III, p;ige 299. (7.) Pag. 3o4, 5i3, 3o2, edit, in S*. (o) Page 5ir). ( 477 ) de lire par lui-mCine un trarail doul il a pourlanl fail Tcloge. Mais nous savmi?, d'une nianiere sOre, que plusieurs de ses aiidi- tt'iirs, mieux iiiforinus que iui, onl eu la com[iIaisance de lui sou- inetlrc les preuves du contraire de ce qu'il avail avance; W. dc Bluiiiville en esl coiivenu avec eux, mais il ii'a pas daigiKj rclrac- ler ses asserlions maleriellemcnt erronces. Nous prenons bicii nos piecaulions en cilanl les auleurs donl nous combations Its idees; inais si jamais noire exactitude sc trouvailen defaut, nous nous montrerions plus generenx que Jl. de Blainville. Coiirs de M. Orfila. Le public savanl se rappelle, sans doule, que iM. Orfila ayant [lublie un meinoire sur les u)oyens de distin- giier une tache de sang en medecine legale, nous presenlamcs une tache ailificielle si trompeuse aux reactifs invoques par M. Orfila, que eel honorable professeur fut oblige de changer en toute hate son premier menioire, el de recomuiencer uue serie toute nou- velle d'experiences pour se tirer de ce cas embarrassanl. M. Orfil.i parvint, grace aux conseils d'un habile teinturier, a trouver que le sang verdissait par I'ebullilion , tandis que noire laclie artifi • cielle reslait colorce a la meiiie epreuve, el il annonca ce resultal avec un air de triomphe qui achevait dt; prouver encore davan- lage conibien sa position etait penible. Nous lui repondimes ([u'eri njoutant a noire melange un sel de fer plus soluble a chaud qu'i'i Iroid , et un pen de tannin, rebullilion produirait sui' le sang artificiel on effet analogue a celui qu'ellc produit sur le veritable sang. M. Orfila garda le silence dans les journaux; car il est inu- tile de derouler aux yeux du public d'autres circonstances. Un mois apres celle discussion, inalheureusement trop aniniee, I'lns- litut, par I'organe de M. Chevreul, confirnia solenuellement noire nianlirc de voir; et les medecins independans, malgre loules ces Iracasseries, resterent convaincus du danger qu'il y avail d'eui- ployer devant la loi de seniblables inoycns d'investigatious chiini- ques. Nousavions renonce a ecrire sur cesujel, afin de ne pasavoir I'air d'abuser de la position pt'niblc de M. Oifila. Mais M. le pro- fesseur ne veut pas que nous deposions la plume ; cl dans une dts seances de son cours, en presence d'un auditoire, qu'on doit d'au- tant"plus respecter qu'il respecte davantage la parole du niaitre, M. Orfila, masquanl certains fails, denaturanl les autres, a cher- ch<5 ^ dcvcrser sur notre nom un odieux quo nous ne redou- ( 478 ) loii.s gucre, et cela par des procodcs Jout riiijiislice nc saurait purvenir jusqu'a nous. Nous pardonnons a SI. Oifila sa coiiJuite; uiais noiisdevonsaverlii'du picge ses elcves abuses; et, afin de les rcndre juges par eux-memes de la question, nous les invitons i\ lire I'expose des raisons qui out ele invoquees de part et d'autre dans leJounialgeni'ral de medecine, lomcCII, p. 555, 1828 el sui- vanles. Nous lenr abandonnons cnsuite le soiu de rendre a diacun Ic degre d'eslinie qu'il aura pu retirer de seuiblables debals. Cc3 questions sont graves; il s'agit de la murt ou de la vie des accu- ses ; et il est urgent qu'on ne s'expose pins, au bout de cinq ans, a avouer qu'on avait iuduit en erreur des juges qui auraient ele dans le cas de prononcer uue peine de mort. 11. AitGF.MEiNE ZiOOL. elc, Zoologie generale donionlree dans tous ses representaiis generiques ; par J. -A. Kiup, in-4^» 4' ^^ 5* livr. , de 3 f'euilles el 12 pi. lith. Durmstadt i8a8 ; Lcske. Beitrage ziir Geschicchte, etc. Cnnti-malion des papilions d'Eu- rope, graves d'apres nature; par C. F. Fbeteut, ^' el 8* livr., avec 22 planches enluiniuees, in-16, 2 \ I'euiil. Augsbourg, 1828. — La science vienl r?e perdrcM. Laiian; les Aimales consacrc- ronl line notice biographique a oe savant mincralogiste. La venle publique dc ses collections el de sa bibliotheque aura lion le 5o aviiletjourssuivans, a six lietu'csdu relevee, rue Saint-Hyacinthc- Saiut-Michel, n» 2a. TABLE DES MATIERES DU PREMIER VOLL^Mli. Acadeinie des Sciences dc Paris iSg, 555 Agiicuilure. ( Nominali'jn de MM. Mirbel et Flou- rences aux places '.acan- tes d') 1 54 j^grostis spica renli. . , i\ii Alcalis, Iturs radicaiix. . 217 p.-ig. Alihcnlafiliformis. . . .4^1 Analyses minerales. i5i a i58 Angelica scahra. . • • 99 Animalcules speruiatiques des vegelaiix. . . . 23o Annonces bihiiographiques ( Bolaniquc cl Zoolo- gie) ... . 143. 4G0 :X Jnlh(cnanlia (\^Q LuliMniiiles des Alpes de I'rovence 271 BELL(Th.);Torliieide terre. 1 Ji I5t';ruiJes i53 Behdant, analyse des nii- iiuraiix 307 BiOT, Figure de la terre. . 54o Ijlainvil'.e; Coiir.-^ de pliy- siologie 4G8 Bourgeons ii la surface des feuilles 4^7 Bravard (A.) el Jules de CKisTOL;Hyencsfossiles. 140 Bromus 4 it), {\'so Canaux periloneaiix de la Torlue i45 . 385 1 53 io3 127 9 4 Chaleiir par la pile. Charancnns Centrophorum I'rin. . Conlinens ont-i!s ele sub- merges plusieurs fois? Dai'rier, Stronliane sulfa- lee de Boiivron. De Candollb (A. V.); iMe- lastomaeees, Crassula- cces, Paronychiees, Por- lulacees i43 DELAPOiuEet Brdlle; Nou- A'eaii ginre de charan- pons Delarive, Chalenr dega- gee par la pile. Depot calcaire ; Yauquelin. Di.-cours prcliminairc. . 1 DucLos; Nouvclle espece d'oviiles ]54 DiuARDiN ; Poiidingues de la Tourr.iine. . . . /!f56 Eaiix mini'ralesdesVosgcs. 532 Espece (Qd'jsl-ceqiie I'es- pecedanslesgraniinees?) 40G I 52 385 139 9 ) I'ag Elhcr oil uialiere repul- sive 21, iGi Evaporation 42 Festuca 423 I'leiir dij tannee. . . . i58 Flora gallica de Loiseleur. 460 Froid par la dilalalioii de I'nir 45 Gasterocercns iSa Generation des bivalves. . 107 Geoff. -St-Hilaire ; Vision chez la taupe. . . . i44 GEOFF.-ST-Hit.AiRE (Isid.); Canaux periloneaux de la torlue i45 Geologic (Memoires de). i3i Gluciiiiuni 235 Goniomet. niicroscopique. 228 GuERiN (a. F.E.); Nonveau genre de crustaces. . . 1 Sa Haldat (de) ; Magnelisine en niOMVement. . . . 395 HiiAiRE(Aug.dcSl); Mais. 458 llistoire nal. tnedicale. . 332 llydrostalique , principe d'Yvory 537 Hyenes fossiles. . . . i43 Iclinantlias 44G Ivory; Principe d'liydros- tatique 357 Kirschlegf,r; Eaux miner. 332 Legrand; Froid del'airdilat. 45 Lesson ; Especes inediles de poissons i5i Lesuecr (C. a.); Tortucs. 149 LoNGcriAMP; Evaporation. 4^ — Nitrification. . . 56, 194 Magnetisnie en mouve- nient 4^9 '85 Maissauvago 4-'>8 31atiererepiils. ouether.21, 161 Metauxnouveaux. ... 67 ( ?8o ) Microscopes (Valeur des) Miiieraux, leiir annlyse. . flloiiL (,H.) ; Cellules des plunlcs Molhis'iiios (rAliemagne. M'onacline Nitrificulioii. ... 56, Orchidees de I'llcde Fran- ce Ovaire des ceieales (Analy- se microscopique avant la fccondalioi]). . . Ovides vegetaux ( perl'o- ri-js ?) Ovule (coquille)- Paniciim Parasite fosi^ile Peiidiileadiverseslalilndes. r EXIT ( F. ) ; ^ ngclica scahra. — Altlicnla fUiformis. . — Oiliqiie dii Ftoragallica. Pile voltai'qiie, chaleiir. Pliiiane, nouveaii melal. . Poissnns iioiiveaux. Poudiiiguesde la Touraine. Prevost (Const.) ; Siir ks pre t endues subniersions iteralives des continens. PrevosI (L)'".); Circulation du Toelus Rang ; licroiidcs . . . . Raphides en spirales. Rappnrls fails a i'Acad.dcs bcienc. sur la generation chezles vegetaux. (Exa- incn critique de trois). Raspail; Ueactif propre a ("aire distingue r des quan- tites miuiines de siicre, d'huile, d'albumine et de resine — Sur le genre Ccutropho- 253 1J9 i53 Z|38 •94 109 89 154 43 s 3no 343 99 45i 4(jo 385 67 i5i 456 4:4 i53 457 72 rum et le sous- genre Ccntropodia — Partuiition vivipare des bivalves — Goniitmetre niicrosco- piqne — Belernnile.s des Alpes. . —Sur I'espece dans les gra- minees — IVletamurphoses du gen- re Fetstuca — Hlonographie Je certains Paniciim Reactifdu sucre, de I'huiie, de raljjuniine et de la resine Richard (Ach.); Orchidees. Roches, leur anal3'se. . Saicey; Matiere repulsi- lOJ 1 22 22S '1 — i\3agnetisnie en inoii- vemunt !\S, — Figure de la terre. . Spicules fossik-s d'Alcyon. Spirozoltcs ( parasite Ibs- sile) Sprengel (Ant.); Supple- mcntamad systemavcget. Slrontiane sulfatee deBou- vron Terrc (Figure de la). 34o, Terres, leurs radicaux. . T/iemisto Thrasia Torlues de terre. TouRNON ; Fleur de tan- nee Frionyx Vision chez la taupe. . . Woehler; Glucinium, yt- trium Yttrium 406 423 438 141 ^97 i6i i85 345 456 3oo 143 94 343 217 l53 440 i5o i58 »49 144 223 223 BJAN.f9t5 x:^^>». .-^3 J/in . //■e Note additionnelle relative a la perforation de I'oTuIe v^g^tal; le m6me , 89 Gisement de la strontiane suifal^c de BouTrun ; A. Daurier g\ Notice sur une ombellifere; F. Petit gg Note sur le genre Centrophorum ; Kaspail io3 Revue zoologique sur la generation chez les bivalves 107 Parturition vivipare des bivalves ; Kaspail 123 BULLETIN ANALYTIQUE ET BIBLIOGRAPHIQUE. Miniralogie et Geologic Sur la formation des continens actuels; C. PrevosI u- Descripliun g^ologique du Bas-Boulonnaii>; Rozet. — Idem des envi- rons de Narbonne; Tournal fils. — Idem de la Germaoie; Mendels- sohw. — Analyse du bol du Sxsebiibl; Wackenroder. —Analyse du schorl noir ; Dumenil. — Won du Misy ; le menie i3i Analyse d'un mineral i structure testacee ; le mcmc. — Eau mineralc de la vallee de Waideitz; Bachmann. — Mia^rais de zinc; Lesueur. — Mine de cobalt iSa Acide sulfurique natif. — lode dans un mineral de zinc i55 Calcaire terreux de Chantonnay ; Dubuisson. — Grosseur des grains du platine natif; Humboldt i54 Nouveaux miniraux des mines de Zlatooust ; Stscheglof. i35 Dep6t calcaire de Saint-Maclou; Vauqueliu i3S Botanique. Jpi plantes; Mohl. — Monographic desOrchid^es de Tile Richard i3g r^miac^es, etc. ; Cambessfedes i4i "es; de Candolle i4a ■^ .<" ■ li. — Flora brunsvicencis. — Plantm Banatus ra- ^ Saliclbus Europceis ; Koch. — Dc Cladoniis ; -S '^ kngorum; Fries i45 w i -J Zoologie. J? iJlumenbah id. iies fossilcs id. SUITE DE Li TABLE DES MATIEUES. La vision de la taupe ; Geoffroy-Saiiit-Hilaire >4i Canaux peritoneaux de la tortue; GeoD'roy-Saint-Hilairc '4^ Deux espfeces de tortues ; Lesueur >49 Trois nouvelies esp6ces de lortues; Bell '5o Nouveau genre de poissons ; Lesson '5i Genre nouveau de CbaranQons; Brull6. — Themisto Gattdichatidii ; Gu6rin.. . '^j Beroides; Rang • 'So Espfece ncuvelle d'ovule ; Duclos '54 Nouvelles scientifiques. Agriculture '''• Note mycologique sur la fleur de tann6e ; Tournon »58 Seances de I'Acad^mie des sciences 1^9 DB l'i.MPRIMI'RIB de PLASSAN ET C'^ , BUB DE VAUGIRARD, «" l5. ' ■*-. (' t^g. ^^ifli^airr'v^