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ROMANIA
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ROMANIA
RECUEIL TRIMESTRIEL
CONSACRÉ A LKTUDE
DES LANGUES ET DES [JrrÉKA'rUKES ROMANES
FON01-; HN 1S72 l'A!-,
Paul MEYER et Gastox PARIS
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PAUL MEYER ET Ant. THOMAS
Pur remciibrcr des ancessuis Le? diz e le? \x\7. e les murs.
W»cfi.
3 5« ANNÉE. — 1904
PARIS (2'--) LIBHAlKIh EMILE BOUILLON, ÉDITEUR
67, BUE DE RICHELIEU, 67, .*.U I«'
TOUS DROITS KÉSKRVb'S
Ix
PC 1
t. 33
NOTICE
DU MS. MED.-PAL. 141 DE LA LAURENTIENNE
(vies des saints)
Le ms. 141 Je kl collection mediceo-palatine, à la Lauren- tienne de Florence, contient un recueil important, et jusqu'ici non étudié, de vies des saints rangées dans l'ordre de l'année liturgique. Il n'a toutefois aucun rapport avec le légendier français classé selon le même ordre que j'ai fait connaître il y a quelques années', étant formé d'éléments tout différents. Mais, avant d'en indiquer le contenu, il convient d'en donner la description.
Le légendier de Florence a été relié au xviii^ siècle en deux tomes, mais, antérieurement, il formait un gros volume in- folio. La pagination, en, chiffres romains, qui paraît remonter au temps où le livre a été écrit, se continue d'un tome à l'autre. Le premier tome s'arrête au fol. clxj, le second est formé des ff. clxij à cccxw. Le fol. cccxxx est suivi de cinq feuillets blancs, dont trois pages sont occupées par une table des pàques de 1426 à 1507, avec l'indication de la lettre domi- nicale pour chaque année. En tête du premier tome se trouve une table écrite sur deux feuillets non compris dans la pagina- tion. Cette table est accompagnée de renvois aux feuillets et de l'indication des mois auxquels appartiennent les saints. Il y a deux colonnes à la page et 42 lignes à la colonne ; hauteur des
I . Notice sur un h'getnlier français du XIII^ siècle classé selon ï ordre de Vannée liturgique. Paris, 1898 (Notices et extraits, t. XXXVI).
Rom.itiia, XXXIU I
2 P, MEYER '
feuillets : o_, 34; largeur : o, 25. Le fol. i recto est entouré d'une vignette. En tète se trouve une miniature à fond qua-i drille représentant le jugement dernier : Dieu assis sur l'arc- en-ciel, de chaque côté un ange sonnant de la trompette; au: bas, les morts sortant de leurs tombeaux. Premiers mots du! 2" feuillet : qui es Diex cl iiiaistre. \
Le manuscrit est daté à la fin comme suit :
Sacliant tout cil qui ceste légende liront qu'ele fu parescripte le xiiij^ jour, du mois d'Aoust, nuit de le assomption de la benoîte Vierge Marie, l'an dei grasce mil iij>: iiij''^ et xix. Et l'escripsi Jehans 11 Escohiers, demourans [a]'
Arrasen le rue de l'abeye, entre l'ospital S. Juliien et le rue du Pré '. |
i
La reliure est aux armes (de sable au chef d'argent) dei Louis de Gand Vilain XIV de Mérode de Montmorency, prince d'Isenghien, maréchal de France (j ij6j)-. Le manu-: scrit figure dans le catalogue des livres de ce personnage, sous le n° 55 5. Le rédacteur du catalogue ne lui a accordé que cette^ brève mention : « Autre légende dorée, ms. en i}^^. 2 vol. in-\ fol. » Il fut adjugé pour 60 livres.
I. Jean li Escohiers (le pelletier) n'est point connu d'ailleurs, mais on; peut déterminer son adresse exacte. M. A. Guesnon, qui connaît mieux quej personne la topographie du vieil Arras, m'écrit à ce sujet : « La rue dej « l'abbaye, appelée plus communément aujourd'hui rue de Méaulens, j « conduit de l'ancienne porte de l'abbaye de Saint- Vast (actuellement la! « cathédrale), à la porte et au faubourg de Méaulens. C'est près dei « cette porte, à droite en sortant de la ville, que se trouvait le petit hôpital I « de Saint-Julien, dont les dépendances aboutissaient aux terreaux des forti-' « fications. La rue du Pré (prcttuni ahbalis au xii^ siècle) s'appelle aujour- ' « d'hui rue des Onze mille vierges, d'une chapelle de Sainte-Ursule située i <f derrière l'ancien hôpital Saint-Julien. La maison où demeurait Jehan • « l'escohier faisait donc le coin de cette rue sur celle de Tabbaj'e, du côté ■ « de la porte de Méaulens. » i
2. Voir J. Guigard, Nouvel armoriai du Bihliophile (1890), II, 262. !
3. Catalogue îles livres de M***, dont la vente se fera en détail le mardi i 15 janvier 1756 et jours suivants... [Paris]. G. Martin, libraire, MDCCLVI. i — La Bibl. nat. en possède un exemplaire avec les prix (invent. A ii.iio). j Il v avait de fort bons manuscrits dans la collection du prince d'Isenghien. j La Bibliothèque de l'Arsenal en a recueilli un certain nombre. Voir H. Mar- ; tin, Histoire de la Bihliûtl]èque de VArscnal (Catalogue, t. VIII), p. 161-2. ■ D'autres furent achetés par le duc de La Vallière, et c'est ainsi que la Biblio- ' thèque nationale en possède quelques-uns. '
L1-; MS. Ml.D.-l'AL. 141 Dli LA LAL' Rl-NlllANK 3
A l'intérieur de chacun des deux volumes sont gravées les armes de Girardot de Préfond (écartelé : au i et 4, d'argent au lion de sable; au 2 et 3, de sable au chevron d'argent'). Notre ms. ligure au catalogue de vente ^ sous le n" 11 10 : « Légende dorée ou Vie des saints. Ms. sur vélhi de ly)^ avec iiiiniaturi'S, 2 vol. iii-fol. v. m. » Il fut adjugé pour 36 livres, seulement.
Notre légendier comprend 203 morceaux — qui ne sont pas tous des vies de saints — dont l'indication détaillée sera don- née plus loin. En grande majorité ces morceaux sont traduits de la Legenda aiirea de Jacques de Varazze; mais un certain nombre ont une autre origine qu'il ne m'a pas toujours été possible de déterminer. Il se peut même que quelques-unes des légendes indiquées dans les pages qui suivent comme traduites de Jacques de Varazze, viennent d'ailleurs : le temps m'a man- qué, à Florence, pour faire une comparaison minutieuse des versions avec les diverses rédactions latines. Une autre cause d'incertitude vient de ce que, tout naturellement, j'ai employé, comme base de comparaison, l'édition de la Lci^enda aurea publiée par Grasse (Leipzig 1846), mais cette édition n'est nul- lement critique : elle est fondée sur les anciennes éditions imprimées. Or les manuscrits de l'œuvre de Jacques de \'arazze présentent des divergences, dues souvent à des interpo- lations, dont il serait nécessaire de tenir compte si on taisait une étude approfondie sur les traductions de cette compilation. On m'excusera de n'avoir pas entrepris cette étude compliquée à l'occasion du légendier de la Laurentienne.
Les versions de la Légende dorée que je connais, en dehors du ms. de Florence, sont au nombre de six :
1° Une série de cinquante légendes tirées de la compilation de Jacques de Varazze et traduites en français vers la seconde moitié du xiii*" siècle. Nous avons de cette traduction partielle
1. J. Guigard, II, 255.
2. Catalogue des livres du Cabinet de Monsieur Girardot de Prèjond, par Guillaume Pranç. de Bure le jeune. Paris, Guill. Fr. de Bure le jeune, MDCCLVII. Exemplaire avec les prix à la Bibl. nat. (Invent. A ii.iiy). — Ce bibliophile vécut jusqu'au commencement du xix^ siècle, et eut le temps de se former une nouvelle collection. Voir H. Martin, ouvr. cité, p. 306.
4 P. MEYKR I
deux copies, appartenant à la même famille (il y a des fautes! communes), et exécutées l'une et l'autre en Italie : le ms. 1008; de la Bibliothèque municipale de Tours, et un ms. de Modène., J'ai analysé ces deux manuscrits dans le Bulletin de la Société deS' anciens textes français, années 1897 ^^ 1902. Je ne saurais dire; si ces cinquante légendes représentent un choix fait dans une; traduction complète, ou si le traducteur n'en a pas traduit davantage. ■
2" Une traduction anonyme, faite « a l'instance de très noblei dame madame Beatris de Bourgongne, comtesse de La Marchq et d'Angoulesme ». Cette dame, mariée en 1276 à Hugues XIII! de Lusignan, mourut en 1329. Il n'en existe, à ma connais* sance, qu'un manuscrit, qui est du xv= siècle : Bibl. nat, fr. 23114. !
3° Une traduction complète, qui paraît remonter à la fin du; xiii^ siècle ou au commencement du xiv% dont nous avon^ deux copies : l'une appartenant au séminaire du Puy-en-Velay,: l'autre conservée à la Bibliothèque nationale de Paris sous lei n° 20330 du fonds français (anc. S. -Victor, 12). Je n'ai pas étu-j dié de près cette version, sur laquelle M. L. Delisle a prépare une notice qu'il ne tardera sans doute pas à publier, mais je puis dire que de nombreux emprunts lui ont été faits par les compilateurs des trois manuscrits que j'ai analysés dans mon mémoire intitulé : Notice sur trois légendiers français attribués à: fean Belet (dans les Notices et extraits des manuscrits, t. XXXVjD'.! Le nom de « Jean Belet », ou « Beleth », se trouve à lai rubrique initiale de ces trois manuscrits, et, par suite, il sem-i blerait assez légitime, à première vue, d'attribuer à cet écrivain; la traduction de toutes les légendes comprises dans les manu-! scrits en question, mais, à la réflexion, il est impossible de s'ar-j rêter à cette opinion, parce que les vies que renferment les trois! manuscrits ne sont pas toutes, il s'en faut même de beaucoup,^ traduites de la Légende dorée : beaucoup sont la traduction de vies non abrégées, mises en français par divers traducteurs, et se retrouvent, sous la même forme, en d'autres manuscrits. Il
" ~~~~ ' 1
I. Lorsque j'ai rédigé cette notice je ne connaissais pas les deux mss. de la;
version complète, mais j'ai indiqué cette source en annonçant mon mémoire!
dans la Romania, XXIX, 473. 1
LE MS. MED. -PAL. I4I DE LA LAURHNTIENXE 5
faut donc admettre que les trois compilations qui portent le nom de Jean Belet ont été formées d'éléments différents, entre lesquels figurait, pour une part importante, une traduction complète de la Légende dorée, qui aurait été l'œuvre de Jean Belct. Cette liNpothèse, que j'exprimais dans la préface de la notice précitée, s'est trouvée confirmée dans une grande mesure par la découverte des deux manuscrits ci-dessus men- tionnés de la traduction de la Légende dorée. A la vérité aucun de ces manuscrits ne fournit le nom du traducteur, mais le rap- prochement avec les trois manuscrits qui portent le nom de Jean Belet rend extrêmement vraisemblable l'attribution à cet auteur, d'ailleurs inconnu, de la traduction de Jacques de Varazze.
4° La traduction très littérale, faite par Jean de Vignai vers le second quart du xiv^ siècle. On en possède de nombreuses copies, dont l'une (B. N. fr. 241) est datée de 1348.
5° Traduction abrégée et partielle (beaucoup de légendes sont omises) qui occupe les ff. 19 à 85 du ms. B. N. fr. 1534. Le ms. est de la seconde moitié du xiv= siècle; la version, à en juger par le style, serait un peu plus ancienne.
6° Une version assez libre, sans nom d'auteur, faite appa- remment au xv^ siècle, et dont je connais un manuscrit des dernières années de ce siècle : B. N. fr. 15475, venant de l'ab- baye Saint-Germain-des-Prés, à laquelle il avait été donné en 17 10 par un chanoine de Sens.
Je me garde bien de donner cette liste pour complète. Ces vieilles traductions appartiennent à une partie de la littérature française qui a été peu étudiée jusqu'à présent. Elles ne sont pas toujours décrites avec la précision nécessaire dans les cata- logues des manuscrits, et, par suite, il est fort probable que des recherches plus approfondies amèneront la découverte soit de traductions présentement inconnues, soit de nouvelles copies des traductions énumérées ci-dessus.
Quoi qu'il en soit, les vies traduites de Jacques de Varazze que renferme le ms. de Florence appartiennent à une version différente de celles que je connais. Cette version paraît être notablement plus ancienne que le manuscrit. On verra plus loin que je l'attribue à la fin du xm" siècle ou au commence- ment du XIV-.
Ces diverses traductions sont médiocres : celle de Jean de
6 P. MEYER
I
Vignai, qui a obtenu le plus de succès, est peut-être la plus !
mauvaise; c'est un mot à mot inintelligent et dépourvu de j
style. Dans les unes comme dans les autres les noms de lieux I
sont plutôt transcrits (et bien souvent d'une façon défectueuse) !
que traduits. La version que nous a conservée le ms. de Flo- \
rence laisse, à cet égard, beaucoup à désirer. j
Ainsi que je l'ai dit plus haut, il y a, dans le ms. de Florence, ]
des légendes qui ne viennent pas de Jacques de Vara:îze. Ces \
légendes se présentent dans deux conditions. Les unes sont \
intercalées entre des vies traduites de la Légende dorée, à la !
place que leur assigne la fête du saint (articles j, 5, 7, 8, i8, ■ 24, 25, 28,44, 48. 49, 54, 59, 66, 72, 77, 82, 83, 86, 88, 93, 104, 106, 1X3, 127, 135, 138, 147, 154^ 155, 159, 167, 175,
176); les autres forment vers la fin du recueil comme un '
supplément non classé. Ce sont les art. 187 et suivants : ,
187 Jacques l'intercis, novembre 27. '
188 Chrysant et Daire, octobre 25. '
189 Sermon sur la Conception, décembre 8. 1
190 Barbe, décembre 4. I
191 Maur, janvier 4.
192 Servais, mai 13. \
193 Richier (ou Riquier), avril 26. i
194 Colombe, décembre 31. '
195 Euphrasie, mars 1-9. j Avec l'art. 196 (S. Saturnin, de Toulouse, 29 nov.), rep;i- j
raît la Légende dorée. Pour l'art. 197 il y a doute. Les art. 198, ; 199, 200 sont pris d'ailleurs; enfin les trois derniers articles,
201, 202 et 203, appartiennent encore à Jacques de Varazze. j
On remarquera que nous trouvons dans notre manuscrit ;
(art. 201) la traduction de la longue chronique qui occupe ' presque tout le chapitre i8r, intitulent' Pelagio papa, bien que cette chronique n'ait rien de commun avec l'hagiographie,
mais que, par contre, l'édifiante histoire de Barlaam et Josa- \
phat a été laissée de côté. \
En som.me, 47 articles sur 203 sont étrangers à la Légende | dorée ', et dans le nombre, deux qui sont d'une étendue
I. C'est un chiffre minimum, car, je l'ai dit, il n'est pas impossible que '
certaines des légendes que j'ai cru pouvoir rattacher à Jacques de Varazze aient I
une autre source. ,
I
- I
LE .MS. MlID.-I'Al.. 141 ni; LA LAURENTIENNE 7
exceptionnelle, les art. 198 (saint Grégoire) et 200 (Jean Pau- lus). Il nous reste à chercher d'où sont pris ces 47 articles. Je puis l'indiquer du moins pour un certain nombre.
Quinze sont des versions, empruntées à quelqu'un des nom- breux légendiers français qui nous .sont parvenus : ce sont les art. 3 (Hloi), 5 (Fuscien, Gentien et Victorique), 8 les trois frères jumeaux), 28 (Marins), 48 (Julien, rédaction en prose d'un poème), 72 (Quiriaque), 83 (Gordien), 86 (Victor et Couronne) ', 104 (Félicité et ses sept fils), 113 (Christine), 127 (Sixte), 155 (Lambert), 159 (Côme et Damien), 175 (Eustache), 188 (Chrysant et Daire).
L'art. 18 paraît avoir été emprunté au Légendicr français classé selon l'ordre de l'année liturgique.
Quant aux autres légendes étrangères à Jacques de Varazze, je ne saurais en indiquer la source. Il ne paraît pas probable qu'elles aient été traduites pour prendre place dans le légendier de la Laurentienne. J'aime mieux supposer qu'elles existaient antérieurement, et ont été tirées de quelque légendicr qui m'est inconnu. Il ne serait pas impossible que la vie de saint Vast (art. 44), qui ne correspond nullement à la rédaction de la Légende dorée, et dont nous n'avons pas d'autre copie, fût l'œuvre d'un traducteur artésien. Saint Vast était un saint du pays.
Entre ces légendes que, dans l'état de nos connaissances, nous pouvons dire uniques, il en est deux qui ont, pour l'his- toire de la littérature vulgaire bien plus que pour l'hagiogra- phie, un réel intérêt. Ce sont les articles 198 (Grégoire) et 200 (Jean Paulus), les plus étendus de tous. Du second je ne dirai rien pour le présent, sinon qu'il est la mise en prose d'une légende en vers dont nous possédons deux copies dans les mss. 3518 de l'Arsenal et fr. 1553 de la Bibliothèque nationale \ Quant à la vie de Grégoire, qui me paraît représenter une rédaction indépendante de celles que nous connaissons, je la publierai en appendice, à la suite de l'analyse du légendier.
1. Il y a doute pour cet article qui, en tout cas, n'est pas tiré de la Légende dorée.
2. Cette légende a été brièvement analysée dans la Roiiiania, VI, 529, d'après le ms. de la Bibliothèque nationale.
8 p. MEYER
Les caractères linguistiques sont ceux de l'Artois, avec une faible proportion de formes proprement françaises : le, ^^(pour le fr. la, sa) sont constants; c latin suivi à' a se maintient, au lieu du fr. ch : cantoit (fol. 62), iakes, pekiés (fol. 6), cose (fol. 11); r latin suivi d'/, e, devient ch\ au lieu du fr. ç : commenchement (fol. 24), anchiennes (fol. 33), vechi (fol. 6), chis, chi (passini), rechupt, tierch (fol. 57). — Glore, istore, mcmore, Anthoiies (j.r. gloire, histoire, mémoire, Antoine), sont aussi des formes du Nord. De même pule (peuple), l'inf. veïr, etc.
Il serait peu utile de poursuivre le dépouillement des formes, parce que, si le manuscrit est daté, les traductions qu'il ren- ferme sont d'une époque que nous ne pouvons préciser, outre que bon nombre d'entre elles ont été sûrement faites en dehors de l'Artois. Or, nous possédons en abondance, pour l'Artois, des textes originaux et parfaitement datés, souvent plus anciens, qui offrent à l'étude linguistique une base meilleure^.
Si nous ne pouvons déterminer les dates variables des tra- ductions étrangères à la Légende dorée, on peut du moins assurer qu'elles sont bien antérieures, pour certaines de plus d'un siècle, à la copie, qui est, on l'a vu plus haut, de 1399. On en a la certitude pour plusieurs vies dont nous possédons des copies du xiii'' siècle (n°' 3, 5,8, 28, 48, 72, etc., qui ne viennent pas de la Légende dorée). Les morceaux traduits de Jacques de Varazze, qui sont les plus nombreux, sont bien certaine- ment plus récents, mais il faut se garder de les faire descendre trop bas, et je ne crois pas me tromper en leur assignant comme date le commencement du xiv^ siècle, sinon la fin du XIII^ Dans quelle mesure le copiste d'Arras a-t-il modifié la graphie des textes qu'il transcrivait, c'est ce qu'il n'est pas facile de dire. Il est bien certain qu'il a introduit les formes artésiennes dans les textes non artésiens qu'il a admis dans son recueil. Mais a-t-il agi de même pour la version de la Légende dorée qui occupe la plus grande partie du manuscrit? Ou n'est-il pas plus probable que cette version a été faite en Artois ? Pour répondre
1 . Ou ti, te après une consonne et avant une voyelle.
2. Notamment les chartes d'Aire publiées par N. de Wailly, Bihl. de VÉcole des chartes, XXXI (1870), 261, réimprimées dans les Mémoires de VAcad. des inscr., XXVIII, i" partie.
LE MS. MED. -PAL. I4I DE LA LAURENTIENNE 9
à cette question il foudrait d'abord savoir où la version a été composée, et nous l'ignorons. Nous aurons chance de l'ap- prendre si, un jour, on découvre une autre copie de la même version. Ce qui rend, dans les circonstances présentes, cette recherche particulièrement diflicile, et même impraticable, c'est qu'en Artois, et dans la région circonvoisine, certains caractères archaïques de la langue, et particulièrement la déclinaison à deux cas, se sont conservés plus tard qu'ailleurs. Par suite, la présence de ces caractères dans un texte de l'Artois ne fournit pas un élément chronologique bien sûr. Mais, tout bien consi- déré, il me paraît probable que les vies empruntées à la Légende dorée ont été traduites par un artésien.
On voit que le légendier de Florence soulève des questions non dénuées d'intérêt et que, dans l'état présent de nos connais- sances, il n'est guère possible de résoudre. C'est pourquoi il importe tout d'abord d'en faire une analyse précise et détaillée.
1. (Fol. i) Chi après s'ensiid li ordenauce pour quoi H tamps des adveus est devises en quatre semaines. Li advenssi contient .iiij. sepmaines, pour segnefier et pour demoustrer qu'il sont .iiij. manicres d'avenemcns, c'est assavoir advenemens en liumanité, si comme de Dieu par sa benoite incarnation ; advenemens en pensée, par grâce qui est acquise par dévotion ; advenemens a le mort, et advenemens au jour du Jugement. A painnes prent fin li dar- rainne sepmaine qui représente cel advent, car li glore de paradis, qui sera donnée as bons au jour du Jugement, n'avra point de fin...
{Lcg. dorée, ch. i.)
2. (Fol. 6) Cbi après s'ensint la vie et le martire iiionsigiieur saint Andrieu, apostre. Cest glorieux saint apostle de Jhesucrist et aucun aultrc bon ami de Dieu furent appelle .iiij. fois de lui, car prumierement Diexles appella pour ce qu'il hëuissent congnissance de lui, ensi qu'il fist monsigneur S. Andrieu. Ensi comme il estoit une fois entre les aultres avoec son maistre monsigneur S. Jehan Baptiste et .j. autre disciple, et il ot oy adont dire a S. Jehan Ecce agnus dei, « vechi, disoit S. Jelians, l'aigncl sans taque qui est venus pour oster les pekiés du monde », et tantost que S. Andriex ot oï ce mot,;,il et II autre desciple qui estoient avoec lui alerent pour veïr ou Diex estoit et ou il ^^^''^°''^- (L. d., ch. 2.)
3. (Fol. \\)Chi après s'ensiut la vie de monsigneur saint Eloy, evesque de Noion. Sains Eloys fu nés de Limoges, et ot ses pères a non Euchiers et se mère Frige '. Avint que, quant il estoit encore ou ventre se mère, elle vit en
I. Corr. Terr
li^e.
lO p. MEYER
dormant un angle qui voloit par deseure sen lit et jetta trois vois, et li pour- mist ne sai quel cose, et la dame s'esvilla a le vois del angle, et fu moult espoentée, et pensa quel cose ce pooit estre, queeleavoit veû en sen dormant. (Le texte latin est imprimé sous forme abrégée Jans l'appendice à la L. d., éd. Grasse, ch. 259, mais ce n'est pas l'original de la pré- sente version, qui se trouve en plusieurs légendiers français et notam- ment a été incorporée au légendier classé selon l'ordre de l'année liturgique; voir ma notice, art. 2. Il est à noter que la mauvaise leçon angle, pour i//i,''/(', se trouve dans ce légendier.)
4. (Fol. 1 1 d) Chi après s'ensiut la vie 7noiisign^ sains Kicholais le henoit confis. En la cité de Patere, fu nés S. Nicholais et estrais des citoiens de la cité, liquel estoient moût riche et moult sainte gent. Ses pères ot a non Epiphanus et se mère Jelianne. Depuis que chil doi chi eurent engenré cest enfant en leur joveneche, il vesquirent puissedi purement et saintement...
(L. d., ch. 3.)
5. (Fol. 15 c) Chi après s'ensiut le vie et le viartire de trois sains, est assa- voir S. Fuscien, S. Gentien et S. Vict. Avoec le glorieux martir monsigneur S. Quentin se partirent tout ensamble de Romme Sains Fusciens et S. Vie- toriques pour preescier le foiz de nostre signeur Jhesucris ; mais S. Quentins n'ala point longuement en leur compaignie. Avint .j. jour, ensi que S. Fus- ciens et S. Victoriques aloient leur chemin assés prés de le cité d'Amiens, la les encontra S. Gentiens qui leur demanda dont il estoient...
(Manque dans la L. d. Cette rédaction se rencontre en divers mss. et a pris place notamment dans le légendier français classé selon l'ordre de l'année liturgique. Voir ma notice sur ce légendier, art. 4).
6. (Fol. *^d) Chi après s'ensiut la vie et le martire sainte Luce, vierge. Geste glorieuse vierge et martire fu de moult noble lignie, de la nation de Syracuse. Une fois entre les autres, ensi que elle 03' le famé et le renommée de sainte Agathe...
(I. d., ch. 4.)
7. (Fol. 18 b) Chi après s'ensiiis (sic) le vie et le martire monsigneur S. Nicaise. Ou tamps que sains Nichaises estoit archevesques de Rains, et du tamps sainte Eutrope se seur, qui demouroit avoec lui, avoit en Franche pluseurs sains hommes qui estoient de se conversation et de se compaignie, entre lesquels estoit sains Aigniens, evesques d'Orliens, lesquelz desiroient moult a souffrir paine et martire pour l'amour de nostre Signeur Jhesucris...
(N'est pas dans la L. d. Une version française différente se trouve en divers mss., notamment dans ceux du légendier classé selon Tordre de l'année liturgique; voir ma notice, art. 6.)
8. (Fol. i-8'«f) Chi après s'ensiut le vie et le martire des .iij. frères juviiaux. El tamps que Sepeosippus, Eleosippus et Meleosippus, cil troi frère, vinrent avant, courut par toute le cité de Lengres renommée que cil troi frère né de
L1-: MS. MHD.-PAL. I4I l)i; LA LAURENTIKNXK II
noble lignie, nepveu de une graiit d.inie que on appelloit Lconile, comme cil qui bien creoient en Dieu et avoient toute leur fianclie en lui, cil avoient abattu toutes les mahommeries et les ydoles figurées d'arain et de coevre...
(N'est pas dans la L. il. Se trouve en plusieurs légendiers ; voir ma
notice sur le nis. H, N. fr. 6447, art. 32, dans Notices et extraits,
XXXV, 470 et 484.)
9. (l'ol. 20 c) Chi après s\-iisiiil h- vie et le mari ire S. Thiiinas aposlle. Après che que Diex fu montés es cieulx, ensique S. Thumas estoit en Cesariepour preeschier et pour convertir le pule, Diex s'apparut a lui, et dist...
(L. J.,ch. 5.)
10. (Fol. 24 (■) Le iialivile Jhesiicris. .\ucun dient que li nativités de Jhesu-
cris fu après le commenchement du monde, depuis Adan .v. mile et ij<: Çd)
ans et xxvij tous acomplis. Li aucun dient qu'il en v ot .vj. mile, et Eusebes,
evesquescesaricns, dist en ses cronikes qu'il ot, du commencement du monde
dessi a la nativité Jhesu Cris. .v". .iiij'"'. et .x. ans, et fu la nativités du
tamps Octoviien l'empereur, liquelz regnoit pour le tamps en pais et en
transquilité par tout le monde, et n'estoit en ce tamps par tout le monde que
.). empereur...
(I. </., ch.6.)
11. Fol. 28 d) Chi après s'eusiut le vie et le inarlire sainte Aiiestaise. Or entendes : si vous dirons avant d'une sainte vierge qui moult ama Jhesu- cris, sainte Anestaise avoit non ; Diolectiens (sic) et Maximiens estoient pour le tnmps empereur de Rome. Geste chi fu introduite en le foy par Fauste se mère qui estoit crestïcnne, qui le fist baptizier par S. Grisegone en se joneche...
. I (L.J.,ch. 7.)
12. (Fol. 35'lf) Chi après s'eiisiiil le vie et le inarlire moiisii^meur saint Este- veiie, le prinnier >narlir. Sains Estevenes fu li uns des .vij. diacres qui furent eslut des apostles de Jhesucris pour servir et pour ordenerles femmes vesves et anchiennes...
^^ (I. ,/., ch. 8.)
13. (Fol. 36 ^) Chi après s\'iisiiil le vie iiioiisix'iieiir saint Jehan aposlle et evangeliste. Entre les autres apostles S. Jehans fu singuliers amis de Dieu, li mieulx amés, et vierges, .esleùs especialement. Ghis chi, après le Pentecouste, quant li apostle s'espardirent par le monde, S. Jehans s'en ala en Asye, et la fonda et ordena moult de bêles églises-..
(L. </.,ch.9.)
14. (Fol. 39 c) Chi après s'ensiut Fistoire de[s] sains binocens. Les Innocens furent ocis par le conlandement de Herode Ascalonite ; car li Escripture fait mention de .iij. Herodes qui furent moult crueux et moult malvais; et pour ce il sont renommé, non mie de bien, mais de malvaisté...
(/,. t/., ch. 10.)
12 P. MEYER
15. (Fol 41 r) Chi après s'eusiut le vie et le martire S. Thumas de Cantorbile. De le cité de Cantorbie, en Engletere, S. Thumas fu archevesques, et fu grant tamps consillcrcs et ordeneres des coses secrées du roy d'Engleterrc; et, pour ce qu'il vit que justiche ne équités de justice n'esloit mie faite ensi qu'il voloit, et que les coses, aloient autrement qu'il ne li plaisoit, il laissa le court du roy ou il demouroit pour le tamps, et se parti, et se conjoint a l'evcsque de Cantorbile, et fu de li fais archediacles...
(L. d., ch. II.)
16. (Fol. 45 ^) Chi après s'ensitit le vie saint Silvestre pape. Sains Silvestres
fu moult nobles, estrais de lignie roial et fiex de roy, nourris saintement de
Syrme le prestre, et fu fiex de Juste qui estoit royne'. Chis chi si ensivi
moult volentiers hospitalité...
(I. d., ch. 12.)
17. (Fol. 48) Chi après s'ensitit Vistore de la circoncision nostre signeur Jhesucris. Li jours de le circoncision nostre signeur Jhesucris est sollemp- neux et autentiques, et fait moult dignement a célébrer pour .iiij. raisons...
(!.</., ch. 13.)
18. (Fol. 51) Chi après s'ensitit le vie sainte Geneviève de Paris. En une ville assés près de Paris qui est appellée Nantuerre fu née' sainte Geneviève, qui fu de moult sainte vie. Une fois S. Germains li aucherois passoit par la et s'en aloit en Bretaingne avoec pluseurs aultres gens pour destruire herisie qui y regnoit en pluseurs lius. La vit de loins, entre les aultres gens, sainte Geneviève, lequele il fist devant lui amener, et puis demanda a ses parens comment on le nommoit, et puis leur dist que elle feroit moult grant hon- neur a tout son lignage, et que Damedieu l'amoit moult pour le sainte vie qu'ele menoit...
(N'est pas dans la L.d. C'est la vie qui a pris place dans lelégendier classé selon l'ordre de l'année liturgique, art. 16.)
19. (Foi. 51 0 Chi après s'ensitit li histore de le feste et de [le] sollempnitè dti jotir des .iij. roys. Pour ce que li feste de le epiphane est embelie de .iiij. paire de miracles, pour le cause de ce elle a .iiij. nous. Les .iiij. mer- veilles apperent clerement, car aujourd'ui li troi roy aourent Jhesucris, S. Jehans le baptize, Diex mue l'iauwe en vin, et si soole et repaist .v. mile
hommes de .v. pains...
(L. d., ch. 14.)
20. (Fol. 54) Chi après s'ensitit le vie S. Polhertnile. Li prumiers hermites, selonc ce que dist S. Jheromes qui escript se vie, fu appelles S. Pois, car du
I. Contresens; lat. : « Silvester a matre re et nomine Justa genitus, a Cyrino presbytero eruditus »... Le traducteur doit avoir lu « a matre regina x.
Lli MS. MtD.-PAL. 14 1 Dl. LA LAURENTIENNE I3
tamps que Desces li empereres régna, ensi qu'il faisoit moult de persécutions as chrestiens, chi[s] S. Polsclii entra en .j. herniitage...
^ (!.</., ch. 15.)
21. (Fol. 54 d) Chi après s^ensint le vie moiisigiieur saint Rcmy. Sains Remis
fu docteres grascieux et moult glorieux confcs a nostre signeur Jhesucris, li
quclz se nativités fu prophctisie et anonchic en tel manière avant qu'il fust
nés par .j. saint hermite...
(L. (/., ch. 16.)
22. (Fol. 55 c) Chi après s'ciisiiil le vie S. Hihire. En le cité d'Acquitaine fu S. Hylaires nés, liquelz fu evesques de Poitau et moult grans clers...
(L. (/., chap. 17.)
23. (Fol. 56 i^ Le vie S. Félix in pincis, con/ès. Félix si fu appelles, tant comme a sen sournon, ini pincis, pour le cause du liu ou il gist, qui fu ensi nommés, et pour le raison de ceul/ avoec Icsquclz il fu occis et tués...
(L. cl., ch. 19.)
24. (Fol. 57) Chi après s'ensius (sic) le vie S. Fourni de Peromie. En cel tamps que li rois Fondloghes gouvrcnoit les règnes des Munismentiens, en l'isle de lUande, qui est continuée a Escoche, et que li rois Brandis, lui tierch de frères, portoitles ceptresdes Magmurtemiens {sic), Diex, qui a pourveû le salu de maint pule, donnaau roy Fondloghe .j. fil qui ota non Philtans, et au plus jovene frère le roy Brandin que on appelloit Elphud donna une fille qui ot non Gelgehrs. Philtans, li fiex le roy Fondloghe, qui moult fist a loer, quant il vint en cage, laissa le roy sen père et ala servir le roi Brandin qui le rechupt moult volentiers et l'amoit moult...
(Cette vie est fort diff'crente de celle de la L. d., ch. 144, qui ne parle, d'après Bède, que delà mort du saint et du débat qui se produi- sit à ce moment entre les anties et les démons. L'original est la seconde des vies publiées par les Bollandistes au 16 janvier. Il y a une autre version du même original dans le nis. 307 d'Arras écrit, comme notre légendier, à Arras même ; voir Roniania, XVII, 385-4.)
25. (Fol. 62 c) Chi après s'ensiut la vie S. Marcel, pape. Du ' tamps l'em- pereur Maximien, qui estoit moult pervers et moult crueux contre les chrestïens, estoit S. Marcel papes de Romme, liquelz estoit grans clers et [de] moult sainte conversation. Ensi qu'il estoit en l'oflnice etsouvrains de l'Eglize, et il vit que li empereres estoit si esmeùs contre les chrestïens, si en fu moult courchiés et moult dolans et l'en reprist par pluseurs fois, dont li empereres en fu moult courchiés. Une fois, ensi que S. Marcel avoit moult fort repris l'empereur de sen malisce et de sa malvaisté, et qu'il se tenoit si longuement
I. Cette forme revient plusieurs fois dans la suite. On corrigerait volon- tiers ou.
14 p. MHYER
en (d) celle malvaise opinion, si en fu plains de grant ire et de grant fourse- nerie, et avint ensi que S. Marcel estoit cantans et celebrans messe en une cglizequi avoit esté H maison d'une bonne femme, lequele il avoit consacré en eglize, après la messe, Maximiens li cmpereres, qui estoit encor moult irés de ce qu'il l'avoit si vilainement redargué par pluseurs fois, fist foire de celle eglize une estavle de pourchiaus et de jumens, et ordena que S. Marcel, qui estoit papes, les warderoit, si comme il fist, car par pluseurs anécs il les warda, et morut en cel office faisant, environ l'an de grasce .ij^. mj^x et sept. (J'ai transcrit en entier cette vie qui n'est pas la traduction de la vie correspondante de la Légende dorée, ch. 20. Une rédaction fran- çaise beaucoup plus développée se trouve en de nombreux mss. Voir ma notice sur trois légendiers attribués a Jean Belet, art. 72.)
26. (Fol. 62 d) Cbi après s'eiisiut le vie S. Makaire. S. Makaires fu de
sainte vie, et demouroit es desers. Ensi qu'il issi une fois du désert ou il
estoit, et vint dormir en une place en bas en laquele on avoit enfouy moult
de corps païens, et, quant il fu la venus, si fist de le tombe d'un paien scn
orillier...
(L. d., ch. 18.)
27. (Fol. 63 /') Chi après s\'i!siut la. vie de S. Anlhoiie, abhé. Ensi que S.
Anthones estoit en l'eage de .xx. ans ou environ, une fois, ensi qu'il oy lire
en une évangile en l'eglize que quiconques veult estre parfais il venge ce
qu'il a et donne tout pour Dieu et l'ensiuche...
(L. d.. ch. 21.)
28. (Fol. 64 (■) Chi après s'ensiut la vie S. Maurius\ S^ Marthe se jeine, S. Audifax et S. Ahacuch. Du tamps Claudien l'empereur vint .j. homme a Romme atout se femme et ses .ij. fiex. Li pères avoit a non Maurius, se feme Marthe, li aines fiex Audifax et li aultres Abacuch...
(N'est pas dans la L. d. Cette version se trouve en plusieurs de nos anciens légendiers français, par ex., dans le ms. B. N. fr. 6447, art. 30; voir Notices et extraits, XXXV, 483.)
29. (Fol. 65 d) Chi après s'ensiut le vie et le martire S. Fabien. Chis glo- rieux sains chi sains Fabiens [fu només], si fu cithoiens de le cité de Romme...
(L. d., ch. 22.)
30. (Fol. 66) Chi après s^ensiut le vie et le martire S. Sebastien. Du linage de ceulz de Nerbonne fu estrais S. Sebastiiens, et fu en sen tamps citoiens et bourgois de Melans...
(L. d., ch. 23.)
31. (Fol. 68). Chi après s'ensius (sic) le vie et le martire de sainte Agnès, vierge. Agnès si fu une moult glorieuse vierge, si comme tesmongne S. Am-
I. Corr. Marins.
LE MS. MED.-1'AL. I4I DH LA LAURLNTIENNE I5
broscs, liquelz escript se vie, liqucle, en l'eage de .xiij. ans, perdi le mort et
trova le vie par le voie de martire...
(L. il., ch. 24.)
32. (Fol. 69) Cbi après s'eiisiul le vit' saint Vincent. Vincens si fu moult hauiz liom, liquelz fu moult doucement nourris de père et de mère...
(L.cl.,ch. 25.)
33. (Fol. 71 (I) Chi après s'ensiul le vie S. Basile, cvesque et confès. Très
exccUens docteres fuS. Baziles li evesques, et le vie de lui escript Amphile-
zius, evesques de Ycomi, et fu le saintes de li demoustrée et segnefiie en
vision a .j. saint hermite que on appelloit Effren...
(L. J., ch. 26.)
34. (Fol. 75 i) Chi après s'ensiut Je vie S. Jelhin l'auinosiiier. De Alexandrie
fu patriarches S. Jehans li aumosniers. Une fois avint, ensi qu'il estoit en
orisons, qu'il vit une moult très bêle pucelle dencoste li, qui avoit sur sen
chief une couronne d'olive...
(L. (/., ch. 27.)
35. (Fol. 75 f) Chi après s'en si ut l'istore de le coirversion S. Pol. Le conver- sion S. Pol si fu en ce meïsme an que Diex fu crucefiiés, de l'an fait révo- lution, car Dîex fu cruchefiiés le .viijc. kalende d'avril...
(!.</., ch. 28.)
36. (Fol. 76) Chi apn'ès s'ensiut le vie sainte Paule. Paule si fu de noble lignie, estraite des Romains, et escript S. Jherome le vie de li, en disant ensi : que, si tout li membre se muoient en langue et desissent toutes les locnges qu'il porroient dire de ceste st"^ chi, si ne le porroient il mie loer dignement...
{L.d., ch. 29O
37. (Fol 77) Cesl (lu tanips de deviacion. Chi après s'ensivent les Jestes qui
esquient dedens le tanips de deviacion, qui commence a Adam et dura dessi a Moy-
sen ; & ce tanips représente li Egh\e de la septuageiime dessi a Pasques. Li sep-
tuagezimes signefie le tamps de deviacion, li sexagezimes le tamps de innova-
cion, li quinquagezimes le tamps de remission, le quaremmes le tamps de
remission "...
(I. d., ch. 31 à 35.)
38. (Fol. 79 c) Chi après s'ensiut le vie saint Jehan Chrisostonie. De
Antioche fu nés et estrais S. Jehans, liquelz fu appelles par sen sournon
Crisostomes, et fu fiex de Secont et Anthure se femme, liquel furent de
noble lignie. Et est la vie de ce glorieux saint plus plainement contenue en
l'istore tripartite...
(I. d., ch. 138.)
I. Latin : « Septuagesima signât tempus deviationis, sexagesima tempus viduationis, quinquagesima tempus remissionis, quadragesima tempus peni- tentiic spiritualis » (éd. Grasse, p. 146).
l6 p. MEYER
39. (Fol. 81) Cbi après s'eiisiut le vie monsigtieur S. Ignasse. Sains Ignasces
fu disciples a S. Jehan evangeliste, liquels fu evesques d'Anthioce. Et dist on
que che fu chis qui escript une cedule a la benoite vierge Marie qui disoit
ensi...
(I. d., ch. 36.)
40. (Fol. 82) Chi après s'ensiut Vistore de la purification le f^lorieuse vierge
Marie. Li purification le benoite vierge Marie fu faite .xl. jours après le
nativité de Jhesucris...
(Z..J.,ch. 37.)
41. (Fol. 84 (/) Chi après s'eiisiiit le vie et le iintrlire saint Blase. On li[t] de
saint Blase que, pour le grant humilité et le sainte qui estoit en li, si fu cslus
evesques de Capadoscc...
(L.d.,ch. 38.)
42. (Fol. 86 c) Chi après s'ensiut le vie et le martire de le glorieuse vierge
sainte Agathe. Agathe si fu moult bêle, bien faite de corps, nette de pensée,
et vierge a Dieu dediie et donnée...
(I. (/., ch. 39.)
43. (Fol. 87 d) Chi après s'ensiut le vie S. Amant. Amans si fu .). homs de
moult haute lignie et moult noble, mais il laissa tout l'avoir terrien et le
noblece et se mist en une religion en lequele, une fois, ensi qu'il aloit parmi
le maison, il trouva .j. grant serpent...
(L. d., ch. 41.)
44. (Fol. 88 /') Chi après s'ensiut le vie nionsigjwur S. Vaast, evesque d'Arras et de Canibray. Au tamps que Ludovee ' estoit rois de Franche, avint que le dit roy ot moult grant guerre contre les Alemans, liquelz rois assambla toute se poissance pour aler contre les Alemans, et ala tant qu'il vint jusques a une grant rivière qui est nommée le Rin...
(Cette rédaction diffère entièrement de celle qui forme le ch. 40 * de la L. d. et de la vie française de saint Vast que nous a conservée un ms. d'Arras, Roniania, XVII, 385.)
45. (Fol. 91 h) Chi après s'ensiut le vie et le nuuiire S. Valenlin. Valentins si fu prestres et moult s. homs, liquelz amoit Jhesucris de tout son cuer, pour lequele cose h empereres Claudius le fist prendre...
(I. (/., ch. 42.)
46. (Fol. 91 c) Chi après s'ensiut le vie et le martire S^ Juliane, vierge. De noble lignie fu estraite S^ Juliane, liquele fu moult bêle, et fu donnée a espcuse au liutenant - de Nicomedie...
(I.J.,ch.43.)
1 . Chlodoi'eus dans le latin.
2. « Pra^fecto. »
LE MS. MED. -PAL. I4I DE LA LAURENTIENNE I7
47. (Fol. 92 /') Chi après s'oisiut l'istore de pliiseiirs S. Juliieiis. Sains Juliicns fu cvesques de Omans (lis. du Mans), et lu Simons li ladres qui fu de Dieu curés de le maladie de mezeleric...
(Z,. (/., ch. 50, pour les trois premières parties seulement; la qua- trième partie est remplacée par la légende qui suit.)
48. (Fol. 92 (/) Chi aprls s'ciisiiit le vie S.Jiiliieu qui occist seti père et se mère. Uns preudons nous raconte la vie monsigneur S. Juliien, qu'il a trans- latée de latin en rommans, et dist qu'il est pluseurs S. Juliien : l'un martir et l'un cvesquc et l'autre hostelier. Chis Juliiens chi ' fu licx au conte d'Angiers hosteliers et martirs. Et avient que quant aucuns est destrois d'ostel, si dist le patenostre S. Juliien enl'onneur de lui et de sa femme, et pour l'amc de sen père et de sa mère. Li qucns d'Anjou n'avoient plus d'enfans que Julien, et quant le mère le conchut, si songa le nuit que de sen corps issi une beste qui devouroit lui et sen signeur, liquelz songes anuia moult a le dame...
(C'est la mise en prose d'un poème. Les copies de cette rédaction en prose sont très nombreuses ; voir ma Notice sur trois If'o-eiuliers attri- bues à Jean Belet, art. 36.)
49. (Fol. 98) Chi après s'ensiut le vie et le )iiartire saint Julien d'Anthioce et de sainte Basilice sa femme, viercre. Du tamps Dyocletiien et Maximien empe- reurs de Romme fu nés ou pavs d'Anthyoce .j. nommés Juliiens estrais de père et de mère de noble lignie...
(N'est pas dans la L. d. Autre version française dans le légendier classé selon l'ordre de l'année liturgique, art. 17.)
50. (Fol. 99 h) Chi après s'ensiut le vie et le martire S. Savinien. De noble lignie furent estrait S. Saviniens et S^ Savinienne se seur, liquel estoient enfant de Savin, qui estoit paiiens, et ossi il estoient paiien. Or avint que Saviniens lisoit ce verset des .vij. psalmes : Asperges me Domine...
(L. d., ch. 127, première partie.)
51. (Fol. 100) Chi après s'ensiut le vie sai)!te Savinienne seur de saint Savinien. Ensi que S»; Savinienne prioit et aouroit tous les jours a ses ydoles et plouroit moult tenrement pour S. Savinien sen frère...
(L.d., ch. 127, seconde partie ; Grasse, p. 577.)
52. (Fol. 100 c) Chi après s'ensiut l'istore de le J'este de le kaiiere S. Pierre apostle. L'Eglize si fait feste de le kaiere S Piere, car adont prumierement il fu assis en Anthioce en le kaiere pour l'Fglise gouverner; et en fait on feste pour .iiij. raisons...
(L. </., ch. 44.)
I. Cette locution chis... chi, très fréquente dans notre manuscrit, et qui est caractéristique du langage local, ne se rencontre pas dans les autres copies.
Romavia, XXXIll 2
l8 p. MEYER
53. (Fol. 102) Chi itprîs s'eiisiiit le vie et le iiiarlire S. Mathias apostle, et ossi y est comprise l'istore de le vie Jiulas. Mathias si fu eslus apostles ou liu de Judas, et veons prumierement l'istore de Judas. On list en une histore apo- criffe qu'il fu .j. homs en Jherusalem que on appelloit Ruben...
(L. il, ch.45.)
54. (Fol. 103 c) Chi apris s\'usiitt le vie et le niartire 5<= Perpétue et 5* Féli- citas. En celui tamps que Valeriens et Galériens estoient empereur de Romme et qu'il faisoient moult de chrestiens destruire,ad ce tamps avoit .j. consillier en Aufriquc qui avoit a non Minitius qui a sen pooir, selonc le conseil des empereurs, destruisoit fort les chrestïens. Or avint qu'il fist prendre Saturum et Saturninum, doi frère de noble lignie...
(La rédaction que renferme la L. il., ch. 173, est fort différente. Une autre version de la même légende se trouve dans le ms. B. N. fr. 23 112, fol. 64 c.)
55. (Fol. 104 r) Chi apris s'ensiut le vie iiioiisisrnetir S. Grigore. Grigores si fu estrais des sénateurs de Romme, et ot ses pères a non Gordiens et se
mère Silvia...
(L. </.,ch. 46.)
56. (Fol. 108 h) Chi après s'eiisiut le vie et le viartire saint Longis. Longis si fu li uns de ceulz qui fu au crucifiement de nostre signeur Jhesucris, liquelz, par le commandement des Juis, frappa Dieu de le lance ou costé...
(L. (/., ch. 47.)
57. (Fol. 108 (/) Chi après s'eiisiut le vie S. Patris, evesque. Patris si tu uns
moult sains preudons, et commencha a demoustrer se sainte environ l'an de
grâce N. Signeur .Vi]^. et .iiij^^'...
{L. li., ch. 50.)
58. (Fol. 109 d) Chi après s'eiisiut le vie S. Benoit, coiifès. De le province de Nurce fu nés monsigneur S. Benois, liquelz fu de sen père envoiiés a
Romme...
(L. (/.,ch. 49.)
59. (Fol. 112) Chi après s'eiisiut le vie S. Paulin, vesqite et confès. Diex qui toute scienceet tous biens a donné a créature doit Dieu servir et amer, conimj fist S. Paulins qui evesques estoit demourans assés près des mescreans, liquelz ne mettoit point ses possessions, ses rentes ne ses revenues en beu- bans ne es riqueches temporeles, mais toute le valeur de s'eveschiét donnoit et aumosnoit...
(Cette vie n'est pas traduite de la L. d. Elle est traduite du Dia- logue de S3i'mt Grégoire, 1. III, ch. i. On en connaît deux autres traduc- ■ tions, l'une par Wauchier de Denain, voir Hist. litt. de la Fr., XXXIII (non encore publié), p. 271; l'autre anonyme, voir Romania, XVII, 379 et Notices et extraits, XXXVI, 456. Ici le début est corrompu.)
LE MS. MED. -PAL. I4I DE L.\ LAURENTIENME I9
60. (Fol. 112 (/) Chi Liprh s'eiisiiil l'istorc Je Vaunoiiciation le glorieuse vierge Marie. On appelle le fcstc de l'annontiation pour ce que en ce jour li avenemens de Dieu en la vierge Marie fu anonchiés de l'ange Gabriel...
(L. </., ch. 51.)
61. (Fol. 114 (/) Chi après s'eusiut l'istore Je le passion tiostre signeur JhcsHcris. Li passion de nostre signeur Jhesucris fu amere et despiteuse par illusion, fructueuse par moult grande viultéet par moult grande tribulalion...
{L.J.,ch. 53.)
62. (Fol. Ii8c) Chi apris s'eusiut l'istore Je le glorieuse résurrection nostre signeur Jhesucrist. Li résurrection de nostre signeur Jhesucris fu au tiercii jour après se mort, et \- verrons .vij. coses par ordre en celle résurrection : Prumierement comment il fu .iij. jours et .iij. nuis ou sépulcre...
(L. J., ch. 54.)
63. (Fol. 121 /') Chi aprcs [s'ensiHt'\ le vie et le niartire Je nionsigneiir saint Saont. Sains Secons si fu introduis en le foi de Dieu en le cité de Astense, dont il est patrons, et fu, par .j. saint preudomme qui estoit appelles S. Calo- cere...
(L. ./., ch. S5-)
64. (Fol. 122) Chi après s'eusiut le vie Je nionsigneur saint Anihrose. Sains Ambroses si fu ficx de Ambrose le souvrain de Romme. .A.vint ensi qu'il gisoit en berch en l'atrc du prétoire et qu'il se dormoit, .j. vaissauls d'cs vint la et vola en se bouqueet entour li, aussi que s'il entrast dedens se catoire'...
(I. J.,ch. 57.)
65. (Fol. 124 c) Chi après s'eusiut le vie Je S<^ Marie Vciriplieuiie. Marie li
egiptienne, qui fu pekeresse, fu .XLvij. ans en .j. désert en faisant moult grant
penance pour ses pekiés...
(Z. (/.,ch. 56.)
66. (Fol. 125 /') Chi après s'eusiut le vie et le niartire Je S. Tyhurce et Je S. Valerien frères. Pour le tamps que Aimasses estoit prouvos de le cité de Romme, avoit a Romme .ij. frères riches, nobles et poissans, l'un appelle Tiburce et l'autre Valeriien...
(N'est pas dans la L. J. Autre version dans le légendier selon l'ordre de l'année liturgique, art. 49.)
67. (Fol. 128) Chi après s'eusiut le vie et le niartire nionsii^neur saint Jorge. Sains Jorges si estoit principaus et maistres de le chevalerie de Capadosse. De la vint en le province de Libye, en le cité de Scilence-...
(I. </., ch. 58.)
1 . « In alveolum suum » ; voir Godefro\", chastoire.
2. « In civitatem que dicitur Silena. »
20 P. MEYER
68. (Fol. 129 r) Chi après s'ensiut le vie et le marlire S. Marc e-vatigeliste.
Ciusgloricus cvangclistcsS. Mars si fu de le lignie des levitiqucs et prestres,
de S. Pierre l'apostle...
(L. </.,ch. 59.)
69. (Fol. 131) Chi après s'emiid le vie et le inartire S. Marcelliii pape. Pour
le tamps que Dyocletiens et Maximiiens estoient empereur de Romme, estoit
S. Marcellins papes, ouqucl office il fu .ix. ans et .iiij. mois, en prcschant et
soustenant le foi de Jhesucris...
(L. ,/., ch. 60.)
70. (Fol. 131 0 Chi après s'eusiut le vie elle iiiartire de S. Vital. Vital si fu
de moult noble lignie estrais, et engenra en Valerienne se femme Gervais et
Prothais...
(L. (/., ch. 61.)
71. (Fol. 131 (/) Chi après s'ensiiit le vie et le martire d'une vierge d'Anthioce.
En Anthioce ot une vierge de lequele S. Ambroses l'istore compila et mist
ou livre des verges, et dist ensi...
(L. (/., ch. 62.)
72. (Fol. 132 d) Chi après s'ensiut le vie et le martire S.Qiiiriache. Après le fin du boin empereur Constentin, fil le royne Helainne, fu Juliiens empereres qui fu fel et plains de tirannisie. Cil Juliiens si ala a bataille contre les Perses. Quiriaches, quant il aprocha Jherusalem, si ala contre li pour l'onneur de sen avènement...
(Cette vie n'est pas traduite de la L. d., fin du ch. 68 (Grasse, p. 310); elle paraît identique à une légende française dont on a plu- sieurs copies ; voir Notice sur trois légemlier s français attribués à J. Belet, art. 63.)
73. (Fol. 133 0 C/j/ après s'eusiut le vie et le martire saint Pierre, de l'or- dene des frères prescheiirs. De le cité de Vérone fu S. Pierre de l'ordre des frères prescheurs, et est assés près de Melens ; et fu vrais campions de Jhesu- cris pour le foi de Dieu soustenir, si comme il apparra clerement chi après. Et fu nés comme clere lumière de le fumée séparée..,
(L. d., ch. 63.)
74. (Fol. 1^6 V) Chi après s'eusiut le vie et le martire S. Philippe apostle.
Quant S. Philippes li apostles ot prechiét .xx. ans es pays de Sichie ', si fu
pris des paiiens et le vaulrent constraindre de sacrefiier a leur dieu, a l'idole
de Mart...
(L. d.,c\\. 65.)
I. « Per Sithiam. »
LE MS. MED. -PAL. I4I DR LA LAURENTIENNF 21
75. (Fol. 156 il) Cbi après s'ensiitt le vie et le viartire de S. ]aque apostle,
uounnê le petit. Chis S. Jaques chi fu ficx Alphei, et fu appelles Jacques li
meures et Jaques li justes. Et fu dis Alphei et selonc le char et selonc se
interprétation...
(L. </., ch. 67.)
76. (Fol. I 59) Chi après s'etisiut Vistore de l'invention de la sainte croix. L'inventions sainte croix si est ensi appellée pour ce qu'ele fu en tel jour trouvée, car devant elle fu trouvée de Seth en paradis terrestre, après de Salomon in Lybano, de le royne de Sabba u temple Salemon...
(L. (/., ch. 68.)
77. (Fol. 140 d) Chi après s'ensitit le vie et le martire S. Alexandre, S. Eveii- tittn et S. Theodonin. Alixandres fu li quars apostles de Romme après S. Pierre, et fu jovenes d'eage et viex en le foi, amés de toutes gens, liquels converti grant plenté de Sarrazins a nostre creanche...
(N'est pas dans la L. d. L'original dans AJ.SS., 3 mai. Il y a une autre version de cette légende dans le légendier classé selon l'ordre de l'année liturgique, art. 57.)
78. (Fol. 145) Chi après s'ensiut Vistore de S. Jehan apostle et evangeliste.,
comment il fu boulis en Yole dei'ant le Porte latine. Ensi que S. Jehans apostles
et evangelistes prceschoit a Ephese, il fu pris du juge, et, pour ce qu'il ne
vault sacrefiier, on le mist en prison...
(L. d., ch. 69.)
79. (Fol. 143 h) Chi après s'ensiut Vistore des .iij. processions que on fait le lundi, le mardi et le merkedi devant Vascention. On fait en l'anée .ij. proces- sions : l'une a le S. Marc, et est appellée le grant letanie, et .iij. devant 'l'ascen- tion, et est ditte le petite letanie, et vault autant a dire letanie que supplica- tions u demande...
{L. d., ch. 70.)
80. (Fol. 144 h) Chi après s'ensiut Vistore de Vascention Jhesucris. L'ascen- tion de Dieu si est au .xl=. jour de se résurrection, en lequele nous verrons .vij. coses...
(L.</.,ch. 72.)
81. (Fol. 146 h) Vistore de le pentecoste. Le jour d'hui, selonc les saintes escriptures, li S. Esperis, en manières de langues embrasées (c) descendi sur ses apostles...
(L. d., 75.)
82. (Fol. 149) Chi après s'ensiut le vie S<^ Maissence, vierge et martire. Pour le tamps que le roy Maucouron estoit rois d'Escoche, liquelz estoit chresticns et avoit une moult très bêle fille qui Maissence estoit apelée, remplie du S. Esperit en toutes bonnes opérations, liquele, sur toutes riens avoit pité des povres asquelz elle faisoit souvent moult de bêles aumosnes, et volen- tiers visitoit les malades. Dont il avint qu'il y avoit .j. très grant roy sarra-
22 P. MEYER
zin et de grant poissance, liquelz, quant il oy parler de la grant biauté et de le prudence qui estoit en le glorieuse vierge S^ Maissence, si requist au roy Maucouron de sa fille avoir en mariage, ou, se che non, et qu'il li refusast, si li manjoit qu'il destruiroit li et tout sen royalme...
(N'est pas dans la L. d. Je ne connais aucune autre rédaction fran- çaise de cette légende. Maxentia, étant fêtée le 20 novembre, n'est évidemment pas ici à sa place.)
83. (Fol. 149 c) Chi après s'ensitii le vie et le viartire S. Gordien. En tamps que Juliiens estoit empereres de Romme, s'en fuirent maint chrestiien cha et la pour lepauour de lui, car il estoit fel a desmesure Quant Juliiens l'oï dire, {d) si commanda que on les presist par tout ou on les trouvas! et les mesist on en prison. Chiaus a qui il fu commandé le firent. Entre ceulx qui furent pris et mis en prison fu j prestres moult anciiens qui Jenvier avoit a non. .
(N'est pas la traduction de la vie très brève qui est dans la L. d., ch. 74. Cette légende e?t traduite de la vie publiée dans les AA. SS., mai, II, 552. La même traduction se trouve dans le ms. 305 de Queen's Coll., Oxford, art. 32, fol. 79.)
84. (Fol. 1 50 b) Chi après s'ensiiU le vie et le martire S. Nere'e et S. Achillée. Au tamps Domicien l'empereur, avoit une moult noble et riche damoiselle a Romme, nieche de Domicien l'empereur, liquele avoit non Domicilie; ceste jovenencele si avoit avoec li Xereum et Achiileum qui estoient si cambrelenc...
(L. ./., ch. 75.)
85. (Fol. 151) Chi après s'ensint le vie et le martire S. Paneras. De noble
lignie fu estrais S. Paneras, et se mist desous le cure et le gouvrenement de
Denis sen grant ami,..
(L. d., ch. 76.)
86. (Fol. 151 0 Chi après s'emiut le vie et le martire S. Victor et Se Cou- ronne. Anthonius, .j. roy de paienie, commanda par tout sen royalme que tous les chrestiens qui sacrefiier ne volroient as ydoles, que on les meïst a martire et a mort...
(N'est pas dans la L. d.; se trouve dans le ms. de Queen's Coll., Oxford, art. 47, fol. 92 /'. Une version un peu différente a été con- servée par divers manuscrits; voir Notice sur trois légendieis attribués à Jean Bckt, art. 123.)
87. (Fol. 152 t) Chi après s'ensint le vie et le martire S. Urbain pape. Du tamps que Alixandresfu empereres de Romme, fu, après S. Calixte, ordenés S. Urbains papes de Romme, et fu li mère de Alixandre l'empereur conver- tie en la foi de Dieu par Origene...
(L. d., ch. 77.)
88. (Fol. 152 (/) Chi après s'eusiut le vie S. Maximien, evesque. Ou tamps que uns empereres de Romme destruisoit fort les chrestiens, S. Maximiens,
LE MS. MED. -PAL. I4I DE LA LAURENTIENNE 23
qui estoit evesques d'une cite qui estoit appellcc Ephese, cuida, por le forant ancienneté dont il estoit, qu'il ne peuïst souffrir martire...
(N'est pas dans la L. d. Il doit y avoir une erreur de nom.)
89. (l-ol. I ) 5) Chi après s'ensiut le vie 5= Petronille, vierge. La vie 5= Petro- nille, qui fu fille S. Pierre l'apostle, escript S. Martiaux, de quoi il avint une fois, ensi que elle estoit moult malade de fièvres... ,
(L. </., ch. 78.)
90. (Fol. 155 /') Chi après s'eiisiul le vie et le iiuvtire S. Marcelliii et S Pierre. Marcellins et Pierres exorciste si furent pris, du commandement Archemie le prouves, et mis en prison. Avint que chis Archemies avoit une fille liquelle estoit obsesse de l'anemi; ensi que li s. furent anie[né] devant li, si li dirent que, s'il voloit croire en Dieu, que sa fille seroit tantost sanée...
(L. </., ch. 79.)
91. (Fol. 153 '0 Chi après s' ensi ut le vie et le martire S. Prime et S. Félicien, frères. Primes et Fellciens si furent doi frère, et moult amoicnt nostre signeur Jhesucris, lesquels, par le commandement Dyocleiiien et Maxiniien qui pour le tamps estoient empereur, furent pris et mené devant le juge pour eulx faire sacrefiier. Et pour ce qu'il ne vaurrent point sacreliier as ydoles, si lurent emprisonné moult destroitement, de lequele prison li angles de para- dis les délivra...
(L. J., ch. 80.)
92. (Fol. 154 /') Chi après s'ensiul h vie et le martire saint Baniahe,apostle
de Jhesucris. Sains Bernabés, lévites, fu nés de Cippre et uns des .Ixxij. des-
ciples de Dieu, et ot moult de mérites et de grasces en li, tant comme a li, a
Dieu et a sen proisme . .
(L. ^.,ch. 81.)
93. (Fol. 155) Chi après s'ensiiit le vie et le mirtire S^ Fenicle virge. En ce tamps que Flaceus li tirans regnoit, estoit une sainte virge nommée Feli- cule, qui moult amoit Jhesucris. Quant Flaceus le sceut, si le fist prendre et amener devant li, et li dist...
(N'est pas dans la L. d. Une version différente se trouve en divers légendiers français; voir ma notice du ms. fr. 6447, art. 5 3.)
94. (Fol. 155 c) Chi après s'eiisiut le vie et le martire S. V ictus et S. Modeste. Victus si fu uns enfes de moult noble lignie, liquelz mist tout sen cuer et toute sa pensée en amer nostre signeur Jhesucris...
(L. (/.,ch. 82.)
95. (Fol. 1)6 h) Chi après s'eusiut le vie et le tnartire S. Cy riche et S^ Julite se mère. Cyriche si fu fiex a S»; Julite, une très noble matrone, liquele, pour ce que elle vault fuir le persécution des m.'screans, s'en ala en Tharse...
(L.d., ch. 83.)
24 p. MEYER
96. (Fol. 156 c) Chi aprîs s'eiisiiil le vie et le viartire S. Gervais et S. Pro- thais, frères. Cil doi glorieux frère chi furent enfant de S. Victel et de S*= Valerienne, et donnèrent, pour l'amour de Dieu, tout ce qu'il avoient...
(!.</., ch. 85.)
97. (Fol. 157 /') Chi après s'ensiiit le vie S^ Marine, vierge. Ensi que li pères S^ Marine fu entrés en une religion, si pria al abbé qu'il vausist sen fil recevoir...
(L. c/., ch. 84.)
98. (l"ol. 157 (/) Chi après s'emiitl Vistore de le /este de le nativité nionsi- gnetir saint Jehan Baptiste. Li nativités de nionsigneur de Jehan Baptiste fu en ceste manière de l'angle Gabriel anonciiie. Car, selonc ce que dit l'Istore ecclésiastique...
(I. d., ch. 86.)
99. (Fol. 160 h) Chi après s'ensiut le vie et le nmrtire S. Jehan et S. Pol. De Coustance, fille de Coustentin l'empereur, estoient aussi comme gouvreneur S. Jehans et S. Pol...
(L. d., ch. 87.)
100. (Fol i6i h) Chi après s'ensiut Vistore des .vij. dormans. Li .vij. dor- mant si furent d'Ephese. Si avint que Desces, qui moult fort poursivoit les chrestïens pour iaulz destruire, vint en Epheze...
(L. d., ch. ICI.)
101. (Fol. 162 (/) Cln après s'ensitU le vie S. Léon, pape. Ensi que li papes Leons, si comme on list es miracles de [le] benoite virge Marie, cantoit messe le jour de Pasques en l'eglize de Nostre Dame le grande...
(I. d., ch. 88.)
102. (Fol. 163 /') Chi après s\'iisiut le vie et le martire nionsigneur S. Pierre l'apostle. Entre tous les auitres apostles S. Pierres fu de plus grant ferveur, car il vault savoir le traiteur de Dieu, et dist S. Augustins que s'il l'ëuist sceû il l'ëuist tout dévoré a ses dens...
(L. d., ch. 89.)
103. (Fol. 166 d) Chi après s'ensiut le vie et le martire de nionsigneur saint Pol, apostle. Sains Pois après se conversion, si ot moult de persécutions, les queles Hylaires nombre, qui dist ensi...
(L. d., ch. 90.)
104. (Fol. 170 d) Chi après s'ensuit le vie et le martire des .vij. frères et de S^ Félicitas leur mère. Vérités est que en che tamps q|ie Anthonius estoit empereres de Romme, estoient cil qui creoient en Jhesucris moult destraint et moult grevé de ceulz qui le I03' de Dieu haoient et meïsmes des evesques de le fausse loy plus que des auitres. Pour le tamps demouroit une dame a Romme qui Félicitas estoit nommée; vouée (corr. veve) estoit de son mari, dont elle avoit .vij. fiex qui bel bacheler estoient, et si tenoient le crestiienne loy. Les evesques de celle fausse lov s'avisèrent que le crestïenne loy estoit
LE MS. MED. -PAL. I4T DE LA LAURENTIEN'NE 2$
fort soustenue parcelle dame, si .lièrent a l'empereur Anthoine et li dirent que en celle cité avoit une dame qui fort estoit contre leur loy...
(N'est pas traduit du ch. 91 de la L. d. Même version en plusieurs mss. ; voir ma notice du ms. B. N. fr. 6447, art. 60.)
105. (Fol 171 ^ Chi après s'ensint le vie 5^ Théodore qui fa rendue eii une iiblh'ye de moisnes eu o^uise d'oinme. Théodore si fu moult très bêle et moult grascieuse femme, et demeuroit du tamps l'empereur Zenon en Alexandrie, liquele avoit .j. mari riche homme a très grant pooir...
(L. d., ch. 92.)
106. (Fol. 173) Chi après s'ensiut le vie S. Arsenne, abbé. Du tamps Theo- dose fu .j. homs de moult grant honneur qui Arsennes estoit nommés; si avoit .ij. hex dont li aisnés estoit appelles Archadius et li autres Honorius ; et furent tout dui baptiziés...
(N'est pas traduit du ch. 178 delà L. d. Pour une autre version, voir Notice sur trois Icgeiidiers attribués à Jean Belet, art. 6+.) f/.
107. (Fol. ij-^c) Chi après s'ensiut le vie et le martireS^Margheritte, vierge. Ou paiis d'Antioche fu née ceste glorieuse vierge sainte Margheritte, et fu fille d'un patriarche nommé Theodoses, liquelz estoit paiiens. Quant elle fu en eage et qu'ele se congnut, sise fist baptizier, pour lequelecose ses pères le haoit moult. Or avint, .j. jour, ensi qu'ele estoit en l'eage de .xv. ans et qu'ele wardoit avoec les autres vierges les brebis de se nourriche as camps.. .
(L. </.,ch. 95.)
108. (Fol. 174 c) Chi après s'ensiut le vie S^ Thayde. Thayde si tu moult très bêle, et si fu si grant pekeresse que, pour l'amour de li, pluseurs hommes vendirent ce qu'il avoient et se mirent a povreté et s'entretuoient pour li...
(L. d., ch. 152. La vie de sainte Thaïs, 8 oct., n'est certainement pas ici à sa place, puisque sainte Marguerite, qui précède, est fêtée le 20 juillet. Ce qui explique cette transposition, sans la justifier, c'est que, dans la Légende dorée, la vie de sainte Ihaïs prend place à la suite d'une vie de sainte Marguerite (Margarita dicta Pelagius) n'ayant que le nom de commun avec la sainte Marguerite qui pré- cède dans le ms. de Florence.)
109. (Fol. 175) Chi après s'ensiut le vie S. Alexis, conjès. Alexis si fu nés de Romme et fiex de Eufemiien le premiste (sic) après l'empereur, liquelz avoit pluseurs enfans qui le servoient ' et estoient tout vestu de soie...
(L. d., ch. 94.)
I « In aula imperatoris primi, cui tria millia puerorum assistebant. »
2é P. MEYER
110. (Fol. 176) Chi après s'ensiut le vie Se Praxhle. Sainte Praxède tu une
moult glorieuse vierge, et fu H seur sainte Potentianc, et furent seurs Mona-
chi et Timothei '...
(L. d., ch. 95.)
111. (Fol. 176 b) Chi après s'ensiut le vie 5« Marie Magdelainne. Marie
Magdclaine si fu estraite de noble lignie et de sang royal, et fu ensi appel-
lée pour sen castel que on appelloit Magdalon...
(L. d., ch. 96.)
112. (Fol. 179 /') Chi après s'ensiut le vie et le martire S. App^^linaire. Apolinaires si tu moult preudons et de sainte conversation, depuis qu'il ot esté baptisiés de S. Pierre l'apostle. Après ce que S. Pierres Fot baptiziét si l'envoia de Romme a Ravenne, u il converti et baptiza le gouvreneur, se femme et toute sa maisine. Et quant li principauk juges le sceut, si com- manda que S. Appolinaires fust pris et amenés devant lui...
(L. d., ch. 97.)
113. (Fol. 179 d) Chi après s'ensiut le vie et le martire S^ Cristinc. Quant sainte chrestïennetés croissoit et flourissoit par les haultes miracles que Nostres Sires faisoit pour les s. et pour les saintes qui, pour se loy essauchier, rechevoient martire, estoit une jovene pucelle qui Chrestienne avoita non, et n'avoit mie plus de .xij. ans, et si avoit mis toute s'entente en Jhesucris et en warder virginité. Geste pucelle fu née de Tyr, fille d'un sarrazin qui Urbains estoit appelles, et estoit gonfanonniers et maistre de le contrée...
(Ne vient pas de la L. d., ch. 98. C'est la version qu'on trouve en plusieurs légendiers. Voir Notice sur trois légendicrs attribués à Jean Belet, art. 147.)
114. (Fol. 182 d) Après s'ensiut le vie et le martire monsigneur S. Jaque, Vapostre. Fiex ' de Zebedée fu S. Jakes li grans, et fu chis qui prescha en Samarie et en Judée après l'ascention de Dieu. Et après fu envoiiés en
Espeingne pour prescier...
(L. (/ , ch. 99.)
Manque le feuillet 185, qui contenait la fin de la vie de saint Jacques et une partie de la vie de saint Christophe. Ce qui subsiste de cette dernière commence ainsi :
115. (Fol 186)... auhre cose faire, va t'ent ad ce fljeve, car tu es grans et fors, et porte oultre tous les passans pour l'amour de Dieu, et je croi qu'il se magnifestera en ti. Ai ce Christofljs obëy, et la fist une habitation d'encoste le floeve, et avoit .j. long b.iston sur lequel il se soustenoit...
(L. d., ch. 100; cf. éJ. Grasse, p. 431, dernières li.^nes.)
1. « Q.uae fuerunt sorores sancti Donati et Timothei. »
2. Ms. Diex.
LE MS. MKD.-PAL. I^I DH LA LAUKHNTIKWE 2"]
116. (Fol. 190) Chi après s'iiuiiil le vie el marlire S. \hi:;aire et S. Celse.
Nazaircs si fu tiex de Auffrican et d^ Perpétue, qui estoit chrestïenne, et ses>
maris estoit juïs, et estoient de moult noble lignie. Et avoit esté Perpétue bap-
tiziede S. Pierre l'apostle. Et S. Naz lires, estans en Teage de .ix. ans, il qui
vit sen père et se mère en leur loy ensi variier...
(L. (/., ch. 102.)
117. (Fol. 190 (/) Chi après s\'iisiut le vie et le niartire S. Félix, pape. Félix si fu ordencs papes de Romme u liu de Libère, liquelz fu envoiiés en escil pour ce qu'il ne se vault mie convertir a le bougresiie des Arriiens que Coustentin, le fil du grant Constentin, vouloit soustenir...
(L. d.. ch. 103.)
118. (Fol. 191) Chi après [s'ensiiil] le vie et le niartire S. Simple, S. Fatistin et 5^' Beatris, leur seur. Cil doi glorieux saint chi et ami de Dieu furent frère, liquel estoient nommé Simplicius et Faustinus, et moult amoient Dieu ..
(L. (/., ch. 104.)
119. (Fol. igi /') Chi après s'eiisiid le vie S^ Marthe, seur a S<^ Marie
Magdelaiirie. Marthe si fu de moult n ible lignie estraite, car ses pères, qui
Sires estoit nommés, tu dux, et avoient entre li et Marie Magdelaine se seur
grant signourie...
(L. (/., ch. 10).)
120. (Fol. 192 c) Chi après sensint le vie et le martire S. Ahdon el S. Seiieii.
Abdon et Senen, pour le tamps queDesce estoit empereres de Romme et qu'il
fot] sourmonté et conquis Babilone...
(L. d., ch. 106.)
121. (Fol. 192 (/) Chi après s'ensiut Vistore des Machabeiix. Li Machabeu
furent .vij. frère et Eleazar fu leur pères, liquel souffrirent, pour le loy de
Dieu soustenir, moult de tourmens...
(L. </., ch. 109.)
122 (Fol. 195) Chî après s'eiifitit le vie S. Germain, vesque d'Atichoirre. De moult noble lignie fu cstrais S. Germains, et fu nés en .\uchoire. Avint que quant il ot lut des ars une espasse de tamps...
(L. (/.. ch. 107.)
123. (Fol. 194 b) Chi après s'ensiiit l'islore de le (este des liiens S. Pierre. Li feste des loiiens saint Piere l'apostle si fu ordenée et estavlie pour .iiij causes : li prumiere si est en memore de le délivrance de Alixandre...
(L. d., ch. 1 10.)
124. (Fol. 196). Chi après s'ensiut le vie et le marlire S. Jîsteveiie, pape. Après ce que S. Estevenes ot converti m jult de pule par ses saintes predi- tions et qu'il ot enseveli et enfouv plusjurs crestïens, si fu ordenés papes de Rome...
(L. d., ch. III.)
28 p. MEYER
125. (Fol. 196 b) Chi après s'eusiitt Visiore de la feste de l'invention S. Estn'eue. L'invention S. Estevene fu faitte l'an de grasce .iiij'-". et .xvij., le .vije. anée de Honoré le prince...
(L. cf., ch. 112.;
126. (Foi. 197 d)Chi après s'ensitit le vie S. Dominique. Dominiques si tu li premiers frères et li primiers pères institueres et fonderes de l'ordre des frères prescheurs, et fu nés en Espaingne. Ses pères si et a non Félix, et esioit sires d'une ville nommée Caralogne, de le diocèse de Ozonie '...
(L. d., ch. 113.)
127. (Fol. ce b)CI}i après s'ensuit le l'ie et leviartire S.Sixte. Che fu el tamps que Decius César fu empereres de Romme, que cil qui nostre Signeur appel- loient estoient griefment martiriiét pour l'amour de lui. En ce tamps S» Sixtes, qui estoit d'Athaines, evesques fu a Romme de ceulx qui Nostre Signeur et s'aide appelloient, et moult les enseignoit douchement la vraie doctrine...
(Cette rédaction diffère notablement de celle de la L. d., ch. 114; elle paraît, à en juger par les premiers mots, être identique à la rédaction française qu'on rencontre en beaucoup de légendiers fran- çais ; voir Notice sur trois légendiers français attribués d Jean Belet, art. 69.)
128. (Fol. 201 b) Chi après s'ensiut le vie et le martire S. Donas. Avoec Juliien l'empereur fu nourris et introduis S. Donas, li quelz Juliiens, depuis qu'il fu hounerés de l'empire tenir, fu moult grans persecuteres et fist occire le père et le mère monsigneur S. Donas...
{L. d., ch. 115.)
129. (Fol. 202) Chi après s'ensiiit le vie et le martire S. Cyriache et de se compaignons. Chiriaches fu fais dyacres de S. Marcel, et puis fu de Maximien envoilés avoec les aultres pour fouir la terre et porter a ses espaules pour .j. edefisse que Maximiiens faisoit faire...
(L. d., ch. 116.)
130. (Fol. 202 c) Chi après s'ensiut le vie et le martire de tnonsigneur saint Leurens. D'Espaingne fu nés monsigneur S. Leurens, et le mena S. Sixtes a Romme, car maistre Jehan Beleth dit que ensi que S. Sixtes estoit en Espaingne, il y trouva S. Leurench...
(L. d., ch. 117).
131. (Fol. 205 (/) Chi après s'ensiut le vie et le martire S. Ypolite. Quant S. Ypolites si ot enfoui' le corps monsigneur S. Leurens, il s'en râla a se maison et donna pais a toute se maisnie...
(L. d.. ch. 118.)
I . « Villa quae dicitur Callarega, Oxoviensis (lire Oximensis) dyocesis. » Callarega est maintenant Calaruega.
LE MS. MED. -PAL. I4I DE LA LAURENTIENNE 2<)
132. (Fol. 206 if) Chi après [sensiut] Vistore de la f este de l'assomplion le
glorieuse benoîte vierge Marie . On list et troeve de le assomption le benoite
vierge Marie le manière et le procès en .j. livre appocriflfe que on attribue a
S. Jehan evangeliste...
(L. d., ch. 1 19.)
133. (Fol. 210 (/) Listorc d'un aultre sermon de V assomption Nostre Dame. On list en .j. autre sermon de le benoite vierge Marie...
(L. (/., //'/(/., éd. Grasse, p. 517.)
134. (Fol. 215 c) Chi après s'ensiitt le vie S. Eiisebe, luartir. Ensi que li papes Euscbes baptisoit S. Eusebe, les mains d'un angle furent veùes en l'eure de sen baptesme, qui le saqua hors de tons...
(L. (/., ch. 108.)
135. (Fol. 21 \ F) Chi après s'ensiut le vie et le martire S'^ Gemme, vierge. Ou tamps l'empereur Blandiien avoit ii roy de Cathelongne une moult bêle fille nommée Gemme, liquele, desl'eage de .vij. ans, avoit mis tout son cuer et toute se pensée en Dieu servir et en wardant virginité...
(Celte vie ne se trouve pas dans la L. d. Les Boliandistes en men- tionnent l'original latin au 20 juin (IV, 8), mais ils l'ont trouvée trop absurde pour mériter d'être mis au jour. On n'en connaissait jusqu'ici aucune version française.)
136. (Fol. 214 7»^ Chi après s'ensiut levie S. Bernart. En Bourgongne, en un chastcl qui est appelles Fontaines, fu nés et estrais de noble lignie, mon- signeur S. Bernart...
{L. d., ch. 120.)
137. (Fol. 217 d) Chi après s'ensiiit le vie et le viartire S. Siphorien. En le cité de Augustaverne ' fu nés S. Siphoriiens, liquelz fu, dés Testât de jove- neche, de si boine vie et si contemplative qu'il sembloit qu'il hëuist adevan- chiét le vie des anciiens pères...
(i. </., ch. 122.)
138. (Fol. 21S /') Chi après s'einiut le vie et le martire S. Thimothée et S. Appolinaire. Du temps que Nerons estoit empereres de Romme, liquelz faisoit moult de persécutions as chrestïens et les faisoit tourmenter de pluseurs griés tourmens, avoit a Romme .j. moult saint homme nommé Thimothées qui moult amoit Jhesucris de tout sen cuer et de toute se pensée. Quant Nerons li empereres sceut l'ordinance de S. Timotée, si commanda qu'il tust pris et amenés devant li. Et quant il fu amenés devant h, si li demanda de s'ordenance et en qui il creoit, liquelz respondi qu'il creoit en Jhesucris. Quant li empereres 01 che, si li dist qu'il couvenoit qu'il sacrefiast a ses diex, ou, se ce ne voloit faire, si le feroit morir par griés tormens. Adont
I « In Augustodunensi urbe. »
30 p. MEYER
S. Thimothées li respondi que point ne sacrefieroit, pour manaches ne po.ur tourniens qu'il 11 saroit faire, et que de riens ne le cretnoit, mais moult desi- roit a aler a Jliesucris par le voie de martire. Adont Nerons li empereres le commanda a sengouvreneur, liquelz le fîst moult crueusement battre et plaiier, et après sur ses plaies li fist mettre vive cauch et laissier en celle paine, et en ce tourment une grant pieche. Ensi que S. Thimothées estoit en ce tourment, doi angle vinre[n]t a li qui li dirent qu'il rewardast vers le ciel, si comme il fist, liquelz vit les ciex ouvers et Dieu qui tenoit une couronne moult noble et moult prescieuse, et li disoit que de ses propres mains celle couronne il recevroit. Adont Appolinaires, qui ce vit, se fist tantost baptisier, liquele fu moult tost nonchie ' au juge, et le fist decoler avoec S. Thimothée en le xe kalende de septembre, l'an de grasce Ivij.
(J'ai transcrit en entier cette vie, qui n'est sûrement pas traduite de la L. d., ch. 121. L'original n'est pas non plus la vie publiée dans les AA. SS., au 25 août. Le même texte se retrouve plus loin, art. 142, avec de nombreuses variantes.)
139. (Fol. 218 c) Chi après s'ensuit le vie et le martire S. Berlhremieu, apostle. Li glorieux apostles S. Bethremiulx, après l'assention de Dieu, s'en ala en Inde, qui est ensi que la fins du monde, et ala en une cité et entra en .j. temple ou il y avoit une ydole nommée Astaroth, et demoura ens comme pèlerins...
(Paraît traduit de hL.cL, ch. 123, mais la version est fort abrégée.)
140. (Fol. 220) Chi après s'eiisiiil le vie S. Augustin, docteur. Augustins
fu nés de la province d'Aufrique en le cité de Cartaise, et fu très excellens
docteres...
{L. d., ch. 124.)
141. (Fol. 222 d) Chi après s' ensiut Tistore de la décollation nionsigneur S. Jehan Baptiste. Li décollation de le feste^ monsigneur S. Jehan Baptiste si a esté ordenée et instituée p.iur .iiij. causes : Prumierement pour se décol- lation...
(L. d., ch. 125.)
142. (Fol. 225 (/) Chi après s' ensiut le vie et le martire S. Thimothée et S. Appolinaire. Du tamps que Nerons estoit empereres de Romme, li quelz faisoit as chrestiens souffrir moalt de piinnes et de travaulz, et les faisoit tourmenter de pluseurs grics tourmens, avoit a Romme .j. moult saint homme nommé Timothées qui moult amoit (fol. 226) notre signeur Jhesu- cris de tout sen cuer. Or avint que, ensi qu'il multepliout et essauchoit a sen
1. Le texte est visiblement corrompu.
2. On préférerait sans doute : « Le feste de le décollation... », mais cl. plus loin, art. 152.
LE MS. MED. -PAL. I4I DK LA LAUREN'TIENNE 3I
.pooirle loy chresticiinu, qu'il fu iionchict a rc.iipcrcur, li quelz CDiumaiida qu'il fust pris et amenés par devant lui. Si comme il fu, adont li enquist et demanda de s'ordenance et en qui il creoit. S. Timothécs li respondi qu'il creoit en nostre signeur Jhesucris qui tout avoit fait ei créé. Quant li empereres oy ceste response, si li dist qu'il li couvenoit faire tout aultre- mcnt, et qu'il li couvenoit sacrefiier a ses diex, ou se ce non il le feroit tourmenter et morir de vilaine mort. Adont S. 'limotliées li respondi que point ne sacrefieroit fors a nostre signeur Jhesucris a qui il avoit donné et donnoit tout sen cuer et toute s'esperance, et que ses inanaches ne ses tourmcns point ne cremoit, mais desiroit a aler a Jhesucris par le voie de martire. Adont Nerons li empereres le commanda a sen gou- vreneur, li quclz le fist moult crueusement battre et plaiier. Et après li fist mettre sur ses plaies vive cauch et laissier en celle paine et en ce tourment une grant pieche. Ensi que S. Timothees estoit en ce tourment, doi angle vinre[n]t a li, qui li dirent qu'il rewardast vers le ciel, si comme il fist, li- quelz vit les ciex ou^ers et Dieu qui tenoit une couronne moult prescieuse» et li dist que, de ses propres mains, de celle couronne il le couronneroit. Adont AppoUinaire. qui toutes ces coses vit, fist tant qu'il fu baptiziés, et tantost que li juges lesceut, si le fist prendre et decoler avoec S. Thimothée.
(Cf. ci-dessus, art. 137.)
143 (Fol. 226) Chi après s'eiisiiit le vie et le iiiarlire S. Félix et S. Aiulacte. Félix et Audacte furent doi prestre. Et pour ce qu'il ne vaurrent point sacre- fiier as vdoles...
{L.(L, ch. 126.)
144. (Fol. 226 r) Chi après s'eiiuiit Je vie inonsis^neur S. Gile. En le cité
d'Athaines si fu nés monsigneur S Giles, et fu estrais de lignie roial, liquelz
fu mis a l'escole pour estre clers...
{L. cl., ch. 150.)
145. (Fol. 227 c) Chi après s'etisiid le vie iiionsi^near S. Leii. Sains Leus
si fu nés en le cité d'Orliens et estrais de lignie roial. Et fu pour le sainte vie
qu'il menoit ordenés archevesques de Sens, et donna, pour l'amour de Dieu,
tout ce qu'il avoit...
(L. il., ch. 128.)
146. (Fol. 228 /') Chi après s'eiisiiit le vie saint Maiiiert. Mammers fu pru- mierement de le loy paiienne Oravint une fois, ensi qu'il sacrefioit asydoles, qu'il perdi .j. oeil, et avoec ce une main qui li secka...
{L. il., ch. 129.)
147. (Fol. 229) Chi après s'eiisiiit le vie saiiitHubert. Sains Hubers fu de moult noble lignie estrais, et fu contes palatins en Acquitainne, et bien apris fu en science. Or avint qu'il ala pour veïr S. Lambert a Tret, qui fu li tren- times evesques de Tongres, parl'espassede xl. ans. Sains Hubers fu telement endoctrinés de S.Lambert que, parle divine inspiration de Dieu, il renoncha
32 P, MEYER
a le chevalerie et s'ordena comme clcrs. Et de la en avant eut se femme comme se seur, et après devint il moisnes en l'abbeye de Stavlot. Après, par le conseil de S. Lambert, S. Hubers ala a Romme en pèlerinage. Avint ensi que Sergins (sic) li papes, liquelz continuoit en orisons, si fu moult travilliès de villier, s'endormi environ la journée que S. Lambers fu martiriiés...
(Je ne connais pas d'autre version française de cette vie qui n'est pas dans la L. d.)
148. (Fol. 229 c) CM après s'ensiut l'istore de le nativité le henoite vierge
Marie. Li benoite vierge Marie fu de le lignie de Juda et de droite lignie roial
estraite et née, c'est assavoir de le lignie du roy David. Et est assavoir que
S. Mahius n'escripsi point le génération de le vierge Marie, mais de Joseph,
sanz plus, qui toutevois n'apartint point a le conception de Dieu. Mais li
cause li fu car li coustume si estoit de l'escripture que li génération de femme
n'estoit point rechitée en escript...
(Z,. d., ch. 131.)
149. (Fol. 233) Chi après s'ensiut le vie et le marlire S. Adriien. Une fois
Maximiiens, qui pour le tamps estoit empereres, estoit en le cité de Nichome-
die, liquelz estoit moult crueux et moult pervers contre les chrestïens, et
commanda que tous les chrestïens qui porroient estre trouvé en celle cité
fussent par devant lui amené...
{L.d., ch. 134.)
150. (Fol. 235) Chi après s'ensiut le vie et martireS. Gorgone et S. Dorothée. Gorgones et Dorothées estoient souvrain et principal du palais et de le che- valerie Dyocletiien, qui, pour le tamps estoit empereres de Romme. Dont il avint, ensi qu'il estoient en si grant honneur et si noble, qu'il se conver- tirent a le loy chrestïenne...
(L. d., ch. 135.)
151. (Fol, 235 c) Chi après s'ensiut le vie et le martire S. Prothes et S. Jacincte et de S^ Eugénie vierge et martire. Prothais et Jachinte furent tous jours com- paignons, ensemble estudïans en ars et en philosophie...
(L. d., ch. 136.)
152. (Fol. 237) Chi après s'ensiut l'istore de le Jeste du jour de le exaltation de le S^ Crois. Li exaltations de le feste de le S« Crois en moult de manières si fu essauchie et eslevée pour no foy enluminer, car en l'an de grasce...
(I. d., ch. 137.)
153. (Fol. 239 h) Chi après s'ensiut le vie S. Cornille et S.Ciprien. Sains Cornilles si fu papes de Romme du tamps Desce l'empereur, liquelz le fist envoiier en escil pour ce qu'il essauchoit moult grandement de jour en jour le loy chrestïenne...
(L. d.. ch. 132.)
LE MS. MED. -PAL. I4I DE LA LAURENTIENNE 33
154. (Fol. 239 f) Chi après s'etisiiil le z'/c et le waiiire S^ Eu/emie, vierge. Du tamps que Dyoclctiiens estoit empereres et qu'il fcsoit moult de persécu- tions as chrcstiens, avoit a Romme .). des sénateurs, liquclz avoit une moult bêle fille appellée par non Eufemie. Or avint que elle, qui plaine estoit de boine doctrine et de boines meurs et qui estoit encore paiienne, liquele veoit souvent faire pluseurs tourmens as chrestïens et qu'il les portoient pasciau- ment pour l'amour de Dieu, une journée, ensi que on martirioit les chres- tiens l'un devant l'autre, pour eulx pervertir de leur fov...
(Rédaction tout à fait différente de celle de la L. il., ch. 139.)
155. (Fol. 240 c) Chi après sensiut le vie et le marlire vwiisio^iu'ur S. Lam- bert. Gloire, honneur et loenge si doit estre a tous chrestïens de raconter et dire les vies et passions des sains martirs et d'anonchier les saintes paroles ou on pourroit prendre maint boin example. Et pour ce me plaist de dire et raconter le vie et le passion de S. Lambert le beneoit martir de Dieu. Sains Lambers, li glorieux martirs qui fu prestres et amis a nostre signeur Jhesucris, fu nés a Tret, estrais de moult noble lignie...
(Rédaction qui se rencontre dans un très grand nombre de manu- scrits et qui a été publiée d'après un ms. de Londres : voir Notice sur trois le'geinîiers français attribués à Jean Belet, art. 43. Elle est très différente de celle qui forme le chap. 133 de la L. d.)
156. (Fol. 241 /') Chi après s'ensiut le vie et le martire S. Mahiu apostle et
eiivangeliste. Ensi que S. Mahius preschoit en Ethiope, la trouva il .ij. encan-
teurs dont li uns estoit appelles Zoroes et li aultres Arphasat, et sambloit
qu'il fesissent tout ce qu'il voloient aussi comme Diex, et se faisoient comme
Dieu aourer...
(L. d., ch. 140.)
157. (Fol. 245 d) Chi après iensitit le vie et le martire moiisigneur S. Meti- risse. Sains Meurisses si fu de modt noble lignie estrais, et fu dux et meneres de le légion de Thehes dont il estoit sires et souvrains...
(L. (/., ch. 141.)
158. (Fol. 247 c) Chi après s'ensiiit le vie et le marlire S^ Justine vierge et S. Cipriens. En Anthioce avoit .j. prestre des ydoles qui avoit une moult bêle fille, sage et bien lettrée, liquele fu convertie par .j. dyacre lequel elle ooit tous les jours lire l'évangile par le fenestre...
(Il n'est pas sûr que ce soit la traduction du ch. 142.)
159. (Fol. 249) Chi après s'ensiiit le vie et le martire de S. Cosme et de S. Damlien. Raconter et dire vous voeil le vie et le passion de .ij. frères qui moult furent preudomme, si comme vous porrés oïr se vous le volés entendre. En cel temps que Dyoclctiiens et Maximiiens estoient empereur de Romme et que leur signourie estoit en pluseurs terres espandue,. a cel tamps avoit en le cité d'Egée une dame qui moult estoit preude femme, li quele amoit et
Romania, XXXJII 5
34 P- MEYER
cremoit nostre signeur Jhesucris de tout son pooir. Or avint, si comme il pleut a Dieu, que celle dame conchut de sen mari et fu enchainte ; si porta ses mois et ses jours si comme raisons est et droiture, tant qu'ele acoucha de .ij. enfans qui furent moult bel...
(C'est, avec une variante au commencement, la version ordi naire, différente de la L. cL, ch. 143 ; voir Xotice sur trois lègemiiers français, art. 37, et aussi ma notice sur le ms. B. N. fr. 6447, art. 66, où la citation du début de la vie est plus étendue.)
160. (Fol. 2)%d) Chi après s'ensiitt Vistoredc le f este S. Michiel l'archangle. Li feste S. Mikiel l'archangle si a .iiij. nons : Li prumiere si est apparitions, li seconde dedications, li tierche victore et li quarte memore...
(L. d., ch. 145.)
161. (Fol. 256 /;) Chi après s'ensiiit le vie iiionsigiieur S. Jberoiiie, docteur. Sains Jheromes si fu estrais de moult noble lignie, et fut fiex de Eusebe et nés vers Dalmache en Pannonie, en .j. chastel qui estoit a sen père...-
(L. d., ch. 146.)
162. (Fol. 257 (/) Chi après s'ensiut Fistore de le translation nionsigneur S. Remy. Sains Remys fu chis qui converti le roi de Franche et tous les Franchois a le loy chrestienne en tel manière...
{L. d., ch. 147.)
163. (Fol. 258 c) Chi après s'ensiut le vie et le niartire saint Legier. Pour
le tamps que Dothaires • estoit roys de Franche, sains Legiers, pour le pure
et sainte vie qu'il menoit, fu ordenés evesques d'Autun. Or avint que li roys
Dothaires morut...
(I. d., ch. 148.)
164. (Fol. 259 h) Chi après s'ensiut le vie S. Franchois. Franchois fu nés en le cité de Assye, et mena vie mondaine jusques en l'eage de .xx. ans. Après ce Diex, qui le vault attraire a li, li envoia une maladie par lequele il fu mués aussi que en .j. aultre homme par une sainte vie...
{L. d., ch. 149.)
165. (Fol. 262 /') Chi après s'ensiut le vie S^ Pelage. Pelage si fu une
femme moult riche a grant forche, et estoit moult bêle et moult curieuse de li
acesmer et atourner de nobles vesteùres pour plaire au mont, et si estoit pau
caste et moult luxurieuse...
(/.. </., ch. 150.)
166. (Fol. 263 /') Chi après s'ensiut le vie et le niartire nionsigneur S. Denis. Sains Denis si fu convertis et introduis en le foy de Nostre Signeur Jhesucris de monsigneur saint Pol l'apostle. Sains Denis, entre les aultres, si fu
I. Sic pour Clothaires; c'est un exemple de la confusion, assez fréquente dans les mss., de cl avec d.
LE MS. MED. -PAL. 14! DE LA LAURFNTIENNE 35
moult grans pliilo[so]phcs. Kt pour ce il , demouroit en le rue Ariopagite, qui est en le cité dWthainnes, en lequele on aouroit l'vdolede Marc, et estoit Il rue souvraine de le cité d'Athaines, car li cours des nobles y estoit et li estude des ars...
(Cette vie est plutôt abrégée que traduite de celle qu'on trouve dans la L. (/.,ch. 155.)
167. (Fol. 26) (/) Chi iiprcs s'eiisitit le vie et le nnirtirc S. Calixle, pape. Sains Calixtes si fu papes de Romme en l'an de grasce ij<-" et xxxij. Et fu li prumiers qui ordena a juner les quatuortempres, liquelz estoit de moult sainte vie et religi^u/.e, et introJuissoit le pule vighereusement et hardiment en le tov de Jhesucris, et en nulle manière necremoit les painnes ne les tri- bulations de cest monde. Et ûi du tamps Alixandre l'empereur, par qui li plus haute partie de le cité de Romme fu arse et destruite par le volenté de Dieu, et a l'autre partie li mains de Jovis fu adnichilée et destruite. Adont vinre[n]t li prestre de le loy a Alixandre l'empeur et li dirent que ce seroit boin de sacrefiier pour l'ire de leur diex apaisier...
(N'est pas la traduction du ch. 154 de la L. d.)
168 (Fol. 266 /') Chi après s'einiut le vie S^ Pelage vierge. Geste glorieuse vierge chi qui Pelage estoit appellée si fu estraite de moult noble lignie, et estoit si très hele que cascuns, pour le biauté de li, le desiroit a veïr'. Pure, caste et nette de cuer et de conscience estoit. Or avint que uns moult nobles homs riches et poissans le requist a avoir en mariage, auquel elle fu donnée... (C'est la vie de Marguerite, dite Pelagius, L. J., ch. 151.)
169. (Fol. 2f6 (/) Chi après s'ensint Vistore de S. Luc. De le nassion de
Anthioche fu nés et estrais S. Lus li evangelistes, liquelz fu appelles par sen
sournon Svrus, et fu mires, ce dicnt li aucun, et li uns des .Ixxij. desciples
de Jhesucris...
(L. </., ch. 1)6.)
170. (Fol. 268 (/) Chi après s'eiisiiil le passion et le tuartire des .xj. mile
vierges. Li passions et li martires des .xj. mile vierges fu faite par tel manière.
Il est vérités qu'il avoit .j. rov en Bretaingne que on appelloit Notus ou
Marus, qui estoit chrestïens...
(L.d., ch. 158.) _
171. (Fol. 270 c) Chi après s'eusiut le vie et le iiiartire S. Simon et S Jiide ahostles. Sains Simons et S. Judes furent frère a S. Jaque le petit et a Joseph le juste, et furent tout .iiij. enfant de Marie Cleophe qui fu femme Alphée. Sains Judes, après l'ascention de Dieu, fu envoiiés de S. Thomas l'apostle en Edisse a Abagare, le rov du paiis...
(Paraît abrégé de laL. d., ch. 159.)
1. Il V a dans le texte latin : « tanta fuit parentum sollicitudine custo- dita... quod ab hominibus videri modis omnibus renuebat. »
3 6 P- MEYER
172. (Fol. 272 c) Chi après s'ensiut levie et'- e niartire monsignetir S. Qtien-
liii. De le cité de Romme fu nés et estrais do moult noble lignie monsigneur
S. Quentin, liquelz se parti de Romme avoec pluseurs de ses compagnons
qui tout cstoient chrestïen...
(L. d., ch. 160.)
173. (Fol. 275) Chi après s'ensuit Vislore de le feste et sollenpiùtê du jour de tous sains. Li feste du jour de tous sains si fu ordenée pour .iiij. causes : prumierement pour le dedication d'une eglize, secondement pour emplir ce que on a deffali, tierchement pour empêtrer pardon de nos négligences, et quartement pour ce que nos orisons soient plus tost essauchies...
(L. d., ch. 162.)
174. (Fol. 276 c) Chi après s'ensiut Vistore de la sollempnitc du jour des âmes. Li feste du jour de la Commémoration des mors fu ordenée pour le cause deseure ditte. Et l'ordena prumiers S. Odile en ses abbeyes, pour le vois des anemis que on ooit en Sicile', lesquelz menoient en l'air trop grant dueil de ce que les âmes des mors estoient par aumosnes et par orisons con- fortées et aidies...
(I. d., ch. 163.)
175. (Fol. 281) Chi après s'ensiut le vie et le martire S. Wistasse et de ses compaio-nons. Ou tamps que Trajans estoit empereres a qui li Dyables avoit donné grant puissance, tant par lui que par ses ministres, avoec lui avoit .]. moult noble chevalier et de grant lignage et honneréssur tous les aultres, et estoit maistre etsouvrains de tous les chevaliers l'empereur Trajan, mais il estoit de malvaise creanche et aouroit les ydoles, dont c'estoit grans damaiges, et vous dirai pour quoi. Prumiers il secouroit tous ceulx qui avoient mestier de secours...
(Rédaction qui a été admise dans un très grand nombre de légen- diers français, et qui se rencontre aussi copiée à part ; voir Notice sur trois lêgendiers français , art. 38.)
176. (Fol. 286 b) Chi après s'ensiut le vie S. Vigor. Du temps que Cildebers estoit roys de Franche, fu révélé par .j. angele a une sainte femme qui estoit de moult noble lignie, liquel estoit de le dyocese d'Arras, qu'ele con- cevroit .j. fil Jiquelz seroit remplis de le grasce du S. Esprit. Or avint, ensi que li angeles li avoit révélé et dit, elle conchut .j. fil de sen mari, liquelz, quant elle l'eut porté ses mois et ses jours, fu appelles par non de baptesme Vigor. Quant li enfes eut eage, si fu apris et introduis en l'eglize saint Vaast d'Arras, et tous les jours estoit aprendans avoec les jovenes religieux de la dicte eglize...
(Saint Vigor, de Bayeux, avait été moine en l'abbaye de Saint- Vast, et c'est très probablement pour cette raison que sa vie est introduite dans ce légendier. Elle ne figure pas dans la L. d.).
1. Le traducteur n'a pas su traduire « apud Vulcanum Sicilia; ».
LE MS. MliD.-PAL. I4I DE LA LAURHNTIENNE 37
177. (Fol. 287) Chi après s'ensiut le vie saint Linart. Sains Linars fu con- vertis a le foy de Dieu l'an de grasce .V'^., et fu baptiziés de S. Reniy qui estoit archevesques de Rains, et li ensigna le foy de Jhesucris et les comman- demens de Dieu. S. Linars si estoit de moult [noble] lignie car si parent estoient principal entour' le roy de Franche...
(L. </.,ch. i)-).)
178. (Fol. 287 d) Chi après s'etisiut le vie et le martire des .iiij. couronnés. Les- .iiij. couronnés, dont l'Eglizefait grant sollempnité, furent ensi appelle : Severus, Severinus, Carpophorus et Victorinus, lesquelz régnèrent pour le tamps que Dyocletiiens estoit empereres de Romme, liquelz faisoit moult de persécutions as chrestïens. Avint qu'il li fu nonchiét que cil s. homme chi presçoient ei annonçoient le non de Jhesucris de jour et jour et attraoient pluseurs gens a le loy crestïenne...
(Ne semble pas traduit du ch. 164 de la L. d.)
179. (Fol. 288 li) Chi après [s'ensint] le vie et martire S. Thœdore. Thco- dores si fu .j. homs de grant sainte et de boine vie, liquelz regnoit a Romme du tamps Dyoclctiien et Maximiicn, qui adont estoient empereurs de Romme, et pour les saintes opérations qu'il faisoit tous les jours il fu pris et menés devant le prouvos, liquelz li priia et requist qu'il vausist obeïr as commande- mens des empereurs et sacrefiier a leur diex, et il le feroit chevalier de leur loy...
(I. d., ch. 165.)
180. (Fol. 288 r) Chi après s'ensiut levie moiisigneiir S. Martin. En Sabarie fu nés S. Martins, comment qu'il fust nourris en Ytalie, et fu de moult noble lignie estrais, et fu chevaliers avec sen père, et estoit ses pères maistres de le chevalerie Constantiien et Juliien qui pour le tamps estoient empereur de Romme et qui adont regnoient...
{L.d., ch. 166.)
181. (Fol. 291 c) Chi après s'ensiut le vie S. Brisse. Sains Brisses si fu desciples et dyacres de S. Martin, et souvent disoit a S. Martin moult d'in- jures et de vilenies, et estoit moult fol. Et mcïsmes a .j. povre qui vint demander l'aumosne a S. Martin, auquel S. Brisces dist : « Ne vois tu mie de ce sot qui reswarde u ciel et semble aussi que .j. dervés? »...
(L. d., ch. 167.)
182. (Fol. 2(^2) Chi après s'ensiut le vie S'^ Elisabeth. Fille du roy de Hon- grie fu sainte Elizabeth, liquele estoit de moult noble lignie et plus noble de meurs, car toute la nobleche du monde, le delis et le solas elle laissa pour li mettre plus plainement au serviche de Dieu...
(L.d., ch. 168.)
1. « Primi in palatio régis Francise. »
2. Ms. des.
38 1'. MKYER
183. (Fol. 296 b) On après s'ciisiut le vie et le iiiartiie S" Cécile, vierge. Ccste demoisele chi 5*= Cécile fu fille a .j. des sénateurs de Romme, et fu de si grant biauté que tout cil qui le veoient s'en esmervilloient. Entrais qu'ele esioit en se jouvente, .j. jovenenciaulz nommés Valeriens, haulz hom de le cité et riches, plevi le demoiselle par le volenté de ses amis...
(L. (/., ch. 169.)
184. (Fol. 297 c) Chi après s'ensiut le vie et le nmrlire monsigneur S. Clé- ment, pape de Romme. Sains Climens fu fiex de Fustiniien et de Madiane, estrais de moult noble lignie de le cité de Romme, et avoit .ij. frères, l'un Fuste et l'autre Fustiniien '. Oravint, par ce que Madiane estoit moult bêle...
(L. d., ch. 170.)
185. (Fol. 300 c) Chi après s'ensiiit le vie et le martire S. Grisegone. Gri- sogones si fu estrais de moult noble lignie et fu moult sains homs, liquelz, par ses saintes prédications et par ses boines oevres, atraist moult de gens a le foy crestïenne. Quant Dvocletiiens li empe'-eres le sceut, si commanda qu'il fust pris et mis en prison, en lequele prison il vivoit des biens que sainte Anestaise li administroit. De quoi il avint que ses maris le fist mettre en prison moult estroitement pour ce qu'il en avoit souspechon. Et ensi qu'ele estoit ensi tenue elle escripsi unes lettres a S. Grisegone, et S. Grise- gones li rescripsi, ensi qu'il est devisé en le légende S^ Anestaise...
(Cette vie est abrégée du ch. 171 de la Z. d. ; on voit que, pour ne pas répéter ce qui est dit dans la vie de sainte Anastasie, le traduc- teur y renvoie.)
186. (Fol. 300 d) Chi après s'ensiut le vie et le marlire S<^ Kalhelinne. Sainte Kathelinne fu fille de roy et introduite et aprise es .vij. ars pour le excellent engien qui en li estoit. Or avint que Maxenses li empereres fist .j. comman- dement que cascuns venist en Alexandrie...
(L. d., ch. 172.)
187. (Fol. 302 d) Chi après s'ensitit le vie et le martire S. Jaque le inartir. En une cité de Perse nommée Elape fu nés S. Jakes li martir, qui fu estrais de moult noble lignie, et fu encore plus nobles en meurs et en boine vie, et estoient ses pères et se mère crestïen Or avint que Jaques estoit moult amés de Gath le roy de Perse, et tant que c'estoit li souvrains après li...
(Ne paraît pas traduit du ch. 174 de la L. d.)
188. (Fol. 303 c) Chi après s^nsiut le vie et le martire S. Crisaiit et S. Daire. Tholomeus, très nobles et poissans de le cité d'Alexandrie, si vint e Romme et amena avoec lui Grisant son fil, et la fu envoies ^ grans dons de
1. Faustin? Latin : « quorum unus Faustinus, alter Faustus diccbatur. »
2. Lire en ores de.
LE MS. MED. -PAL. I4I DE LA LAURENTIENNE 39
par l'empereur. La fist aprendre Crisam seii lilz, liquelz retenoit quanques il ooit des rcthoriicns et des philosophes...
(N'est pas traduit du ch. 157 de l.i L. il. Cette version est, saut des variantes assez nombreuses et en général mauvaises, celle qui a été admise en un assez grand nombre de nos légendiers français; voir Bull, de lu Soc. des anciens textes français, 1892, p. 91.)
189. (Fol. 505 (■) Chi après s'ensitit Vistore de le feste de le conception le benoite vierge Marie.
Maria, invenisli gratiam apud Dominum. LvcE primo caf>°. Quant li angles Gabriaulz ot salué le benoite Vierge Marie pour anonchier a li le benoite con- ception de nostre signeur Jhesuscris, pour li oster de toutes doutances et de toutes paauours, il le conforta en disant les paroles devant dittes. en disant : « Marie a trouvé grasce a Dieu. 0 II sont .iiij. manières de gens,
desquelz li doi sont boin et li aultre doi sont malvais...
(Sermon.)
190. (Fol. 507 c) Chi après s'ensiut le vie S^ Barbe. Ou tamps que Maxi- miiens estoit empereres, avoit a Romme .j. moult riche homme qui estoit nommés Dyoschorus, et estoit paiiens, liquelz avoit une moult bêle hlle...
(Il V a une légende de sainte Barbe dans l'Appendice à la L. d. , ch. 202, mais ce n'est pas l'original de la présente version.)
191. (Fol. 308 /') Chi après s'ensiut le vie nionsigueiir S. Mor, ahbe et confès. L'anée que S. Benois morut, il envoia S. Mor et .iiij. compaignons avoec li en Franche, et assavoir Fauste, Simple, Anthone et Constantinien, a le priiere de Berthican (wV), evesques du Mans, pour fonder une abbeye que chis evesques voloit fonder du sien, et donna a S. Mor .j. livre uquel il avoit escript le riule de l'abbeye de se main...
(N'est pas dans la L. d. On possède une autre vie française du même saint; voir Notices et Extraits, XXXIV, re partie, 193.)
192. (Fol. 309) Chi après s'ensuit le vie S. Servais. Sains Servais fu nés en une ville nommée Phestia, qi i est au coron de Perse delés Arménie. Ses linages est en tel manière devises : Anne et Esmeria furent .ij. seurs. Anne porta le bemjite vierge Marie, et Esmeria porta S-^ Elisabeth, le mère S. Jehan Baptiste, et lïliud. Et Eliud engenra Emin, et Eniin engenra de Melia S. Servais, que dès s'enfance fu tant sobres que, comme S. Nicholaus, il s'as- teno:t d'alaithier plus d'une fois le merquedi et le venredi...
(L'original n'est pas le ch. 241 (appendice) de la L. d.)
193. (Fol. 310 /') Chi après s'ensint le vie S. Richier. Li prumiers rois qui rechupt crestienne [loi] en Franche fu prumiers nommés Clovis et a sen baptesme fu appelles Loeys. Et chis, par le conseil de se femme qui moult estoit religieuse, et pour une grant bataille qu'il vainqui en Allemaingne, se converti et par S. Remy fu baptiziés. Et au couronnement de ce roy trouvons
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nous en l'istoire que li ano;eIes aporta en une fiole le cresme dont encore sont enoint tout li roy de Franche...
(N'est pas dans la /,. d. Je ne connais pas d'autre vie française de ce saint.)
194. (Fol. 313 0 Chi après s'ensiut Je vie et le martire 5^ Coulomhe. Ou tamps que Aurelicns estoit empereres de Romme, liquelz vint a Sens en lequele cité avoit une s. vierge nommée Coulombe, liquele amoit Jhesucris de tout sen cuer, avint qu'il fu nonchiét a l'empereur, liquelz commanda qu'ele fust prise et amenée devant li si comme elle fu...
(Sainte Colombe de Sens n'est pas dans la L. d. Autre version, Oxford, Qiieen's Coll., 305, fol. 295 r.)
195. (Fol. 313 d) Chi après s'ensiut le vie S^Eufroise. Ou tamps Theodose l'empereur avoit .j. sénateur a Romme qui Antigonus avoit a nom, del parenté l'empereur, sages en parole et en oevre et de toutes boines meurs. Chis prist femme del linage l'emperis nommée Eufroise, qui moult estoit reli- gieuse et amoit et cremoit Dieu sur toute riens...
(N'est pas dans la L. d. C'est un abrégé de la vie qui fait partie des Vitœ patrwn de Rosweyde, p. 351. Autre copie : Oxford, Queen's Coll., 305, fol. 307. Il existe une autre version de cette vie, B. N. fr. 412, fol. 225).
196. (Fol. 317 /') Chi après s'ensiut le vie S. Saturne. Sains Saturnes si fu des apostles ordenés evesques, liquel l'envoierent a Thoulouse pour preschier le foy de Dieu. Et tantost qu'il y fu venus, les ydoles de nulle cose que on leur demandast ne voloient rendre response...
(L. d., ch. 173.)
197. (Fol. 317 'V) Chi après s'evsiut le vie S. Pastre. Sains Paistres fu .j. hons qui habitoit es desers, liquelz estoit moult plains de dilection et de reli- gion, et avoit laissiét père, mère, seurs et frères, lesquelz le desiroient moult a veïr...
(Je ne suis pas sûr que ce soit la traduction du ch. 175 de la L. d.)
198. (Fol. 318) Chi après s'ensiut Vistore de S. Grigore qui fu engenrés du frère en se seur.
(Voir ci-après, à l'appendice.)
199. (Fol. 319 h) Chi après s'ensiuf Vistore de le pruniiere église de Nostre Dame fondée en le cité de Romme. Au tamps que Liberius li jones estoit papes de Romme, avoit en le cité de Romme .j. homme de noble lignie, moult riche et moult poissant, par sen droit non appelle Jehan. Chis avoit une femme qui moult amoit le benoit[e] vierge Marie. Chis ossi, qui n'avoit nul enfant et qui estoit riches a très grant pooir, liquelz ossi avoit très especial et singulere dévotion a le benoite vierge Marie, a lequele eulx .ij. d'une meïsme
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volenté et consentement, promirent et firent veu et continence en li priant et suppliant en ceste manière...
(Je n'ai pas trouvé la source de ce morceau.)
200. (Fol. 319 (/) Chi après s'enstiit /<• t'/V S. Jehan PiUtlus. A Rome ot jadis .). apostole nomé Bazile, moult saint preudome qui moult amoit Dieu et le glorieuse vierge Marie, et tous tens avoit en memore le paine et les tourmens d'enfer...
(Voir ci-dessus p. 7.)
201. (Fol. 322 1/) Chi après s'ensiut h' vie S. Pelage. Sains Pelages, pour le • boine vie et le se conversation qui estoit en li, fu ordenés papes de Romme et
fina se vie en boinnes oevres. Et ne fu mie chis Pelages qui fu devant S. Grigore, mais che fu .j. aultres Pelages qui fu par devant le tierch pape Jehan, après lequel succéda Benedic...
{L.d., ch. 181. C'est proprement une chronique dont une partie a été réimprimée dans Pertz, SS., XXIV, 168-171.)
202. (Fol. 323 d) Chi parole de Mahotumet. Quant Foukes fu mors, Eracles fu empereres, et de sen tanips Mahommès, .j faulx prophètes, régna, qui déchut les Sarrazins, de quoi il avint .j. pau après que .j. clers qui avoit esté grant tamps a Romme, et si ne pooit riens empêtrer, s'en ala oultre mer et atraist moult de gens a li par se similitude '. Et la, entre les aultres, il trouva Mahommet sage et avisé auquel il dist il feroit tant, s'il voloit, que on le ten- roit et aour[r]oit comme Dieu. Li quelz nouri .j. blanc coulon si bien que, quant il avoit fain, il venoit querre le pois qu'il mengoit en l'oreille Mahom- met. Après che chis clers appella le pule et leur dist qu'il leur mousteroit celui qui estoit leur diex et qu'il dévoient aourer, sur qui li S. Espris descen- droit...
Ce morceau finit ainsi :
(Fol. 327 />) En ce tamps fu sainte Elizabeth née, fille du roy de Hongrie, qui fu donnée Langran a espeuse % qui fist pluseurs bêles miracles. Après régna Henris ses fiex, et fu couronnés de Honoré qui fu deseure tous les aultres de glore mondaine, et en le fin fu contraires a l'Eglize et emprisonna .ij. cardinaulz. Après ce (c) régna Innocens liquars papes, liquelz assambla le concilie et déposa l'empereur, et fu li empires une grant pieche vaghe '.
(C'est la suite du cliap. uSi de la L. d., dans l'édition de Grasse, pp. 827-44.)
203. (Fol. 327 r) Chi après s'ensiut l'istore de le dedicalion de F Eglise. Pour che qu'il est .ij. temples, l'un matériel et l'autre espirituel, nous dirons chi
1. « Sua simulatione innumerabiles ad se attraxit. »
2. « Quae fuit uxor landgravii Thuringiae. »
3. « Sedes imperii usque hodie vacat. »
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de .ij. dedicasses. Tant comme a la prumierc,qui est du temple matériel, nous verrons .iij. coses. Prumierement comment l'Eglize est consacrée et dediie...
(L. d.. ch. 182.) Fin.
(Fol 330^) Et quiconques ara toutes ces coses chi, il sera vrais temples de Jhesucris et si sera dignes que Diex par se grasse habite en li, Et ad ce que nous puissons habiter en paradis tout ce nous voeille ottriicr li Pères, li Filz et li S. Espris. Amen.
(I. d , ch. 182.)
APPENDICE
LA LÉGENDE EN PROSE DE SAINT GREGOIRE
(Fol. 318) Chi après s'ensiut Vis tore de S. Grigore qui fu engenrês diijrere en se seiir. Avint qu'il estoit .j. moult nobles prinches, liquelz avoit fil et une moult bêle fille. Le mort, qui n'espargne nullui, vint a che prinche, mais quant il vit que le mort l'engressoit, si priia moult a sen fil qu'il fesist dili- gense de se seur. Quant il fu mors, li doi enfant amoient moult li uns l'autre en toutes boines oevres faisant, en junes, en aumosnes, en abstinenses, en Grisons continuaus. Or avint que li anemis, qui sur tous biens a envie, fist tant par sen maliscieux engien que Grigores, chis frères, fu bien carnelment de se seur, en tant qu'ele conchut .j. enfant. Quant li jovenenceie sceut qu'ele fu enchainte, si le dist a sen frère, pour lequele cose il fu moult tristres et pensis. Et li anemib leur mettoit toudis en voie que, quant li enfes seroit nés, qu'il l'ocheïssent. Mais Diex, qui ne veult mie perdre ceulz qui le servent, fist tant qu'il s'en descouvrirent a une noble dame qui demouroit assés près de le fortereche ou il manoient. Et quant li dame le sceut, si dist que a l'aide de Dieu il (b) y pourveroient. Quant li jovenenceie ot porté ses mois et ses dis, si acoucha d'un enfant marie. Adont li jovenenceie dist qu'ele n'oseroit l'enfant nourrir, et que en fesist tant que li enfes fust envoiiés en aucun lieu privé ad ce que on ne le sceùit. Adont, par le conseil de celle dame devant ditte, chis enfes fu bien mis et ordenés en .j. berch, bien hounerablement couvers d'un drap d'or, et mis avoec l'enfant grant somme d'or et d'argent. Et avoec ce furent mises unes tavles ou il estoit escript comment il estoit fiex de frère et de seur et de moult noble lignie, 'et que li enfes point n'estoit baptiziés; et, quant li enfes seroit en eage, qu'il fust envoiiés a l'escole, et quant il seroit d'aage, s'il se voloit partir de leur ■ il
I. Leur =1 là où, forme usuelle dans le nord. Tous les ex. relevés par Godefroy sont de cette région.
LE MS. MKD.-FAL. I4I DK LA LAURHNTIKNNE 43
scroit nourris, que on li Idst .j. habit de cest drap d'or. Et, quant ce fu fait, si fu mis en une nacelle en le mer, lequele vaucra et ala tant qu'elle fu en .). moult lontain p-aïs. Or avint ensi que .j. maronniers [qui] peschoit en le mer, pour prendre du poisson pour une abb^'ve ou .j- nouviaulz moisnes faisoit profession, vit celle nacelle, et tist tant qu'il le prist et mena a port celle nacelle.
Li abbes, attendans le pescheur sur le rive de le mer, vit le luaronnicr aprochans et ala contre li pour celle nacele qu'il li veoit amener. Adont li abbes li demanda que c'estoit qu'il avoit trouve. Li maronniers respondi que c'estoit .j. enfes. Adont li abbes resgarda l'enfant et trouva les tables et lut l'escript et puis le conta au maronnier. Et puis li dist : (c) « Tu prenderas cest enfant et le porteras a te maison et le nourriras, et tu aras une partie de cest argent et je warderai l'autre pour l'enfant aprendre Et jou lèverai et baptiseray l'enfant », si comme il fist, et de scn non l'appella Grigoire. Quant li enfes fu d'eage, si fu envoiiés a l'escole par le fait de sen parin, et quant il ot environ .xiij. ans ou .xiiij. ans, li enfes fu tant bien aprendans qu'il lisoit en ars et en philosophie et en pluseurs aultres sciences, que nul/, ne l'en passoit. Or avint que li uns des enfans du maronnier que Grigores cuidoit que ce fust ses frères, li fist .j. pau de desplaisir; se li donna sur se teste. Et quant li mère le vit, si commencha a criier et a braire et le nommer bastart avolé, et a dire moult d'injures. Quant Grigores oy ce, il qui cuidoit que ce fust se mère, s'en vint a l'abbé moult dolans et li conta le cose. Li abbes manda la dame et le blasma moult de ce qu'ele avoit dit, mais celle point ne cessa. Quant li abbes vit ce, si retint Grigore et li vault donner l'abit de l'ordenc, et li dist qu'il le metroit a grant honeur. Grigores respondi que point n'y demour[r]oit et que s'il ne li donnoit congiét, si se departiroit il. Quant li abbes vit que en nulle manière il ne voloit demourer, si en fu moult tristres et courchiés pour le grant engien qui estoit en li. Adont l'appella d'une part et li bailla les tavles et li fist lire chequi estoit ens escript. Quant il l'ot lut et il vit le cose ensi qu'ele estoit, si dist que jamais ne cesseroit, si s.iroit dont il estoit et qui il estoit. Adont li abbes li fist faire .j. abit du drap d'or et lu monta (</) bien et noblement, ensi qu'il appartenoit a .j. noble luimme, et li livra maisnie, or et argent, et puis fi donna congiét de lui partir.
Adont Grigores p.ist congiét et se parti, et ala tant d'une part et d'aultre, sivant les guerres, qu'il adrecha ou paiis dont il estoit, pour ce qu'il oy dire que on v guerrioit, mais ses pères estoit mors. Or avoit en ce paiis la .j. grant prinche qui moult fort guerrioit le mère Grigore pour che qu'il le voloit avoir en mariage, et point elle ne le voloit. Quant Grigores ot oy conter le cose ensi qu'ele aloit, si dist qu'il iroit estre soldoier a celle dame, et fist tant qu'il vint a le fortereche ou celle dame estoit qui moult bien estoit gardé. Il fu mis ens pour ce qu'il veaoit pour estre soldoiiers a le dame, liquele le retmt a ses gages. Après avint que chis prinches vint a tout grant plenté de gens d'armes devant celle fortereche. Cil de le ville issirent contre
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li a bataille moult bien ordenée. Et la issi Grigores avocc les aultres, qui deseure tous estoit biaux escuiers, fors et délivres, et ossi hardiement et vighereusement se combati deseure tous les aultres et ot l'onnéur de le bataille, et prist il meïsme le prince qui par forche voloit avoir se mère, et li rendi prisonnier. Che tait, il fu avisé des gens de celle dame et de tout sen conseil que Grigores estoit bien ydosnes, comme pour le plus preu et le plus hardi que onques mais avoient veû, de avoir leur dame en mariage, et dirent a le dame tout ensamble que de leur gré et de leur conseil {fol. jip) elle prenderoit Grigore a mari et qu'il garderoit et garandiroit bien se tere contre tous ceulz qui nuire li volroient. La dame, qui vit et oy le conseil de ses hommes et vit le biauté et sceut le hardieche de Grigore, s'i acorda, et fu fois Grigores chevaliers et puis espousa la dame. Or avoit Grigores coustume de toutes les nuis retraire en .j. privé lieu et de regarder les tables et plourer. Quant vint le vesprée des noeches, la dame avisa Grigore qu'il ne s'en donna garde. Et, quant il se fu partis, la dame prist les tables et lut l'escript ; et quant elle l'ot lut, si vint en se cambre moult pensive. Adont Grigores li dist qu'ele se couchast. Celle respondi que point ne coucheroit avoec lui pour l'eure, mais moult li priia qu'il li desist qui il estoit. Et il respondi que point ne li diroit pour le présent. Adont la dame li dist : « Grigores fiex, je ay lut che qui est escript dedens les tables, et j'ai congnis- sance du drap d'or que tu as vesti. Sache que tu es mes fiex et je sui te mère. » Quant Grigores sceut che, si fu dit au pule qu'il estoit moult proismes a le princesse, et que li mariages ne se pooit entretenir. Et quant il ot la demouré une espasse de tamps, si se parti Grigores et laissa tout le temporel, et dist que jamais ne cesseroit si aroit fait le penanche du pechiét que ses pères et se mère avoient fait. Et s'en ala en .j. lontain paiis ou il se mist en une grant forés, et la, sur une haulte roche, fist une celé pour se mansion, et la fu grant espasse de tamps en faisant grandes abstinenses, en juner, (h) en villier, en vestant le haire, en continuant en orison, jusques a tant qu'il li fu révélé que se penance estoit faitte et se priiere essauchie. Et avoec ce, par la grasce du S. Esprit, fu envoiiés querre pour estre papes et tenir le S. Siège apostolique ouquel il vesqui saintement, et puis reposa en Jhesucris.
Ce récit est-il dérivé du poème que Luzarche a publié, ou en est-il indépendant? De prime abord, la première hypothèse paraît acceptable ; le texte en prose qu'on vient de lire semble une réduction du récit en vers dont on n'aurait conservé que les faits essentiels. Cependant, à y regarder de prés, on constate certaines différefices qui s'expliquent mal si l'auteur de la prose a eu pour source le poème. Je ne m'attache pas à certaines modifications qui pourraient s'expliquer par ledésirde simpUfier le récit. Ainsi, dans le poème^ le jeune homme, effaré quand il apprend la grossesse de sa sœur, va trouver un chevalier qui
LK MS. MKD.-l'AL. I^I DK LA LAURKNTIEXN'E 45
emmène la jeune tille et la confie à sa femme. Dans la prose le rôle du chevalier est supprimé. Admettons que ce soit là une simplification du récit en vers. Mais voici une différence plus grave. Dans le poème la dame ne découvre qu'après quelque temps de mariage les tablettes où est relatée l'histoire lamen- table de celui qu'elle a épousé sans savoir qu'elle s'unissait à son fils. Le malheur est donc irréparable. Il ne l'est pas dans la rédaction en prose où la découverte des tablettes a lieu le jour même du mariage, de sorte que la pénitence imméritée que Grégoire s'impose a pour objet d'expier la fliute de son père et de sa mère, mais non un inceste qu'il n'a pas commis. Enfin, tout en reconnaissant que la fin est, non seulement abrégée, mais même assez maladroitement écourtée dans la prose, les différences, par rapport au poème, sont telles qu'on est comme irrésistiblement amené à supposer que le rédacteur en prose a suivi un autre modèle. Selon la légende en prose, Grégoire se rend directement dans une forêt où il mène la vie d'hermite, et c'est là qu'on vient le trouver (on ne dit pas pourquoi ni com- ment) pour le fliire pape. Dans le poème au contraire, Grégoire part sans but déterminé : il demande une modeste hospitalité à un pêcheur qui lui propose de le conduire dans une île en mer. Là il lui met les fers aux pieds, jette dans la mer la clé de la chaîne, et l'abandonne à son malheureux sort. Grégoire mène, dans cette île, pendant dix-sept ans, la vie la plus misérable, jusqu'à tant que, le pape étant mort, les cardinaux (qui sont qualifiés de légats) sont informés par un message céleste qu'ils doivent élire un certain Grégoire qui accomplit une dure péni- tence sur un rocher, en mer. Ils se mettent à la recherche de ce pénitent inconnu, et finissent par se rencontrer avec le pêcheur qui avait conduit Grégoire dans l'île déserte. Ce jour là le pêcheur avait fliit une pêche abondante. Il ofire à ses visi- teurs un poisson pour leur dîner. Ceux-ci choisissent le plus beau, et dans le corps de ce poisson on trouve la clé des chaînes de Grégoire '. On va quérir Grégoire, on l'amène à Rome, on le fait pape. 11 reçoit la visite de sa mère qui vient lui deman- der une pénitence sans savoir qu'elle est sa mère et qu'elle fut son épouse. Il se fait reconnaître et la fait entrer en religion.
I . C'est l'histoire de Tanneau de Poljxrate dont on a de nombreuses variantes. Voir R. Kôhler, Kleinere Schrijten, éd. Boite, II, 209.
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Véritablement, les différences sont trop grandes pour qu'on puisse considérer la rédaction en prose comme un abrégé du poème '.
Si cette rédaction n'est pas fondée sur le poème, d'où vient- elle? Voici, faute de mieux, ma conjecture. Jusqu'ici on n'a pas réussi à découvrir la source du poème. Cette source ne peut être ni l'antique légende d'Edipe ni la Fiia sancti Albini, où l'inceste a lieu, non entre frère et sœur, mais entre père et filles L'original perdu devait être, une légende latine. Il me paraît vraisemblable que de cette légende sont sortis, indépen- damment, le poème français et la rédaction en prose. Celle-ci, qui toutefois est sûrement abrégée, représenterait mieux la forme primitive que le poème, dont l'auteur, se donnant libre carrière, paraît bien avoir développé et enjolivé sa matière.
Quoi qu'il advienne de cette hypothèse, la rédaction française que nous a conservée le légendier de Florence est l'un des élé- ments dont on devra tenir compte dans toute étude sur la légende fabuleuse du pape Grégoire.
TABLE DES LEGENDES 5
Abucuc, voir Marius. * Anastasie, 11.
* Ahdon et Sennen, 120. * André, 2. Achillée, voir Nérée. * Annonciation, 60.
* Adrien, 149. * Antoine, 27.
* Agathe, 42. * Apollinaire, 112.
* Agnès, 31. — , voir Timothée. Alexandre, Eventius et Théodore, 77. Arsène, 106.
* Alexis, 109. * Ascension, 80.
* Amant, 43. * Assomption, 132.
* Ambroise, 64. * — Sermon sur 1' — , 133,
1. J'ai laissé en dehors de cette comparaison la rédaction des Gesta Ronia- norum (chap. 81) qui suit de prés le poème. Voir Fr. Lippold, Uehcr die Quelle des Gre^orius Hartnianns voit Ane (Leipzig, 1869), p. 63.
2. Grcith, Spicile(^iiini Va t icaii luii (FniuenMd, 1838), p. 159.
3. Celles qui sont tirées de la Légende dorée sont marquées d'un astérisque.
LE MS. MED. -PAL. I4I
Audacte, voir Fclix. Audifax, voir Marius. ' Augustin, 140.
* Avent, I. Barbe, 190,
' Barnabe, 92.
* Barthiilcini, 1 39.
* Basile, 53.
Basilissc, voir Julien d'Antioche. Bcatrix, voir Simple.
* Benoit, 58.
* Bernard. 1 56.
* Biaise, 41. fBrice, 181.
Calixte, 167.
* Catherine, 186.
* Cécile, 183. Celse, voir Nazaire.
* Chaire S. Pierre, 52. Christine, 113.
* Christophe, 115. Chrysant et Daire, 188.
* Chrysogone, 185.
* Circoncision, 17.
* Clément, 184. Colombe, 194. Come et Damien 159.
* Commémoration des morts, 174. Conception de la Vierge, 189.
* Conversion de S. Paul, 35.
* Cornille et Cyprien, r^}. Cyriaque, 72.
* Cyriaque et ses compagnons, 129.
* Cyrice et Julitte, 95. Daire, voir Chrysant.
* Dédicace, 203.
* Denis, 166.
Déviation (temps de), voir Scptua- gésime.
* Dominique, 126.
* Donat, 128.
Dormants, voir Sept Dormants. Dorothée, voir Gorgone.
DE LA LAURENTIENNE 47
Église Notre-Dame (la première), 199.
* Elisabeth, 182. Éloi, 3.
* Epiphanie, 19. 'Etienne, protomartyr, 12.
* — , invention, 125.
* — , pape, 124. Eugénie, voir Proth. Euphémie, 154. Euphrasie, 19^.
* Eusébe, 134. Eustache, 175. Eventius, voir Alexandre.
* Exaltation de la Croix, 152.
* Fabien, 29. Faustin, voir Simple. Félicien, voir Prime. Félicité et ses sept fils, 104.
— , voir Perpétue. Felicula, 93.
* Félix in piiicis, 23.
* — , pape, 117.
* — et Audacte, 143. Fenicle, voir Felicula. Foursi, 24.
* François, 164.
Fuscien, Gentien, Victorique, .\'j Gemme, 135. Geneviève, 18. Gentien, voir Fuscien.
* Georges, 67.
* Germain d'Auxerre, 122.
* Gervais et Protais, 96.
* Gilles, 144, Gordien, 83.
* Gorgone et Dorothée, 150.
* Grégoire, pape, 55. j^$
* Hilaire, 22.
* — sainta pocrvphe, 198.
* Hippolyte. 131. Hubert, 147. Hyacinthe, voir Proth.
48
* Ignace,'39-
* Innocents (les), 14.
* Invention de la Croix, 76.
* Jacques le Majeur, 114.
* — — Mineur, 75.
* — l'intercis, 187.
* Jean l'aumônier, 34.
* — Baptiste (nativité), 98.
* — — (décollation), 141.
* — Clirysostome, 58.
* — l'évangéliste, 13.
* — aille portam latiuain, 78. — Paulus, 200.
* — et Paul, 99.
* Jérôme, 161. Julien d'Antioche et Basilisse, 49.
* — du Mans, 47. — l'Hospitalier (ou de Brioude),
48.
* Julienne, 46. Julitte, voir Cvrice. Jumeaux (les trois frères), 8.
* Justine et Cyprien, 158. Kyriaque, voir Cyriaque. Lambert, 155.
* Laurent, 1 30.
* Léger, 163. *Léon, pape, ici.
* Léonard, 177. *Leu, 145.
* Litanies, 79.
* Longin, 56. *Luc, 169.
* Luce, 6. *Macaire, 26.
* Machabées, 121.
* Mamert, 146.
* Marc, 68. Marcel, pape, 25.
*Marcellin, pape, 69,
* — et Pierre, 90.
* Marguerite, 107.
* Marie l'Égyptienne, 65.
MEYER
* MarieJMadeleine, 1 1 1 .
* Marine, 97. Marius, Marthe, Audifax, Abacuc, 28
* Marthe, 119.
— , voir Marius.
* Martin, 180.
* Mathias, 53. j< Mathieu, 156.
Maur, 191.
* Maurice, 157. Maxence, 82. Maximien (?), 88.
* Michel, archange, 160. Modeste, voir Victus.
* Nativité de Jésus, 10.
* — de la Vierge, 148. *Nazaire et Celse, 116.
* Nérée et Achillée, 84. Nicaise, .7.
* Nicolas, 4. *Onze mille vierges, 170.
* Paneras, 85.
* Passion, 61. Pastre, 197.
*Patris, 57. *Paul, apôtre, 103.
— , voir Conversion.
* Paul, ermite, 20. *Paule, 36.
Paulin de Noie, 59.
* Pelage (Marguerite dite Pelagius), 168.
* — , pape, 201.
* Pélagie (pécheresse convertie), 165.
* Pentecôte, 81.
* Perpétue et Félicité, 54.
* Pétronille, 89.
* Philippe, 74.
* Pierre, apôtre, 102.
* — es liens, 123.
* — [l'intercis], 73.
— , voir Marcellin. *Praxède, no.
LE MS. MED. -PAL. 14!
*Primeet Félicien, 91.
*Protii, Hyacintiie et Eugénie, 151-
Protais, voir GerN-ais. 'Purification, 40.
Quatre couronnés (les), 178. *Q.uentin, 172. *Remi, 21.
* — , translation, 162.
* Résurrection, 62. Richer, 195.
* Saturne, 196.
* Savinien, 50. *Savinienne, 51.
* Sébastien, 30.
* Second, 65. Sennen, voir Abdon.
*Sept dormants (les), 100. *Septuagésime, 57.
Servais, 192. *Silvestre, î6.
* Simon et Jude, 171. *Siniphorien, 137. * Vital, 70.
* Simple, Faustin et Beatris, 118.
DE LA LAURENTIENNE 49
Sixte, 127.
* Thaïs, 1O8.
* Théodore (S'e), 105.
* — . 179- — , voir Alexandre.
* Thomas, apôtre, 9.
* Thomas de Cantorberv, 1 5 . Tiburce et Valérien, 66. Timothée et Apollinaire, 138, 142.
* Toussaint (la), 173. Trois rois (les), voir Epiphanie.
* Urbain [I], pape, 87.
* Valentin, 45. Valérien, voir Tiburce. Vast, 44.
Victor et Couronne, 86. Victorique, voir Fuscien.
*Victus et Modeste, 94.
* Vierge d'Antioche (une), 7 1 . Vigor, 176.
* Vincent, 32.
Paul Meyer.
Romania, XXXII]
POSTILLE SUL LESSICO SARDO
TERZA SERIE '
I. — Log. attettcrare, « intirizzire », tétlent, « intirizzito » ; camp. attittin'gai, « rattrappire » ; tîtliri, « rigido », ecc.
Codeste série entrano in famiglia con l'it. intiri:{:(are, prtg. inteiriçar (Korting, 4364), e con Tant. sp. aterir, sp. ateritar (Diez, Wàrt., 185), dove ad in-, considerato come preposizione, è sostituito a- (ad-'); e con loro andranno l'it. interito, it. arc. interato, « intirizzito », i cat- tiritar e titiritar, « battere i denti pel freddo » ; tiriti^ « brivido di freddo » ; far tiritins, « dar dente con dente pel freddo » e gli sp. tiritar, « tremare pel freddo » ; tiritona « ribrezzo » .
Le série sarde si possono distinguere in due : quella che conserva Ve originariodi intero e lo estende alla sillaba attigua, e quella che lo altéra in /. Alla prima appartiene il log. attette- rare, camp, attetterai, « rendereteso, divenir ritto, intirizzire », che si ragguaglia a * in-teretfare = inierix^are, con ad- in sosti- tuzione di in- creduto suffisso, e la metatesi reciproca di -r- e -//-. Dal verbo esce l'agg. tétteru del dial. com., e il gall. téttaru, « ritto, intirizzito », p. es. tétteru ke rokkii, « tutto d'un pezzo »; ed altre derivazioni col suffisso -ic- sono i log. attetterigare e attetterigeddare e con in- incolume intetterigare, sempre nello stesso significato.
I. V. la !•'' nella Roniania, XX, 56-69 e la 2» nella Miscellanea îmgutstica in onore di G. Ascoli, 229-246. Intanto sia qui ricordato che accanto a log. = logudorese, duûeno centrale o del Logudoro, uso camp. = canipidanese, invece di mer. = méridionale o del Campidano, prefcrito dallo Spano e parimenti uso gall. ^ gallurese, in luogo di sett. = settentrioiiale o délia Gallura. Inoltre : dial. com. := dialctto comunc a tutta l'isola, sâss. = sassarese, temp. = terupiese, nuor. = niiorese, e altre abbreviazioni per se stesse evidenti.
POSTILLE SUL LESSICO SARDO 5I
La medesima alterazione délia sillaba iniziale (in-, ad-) c neir altra série, a cui non sarà estranea l'azione analogica délie voci catalane tiîiritar e simili sopraricordate. Al log. attelterare corrispondc col suffisso -ic- il camp, altiltirigai, gall. attitirikâ, « rattrappire, ghiacciare », donde il sostantivo tittirigu e più semplicemente /////r/, « cosa rigida », p. es. fattu a uiiti tiltiri de su frius, « divenuto un pczzo rigido pel freddo ». Da tîttiri discenderàcon manifeste alterazioni e il suffisse -ia, il log. titir- ria, gall. titilla, p. es. titillas de frittii, « brividi » ; e anche le voci del dial. com. tittia, titia, attitia, attiltia, usate come escla- mazioneper esprimere il fredJo, non saranno che ulteriori deri- vazioni desunte da quella che si credeva la base di tittiri e dei vocaboli délia famiglia, cioc */////- o *////-, reduplicazione silla- bica che rispondeva anche ad una ragione onomatopeica. E che sia codesta la supposta base, lo dimostra evidentemente il camp. iitifrius , « brivido, ribrezzo », in cui le due voci sono in giu- stapposizione ; ne è da tacersi che la desinenza -ia di tittia e simili, trovava corrispondenza in termini affini di significato, quali kiligia ÇMisc. Ascoli, 234), e traskia (Salvioni, Zcitschr., XXIII, 531).
Dalla stessa supposta base *titi- parrebbe discendere il log. itia « ghiaccio » ; ma se nell' ordinc idéale la connessione di itia con la série di cui si discorre, è ammissibile, non si sa- prebbe spiegare lacaduta del t- iniziale, se non ammettendo che fosse considerato come un /- ascitizio di "eminazione! In questo caso potrà essere una fusione di hclu, « gelo », e di itia, col -/- mediano tra vocali ridotto a -dd-, com' è proprio di alcune varietà logudoresi, il log. hiddia, « gelo, brina », donde biddiare, « ghiacciare », biddiadu, « ghiacciato », kaiidelottn de hiddia, « ghiacciuolo ».
2. — camp. Jcastidi, « guardare, mirare ».
Dello stesso dialetto è il sost. kâstin, « custodia, guardia », insieme con kastiada, « sguardo » e kastiadori, « custode, guar- diano ». Nei mss. ant. vi corrisponde castigiri, « conservare, guardare », càstigu , « custodia », e castigadore , « custode del cnmpo, guardiano ». Taccio délie voci kastigarc , -adu, -adore, -igu del dial. com. per « punire », tcc, che evidentemente riflettono il lat. castigare nella forma e nel senso ; ma anche
52 p. E. GUARNERIO
l'altra série sopra indicata ha, a mio avviso, la stessa base, che passandoalla conjugazione in nri dà origine ail' ant. castigiricon i'accento ritratto, corne avviene di solito nella 2^ conjugazione camp., cheabbraccia verbi di tutte le conjugazioni latine., p. es. bâlliri, « valere », hôUiri « volere ^i,kâiri « cuocere >i,férriri « ferire », ecc, e dal verbo i sostantivi antichi câstign e casti- gadore.
Ma, siccome la desinenza -icare si avvicenda spesso nei dial. sardi con l'altra *-idiare, che si riduce legittimamente al log. -iare, camp, -iai, cfr. karriai alhw akarrigai, carricare, mussiaie mossigare, mor s'ic^r e, pi^^iai e pi~:^igare, « pizzicare », pnrdiai e pudrigare *putricare, ecc, cosi si ebbe kastiai per l'i'.lusione che la desinenza di castigare fosse il suffisso di derivazione -icare ' ; e come da jnu s si ai si ehhe mûssiii, « morsi », e simili, cosi da kastiai si trasse kâstiu, oltre kasîiada, kastiadori. Ne lo svoigimento del senso è taie da fare difficoltà; il punto di par- tenza sarà l'idea di « castigare, correggere » che fanno i pastori col gregge, dalla quale idea si passô facilmente a quella di « custo dire, fare la guardia », donde infine a quella di « guardare, mirare ».
3. — ant. log. chita.
Ormai si puô dire trovata la chiave di questa enigmatica parola ; vale la pena di rifare la storia délia ricerca.
Negli Statuti sassaresi occorre più volte il nome chita, ed io, nel glossario {Arcb. glott., XIII, 117), lo spiegava con « setti- mana », aggiungendo che era la nota voce sarda, che il Diez (fVdrt.,2C)^), derivavadalgr.7.^ocr,accoghendo l'etimo proposto dal Porru (Voc.) s. chida, dove dice « t. log. de y.^cc; kidos labor, poitasunti disde'traballai ». Più tardi, allegando io negli appunti lessicali ai Diaktti odierni di Sassari, ecc. {Ârch. glott., XIW , 392), il sass. kedda, « settimana », vi rilevava Ve in accento, di fronte ail' / délie altre voci sarde, temp. kita, log. kida, camp. cida e avvertiva che non era da confondersi col log. kedda,
I . Un ctimo *cast-idiaredà ragione anche dell' ant . fr. chas loyer, che non puô essere da castigare, come nota il Meyer-Lùhke (Zur Kenntniss das Jltlogudoresischen, p. 28, dai Sitiung. dell' Accad. di Vienna, cl. fil.-stor.,vol. CXLV, 1902 = Alttog. con le pag. dell' estratto).
POSTILLE SUL LESSICO SARDO 53
« quantità, stormo », che il Flechia (Mise. Caix-CaneUo, 201), riconduceva felicemente a cella, insieme col camp, ccdda, « branco », é. de inallorus « bradume », c. de hrebeis, « branco », acceddai, « mettere in branco », seddai, <( sbrancare ».
E chiaro dunque che io rilevavo due série bcn distinte di origine e di significato, Tuna col valore di « settimana », l'altra di « riunione, branco, gruppo ». Ma se délia seconda era asso- dato l'etimo, altrettanto non m'era lecito affermare dell' altra, poichè la proposta base -/.f^lz: mal corrisponde e pei suoni e per l'idea. E intatti, il -d- mediano tra vocali avrebbe dovuto cadere nella ragione del log. e, in ogni modo, non si comprende corne si sia rinforzato in t nell' ant. log.cbila; inoltre y.^soç vale « travaglio », ma sempre d'ordine morale e non già materiate, come sarebbe necessario per giustificare il suo passaggio a espri- mere « i giorni di lavoro », « la settimana ».
Perô, qualunque ne fosse l'origine, io ero d'avviso che Tant, log. chita tosse una stessa cosa dell' odierno kida. (( settimana » ed ora le ulteriori ricerche mi hanno dato raizione.
Il La Corte {La Scolca qcc, p. 30 n.), rirtutando giustamente l'interpretazione del Tola, che Tant. log. chiîa degli 5"/^/. sass. sia abbreviazione di chinta, negava che sia identico ail' odierno hida, « settimana », e Io poneva in relazione con l'ancor vivo kidda, « insieme, adunanza », donde ahkiddari. Codeste due voci, non registrate dai lessici, ma a cui corrispondono di certo il log. akkidare, il camp, accidai, e il gall. akkiddà , allegate dallo Spano (Foc), nella parte it. s, « alternare », convincono di quello, a cui io già accennavo negli Studi di fil. row., VIII, 413,6 cioè che kidda e akkiddari, addotti dal La Corte, non possono connettersi con kedda e le altre discendenti da cella, per quanto vengano a coincidere con loro nella signitîcazione, poichè queste hanno il -dd- linguale, mentre nelle altre suona la schietta dentale, che puo essere geminata in qualche varietà, come p. es. nel gall. akkiddà allato al log. akkidare. Di più, esse voci convincono che il La Corte ha colto nel segno ragguagliando Tant. log. chita con l'odierno kidda, poichè in effetto sono la stessa voce, ma è pure la stessa voce che viene a dire « settimana ».
La riprova délia duplice distinta série ce la fornisce il Con- daghe di S. Pietrodi Silki edito dal Bonazzi. Inflitti, da una parte, vi troviamo kella, § 96 e 253, nel senjo di « tamiglia, quantità »,
54 P- K. GUARNERIO
che conferma l'etimo intuito dal Flechia per kedda'; e dall' altra vi incontriamo frequentemente kita con l'accezione di « schiera, corteo », corne appare manifeste nell' enumerazione dei testi- inoni, dopo de' quali si aggiunge e kita sua, oppure nella men- zione dei umiores de buiakcsos e kita sua, aile quali espressioni corrisponde in altri documenti antichi : cum golleanos suos, e in quelli in latino : cuui totis suis sortis.
Spetta al Bonazzi l'aver nlevato corne il kita dei Condaghe sia idenùco a\ chi ta dagVi S tat . sass . G siadivenuto sinonimo di « setti- mana >j ; e il Meyer-Lûbke nel suo prezioso esame (Altlog., 58- 59), accogliendo il ragionamento dei Bonazzi, richiama molto a proposito il cap. xxvi degli Stat. sass., il cui titolo dice : sa electione dessos niaiores de chita, e questa parola non ritorna più nel conteste dei capitolo, dove si prescrive che gli anziani eleg- gano air entrare in ufficio due niaiores de quarteri, 1 quali devono comandare la guardia délie mura délia città e non aen cumandare guardia ad alcuna persone si non una uolta su niesi. Da questo capitolo adunque risulta che chida e quarteri esprimono una stessa cosa. Ora, essendo la scolca, corne osserva il Bonazzi, divisa in quattro quartieri^ ciascuno coi propri maggiori e la propria schiera di guardie, cosl ne conseguiva che i cittadini erano tenuti ad un servizio di turno per la difesa délie mura, che si alternava quattro volte al mese, onde ciascun quartiere o kita aveva la sua settimana di guardia. In tal modo la voce kita, esprimente « una divisione di persone chiamata per turno ad un dato ufficio », passô a indicare « una divisione délia città » (i quartieri), e poi « una divisione di giorni » (la setti- mana). Inoltre, corne neir ant. log. kita, cosl negli odierniÂ'/iW^, akkiddare, ecc. è fermo il concetto fondamentale dei « succedersi alternativamente, per turno, in un dato servizio », che è pro- prio deir accezione originaria délia voce, tanto è vero che lo Spano ÇVoc.) allega le sopraddette voci s. « alternare »,e spiega « operare, fagher unu pustis de s'ateru, a manu a manu », al che va aggiunta la frase leare kida, « prendere ajuto, alternarsi ». Il Meyer-Lùbke (Jltlog., 59), mette avanti la proposta che kita sia da spiegarsi col lat. accita da accire, « chiamare », e
I. Dalla stessa base discenderà il log d'OIiena keddittu-os, « gemelli », nati ad un parto, quasi in branco ; perô lo Spano (Voc.) non avverte se il doppio dd sia linguale.
POSTILLE SUL LESSICO SARDO 5 5
s'appone al vero. Nella Caria d: L\^i(, Ji cui attendo alla pubbli- cazione insieme col prof. B^ista, trovo a c. 41 v : tolu sa qujda santa, dove vale indabbiameiite « settiinana », e semplicemente « territorio)) pare signihchi ac. 37 v;ina in tutti gli altriluoghi, invece,esprime unadivisione giudiziaria, infatti a ce. 16 v, 17 v, 18 V, 19 r, 21 r, 38 e 41 r, si menziona una(////J<i o chidade ber- r«rfa, corne un consigliodianziani o curatori o ufficiali, chesede- vano per turno ogni settimana a giudicare' e di codesto consi- glio si ricorda la corona accanto alla corona de logii, passim, conma de potes tadi, 17 v, corona de porta, ij v, 0 atera corona de alcuno atteru officiak, 18 v.
Ma v'ha di più. Il cap. cxxii sotto la rubrica de sas curado- rias qiij sunt ordjnadas de venne ad arjstanjs pro fagiiyr sa guyda de berriida, dice propriamente cosi : oràjnamiis qui sas citradories et villas, qui sunt ordjnadas de benne ad aristanjs pro rerrc sa qujda de baruda, siant icnudos de benne secundu quj est ordinadu et usadu, saluu si cussa curadoria ouer iiilla, ad qui at gitare benne in sas ditas dies ferjadas 0 Jestas, quj non siant tentas de benne in sas ditas ferias, ma siant tenudu de torrare cussas dies qui Fant gitare, quj non siant feriadas, et si totu sa niuda sua illj benerent et esserent dies feriadas, non siant tenudu de benne infinj qui Fa! benne sa attera muda sua, tcc. c. 38 r. Questo capitolo conferma in modo indubbio ilconcetto del « succedersi alternativamente, per turno », che abbiamo detto fondamentale délia voce hita, poi- chè totu sa muda sua non puô dire aliroche « tutto il suo turno », e cosi poco dopo si aggiunge che « non sia tenuto di venire a consiglio, finchè non vi verra l'altro suo turno ».
Inoltre vi si incontra due volte il verbo gitare, il quale mi pare non puô esprimere altro che « toccare, spettare per turno un ufficio », dal lat. jectare, con g- prostetico, corne m gitteu(v. Romania, XXXI, 593); poichè nel primo caso : salvii si cussa curadoria ouer uilla, ad qui at gitare benne, si tradurrà : « salvo se quella curadoria o villa, a cui toccherà venire », corris- pondente al secondo caso : siat tenudu de torrare cussas dies qui Vaut gitare qui non siant feriadas ^^= « sia tenuta di tornare quel giorni che le toccheranno che non siano ferie ». Cosicchè, con- cludendo, che è tempo, Tant. log. chita degli Stat. sass., hita del
I. Non discute qui l'affermazione deilo Spano (^Voc.') ad voc, che erano cosi detti dal « verruto » di cui erano armati in segno di autorità ; sarà per altra occasione.
$6 p. E. GUARNERIO
Cojid. diS. P.,qujda délia Carta dcLogu sono una stessa parola, che ebbe originariamente il senso di « gente chiamata per turno », donde passô poi a esprimere una circoscrizione o giu- diziariao militare o amministrativa, e infine anche una divisione locale, « i quartieri », ed una temporale « la settimana ». Quest' ultima accezione continua tuttora in tutte le varietà dia- lettali deir isola, mentre quella primitiva di « riunione, grup- po », continua più specialmente nel log. odierno kidda e akkidare, donde il camp, accidai, gall. akkiddâ.
Unica deviazione fonetica présenta il sass. kedda « settimana ,» in cui IV chiuso dovrà la sua origine a qualche mescolanza non ben manifesta.
4. — log. e camp, innidu.
A Nuoro si dice délia terra « da molto non coltivata, ne altrimenti usufruita », cioè non paskia = non pascolata. E lo stesso significato gli attribuisce il Porru (Voc), osservando che indica un terreno « non ancora pascolato dal bestiame », o unasiepe o un bosco, « da cui non si sia tagliata legna » ; onde pardu innidu, « prato pieno d'erba, campo da pascolo », kre- siira innida, ^^ siepe viva, non per anco tagliata », e arriva fino a indicare le bestie « che non hanno figliato », quindi « intatte, sodé ». Anche lo Spano (yoc.) lo allega, ma col significato, di « assoluto, proprio », p. es. baju innidu, « tutto bajo », e oltre ripetere pardu innidu del Porru, aggiunge : àrvcre innidu, « albero diritto, intatto, senza difetto », e innidu de sarmentu, « gemma, embrione ».
Nella Carta de Logu, a c. 45 r, si legge : ordjnamns qui si aie una persona teneret vjnga 0 terra binjda jn castigu jngjriada de vjngas, siat tenndu de contribuyri et pagarj su qujlli at beinij jn parti de sa dita cungadura. L'agg. binida è indubbiamente il log. e camp, odierno innidu e dira appunto, « terra non coltivata », e infatti nel capitolo si parla di vigne o terre, in cui non si vuole si entri a pascolare e si ordina pertanto « che se alcuna persona tenesse vigna o terra non coltivata in custodia, attorniata da vigne, sia tenuto di contribuire e pagare quello che gli verra a toccare délia detta chiusura del campo ».
lo penso che la base di codesta voce sia gignere, « gene- rarej;, che dà regolarraente ^m«d;-^ con -gn- in -nn-, corne in
POSTILLE SUL LESSICO SARDO 57
ûnnlle da agnile. Da * ^innere si trae il participio *^innidu, corne da istérrere, islcrridii e simili, donde con la caduta del ^^- e il b- prostetico si ha bhiiiidit, corne bénneni per (h' niie ru, beniiju per àeiiuJH, €cc., e questa è la forma délia Carta de Logu; oppure si resta a înnidii, chc è la forma odierna log. e camp. Questoper lo svolgimento fonetico.
Forse potrà parère meno évidente lo svolgimento idéale ; ma se ben si bada, il significato fondamentale antico e odierno délia voce è quello originario del lat. gignere, « generare », poichè innida si dice délia terra « clie ha già generato » e perciô è la- sciata intatta, soda, senza essere nemmenopascolata. E a codesto concetto di « intatto » corrispondono bene gli esempi del log. arverc innidii « albero intatto » , câmp. pardii innidu « pratopieno d'erba » perché non tocco, kresura innida, « siepe non per anco tagliata » ; e si estende perfino agli animali, onde camp, bakka innida, « vacca intatta, soda, chenon ha figliato », il che contrad- dice, in effetto, al senso originario latino ormai perdutosi.
Unica voce superstite con 1' antica significazione rimane il log. innidu de sarmenîu, che dice infatti « il prodotto del sarmento », cioèil germoglio, l'embrione. Intine, l'accezione (( assoluto, pro- prio, del tutto », che lo Spano dà alla voce, procède, per chi ben guardi, dall' idea di « intatto », poichè cio che è intatto, è « intero » e quindi in funzione avverbiale « assolutamente, pro- priamente, affatto » come nell' esempio addotto dallo Spano : bain innidu, « tutto baio ».
5. — \og. fran:(ikena, « rimasuglio ».
Questo sostantivo fm. apparisce, con ogni evidenza, come un composto nominale di un imperativo e di un sostantivo, quasi « spezza cena », perô l'esito di ng- in -n^-, anzichè in -«^-, lo dimostra voce d'accatto récente. Lo Spano ( For. )registra inoltre la frase fattu a fran::ji kena « fatto a pezzetti » e il sostantivo affraniiikena stesso significato, in cui sarà avvicinamento a pran:^u.
6. — laccrta in diversi appellativi di animali.
La série di voci sarde, in cui questa base, cosl largamente perpetuatasi in tutta la romanità, ci appare nelle sembianze più manifeste, è quella che désigna la « lucertola », e cioè : log. //-
58 E. GUARNERIO
likerta, ti-Iigelfa, tl-!igerla', gall. li-likelta o ~i-rikeJta, o ^îrî- gelta, sass. îï-rii^etta^.
In tutte queste voci, prescindendo dalla siUaba iniziale //- o :^i-, di cui si tocca più innanzi, il lat. lacerta si continua con modificazioni cosl ovvie del ^'c" e del nesso "rt", che non mette conto di rilevare. Anche la mutazione délia sillaba iniziale la- in //- ' è una délie più costanti nella numerosa famiglia dei deri- vati romanzi di lacerta, v. Flechia (Arch. glott., III, 160 sgg.) e Schuchardt (Vok. III, 89 e Ltbl. f. germ. u. roin. PhiL, 1884, p. 283). Basti dunque avvertire che il r- sostituisce il /- nel sass, e in qualche varietà gall., conforme alla ragione di queste par- late e che la desinenza délia voce sass, è promossa dall' analogia dei diminutivi in -etta.
Non cosl perspicua è ail' incontro la série dei nomi, che indi- cano il « gongilus ocellatus » dei naturalisti, un rettile similare alla cicigna, detto anche « tirodei sardi » ; in codesta série infatti le alterazioni e gli incrociamenti, cosi di forma corne di signifi- cato, sono assai più complicati, ne io presumo di averli tutti chiariti, ma non di meno qui espongo le mie ipotesi nella spe- ranza, che contribuiscano a portare altri a definitivi risultati.
La denominazione più comune dei dialetti sardi pel « gongi- lus » è ti-ligiigu che ha l'onore, presso il Brehm* {La vita degli animali, V, 189) d'essere assunto a rappresentante del génère. Anche nella seconda parte di questo composto, io vedrei la base
1. Tiliguerta, allegato dal Marcialis, Piccolo vocabolario sardo-it. dei princi- pali animali qcc, che cito con Marc, e dal Porru (Voc), non è che una variante grafica, in cui ^îi rappresenta la gutturale sonora g; cfr. Arch. s^lott., XIII, 113.
2. A Tempio, seconde il Ma,rc. la lucertola è chhmaïa. jattaredda, che viene a dire « piccola fata », con doppio //- {Arch. glott., XIV, 175); deno- minazione che prende origine dalla credenza popolare, che a questo rettile, corne ad altri simili, attribuisce qualità soprannaturali ; cfr. Flechia, Arch. glott., IV, 384.
3. Nel sardo si riduce a lu-, corne in it. quando la voce resta isolata, p. es. nel camp, lu^értiila, e talora quando assume l'elemento ascitizio ka-, camp. kalu^érlula, allato a kaliiértula e kali^erta.
4. Tiligugu è allegato dallo Spano (Foc.) come log. e col senso di « cici- gna », insieme con attiligiigu, varietà di Osilo e Ozieri ; è curioso che manchi al Marc.
POSTILLE SUL LESSICO SARDO 59
lacerta in una di quelle mutazioni, di cui toccano il Flechia e lo Schuchardt, /. c. ; onde, prescindendo ancora dal //- asci- tizio, la seconda parte -ligu^ii sarebbe da ragguagliare a forme del tipo del vie. ligoro, piac. e ferr. Ji^or, bol. Hç;ur, qcc. Il Marcialis registra invece, corne varietà di Bosa, la forma ti-li^ulii, nclla doppia accezione di « gongilo » e di « lumacone ignudo », dove -liiriiln dovr:\ considerarsi corne un derivato délia série Ugoro e simili, con un suffisso di diminutivo e l'accento ritratto.
Ma donde sarà venuta a ti-lwnn'ii la sua desinenza ? Nel ter- mine di Bosa vediamo che la significazione di « gongilo » si conserta con quella di « lumacone ignudo », il quale, essendo privo di guscio e strisciando sul suolo, puô facilmente essere confuso con qualche rettile. Ora, a formare appeilativi del « lumacone» concorre nei dialetti sardi anche la base *coccu, corne p. es. nel gall. barrakokkit « limaccia », che si ragguaglia a barniga « bruco » -f" * coccu, « lumaca », v. Schuchardt ' (Rom. Et., II, 194); onde non deve fare specie che la stessa base si riscontri in te-lakukka, nome che si dà ad Oliena al « gongilo », in cui -lakiikha proverrà dalla commistione di lacerta -[~ *coccu, flitto femminile corne il primo termine del composto e con ô in // nell' analogia di parecchi altri derivati di *coccu. E che si tratti di * coccu ce lo conferma manifestamente la voce hogu di Lanusei, che dice pure « gongilo », in cui con lo scempia- mento délia gutturale e l'esito sonoro délia stessa, si riproduce la stessa base, come appare altresi nel camp, kngiirni, « bruco e lumaca » insieme, v. Schuchardt, /. c.Nè si potrà disgiungere da qui a:;^ahaiiga, ancora per « gongilo », registrato dal Marcialis, senza designazione di luogo,in cui la parte rt~^(3- équivalente ad atta-, ci richiama Vatli-ligugii di Osilo e altre voci, che tantosto vedremo, mentre Taltra parte del composto -kaiiga sarà sempre nell'ambito délie forme assunte da *coccu ne'suoi molteplici incroci. Il finimento adunque di ti-li-giigu vi sarà immesso da questa base *coccu nella sua forma *cogu, quasi si avesse ti-Iigu -{- \co]iyn ; il quai finimento ritorna tal quale in :::^abagugii di Oristano « gongilo », una dclle forme più complicate, in cui
I. Questi 1. c. spiega barruga come fusionedi bruchus -\- eruca; ma io pcnscrei piuttosto ad una composizionc di ver mi s -|- eruca, ossia di lier[me] -\-ruga, onde il camp, berruga c con IV protonica in a, il log. harniga.
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confluiscono l'elemento ascitizio délie voci camp, ^a-, la base *baco, che è p. es. nel genovese baguin, alla quale si appiccica la terminazione di cui si discorre.
Sempre a designare il « gongilo » il Marcialis allega inoltre le voci sar^iahi^a di Cagliari, che vale pure « limaccia » e san~alluga di Meana. La prima parte del composte è qui costi- tuitada un elemento, che trova riscontro nei sic. :^a:^:^amida, :^anamina, « tarantola » (Morosi, Arch. gJott., XII, 83), e che potrebbe anche corrispondere ad una reduplicazione del noto //- o la-'. Nella seconda parte poi appare la voce -higa,c\ït ritorna in habbaluga di Seulo, « limaccia » e in barraluga di Cagliari, « specie di chiocciola ». Se in babba-luga con"/" prove- niente da V, potrebbe avère a che fare -ru^a eruca, che si com- mesce con babbu-, uno dei più fecondi generatori di nomi di insetti, in barraluga non puô ammettersi questa spiegazioiie délia seconda parte del composto -luga, perché barru^a, in cui entra, come vedemmo, eruca, vi haprobabilmentegià cedutole sue due prime sillabe. Potrebbe darsi dunque che vi entrasse per qualchecosa la « luce ^'>(Jugé), dal momento che un rapporto, per quai via pur si sia, si venue di fatto a stabilire tra « luce » e lacertajcfr. Salvioni(Z,rt7«/)3T., 20). Questoconnubio si verifica di certo nel log. lungiluge di Bono, « lucertola », la cui prima parte pare un riflesso di longus in funzione avverbialee l'altra una seconda persona d'imperativo di lucere, come in lampalnge {Arch. glott., XIV, 488), onde verrebbe a dire « lungi riluci ».
I. Taie geminazione ritorna nel log. tattaluria, « allodola » e attiloria o attularia, « nibblo », e forse anche nel nuor. tattaruledda, « lucertola », se non è una derivazione del già \eduto Jattaredda con/- iniziale alterato in /. S'incontra pure nella nomenclatura degli animali un primo elemento di com- posizione ^ii:(i- o sii:(i-, :^in::^i- o sinii, che il RoUa (Fauna pop. sard., 18) », riporta a un *sin^iri dal lat. cingere; cfr. anche ZanardeUi {Et. sard. in St. glott. del De Gregorio, II, 112). Gliesempi sono : sin^irigelta, « lucertola », log. si n:(imurreddu c camp. si^^:(iniureddtc, uTpip\sUt\\o>->, câmp.si:(j;^igorruesin:(^i- gorru, «lumaca », camp. svt:({gorreddu, « lumachella »,log. d'Ogliastra 5q^îVî- gorra o si^iir^igorga, «cicala». E évidente che sinii- o si^^^i- è elemento inorganico e che -rigetta in sin^J-rigetta va insieme con gli altri derivati da lacer ta (cf. sass. ti-rigetta), e che miireddu e gorru nelle altre voci sono da mus, mûris, « sorcio » e cornu, « corno». Ma quanto a sinii-, î_inii-, v. più innanzi nel testo, ail' articolo. 17.
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E forse la stessa base luge entra pure nel termine d'Olzai : :(araklua « gongilo », in cui -klua sarcbbe metatesi dello stesso tînimento -luge con la gutturale sorda, prevalente ncl nuorese, alla cui regione appartiene Olzai.
Ne qui finirebbero le singolari miscidanze e incrociamenti di lacerta; rimane un' altra série di voci, le quali se per la forma riescono abbastanza perspicue, contengono un trapasso di signi- ficazione ancora più forte, chc non dalla « lucertola » al « gon- gilo » e al « lumacone », poichè esse indicano il « lombrico ». Perô se il nome del « lumacone » servi a signilïcare un rettile simile alla lucertola, il « gongilo », non parrà inammissibile, che quello délia « lucertola » abbia contribuito a dar origine agli appellativi del « lombrico », il quale striscia pcr terra come il « lumacone ».
I vocaboli sono : log. ti-linga e col sutl. -ouc : tilingone, e ad Ozieri col noto aggiungimento : at-lii-linga ■,a Bosa ti-lingone^ ad Alghero îi-ringoni e nelle varietà camp, con l'assibilazione del //- : :;j-ringoni, a Cagliari ::jrringoni.
La seconda parte di tutte queste voci, se mal non ni'appongo, è promossa ancora dalla base lacerta. con trasformazioni che trovano riscontro nel verban. lingôri, garden. liiigiola, ecc. Qualunque ne sia la causa efficiente, saremo dunque a*- lin- gula, che nel log. riesce a -liuga a nel camp, a -liiiga, cosl come ungula ha dato rispettivamente iinga e iinga.
In suUnngone, addotto dal Marcialis senza determinnzione di paese, ha luogo qualche altro incrocio non ben manifesto ; forse con longu, come vedemmo qui sopra. Infine, il sass. ti- ringoni « scarabeo » e il log. di Pattada li-liiiga o atti-linga, « gongilo », non possono ragionevolmente disgiungersi dai prc- cedenti e tanno fede, se ve ne fosse ancor bisogno, dei curiosi tramutamenti di significazione, a cui vanno soggetti i nomi nella fauna popolare.
7. — lumbricuela série dei nomi che indicano la « locusta »
La série è laseguente : sass. e log. ti-librihhu, varietà log. ti- libriku, ii-lipriku, ti-librihi, ti-lihirke, ti-lihrirhe, temp. :^i-librikku, gall. ti-lipiske, e anche alti-lihiske, algh. ti-rihriki e :{i-Hhlih, tutti per « cavalletta »,
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Prescindendo dalla prima sillaba //-, io penso che nella seconda parte di codeste voci sopravviva il lat. lumbricu.
Io ho rilevato altrove (Mise. Ascoli, 241), corne la « taran- tola » si confonda con Io « scorpione », un rettile con un aracnide, e il Salvioni (Lai)ipys., 20), nota che coi nomi délia « lucciola » si chiamano la « lucertola », la « salamandra » e la « cecilia », cioè dei rettili. Per quanto adunque, sia tutt' altro che comune e naturale, mi pare non possa fare difficoltà un trapasso di spe- cie, quai' è quello dal « lombrico » alla « cavalletta », poichè nel campo deir onomastica degli animali si arriva a ben altre con- fusion! e sostituzioni, che non sia quella di cui si tocca'. Del resto, la povertà délie basi etimologiche, di cui si serve il popolo, specialmente in Sardegna, per designare la sua fauna, è veramente straordinaria; onde molto opportune occorrono qui le osservazioni del Bonelli, che a proposito dei nomi ornito- logici {S tndi fil. rom.,lX, 453), dice : « O non sembra, conside- rando tali denominazioni, di assistere agli sforzi di un bambino, che, sapendo pronunciare solo poche parole, pure s'industria, variamente fra loro componendole, di esprimere pensieri, con- cetti, che, se egli concepisce, esse in proprio non contengono ? » E questo, invero , il caso di cui si discorre, in cui il popolo si servi del nome di un « verme » per designare un « insetto ».
E nemmeno Io svolgimento fonetico offre serii ostacoli. Che Vu atono délia sillaba iniziale si sia ridotto ad / per spinta assi- milativa degli altri i, tra cui veniva a trovarsi nel composte *ti-lumbricu, è cosa che facilmente sarà ammessa; ma come si sarà sciolto il nesso -mbr-, che apparirebbe incolume solo nella voce temp. :^i-limbrina, « cerambice » (Marcialis), se, come credo, non si possa disgiungere dalla base di cui parliamo ? Siccome fra tante varietà di forme nessuna offre l'esito sonoro -^-, il più comune risultato di ''^'' délia desinenza -icu, la quale anzi ci si présenta geminata in -kk- in parecchi degli esemplari addotti, cosî io sarei mosso a credere che il nesso -mbr- si sia risoluto per via di assimilazione e di metatesi riuscendo da *ti- lirbriku* ti-lirbirku a ti-librirku (e ti-librirke è forma positiva logu-
I. In qualche varietà gall. lilihriku, come allega Io Spaiio ÇFoc), si usa nel senso di « falchctto » « ghebbio », e parimenti nel log. con scambio di suffisse, *^/7/Z';/î/, attilihriu.
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dorese). Da questa scende per dissimilazione l'altra voce log. ti- lihirke, donde l'alterazione puo mettere capo a due esiti, o arriva al sass. e log. ti-librikku, tenip. ::^i-libnkhi,co\\ lo stesso svolgi- inento (metatesi e gcminazione) che è nel log. krobekka da kohcrkii c nei camp, krakkai ail. a karkai , krokkai ail. a korkai, e simili; oppure mutando il /" in s', corne in suisku ail. a siiirkii, koskare ail. a korkare, ecc, dà luogoal gall. ti-lipiskec aililibiske.
8. — camp. )iiartu:(iu, «crescione, nasturzio ».
Neir équivalente log. nastnittii, gall. nastru::j{H si riflette rego- larmente il lat. naslurtiu, con la semplice metatesi del r e la normale risoluzione di -//-, venuto a trovarsi fra vocali, in -//- o -:{^-. Neir esitocamp. invece occorre una metatesi reciproca tra s-r e per di più si riproducc ail' iniziale l'alterazione di n- in /;/-, che si ha nello sp. inastuer:(o, prtg. ?nast ruço (Kôrnng, 5547), cui si aggiunge il sic. mastro^^ii.
9. — camp, murga, « morcliia »; iiiun;^cri, i)iuis[cru-arc, « muffa-are «.
L noto che il lat. *[a]murc'la dà al log. musa, come *remurc'lu vi riesce a reniusu {Arch. i^lolt., XIII, 121), e che un.i hase *amurcea è richiesta dall' altra forma log. viHr::^a e sue varietà miirca e mulca. Sarebbe pero illusorio il pensare che anche il camp, murga provenga da *a mure 'la, che avrebbe dovuto dare nel camp. *aiiiurka, cosi come *remurc'lu vi si continua con remarku ; iniirga sarà, alT incontro, metatesi di * })tnc;ra da * muera, metatesi alla sua volta di | a |m urca, cfr. mer. marga « macchia » da * inagra = *macra *mac'la macula, Nigra (Arch. gloll., XV, 490), dove pero la metatesi avviene una sola volta. Ulteriori derivazioni sono pci murgori, log. -ore e niurgéru, « mufia », uiurgcrare, « ammuftare », )iiur- gerau, « stantio ».
10. — log. iiiurgij'olu, « vaso per mungere ».
Èdaaggiungerealle voci studiate dal Nigra (y^/r/;. glott.,X\'y 491), s. innssorgiu « secchione per mungere » ; essa postulera una base *mulgic'lu -j- il suflisso di diminutivo -olu, da mulgere con -Ig- dissimilato in -rg-, come si vede per ragion contraria nel verbo log. niurgere, « mungere ».
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II. — camp, iiorobonas, « congratulazioni, auguri del giorno onomastico ».
Storpiatum del modo avverbiale del dial. com. innova bona, « in buon' ora »,che è pureusato corne sosiantivo nel log. dare s'mnora bona « dare la buona ora, congratularsi ». Nella forma camp., oltre l'aferesi délia sillaba iniziale in-, Va di seconda sil- laba si è assimilata ail' a in cui veniva a trovarsi stretta.
12. — log. pishedda, « ricotta fresca, cestello ».
Pel camp, il Porru ÇVoc.}, allega, come termine rustico, pisedda, piseddû de kasu « forma di cacio ». Certamente da fi scella, che dal contenente è passata ad esprimere il conte- nuto, come si vede tuttora nel log., dove vale « cestello » e « ricotta ». Normalissime le risoluzioni di -sce- in -sk- log. e -s- camp., non che di -11- in -dd- ; rara, ail' incontro, lariduzione di /- in /?- ; non di meno si ricordino log. pistula = Jisîula, camp, piiliga =^fulica « folaga », pusiiarvu a\\a.io a. fustiarvu =^ fustis albus, « pioppo ».
13. — camp. sedai\aî-adori, « stacciare, cernitore ».
La base ne è *saetaceu, ma l'iniziale s- vi è data dall' altro verbo, affine di significato, kherai ex-separare, « sceverare », il quale, alla sua volta, offre l'alterazione dell' e atona délia sil- laba iniziale nelle forme soherai, sobéru, « scegliere, scelta », dovuta a commistione con sôlliri, « sciogliere ».
14. — camp, silibriri, « lambiccarsi il cervello, stordirsi o, silibriu,
« sbalordito » ecc.
Corrisponde a *ex-cerebrare, passato alla conjugazione in -ire. La modificazione dell' e délia prima sillaba vi sarà stata pro- mossa dair alterazione délie voci affini di senso : simii, simingu-ai «scemo, stordimento, stordire », e ail' i délia sillaba iniziale si sarannopoi assimilati le vocali seguenti, ancheperinfluenza délia desinenza verbale ; la dissimilazione del -r- in -/- si ha anche nel gall. cilivriâ « fantasticare, ruminare », che è certo esito di *cerebr-iare. L'it. scervellarsi è riprodotto dal camp, sorbeddai -au « dicervellare », con alterazione délia sillaba iniziale per
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avvicinamento a sonkii, sonkeria, « sciocco, sciocchezza », chc, alla lor volta, proveiigono dalla fusione dclT it. sciocco col log. tonkti, che ha lo stesso significato.
I). — camp, siddiri, « intirizzire », sidtliii, « intirizzito ».
L'équivalente log. è siddire e il -dd-, accennando a un doppio -11-, persuade che si risale a sigillu con la caduta del '>, corne in didii, digitu, scda, segete, nieddu, nigellu, ecc. Il Porru (Foc.) spiega primieramente il mer. siddiri con le parole « unire insieme bene legno con legno, pietra con pietra », onde vale originariamente « combaciare, connettere, unire insieme » e questa signihcazione non è sconosciuta neppure a! vocabolario italiano, dove sigillare ' vale anche « esserea perfetto conratto ». Come poi da questo senso si sia venuto a quello di « inti- rizzire », ce lo insegna l'espressione camp, siddiri is denlis, « strin- gere i denti », cioè « unirli insieme » « suggellarli », donde, con manifesta estensione, la frase siddirisi de sufrins, « intirizzire, morire di freddo ».
Il Porru (roc.) registra pure il mer. -iddaiia come termine burlesco per « freddo forte, agghiadamento », ma non indica se abbia -dd-; se cosi fosse, non si potrebbe ragionevolmente distaccarlo dal verbo siddire sopra addotto, poichè il ~- c il s- si avvicindano spesso nella grafia con lo stesso valore di sibilante sorda.
i6. — log. LittaUni, « frattaglic, ventriglio di gallina ».
Nel camp, è traltaïia « interiori staccati di animali ». Cosi i lessici; ed io posso aggiungere che ho sentito chiamare con tal nome le interiora dei capretti, degli agnelli e délia selvaggina grossa^ come cinghiali e cervi, fatte cuocere sotto la cenere calda, attortigliate intorno ad un fuscello ; è cibo assai gustoso e si siiole ammannire, subito dopo sventrata la liera, sulla caccia stessa.
Le due voci sarde sono foggiate suir it. frattaglic, « interiora
I. Sono forme recemi, che sanno d'it. e di sp. le camp, sigillu -ai o sctai, e le log. sii^'itare, o si~itii-arc per « sigillo-are ».
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di animali macellati che si vendono a pezzi «. Il doppio -II- della forma log., quantunque il lessico lo dia scempio in quella camp., lascia intendere che l'accatto è avvenuto in teri-itorio méridionale, dove appunto il -/'- di qualunque fase si continua in -//-, come si vede in battallu per batiaglio, tialla per tovaglia, e simili; *jrattalle adunque pei- fraUaglie e con una nuova desi- nenza derivativa fm. *frattaUia, mas. *'frattaUin. L'iniziale/;-- è alterata in ambedue le forme, ma anzichè a ragioni di fonologia, la modificazione è dovuta a influenze analogiche. Nella voce camp.v'è probabilmente immissione di traitai , come si vede in trattallu allato a battallu e nella funzione che si incontra nell' espressione trattai gasiL e nel nome trattagasii, « grattugia » ; in quella log. ail' incontro,/r- è sostituito da /- semplice, forse per avvicinamento a tattare, sari are.
17. — ti- (^i-) elemento ascitizio in parecchi appellativi d'animali.
Neir esaminare parecchie série di nomi di animali, quali sono : ti-likerta, ^i-likelta, ecc. « lucertola » ; ti-ligiigii, îi-ligulii, atti-ligugu, ecc, « gongilo » ; ti-linga -oni, ti-linga -one, :^i-rin- goni, ecc. a lombrico »; ti-librikkii, :^i-librikkii, atti-libiske, ecc, « cavalletta », studiate qua sopra e ti-dingolu, « marmeggia » nella Mise. Ascoli, 244, ci è stato facile rilevare come in tutti questi vocaboli il ti- o ;;;/-, oppure atti- (ad-ti-) di sillaba iniziale, non potesse considerarsi come legittimo continuatore di elementi etimologici, ma fosse un aggiungimento, dovuto a spécial! ragioni di incroci analogici. Ora, richiamando alla mente il significato fondamentale di « piccola bestia », proprio di tirriolu o ::jrriolii ', di cui si è discorso nella cit. Mise. Ascoli, 224, e considerando anche le molteplici e svariate specie di animali, a cui questo nome si presta, non sarebbe difficile ammettere che l'elemento ascitizio //- (x^-) sia dovuto alla voce tirriolu (xir-^, che si immetta in tutte le série sopra allegate. Ma in
I. Il Salvioni {Arch. glott., XVI, 199") si domanda se, data la base ôrjp'ov, non si dovrebbe avère * tir\olu, e l'obbiezione è giusta, ma a derimerla gioverà osservare che il diminutivo tiniotu non puô disgiungersi di consiniili dimin. kin-iolu,JurriolLi, hiklciriola, pipiiiolu, ecc. Ora come kirriolu discende da A:;V- riu c fnrriota da Ji'irria, ecc, cosi tirriolu presuppone un *lirriu, il quale puô spiegarsi come derivato da 6r,ptov con l'accento ritratto.
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parecchi appellativi d'animali, corne primo termine di compo- sixione s'incontra ::^an~a- o ;^rt:^:^a- e più spe.sso jy/'//:^/- o x'\\'~ (j-/;^;^/-), le quali forme portano a pensare che altra sia la base génératrice dell' elemento di cui qui si tocca.
Il lat. zinzilulare dice « susurrare, ronzare, gorgheggiare » e il sostantivo zinzula « insetto che ronza », donde son presi l'it. :ieii~ara, ~an:(ara, il rumcno ten:{aria,V :^h . cinccUe, lo spagn. :(€n:;alo (Kôrting, 8943), ^ '^osl pure l'ated. :^iii:^ila, ■^in:^ala (Diez, Wort., 346). Vanno con loro il log. :^in:{ula o tint nia, nuo^r. ~!'ttiila\ il camp. s{n:;jdu, il temp. :iin::jilii, oltre cht sin- y^iioni di Oristano, .s/«-/a di Carloforte e sin::^u del Sulcis, tutte voci per « zanzara », dalle quali risulta évidente che la radicale :{inii- Çsi)i~i-) di zinzilulare era considerata la loro base, come contenente la nozione del « ronzare ».
iMa dair idea del « ronzare » è facile passare a quella del « volare », poichè quel che ronza, vola anche; cosl ;(/»;^/- (j/«;^/-) venue ad indicare « quel che vola » « il volante », e in taie accezione appare infatti nel log. :{in::^iniiirreddu', camp. 5/~- ■^jmureddu « pipistrello », che è di certo ~w:^/ -j- mur, mûris con suffisse di diminutivo, come a dire « piccolo topo volante »; e da qui non puô disgiungersi :{un:{iimnrreddu alipcdde di Olzai (Marc), in cui è sostituito 11 ai due / di :^iii~i- per assimilazione air u di //////■- che sussegue, non meno che per ragione di armo- nia imitativa. La stessa base riconosceremo parimente in ciiici- liiche di Fonni « lucciola », quasi dicesse « luce volante », dove cinci si ragguaglierà a :^/«~/- con sostituzione délia palatina alla sibilante, come avviene con procedimento inverso nelle voci accattate, rendcndosi il c- per -- e il :^- con c-; cfr. ArcJ}. ^lott., XIV, 144-43 '.
Ma accanto a zinzilulare già nel lat. è pure zilulare e
1. 11 Marc, registm :^ittaiia « cicala » di Saniassi, c non sarà che litliila -{- :{an:^ara con reduplicazionc di /■.
2. Il Marc, dà qucsta voce come nuorese e col signifîcato di « ccrambice », spccie di coleottoro, altro cscmpio di scamhi di significaziouc nclki launa popolare.
3. Vcrisimilmcntc nella seconda parte delle voci it. codiihi:{oht,codiiiiiu- :{ola , coiik'niciola é lo stesso termine di composizione x''R^' '^ indicare il
« volante », onde verrebbcro a significare « l'uccello dalla coda volante « ; anche il Mussafia, i?t'//r. non. richiamava dubitativamente il lat. zinzilulare.
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questo ncl sardo poteva ridursi a *:;jrulare con la dissimilazione di /-/ in r-1, che è in undare da ululare. Ora, da * -iriilare discende con manifeste modificazioni una numerosa famisjlia di nonii di uccelli e precisamente : :iiriilia « gheppio, grillajo » (Marc, senza nome di luogo), cui corrisponde con la nota alte- razione specifica di ~- in t-, che è in tukkaru zucchero, tatlare saziare, ecc, il log. tirolia e per via di metatesi l'altra torma log. ///om, entrambe per « nibbio»; e ancora con la pros- tesi il log. attiloria, di cui una forma divariata è certo atiiilaria tutte e due per « nibbio ».
Come si è veduto in :^iiii:(U}nureddii, anche in :;^iruî- Vi atono poteva assimilarsi ail' n attiguo e raddoppiarsi il r per ragioni onomatopeiche evidenti, sotto l'influenza del camp. ~urru o currii « zampillo, cascata d'acqua», che va con lo sp. chorro, Fit. susurro (Kôrting, 7977). Si ebbe cosi -urnilia « nibbio reale », che lo Sp. (For.) registra come camp, con r scempio, ::jirtilîa; e -urruliu, che serve di appellativo a parecchiespecie di uccelli, addotti dal Marc, senza designazione di luogo, ma che sono manifestamente camp., e come tali ne allega una buona parte lo Sp. (Voc.^ : :{iurultu, « pantana >),::;^iirr. konkade niolenti, « corriere piccolo », ~itrr. kiilu biankii, « piro-piro cul bianco », :{urr. de mari, « calidra », :^Mrr. impérial i, « chiurlo » ; e con suffissi di diminutivo : ^urriliottii, « gambetta fosca », ::jirriliotta, « chiur- lotello », :^urrulioteddii, « albastrello ». C'è anche il camp, ^^iir- riindeddu, « pipistrello », che puô spiegarsi come :iiirruliu -\- *hiriindellii, t:{iin^urreddu di Meana, « pipistrello », che pare una fusione del prefisso onomatopeico ■^un^j e di zj^rreddu sincope di :(itrrundeddii. Altra forma sincopataè il camp, ^urlîu, « chiurlo».
Fin qui abbiamo veduto délie série di nomi di uccelli, in cui l'idea del « volare » era fornita da ;^/«:^- (iiin^-) o :{i- (//-), che costituivano il primo elemento délia composizione. Se non che, questo elemento, contenente la nozione del « volare e ronzare » ha délie curiose propaginazioni analogiche in altre specie di animali, che meritano d'essere rilevate. Cosi esso ci appare nella série : :^i-librikku , ti-librikhi, qcc, « cavalletta » ', che abbiamo dichiarati, come :{i -\- liimbricn e vorrà dire « il
1 . A cui si contrappongono per la ragion del significato i già veduti tili- briku, tilibriu, altilibriu « falchetto, ghebbio ».
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lombrico che vola ». Dali' insetto che vola e volando ronza a quello che fruscia sul terreno e corre che « folgore par se la via attraversa », c brève il passo e in questa funzione idéale l'ele- mento di cui si tocca, yin~i- o :^/- (//-) si premettc alla base *lacerta, onde la série : :^in:{i-rigelta, ::j.-likelta, :{i-rigelta, ii-likerta, Qcc, corne dicessero « lucertola volante e frusciante per terra ». Ne deve fiire specie che si riproduca anche in ti-ligiigii « cici- gna », consimile alla lucertola, insieme con atti-ligngu, e nem- meno in ti-Ugulu « lumacone ignudo », in quanto è l'animale che striscia per terra, corne la lucertola.
Messa su questa via la fontasia popolare giunge fiicilmente ad applicare una délie nozioni ideali, che sentiva nel prefisso ~/- (//-), anche alla série : ù-linga -one, ti-ringoni, :{i-rincroni , qcc. che dicono « l'insetto che striscia » « il lombrico » ; nel quai ordine di idée entra pure ti-dingolit « marmeggia ». Ma anche la lumaca striscia per terra e cosî nella sua forma più ampia :(in:^i- Çsi:;j(l-) concorre a formare i camp, sin^igorru, s i::^::^! garni, sii\igorrediju, che il Marc, registra per diverse specie di lumache e di chiocciole', e che noi ragguaglieremo a 5/;/;;/ -|- korru cornu, quasi volessero significare «l'insetto dalle corna che striscia », mentre in ::jn:;;eUa « lumaca vermicolare » pare non si abbia che il radicale ::inzj -\- il suffisso di diminutivo -clht.
Dopo tutto questo ci sarA lecito supporre che anche nelle altre voci quali : :{a)i:{a-Iliiga « gongilo », sa:(~a-Iitga, « limaccia », a:^ia-kauga,ia-bagiigii e ^a-mlcliiû, « gongilo », i primi termini délia composizione : :^mi~a-, sa:(x.^-, a:(:^a- o semplicemente :^rt- siano altrettante modificazioni del radicale di cui si discorre, premesso ail' appellativo con la nota funzione idéale.
Resta perô da notare che in alcuni nomi d'animali il //- o si- è etimologico, come nei camp, tidit -oui titu a colombaccio », e sisiui cicinus « cigno », ecc. In altri è dovuto ail' aspetto che la consonante iniziale veniva ad assumere nella sua evo- luzione fonetica, come nel log. îirpia serpe -|- suff. ia ; in altri
I. La stcssa voce sarà si:^:;^irigorra,c\-\t lo Sp. (Voc.) dà come dell' Ogliastra per « cicala », e vi aggiunge 5/:^^/;-;Vo7-<,'t/, che per metatesi produce il i/^:^;V/- goïa di Lanusei, fornitoci dal Marc, anch' esso per « cicala ». Altre varietà sono sisigolla di Sinnai e sisigra^a del Sulcis, dovute a commistioni non ben chiare.
yO P- E. GUARNERIO
infine pare esclusivamente onomatopeico, corne forse nei log. li::^i, « zigolo »;, e -iddî, « scricciolo » (Spano, Foc), e seconde il Marcialis « pettirosso ».
i8. — log. e sass. ihirikke, « specie di dolci ».
Manca ai lessici sardi, ma io l'ho più volte ndito par indicare una specie di ciambelle di pasta dolce di varie forme, ripiene di sapa (vino cotto) ; e deve essere una stessa voce con quella che ci offre il Condaghe di S. P. di Silki al § 333, dove si legge îhiriccas de casu, che l'editore spiega « forme di cacio a treccia ». A mio avviso, codesta particolar forma di treccia, che hanno talvolta anche le attuali ciambelle^ ci dà la chiave dell' etimo ; questo sarà il gr. 6piç, Tpr/cc, con inserzione di / per isciogliere il nesso ir-, onde * tirik- e il raddoppiamento délia gutturale sorda mantenuta,com' è proprio del log. e del camp., cfr. gokha, flakha e simili. Notevole vie l'aspirazione del 0- iniziale, riflessa nel ih- sardo.
19. — ' ant. log. traginu, « torrente ».
Cosi nel Cond. di S. P. di Silki (gloss.), e traginu è vivo tut- tavia nel nuorese con lo stesso significato. Vi corrisponde nello Spano (Voc.) il log. tralnii st. sign., che lascia cadere il -g- ed entrambe le forme usciranno da un *traginare, con notevole trapasso a significazione specifica'.Un siffatto cambiamento semasiologico è pure nell' altra voce log. tragonaja « acqua che scorre sotto », che presuppone una stessa base, quasi dicesse *trag-on-ac'la. Il camp, ail' incontro si mantiene più vicino al senso originario délia base lat. *trag-ere, nel suo iragu « peso, traino », iragada-gai, ecc, senza dire di trainu-nni, che sono italianismi.
P. E. GUARNERIO.
I. A mène che sia il lat. *tragimen con scambio di sutiisso.
NOTES DE LEXICOLOGIE ROUMAINE
Dr. aniestecare
J'ai rapproché ailleurs- ce mot de l'abruzz. ammisteka; je crois nécessaire de justifier ici ce rapprochement et d'appuyer, par quelques observations, l'étymologie qui doit ctrc placée à leur base.
Anu'slecarc, comme le mr. correspondant aiiimslik, signifie « mêler » ; le même sens se retrouve dans la forme des Abruzzes (Finamore^ la traduit par niescoJare); cette circonstance montre suffisamment qu'il fout partir, pour un mot comme pour l'autre, d'un même prototype. Cihac ^ et M. Hasdeu», ne con- naissant pas le mot des Abruzzes et, confondant ce verbe avec mestecare « mâcher », ont cru pouvoir attribuer à tous les deux une origine commune, le lat. masticare;or ce dernier ne peut expliquer au point de vue sémantique que mestecare; il est impossible, quoi qu'en dise M. Hasdeu, de supposer que le sens de « mêler » ait pu sortir de celui de « mâcher, broyer et mêler
1. J'emploie ici, comme dans mon Hist. de la langue roiiiu., les abrévia- tions dr., mr., ir., mgl., pour désigner les daco-, macédo-, istro-roumain et meglénien. Dans la transcription des formes dialectales, j'ai suivi dans mon ouvrage, pour des raisons que j'ai exposées dans la préface, le système de M. Weigand ; je simplifie ici ce système en écrivant a, î, c,ê^,j, ^, /à la place de g, ij, ts, d\, |, s, ts emplovés par M. Weigand ; ce système a l'avan- tage de mieux rapprocher les formes dialectales de celles du roumain litté- raire.
2. Hist.de la l. roum., t. I, p. 226.
3. Vocab. deir usoahru:^iese, 2^ édit., p. 125.
4. Dici. d'ctyni. daco-rom. clèm. Lit., p. 162.
5. Etym. magnum, t. I, col. 105 1.
72 O. DENSUSIANU
les aliments dans la bouche » (atnestec hucatele în giira). Pour rendre plus vraisemblable la confusion de amesiecare avec meste- care, M. Hasdeu va d'ailleurs jusqu'à attribuer au premier le sens de masticare, ce qui est faux; nous ne l'avons jamais entendu employé de cette manière'.
Si aiiiestecare doit péremptoirement être séparé de masti- care, il reste à chercher ailleurs son étymologie. Celle-ci ne saurait être qu'un dérivé demixtus et notamment un composé *admixticare, *admisticare (la formation à l'aide de -icare concorde bien avec la fonction que ce suffixe remplit ^). Dans plusieurs autres parlers romans, miscere a été remplacé par des dérivés de mixtu s ou de mixtura (comp. wall. jiiasi <! * mix- tiare^, mil. mistnrà, esp. uieslurar, etc. <C *mixturare'*).
Outre le composé amestecare, à côté duquel vient se ranger le mr. di:{i)ieastik^, le roumain connaît aussi le simple mestecare, mr. rneastih, mgl. meslik (comp. a.-it. misticare, ahruzz. misiekd). La forme du mgl. confirme d'une manière indubitable l'étymo- logie que nous avons donnée; son e montre que nous avons affaire à un g primitif et non à l'a de masticare; celui-ci reparaît en mgl. sous la forme maslik^ (en dr. Va a été rem- placé par g, grâce à un phénomène d'assimilation : * inàstecare >> mestecare, ce qui a amené la confusion formelle de ce verbe avec celui sorti de *mixticare)7.
Mr. aràliisu.
Dans son édition du glossaire de Kavalliotis (n° 176^), G. Meyer fait venir ce mot de l'alb. rspjett, « abîme, précipice ».
1. M. Kôrting enregistre donc à tort dans son Lat.-roiii.-Wortcrh. (n" 229) un * a dmast icare « kauen ».
2. Meyer-Lûbke, Gramm. des l. roiii., t. II, § 577.
3. Zeitschr. f. rom. Phil., t. XXIV, p. 300.
4. Aucune de ces formes n'est enregistrée par M. Kôrting ; on n'y trouve, comme dérivés de mixtus, que mixticius et *mixticulum (nos 6228, 6229).
5. P. Papahagi, Din lit. pop. a Aroimiiilor, Bucarest, 1900, pp. 84, 539.
6. Cf. niiiuhtikali chez Papahagi, MegJeiio-RoDi'uiii, Bucarest, 1902, p. 77, où il est traduit à tort par neaviestecate ; il faut comprendre ncmeslecate.
7. Je vois en corrigeant les épreuves que Miklosich, Beiirâjj^e, Voc, II, p. 17, avait aussi songé à rapprocher aiiiestec de mix tus.
8. Alhanesische Studien, IV.
NOTES DE LEXICOLOGIE ROUMAINE 73
J'ai reproduit ailleurs ' cette ét\-mologie en y disant quelques réserves imposées par des considérations phonétiques et mor- phologiques. Je crois aujourd'hui qu'il faut renoncer à ce rap- prochement, en proposant une autre étymologie, l'alb. fisk'cs' qui a le même sens que la forme mr., celui de « glis- ser ». La prosthèse de Va est, comme on le sait, un phénomène fréquent en macédo-roumain. Nous ne voyons qu'une objection qu'on puisse faire à cette dérivation, c'est la chute du i (on s'attendrait h aniskl.j) ; mais peut-être faut-il y voir le résultat d'une dissimilation.
L'alb. npjctz semble toutefois avoir un représentant en mr., c'est le subst. ripidinà, aripidinà, « pente, précipice > » (comp. l'adj. ripidinos « escarpé ») qui contient dans la dernière partie le suffixe -inà (comp. mgl. ràpiitinà, bulg. padina) et dont le d doit probablement être expliqué par l'immixtion de rapidus (comp. les formes dr. dérivées directement de celui-ci, rcpe::js et repe:;jnà ■♦).
Dr. cerenfel.
Je ne trouve ce mot dans aucun dictionnaire étymologique; il désigne plusieurs espèces de plantes, la dryas octopciala et le gcmn urhanuiii >. C'est évidemment un diminutit de ceryullm, formé avec le suffixe -clins. Seul Vc de la seconde syllabe n'est pas normal; il faudrait avoir c, ceriiifel ; mais c'est probablement par l'influence assimilatrice des e des deux autres syllabes que / a passé à e.
Dr. ciald.
Nous devons revendiquer cette forme pour l'élément latin du roumain. Cihac'' croyait pouvoir l'expliquer par l'a. -bulg.
1. Hisl. de la 1. rount., p. 310.
2. G. Meycr, Etyiiiol. IVorterh. d. alh. Spr., p. 411.
3. St. iVIiliâileanu, Dicf. viaccdo-rouihi, Bucarest, 1901, p. 438; Weit^and, hihreslh'r. des mm. Inst., l. II, p. 151.
4. Hodoç, Poesii pop., p. 170.
$. Z. Pan^u, Vocdh. botanic, Bucarest, 1902, pp. 15, 18; D.iniô, Tennhiolo- gùi poporatià roin., Bucarest, 1901, p. 17.
6. Dict. d'étyiiiol. daco-rom., eVni. slaves, etc., p. 47.
74 O. DENSUSIANU
cad n (* cadïcay ; àe même M . T'iknn \ Son sens de «brouillard, brume » nous force cependant de l'accoupler aux formes ita- ■liennes (piém. cea, valtell. scega, mil. scighcrd) qui traduisent l'it. nehlna- et qui remontent àcaecus, *caecaria. Ciatà doit sans conteste reproduire un dérivé caecia qui est effecti- vement attesté dans le Corpus gloss. lat., II, 434, 3; 571, i, où il est glosé tantôt par caligo oculorum tantôt par le grec ^-/.c- Tcoivia « vertige, étourdissement ». De la signification primitive .de « ce qui nous empêche de voir clair, ce qui trouble la vue » on est facilement arrivé à celle qui est propre au roum.ain \.
Dr. coacà~à.
C'est le nom employé surtout en Valachie pour désigner la groseille. Ciliac* y voyait le hongrois kokoj~a, Jwkflly:^a ; la même étymologie est donnée par M. Tiktin^. Il y a cepen- dant une difficulté qui nous empêche de la considérer comme fondée. C'est que le mr. connaît aussi la forme kohà:^à que M. Weigand traduit par Hagehutten (auch sonstige Beeren^), c'est-à-dire « le fruit de l'églantier ». Puisque le mr. ne connaît
1. Dictionar romhi-german (en cours de publication), p. 330.
2. Salvioni, Postille ital. al vocàb. lat.-romanio (Mem. delV ht. lomh., t. XX), p. 259 : Nuoi'e postule (Rendic. âeW ht. lomh., t. XXXIIj, p. 132; cf. Zcitschr. /. roni. Philol., l. XXII, p. 467.
3. La première signification n'a pas complètement disparu en roumain; dans les formules d'enchantements, data a conservé l'acception latine de caligo oculorum, comme on peut le voir dans les passages suivants de Desctntece rowmg publiés par M. Marian, Suceava, 1886, p. 4, 12.
curàti^i
cetele
De pe ochii lui Gheorghe . . .
L'a lui N. alba^à
Si la a lui cea^â. Comp. data Je pe ochi chez I. Zanne, Proveihele Roiiiîiiilor, Bucarest, 1897, t. II, p. 330.
4. Dtct. e'I. si., p. 492.
5. Dict.romîn-german, p. 380.
6. Die Aromunen, t. II, p. 310. M. Weigand le transcrit de cette manière, mais M. Papahagi m'assure qu'on dit hoaM^à.
NOTES DE LEXICOLOGIE ROUMAINE 75
aucun élément hongrois, il faut écarter l'explication de Ciliac. Il ne nous reste alors qu'à chercher l'étymologie de notre mot dans quelque idiome balkanique avec lequel le mr. a été en contact. L'albanais connaît précisément une forme analogue, hoh'e, que G. Meyer ' traduit par Beere, Baumjrucbt et qui repose sur *cocceum (le cal. koF représente coccum, « fruit»). Coacà:^ci doit donc reproduire holù -|- le suffixe diminutif alb. -(£)^£^ ; le pendant de coacà::a nous est offert par Talb. koka:{t avec un sens un peu différent (« bonbons »)5. L,e simple kok'e reparaît d'ailleurs dans le mr. kokâ qui désigne dans le langage enfantin « tout fruit, toute chose bonne à manger-* ». Nous pouvons par conséquent ajouter uri nouvel exemple à la liste de formes albanaises, assez nombreuses, comme on le sait, intro- duites en roumain au moyen âge.
Dr. dâinuire.
. M. Sàineanu5, suivant en cela Cibac*^, attribue à ce verbe une provenance turque {liayaiiiiiak). Il fait cependant remarquer ailleurs " qu'aucun verbe turc n'a pénétré en roumain par voie directe; il resterait alors à supposer que dâinuire se rattache au mot turc par l'intermédiaire d'une autre forme balkanique. Comme le serbe a emprunté dayaniuak au turc sous la forme dajanisati, on pourrait à la rigueur admettre que le roum. dâifiiiirc dér'we de celui-ci.
Mais une comparaison dedâiiuiire avec dajauisaii montre tout de suite qu'une telle dérivation est inadmissible; à la place de -isaii le roumain présente -uire, tandis que dans d'autres cas le suffixe du slave se maintient (comp. dr. cortorosire <C serbe kurtarisati, bulg. kurtalisan <C turc kitrtuliiiak). Nous croyons
1. Elyiii. Wortcrh. d. alh Spr.,p. 194.
2. Nous nous occuperons à une autre occasion de ce suffixe albanais qui se rencontre en roumain dans quelques autres mots.
5. Alhanesischc Studien, V, p. 86.
4. Papahagi, Di)! lit. pop. a Aromhiilor, p. 15.
5. Influciita orientalii asupra limbei roin., Bucarest, 1900, t. II', p. 152.
6. Dict. éîém . si., etc., p. 571.
7. Ouvr. cité, t. I, p. Lxv.
76 O. DENSUSIANU
donc pour cette raison qu'il faut renoncer à ce rapprocliement, bien qu'on ait pu invoquer en sa faveur l'identité de sens des formes roumaine, turque et serbe (dàinuire signifie en effet, comme âajamnak, dajanisati, « durer, subsister »).
A notre avis, dàinuire n'est autre chose que le serbe danovati ou plutôt danivati, dérivés de dan « jour » et signifiant « pas- ser le temps quelque part » {dioii in aliquo loco transigere, Danicic'); l'indicatif présent de ce dernier, daiinjeni, explique bien le roum. dàinuire ^.
Dr. dihocare.
Cihac ' semble y voir un doublet de desghiocare, en s'ap- puyant pour cela sur le sens commun, celui de « écaler, écos- ser, égrener (spécialement les noix) ». Il est pourtant évident qu'au point de vue phonétique ces verbes doivent être séparés. Dihocare est probablement d'origine hongroise, un dérivé ver- bal du hongr. diô, « noix », diôhaj, diohéj, « coque de noix »; comme tel il doit avoir été formé sur le modèle de desghiocare dont nous ne pouvons malheureusement établir dès maintenant i'étymologie-^. Qu'il nous suffise pour le moment de rappeler qu'un verbe synonyme employé en Moldavie, desfâcare, semble aussi avoir été influencé dans sa dernière partie par desghiocare (desfacere -\- desghiocare), et qu'un verbe d'origine inconnue, desghiurare, se rencontre avec la même acception en Mehedinçi K Il y a là toute une famille de mots dont il reste à. mieux éluci- der l'histoire.
1. Rjecnikhrvatskoga ili srpskoga jeiika, Agram, t. II, pp. 269, 271.
2. Voy. sur les verbes roumains en-uire représentant des verbes slaves en -ovatî mon Hist. de la 1. roum., p. 254.
3. Dict. e'iém. lat., p. 109.
4. Je tiens à faire remarquer en passant que desghiocare ne peut nullement être apparenté à de:{gàiicarc qu'on trouve dans un ancien glossaire slave-rou- main et auquel le rattache M. Hasdeu, Cuvinte din bâtrîni, t. I, p. 275 (cf. Gaster, ihid., p. lx). Quant à l'hypothèse que desghiocare contiendrait dans la deuxième partie le lat. cochlea, *clochea dont on fait vnnir ghioacà (Kôrting, n" 2266), je ne puis lui accorder aucune valeur; *c loche a aurait donné chioatà.
5. Damé, Terminologia pop., p. 62.
NOTES DE LEXICOLOGIE ROUMAINE 77
Dr. drtiicit.
Il est employé dans le Bihor (Hongrie), en parlant d'un enfant mal élevé, insolent (j'y trouve attesté aussi le composé iminncit '). C'est sans doute un élément slave. L'a. -slave nous donne les formes drociti = insokniem esse, drocinu = iuiptidens (comp. russe drokuika « mauvaise éducation w)^. Celles-ci conviennent bien pour le sens, mais elles ne peuvent expliquer V-îii- roumain qui nous renvoie à un a.-bulg. a. Dans le diction- naire de Miklosich je relève, il est vrai, le verbe drqciti, mais celui-ci a un autre sens : il y est traduit par vcxare. Faut-il suppo- ser alors que drîncit est résulté de la fusion de drociti avec drqciti} On pourrait l'admettre, mais je crois que les choses doivent être envisagées d'une autre manière. Je remarque en effet que pour le substantif dérivé de ce dernier verbe, drqcenije, Miklosich donne les significations vexatio, fastidiinit, fastus; or ce dernier sens est propre aussi à drocenije (de drociti). Il sem- blerait donc que drociti et drqciti ne sont qu'un seul et même mot et que la signification du premier, « être insolent », est sortie de celle qu'on constate dans l'autre (« vexer, molester > »). Je laisse aux slavistes de se prononcer sur ce point indécis, qui ne peut pourtant pas infirmer notre étymologie.
«
Mr. furunteln.
Nous fournit un nouvel exemple de la substitution du suf- fixe -ellus à -ulus. Son sens (« abcès'* ») montre qu'il doit venir de furiiiicnliis, *funincellus > (it. furoncello ^^= fiiroue).
1. Revista criticà.-litcrarà (Jassy), t, IV, pp. 143, 144; cf. Damé, Dict. roumain-français, s. v. imlnhicire.
2. Miklosich, Lexicoii pataeostoz'., p. 17e.
5. Dans son Etyinol. It'^ortcrl). dcr stav. Spr., p. 30, Miklosich sépare ces deux verbes et les cite sous deux rubriques spéciales, ce qui indiquerait qu'il leur attribue une origine ditierente ; je me demande toutefois si cette sépara- tion n'est pas arbitraire.
4. S. Mihâileanu, Dic{. maccdo-rom., p. 203.
). Cf. Kôrting, n" 4087.
78 O. DENSUStÀNU
Outre cette forme, on entend frmtelu' (de *frentelu, * frîii- teliL, comme frt Ht e pour frunte et sufreteao, sufrinteao, sitfrun- teao ^) et le composé siifrintelu ' dont la première partie doit bien être le lat. siib.
Dr. ^oandc.
t>
Je relève ce mot dans un glossaire du district de Muscel ^ au sens de « premiers balbutiements de l'enfant ». Je n'hésite pas à y voir un substantif de la même famille que le dr. gîndac « insecte, scarabée » et l'ir. gîndi a gémir » qui répondent à l'a.- bulg. gasll, gqda traduit chez Miklosich par ciibara canere. La signification de tous ces mots remonte,, en dernière analyse, à l'idée de « produire un son », propre au thème sIzvq gad-. Par sa phonétique, o^Oâî^Jg offre un intérêt particulier parle fait que Va slave y est rendu par oan (un exemple analogue nous est donné par le dr. goangà « insecte », dérivé de gagiiati « murmu- rer >»). On admet généralement que ce son ^de l'ancien bulgare est reflété en roumain soit par un (la phase la plus ancienne), soit par în (la phase la plus récente °). Il faut, je crois, admettre maintenant, comme le montrent ces deux exemples, aussi on (oan) <C (}, probablement comme phase intermédiaire entre les deux autres.
Mr. gnihed::;!!,'' .
Doit être mis parmi les nombreux représentants romans de grundio, grunnio^. Pour des raisons compréhensibles on serait tenté de le rattacher à l'alb. grunis^ qui ne semble être
1. .Mihàileanu, /. c, p. 198.
2. Weigand, Aroiiiuneii, t. II, p. 330.
3. Mihâileanu, Le, p. 484. Papahagi, Din Ht. Arominilor, p. 275, donne sfirnutd qui est évidemment la même forme, avec la syncope de Va et la métathèse de ;■/, à la suite de laquelle un u s'est développé entre ;; et /.
4. Ràdulescu-Codin, O saiiià de ciivinle din Muscel, Cimpulung, 1901, p. 36.
5. Cf. Byhàn, Jahresberichl de M. Weigand, t. V, p. 312.
6. Cf. Hist. delà 1. roiini., p. 270.
7. S. Mihâileanu, /. c, p. 225.
8. Kôrting, no 4374.
9. G. Mcyer, Etym. Wôrterb., p. 132.
NOTES DE LEXICOLOGIE ROUMAINE 79
apparenté que de loin à la forme latine (comp. néo-gr. '{o-jpou- vDo); mais par sa phonétique il se rapproche plutôt du vocable latin (l'infinitif ^''/'////«/•f exige *grunniare, tout comme le rtr. gni^iiar et l'it. grugnarc).
Dr. ))ii}ic.
M. Kôrting (n° 5867) cite, d'après Cihac, le dr. manc comme représentant du lat. manc us; mais l'origine savante de cette forme, inusitée d'ailleurs aujourd'hui, ne peut laisser aucun doute. On trouve en échange dans le dialecte du Banatmmc' qui reproduit le développement régulier de mancus. J'ai, il est vrai, quelques soupçons sur sa provenance populaire, mais je crois intéressant de le relever ici, en attendant que d'autres nous donnent des renseignements plus amples sur son emploi.
Mr. m paru.
« Percer avec les cornes ^ » correspond trait pour trait à *impalare, de palus (comp. le fr. empaler). Le dictionnaire roumain publié à Budapest en 1825 donne aussi un dr. iinpàrare « garnir de pieux, échalasser » ; je ne le connais pas, mais il existe peut-être encore en Transylvanie.
Dr. iii(el.
M. Hasdeu 5 y voit une forme abrégée de nischitel qu'on trouve dans quelques anciens glossaires roumains "^ et qui doit être considérée comme un diminutit de l'a.-roum. nescil, mr. uiskhitu -< *nescio quantum. Je ne saurais partager l'avis de M. Hasdeu, puisque la contraction qu'il admet me
1. Weigand, Jah-eshericht, t. III, p. 321.
2. S. Mihàileanu, /. c, p. 26, s. v. amparïi; j'écris îiiparu parce que les verbes composés avec /;/- perdent le plus souvent en macédo-roumain la voyelle initiale.
3. Caviiite din bàtrîni, t. 1, pp. 295, LXXXII.
4. G. Cre^u, Lcxicoii slavo-iominesc, Bucarest, 1900, p. 352; T'nicriiiica roiiiind, nouv. série, t. I (1898), p. 356.
8o O. DENSUSIANU
semble trop forcée, j'incline pour ce motif, avec M. Gaster', à rattacher nitel au mot albanais synonyme nz Uikz « un peu » ^ De celui-ci on a tiré d'abord nilicà qu'on emploie à côté de nitel\ une fois introduite en roumain, cette forme a été attirée par le mot de la même signification putintel {putinticà, de piithï) et sur le modèle de celui-ci on a refait nitel, par changement de suffixe '. Il faut d'ailleurs faire remarquer que niticà ne repré- sente peut-être pas exclusivement nt tsiki, maisune contamina- tion de celui-ci avec une autre forme albanaise, IsitskzQsitski'^) employée toujours pour exprimer l'idée de « un peu ».
Mr. nsînii.
Je le relève dans le recueil de textes macédo-roumains publiés par M. Papahagi^. C'est, comme l'indique le sens (« se remettre «), un latin *insanare. On ne connaissait jusqu'ici que l'adj. sin'', ir. sîr^ ■< sanus à côté duquel le mr. emploie sànàtos qui correspond à la forme identique dudr. (dans ce dia- lecte le simple saniis n'a laissé aucune trace).
Mr. ntardu.
Bojagi donne dans sa grammaire, publiée en 1813, la forme intaràà adv. « tard ». M. Dunker observe, dans l'étude qu'il a consacrée à l'ouvrage de l'auteur macédo-roumain ^, que ce mot doit être un latinisme (on sait que Bojagi a souvent recouru au latin pour enrichir le vocabulaire macédo-roumain). Il n'en est
1. Chez Hasdeu, Ciiv. d. bàlr., t. I, p. Lxv.
2. G. Mcyer, Alb. Graniiiiatik, p. 102; cf. Etym. JVorlerh. d.alh. Spr.,
p. 447-
3. Comp.h {orme oreccl de oarece -\- -el; Weigand, Jahresbericht, t. VII,
8s ; Revista criticà-literarâ (Jassy), t. VII, p. 85. — M. Gaster, /. c, croyait pouvoir expliquer nitel par l'alb. ni -f tsil'i (ce dernier est pronom indéfini), mais ce composé n'est pas employé en albanais.
4. G. Meyer, Alb. Studien, V, p. 75.
5. Din liter. pop. a Aromînilor, p. 225.
6. Weigand, Aromunen, t. II, p. 362.
7. Weigand, /a/;/-t'5/w!c;/;;, t. VI, p. 347.
8. Weigand, /rt/jwZ'., t. II, p. 112.
NOTES Dl- LKXICOLOGli; ROUMAINE Si
cependant pas ainsi. Le dictionnaire macédo-rouniain de J. Mihaileanu confirme l'existence .de ce mot; j'y relève en effet les formes nlardu, nlàrdare et le simple tarant Je m'étonne qu'elles aient échappé à M. Weigand, puisque je vois par les exemples que cite Mihaileanu qu'elles sont assez répandues.
La liste des représentants romans de tardus - s'accroît ainsi de ces nouvelles formes.
Le dr. ne connaît que //V~//^ et nilî)\iavc, de tard i vus.
Mr. iilrikii.
Ce mot est un élément nouveau à ajouter au fonds latin de la langue roumaine. Il signifie « mâcher », particulièrement « brover les aliments qu'on donne aux enflmts' ». Il faut à coup sûr V voir un dérivé de interere, * intricare. On sait que sur le modèle du parfiit et du participe de ce verbe, intrivi, intritus, on avait forgé en latin vulgaire un verbe, intrirc, signi- fiant « briser, émietter ^ ». Ntrik doit donc être rangé à côté de fit. i lit ridera ^ et du port, entrida, eiitrita^.
Dr. pajerà.
Signifie « aigle », et, dans les contes, un oiseau mythologique. Cihac^, ne pouvant trouver une étymologie plus satisfaisante, s'est arrêté au pol. />(7~/<r et au tchèque /)/z-cv/r « griffe ». C'est bien hasardé. Tout en maintenant l'oriçrine slave du mot en question, je propose de chercher ailleurs son précurseur. Celui-
1. Pp. 381, 582, 496.
2. Korting, no* 9383, 9384.
5. S. Mihaileanu, /. c, p. 384.
4. Corpus crJossariorumlat., t. VI, p. 598. G. LanJgraf, Arch.j. ht. Lexic, t. IX. p. 388, attribue la formation de ce verbe en latin vulgaire à remploi fré- quent dans le peuple du proverbe : Tiitchoc iiitristi tibi oniiie excdemlum est.
5. Korting, n" 5085.
6. Ce dernier a échappé à l'auteur du Lat. loiii. IVôrtcih.
7. Did. élêin. st., p. 239. Hasdcu, Etyiii. iiia^n., t. I, col. 2364, v voit le persan /)a:^; M. Siiiineanu, Fuji, orient., t. I, p. cclxiii, rejette à juste titre cette étymologie.
Romania, XXXIH 6
82 O. DENSUSIANU
ci doit être un dérive apparenté aux r\ith. pa^erli « voracité », pa^oviiij « vorace ». Ce dérivé nous est donné, sous la forme qu'il nous faut, par le ruth. paiera, qui associé à Ijudoid désigne le sqiiahis carcharias , le « requin' », et par le tchèque identique signifiant « glouton ^ ». Pajerà doit donc avoir désigné d'abord un oiseau vorace, d'où ensuite, par une restriction de sens, « aigle »5.
Les formes pajirà, pajurà, pajorà qui concourent avec pajerà ne doivent pas nous déconcerter; elles s'expliquent par l'affai- blissement de r^ ou par une substitution de suffixe.
Comme /)^y>m est inconnu au macédo-roumain, qui ne con- tient aucun élément slave septentrional (ruthène, etc.), il y a là une circonstance qui parle aussi en faveur de l'étvmologic que j'ai donnée.
Dr. iîntav.
C'est un mot dialectal de la Valea Ha^egului (Transylvanie '^). Son sens (« bègue ») nous renvoie à l'a.-bulg. tafinati, tqti- nl'ti = sonare, bombuin edere, dont il a été formé* avec le suffixe slave -av, comme le dr. synonyme gîngav, de gagnati = mur- miirare. Le verbe tîntàvire, attesté dans la même région, a été tiré de iîntav, comme gîngàvirc de gîngav. Nous avons donc à enregistrer en roumain un nouvel élément slave montrant le passage de a à în.
Dr. loni.
L'histoire de ce mot ne laisse pas d'être assez embrouillée; je ne puis malheureusement l'éclaircir actuellement et me con- tente de fixer les jalons qui devront guider celui qui voudrait en chercher l'origine. Cihac > n'hésite pas à le rattacher au lat.
1. Zelechowski, Ruthenisch-deulschcs Wôrterhuch, Lemberg, 1886, t. II, p. 596.
2. Arch.f. slav. PhiloL, t. XII, p. 65.
3. Il est à remarquer que, dans les légendes formées autour de cet oiseau, on appuie sur ses qualités voraces ; cf. Marian, Ornitologia pop. roui., t. I, pp. 154, 161, 163.
4. Ar. Densusianu, Kcv. criticd-literanl (Jassy), t. III, p. 170.
5. Die t. e le' III. lat., p. 290.
NOTES DE LEXICOLOGIE ROUMAINE 83
attonitus et à l'associer à Fit. (esp., port.) loiito', qui a h niè'ine acception que la forme roumaine, celle de « sot, nigaud ». Mais une difficulté phonétique sérieuse nous empêche de fiiire venir lont directement de to n i t us ; c'est que on aurait dû passer en roumain à un Qunt). Pour écarte-r cette difficulté on pourra à la rigueur supposer que tout n'est autre chose que. l'it. tonfo que les savants roumains auraient introduit dans la langue, comme cela est arrivé pour quelques autres néologismes rou- mains ; mais ce serait aller trop vite en besogne.
Tont ne me fait nullement l'impression d'être récent et de provenance savante; il est tout à lait populaire. D'autre part, comment expliquer alors sa présence en macédo-roumain, car je le trouve en elTet dans le dictionnaire macédo-roumam de Mihaileanu ? Je n'oserais affirmer qu'il y a été introduit par Mihailcanu du daco-roumain ou qu'il a pénétré dans le parler des Macédo-roumains depuis qu'ils se trouvent en contact avec des Roumains du royaume. Les choses se compliquent encore lorsqu'on constate en daco-roumain l'existence d'un adjectif tînt, tintà^ ayant le même sens que tout et ne pouvant pour cette raison être séparé de celui-ci. Il y a lieu même de se demander si tant n'est pas en quelques rapports avec le hongr. iandi « nigaud, lourdaud ». Voilà toute une série de problèmes qui attendent une solution.
Mr. Icrkl'u.
Correspond ww dr. cercuire « ^cercler les tonneaux » (celui-ci est un dérivé, avec -iiirc, de cerc < cire us). C'est un reste précieux du lat. circulare ' qui n'a laissé aucune autre trace en roumain (seul le subst. circulus reparaît, avec changement de suffixe, *circellus, dans le dr. ccrcel ^). A côté de icrkrn le mr. connaît les composés ;/(<?r/c/'//, n^irkl'ed:{ii, disprkred::;ii <i * incirc ulare, *disc ire ulare ».
1. Korting, n" 9586: cf. 11" 9588.
2. Râdulcscu-Codin, /. c, p. 73.
3. Korting, ii" 221 1.
4. Le mr. ^crlcit, donné par Kavalliotis (cd. G. Meyer, n" 993), ne vient pas de circulus, mais du néo-gr. xaipzi.
). Mihailcanu, /. c, pp. 115, i)0, 342,344.
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84 O. DENSUSIANU
Dr, undire.
« Pêcher à la ligne. » Je ne saurais dire s'il s'entend encore ailleurs que dans le district de Suceava où je le trouve attesté '. Son étymologie ne nous embarrasse pas beaucoup : c'est l'a.- bulg. adîli = adbaiiinre (nous avons donc un exemple en plus de a si. > un roum. ^). Son dérivé adica a donné la forme daco- roumaine bien connue undità.
Mr. nia.
Je me suis occupé ailleurs ' du dr. uture qu'on trouve dans un ancien glossaire et qui a laissé des traces dans la toponymie. J'ai fait remarquer alors que nous avions affaire à un mot de la même famille que l'alb. ut, but, serbe utina, bulg. uiva, « hibou ». Une forme identique à celle de l'alb. m'était encore inconnue. Je la trouve maintenant en macédo-roumain qui nous donne ntà, hiità 4.
Dr. ;^rtra.
Désigne le lait caillé. Cihac ^ le dérive de ::ar, qui est lui-même d'origine obscure, car on ne peut en aucune façon l'expliquer par serum^. M. Weigand l'envisage de la même manière", se laissant induire en erreur par une certaine res- semblance de forme qui le rapproche de zàr. Zarà n'a pourtant
1. Sc^âloarca (Fàlticeni), t. V, p. 168. M. Damé, Dict. roum. -franc., le cite d'après un passage d'Anton Pann.
2. Hist.de la 1. roum., p. 270.
5. Stuâii de fil.romhiâ, 1898, p. 16.
/\. Le premier est donné par Mihâileanu, /. c, p. 529 ; le second se trouve dans le Codex Dimouie, publié par M. Weigand, /a/; r«/'., t. VI, p. 141. Mihâileanu le traduit par « vautour », mais peut-être est-ce une faute (le sens véritable doit être « hibou », commeil résulte du contexte du Cod.Dimonie).
$. Dict. e'ie'm. lut., p. 322.
6. M. Kôrting, n° 8657, reproduit encore cette étymologie, mais il fliut l'abandonner.
7. Jahresbericht, t. III, p. 225.
NOTES DE LEXICOLOGIE ROUMAINE 85
rien à faire avec -<"?/-, comme le montre la forme correspon- dante du mr. zalà, dala '. Or celui-ci est indubitablement l'alb. oah (saiire Milch chez Meyer-). Le :;; et Vr à la place des c et i alb. ne doivent pas nous étonner : dans plusieurs autres emprunts albanais le roumain a rendu de la mcMTie manière ces sons (comp. mr. hâr::^\ pergiiar <C alb. harzi Quirz), pieri^iiiz ; dr. varc <Calb. vait ^). Emprunté aux Albanais, ^arà a pénétré en daco-roumain par les migrations au nord des pâtres macédo- roumains.
La manière dont zah a été traité en daco-roumain vient modifier l'opinion que j'ai exprimée il y a quelque temps sur l'histoire d'un autre mot roumain de provenance méridionale. Je profite de cette occasion pour rectifier ici cette opinion. En m'occupant, dans mon Hist. de la l. rouin., p. 29, du dr. vic:{nre « blaireau », j'y disais qu'il « ne peut être rattaché directement à l'alb. vjconii; les deux formes doivent reposer sur un mot illyrien où les consonnes reproduites en albanais par c, / étaient plus rapprochées du :^ et de 1';' roumain ». Je ne connaissais, quand j'écrivais ces lignes, aucun mot roumain d'origine albanaise avec :( (r) résultés de g (i). Or ~am montre maintenant que les transformations phonétiques, qui m'empêchaient auparavant de faire venir vic^iire directement de vjelnh, n'ont rien d'anormal; il n'est donc plus nécessaire de faire remonter vie-nrc à un prototype illyrien ancien : il s'explique assez bien par la forme albanaise actuelle».
1. Pcipahagi, Din. lit. Arom., pp. 192,488, 947; cf. Mihâilcanu, l. c, p. 141.
2. Etyni. IVorterh. d. alb. Spr., p. 85 ; cf. Alb. Stiidicn, V, p. 74.
3. Papahagi, /. c, p. 674.
4. Hist. de la l. roiim., p. 355.
5. Je ne me vois pas obligé de rectifier ce que je disais, au même endroit (p. 28), à propos de l'arma. Si la remarque que j'y faisais sur :^ (« le :^ roumain ne saurait être expliqué par le 0 albanais [de baroe] ») tombe maintenant, après que nous connaissons le mr. bar:^ < alb. barO, baroi, il reste l'autre circon- stance que j'invoquais alors pour contester la dérivation directe de hiriâ de l'alb. baroe ; c'est que la forme roumaine signifie « cigogne », tandis que celle de l'albanais n'a d'autre sens que celui de « blanc » et ne s'emploie pas pour désigner un oiseau (G. Mever cite, il est vrai, dans son Etytnol. Wôrtirh., p. 251, un riniibaroi ■=. aies riiarina, coluiiiba qu'il décompose en
86 O. DENSUSIANU
Mr. ^ràmu '.
Je ne vois pas qu'on ait tenté l'étymologie de ce mot (=rr « gratter »). Le latin ne nous offre aucune forme qui puisse l'expliquer. Par contre, je trouve en albanais toute une famille de mots auxquels je me crois autorisé d'associer le nôtre; ce sont grimt « miette », grin « émietter, écraser », gris « gratter^ ». Zgrâmii peut donc être un dérivé verbal de grimz avec la prothèse d'une s, ^ (comp. skarh'inu). Pour le passage de /à à comp. aràdu <C ridere.
Ov. Densusianu.
pdiniihz e haroe « colombe blanche », mais il donne lui-même cette explica- tion comme problématique ; en admettant même que ce mot contienne dans la dernière partie l'adj. haroe, il reste toujours certain que cet adjectif n'est jamais employé seul par les Albanais comme dénomination d'un oiseau). Je persiste donc à considérer hvià comme emprunté à l'ancien illyrien, qui doit avoir connu un thème * bard-.
1. Mihâileanu, 1. c, p. 463; Papahagi, Din lit. pop., pp. 18, 397, 448, 665 ; Bojagi donne i^rimu (cf. Weigand, Jahresbericht, t. II, p. 145).
2. G. Mever, f/vw. Wôrterh., p. 130.
MÉLANGES
LA PARABOLE DES FAUX AMIS
Dans la Disciplina clericalis on trouve 1" histoire d'un jeune homme qui, sur le conseil de son père, met à l'épreuve la fidélité de cent amis qu'il prétend avoir. Il leur conte qu'il a commis un meurtre et leur demande de vouloir bien l'aider à cacher le cadavre. Les trop nombreux amis refusent de se mêler à l'artaire; le jeune homme s'adresse alors au seul et unique ami de son père : celui-ci se déclare tout de suite prêt à l'aider. — Ce récit, comme la plupart de ceux de la Disci- plina, doit être emprunté à une source arabe; le héros est d'ailleurs qualifié d'Arabs.
Goedeke ' a rapproché de ce récit une parabole de Barlaani et Josaphaf-, qui revient à ceci : un homme a deux amis auxquels il est très attaché, il se sacrifie même pour eux; il néglige un troisième ami. Il est saisi par les gardes du roi, qui veut lui demander des comptes au sujet d'une somme de mille talents qui lui est due. L'homme demande à ses deux amis de lui prêter leur appui; les amis refusent, mais lui font des ofiVes insignifiantes : le premier lui donne deux lambeaux d'étoffe, le second veut bien l'accompagner pendant un petit bout du chemin qui conduit vers le roi. Tout honteux, l'homme se présente devant le troisième ami, qui s'offre pour l'accom- pagner et fléchir la colère du roi. — Le premier ami représente
1. Every Mail, Hoiniilus uml Hekastiis (Hànnovcr, iS6)) , p. S. Comp. Peiri Alphonsi Disciplina clericalis... hcraiisgeg... von Fr. li'illi. Val. Schinidl (Ber- lin, 1827, in-4), p. 35-36; sur la source arabe, la note de Schmidt, p. 95.
2. Le texte grec de la parabole a été publié par M. Zotenberg, d'après les manuscrits de la Bibliothèque nationale, dans les Xolices et extraits, XXVIII, i"--- partie, p. 113.
88 * MÉLANGES
les richesses auxquelles Thomme s'attache dans cette vie, et dont il ne reste que des morceaux d'étoffe servant à envelopper le corps; le second, la famille, qui accompagne le mort aux funérailles, puis ne se soucie plus de lui. Le troisième et fidèle ami représente les bonnes œuvres, qui, après la mort, peuvent fléchir la colère de Dieu et nous délivrer des terribles collec- teurs d'impôts (les démons).
Ces deux récits, se trouvant dans des ouvrages aussi popu- laires que la Disciplina et le Baarla»i, ont été fréquemment reproduits au moyen âge; le second a exercé